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Accueil du site > Actualités > Economie > La VAE, seule réponse aux problèmes d’emploi ?

La VAE, seule réponse aux problèmes d’emploi ?

La France a la culture du diplôme, au point que les annonces d’emplois même les moins valorisantes indiquent leur nécessité pour une embauche.

Les chefs d’entreprises y sont très attachés, alors que certains des plus talentueux n’ont pas fait d’études supérieures ; Lionel Jospin a fixé à 80 % d’une classe d’âge la réussite au bac : cela confirme qu’il est de plus en plus difficile d’avoir échoué ou d’hypothéquer ses études.

On peut être pourtant un professionnel confirmé et buter sur des obstacles de carrière, ou tout simplement vouloir rebondir après un accident de parcours. En réponse à ces cas, ou problèmes, les pouvoirs publics ont créé la VAE.

Lancée il y a quatre ans, la VAE devait permettre à tous les salariés d’améliorer leur cursus ou de s’en créer un après avoir apporté la preuve professionnelle de leur talent.

Mais VAE, késako ?

Toute personne peut faire valider son expérience professionnelle (ou bénévole) de trois ans minimum à condition qu’elle soit en rapport direct avec la certification souhaitée.

Quelle certification ?

La certification obtenue peut être un diplôme de l’Education nationale, un diplôme ou un titre délivré par les autres ministères, un établissement privé ou bien un certificat délivré par les branches professionnelles.

Validation partielle ou totale ?

Chaque certification est constituée de plusieurs modules. Le jury peut en valider un ou la totalité. En cas de validation partielle, le candidat a cinq ans pour acquérir un complément.

Qui paye ?

Pour le salarié, les frais d’inscription et d’accompagnement peuvent être pris en charge par l’employeur, dans le cadre de son plan de formation.

Le salarié peut passer par l’OPCA (exemple) . L’OPCA est chargé de collecter, de mutualiser et de redistribuer les obligations financières des entreprises en matière de formation professionnelle. A ce titre, il est agréé par l’Etat, car ces financements ont un caractère défiscalisé.

Alors, la VAE est la solution ?

Il ne faut toutefois pas s’y tromper, une VAE est longue (6 à 18 mois en moyenne) et demande au salarié une totale implication. Sans pour cela remettre en cause un système particulièrement original, il ne faut pas se voiler la face : ce sont surtout les plus diplômés qui sont candidats à la validation des acquis.

Le problème de la France se pose surtout au sujet de la qualification de nombreux chômeurs, pour une valorisation de leur savoir faire. Or le parcours est très complexe (vingt ans d’activité professionnelle, ou plus de 45 ans d’âge) puisqu’il faut convaincre l’UNEDIC de la sincérité et de la valeur de la démarche.

Il serait pourtant souhaitable que la VAE devienne rapidement un outil de lutte contre le chômage de longue ou moyenne durée, au lieu de servir trop souvent à l’obtention de MBA.

Il semble également que les partenaires sociaux, au-delà de leurs désaccords, pourraient trouver un consensus sur l’évolution et la formation des salariés. En effet, alors que le MEDEF a lancé sa campagne Web « KESKONATTEND » destinée à former des jeunes, et qu’on souhaite maintenir des plus de 50 ans dans l’emploi, un large débat sur la qualification de tous les salariés devrait s’imposer.

Bien que Gérard Larcher ait indiqué rendre le dispositif plus accessible, celui-ci ne pourra avoir de valeur que dans la mesure où tous les acteurs économiques du pays en reconnaîtront le bien-fondé.

Après avoir mis au point la VAE, le DIF, il serait temps que pouvoirs publics et partenaires sociaux donnent le signal d’une vraie dynamique, au lieu de créer des concepts certes généreux mais qui laissent toujours en attente les salariés et la très grande majorité des entreprises.

Source

UNEDIC

Ministère de l’emploi et de la cohésion sociale


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15 réactions à cet article    


  • Internaute (---.---.212.89) 6 juillet 2006 10:56

    N’est-on pas entrain de rebaptiser le terme « Ingénieur maison » ?

    Pour la n-ième fois on nous présente une solution juridique à un problème économique. La question n’est pas de savoir comment partager le gâteau mais de le mettre au four. On ne créera jamais un seul emploi grâce au CPE, VAE ou autre chmilblick.

