• dimanche 26 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > La troisième révolution sera-t-elle industrielle ?
40%
D'accord avec l'article ?
 
60%
(10 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

La troisième révolution sera-t-elle industrielle ?

En réponse à la dépendance énergétique on avance les voitures électrique. Une société sans véhicule personel est à peine évoquée. Si on commençait par délaissé l"écoute de ceux qui "savent" pour ces autres qui pensent autrement. Pas facile quand il y a arnaque sur la personne, Jeremy Rifkin est un bon exemple.

Période classique de remises en question profondes, les présidentielles 2012 ne dérogent pas à la règle. Habituellement réservée aux éditorialistes, commentateurs ou experts en tous genres, la critique de la société est, pour un temps, confiée aux représentants des "grands" courants de pensées politiques. Nos grands prestidigitateurs de l'opinion ont pu dernièrement voir un maître à l'oeuvre. Venu du grand frère Etats-Unien, à l'heure des premiers pas d'occupy Wall Street, Jérémy Rifkin nous a expliqué ce que devait être la révolution. Après la révolution industrielle et la révolution de l'information il en appelle à la troisième, si salvatrice, qu'elle s'impose à nous presque naturellement. La révolution, tout le monde en parle, tout le monde l'attend, M. Rifkin nous l'explique.

Rattrapage : la troisième révolution industrielle, kezako ?

Le consensus autour du livre "Comment le pouvoir latéral va transformer l'énergie, l'économie et le monde" qui est, ironie du sort, édité aux "Liens qui Libèrent" est largement établi dans les principaux média. Pour ne citer que La Vie :

L'économiste et essayiste américain Jeremy Rifkin publie la Troisième révolution industrielle. Il dessine les contours d’un nouveau modèle économique et social fondé sur les énergies vertes et l'Internet. Utopique ? Pas si sûr (source).

Consultez le résultat de cette recherche pour vous convaincre de cette standing ovation médiatique.

Grosso-modo, l'auteur démontre l’émergence de la latéralité dans nos sociétés modernes. Contrairement à la vision pyramidale qui veut que les prolos n'ont aucune espèce de pouvoir, M. Rifkin démontre la capacité de chacun à influer sur notre mode de vie. Grâce à la modernité, aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), les outils pour créer un monde durable et intelligent existent et n'attendent que la volonté politique. C'est une version plus allégée et plus acceptable de ce qui est déjà proposé par le mouvement ZeitGeist, figure actuelle de ce qui peux être qualifié de mouvement moderniste et utopiste.




De la supercherie de l'usage du mot révolution

Alors qu'il prône une répartition plus horizontale des action qui amélioreront le monde de demain, M. Rifkin s'accapare le mot révolution. Convaincu du bien fondé de sa thèse, il occulte toute autre forme de concept révolutionnaire du paysage médiatique. Paradoxe assumé puisqu'il s'agit en premier lieu de la promotion de son livre et non d'un renversement de nos schémas de pensée.

JPEG - 41.8 ko
Jeremy Rifkin
Source : france inter

L'approche est séduisante : une plus forte participation de l'individu dans la société avec pour effet double, la réappropriation d'une parcelle de créativité et une prise de conscience de sa consommation. L'auteur, est un expert spécialisé qui s'essaie à la sociologie avec son regard d'économiste. A coups de panneaux solaire, d'éoliennes et de nouvelles technologies de d'information et de la communication (NTIC), la modernité est décrite comme solution de la dernière chance. La fabrication de ces produits doit donc redoubler d'intensité pour la construction d'un monde 2.0. Aucune analyse ne se penche sur le coût social et environnemental, on ne retient que l'aspect positif. Ce n'est pas tant une réelle remise en question d'un modèle en crise qu'une rustine supplémentaire savamment habillée de complexité qui donne l'impression d'un profond renouveau.

Comme l'avait affirmé Christine Lagarde à l'occasion du remaniement du gouvenrment en 2010
« le principe de la révolution » c'est « de faire un tour complet à 360 degrés », « On est revenu à l’impératif de la solidité et du professionnalisme », estime-t-elle, affirmant qu’il n’y avait « pas de place pour l’improvisation ».

Enfin, s'il s'agissait réellement d'une révolution, est-ce que de grandes multinationales et des institutions de l'Union Européenne s’intéresseraient aux idées de ce monsieur ?

Quand on a une tête en forme de marteau, on voit tous les problèmes en forme de clou

Les critiques courantes de la société moderne tombent régulièrement dans le cliché de l'écolo vivant dans sa hutte, à poil avec des enfants qui ne savent ni lire ni compter. Lorsque des écolos, un peu philosophes, comme Paul Ariès sont appelés à s'exprimer, ils font face à des « intellectuels » aguéris du camp adverse, plus habitués à l'exercice. Un peu comme Philippe Poutoux chez Ruquier, ridiculiser ceux qui pensent autrement est une discipline pratiquée avec ferveur par les "journalistes" et commentateurs les moins inspirés, les plus populistes. Pour mémoire, Galilé est aussi passé pour un con lorsqu'il a affirmé que la terre était ronde.
 
L'état d'urgence n'a pas l'effet catalyseur escompté dans la prise de conscience. La surinformation dans laquelle nous baignons contribue à bloquer la réflexion. En prenant l'exemple de la multiplication des chaines d'information, le matraquage d'idées consensuelles semble s'intensifier à mesure que les échéances fatales se rapprochent. M. Rifkin nous rappelle cependant que la responsabilité doit être partagée, redistribuée. C'est donc à chacun d'entre nous qu'il incombe de donner de la voix à ces contestations précieuses mais noyées dans la masse. S'accorder sur une révision de nos paradigmes provoquerait le passage à l'action désormais nécessaire. Trêve de discussion, agissons.
 
Article publié à l'occasion de la première édition du Grand Ecart.



par Mathieu Lamour (son site) mardi 17 avril 2012 - 7 réactions
40%
D'accord avec l'article ?
 
60%
(10 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération