Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Laurence Danon, l’hirondelle...

Laurence Danon, l’hirondelle...

Laurence Danon, présidente du Printemps, fait la une des journaux : l’hirondelle -qui a fait le nouveau Printemps- aurait bénéficié d’un parachute doré dont le montant cité par les différents médias oscille entre 2 et 6 millions d’euros. Scandale ? Business as usual  ?

Si l’on croise les différentes informations publiées, on arrive assez logiquement à la conclusion que Madame Danon a probablement reçu environ 2 millions d’euros en tant qu’indemnités de départ et environ 4 millions d’euros en tant que prime de succès sur la cession du Printemps par PPR à Maurizio Borletti (soutenu par la Deutsche Bank) en 2006 pour 1,1 milliard d’euros.

On peut bien sûr immédiatement porter un jugement moral sur le caractère obscène des sommes citées : le total des sommes qui auraient été reçues correspond à 6 années de rémunération pour moins de 6 ans de présence à la tête de l’entreprise. Il correspond également à près de 500 fois le salaire moyen mensuel des employés du Printemps...

Personnellement, je ne pense pas qu’on puisse se contenter d’une réaction "morale" à l’énonciation de tels chiffres et je propose ici d’en faire, au contraire, une analyse froide, dépassionnée mais non complaisante.

Je m’étais déjà exprimé en juin 2006 suite à l’affaire Vinci/Zacharias (cf. Rémunérations des grands patrons...). Le cas de notre hirondelle peut se décrypter comme suit.

Indemnités de départ

Maurizio Borletti interrogé par la presse, parle, sans doute à tort, d’une "indemnité légale". Comme la plupart des PDG mandataires sociaux, Laurence Danon n’était vraisemblablement pas salariée du Printemps et, par conséquent, pouvait être révoquée "ad nutum" (sans préavis, sans motivation et sans indemnité) et n’a le droit à aucune indemnisation de "chômage". Ceci dit, il est fort probable que son contrat (ou un avenant à son contrat), a prévu une "indemnité de départ contractuelle" (ce que l’on appelle les "golden parachutes"). La question qui suit concerne la justification du déclenchement d’un tel mécanisme et du montant associé.

Que ce montant corresponde à 2 années de "salaire" (le mot salaire est ici utilisé de façon impropre, on devrait parler de rémunération ou de compensation) après 6 ans au poste de PDG et un bilan qui paraît positif économiquement, est dans la fourchette des pratiques courantes et, selon moi, acceptables mais le cas de séparation qui le déclenche paraît plus discutable.

S’il s’agit, comme officiellement annoncé, d’un départ volontaire, il paraît en effet contestable qu’un dirigeant puisse à loisir déclencher son parachute même si le montant associé est "raisonnable". Le parachute est censé couvrir le cas de la révocation (hors fautes graves ou lourdes) par le Conseil de surveillance qui décide de changer le président du directoire de la société.

La seule et plausible explication qui rend compréhensible le versement d’une telle indemnité de départ alors que c’est l’intéressée qui décide de démissionner est que cette indemnité contractuelle ait été négociée lors du rachat du Printemps par ses nouveaux actionnaires et que, devant l’incertitude créée par ce rachat, les deux parties (la société et madame Danon) aient décidé de se donner la liberté de continuer ensemble ou de mettre fin à leur coopération en fonction de l’évolution de la stratégie de la société et des relations entre le conseil et la Pprésidente du directoire. Si tel est le cas, notre hirondelle ne fait que recevoir une indemnité liée au changement d’actionnaires et, consécutivement, à un changement substantiel dans l’exécution de son mandat.

On est alors dans une situation que l’on peut qualifier de classique, qui montre, si besoin est, qu’un dirigeant d’entreprise n’est pas seul maître à bord et peut se retrouver "victime" de changements légitimant son départ. Bien que niant partiellement le principe qui m’est cher du "high risk, high reward", ce type d’indemnité de départ trouve, en outre, une justification complémentaire dans les clauses strictes de non-concurrence et de non-sollicitation que Laurence Danon a vraisemblablement acceptées de signer au moment de son départ.

Prime de succès

La prime de succès perçue pour la conclusion positive du rachat du Printemps par ses nouveaux actionnaires pose quant à elle un certain nombre de questions.

