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Accueil du site > Actualités > Economie > La tiers-mondialisation de la planète

La tiers-mondialisation de la planète

La mondialisation productive, financière et commerciale, est une adaptation du système capitaliste à la crise qui le secoue depuis les années 1970. Il s’agit de rétablir les profits pour rémunérer grassement les rentiers. Les performances récentes des entreprises multinationales en matière de profits records attestent l’accélération de cette tendance.

Comment s’opère le « rétablissement » des profits ?

Le principe est simple : réduire les coûts et augmenter les marges.

La réduction des coûts implique « l’euthanasie » de la classe moyenne. Au Nord développé, il s’agit de déconstruire l’Etat-providence qui serait entre les mains de la classe moyenne, qui utiliserait la dépense publique pour financer ses « privilèges ». Cette déconstruction passe par l’imposition du marché et par la mise en concurrence des travailleurs du Nord entre eux (vieille Europe versus nouvelle), ainsi qu’avec ceux du Sud. Au Sud, il s’agit d’abattre les régimes « nationalistes » dont le clientélisme a fait naître une élite politico-économique consommatrice de surplus. L’imposition du marché, la privatisation de l’Etat, le contrôle externe de la dépense publique dans le cadre de l’application du « consensus de Washington » permettent de réduire les coûts de fonctionnement du système. En fait, au Nord comme au Sud, l’objectif est la paupérisation de la classe moyenne, pour aboutir à une société mondiale duale comportant un nombre limité de très riches et une grande majorité de pauvres. En somme, une société mondiale de type brésilien (parangon de l’économie sociale de marché).

L’augmentation des marges passe par la mobilisation et la création de rentes. D’une part, il s’agit de mobiliser la plus grande part possible des rentes issues des ressources naturelles (minerais, énergie, agriculture...) en utilisant les dysfonctionnements d’un marché imposé, c’est-à-dire en profitant de l’asymétrie de puissance contractuelle entre les firmes multinationales et les producteurs. A cette fin, il est également possible d’utiliser la persuasion, des pressions politiques, la corruption, voire l’intervention militaire. D’autre part, on assiste à la création de rentes de marché, c’est-à-dire, grâce au marketing, à la mise sur le marché de biens ou services à un prix de vente sans aucun rapport avec leur coût de production. Seule la rente, liée au phénomène de marque, peut expliquer qu’un tee-shirt fabriqué au Sud soit vendu 30 à 40 fois plus cher que son coût de production sous prétexte qu’il arbore l’impression d’un logo. Il en est de même pour les services, notamment dans le domaine des logiciels ou du divertissement.

La réduction des coûts et l’augmentation des marges garantissent l’explosion des profits, largement distribués aux rentiers, dont Keynes souhaitait l’euthanasie pour assurer le plein-emploi.

La question qui se pose est de savoir pourquoi, tant au Nord qu’au Sud, les populations acceptent, tant bien que mal, ce processus de paupérisation du plus grand nombre.

La raison majeure réside dans la manipulation des mentalités, dirigées vers le consumérisme. L’individu doit être dégagé de toute conscience politique et avoir comme seule aspiration la consommation mimétique de biens et services sans cesse diversifiés.

Ce processus s’appuie sur un large investissement des multinationales dans le secteur des médias : il faut décérébrer partiellement l’individu pour le rendre disponible à la communication publicitaire vantant la consommation. Il convient aussi d’occuper la part restante de son esprit par des divertissements largement médiatisés (sport, variétés...) pour qu’il se désintéresse de la chose politique, que les médias complices n’évoquent pas réellement. En fait, le slogan pourrait être : « Tuer l’esprit au profit du ventre ».

Cette voie consumériste implique la complicité des élites politiques gouvernantes ou susceptibles de gouverner. Ces élites sont, pour la plupart, intégrées dans le capitalisme multinational, et l’on note un mouvement de va-et-vient entre le personnel politique et celui des firmes multinationales.

Au total, quelle société néolibérale mondiale pour demain ?

