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Accueil du site > Actualités > Economie > La Suisse et le monde réel

La Suisse et le monde réel

Mon premier est un pays enclavé en plein centre de l’Europe dont l’économie est dépendante des services financiers et des sports d’hiver. Mon second est une place financière dans la tourmente du fait d’une crise mondiale. Et mon troisième est une population sérieusement dans le doute mais qui ne parvient toujours pas pour autant à répondre à une question essentielle : pouvons-nous encore vivre dans notre isolement séculaire ?

La conflagration financière mondiale (encore loin d’être finie) semble effectivement et petit à petit sortir la Suisse de sa léthargie, la déroute Islandaise ayant tout particulièrement sonné comme un réveil brutal. Petit pays transformé en Hedge Fund vivant qui avait tout misé sur les services financiers, l’Islande a frôlé il y a quelques semaines la faillite pure et simple et ne doit sa survie qu’à l’assistance du F.M.I. et à la charité intéressée de la Russie.

L’Islande - qui n’avait que trois banques importantes pour assurer son activité économique - n’est certes et de loin pas la Suisse, pays hautement industrialisé. Néanmoins, la brutalité de la crise financière universelle devrait forcer les esprits intelligents à se demander si le vaisseau-Suisse peut, seul au milieu de l’Océan, lutter contre une tempête d’une singulière virulence qui a déjà mis à genoux des pays autrement plus puissants qu’elle comme la Grande Bretagne et les Etats-Unis...

La Suisse est toujours le coffre-fort de la richesse mondiale mais d’une richesse irrémédiablement entamée par une crise sur laquelle la Suisse n’a aucune espèce de contrôle ! Dans ce contexte, la Suisse ne peut plus tirer aucun avantage - ni aucune fierté - de son isolement car elle est loin d’être immunisée vis-à-vis de cette tourmente, comme elle l’avait effectivement été à l’occasion d’autres types de tempêtes par le passé.

Certains Suisses se plaisent encore à conserver cette image carte postale d’un peuple fier, retranché dans ses bastions médiévaux, chassant ici les Savoyards, courbant là l’échine, mais sans rompre, contre l’envahissement Napoléonien : image qui n’est plus qu’une vue de l’esprit idéalisée n’ayant strictement plus rien à voir avec la réalité de notre monde. Les acteurs de la finance ne sont-ils pas docilement en train de remettre les clés des fleurons bancaires Suisses aux fonds souverains Proche Orientaux ? Considérées encore dans un passé récent comme les turbo réacteurs de l’économie Helvétique, l’UBS et le Crédit Suisse dont l’addition des bilans représentait - à la belle époque - sept fois le P.I.B. du pays, ne doivent en effet leur survie qu’aux recapitalisations étrangères et à la respiration artificielle laborieusement prodiguée par les deniers publics. L’UBS, vaisseau amiral et établissement financier Européen à avoir accumulé les pertes les plus phénoménales, a ainsi vu sa capitalisation boursière fondre de près de 70% pendant que l’Indice boursier SMI régresse de 31% depuis le début de l’année, que le P.I.B. national se contractera de l’ordre de 0.3% en 2009 et que le taux du chômage ( 2.7%) connaît en cette fin d’année 2008 sa plus forte augmentation en cinq ans...

Quant au secret bancaire, il est désormais comme un panier percé prenant l’eau de tous les côtés : De ceux qui mettent étrangement en relation secret bancaire et crise financière aux plus hautes autorités Allemandes qui souhaitent ajouter le nom de la Suisse sur leur liste noire des paradis fiscaux, oubliant que les paradis fiscaux n’existeraient pas sans les enfers fiscaux ! Evoquons toutefois le procès intenté par le Gouvernement Américain à l’encontre de l’UBS accusée - et plaidant coupable - d’avoir encouragé 20’000 contribuables US de frauder leur fisc et admettons néanmoins que les abus de certains banquiers facilitent grandement la tâche des détracteurs de secret bancaire...

Le traditionalisme Suisse risque fort de céder sous les multiples pressions extérieures et le pays n’est plus en état de faire cavalier seul. N’a-t-on pas vu tout récemment la Banque Nationale Suisse sommée par la Banque Centrale Européenne de fournir de la liquidité en Francs Suisses à des débiteurs hors de Suisse ? La Suisse est une nation de taille moyenne - au niveau équivalent à la Belgique -, dont le P.I.B. (inférieur à 500 milliards de Francs) est pour moitié constitué de ses exportations, lesquelles exportations sont destinées pour plus de 60% à l’Union Européenne...De fait, un écheveau extrêmement dense d’accords couvrant des domaines vastes et variés lie le pays à l’Union mais la Suisse se retrouve tout de même coincée, sans aucun pouvoir décisionnaire car totalement exclue - de sa propre volonté - des centres névralgiques de l’Union. Pourtant, la date du 12 Décembre liera encore plus son sort à l’Europe car, à partir de cette date, les douanes suisses ne seront plus contrôlées !