La première et plus évidente est de savoir si le payeur de cette prime est la société ou l’ancien actionnaire unique PPR. Il semble que ce soit bien le second cas de figure, ce qui est conforme au fait que la cession d’une majorité du capital sur la base d’une valeur d’entreprise de plus d’1 milliard a exclusivement profité à l’actionnaire cédant. Si cette somme avait été à la charge du Printemps, nous aurions fait face à ce qu’on appelle un "abus de bien social" à savoir que l’on demande à la société de payer un service qui ne lui profite pas. Cela n’est visiblement pas le cas.

La seconde question que pose cette attribution d’une prime de succès concerne les éventuels conflits d’intérêt créés par la potentielle obtention d’un montant très significatif et l’exécution du mandat de présidente de la société. La présidente motivée par le gain aurait-elle pu perdre de vue l’intérêt social de la société qui doit seul conduire son comportement et ses décisions ? (NB : quand on parle ici d’intérêt "social", on parle de l’intérêt général commun des actionnaires, des employés, des créanciers... dans la recherche de prospérité et de continuité que la société, personne morale, doit poursuivre).

Le cas de monsieur Zacharias et de sa prime astronomique liée à l’acquisition d’une société d’autoroute par Vinci recélait potentiellement un tel conflit d’intérêts : aveuglé par la prime et mal encadré par un conseil d’administration "impuissant", le dirigeant aurait pu être tenté de procéder à cette acquisition à tout prix y compris dans des conditions mettant en péril l’intérêt social de Vinci.

Concernant le cas du Printemps, si le dirigeant d’une société est informé par son unique actionnaire que celui-ci souhaite vendre une majorité de ses actions et céder le contrôle de la société à un tiers, il me paraît être dans l’intérêt social de la société que le dirigeant participe à l’opération de cession, défende la valeur de ladite entreprise et établisse avec les repreneurs le "business plan" de la société adossée à un nouvel actionnaire industriel ou financier. Même en me grattant la tête, j’ai du mal à voir les cas où il serait "davantage dans l’intérêt social" de la société d’être cédée à un acquéreur souhaitant acquitter un prix plus faible pour en prendre le contrôle ; Si l’intérêt social de la société est la prospérité dans la continuité, il est plus que probable que le mieux disant soit aligné sur cet objectif. Il n’est donc pas choquant que notre hirondelle, qui a permis à PPR de réaliser une plus-value de plusieurs centaines de millions d’euros, se soit vu attribuée une prime vraisemblablement indexée sur la valeur de reprise de l’entreprise.

Si le "plan" du repreneur ne devait pas correspondre à l’intérêt social de la société et l’affaire de la Samaritaine peut faire penser à des scénarios tels que la transformation des magasins du Printemps en immeubles de bureaux ou en hôtels de luxe, le cas pourrait être débattu... En l’occurrence, le groupe Borletti, fondateur des grands magasins italiens Rinascente, a sans grand doute pris le contrôle du Printemps pour continuer et faire prospérer cette activité de distribution.

Enfin et quand bien même, les nouveaux actionnaires auraient eu un dessein caché ("hidden agenda") pour le Printemps, il aurait appartenu au successeur de madame Danon d’en vérifier l’adéquation avec l’intérêt social de la société. Ni l’actionnaire cédant, ni le dirigeant en place ne peuvent réellement préjuger d’une intention "douteuse" de la part de l’acheteur sauf à ce que l’objet social de celui-ci ou le plan proposé soit une déclaration explicite de déviance future.

En conclusion et sur la seule base des informations disponibles, il semble que le départ de notre hirondelle vers d’autres cieux se soit effectué dans des conditions juridiques et éthiques "propres". La question du niveau de rémunération des quelques centaines de dirigeants d’entreprises valant plus d’1 milliard d’euros en France reste bien évidemment ouverte comme celle du niveau de leur bénéfice financier issu de la création de valeurs qu’ils orchestrent : il est très difficile de fixer arithmétiquement ces équations.

Ma recommandation : "Point trop n’en faut" et/ou "pas de beurre et d’argent du beurre" et/ou "high risk, high reward" et/ou "pas de création de valeur, pas de prime" doivent être les règles suivies par les administrateurs de ces entreprises : c’est à eux de jouer, de contrôler et d’éviter que de vraies dérives décrédibilisent notre élite économique qui n’en a pas besoin...