    Pour créer des emplois il faut réactiver les industries européennes dans leur marché naturel en limitant trés sérieusement la concurrence déloyale des industries de l’Europe de l’Est et évidemment du tiers-monde, celles-ci étant parfois les mêmes industries européennes qui ont délocalisé.

    Ce sont les lois de la commission européenne qui tuent l’emploi en Europe, pas le manque de VAE ou de CPE.


    • jipé (---.---.221.74) 6 juillet 2006 14:31

      La 1° réaction à l’article laisse entrevoir les démons de l’exception française : repli hexagonal, retour aux recettes éculées, anti CEE...Pour quoi pas se réjouir du contraire : ouverture aux génies non diplomés, à l’ Europe...et renforcer la VAE. Pistes : postes de la haute Fonction Publique ouverts à coté du concours ENA,etc ; emplois réservés idem ; ouverture à des candidats ayant eu un parcours à l’étranger (apport à notre culture, renforcement de notre capacité export..) ; reconnaissance transversale de savoirs faire et surtout être (d’animateur à vendeur....).. Un bac +8 qui s’en est sorti sans faire de miracle...


    • Zermikus (---.---.58.7) 9 juillet 2006 11:37

      Bref, les grands trucs, quoi....

      Des apports à notre culture, on en a déjà plein plein plein, à tel point qu’elle est en train de disparaître, notre immense culture ! Normal, c’est ce qu’on appelle «  l’évolution  »...

      La richesse des autres ne fait pas la mienne...

      J’ai connu un chef d’entreprise (petite) qui se targait d’avoir « bac - 10 », et sa boîte marchait très bien !

      Quand à 53 ans j’ai postulé pour un emploi que je pouvais assurément maîtriser, je me suis entendu répondre que ma place était plutôt « au service gériâtrie du CHU local »... Ce qui est toujours valorisant...

      Alors, VAE ou autre chose, va toujours comme tu peux....


    • (---.---.81.221) 6 juillet 2006 19:17

      L’éducation nationale est en echec : cf le deficit que ses diplomés sont en train de créer,voire la ruine, si l’on regarde défiler les chiffres de notre dette.

      Il va bien falloir trouver un moyen de selectionner des êtres compétants pour reprendre notre pays ;Pourquoi ne pas mettre sur pied un « VAE »Seule l’efficacité réelle primera surtout au début.

      Autre possibilité=attendre et encore s’enfoncer ds les dettes... Donc,VAE : peut-être pas seule réponse aux pb de l’emploi,cette idée =peut-être seule façon de sauver notre peuple. Qu’en pensez-vous,svp.


      • JC BENARD (---.---.92.11) 7 juillet 2006 09:34

        Je pense qu’il serait interessant de cumuler DIF et VAE pour obtenir un grand service national de la formation pour adultes.

        Que le MEDEF, la CGPME et les syndicats de samlariés s’y mettent et nous aurons des résultats


      • Le Vertical (---.---.239.53) 7 juillet 2006 08:35

        Les diplômes c’est bien mais mieux vaut avoir en soi la MOTIVATION PERSONNELLE. Avec elle, on peut tout faire. Mais elle est la plus difficile à trouver.


        • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 7 juillet 2006 15:18

          J’aurais voulu savoir si, dans la VAE, il n’y a pas trop de critères sélectifs ? Par ailleurs, et j’en sais quelque chose pour avoir aidé une personne à remplir les différents parcours de son dossier, les questions sont parfois trop ardues ou trop compliquées, sachant qu’il est difficile de se livrer sur plusieurs années à des calculs concernant le nombre d’heure, de jours, de moi, d’années travaillé dans le secteur dont ont demande la validation des acquis Aussi, ne serait-il pas possible que les candidats à la VAE ne fournissent que leurs fiches de paie et certificats de travail en plus de leur lettres de motivations ?


          • Xavier (---.---.148.35) 11 juillet 2006 18:10

            Aussi, ne serait-il pas possible que les candidats à la VAE ne fournissent que leurs fiches de paie et certificats de travail en plus de leur lettres de motivations ?