Au sommet, quelques multimilliardaires maîtrisent le système et se réunissent, de temps à autre, avec leurs complices politiques (les élites) pour veiller à sa stabilité et à son extension. A un niveau intermédiaire, se situent les complices plus ou moins volontaires. D’une part, les chevilles ouvrières : (i) managériales : les financiers, les ingénieurs, les commerciaux, les publicitaires... qui assurent le développement du système consumériste et la croissance des profits, (ii) politiques : les élus de terrain qui gèrent le clientélisme de façon décentralisée pour la pérennité du système. D’autre part, les bouffons grassement rémunérés du cirque médiatique qui dealent « l’opium » au peuple : journalistes (les « nouveaux chiens de garde »), artistes, sportifs.... Les « restes » de la population seront cantonnés au rôle de « tube digestif » de moins en moins alimenté en nourriture vraie.

En définitive, la mondialisation néolibérale aura pour effet d’étendre le dualisme du Tiers monde à l’ensemble de la planète.


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55 réactions à cet article    


  • vilain petit canard (---.---.117.250) 30 mai 2006 11:48

    Je suis bien d’acord avec vous, mais comment faire pour contrer ce mouvement ? Avez-vous des idées ?


    • Forest Ent Forest Ent 30 mai 2006 12:55

      Bonne analyse. J’avais quelque chose comme cela en tête - mais pas aussi clairement exprimé - en rédigeant ceci :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9855

      qui détaille un peu - il me semble - le processus « d’anesthésie ». Mais la meilleure démonstration en est donnée - à mon avis involontairement - par cet article :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10000

      par exemple dans cet extrait :

      « La réponse apportée par notre État »rapace« à cette question est avant tout dictée par la facilité : en effet, il est beaucoup plus difficile de »taxer« plus sévèrement le capital, par définition mobile et international, et qui fuirait notre pays que de »taxer« le salarié qui réside en France. »

      Le « non » au referendum UE a montré que les français ne sont plus vraiment dupes du processus. Il y a maintenant une opposition claire entre le peuple français et les bénéficiaires de la mondialisation représentés par l’UMP, l’UDF et le PS. Cela ne présage pas d’un avenir tranquille.


      • éric (---.---.166.26) 30 mai 2006 13:11

        « La réduction des coûts implique « l’euthanasie » de la classe moyenne »

        Vous rejoignez là mon essai :

        Qui veut détruire la classe moyenne ?


        • Bernard Conte Bernard Conte 31 mai 2006 02:01

          Pour les ultra-libéraux (Friedrich Hayek), la classe moyenne est à l’origine de bien des maux, elle utilise la notion de « justice sociale » pour défendre ses intérêts corporatistes.

          Cette classe moyenne contrôle le processus démocratique et bénéficie de la redistribution des richesses par le biais de la dépense publique alimentée par la fiscalité.

          Invoquer la justice sociale « est un moyen commode pour les hommes politiques de se fabriquer des majorités » (Hayek).

          De plus, l’égalitarisme conduit inéluctablement au totalitarisme : « il y a une grande part de vérité dans la formule d’après laquelle le fascisme et le national-socialisme seraient une sorte de socialisme de la classe moyenne » (Hayek).

          En conséquence, L’État minimal est un moyen d’échapper au pouvoir de la classe moyenne qui contrôle le processus démocratique afin d’obtenir la redistribution des richesses par la fiscalité.


        • Aldoo (---.---.43.7) 30 mai 2006 13:33

          Factuellement, je pense que c’est bien cela qui se passe.

          Cependant, gare à la manière dont vous présentez les choses : on croirait l’exposé d’une ennième théorie du complot.

          Personnellement, je pense que quasiment personne ne veut la tiers-mondialisation de la planète, que les quelques uns qui auraient cette intention n’influent de toute manière que peu sur le phénomène. Mais si les choses se passent ainsi, c’est par la somme de volontés indépendantes et d’objectifs propres à chacun qui, mis ensemble, font naturellement tendre la société vers ce que vous décrivez. (l’équilibre de Nash ne correspondant pas forcément à l’intérêt général)

          Du moins, cela est vrai à notre échelle. Cela n’est sans doute pas vrai à l’échelle de tel ou tel cycle socio-économique. À quoi ressemblera le monde après la prochaine révolution, après la prochaine guerre mondiale, après telle ou telle crise, après telle ou telle irrégularité historique ?