Dernière remarque à ceux qui réclament plus de transparence : ce n’est pas en criant au scandale dès qu’un chiffre est cité que vous permettrez à cette transparence de se mettre en place sereinement, offrant une vraie possibilité pour l’observateur de faire le tri entre des pratiques correctes et d’éventuels abus.


Moyenne des avis sur cet article :  4.41/5   (74 votes)




Réagissez à l'article

45 réactions à cet article    


  • ZEN zen 5 février 2007 11:22

    « il semble que le départ de notre hirondelle vers d’autres cieux se soit effectué dans des conditions juridiques et éthiques »propres".

    J’aime l’usage du mot « éthique » et des guillemets pleins de pudeur... smiley


    • ZEN zen 5 février 2007 11:29

      Voici ce que pensent des cadres « remerciés » par HP, alors que Carly Fiorina « s’envolait » avec 42 M. de dollars de golden parachute :

      http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39206571,00.htm

      Etait-ce « propre » ou non ?


    • alberto alberto 5 février 2007 12:47

      Bien à vous, Zen, mais qualifier « éthique » de « propre » n’est ce pas déjà un peu pléonastique ?

      Par ailleurs je ne voudrais pas vous voir dévoyer le terme « éthique » ainsi que le font trop de « libéraux » aujourd’hui.


    • ZEN zen 5 février 2007 13:19

      @Alberto, bonjour

      Je reprenais simplement les termes de notre auteur, de manière bien sûr ironiquement critique...


    • Sam (---.---.190.49) 5 février 2007 21:13

      Zen

      Eclairant, ton lien..Le blues progresse, il commence à submerger les cadres sups...


    • (---.---.105.23) 5 février 2007 11:25

      Le Printemps étant une entreprise PRIVE, cette affaire ne concerne que sont propriétaire. Le reste et littérature, et jalousie.


      • maxim maxim 5 février 2007 11:31

        meme pas la peine de jouer au loto où à l’euro million...


        • alberto alberto 5 février 2007 11:42

          INDECENT !

          Cher M. St. Cloud : votre article est bien informatif, mais votre position me semble bien ambigüe.

          Mais puisque vous semblez vous interesser à l’actualité, je vous rapelle qu’actuellement notre beau pays est affligé de SIX MILLIONS de sans emploi plus un certain nombre de millions de gens qui souffrent de de mal-logement, de mal-bouffe, de mal-boulot ...

          Dans ces conditions, faire étalage de ces primes sidérales, ne relève plus de l’inconscience d’une Marie-Antonette invitant ses contemporains à pallier la pénurie de pain par de la brioche, mais d’une provocation à la révolte contre les « alliens » qui succent le sang de leurs congénèrent !

          Dans une période ou toutes les énergies et les intelligences d’une Nation qui se prétend civilisée et donc solidaire et tandis que les louanges à l’Abbé Pierre résonnent, encore les justifications de telles primes ne vous semblent-elles pas en décalage ?

          Les contorsions pour justifier de tels excès ne manquent pas, y compris celles du MEDEF, qui d’un côté se dote d’une cellule de réflexion sur « l’éthique » et par ailleurs justifie ces primes au nom d’une solidarité de classe...

          Bref, je n’ai pas perçu, M. le Politechnicien, dans votre discours la moindre réprobation de ce que je considère relever au moins de l’inconscience, au pire de la provocation, pour cette récompense à l’endroit d’une dame qui finalement n’aura eu que le mérite de ne pas couler la boîte avant qu’elle ne soit vendue...

          Je pense qui si ces dérivent continuent, le feu des banlieues ne s’éteindra pas demain matin...

          C’est mon opinion, et je ne suis pas le seul à la partager.

          Bien à vous : alberto.


          • Bef (---.---.27.249) 5 février 2007 12:52

            « C’est mon opinion, et je ne suis pas le seul à la partager. » : vous aves raison, vous n’êtes pas seul, et c’est bien dommage ! Ne pouvez-vous pas comprendre que pour qu’il y ait moins de pauvres il faut qu’il y ait plus de riches, comme dirait La Palisse ?

            Je m’explique : je ne veux pas d’une société où l’anarchie ultra-libérale régnerait, bien sûr. Je tiens à vivre dans une société où règnerait la solidarité, où tout le monde pourrait trouver sa place, avec l’aide des autres s’il le faut.

