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Accueil du site > Actualités > Economie > Laurence Parisot : « Une négociation ? Sur quoi ? Sur quels sujets ? (...)

Laurence Parisot : « Une négociation ? Sur quoi ? Sur quels sujets ? »

Le Président et ses portes paroles ne cessent de le clamer : L’emploi est LE sujet prioritaire.

La manifestation du 29 janvier ayant alerté les dirigeants de notre pays (qui, craignent un peu plus chaque jour une explosion sociale incontrôlée) on s’interroge, néanmoins, compte tenu des marges de manoeuvre du gouvernement, du sort de la réunion du 18 février.

Bien que Christine Lagarde annonce des discussions "sans tabou", Eric Woerth de son côté n’envisage pas de laisser une fois de plus filer le déficit de l’État annoncé pour 2009 qui devrait représenter à quelque chose près 80 milliards.

C’est toutefois dans ce contexte que le Président a décidé de mettre fin à la taxe professionnelle. Cette taxe qui constitue aujourd’hui une recette (et donc une perte à terme) de l’ordre de 29,4 milliards d’euros pour les collectivités bénéficiera aux entreprises sans aucune contrepartie.

Comment sera financée cette perte de recettes ?

Le Premier Ministre nous l’explique sur le site du gouvernement : "... / ... Pour les collectivités locales, la suppression de la taxe professionnelle sur les investissements se traduira par une perte de recettes. Cette perte de recettes sera compensée. Les modalités de cette compensation seront arrêtées après que le comité présidé par Edouard Balladur sur la réforme des administrations locales aura remis ses propositions"

Traduction : On a lancé la suppression de cet impôt sans avoir la moindre idée de par quoi on va le remplacer. Il ne fait nul doute que le chantre du travailler plus pour gagner plus et auto proclamé Président du pouvoir d’achat va nous concocter une nouvelle taxe "grand public" pour couvrir la dépense.

Le chômage s’amplifie et le gouvernement et même Xavier Bertrand au nom de l’UMP demandent un effort citoyen aux entreprises (dont beaucoup continuent a faire des résultats positifs).

La réponse du MEDEF ne s’est pas faite attendre : "La présidente du Medef, Laurence Parisot, a proposé ce jeudi aux organisations syndicales d’entamer une "délibération sociale", moins formelle qu’une négociation, sur une nouvelle modernisation du marché du travail, qui pourrait inclure une réforme du droit de licenciement. L’objectif, selon "Le Figaro", serait triple : rendre les licenciements économiques plus rapides, les sécuriser juridiquement pour limiter les recours devant les prud’hommes et permettre aux entreprises de licencier avant même d’être en difficulté financière.

Jamais à court de bons mots, ni d’humour, elle a ajouté : " ... / ... que les entreprises françaises se montraient "admirables" dans la crise. "C’est dur, mais on tient le coup. Et qu’on ne vienne pas nous dire que nous profiterions de cette affreuse tempête, de ces vents adverses, pour délocaliser ou licencier" pour finir par ce court monument de cynisme : "elle a appelé l’Etat à "laisser l’entrepreneur entreprendre" et à "ne pas s’immiscer" dans la gestion des entreprises" - Source La Tribune

Si ce n’est pas un effort citoyen ça !!!

Brice Hortefeux le nouveau Ministre du travail a beau exhorter le patronat en ces mots : Il entend que le Medef s’implique dans "l’effort de mobilisation" face à la crise actuelle. "Je souhaite que le Medef, comme l’ensemble des partenaires sociaux, ait pleinement conscience de la gravité de la crise mondiale et participe à l’effort de mobilisation de tous les acteurs"

Mais reste ferme ... sur le bouclier fiscal : Le ministre du travail émet également une fin de non recevoir sur la suppression du bouclier fiscal et l’abandon des mesures sur les heures supplémentaires, demandée par les syndicats : "Les mesures que nous examinons sont d’une autre nature."

Lesquelles ? Mystère et boules de gomme !!!

Pour une fois, Martin Hirsch, se rappelant qu’il a eu une vie à gauche avant de rejoindre le gouvernement, propose que les allègements de charges soient conditionnés aux efforts faits par les entreprises pour réduire les écarts de salaires, M. Hortefeux assure que "cette proposition n’a pas été évoquée lors des réunions qui se tiennent au ministère du travail."

Alors heureuse Laurence ?

Mais, alors que va faire le MEDEF à la réunion du 18 février ?

