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Laissez-nous embaucher les chômeurs !

La situation ne peut plus durer. Les entreprises sont à l'agonie, mais à force de l'entendre, de le lire ou de l'écrire, cela ne veut plus rien dire. Les pouvoirs publics ne prennent pas la pleine mesure des difficultés présentes et à venir.

Tout le monde est à peu près d'accord pour dire que le problème central des entreprises est à la fois le coût du travail qui est beaucoup trop élevé pour assurer la compétitivité, et le manque de flexibilité qui empêche l'adaptation des ressources humaines à la hausse ou à la baisse dans les entreprises (en clair, pouvoir librement embaucher quand ça va bien, mais aussi désembaucher quand ça va moins bien).

La réponse politique de la droite c'était la "TVA sociale" ou "TVA de la compétitivité", et la réponse de la gauche c'est la "création des emplois d'avenir pour les jeunes".

Ces solutions, comme c'est arrivé trop souvent depuis 40 ans, ne répondront absolument pas aux problèmes, nous les professionnels de terrain, nous le savons. La TVA sociale est un mécanisme compliqué, très lourd et coûteux à implémenter, que personne ne comprendra jamais et qui ne va pratiquement rien changer dans la vie des PME. Le concept des emplois d'avenir (recyclage des "emplois jeunes") est un patch des socialistes, un grand classique récurrent de la gauche quand elle gouverne et qui est à des kilomètres des enjeux.

N'attendez aucune amélioration de la situation en Europe, et en France si les entreprises dans leur ensemble, l'unique force vive d'un pays, n'embrayent pas à l'unisson et avec une puissance nouvelle et des moyens réels afin de retrouver une dynamique offensive, innovante, productive et commerciale.

Les entreprises sont sclérosées, tétanisées par ces crises à répétition depuis 10 ans, sans visibilité et sans aucune confiance, elles ne peuvent pas atteindre de nouveaux marchés, elles sont diminuées, ralenties, à la traîne, elles souffrent et ne se sentent pas en mesure de se développer, incapables d'aller de l'avant, elles stagnent dans des niveaux bas de performances, avec des petites équipes fatiguées par une productivité réclamée toujours plus intense avec toujours moins de moyens, un peu plus fragilisées chaque jour qui passe.

En pratique, pour se développer dans les entreprises, il faut compléter ses équipes par de nouveaux éléments humains (des cadres capables de tenir des projets de développement, des concepteurs de produits ou services, si possible innovants, des collaborateurs commerciaux motivés pour conquérir les marchés, des collaborateurs en production pour fabriquer les produits et services qui auront été vendus, des collaborateurs administratifs pour superviser et contrôler l'ensemble de la chaîne, etc.).

Pour que ces développements soient viables localement dans un système économique ouvert et mondialisé dans une Europe qui ne contrôle rien, qui taxe tout, où tout est plus cher que partout ailleurs, il faut que les coûts soient les plus bas, l'équation est… impossible à résoudre.

Les entreprises françaises ont besoin de faire baisser le coût du travail de 25 à 50%, voilà la réalité impossible à entendre. Parlons froidement. Quand un employé "coûte" 3000 euros par mois à un patron de PME (salaire chargé), et que le salarié ne touchera que 1900 euros net imposable, l'objectif immédiat n'est pas que demain il lui "coûte" 2950 euros, mais plutôt 2000 euros, tout compris, sans pour autant que le salaire payé ne change. Voilà le besoin immédiat.

N'imaginez pas une seconde que les propositions politiques successives qui visent à faire baisser le coût du travail de 1, 2 ou 3% soient la réponse attendue. La vraie réalité des patrons de PME dépasse largement la fausse réalité des politiciens.

Soyons réalistes, à aucun moment il ne sera possible de faire baisser fortement le coût du travail en France de manière à provoquer "le coup de boost" nécessaire au redémarrage économique.

Pourtant, il existe une solution jamais explorée, jamais évoquée.

Depuis un certain temps j'essaie de faire passer mon idée d'un mécanisme que j'ai appelé "chômage transitionnel", mécanisme que j'ai modélisé et éprouvé dans de nombreux scénarios depuis plus de 5 ans, qui consiste en une audacieuse alternative à l'attentisme et que j'ai poussé auprès du feu gouvernement de droite, auprès du Medef, auprès de notre gouvernement actuel, mais je ne reçois aucun écho favorable auprès des dirigeants politiques.

Ce mécanisme reposerait sur une coordination intelligente et pratique entre les pouvoirs publics (Pole Emploi) et les PME.

L'idée consiste à permettre aux entreprises qui le souhaitent d'embaucher immédiatement un nombre illimité de chômeurs inscrits à Pôle Emploi, dans le cadre d'un contrat de travail "transitionnel" (sécurisé et à durée indéterminée) sans que ceux-ci ne perdent leurs droits, l'entreprise abonderait financièrement pour constituer un salaire cumulé (allocations chômage et abondement salarial) libre et négociable, "ouvert à la concurrence" (l'abondement sera libre, on peut imaginer que des négociations discrétionnaires seront possibles entre chômeurs et employeurs), le tout supervisé par un organisme dédié à ce dispositif afin de faciliter son déploiement.

En clair, une entreprise pourrait par exemple embaucher un agent commercial, actuellement au chômage depuis quelques mois, touchant 900 euros par mois auprès de Pôle Emploi pour encore 18 mois, en lui offrant un abondement salarial de 1000 euros par mois, et surtout un véritable emploi. Ce chômeur touchera donc 1900 euros par mois, bénéficiera d'un vrai travail, et d'un véritable statut protégé pendant une durée de 18 mois, au delà, l'entreprise reprend la pleine charge de son salarié, qu'elle gardera dans la majorité des cas. Miracle, l'entreprise aura lissé à la baisse son coût du travail global.