            Redistribution des richesses ? Oui, mais dans une certaine mesure pour ne pas faire fuir ceux qui créent cette richesse. Oui, à condition que l’état favorise la création de richesse en ne mettant pas des bâtons dans les roues des créateurs de richesses : les entreprises et les entrepeneurs en général et surtout les PME. A force de jeter l’anathème sur ceux qui gagne de l’argent (« INDECENT » titrez-vous, que pensez-vous du salaires des sportifs et des chanteurs du TOP 50 ?), ceux-là iront le gagner ET LE DEPENSER ailleurs.

            Bref, une société PRAGMATIQUE, où on oublierait un peu les grands discours idéologiques qui ne réussissent qu’à paralyser la machine.


          • alberto alberto 5 février 2007 12:54

            Veuillez-bien, SVP, pardonner qq. erreurs orthographiques issues du feu que je mets à la rédaction (et un peu de la vanité, je confesse, de ne point me relire).

            Bon, il arrive que les dérives dérivent...


          • alberto alberto 5 février 2007 14:09

            M. Bref, merci de vous intresser à mon commentaire.

            Vous écrivez : «  : je ne veux pas d’une société où l’anarchie ultra-libérale régnerait, bien sûr. Je tiens à vivre dans une société où règnerait la solidarité, où tout le monde pourrait trouver sa place, avec l’aide des autres s’il le faut. »

            Voilà qui est bien : mais on commence quand et par quel bout ? On attend que riches soient gavés et croulent sous leurs richesses pour s’occuper des pauvres ? Où est l’urgence ? Que les riches s’enrichissent ou que les pauvres se rétablissent ?

            Les grands artistes, les grands sportifs qui gagnent des sommes considérables ? Et alors c’est simple : c’est pas par ce que ça existe que c’est plus moral. Mais au moins, eux, ne prétendent pas donner une justification économo-philosophique à leur enrichissement, puisqu’il est consenti par leurs admirateurs !

            Enfin relisons les humanistes, un monde plus équilibré où les richesses sont mieux partagées est plutôt synonyme de paix que de querelles... Alors travaillon y !

            Bien à vous.


          • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 5 février 2007 11:50

            Qu’est-ce que je ne comprend pas avec ces parachutes, c’est que les actionnaires puissent en donner un à leurs dirigeants alors que cela ont fait perdre de la valeur à l’entreprise.


            • Bef (---.---.27.249) 5 février 2007 12:34

              En l’occurrence, si j’ai bien compris, les actionnaires en question ont gagné beaucoup d’argent. En revanche, qui ne peut souscrire aux principes énoncés par JDCh :

              « Point trop n’en faut » et/ou « pas de beurre et d’argent du beurre » et/ou « high risk, high reward » et/ou « pas de création de valeur, pas de prime »

              ça me semble correct. Prenez l’exemple des salaires énormes des sportifs de haut niveau : Zidane par ses prestations fait gagner énormément d’argent à ses employeurs (clubs, annonceurs, fédération, ...) il me semble normal qu’il ait un rétribution en conséquence. Pourquoi en serait-il autrement avec les grands dirigeants ?

              L’argument éthique ou moral doit se placer au niveau légal : sanctions en cas de fraude.

              Quant au reste (la répartition de la richess), je suppose que Mme Danon paiera des impôts sur ces sommes : si l’Etat redistribue mal ou gaspille, c’est un autre débat. Si on me rétorque que cette dame saura éviter l’impôt grâce à des niches fiscales ou autre, c’est aussi un autre débat (=> simplifions les règles en supprimant toutes les niches fiscales en contrepartie d’une baisse des impôts ou d’un bouclier fiscal).


            • (---.---.105.23) 5 février 2007 12:57

              « En l’occurrence, si j’ai bien compris, les actionnaires en question ont gagné beaucoup d’argent. »

              Rien du tout, puisqu’ils viennent juste de racheter le Printemps.

              Il est grand temps de faire une Loi pour imposer le respect de la vie privé et des affaires dans les média.