          • zen (---.---.78.49) 30 mai 2006 13:40

            Bon décryptage, Bernard , il suffit de lire (parfois entre les lignes)Mme Thatcher dans le texte,ainsi que ses épigones,et ses inspirateurs (Friedman..)pour être convaincu. Vous décrivez là une tendance, bien sûr,que ne conteste pas, à ma connaissance,Mr Barroso, mais est-il encore possible de la contrer efficacement et vite ?...


            • Bernard Conte Bernard Conte 31 mai 2006 08:58

              La première réaction de rejet a été le non à la constitution européenne. Le projet était de « constitutionnaliser » l’économie, c’est à dire d’inscrire dans la loi fondamentale une forme de néolibéralisme (l’ordolibéralisme) rendant impossible la mise en oeuvre de politiques alternatives.

              Une suite pourrait résider dans la constitution de l’Europe en espace keynésien (qui était un libéral...)


            • Adolphos (---.---.59.170) 30 mai 2006 14:08

              Il y a un moment ou les délires de la gauche sont tellement coupé de la réalité que cela ne veut plus rien dire du tout...

              « la mise sur le marché de biens ou services à un prix de vente sans aucun rapport avec leur coût de production. »

              C’est nouveau ca ! Que vient faire le cout de production dans le prix de vente ? Encore une idée ultra-bizaroïde pour « prouver » que SOCIALISME VAINCRA ! Ouai, ouai, ouai..


              • Teufel (---.---.78.49) 30 mai 2006 14:14

                Vous avez vu la qualité de l’analyse ?!!!


              • Teufel (---.---.78.49) 30 mai 2006 14:16

                Je parlais de notre inénarrable Adolphos,que certains appellent déjà « le comique agoravoxien »...


              • Adolphos (---.---.59.170) 31 mai 2006 01:42

                Si vous trouvez que ca, c’est de la qualité, un conseil : vérifiez à tout hasard vos préservatifs, car vous allez avoir de sacrés problémes...


              • zen (---.---.197.15) 31 mai 2006 14:21

                obsédé,va !


              • marcel thiriet (---.---.78.49) 30 mai 2006 14:12

                « c’est par la somme de volontés indépendantes et d’objectifs propres à chacun qui, mis ensemble, font naturellement tendre la société vers ce que vous décrivez. (l’équilibre de Nash ne correspondant pas forcément à l’intérêt général »

                Ca, c’est du A.Smth hyper-symplifié,me semble-t-il....L’auteur aurait pu s’étendre sur le fonctionnement des marchés, des capitaux,de la spéculation boursière impliquée dans les sphères productives, pour montrer que les « volontés indépendantes » sont un mythe.. Etes-vous « libre » et décideur dans ce processus ?... La parole est à Bernard...


                • Aldoo (---.---.242.193) 30 mai 2006 23:59

                  Du simplifié, certes : je n’ai pas reçu de formation d’économiste et les commentaires d’Agoravox ne sont pas le lieu pour développer des théories évoluées.

                  Cependant, il me semble que c’est le contraire du propos d’Adam Smith que j’affirme. En effet, d’après ce que j’ai compris, pour lui, l’équilibre de Nash (anacronisme smiley ), qui correspond en gros au résultat de l’action de « la main invisible », serait optimal pour l’intérêt général. Or cela est faux et archifaux, et ça se prouve par 1+1=2 (oui, je suis bien meilleur mathématicien qu’économiste !), ne serait-ce que parce qu’il peut exister plusieurs équilibres qui ne se valent pas.


                • Aldoo (---.---.242.193) 31 mai 2006 00:10

                  Oups, j’avais lu trop en diagonale votre deuxième paragraphe. Donc, en gros la main invisible ce ne serait pas des volontés indépendantes dans la vraie vie ?

                  Possible. Nash & Co, ça ne vaut que dans les jeux à information complète, c’est ça ? Or les acteurs financiers n’agissent pas dans leur intérêt mais dans ce qu’ils croient l’être.

                  Cela dit, je ne pense pas que de tels comportements jouent plus en faveur de l’intérêt général que le comportement d’acteurs omniscients. Si mon intuition est juste, ma première intervention reste justifiée, si on ne parle plus d’équilibre de Nash, et que par indépendance des volontés, on entend qu’il n’y a pas un « cerveau » qui mène le monde vers la tiers-mondialisation.


                • stef (---.---.229.129) 30 mai 2006 14:16

                  Le NON au refrendum, n’a servi à rien et il ne sert plus à rien de voter, puisque rien n’est pris en compte....

