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La spéculation et le prix des oignons

En temps de crise, les imbécilités économiques se multiplient comme des lapins.

A chaque fois que le prix de quelque chose monte ou baisse sur cette planète on voit ressurgir dans le discours de nos élites la même explication définitive :« c’est à cause des spéculateurs ». Ajoutez à cela une dose de slogans sur la« mondialisation financière » et quelques boucs émissaires bien choisis [1] et l’habile tribun peut diriger à moindre frais la vindicte populaire vers les« traders » et autres « hedge funds » sans que personne ne sache ni ne se demande ce que c’est qu’un trader ou un hedge fund. C’est pratique, politiquement efficace et surtout, ça évite de réfléchir.

Spéculer, du latin « speculare » (observer, anticiper), n’est ni une activité illicite ni un acte moralement condamnable mais désigne d’une manière générale toute activité dont la finalité est d’anticiper des évènements à venir. Par exemple, quand un agriculteur décide de planter du maïs plutôt que du blé, il spécule sur les cours relatifs du maïs par rapport à ceux du blé quand le temps des moissons sera venu. Ce faisant, il ne fait donc qu’anticiper nos besoins futurs et nous rend donc service. Mais là n’est pas le sujet me direz vous puisque les agriculteurs sont des gens tout à fait honorables [2] ; la spéculation dont il est question c’est celle des « traders » et des « hedge funds », celle qui passe par les fameux« produits dérivés ». Alors allons-y.
 
Il existe une grande variété de produits dérivés sur à peu près tout ce qui se vend et s’achète mais la forme la plus courante est ce qu’on appelle un « contrat à terme » ou « contrat future » pour les intimes. Ces petites choses furent inventées il y a bien longtemps [3], principalement par des agriculteurs et leurs clients qui souhaitaient se garantir des prix d’achat ou de vente. Sans rentrer dans les détails techniques, un future est un contrat standardisé au travers duquel vous vous engagez à acheter ou à vendre une quantité déterminée d’un produit à une date future. Par exemple, le Chicago Mercantile Exchangepropose des contrats future sur le maïs par lesquels vous vous engagez à acheter ou à vendre 5 000 boisseaux de maïs à une date déterminée. A l’heure où j’écris ces lignes, le contrat mars 2011 cote à $6.462 par boisseau tandis que le contrat juillet 2011 vaut $6.532 par boisseau.
 
Mais que viennent donc faire les traders et les hedge funds là dedans ? Eh bien, ils viennent parier – il n’y a pas de meilleur mot – sur l’évolution des cours en espérant en tirer quelques bénéfices. Typiquement, si vous pensez que le prix du cuivre va baisser d’ici l’été, vous avez la possibilité de vendre un contrat future juillet 2011 à $4.246 la livre (attention tout de même, un contrat porte sur 25 000 livres, soient $106 150). Si le prix du cuivre atteint $4 à la fin du mois de juillet, le prix du future juillet 2011 sera lui aussi très proche de $4 et vous pourrez annuler votre positions en le rachetant et en empochant au passage $6 150 de bénéfices. Bien sûr, les traders et les hedge funds n’attendent jamais que le contrat arrive à échéance pour se faire livrer des tonnes de blé ou de pétrole : il vous suffit pour vous en convaincre d’imaginer un type en costume trois pièces avec des bretelles rouges qui descend à l’accueil d’une banque de la City pour prendre livraison de 127 tonnes de maïs [4] (et ça c’est juste un contrat). Les « spéculateurs financiers » vendent ou rachètent leurs positions sans jamais toucher au produit sur le prix duquel ils ont parié.
 
En conséquence de quoi, l’idée selon laquelle les traders et les hedge funds font monter (ou baisser) les prix des denrées alimentaires en achetant (ou en vendant) des produits dérivés est, au premier ordre, parfaitement stupide. C’est exactement comme au PMU : vous aurez beau miser beaucoup d’argent sur votre cheval favori, vous ne le ferez pas courir plus vite pour autant.
 