Je vois déjà les critiques fuser, et m'entendre dire "les entreprises et les patrons verront leur intérêt, licencieront les emplois les plus coûteux au profit des emplois transitionnels". Oui, c'est peut-être vrai pour les grandes entreprises capitalistiques qui gèrent l'humain aussi bien qu'un singe est à l'aise avec un ordinateur, mais moi je ne parle que des PME, mon dispositif ne vise que les PME, et croyez-moi sur parole : les patrons de PME qui forment pendant 18 mois un collaborateur n'ont jamais l'idée de s'en séparer, au contraire ils le vivent comme une souffrance et un échec.

Absolument tout le monde sort gagnant d'un tel dispositif, pratique et simple à mettre en œuvre par quelques règles de contrôle et de bon sens contre les abus.

Plus les entreprises joueront le jeu, et elles seront nombreuses, plus on règlera le problème du chômage, du coût du travail, du dynamisme économique, du pouvoir d'achat, de la consommation, et plus on s'approchera d'une sortie de crise par le haut.

Le "réservoir de chômeurs", au lieu d'être un centre de coût, deviendra un centre de profit pour le pays et ses entreprises, une véritable niche de ressources humaines où les entreprises viendront recruter de futurs collaborateurs que leurs précédents employeurs auront licencié sans que personne ne trouve rien à y redire, tant la fluidité et la flexibilité seront au rendez-vous.

Le coût pour la collectivité publique restera au maximum le même qu'en temps normal, et mécaniquement va baisser fortement après la mise en place du dispositif. L'impact financier (l'effort du pays) sera donc au maximum neutre comparativement à avant.

L'assurance chômage n'aura plus à chercher à financer des millions de chômeurs sans avenir, mais beaucoup moins en attente d'un job transitionnel que les entreprises plébisciteront. Du coup, par ricochet, le coût du travail des employés non transitionnels pourra largement diminuer après un certain temps.

Le nombre de chômeurs sans emploi va drastiquement baisser en quelques mois.

Les entreprises rechercheront bien sûr des chômeurs jeunes à former pour le long terme, mais recruteront également des personnels d'encadrement, plus âgés, répondant ainsi à la double problématique des chômeurs jeunes et des chômeurs âgés. L'embauche des personnels non qualifiés sera également facilitée par un coût très réduit pour l'entreprise.

Le coût de réintégration, de mise à niveau et de formation des chômeurs va fondre comme neige au soleil, les fonds disponibles seront alors concentrés sur les chômeurs résiduels qui n'auront pas trouvé d'emploi transitionnel.

Cerise sur le gâteau, les banques, qui de toute façon ont abandonné les entreprises, n'ont pas besoin d'être mobilisées dans la mise en œuvre du mécanisme.

Bien sûr, partout on me dit que l'idée est vraiment étonnante de bon sens et de praticité, et de toute évidence répond à toutes les problématiques immédiates, et qu'il faut absolument parvenir à éduquer nos syndicats et nos politiciens afin de les convaincre et de parvenir à implémenter un tel dispositif salvateur.

Pour ma part, je constate que ces dirigeants publics, ces gouvernements qui ne cessent de pousser les entreprises à innover, ne se remettent jamais suffisamment en question en innovant eux-mêmes et ne répondent jamais aux enjeux d'actualité.

La crise est d'une ampleur telle que les réponses radicales à apporter ne peuvent qu'être insolites, audacieuses et innovantes, politiquement, économiquement et socialement.

J'espère que mon message, désormais davantage public, sera entendu, au nom des entrepreneurs, pour le bien de tous.




par Olivier Rimmel lundi 3 septembre 2012 - 50 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par nico31 (---.---.---.53) 3 septembre 2012 10:22

    Encore des allègement de salaire et de charge : les entreprises n’embauchent pas des salariés parce qu’il y a des rabais sur les salaires et les charges, elles embauchent quand elles ont des marchés à servir, des commandes à honorer !

  • Par ROBERT GIL (---.---.---.190) 3 septembre 2012 10:55

    faut arretez avec le cout du travail, cette vieille doctrine patronale, Ce qui coûte cher, c’est ce que le capital prend au travail, c’est la rémunération des actionnaires, les dividendes distribués, les stock-options et les parachutes dorés. Sur un produit fini, la partie consacrée aux salaires des travailleurs est en constante diminution, ceux qui fabriquent le produit ont souvent un salaire dérisoire qui ne leur permet même pas, dans beaucoup de cas, de s’offrir ce qu’ils ont produit !
    Voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2012/04/12/la-fable-du-travail-cher/

  • Par JL (---.---.---.172) 3 septembre 2012 10:34
    JL

    Ben voyons !

    Faire payer une partie du salaire par les caisses d’assurance chômage !

    « Les cons ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnait. » c’est bien connu.

    L’auteur prend ses désirs pour des solutions et voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

  • Par PhilVite (---.---.---.156) 3 septembre 2012 11:48
    PhilVite

    « Les entreprises françaises ont besoin de faire baisser le coût du travail de 25 à 50%, voilà la réalité impossible à entendre. »

    S’il s’agit de concurrencer les Chinois (et les Vietnamiens, et les Indiens, et...) l’honnêteté serait d’annoncer 95% tout de suite...Et de vendre ensuite les bienfaits de la mondialisation au « petit peuple ».

    « Absolument tout le monde sort gagnant d’un tel dispositif... »

    Là, c’est le pompon ! Dans votre exemple, le « coût » du salarié passe de 3000€ à 2000€. Et la différence de 1000€, elle ne manque à personne ?! Z’êtes sûr ? Vraiment ?
    Aurions-nous, à ce point, une gueule de cornichon ?

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