                  Et, ils ont bien commencé à nous « paupériser », puisqu’il devient quasiment impossible de devenir propriétaire et donc il ne reste plus qu’à consommer comme des mésirérables locataires.

                  La seule solution que je propose est de limiter sa consommation au strict minimum !!!


                  • Karet (---.---.59.14) 30 mai 2006 14:28

                    Très bon article.

                    Nous vivons une société avec une importante classe moyenne, peu de riches et peu de pauvres.

                    Depuis 20 ans nous allons vers une société avec une classe moyenne de plus en plus restreinte, une minorité de super-riches et une énorme majorité de pauvres et de très pauvres.

                    Que faire ? C’est au citoyen de réagir et de s’intéresser un peu plus à la politique (au sens grec) pour renverser la tendance et cesser de se faire exploiter par un petit gang qui accapare tout.

                    Cela d’un côté et de l’autre s’efforce d’être un peu moins con-sommateur.


                    • Karet (---.---.59.14) 30 mai 2006 14:33

                      errata

                      « Nous vivons une société »

                      Lire : nous VIVIONS


                    • Scipion (---.---.104.85) 30 mai 2006 14:46

                      « Depuis 20 ans nous allons vers une société avec une classe moyenne de plus en plus restreinte, une minorité de super-riches et une énorme majorité de pauvres et de très pauvres. »

                      C’est intéressant, mais, à moi qui suis peu versé en économie - en économies non plus... smiley) -, pourriez-vous expliquer comme les super-riches feront pour devenir hyper-riches, quand il n’y aura plus de fric à piquer chez les pauvres et encore moins chez les très pauvres ?

                      Parce que, pour moi qui suis peu versé en économie, la société de consommation n’est pas bien concevable sans consommateurs...

                      Excusez, le cas échéant, ma naïveté... Elle est due au fait - je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit - que suis peu versé en économie...


                    • (---.---.123.107) 30 mai 2006 14:58

                      A mon avis c possible il suffit que les pauvres consomment quand même un peu (ce qui est le cas, même les clochards achètent quotidiennement des canettes de bière dans les supermarchés). Si à chaque fois que quelqu’un achète une canette de bière à 1 euro le propriétaire de la marque se met 5 centimes dans la poche en bénéfice tu vois bien qu’il n’en rien à faire que les acheteurs soient riches , tant qu’il y a bcp d’acheteurs, ses bénéfices sont énormes. C’est pour ça que des acteurs touchent 20 millions d’euros par film, il suffit que 100 millions de personnes (sur les milliards qui peuplent la planête)aillent voir leur film et que sur le prix du billet 20 centimes seulement soient reversés à l’acteur multi-millionnaire...


                    • Karet (---.---.1.121) 30 mai 2006 15:04

                      @Scipion

                      « C’est intéressant, mais, à moi qui suis peu versé en économie - en économies non plus...smiley)-, pourriez-vous expliquer comme les super-riches feront pour devenir hyper-riches, quand il n’y aura plus de fric à piquer chez les pauvres et encore moins chez les très pauvres ? »

                      Ces super-riches raisonnent à très court terme ; l’important pour eux est de faire fortune rapidement ; ils se foutent pas mal de l’avenir des autres, y compris souvent même de celui de leurs propres enfants.

                      Quand j’écris super-riches, ce ne sont pas seulement des personnes physiques, mais aussi des sociétés ; le système de compétition effrénée vers le toutjours les conduit à faire cela.


                    • Vilain petit canard Vilain canard 30 mai 2006 18:14

                      Chez moi on appelle ça « faire l’âne pour avoir du son »...


                    • Maxime Gouzevitch Maxime Gouzevitch 31 mai 2006 23:58

                      >A mon .... 20 centimes seulement soient reversés à l’acteur >multi-millionnaire...

                      C’est exactement le cas de Total qui touche 1 centime de benefice pur par litre d’essence vendu...


                    • Maxime Gouzevitch Maxime Gouzevitch 1er juin 2006 00:01

                      >et une énorme majorité de pauvres et de très pauvres.

                      Qu’appelez vous pauvre ?