Pour autant, il serait aussi faux d’affirmer que le prix des futures n’a aucune influence sur le prix des produits sous-jacents mais la relation est extrêmement complexe. Imaginez par exemple que vous disposiez d’une grosse quantité de palladium et que vous observiez que le prix du future septembre 2011 sur le palladium est nettement plus élevé que le prix auquel vous pourriez espérer vendre votre stock aujourd’hui : vous êtes incité à garder votre stock et à le vendre au prix du future. En d’autres termes, le marché anticipe un déficit de palladium en septembre et votre intérêt bien compris consiste précisément à vendre votre stock à ce moment… et donc à réduire ce déficit – la « main invisible » a encore frappé ! De la même manière, un agriculteur qui observe que le prix des futures sur le maïs est plus intéressant que celui du blé sera naturellement incité à planter du maïs plutôt que du blé [5]. On pourrait multiplier les exemples de stratégies possibles mais comme le travail a déjà été fait, vous me permettrez de vous résumer le résultat auquel sont arrivés les chercheurs qui se sont intéressé au sujet : l’existence de contrats future tend à réduire la volatilité des prix des produits sous-jacents. Autrement dit, les futures tendent à stabiliser les prix et pas le contraire.
 
Les traders et les hedge funds, qui ne sont dans ces marchés que pour tenter d’y gagner de l’argent, apportent non seulement de nouvelles informations et de nouvelles méthodes de prévision [6] mais aussi et surtout de la liquidité : plus le nombre de participants est important, plus il devient facile et peu onéreux pour nos agriculteurs et nos industriels de couvrir leurs risques ou d’améliorer leur résultats. Brefs, ils sont en réalité extrêmement utiles et toute législation visant à « civiliser » (sic) ces marchés ferait en réalité plus de tort que de bien.
 
Je termine sur une anecdote : en 1958, les producteurs américains d’oignons réussirent à se convaincre que les spéculateurs étaient responsables des prix exceptionnellement bas auxquels se vendait leur production et s’en émurent auprès de leurs représentants. Le 28 août 1958, le législateur passa le Onion Futures Act, une législation qui fait que les oignons sont, aujourd’hui encore, la seule matière première sur laquelle il est interdit de négocier des contrats à terme au Etats-Unis. Depuis, l’instabilité des cours des oignons ferait passer les montagnes russes de Formula Rossa [7] pour une aimable promenade de santé : +626% de mars 2006 à avril 2007 suivis d’une chute de 94% jusqu’en février 2008 avant de remonter violement de 265% jusqu’en octobre de la même année. Les prix restent ensuite relativement stables jusqu’en août 2009 (-29% tout de même) avant de repartir dans une flambée de 322% jusqu’en mars 2010 et de s’effondrer à nouveau de 69% en février 2011 [8]. Il parait que les producteurs souhaitent finalement revenir sur l’interdiction des futures sur les oignons. 

---
[1] Un bon bouc émissaire doit remplir trois caractéristiques : il doit être électoralement négligeable, inconnu de la plupart des gens et ne pas trop susciter de sympathie.
[2] C’est vrai et en plus ce sont de très mauvais boucs émissaires.
[3] Aristote est probablement l’inventeur du principe et le premier marché de futures fût ouvert au Japon dans les années 1730 pour rendre service aux samouraïs qui étaient payés en riz.
[4] En ricanant « greed is good » pour compléter le cliché.
[5] Arrêtez de prendre les agriculteurs pour des buses ; vous seriez surpris de constater le niveau de sophistication d’un céréalier.
[6] Certaines équipes de gestion de hedge funds sont constituées de météorologues ; d’autres de mathématiciens et de statisticiens et d’autres encore d’anciens économistes de sociétés pétrolières ou minières.
[7] Situées à Abou Dabi, les plus rapides du monde avec une pointe à 240 km/h.
[8] Chiffres de l’USDA, National Agricultural Statistics Service.

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10 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 21 mars 2011 10:52

    Après « Ode au capitalisme », voici « Hymne pour les spéculateurs » ...
    Décidément, vous faites fort ...

    Pouvez vous démontrer qu’il n’y a aucune part de spéculation dans le prix du riz, dont dépend l’alimentation d’une bonne partie de l’humanité ? Parce que j’avais cru comprendre le contraire.
    Et si j’ai bien compris, cela signifie que les prix sont gonflés artificiellement par des intervenants qui n’ont pour seul but que ... de faire du fric.

    Par conséquent, et toujours si j’ai juste ... 3 mètres de corde.


    • Gabriel Gabriel 21 mars 2011 11:06

      Apol47, j’ai bien peur que vous ne perdiez votre temps avec une personne qui ne possède que deux neurones. L’un s’appelle crédit et l’autre se nomme débit. Ce que vous pouvez par contre faire, pour soulager notre ami Jojo Kaplan, c’est d’envoyer une caisse de Kleenex afin qu’il puisse éponger ses pleurs sur le triste sort des spéculateurs. 