Toujours est-il que les vieux réflexes sont encore tenaces auprès d’une portion importante de Suisses irréductibles craignant de perdre leur souveraineté dans un monde en pleine mutation où les termes de "nation" et de "nationalité" ne sont plus que des concepts désuets. La Suisse n’est plus cet îlot bucolique de prospérité et de neutralité, elle est à présent plus que jamais engagée dans la rude bataille pour la survie de ses citoyens et ce dans une conjoncture où elle a tout à perdre si elle reste dans son superbe isolement.


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21 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 10 décembre 2008 14:47

    Comme le souligne l’auteur, l’UBS a déjà du être très fortement recapitalisée (une quarantaine de milliards, il me semble) et est, sans doute et à cause de ses positions spéculatives, le maillon faible de l’économie Suisse.
    Si elle vient à s’effondrer, il ne me semble pas que l’Etat Suisse puisse continuer de lui fournir des fonds et tout le système s’effondrerait comme un "chateau de cartes".

    Il y a d’autres maillons faibles de l’économie européenne, mais UBS est en tête du classement. La Suisse a, jusqu’à présent, joui d’une situation très privilégiée, cela pourrait bien se terminer très bientôt.


    • ZEN ZEN 10 décembre 2008 15:32

      "...se demander si le vaisseau-Suisse peut, seul au milieu de l’Océan, lutter contre une tempête d’une singulière virulence..."

      Les coffre -forts helvètes sont équipés pour flotter...
      Et la marine de ce pays fera son travail

      y a pas le feu au lac ! smiley


      • LE CHAT LE CHAT 10 décembre 2008 15:33

        l’isolement serait un suisside ! smiley


        • Forest Ent Forest Ent 10 décembre 2008 15:36

          Aux US, il y a aussi une plainte pour évasion fiscale contre Crédit Suisse, et HSBC (pas suisse).


          • dup 10 décembre 2008 17:33

             "nation" et de "nationalité" ne sont plus que des concepts désuets. La Suisse n’est plus cet îlot bucolique de prospérité et

            mon sang ne fait qu’un tour quand je lis des propos gauchiste , plus désuets et cons que marx.

            la nation est la balustrade qui nous protège encore un peu de la mondialisation .. et encore . avec des idiots d’éditorialistes de la presse romande comme JP qui passe son temps à cracher dans la soupe en traitant les suisses de petits nains de jardin mangeant du chocolat sur un coffre fort. Je voudrais mettre en mémoire quelque citations de ’maitres du monde’ ,puisqu îls le sont vraiment :

            http://www.lepost.fr/article/2008/11/29/1340905_les-citations-sur-l-argent.html

            ils doivent bien rigoler en lisant que les poules ont voté l’abolition du grillage du poulailler . pas besoin d’argumenter plus .de toutes façon les carrotes sont cuites . demandez aux Français s’ils ne regrettant pas un peu le temps oû elle était pas une sous préfecture de Bruxelles.
            quand au secret bancaire ,il est comparable au secret professionnel des notaires et des medecins. Bien sûr des abus sont commis , mais quand on paie un parachute en or à un manager c’est à la source qu’il faut taxer le dû et pas le reclamer à la Suisse. Il y a beaucoup de petites gens qui vivent du fruit de leur travail parce qu’ils ont placé les économies dans un pays respectueux de la propriété.
            je veux pas commenter plus ce texte qui pourrait sortir de n’importe quelle politbureau


            • Internaute Internaute 11 décembre 2008 09:34

              J’ai longtemps pensé comme vous et j’en suis un peu revenu car l’histoire a quand même évolué depuis 1914. Les banquiers ne gouvernent rien du tout dans le sens où gouverner c’est organiser la vie des autres et diriger leurs actions. La seule chose qu’ils font est s’assurer qu’ils peuvent continuer à parasiter le système ce qui est trés différent.

              Dans les citations de votre référence, celle de Napoléon me convient bien.