            Ca serait trop simple. Pendant 7 mois, j’ai travaillé en moyenne 70 heures par semaine sur un poste d’ingénieur. Cela représente 7*4.33*70=2120 heures (je compte 4,33 semaines par mois). Si l’on s’en tient aux fiches de paye, on ne considèrerait peut-être que 7*4.33*40*0.9=1090 heures (j’ai compté une modération de 10% pour congés), ce qui fait une différence du simple au double en appliquant votre méthode. Je pense qu’il est relativement facile (et juste) de se rappeler si on a suivi un rythme de 35, 40, 45 ou plus d’heures par semaines sur le long terme que de prendre en compte les fiches de paye. Après tout, ce qui compte est la compétence et non pas l’ancienneté. A compétence égale, votre proposition désavantagerait un « jeune » volontariste (ce que je crois être mon cas) face à un plus ancien 35-heuriste. Et ca me ferait mal...


          • carnac (---.---.7.104) 7 juillet 2006 17:55

            La VAE ne peut pas être la seule réponse au besoin d’évolution des compétences professionnelles.

            J’en reviens à l’idée d’un capital formation pour chaque jeune à partir de 14ANS : à lui de choisir et financer avec ce capital sa voie d’excellence qui peut passer par la poursuite d’études longues, comme par l’alternance comme par le retour à des études après de premières expériences professionnelles , comme par la VAE effectivement, ou de simples mises à niveau pointues sur un domaine précis.
            - Arrêtons de classifier jeunes et moins jeunes,
            - créons un vrai service d’orientation en réelle prise avec le monde du travail (pourquoi ne pas recycler le personnel de l’ANPE sur ce créneau)
            - laissons à tous le soin de choisir bien éclairé par ce service son propre parcours de formation tout au long de la vie
            - gageons qu’avec ce système seront écartées les formations qui n’aboutissent pas à une réelle insertion professionnelle
            - ne laissons qu’un principe : si trois mois après une perte d’emploi on n’a pas retrouvé par ses propres moyens un nouvel emploi alors on doit débloquer son capital formation pour un projet professionnel établi avec les services d’orientation et si le projet que l’on développe n’aboutit pas on doit accepter une réorientation conforme au marché du travail local.

            Un tel capital par enfant pourrait résulter à budget identique du cumul de tous les financements d’Etat (y compris les crédits de charges patronales dont on ne mesure pas du tout l’efficacité réelle actuellement) les financement des régions et des départements consacrés à la formation professionnelle continue ou de base à partir de 14 ans.

            Quel plus belle marque de solidarité et d’appartenance à notre communauté peut-on donner à nos enfants ?? bien mieux qu’une cérémonie d’accueil dans la communauté française et infininment plus mobilisateur pour l’intéressé.

            Sans compter que les entreprises qui acceptent de former seraient pour partie rémunérées par leur salariés via leur capital formation ce qui les obligeraient à un accompagnement de formation de meilleure qualité qu’actuellement.

            En tant que conseillère prud’homale je vois passer des litiges concernant la qualité de l’accompagnement de formation des contrats en alternance ou de l’apprenrissage. je pense que si on donne la maitrise finale du budget aux salariés les choses évolueront car le salarié sera aussi un consommateur de formation averti donc un client tant pour l’entreprise qui l’accueille que pour l’organisme de formation qui lui apporte les éléments de connaissance théoriques sur son futur métier.

            Peut-on réfléchir à ce scénario pour qu’un projet global de formation tout au long de la vie sorte des urnes en 2007 ?


            • Marie51 (---.---.121.38) 9 juillet 2006 11:20

              La V.A.E

              Alors que les entreprises exigent de plus en plus d’avoir un salarie immediatement operationnel, il reste encore à faire l’information de la validation des acquis qu’ils meconnaissent et s’en moquent.

              Le but est d’obtenir pour le salarie la reconnaissance de son experience professionnelle par un diplome. Encore faut-il pour la personne qui la demande qu’elle n’attende pas des delais que je trouve excessifs (une VAE demandée en decembre 2005 n’est toujours pas accordée par les services de la DDTE et l’education nationale !

              Cette mesure ne plait pas aux entreprises car elle oblige nos patrons a payer la personne plus chere !

              Hors en France, la seule chose qui semble plaire aux patrons est de payertout le monde au smic !

              La VAE valorise la personne qui n’a pas de diplome mais les entreprises ne courent pas après ! Ceci n’est qu’un emplatre de plus car en france, en matière d’emploi, il s’agirait d’éviter les abus de l’interim (9ans d’interim dans une entreprise me parait incroyable !!!)