    • gaijin gaijin 21 mars 2011 11:07

      intéressant
      je ne suis pas un spécialiste de la question mais il me semble que le problème que pose la spéculation ne vient pas de la définition du terme mais des tropismes qui animent les spéculateurs :
      profit maximum
      profit a cour terme
      esprit moutonnier ( comme tout le monde )
      ce qui ajouté a l’ extrême virtualité des échanges et a leur rapidité devient un cocktail explosif
      Reprenons l’exemple du maïs et du blé
      si tout le monde spécule de la même façon sur la hausse du prix du maïs que se passe t’ il ?
      le prix du maïs augmente au delà de la prévision initiale (qui était peut être juste )
      que font les fermiers ? ils plantent du maïs !
      malheureusement cette année là un évènement (climatique politique .....) vient détruire une grande partie de la production de blé (passage du virtuel au réel )
      Résultat : Trop de maïs pas assez de blé => le prix du maïs chute le prix du blé augmente
      => les planteurs bouffent leur culotte et demandent des subventions a l’état (il faut bien les leur donner sinon il n’y aura pas de récolte du tout l’année suivante )
      pour l’ invidu lambda que je suis : mes impôts augmentent ma baguette aussi
      Au global : Tout le monde perd sauf parfois les rares petits malins qui auront su anticiper dans le bon sens.
      Votre exemple du cheval est intéressant aussi : parce que si beaucoup de gens parient sur le cheval et que vous le vendez avant la fin de la course cela s’appelle : une plus value
      (a ce stade peut importe que beaucoup de gens aient pariés parce qu’ ils ont suivit un article de journal écrit par un de vos amis )
      Je vous laisse juge de l’aspect moral de telles façons d’agir.
      Par contre j’apprécie que vous citiez Aristote parce que c’est précisément le noeud de ces problèmes : la logique aristotélicienne ne s’applique pas au réel de nos sociétés modernes. (en fait elle ne s’applique pas au réel du tout )
      Faites une recherche sur la sémantique générale ça vous ouvrira des horizons.


      • picpic 21 mars 2011 11:47

        Le principal problème avec la spéculation est ...
        Résumons en une phrase.

        « Si je peux parier sur la valeur qu’aura un produit dans le future et que je peux influer directement sur la dites valeur future, pourquoi je me générais ? »

        Par exemple :
        -On pourrait soupçonner fortement certains d’influer sur « la nature » en laissant volontairement des tankers bourrés jusqu’à la gueule trainer au large histoire de faire monter le prix de ce qu’il transporte.

        -On pourrait imaginer quelques traders ayant spéculer des sommes colossales sur le prix du cuivre, engager quelques mercenaires pour saboter le seul pont qui relie une grosse mine à son point de livraison.

        -On pourrait même imaginer une bande de péquin payé pour bouter le feu à des hectares de champs de blé.

        Ces exemples d’influences, je les ai pondu comme ça pour l’article, eux, ils pensent à ça toute la journée !

        La spéculation sous toutes ses formes doit être purement et simplement interdite !


        • jef88 jef88 21 mars 2011 11:57

          « Spéculer, du latin « speculare » (observer, anticiper), n’est ni une activité illicite ni un acte moralement condamnable »
          Sauf si on a mis en place les moyens qui permettent d’anticiper le mouvement....


          • lolo 21 mars 2011 14:05

            Si le spéculateur ne prenait qu’un petit bénéfice et faisait ses paris sur la base de données rationelles, à la limite son rôle pourrait être bénéfique. Le problème est qu’ils amplifient des mouvements de hausse, créent de la volatilité...et pire la part qu’il s’octroient est si grande qu’ils découragent les producteurs de produire (agriculture non rentable...)
            Et pour courronner le tout, les banques spéculent en faisant marcher la planche à billet (crédits avec effet de levier monstrueux, renflouement des états)...et là ce n’est plus de la spéculation, c’est de l’accaparement. Et il n’y a rien de plus nuisible.

             


            • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 21 mars 2011 15:47

              Il est curieux qu’un texte expliquant un phénomène, au lieu de trouver une approbation générale, se voit critiqué par ceux qui n’arrivent pas à le comprendre.

              Exemple : Il est dit, comme critique, que certains tankers pourraient retarder leur livraison pour profiter d’une aubaine.