              L’exemple le plus frappant est Goldman Sachs qui recommande de spéculer sur la faillite de 11 états américains aprés avoir pendant des années convaincu ces 11 états de lui acheter ses produits dérivés. Quand on pense que le comité économique chargé de la crise à Washington est composé d’anciens de Goldman Sachs on prend conscience du peu de crédit à accorder au gouvernement américain.


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 10 décembre 2008 17:34

              " De ceux qui mettent étrangement en relation secret bancaire et crise financière aux plus hautes autorités Allemandes qui souhaitent ajouter le nom de la Suisse sur leur liste noire des paradis fiscaux, "...Plus aucun doute ! c’est la crise du chacun pour soi.

              C’est la même Suisse qui a soutenu financièrement le formidable outil militaire Allemand de la dernière guerre...la dissuasion militaire ne favorise plus les coalitions empiriques et ce pays subdivisé en langues n’a plus le moindre allié. Il serait temps d’instituer vite fait une monnaie mondiale en calquant sa valeur sur le PIB de chaque pays avant que toutes ne s’effondrent, parce que, si c’est la conjoncture mondiale qui s’en charge, ce sont les pays les plus riches en espèces sonnantes et trébuchantes qui ont le plus à perdre. C’est ce principe qui rendrait à César ce qui lui appartient et ramènerait enfin les-dits paradis fiscaux à leur portion congrues. Ainsi, les valeurs immobilières retrouveraient de l’équité...

              La somme totale de tout l’or sur terre ne représente qu’un cube de vingt mètres de coté...Ridicule !


              • si_près_si_loin 10 décembre 2008 18:14

                Carrement n’importe quoi cet article ...
                Je travaille en Suisse depuis 10 ans et croyez moi, j’en ai discuté fréquemment avec des "locaux", et ils ne sont pas prets de voter pour l’entrée de leur pays dans l’union Européenne !
                N’oubliez pas que là bas, il y a une vraie démocratie ou l’on vote encore quelquefois à main levée, et pas un simulacre comme chez nous ...
                Les Suisses sont profondément nationalistes, et c’est très bien comme ca ...


                • Jean-Paul Doguet 11 décembre 2008 10:56

                  @si près si loin
                  Je vous rappelle qu’au dernier référendum suisse sur l’entrée dans l’UE les cantons romands et la ville de Bâle ont très largement voté "Oui", le non étant majoritaire en Suisse alémanique et italienne. Donc il faudrait être plus nuancé que vous l’êtes. Il y a une Suisse pro-Eu (la Suisse romande et Bâle) et une Suisse anti-EU. Pour le reste je pense que vous avez raison et que ce pays n’entrera pas de sitôt dans l’UE, mais sa situation économique va devenir de plus en plus fragile.

                  Il ya un point qui m’inspire des réserves dans l’article, c’est la vision réductrice et même méprisante qu’il a de la Suisse :

                  "Mon premier est un pays enclavé en plein centre de l’Europe dont l’économie est dépendante des services financiers et des sports d’hiver"
                  Les sports d’hiver ? Je ne pense pas que ce soit un poste économique de beaucoup de poids, il s’adresse essentiellement aux Suisses d’ailleurs. Mais la Suisse est aussi un pays industriel et surtout une énorme puissance agro-alimentaire, avec Nestlé, le 1er groupe mondial de cette branche, et une agriculture qui est certes subventionnée mais qui exporte. 

                • Parpaillot Parpaillot 11 décembre 2008 11:58

                  @ Jean-Paul Doguet :

                  " Je vous rappelle qu’au dernier référendum suisse sur l’entrée dans l’UE les cantons romands et la ville de Bâle ont très largement voté "Oui", le non étant majoritaire en Suisse alémanique et italienne. "

                  Vous avez tout à fait raison de le rappeler, sauf que l’adhésion de la Suisse à l’UE n’a jamais fait formellement l’objet d’une quelconque votation. Le référendum dont vous faites référence concernait l’adhésion de la Suisse à l’EEE (Espace Economique Européen), un accord négocié entre les pays de l’AELE (Norvège, Islande, Liechtenstein et Suisse) et l’UE. Cette votation par voie référendaire date du 6 décembre 1992, voir les résultats détaillés ici.

                  Cordialement !



                • Jean-Paul Doguet 11 décembre 2008 13:36

                  Non ça c’est déjà ancien. Moi je parlais de la votation de mars 2001 qui a été organisée à l’initiative de "Oui à l’Europe". Elle concernait bien l’UE, pas l’EEE.


