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Accueil du site > Actualités > Economie > Le budget emploi va baisser de 20% en 3 ans

Le budget emploi va baisser de 20% en 3 ans

Les politiques de l'emploi reposent, en France, sur trois piliers : l'indemnisation des chômeurs (environ 32 milliards €), les allégements de charges (environ 25 milliards €), et les politiques menées par l'Etat (environ 10 milliards €). Contrairement aux annonces tonitruantes, ce dernier volet va subir une baisse de ses moyens de 20 % en 3 ans.

Le premier volet des politiques de l’emploi (à côté de l’indemnisation chômage) est mis en oeuvre par le ministère de l’Emploi et son bras armé : Pôle Emploi. Ce sont environ 10 milliards € qui sont dépensés chaque année pour « fluidifier » le marché du travail par ce biais. Difficile de ne pas plonger dans l’examen de la loi de finances initiale (LFI) de 2011 pour en présenter les grandes lignes. Cette lecture très instructive permet de déjouer quelques annonces officielles.

Quatre programmes d’action, dont deux pèsent l’essentiel

Les politiques de l’emploi en France sont réparties en 4 programmes mis en oeuvre par deux ministères : l’Economie et le Travail. Ces programmes sont les suivants :

- programme 102 : accès et retour à l’emploi, qui regroupe les interventions en faveur de l’emploi à proprement parler. Voici comment ce programme est résumé en LFI :

« Le programme « Accès et retour à l’emploi » a pour objectif de faciliter l’accès ou le retour à l’emploi des demandeurs d’emploi en général et, de manière plus ciblée, des publics particuliers qui rencontrent des difficultés d’insertion dans le marché du travail. Bien que la crise économique actuelle amène le ministère chargé de l’emploi et ses opérateurs, en particulier Pôle Emploi, à se concentrer sur les demandeurs d’emploi, ce programme ouvre également son champ aux inactifs susceptibles de se présenter sur le marché du travail. Il porte ainsi une attention particulière aux primo entrants sur le marché du travail, dont les jeunes constituent une part importante. »

Il s’agit donc du volet le plus important des politiques d’emploi. Il pèse plus de 6 milliards € en 2011.

- programme 103 : anticipation des mutations économiques et développement de l’emploi, qui regroupe pour l’essentiel les dépenses en matière de formation professionnelle. Soit 4,5 milliards €.

- programmes 111 et 155, qui pèsent à eux deux moins de 1 milliard € et représentent les dépenses du ministère du travail et de son réseau territorial (notamment les directions départementales).

Un budget en baisse pour les années à venir

Premier constat : le budget des politiques de l’emploi va baisser fortement dans les années à venir. Mais pas pour tout le monde…

Les programmes 102 et 103, qui regroupent les crédits d’intervention en faveur des chômeurs, coûtent aujourd’hui à l’Etat 10,6 milliards €. En 2013, ils ne devraient plus représenter que 8,4 milliards €. Soit une baisse de 20% en trois ans. Et, dans ce tour de vis, le programme « accès et retour à l’emploi » est pratiquement taxé de 2 milliards sur 6,2. Soit une baisse de 30%.

Dans le même temps, le budget des administrations augmente légèrement pour plafonner à 830 millions €. La ceinture n’est pas pour tout le monde.

Retenons que les politiques de l’emploi menées par l’Etat sont annoncées en baisse de 20% pour les années à venir.

L’action en faveur des demandeurs d’emploi est émiettée

Outre l’étonnante nouvelle d’une baisse prévisible des crédits en faveur des chômeurs, l’extrême dispersion des politiques d’emploi aujourd’hui est un vrai frein à leur efficacité.

D’une part, celle-ci est mise en oeuvre par une multiplicité d’opérateurs : Pôle Emploi, les missions locales, le fonds de solidarité, l’établissement public d’insertion de la défense, l’agence de services et de paiement, etc.

D’autre part, la myriade de dispositifs conduit à un immense saupoudrage de moyens. Par exemple, les interventions du fonds de solidarité se décomposent en ASS (2 milliards €), ACCRE-ASS (31 millions €), AER (550 millions €), AFF (44 millions €), AFDEF (140 millions €), etc.

Ceci n’est qu’un maigre exemple de l’émiettement profond des politiques d’emploi, qui conduit à constituer des sous-ensembles d’intervention microscopique totalement inefficaces.

L’alternance constitue l’autre grand volet des politiques d’emploi

Pour le reste, le programme 103 est essentiellement constitué du soutien que l’Etat accorde à l’alternance, et de l’aide à la création d’emploi.