              * L’auteur vient pourtant d’expliquer que les spéculateurs ne sont pas les producteurs, et n’ont donc aucun moyen pour influencer celle-ci. Les marchandises étant vendues avant leur production, les acheteurs les obtiennent à la date prévue.

              * D’autre part, il faut ignorer totalement le prix que coute le stockage de marchandise. Ce sont des capitaux inutilisés qui dorment, bateaux, cargaison et le cout personnel inoccupé.

              * Retarder une livraison, ne ferait que répondre au besoin du marché : Si le prix est plus élevé, c’est que la ressource fait défaut ou que le besoin est plus important.

              * Enfin, si tout le monde retarde la livraison, les prix immédiats vont croitre, et les prix futurs baisser. Les spéculateurs subiront alors de grosses pertes.

              Et je ne parle ici que d’une critique argumentée.


              • easy easy 21 mars 2011 16:42

                J’approuve ce que dit ce papier.


                «  »« , les futures tendent à stabiliser les prix et pas le contraire. »«  »«  »

                En effet, s’il n’y avait aucun repère sur le prix du saké dans un an, des négociants iraient les uns à dire que ça vaudra 1000 fois plus et les autres que ça vaudra 1000 fois moins. On ne saurait sur quel pied danser et on se refourguerait mutuellement les rumeurs les plus folles (avec d’étonnantes incidences dans tous les domaines).

                Grâce aux système des « futures » qui sont des contrats avec engagement sur les prix pour dans deux jours (et deux jours, ça peut se prévoir stable) on peut s’engager sans trop de risques sur le prix pour dans 4 jours. Ce prix pour dans 4 jours étant inscrit, personne ne peut délirer dessus et on peut s’engager sur un contrat pour dans 10 jours sans trop délirer non plus. Et c’est ainsi que de proche en proche, une fois la chaîne des jours constituée, on peut s’engager sur un prix pour dans 2 ans.
                Et ce prix pour un terme de 2 ans étant toujours étroitement rattaché à des prix pour dans 1 an, pour dans 6 mois, pour dans 6 jours, pour dans 6 heures, il est ancré dans le présent, donc bridé et stabilisé autour du présent et des perspectives telles qu’elles nous apparaissent aujourd’hui. Si on se trompe, si ces perspectives changent brusquement, on peut gagner gros ou perdre gros mais le contrat sera honoré au prix prévu donc serré.

                Sans les contrats à terme, on ne disposerait que de prédictions excessives lancées en l’air. Les futures tendent à stabiliser les prix et non le contraire.
                 


                Il était également utile de mettre en examen le mot spéculateur pour vérifier en quoi il consiste et établir son innocence ou établir que cette activité n’est pas plus coupable que d’autres, la spéculation étant pratiquée même par le boulanger, même par le particulier quand il choisit une voiture ou une maison en fonction de paramètres futurs qu’il croit discerner.


                Mais dans cette activité, comme dans toutes les autres, il y a l’ordinaire et il y a l’extraordinaire.
                Et si une semaine de grosses et imprévisibles pluies fait le bonheur du marchand de parapluies qui serait bien bête de céder les derniers à vil prix, une rareté soudaine paut faire le bonheur d’un trader qui serait bien bête de ne pas en profiter. Depuis 8 jours, il y a des traders qui pleurent fort et des traders qui rient fort.
                Lorsqu’une situation inattendue se produit et que se crée une pénurie, il est évident que celui qui détient soit la marchandise soit un contrat de livraison de cette marchandise, va la marchander eu mieux. Et il est sûr que l’avènement d’une chute de production du riz dans une région, avènement qui surprend tout le monde, va faire pleurer tous ceux qui avaient promis de livrer beaucoup à pas cher et va faire sourire ceux qui, jusque là, se sentaient cons d’avoir encore en stock des surplus de l’année passée et qui découvrent soudain qu’ils sont vernis.







                On doit se demander ce qui crée une hausse de prix. Le vendeur qui veut vendre plus cher ou l’acheteur qui accepte de payer plus cher ? Ce débat oeuf poule pourrait être très long et sans fin mais je peux montrer des exemples où c’est clairement le payeur qui fait grimper le prix.

                Dès le second jour de la cata japonaise, des gens friqués, coupés du Sud par la route ou le train, se sont rués sur les avions privés qui se sont immédiatement retrouvés débordés. 30 avionneurs privés vivent correctement avec 100 clients par semaine et voilà que soudain, en un seul jour, ils se retrouvent avec 2000 demandes. Alors quand un pilote disait à un client qu’il était pris, ce nouveau client insistait en lui proposant une prime pour prendre cette place. 