                • Parpaillot Parpaillot 11 décembre 2008 14:59

                  @ Jean-Paul Doguet :

                  " Non ça c’est déjà ancien. Moi je parlais de la votation de mars 2001 qui a été organisée à l’initiative de "Oui à l’Europe". Elle concernait bien l’UE, pas l’EEE."

                  Oui en effet, elle date du 4 mars 2001, mais il s’agissait d’une "initiative populaire" incitant le Conseil fédéral à ouvrir des négociations en vue de l’adhésion à l’UE.
                  Voir le texte de cette "initiative populaire" ici et les résultats détaillés ici.
                  A la lecture de ces résultats, vous constaterez que le rejet fut massif à 76,8% des voix et que de surcroît, l’ensemble des cantons, y compris les cantons romands, l’ont rejetée.
                  Personnellement je le regrette, en tant qu’Européen convaincu, mais il faut admettre que l’opinion publique n’est pas mûre à une adhésion à l’UE et que l’enthousiasme faiblit. Cependant la situation pourrait rapidement changer si d’aventure des événements majeurs devaient survenir dans ce bas Monde où rien n’est figé, sauf le changement !

                  Cordialement !


                • JONAS Virgule 10 décembre 2008 19:18

                  @ L’Auteur Michel Santi.

                  Vous venez du Liban ! Pourquoi ? Vous avez " santi " le vent tourner ! ? Peut-être que vous voudriez devenir citoyen suisse, la France n’étant pas assez accueillante et sur le point de devenir un pays comparable au Liban ! ?

                  En définitive, je me pose la question de savoir si vous êtes mondialiste pour le pognon, ou pour être chez vous partout !

                  Votre pays n’existe plus que grâce à la solidarité internationale, les Casques Bleus ! Nous avons (rien que la France), environ 1 500 pour assurer l’ordre et la sécurité dans ce pays ! Et vous avez le culot de vouloir nous convaincre des bienfaits du mélange des cultes et des communautés !

                  Vous vous moquez Monsieur !

                  @ —

                   

                   


                  • bob 10 décembre 2008 20:08

                    Monsieur,

                    En decrivant la Suisse comme un pays isole vous remettez en question son activite commerciale depuis le 19e siecle. Bienfait pour les uns, scandale pour les autres, la Suisse est passe au travers des ages en maintenant une activite essentiellement financiere. Il est vrai que recemment, elle s’est tournee vers le tourisme.
                    Par ailleurs, du fait de trois langues parlees par ses voisins, la Suisse est un pays sous influence ( les informations locales francophones et germanophones le souligne bien assez ). Voila pourquoi il apparait comme premature d’avancer que la Suisse est un pays isole.
                    Vous soulignez l’aspect coffre-fort de la Suisse mais n’omettez pas qu’elle reste durement concurrencee par les autres paradis fiscaux (bancaires ?). La denomination de 1 coffre-fort parmi tant d’autres est plus appropriee.
                    Vous soulignez que ce statut de coffre fort la rend plus vulnerable que bien d’autres pays mais pourquoi ne signalez-vous pas que la crise est mondiale ? ainsi TOUS LES PAYS SONT TOUCHES et cela inclut les pays communistes et theoriquement refermes sur eux-meme. Cette crise ne se resorbera pas rapidement par une espece de magie tant anoncee par nos gouvernements et dont les effets se font encore attendre.

                    A propos du secret bancaire, dire qu’il prend l’eau est une gageure. Tous les delinquants et les criminels ont interet a trouver une structure adaptee a leurs besoins. Si la Suisse rate cette occasion, elle se fera damer le pion par d’autres "etats" tout aussi efficace pour recycler les capitaux douteux. Il est inutile de souligner que chaque fois que la uisse est attaquee, un autre paradis fiscal tout aussi nefaste dans ses effets prend le relais avec les memes "tendances". Pour info, le Delaware est un paradis fiscal ( cela a peut etre un lien avec l’attaque en justice des US contre l’UBS)

                    Enfin, les suisses sont heureux de ne pas etre dans l’Europe. Cela n’inclut pas les financiers vereux et les mondialistes convaincus et grassement remuneres. Allez-y et parlez aux gens la-bas pour vous faire une idee ( je n’ai pas d’action dans une quelconque agence de voyage ).

                    Au fait, quel est ce monde en pleine mutation dont vous parlez ? accroissement du chomage ? crise financiere ? enrichissement indu des gens du serail ?


                    PS : vous avez eu tort de quitter le liban. Si la conduite laisse a desirer, les paysages sont magnifiques et la population accueillante.