            • Bef (---.---.27.249) 5 février 2007 13:50

              C’est l’actionnaire vendeur qui a payé la prime de 4 M€, justement parce que la vente a été bien réalisée :

              « Madame Danon a probablement reçu environ 2 millions d’euros en tant qu’indemnités de départ et environ 4 millions d’euros en tant que prime de succès sur la cession du Printemps par PPR à Maurizio Borletti »


            • (---.---.30.43) 6 février 2007 11:56

              n’oubliez pas le probablement, en réalité ce n’est qu’une supposition !

              pour en revenir à ces rémunérations, comment justifier de telles sommes alors que Mme Danon n’était pas la seule dans la barque si j’ose dire, pour que le rachat soit convenable, il y a bien fallu que les employés du printemps produisent une quantité de travail et de valeur ajoutée, pourquoi cette plus-value due à la vente ne doit aller qu’à la dirigeante et pas à l’ensemble des employés ?

              vous voyez la dichotomie de ce genre de société rend complètement caduque toute volonté de changement de dirigeance, cela ne change rien pour l’ensemble de l’entreprise


            • (---.---.49.112) 5 février 2007 12:14

              C’est négocié , ficelé, avant embauche


              • erdal (---.---.242.88) 5 février 2007 12:25

                Bonjour JDCh,

                J’ai quelques questions :

                Je ne comprend pas le motif de la démission sachant que le groupe fait des bénéfices ?

                Ne connaissant pas cette dame et son parcours, pouvez vous nous dire si elle a procédé aux licenciements lors de son arrivée dans cette entreprise ?

                Sinon, y a t-il certains corporatismes qui ont forcé cette démission ou bien cette décision est de son propre gré ?

                bien cordialement

                Erdal


                • (---.---.105.23) 5 février 2007 13:34

                  Un salarié, ca ferme sa gueule ou sa démissionne. N’étant pas d’accord avec la futur stratégie de son employeur, elle à donc démissionée. Les clauses de son contrat ont été appliqué. Tout est normal.


                • JDCh JDCh 5 février 2007 13:40

                  @ Erdal

                  Je ne sais pas si il y a eu des licenciements au Printemps à l’arrivée de Madame Danon. Rien n’a à priori défrayé la chronique.

                  Un dirigeant d’entreprise porte une certaine vision et stratégie de l’entreprise. Si les nouveaux actionnaires veulent influer sur cette stratégie et la faire évoluer, le dirigeant en place se sent assez vite décalé et, même si l’entreprise est prospère, préfère laisser la place à un autre qui sera en charge de faire évoluer l’entreprise. C’est sans doute ce qui s’est passé ici : je n’ai pas plus d’infos que vous là-dessus...

                  Je ne vois pas de quel corporatisme vous voulez parler.


                • erdal (---.---.242.88) 5 février 2007 13:52

                  Il me semble que vous en savez plus que tout le monde.

                  Désolé pour l’incursion de la vie privée de cette charmante dame, mais il est intéressant de connaître l’environnement économique de ce pays (même pour un citoyen Lambda).

                  En ce qui me concerne, je ne trouve pas choquant les indémnités, si les motifs sont valables.

                  Ce qui est choquant ce sont les patrons qui vendent leurs actions en référence à Vivendi et Air bus.

                  cordialement

                  erdal


                • erdal (---.---.242.88) 5 février 2007 14:06

                  @JDCh,

                  Je voulais dire en parlant de corporatisme, les actionnaires qui doivent sûrement représenter un groupe.

                  Cordialement,

                  erdal


                • (---.---.38.189) 5 février 2007 13:43

                  Si elle n’avait reçu que 6 millions d’euros, ce serait une bien pauvre aumone, pour une dirigeante de son niveau. Fort heureusement ce n’est probablement pas le cas, et loin de là.

                  En tout cas tant mieux pour elle et tous ceux qui sont bénéficiaires de golden parachutes.

                  Ces élites font fonctionner le pays économiquement, ils méritent donc une juste rétribution de leur contribution.


                  • (---.---.30.43) 6 février 2007 12:00

                    une belle bêtise que voilà, savez-vous ou sont ces millions d’euros ? certainement investit et surement pas en France ! quand aux impôts, il n’y a que des naïfs pour croire que quand on a autant d’argent on n’a pas les moyens d’engager des experts en fiscalité afin d’en payer le moins possible (les niches fiscales ne bénéficient qu’aux gens les mieux informés !)