                      1 indicivu qui a une vieille voiture, une tele, un telephone portable. 1 ordinateur suelement 1GHz de vitesse, racorde a l’internet bas debit a 10 euros par mois ? Mangeant tous les jours a sa faim, vivant dans un appartement avec eau chauffee, electricite, sanitaires... C’est ca pour vous hyper pauvre ? Laissez moi rigoler la calsse moyenne n’as jamais ete aussi riche dans les pays developpes qu’elle ne l’est aujourd’hui...


                    • luigi (---.---.238.6) 1er juin 2006 09:11

                      En France le montant de revenu mensuel à partir duquel une personne est considérée comme appartennat au groupe à risque de pauvreté est de 715€ par mois net.


                    • Z (---.---.107.65) 2 juin 2006 10:28

                      « En France le montant de revenu mensuel à partir duquel une personne est considérée comme appartennat au groupe à risque de pauvreté est de 715€ par mois net. »

                      C’est le problème de la définition du seuil de pauvreté, c’est la moitié du revenu médian. Revenu médian = revenu qui divise également la population en 2, la moitié des gens gagne plus, l’autre moitié gagne moins.

                      Le problème, c’est que si l’on multiplie les revenus de tout le monde par 10, il y a toujours autant de personnes sous le seuil de pauvreté. C’est donc un indicateur relatif, qui mesure en quelque sorte l’équivalent d’un écart-type (entre les riches et les pauvres), mais ce n’est pas du tout un indicateur absolu de pauvreté.

                      Je suis d’accord pour dire que les écarts entre les riches et les pauvres augmentent, et donc que la classe moyenne disparaît peu à peu. Mais la « classe pauvre » d’aujourd’hui (mis à part les très précaires, SDF, etc...) a globalement un meilleur niveau de vie que la classe moyenne d’hier (dans les années 50-60, les gens n’avaient pas de salle de bains chez eux (toilette matinale sommaire dans la cuisine), pas de sanitaires, pas de voiture...).

                      Donc... il faut à mon sens lutter contre les inégalités. Mais aussi être conscient de notre niveau de vie réel : très élevé. Rappelons que 4 planètes ne suffiraient pas à supporter la population mondiale actuelle vivant avec le mode de vie moyen d’un français... A l’échelle mondiale, même nos « pauvres » sont des parasites pour la planète.

                      Mais si l’on restreint le problème à notre société, l’accroissement des inégalités reste néanmoins préoccupant pour la paix sociale.


                    • Scipion (---.---.104.85) 30 mai 2006 14:38

                      L’auteur des Protocoles des Sages de Sion s’est largement inspiré du Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, à ce qu’on dit, et l’auteur de La tiers-mondialisation de la planète, s’est largement inspiré des Protocoles des Sages de Sion. A ce qu’on voit... smiley)


                      • Talion Talion 30 mai 2006 15:07

                        Ca mon cher, c’est vous qui l’affimez...

                        Personnellement ce que je constate c’est que dès que quelqu’un s’interroge sur la légitimité du système en place et l’orientation qu’il prend il y a toujours d’autres individus qui vienne l’accuser de servir les thêses conspirationistes et de s’être inspiré du « protocole des sages de Sion ».

                        Je ne voudrais pas être déplaisant, mais j’espère que votre point de vue s’appuie sur des éléments et des arguments crédibles et que vous pourrez nous dire TRES EXPLICITEMENT à quel niveau exactement l’auteur s’est inspiré du protocole des sages de Sion.


                      • Karet (---.---.1.121) 30 mai 2006 15:07

                        Grotesque.

                        L’auteur ne parle pas d’un complot.

                        Il s’agit d’un système général à toute la planète qui peut en donner l’impression, mais, en réalité il n’y a pas de « tête pensante » qui dirigerait le tout.

                        Y croire, c’est se fourvoyer et se couper d’une réflexion conduisant à « Peut-on inverser cette tendance ? »

                        Tendance dont nous sommes tous victimes, ne l’oublions pas ; alors cherchons les vraies causes au lieu de chercher des comploteurs.


                      • Marsupilami (---.---.171.148) 30 mai 2006 15:19

                        Ouaf !