La réponse est simple et en forme de chiffon rouge qu’on agite devant le taureau :

La présidente du Medef, Laurence Parisot, s’est tout d’abord réjouie jeudi de l’annonce du bénéfice record du groupe pétrolier Total, à 13,9 milliards d’euros pour l’année 2008. « C’est une formidable, bonne, nouvelle et nous avons besoin de bonnes nouvelles. Total est la plus grande entreprise française, c’est un des plus grands champions du monde parmi l’ensemble des entreprises globales, mondiales » « C’est une excellente nouvelle de voir nos entreprises gagner de l’argent » pour ajouter à l’intention des syndicats de salariés et du gouvernement : "Je ne sais pas si c’est une négociation. Je n’ai pas entendu qu’il s’agissait d’une négociation. Sur quoi ? Sur quels sujets ?"... / ... "il est très bon que nous nous rencontrions tous, gouvernement organisations syndicales et représentants des employeurs d’abord pour tenter de partager un diagnostic sur la situation"

Dans le même temps, le MEDEF Guadeloupe déclare dans une interview au Monde :

Comment réagissez-vous aux refus de François Fillon de financer les 108 millions d’allègements de charge demandés ?

Willy Angèle : Je suis surpris. Le problème que nous traitons est grave, il s’agit du différentiel de pouvoir d’achat entre la métropole et la Guadeloupe sur les produits de première nécessité. Je ne vois pas comment les entreprises guadeloupéennes pourraient financer à elles seules une augmentation des 41 000 bas salaires de l’île, pour 108 millions d’euros, alors que le bénéfice dégagé par l’ensemble de ces entreprises est de 100 millions d’euros. Nous ne pouvons pas faire face à cette situation seuls, nous n’en avons pas les moyens financiers.

En clair, le MEDEF se fout de la gueule de la nation entière tout en essayant de limiter la part des profits et donc de ses actionnaires. Que diront les ministres concernés et le Président à l’issue de cette mascarade ?

Qu’ils ont réunit les partenaires sociaux qui n’ont pu trouver d’accord et en profiteront pour botter en touche. décidément, il va vraiment falloir que l’ensemble des salariés réagissent, et pas seulement sur une ou deux journées revendicatives. Seule la grève générale de 1968 avait fait céder les organisations patronales.

Cette fois-ci, il va falloir cesser d’avoir peur de débrayer ou de manifester, car celui qui a aujourd’hui un emploi est potentiellement chômeur à court terme et sait parfaitement qui accélère le mouvement.

Dites Madame Parisot, vous qui avez si souvent le mot respect à la bouche, lorsqu’on voit comment le MEDEF essaye de faire porter aux salariés, et à eux seuls, le poids de la crise, peut on encore parler de respect ?

Votre MEDEF, Madame, a remis au goût du jour la lutte des classes, il devra en payer immanquablement le prix et vous avec !!!

Crédit et copyright image
AFP
Sources et crédits
La Tribune
Le Monde
Le Figaro


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21 réactions à cet article    


  • morice morice 12 février 2009 14:07

     Parisot trouve qu’Obama est un dangereux gauchiste et que les USA ont viré socialo : heureusement qu’on a pas voté Bayrou, imaginez la bronca... question élections, tiens, faudrait peut être rappeler de qui elle tient son poste, la présidente des patrons : d’Anne Meaux, grande copine de fondeur indien (enfin avant leur clash), qui l’a poussée, poussée, poussée... texte Bakchichien :
    "Alors queLakshmi Mittal, le milliardaire indien qui a fait une immense fortune dans la sidérurgie, avait prévu de racheter la semaine dernière en son nom au financier Romain Zaleski pour plus 500 millions d’euros d’actions de son groupe ArcelorMittal, la publication d’une info sur le site Capital.fr a fait capoter l’opération. Après Gandrange, son usine en pleine restructuration, et les bénéfices records de 10,4 milliards de dollars d’Arcelor annoncés le 13 février, Mittal a finalement racheté les titres à 46,6 euros l’unité, pour un volume équivalent à 1 milliard d’euros, mais pas en son nom propre. Cela aurait fait mauvais genre, alors que les salariés de Gandrange sont en train de perdre leur job, en dépit de ses promesses. La boîte a donc été chargée de passer à la caisse. Et Anne Méaux, la communicante de choc, conseillère de la moitié du CAC 40, s’est fait passer, à entendre les mauvaises langues, un savon mémorable pour son incapacité - selon Mittal - à tenir la presse…"


    • morice morice 12 février 2009 14:08

       euh j’ai pas rêvé, sur la photo elle s’apprête bien à entonner l’Internationale ou je rêve ?


      • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 12 février 2009 14:16

        Elle va peut être l’entonner .... du moins dans ce geste, elle évoque certainement la lutte finale pour ... les bénéfices


      • Louisiane 13 février 2009 10:01

        Ca ressemble plutôt au fist fucking qu’elle s’apprête à infliger aux ouvriers...


      • K K 13 février 2009 13:11

        C’est la luuuuu.. miere
        qui s’allume et qui s’eteint

        Voila le style d’internationale qu’elle doit chanter


      • MagicBuster 12 février 2009 14:23

        Parisot est insolente , insultante, médisante ... C’est totalement la représentante du MEDEF.


        • morice morice 12 février 2009 15:12

           bonne définition


        • Bobland59 Bobland59 12 février 2009 21:26

          Demandez donc aux ouvriers du groupe Parisot dans le 70 .... ce qu’ils pensent de cette famille et de leur lolo régionale ? Elle pense peut-être que le medef et ses affidés lui appartiennent et elle agit comme dans le CE de cette boîte .
          Pas étonnant non plus que le sarko aille si souvent en Haute-Saône ! Il est en pays conquis.....


        • sisyphe sisyphe 13 février 2009 05:38

          La seule solution, effectivement, pour rabaisser la morgue, le cynisme, l’irresponsabilité , l’arrogance et le mépris de cette honteuse caricature du patronat le plus abject, est une grévé générale indéfinie, et une crise sociale grave. 

          Il est temps que le peuple fasse respecter ses droits face au patronat le plus rétrograde et le plus cynique du monde occidental. 

          Mobilisation. 


        • sisyphe sisyphe 13 février 2009 05:54

          Quant aux bénéfices de Total, dont la patronne des patrons se goberge :

          « Les bénéfices de Total sont réalisés sur une rente » INTERVIEW

          François Carlier est directeur adjoint des études à UFC-Que Choisir. Il revient pour Libération.fr sur les profits records de 13,9 milliards d’euros dégagés par le pétrolier français en 2008.

            —>
          										

          Les profits de Total sont-ils étonnants ?

          Non. Ils traduisent le grand déséquilibre existant sur le marché du pétrole. En moyenne, 2008 a été une année très élevée en terme de prix des produits pétroliers, et donc difficile pour le consommateur. Mais en miroir, les compagnies pétrolières ont fait des profits record. Qui plus est, c’est un déséquilibre qui se crée sur l’augmentation du prix du baril et l’augmentation des marges de rafiinage qui, elles, sont provoquées par les stratégies des pétroliers.

          Il y a donc quelque chose de choquant dans ces bénéfices records ?

          Oui, car ils sont réalisés sur une rente. Pas grâce à des inventions ou des créations.

          Comment la société Total a-t-elle pu faire autant d’argent ?

          Ils ont eu huit mois splendides, liés à l’augmentation du prix du baril. A 140 dollars le baril en juillet, ce n’était même plus de la profitabilité...

          C’était tout bénéf pour le pétrolier ?

          Total exploite des champs de pétrole et vend aussi de l’essence. Si le producteur Total a des coûts de production qui ont augmenté, quand le baril est à 140 dollars, Total (ou les autres producteurs) le vend à 140 dollars. Soit en interne, soit à d’autres raffineurs. Même si, quand il prend 140 dollars par baril, il doit reverser des royalties (totalement opaques) aux pays dont il exploite les sous-sols, comme l’Arabie ou le Venezuela. Mais, à baril à prix record, profit record.

          Sans compter les marges liées au raffinage, que vous dénonciez encore ces derniers jours ?

          Oui, la marge de raffinage a battu des records, notamment sur le diesel. Et à la différence du prix du baril, elle a été haute toute l’année.

          Que penser des déclarations de Laurence Parisot, la présidente du Medef, qui se félicite de ces profits alors que les consommateurs ont connu des heures très noires à la mi-2008 ?

          Les propos de Parisot sont fâcheux. Elle donne une mauvaise image de l’entrepreneur. Total n’a pas fait montre de plus d’innovation, de plus de valeur ajoutée en 2008. Ces bénéfices sont réalisés sur l’inverse de ce que devrait être l’entreprenariat. L’effet de rente n’est pas l’entreprenariat.



        • Daniel Roux Daniel R 12 février 2009 14:38

          Ne nous étonnons pas que le MEDEF défendent les intérêts de la classes dominante. C’est la réalité de la lutte des classes qui fait rage et qui n’a jamais cessé.