                Quand l’essence est rationnée et qu’il faut fuir, comment un mec friqué ne trouverait-il pas normal de proposer 1000 pièces d’or au pompiste pour lui soutirer 100 litres ? 
                Je considère que c’est l’acheteur ou l’affamé qui fait monter le prix. 
                Il fait montrer les prix des produits basiques lors des périodes de rareté mais il fait également monter les prix par le biais du luxe. Lorsqu’un type se pointe chez un artisan qui fabrique des skis et qu’il lui demande de lui faire une paire sertie de diamants, ce milliardaire crée un appel d’air aux prix vers le haut. Ce sont les rois qui ont exigé des orfèvres des montres à 1 milllion et des chiottes en or.

                Là j’évoque les produits de luxe, mais le Bidochon qui accepte de payer 100€ pour regarder Johnny au loin ou 6 € pour 2 feuilles de tabac participe également à la hausse des prix.

                Ainsi, parce que la masse des consommateurs est surtout acheteuse et surtout de produits ordinaires, elle se voit victime et uniquement victime des vendeurs, victime des surenchérisseurs. Elle se verrait donc bien écharper les traders qu’on lui présente, depuis seulement 15 ans, comme de sales rats profiteurs. Mais en réalité d’une part elle est également constituée de vendeurs ou travaille dans une entreprise qui vend quelque chose, d’autre part chaque fois qu’elle consomme en visant un peu plus cher que le plus bas, elle tire les prix vers le luxe et le haut. Je ne dis pas que c’est mal ou que c’est bien, je dis que c’est comme ça.




                Quant aux profits énormes des traders. Ces mêmes traders qui gagnent des fortunes en bossant dans une banque, ne gagneraient plus rien en tradant pour eux, chez eux, avec leurs propres moyens. C’est probablement un des métiers qui, sur le papier, pourrait se pratiquer seul et chez soi mais qui serait alors beacuoup moins payant qu’en bossant pour une banque. 

                Les liquidités dont disposent assureurs, caisses et banques sont si énormes que chaque jour, toute l’économie mondiale leur passe un instant entre les mains. Au passage, ils prélèvent une broutille en pourcentage mais ça fait de grosses somme en valeur absolue. Un trader même très adroit et chanceux, avec ses maigres moyens, ne pourrait pas payer son loyer avec les pouièmes gagnés sur de trop petites masses.

                Alors si on ne veut pas que les banques profitent de telles liquidités, c’est simple, YAKA pas leur confier nous trois sous. 
                Et nous voilà revenus aux cantonades.


                • Mich K Mich K 21 mars 2011 22:30

                  Vraiment trop fort Mr l’auteur...
                  Une ôde à la spéculation en costard derrières des ordinateurs.

                  Et pourquoi pas une ôde aux banquiers et aux agences de notations qui font emprunter la Grèce à 12%, et donc encourageant encore plus la faillite du plus faible !? smiley

                  Vous devriez urgemment lire du Jean Ziegler cher Mr.

                  Les économistes atterrés expliquent également très bien que le mécanisme concurrentiel censé limiter la hausse des prix et les stabiliser ne s’applique pas dans le domaine de la finance...
                  Le principe d’une bulle, c’est qu’un bien qui voit son prix monter voit au contraire sa demande augmenter et appelle la spéculation... Jusqu’à ce que la bulle pête à l’image des Subprimes pour l’immobilier américain par exemple !

                  Que l’agriculteur essaie d’anticiper pour vendre au meilleur moment ce qu’il produit est normal, bien entendu... Mais que la bulle de fric de la finance qui s’échange chaque jour représente 168 fois la production de l’économie réelle du monde, est-ce franchement normal ???


                  • millesime 21 mars 2011 22:49

                    la spéculation n’a strictement aucune utilité économique et sociale.
                    le marché à terme est intéressant pour l’agriculteur qui peut ainsi « vendre » sa (future) récolte au meilleur prix du marché qu’il « livrera » suivant le contrat qu’il aura contracté sur le marché à terme.
                    il n’y a là aucune spéculation

                    rien d’anormal,

                     ce qui est anormal c’est le pari sur la fluctuation des prix, ’il n’y a là aucune utilité économique), de sorte qu’il FAUT les INTERDIRE

                    http://millesime.over-blog.com

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