                        On peut éventuellement se poser ce genre de question, mais on peut aussi en faire l’économie. Cet article prétend rationaliser à outrance ce qui est une gigantesque vague de dinguerie collective de moutons de Panurge déboussolés emportés par le torrent d’une Histoire qui leur échappe. Il y a certes des profiteurs et des incitateurs ultracapitalistes qui s’en foutent plein les fouilles à cette occasion en surfant sur la vague post-communiste et d’autres qui se font niquer au dernier degré, mais je ne crois guère à cette espèce de théorie du complot politique absolu. C’est du raisonnement postmarxiste rationalisateur de deuxième main.

                        C’est plutôt le Protocole des fous de « scions la branche sur laquelle nous sommes assis », tous ensemble.

                        J’attends stoïquement la chute (ou l’arrivée dans le mur, si ladite branche est perpendiculaire au plan de l’horizon).

                        Houba houba grrr...


                      • Marsupilami (---.---.171.148) 30 mai 2006 15:21

                        Euh, pardon, « si la branche est parallèle au plan de l’horizon », bien entendu...

                        Houba houba !


                      • Jojo2 (---.---.255.244) 30 mai 2006 15:06

                        On voit bien là le rôle de TF1 tel que défini par Patrick Le Lay.


                        • lephil (---.---.80.196) 30 mai 2006 16:02

                          Le raisonnement n’est pas faut, mais au cour de l’histoire de l’humanité il y a eu toujours des riches et puissants mais aussi des pauvres (le bras armés) aidés par des intellectuels (le cerveau) à occir ces mêmes riches tant décriés (ex : révolution française) pour se retrouver à leurs places ainsi de suite... L’histoire se répète toujours à l’image de l’homme, car depuis l’âge des cavernes il n’a pas évolué, il est toujours autant obsédé par l’acquisition de biens matériels et le pouvoir spirituel sur ses congénères !... Mais dans peu de temps il aura fini de scier la branche ou il est confortablement assis et alors la chute sera très dure, donc encore un peu de patience et l’humanité ne sera plus qu’un vague souvenir. Qui sème le vent récolte la tempête...


                          • Marc P (---.---.132.185) 30 mai 2006 16:44

                            Merci Mr Comte, beaucoup de vrai dans ce que vous exprimez clairement :

                            je crains simplement que peu d’acteurs de ce grand cirque soient bien conscients, des enjeux, de leur rôle, de leurs responsabilités.

                            comme vous dites « complice + ou - volontaires »... mais j’ajouterais peu responsables eu égard à leur niveau d’éducation et de du revenu qui leur ont été consentis....

                            Par exemple, les ingénieurs tels des mercenaires se ressentent comme la cheville « ouvrière » mais se considèrent « ouvriers » qui plus est de la machine économique voire politique. J’ai du mal à les distinguer des élites que vous semblez réduire à une certaine intelligentsia ou aux politiques... ou je vous ai mal lu....

                            Le rôle potentiel pour « réorienter les choses » et non rempli politiquement par tous ces cadres sup, prof libérale, enseignants aussi, bref décideurs ou maitrîsant la parole, à disons plus de 4 fois le smic serait considérable...

                            Je me rappelle ce prof d’économie qui dans ses 1ers cours expliquait qu’un écart important de revenu entre les cadres et les autres permettait d’acheter la paix sociale...

                            Où je travaille c’est patent, ils ont créé un syndicat de cadre et de la corpo, pour peser et obtenir des revalorisations considérables, et pouvoir influencer les politiques (choîx stratégiques)de la maison et maintenant leur docilité a décuplé pour justifier ces augmentations... Et de stratégie nenni...

                            Sans parler de la fracture complète entre eux et leurs subordonnés, fract prof et sociale...

                            Merci pour ce beau papier...

                            Marc P


                            • gem (---.---.117.249) 30 mai 2006 18:18

                              Votre modèle, c’est le docteur Knock ? L’homme qui découvre et soigne les maladies imaginaires, et, par ce moyen, prend totalement le pouvoir ?

                              Que je sache, nous sommes toujours plus nombreux sur la planete, et nous y vivons toujours plus longtemps. Et, comme je sais que c’est discuté, je n’assenerai pas comme une évidence que nous (nous = tous les humains de la planète) vivons des conditions sanitaires, alimentaires, matérielles, culturelles, et même politiques toujours plus agréables et plus égalitaires... mais l’inverse n’est pas plus évident. Ceci dit sans nier les problèmes, et tout spécialement les problèmes futurs (destruction de la nature, épuisement des réserves de matières premières, accumulation de gaz à effet de serre, etc.) ; d’ailleurs, si on peut se permettre de penser au futur, c’est bien que le présent nous est relativement moins problématique.