                    • Parpaillot Parpaillot 11 décembre 2008 01:31

                      @ Michel Santi :

                      Dommage que votre article se confine un peu trop dans les stéréotypes habituels en abordant beaucoup de thèmes très disparates, mais sans les approfondir. Dommage, car certains de ces thèmes sont intéressants et mériteraient plus qu’une simple citation ou question. Celle-ci par exemple :

                      " ... pouvons-nous encore vivre dans notre isolement séculaire ? "

                      Très bonne question, tout aussi pertinente que vous ne traitez pas cependant ...

                      A lire votre CV, on sait que vous vivez et travaillez à Genève et que vous exercez dans la finance. Mais à lire votre article on constate que vous avez une vision très superficielle de votre pays : la Suisse.

                      Non, l’économie de la Suisse ne se résume pas aux services financiers, même si ceux-ci vous font vivre, ni aux sports d’hiver : " l’économie est dépendante des services financiers et des sports d’hiver."

                      Indépendamment de la finance (le secteur financier représente environ 14% du PIB lequel se montait à 512 milliards de CHF en 2007) - voir ici tous les chiffres-clés fournis par l’OFS - Office Suisse de la Statistique -, le SECO - Secrétariat à l’Economie - et l’OCDE, dans la "Vie économique") - et du tourisme, la Suisse possède un secteur industriel très diversifié : industrie pharmaceutique, biotechnologie, chimie, horlogerie, mécanique de précision, machine outil, électrotechnique, industrie alimentaire, etc.
                      Par ailleurs la Suisse consacre environ le 3% de son PIB à la recherche, c’est plus que la moyenne des pays de l’UE, trois plus que l’Italie par exemple.

                      Oui la crise financière a aussi touché la Suisse, oui l’UBS et le Crédit Suisse ont dû être recapitalisées elles aussi, oui la crise économique commence à frapper la Suisse, oui la récession commence à atteindre la Suisse où le taux de chômage (moyenne nationale) est passé le mois dernier (novembre 2008) de 2,5 à 2,7% ...

                      Tout ceci est vrai, comme il est exact que la Suisse n’est pas le pays de cocagne tel que décrit dans les médias étrangers et épargné par tous les malheurs du Monde.

                      Vous écrivez aussi :
                      " Pourtant, la date du 12 Décembre liera encore plus son sort à l’Europe car, à partir de cette date, les douanes suisses ne seront plus contrôlées ! "
                      Vous faites ici référence aux accords de Schengen qui s’appliqueront effectivement à la Suisse à compter de cette date, mais ces accords ne concernent que la libre circulation des personnes, mais pas celles des marchandises. Vous verrez donc encore des douaniers à Perly-St-Julien, Ferney-Voltaire, Bardonnex ou Moillesulaz, de même qu’aux autres postes-frontières de Suisse.

                      Je sais qu’à Genève - j’y vis moi aussi - bon nombre de gens vivent dans des "ghettos", qui n’ont rien à voir avec le sens que l’on donne habituellement à ce mot. Les "ghettos" genevois sont plutôt dorés, mais pas tous, ils abritent les fonctionnaires des organisations internationales (ONU, BIT, OMC, OMPI, OMS, etc.) et le personnel des sièges européens de sociétés multinationales. Bon nombre de ces personnes, installées pourtant depuis plusieurs années à Genève, ne parlent bien souvent pas un traitre mot de français et ne s’expriment qu’en anglais. Ils ne sortent qu’entre eux, vivent entre eux, confinés dans certains quartiers de la Rive Droite (Place des Nations, Petit-Saconnex, ...). Il en va de même de certains groupes nationaux, tels les Portugais concentrés dans le populaire quartier de la Jonction.
                      Genève, ville très cosmopolite, abrite plus de 40% de résidents étrangers, les fonctionnaires internationaux n’étant pas inclus dans ce chiffre, les ressortissants double nationaux très nombreux eux aussi, pas davantage.
                      Si je parle de ces "ghettos" c’est seulement pour préciser que Genève n’est pas représentative de la Suisse et que de très nombreux résidents genevois ne connaissent pas, ou très mal la Suisse, restant confinés au Bassin Lémanique ou au Valais. Qui connaît des villes ou localités telles que Soleure, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Saint-Gall, Schaffhouse, les vallées italophones des Grisons, ou le Val Verzasca au Tessin ?

                      La Suisse est très diverse, économiquement, culturellement, le climat de La Brévine n’a rien avoir avec celui d’Ascona et le petit paysan de montagne du Val d’Avers rien de commun avec le banquier genevois ...