Sur un budget de 4,4 milliards €, l'alternance en absorbe 3,2 milliards €. Et les autres dispositifs chacun 500 millions.

Là encore, en dehors de l’alternance, les politiques de l’Etat se diluent dans une multitude de dispositifs très spécifiques, comme le soutien à certains plans de gestion prévisionnelle des emplois dans certaines branches, ou le soutien au secteur associatif ou à la création d’emplois. Tous ces objectifs sont utiles, mais les moyens qui y sont consacrés sont, au final extrêmement limités (moins de 1 milliard au total).

Dans l’ensemble de ces dispositifs, l’évaluation de l’efficacité des politiques laisse à désirer. Les indicateurs de performance prévus par la loi de finances sont surtout portés sur les moyens. En revanche, par exemple en matière d’alternance, les objectifs quantitatifs (nombre de contrats en alternance) et qualitatifs (taux d’emploi à la sortie) sont inexistants.

Conclusion : non seulement les politiques d’emploi seront les grandes sacrifiées des coupes budgétaires, mais, en plus, personne ne s’occupe vraiment de leur efficacité.


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4 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 15 février 2011 08:50

    On ne peut pas tout financer ils faut choisir...voir :

    http://2ccr.unblog.fr/2010/12/03/niches-en-or-massif/


    • Sachant Sachant 16 février 2011 01:23
      Le budget emploi va baisser de 20% en 3 ans
      C’est normal, il n’y a plus d’emplois

      Té ! Merci professeur Sarkozy...


      • fredleborgne fredleborgne 16 février 2011 03:41

        Pole-emploi est devenu une usine à gaz qui tourne à vide. Il n’y a pas d’emplois disponibles.
        En plus, on invente plein de subventions à la con pour justifier de ne rien donner à ceux qui ont encore un peu, et de donner pas grand chose et pas assez à ceux qui n’ont rien. Bref, un entretien d’ état de pauvreté dépendance permanent. Pour le reste, c’est du vent, même si des voies de formations pourraient être intéressantes si elles n’étaient pas noyautées par des organismes coûteux qui se sucrent sur le dos des subventions octroyées à leurs « élèves ».

        Le peuple n’a pas pour habitude de se laisser crever de faim. Les gens courageux qui ne sombrent pas dans la déprime, le surendettement et le repli sur soi, complètement brisés, créent des services plus ou moins bien payés, au noir ou en auto-entrepreneurs pour les plus honnêtes.

        La précarité, finalement, est un état permanent, qu’une société assez juste en voie de démentèlement avait réussi un moment à faire oublier. On ne dit pas merci aux fossoyeurs, bien entendu.

        C’est l’occasion de revenir au micro-marché africain, de privilégier le tissu local et d’arrêter d’alimenter un état devenu cannibale au profit des grosses sociétés internationales.

        De plus, qui voudrait d’une retraite à 67 ans ? Je vois déjà des retraitées seule de 62 ans qui font des ménages pour survivre. A 67, elles vont se laisser crever ? Ou passera donc l’argent ? Nulle part, et surtout, les patrons en verseront encore moins...


        • jpm jpm 16 février 2011 07:55

          Dans la mesure ou il n´y a plus de travail pour tout le monde, la tache de garde-chiourme de Pole Emploi est particulièrement hypocrite. Il s´agit principalement d´améliorer les chiffres officiels en sortant dès que possible les bénéficiaires. Il est donc inhumain, de maintenir cette course folle (et la plupart du temps vaine) à la recherche d´emploi.

          Plutôt que la misère et la précarité généralisée qui ne crée pas la confiance nécessaire à une reprise d´activité, pourquoi ne pas introduire une allocation universelle et inconditionnelle distribuée à tout le monde, homme ou femme, jeune ou vieux, actif ou retraite et surtout actif ou inactif. Finalement cela se rapproche de l´idée du micro crédit dans la mesure où chacun dispose d´un revenu d´existence, assuré dans la durée, ce qui permet de faire de réels projets de vie.

          Tout le monde a ainsi l´assurance d´avoir de quoi vivre, ou survivre suivant le montant distribué, sans devoir faire semblant de chercher un travail qui de toute manière n´existe pas. L´allocation se cumulant avec les revenus du travail, un chômeur aura tout intérêt à retrouver un emploi sans risquer de perdre son allocation, éliminant les actuelles trappes à inactivité.

          Pour en savoir plus, un petit tour sur le net ou le concept est beaucoup mieux décrit que je ne saurais le faire smiley

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle

          http://www.revenudexistence.org/objections.htm

          http://www.allocationuniverselle.com/index.htm

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