                              Enfin, c’est bien dans les endroits où la résistance politique à la « mondialisation néolibérale » a été/est la plus forte que les problèmes ont été/sont les plus aigüs. Il doit bien y avoir un lien entre vos idées, M. conte, et les problèmes, sous forme de causalité quelque part.

                              Alors si c’est ça la « tiers-mondialisation », et bien ça ne va pas déranger grand monde. Et même, ça explique bien pourquoi, en fait, tous le monde pousse à la roue. Entre se faire dicter son comportement par la pub ou par la force politique, même vous, M. Conte, choisissez la première option (d’ailleurs, la force politique ne s’oppose pas à la pub, au contraire, elle suppose une puissante propagande)

                              Je note quand même cette perle : >>>« et l’on note un mouvement de va-et-vient entre le personnel politique et celui des firmes multinationales. »

                              Coup de bol (ou de génie ?) : en France le personnel politique est quasiment exclusivmeent composé de fonctionnaires. Nous sommes donc totalement protégés de la tiers-mondialisation (d’ailleurs, ça se voit, pas vrai ?)...


                              • Bernard Conte Bernard Conte 31 mai 2006 02:31

                                Nous vivons tous mieux en effet :

                                "sur une population mondiale de 6 milliards d’êtres humains, un milliard représente 80% du PIB tandis qu’un autre milliard lutte pour survivre.

                                54 pays sont plus pauvres actuellement qu’en 1990.

                                115 millions d’enfants ne fréquentent pas l’école primaire. Le taux de scolarisation n’est que de 59% en Afrique sub-saharienne et de 84% en Asie du Sud.

                                30 000 enfants meurent par jour (soit 10 millions par an) de maladies qui auraient pu être évitées.

                                42 millions de personnes vivent avec le SIDA dans le monde, dont 39 millions dans les pays en développement.

                                1 million de personnes meurent du paludisme chaque année.

                                1 milliard de personnes (soit une sur cinq) n’ont pas accès à l’eau potable.

                                au rythme actuel, l’Afrique subsaharienne ne remplira pas les Objectifs du Millénaire concernant la pauvreté avant 2147 et ceux relatifs à la baisse de la mortalité infantile avant 2165".

                                http://www.hcci.gouv.fr/lecture/fiches/fi02.html


                              • Scipion (---.---.63.235) 31 mai 2006 07:25

                                Monsieur Conte svp, une question...

                                Vous faites une énumération à prétentions horrifiques - en ce qui me concerne, il en faudrait sensiblement plus... - de dysfonctionnements actuels, est-ce à dire que c’était mieux il y a cinquante ans ?

                                Faites tout de même attention à ce que vous répondez, il y a cinquante ans, on était encore en pleine colonisation...

                                Sachez encore que quand, dans une assemblée quelconque, vous dites : « S’ils ne sont pas contents de leur sort, ils n’ont qu’à faire comme nous, ils n’ont qu’à travailler. », vous recueillez une approbation aussi large que bruyante.

                                Parce que les gens, même s’ils sont assez ignorants, savent qu’il y a vingt peuples qui, depuis la fin de la guerre, ont prouvé que quand on veut « y aller », on peut, et que ça marche...

                                Je voudrais ajouter que quand vous déplorez la mort de dix millions d’enfants par année, vous évoquez un phénomène qui s’appelle la sélection naturelle ; que, chez nous, ce phénomène jouait à plein il n’y a pas si longtemps, et qu’il était, alors, considéré comme un aspect certes tragique, mais normal de la vie...

                                Tout le reste est à l’avenant. Alors, modérez vos jérémiades, s’il vous plaît. Elles sont aussi anachroniques que vaines, car je n’exagère pas en affirmant qu’au moins 80 % de la population pense comme moi, peut-être moins crûment, mais comme moi quand même...

                                Cela aussi, il fallait que ce soit rappelé !


                              • Maxime Gouzevitch Maxime Gouzevitch 31 mai 2006 19:24

                                >"sur une population mondiale de 6 milliards d’êtres >humains, un milliard représente 80% du PIB tandis qu’un >autre milliard lutte pour survivre.