          Par contre, nous devons nous insurger qu’un Président de la République de tous les Français mène une politique dans l’unique intérêt de cette seule classe dominante.

          Nous aurait-il trahi ? Nous aurait-il menti ? Ou sommes nous trop naïfs ?

          Bernard Thibaut affichait cette lapalissade : PAS DE SYNDICATS SANS SYNDIQUES.

          J’ajouterai : PAS DE PROGRES SOCIAL SANS GREVE GENERALE.


          • Le Chacal Le Chacal 12 février 2009 17:53

            Je dois être con, mais je ne comprends pas ce que vient faire ce commentaire dans un article sur Parisot. Surtout un commentaire d’une telle teneur communautariste. Mais vous avez raison. Les 7 000 000 millions (ça fait 70 mille milliards ça non ? smiley ) font bien de se rebiffer, parce qu’avec un tel nombre, les ressources alimentaires doivent commencer à manquer... smiley


          • ALTER NAIF ALTER NAIF 13 février 2009 01:13

            Note Confidentiel- à l’adresse des camarades d Agora :

            Madame Parisot est un sous marin de Nulle Part Ailleurs,
            filiale de la Poste
            sa mission est de provoquer les classes ouvrières et précaires
            afin de déclencher un soulèment révolutionnaire et populaire
            Prélude à une assemblée des actionnaires de TROTS Inc.

            C’est la Rosa Luxe en Bourg du CAC 40



            • Pourquoi ??? 13 février 2009 06:35

              Pourquoi elle ne serait pas arrogante ? Elle est à la tête d’un syndicat bourré de tunes, puissant, à l’abri des actions de la justice, et servi, le petit doigt sur la couture, par les pouvoirs législatif et exécutif.

              Elle a même réussi à faire baisser la durée d’indemnisation des chômeurs grâce à un syndicat de salariés. C’est dire....

              Et puis on n’a même plus de guillotine. Alors que craindrait-elle ?

              @ Bobland59 : dites-nous-en un peu plus sur ses méthodes en local, s’il vous plait


              • Louisiane 13 février 2009 10:09

                Mâm Parisot applique mot à mot le discours de notre bon Président : "la droite décomplexée".
                On ne discute pas avec des gens comme ça. Ils ne sont pas honnêtes.
                Alors, à quand la gauche décomplexée ?


                • Artius 13 février 2009 11:38

                  Je trouve que depuis le début de la "crise", Madame Parisot a énormément de mérite : à chaque déclaration, elle parvient à tenir des propos de plus en plus outrageants, pour rester poli.

                  Cette Indécente m’inspire le même mépris qu’elle a pour ceux qui sont les réelles victimes de la crise : ceux qui ne boursicotent pas, ne spéculent pas, mais travaillent -quand on ne les a pas licenciés- pour survivre et "accessoirement" enrichir d’avides actionnaires.



                  • Louisiane 13 février 2009 11:59

                    Finalement, tout cela ne serait-il pas un bien ? Face à la crise qui se profile, Medef, patrons et actionnaires essaient de se positionner de manière à ne pas trop perdre et surtout à ne pas partager (voir le salaire de Ghosn). Devant tant de grosses ficèles, les consciences plus qu’endormies des Français semblent se réveiller et demander des comptes. Et il faudra bien les donner.
                    Merci Madame Parisot pour vos outrances et votre mépris, ils sont le terreau d’une future mobilisation de grande ampleur, quelqu’en soit la date, et là, il faudra répondre !


                  • TSS 13 février 2009 13:06

                    au fait pourquoi aucun média ne parle t’il de la grève des chantiers de l’atlantique qui sont bloqués depuis

                    plus d’une semaine ?


                    • TSS 13 février 2009 13:07

                      y compris les medias sur internet... !


                      • FYI FYI 13 février 2009 13:17

                        Le seul salut à l’heure actuelle pour le gouvernement, interdire tous les licenciements sinon c’est la GG ...
                        Wait and See !


                        • ALTER NAIF ALTER NAIF 13 février 2009 13:46

                          moinsss alors qui peut le plus....peut le moinssss
                          sarcophage aurait ressuscité, mais sous quel nom ?
                          essayons le racolage pour se faire plusser
                          euh !!!!! Madame Parisot défend des intérêts de classe
                          il est scandaleux que des liens existent entre notre Président et le Medef
                          c’est plussable ???
                          Ouffff...
                           :+p
                          travailler plus pour gagner moinsss que nenni

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