                      Emporté par ma fougue, je m’égare un peu peut-être ...  smiley

                      Tout cela pour en revenir au point central - il l’est pour moi - de votre article :

                      Quid de l’avenir de la Suisse, cet îlot de prosperité au centre de l’Europe, mais pour combien de temps encore, cette Suisse pourra-t-elle rester longtemps à l’écart de l’Union Européenne ?...

                      Question qui pourrait peut-être faire l’objet d’un prochain article ?

                      Un politicien suisse dont j’ai oublié le nom a dit un jour :

                      "On dit des Suisses qu’ils se lèvent tôt, mais se réveillent tard ..."  smiley

                      Mais qui donc a dit que les Suisses étaient chauvins et manquaient d’auto-critique ? :B)

                      Alors ne perdons pas courage !

                      Cordialement et merci pour cet article quand même !


                      • Internaute Internaute 11 décembre 2008 09:19

                        A en croire l’auteur, avec le réchauffement climatique et le refroidissement du crédit les suisses sont plutôt mal barrés ! smiley

                        Tantqu’ils ont encore Victorinox il y a de l’espoir.


                      • Internaute Internaute 11 décembre 2008 09:16

                        Article bizarre qui critique le prétendument isolement de la Suisse tout en nous informant que 60% du PIB est fait à l’export avec l’UE et que les banques ont de grosses participations étrangères.

                        « La Suisse n’est plus cet îlot bucolique de prospérité et de neutralité, elle est à présent plus que jamais engagée dans la rude bataille pour la survie de ses citoyens et ce dans une conjoncture où elle a tout à perdre si elle reste dans son superbe isolement. »

                        Si l’objectif est de faire disparaître le citoyen suisse au profit du vulgus mondial alors pourquoi se battre pour sa survie ?

                        Santi nous a habitué à mieux. Cette fois il s’est laissé emporté par le courant irrationnel du mondialisme à la mode. C’est sans doute une réaction à la nouvelle entrée du parti UDC au gouvernement suisse.


                        • demo 11 décembre 2008 11:04

                          Quoi de plus ant-démocratique effectivement que le vote à bulletin secret dans un isoloir, vive le vote à main levé.
                          Vous plaisantez je pense. Le vote à main levé est reproché aux syndicats lors des grêves car il y a un effet d’entrainement et on sait pertinemment que certains votent oui ou non aprés avoir regardé autour d’eux pour voir la tendance.


                          • demo 11 décembre 2008 11:09

                            C’est une réaction au commentaire qui parlait du vote à main levé et pas à l’article.


                          • JONAS Virgule 11 décembre 2008 12:49

                            Les Suisses n’ont plus vraiment de frontières, sauf sur les axes principaux.

                            Ils s’associeront peut-être partiellement avec l’Europe des 27, mais je ne crois qu’ils abandonnent le Franc.

                            Travailler en Suisse, c’est gagner approximativement 3 fois plus qu’en France à qualification égale, alors, l’euro fort et le franc suisse faible ! Faites-moi rire.  smiley

                            @ +


                            • dom y loulou dom 11 décembre 2008 14:29

                              le secret bancaire est un mythe

                              ainsi que ce prétendu isolement


                              vous lorgnez sur votre pays d’accueil uniquement par le judas banquier...


                              que des lobbys multinationaux aient gangréné le pays, les mafias envahis les centres névraligiques bancaires des grandes villes comme Genève ou Zürich est une évidence. Ni plus ni moins que dans toutes les grandes capitales.

                              Vous osez ainsi même parler de ce pays sans mentioner sa démocratie directe et il est exclu que la suisse se joigne au grand ensemble si celui-ci piétine les droits de ses citoyens ou ne trouve de solution au chômage que de grossir des troupes militaires et de les envoyer à l’abattoir.

                              On est pas dupe et la machinerie sioniste, aussi mégalomane que n’importe quel empire désastreux pour les hommes rêvant de conquérir le monde, on lui vomit dessus et ce n’est pas spécialement buccolique.

                              Et vous nous expliquerez en quoi les autres pays européens décident de quoi que ce soit en-dehors des lobbys sionistes qui gangrènent tout et en quoi la CE leur est encore un avantage puisque ses politiciens font du suivisme meurtrier et semblent aimer se faire rouler dans la farine.


                              la liste des partenaires de la Suisse est longue donc courez après votre isolement, il est une vue de l’esprit, mais pas une réalité. 


                               

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