                                cela veut dire que 15% de la population mondiale vit dans la misere ! 15% sont tres riches. Ce chiffre n’as jamais ete aussi bon !!! Dans toute l’histoire de l’humanite 5% etaient riches 15% vivaient a leurs depens et 80% etaient dans la misere (pensez au systeme : Noblesse/ Bourgeoisie / Paysannerie)

                                >54 pays sont plus pauvres actuellement qu’en 1990.

                                J’en dedui logiquement que 2/3 des pays (on doit etre 150 je crois) et plus particulierement les plus gros (Chine, Inde, Bresil) sont plus riches. Une treeees bonne nouvelle !!!

                                oui en effet cela concerne assez particulierement les pays du bloc sovietique lorsque celui-ci s’est effondre et a cree en catimini la chute des multiples dicatures et chaos qui a conduit a la poperisation : cela concerne les pays d’asie mineure, d’Afrique qui etait soutenue par URSS, Balkans etc... D’autres pays tels que la Syrie vivent la fin de leurs ressources petrolieres. tant pis pour eux ils ont tout gache et il ne leurs reste plus rien... Ils avaient qu’a investir avec leurs revenus...

                                Enfin la troisiemem cathegorie de pays pousses par la fievre nationnaliste a chasse les blancs et les capitalistes et s’est retrouvee sans rien... Tant pis pour eux (Cote d’Ivoire, Zimbabwe, Somalie, Irak...)

                                >115 millions d’enfants ne fréquentent pas l’école >primaire.

                                Et alors ? Une courbe en % de la population vous montrerait certainement que les enfants n’ont jamais ete aussi bien scolariss qu’aujourd’hui... Ceci dit certains pays (en particulier musulmans) ont connu une veritable explosion demographique liee a l’amelioration de la qualite de vie et ces pays n’arrivent plus a absorber toute cette jeunesse...

                                >Le taux de scolarisation n’est que de 59% en Afrique >sub-saharienne et

                                Ces pays n’ont jamais rien su faire des miliards qui ont ete injectes dedans ni de leurs reserves petrolieres et diamants... Tant pis pour eux.

                                >de 84% en Asie du Sud.

                                C’est un tres bon taux !

                                >30 000 enfants meurent par jour (soit 10 millions par an) >de maladies qui auraient pu être évitées.

                                C’etait comment avant ?

                                >42 millions de personnes vivent avec le SIDA dans le >monde, dont 39 millions dans les pays en développement.

                                Et la peste, tuberculose ou grippe espagnole c’etait du batifolage ? Ils sont plus la eux...

                                >1 milliard de personnes (soit une sur cinq) n’ont pas >accès à l’eau potable.

                                Evidememt la terre et les infrastructures ne suivent pas 6 miliards de consommateurs... Il faut les comprendre...

                                >au rythme actuel, l’Afrique subsaharienne ne remplira pas >les Objectifs du Millénaire concernant la pauvreté avant >2147 et ceux relatifs à la baisse de la mortalité >infantile avant 2165".

                                Elle ne les remlira jamais puisque dans 1/2 generations l’abondance energetique viendra a ce tarir (celle qui a permis tout ce developpement) et les pays faibles (ceux qui n’ont pas les moyens de reconversion) seront les premiers touches...

                                Nous sommes aujourd’hui plus riche que nous n’avons jamais ete et probablement plus riches que ne seront nos descendants dans 50 ans avec une planete polluee et ressources taries que nous leurs laisserons... C’est paradoxal, mais vrai...


                              • Sylvio (---.---.74.231) 30 mai 2006 19:31

                                Article très juste, j’ai lu un article assez similaire sur le réseau Voltaire mais je n’arrive pas à le retrouver.

                                Cet article disait en gros qu’aujourd’hui la division n’allait plus être entre états du nord ou du sud mais entre une classe internationale de personne composée de politiciens, de dirigeants, d’hommes de médias, etc (l’élite) et une autre qui est « le peuple » (à considérer au niveau mondiale et non d’un pays) en somme... Et oui c’est ça la « mondialisation » ou plutôt leur mondialisation teinté d’ultra-libéralisme. Un libéralisme où l’argent est totalement libre quelqu’en soient les conséquences (environnementales, humaines, éthiques, sociales, ...).

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