                  • (---.---.106.1) 5 février 2007 15:33

                    JDCh, bonjour.

                    Votre article est intéressant car il pose un vrai problème.

                    Ceci étant dit, vous employez beaucoup le conditionnel : vous énumérez essentiellement des hypothèses sur ce qui s’est peut-être ou probablement passé. Cela montre que vous disposez de très peu d’informations sur les conditions exactes du départ de Laurence Danon, son contrat de travail et les circonstances de sa démission. J’en déduis donc, qu’en écrivant cet article, votre souci est plutôt de défendre le principe que de telles rémunérations puissent être légitimes.

                    Ces rémunérations ne sont que le résultat d’anomalies dans les rapports de force, d’absence de contrôle véritable par les actionnaires principaux, et d’une faiblesse des organisations syndicales, incapables d’imposer en faveur des salariés une répartition plus équitable des profits réalisés. L’expérience montre que ces rémunérations extravagantes sont largement déconnectées des performances des dirigeants en question. Même lorsqu’ils sont mauvais, leur fonction (notamment par les informations auxquelles ils ont accès) leur donne une capacité de nuisance très élevée après leur départ, et c’est leur silence et leur inaction contre leur ancien employeur que l’on achète ainsi.

                    Ces « grands patrons », ceux des entreprises du cac 40, comme l’on dit quelquefois, ne sont pas les équivalents des patrons de PME « en plus grand ». Rien à voir. Ils constituent une caste bien à part, peu perméable, que l’on ne peut vraiment qualifier de « classe sociale », qui s’est constituée, pour l’essentiel à l’époque des « noyaux durs » des privatisations Balladuriennes, qui s’auto-reproduit, se coopte et obéit à des règles bien particulières. Ils se « tiennent » les uns les autres par des intérêts croisés personnels, politiques et financiers dont l’un des symptômes est précisément cette auto-attribution de postes, prébendes et rémunérations. Je vous donne rendez-vous dans six mois et nous verrons où sera Laurence Danon...

                    Le plus drôle dans cette affaire est, qu’au MEDEF, elle était en charge d’une mission de réconciliation des jeunes avec l’entreprise... Que va-t-elle leur expliquer ? Que pour gagner plus il suffit de travailler plus ? C’est à mourir de rire...


                    • Léon (---.---.106.1) 5 février 2007 15:34

                      Pardon, j’ai oublié de signer.


                    • JDCh JDCh 5 février 2007 20:30

                      @ leon

                      votre commentaire est intéressant car, il est vrai, Madame Danon est issu de l’élite technocratique de notre pays (Ulm, Corps des Mines) et est passée par le Ministère de l’Industrie puis par Total avant de rejoindre le groupe PPR.

                      Je vous rejoins sur le caractère parfois connivent voire incestueux de cette « caste » que je dénonce souvent (eg Airbus).

                      Ceci étant dit, l’inflation sur les rémunérations de nos grands patrons est plus une contagion venant du monde anglo-saxon que d’une connivence franco-française.

                      Par ailleurs et de plus, Monsieur Pinault est lui une sorte d’auto-didacte (comme beaucoup de bons entrepreneurs) et je ne pense pas qu’il choisisse le (ou avalise le choix du) patron d’une de ses enseignes phares pour son entregent politique mais plutôt pour ses qualités managériales.

                      Vous l’avez compris, cet article a pour vocation de parler calmement d’une affaire qui déchaîne des réactions qu’elle ne mérite pas...

                      Quoique les uns ou les autres pourraient proposer, les dirigeants seront toujours mieux payés que les employés de base et les rémunérations des cadres dirigeants internationaux étalonnées sur une échelle dorénavant mondiale.


                    • (---.---.30.43) 6 février 2007 12:06

                      au contraire, je pense justement qu’il a besoin des carnets d’adresses de ces dirigeants, tout est une question de reseau, vous pouvez être le meilleur manager qui soit, si personne ne vous donne une chance, vous resterez au chomage !! et là est le problème au sein des entreprises : les dirigeants font partie d’une caste qui est très fermée (dès l’école primaire) et qui ne facilite pas du tout l’intégration du mérite. (un exemple : une société dont les dirigeants sont tous centraliens ne recrutera que des centraliens, pas d’universitaires et encore moins de polytechniciens ! pas une question de savoir faire, de qualité managériale, uniquement du corporatisme de bas étage.....