              A force de prendre les gens pour des bouches trous,les payer comme un grippe sous, il ne restera bientot plus rien dans notre pays qui est deja sur les genoux !

              Marie


              • (---.---.59.170) 9 juillet 2006 12:46

                On peut former autant qu’on veut, tant qu’il n’y a pas de demande des entreprises, il n’y aura pas d’emploi. Or il n’y a absolument aucune raison qu’elles cherchent à embaucher, tout au contraire.


                • (---.---.1.157) 9 juillet 2006 17:24

                  Comment et pourquoi les entreprises embaucheraient-elles alors que c’est actuellement la voie la plus sûre vers la faillite ?

                  Une entreprise embauche un salarié s’il y a une chance que ça lui fasse gagner plus d’argent - mais actuellement avec les charges faramineuses que coûte un employé (je ne parle pas du salaire) il faut vraiement que ce soit un **gros** chiffre d’affaires supplémentaire, et si l’employé ne fait pas l’affaire pour une raison ou une autre il est quasi impossible de s’en défaire. Et bien sur le salarié en question ne risque pas de partir de lui-même, même s’il se rend compte qu’il n’est pas à sa place - puisqu’il aura du mal à trouver un poste lui convenant mieux ailleurs.

                  La seule possibilité d’avenir pour une entreprise est actuellement de ne pas embaucher quoi qu’il arrive, et surtout pas en CDI. Les chômeurs et les entreprises (surtout les petites qui ne peuvent pas délocaliser) en font les frais - ainsi que les salariés dont les revenus sont bouffés par les charges, ceux qui vivent du produit des charges (fonctionnaires, chômeurs, allocataires de tout poil) en bénéficient pour l’instant, mais sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

                  (oui je sais j’ai indiqué les chômeurs dans les deux catégories - mais il y a deux catégories de chômeurs : ceux qui préfèreraient travailler et les autres)

                  La seule chose rassurante est qu’un tel système va s’effondrer sur lui-même et qu’il faudra bien repartir sur autre chose. Il est cependant illusoire de penser que la transition se fera sans larmes.


                • JC BENARD (---.---.53.56) 9 juillet 2006 17:43

                  Mr « IP »

                  Les entreprises sont actuellement demandeuses de formation tout au long de la vie pour leurs salariés (Cf MEDEF et CGPME)

                  Il est indispensable de mettre en place une formule équitable permettant aux salariés comme au entreprises de trouver un juste équilibre.

                  Les charges sociales même ramenées à zéro ne contribueraient pas à régler le problème de l’adaptation des entreprises et de leurs salariés.

                  A moins que vous ayez une solution. En ce cas, prenez contact avec les candidats à la présidentielle, il y a probablement un poste de premier ministre à prendre, à condition de ne pas vous appeler ...IP


                • Adolphos (---.---.59.170) 10 juillet 2006 07:44

                  « La seule chose rassurante est qu’un tel système va s’effondrer sur lui-même et qu’il faudra bien repartir sur autre chose. Il est cependant illusoire de penser que la transition se fera sans larmes. »

                  Evidement. Il y a un manque de bon sens chez le français assez extraordinaire. Finalement, ils sont toujours aussi légés superficiels et volages, comme au XVIIIéme siécle..


                • Yohan Yohan 2 octobre 2007 18:39

                  Pourquoi diable avoir confié la VAE à son pire ennemi : l’éducation nationale ?. Il est vrai que la formation est un marché. La VAE est donc un ennemi potentiel, puisque l’on peut, grâce à elle, se voir décerner un titre sans passer par la case formation. La vieille France est empêtrée dans son système de valeur, ses diplômes, ses concours. Elle tente maintenant mollement d’y remédier, avec bien peu de courage et d’idées au demeurant. Si la VAE est née, c’est en effet moins la volonté du législateur de reconnaître enfin les expériences professionnelles que la crainte de l’avenir : Crainte par exemple de devoir affronter un jour des pénuries de main d’oeuvre (dans les collectivités territoriales notamment) et d’être coincé par ces fichus diplômes et concours. Au fond, les français n’en ont pas fini avec le diplôme. Car finalement, avec la VAE, c’est le diplôme qui prend du galon et non l’expérience en entreprise ou les parcours autodidactes.

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