                    • monteno (---.---.179.94) 5 février 2007 15:54

                      @ l’auteur

                      Merci pour cette présentation trés claire. Il serait judicieux de préciser qu’on parle de montants bruts et qu’il faudrait y ajouter un calcul fiscal (et cotisations sociales) qui change un peu la donne.

                      Ensuite je voudrai rapprocher ces montants des couts de nos chers députés et sénateurs : d’après votre calcul, madame Danon gagne un brut de 1 million d’€ par an (2 ans de salaire à 2 millions) ; si l’on divise le budget de l’assemblée et du sénat par le nombre de députés et sénateurs on trouve aussi à peu près 1 million d’€ ; supposons que si madame Danon gagne 1 million d’€/an elle en coute 1.2 à 1.4 à son entreprise, on voit qu’un député ou un sénateur coute aux français un montant d’argent public à peu près équivalent à ce que coute madame Danon à son groupe (argent privé). Je n’ai encore jamais entendu personne crier au scandal du cout des membres des deux chambres en France !

                      Les récentes informations sur le patrimoine du couple Royal Hollande nous ont rappelé que un député gagnait environ 250 000 € par ans, dont une grande part était défiscalisée ; qu’à ces 250 000 € s’ajoutaient une série d’aventages en nature non négligeables ; enfin d’après les déclaration de Ségolène Royal, elle a pu par son seul travail ( le sien et celui de F. Hollande), ( c’est à dire sans recevoir d’héritage) uniquement à l’aide de son salaire de conseiller à l’Elysée, puis de ministre ou de député et de président de région, élever 4 enfants et accumuler un patrimoine du niveau de l’ISF, en une vingtaine d’années ...

                      Il y a un peu moins de 1000 députés et sénateurs ; il n’y a que 40 patrons du CAC 40 ...


                      • (---.---.30.43) 6 février 2007 12:09

                        évidemment moi je vote pour qu’on leur donne 1 milliard d’euro chacun ! la corruption ne concerne pas uniquement les gens qui n’ont pas d’argent ! vous savez l’argent appelle l’argent, personne n’en a suffisemment ! cet argument est un faux argument qui n’est que de la poudre aux yeux, à quand des hommes politiques en adéquation avec la population qu’ils administrent ? et pas une caste professionnelle de la politique !


                      • monteno (---.---.179.94) 6 février 2007 16:17

                        Pourquoi vous enflammer si vite ! Restez calme et raisonnable !

                        Mon propos était tout simplement de rappeler des faits qui comme chacub le sait depuis Lénine sont têtus ! La vox populi crie trés fort haro sur des rémunérations de patrons du cac40 ; je rappelle seulement qu’elles ne sont pas incommensurables par rapport aux couts et à celles de nos chers députés sénateurs ! Même si le rôle d’un député de base est important ds notre démocratie, je crois qu’il est plus courant de rencontrer quelqu’un qui a l’étoffe d’être un député que quelqu’un qui saura pendant une dixaine d’année mener à bon port un bateau lourd du cac40 !


                      • monteno (---.---.179.94) 7 février 2007 15:21

                        Si vous avez deja eu la responsabilité de piloter un grand groupe, vous avez connu la solitude de celui qui doit in fine prendre les décisions stratégiques ( mêmes si elles sont préparées par d’autres) qui vont déterminer ou non la survie à moyen terme de votre groupe et faire en sorte que votre groupe continue à séduire toujours plus de clients qui sont libres d’aller voir ailleur, clients qui sont indispensables pour pouvoir payer vos collaborateurs... C’est un stress assez lourd et ceux qui ne sont pas faits pour ce métier là, même s’ils y parviennent par suite d’une sélection imparfaite, n’y survivent pas trés longtemps.

                        Un député doit être choisi par son parti et se faire élire puis ré elire...C’est vrai ! Mais il peut ne jamais se rendre aux asemblées pour discuter les lois, y contibuer et les voter directement !

                        Je ne dis pas qu’un député est inutile, mais il peut se « planquer » assez longtemps ! son job essentiel est de servir de super assistante sociale pour ses administrés en difficultés, quitte à user de son pouvoir d’influence pour leur obtenir des passe droits et de l’argent public, même si en fait le député n’est plus, une fois élu, le représentant de sa circonscription, mais le représentant de la nation, c’est à dire le défenseur de l’intérêt général au profit de toutes les circonscriptions...

                        Bref, ayant rappelé les mérites respectifs des députés et de 40 patrons du CAC 40, je voulais seulement rappeler qu’ils ont des rémunérations qui ne sont pas si éloignées que cela en moyenne ! ( Mais je vous le concèdent trés loins des 1500€ /mois moyens des français) !


                      • silex (---.---.190.22) 5 février 2007 16:50

                        Madame Laurence Danon est une super nana ; elle les a bien niqué. Et, c’est très bien ainsi. Je lui souhaite de vivre 100 ans !


                        • vinz (---.---.110.99) 5 février 2007 18:48

                          moi je lui souhaite deux autres vies (ainsi qu’à tous ceux qui trouvent normales de telles indemnités) :
                          - une de chômeuse
                          - une de smicarde


                        • (---.---.74.53) 5 février 2007 20:01

                          Et puis, Mme Laurence Danon a dû travailler plus puisqu’elle a gagné plus !

                          Les smicards qui se coltinent de lourds cartons à longueur de journée apprécieront !


                          • Kris (---.---.26.12) 5 février 2007 21:19

                            Dans un système capitaliste à améliorer la question c’est quel est le juste prix d’un patron ? Pourquoi de si nombreux exemples de patrons aux performances moyennes ou médiocres dans tous les pays démocratiques et capitalistes sont autant sinon mieux rémunérés que ceux dont la performance est bien meilleure ? Un des grands et flagrants échecs actuels de nos économies libérales est bien la maîtrise et la mesure du niveau de ces rémunérations. Or les Patrons semblent bien rétifs ou du moins absolument peu motivés pour auto réguler le système... donc il va falloir légiférer. Non pas avec la subtilité des Flamby et consorts « interdisons les stocks options » mais plutôt pourquoi Bernard Arnault s’en accapare plus de 20 % de LVMH sans que son Conseil d’Administration n’y trouve rien à redire ?


                            • (---.---.30.43) 6 février 2007 12:11

                              vous mettez sur le dos du capitalisme ou du libéralisme ce qui est le fait d’individus, d’une catégorie on ne peut plus consanguine


                            • armand (---.---.202.72) 7 février 2007 09:55

                              Désolé mais la notion même de stock-option - non pas la vente à un prix préférentiel de l’action mais l’octroi d’une « option » à lever quand on veut - est sujette à tous les tripatouillages possibles. Rappelons qu’"aux USA une bonne moitié des entreprises sont soupçonnées d’avoir antédaté les documents - ce qui équivaut à choisir son ticket de loterie une fois le tirage effectué. Arrêtons ces confusions de genres : ou alors un patron est un entrepreneur et il prend des risques, ou alors c’est un salarié, il touche un salaire, des indemnités légales et point-barre. Le système actuel est simplement un hold-up généralisé qui permet à une caste de dirigeants de n’enrichir de façon démesurée en à peine quelques années.


                            • caramico (---.---.227.71) 5 février 2007 22:09

                              Pauvre petite madame Danon, victime d’un licenciement, vous allez faire pleurer dans les chaumières.

                              C’est vrai qu’elle a l’air toute contrite, sur la photo, la pauvre dame..

                              C’est à vomir !


                              • armand (---.---.103.232) 5 février 2007 22:57

                                Tant que les rémunérations et packages en tout genre sont décidés par des administrateurs qui se renvoient l’ascenseur, il n’y aura aucune modération. Et ces histoires sont doublement scandaleuses, d’abord par l’importance de ces montants, puis par le peu d’importance de la performance véritable du cadre dirigeant en question. C’est un jeu où l’on gagne à tous les coups. On fai gagner del’argent à l’entreprise, on s’enrichit, on la coule, on s’enrichit aussi. Et je ne parle pas des tripatouillages de dates des stock-options, véritable plaie aux USA où on estime que plus de la moitié des grandes sociétés ont eu recours à cette pratique. En fait, les CEO se sont arrogés un véritable droit de pillage de leurs entreprises, sans contre-pouvoir efficace. Une seule solution : interdiction des stock-options, et de tous les packages autres que les indemnités légales. Compte tenu du niveau de rémunération, ça suffirait largement.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès