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Le capitalisme à l’agonie de Paul Jorion - Notes de lecture et réflexions

Paul Jorion est maintenant connu de tous et maintes notes de lecture ont déjà été publiées sur cet ouvrage qui date de mars 2011. Tout va très vite dans l’évolution de la crise économique allant vers la dépression. La spectaculaire crise financière qui en est une résultante fait apparaître bien des affirmations les plus péremptoires d’hier comme des stupidités sans nom. On s’aperçoit que l’on vit dans un monde où les « décideurs » ont fait fausse route. Mais ne sont-ils pas allés vers une folle logique où les peuples n’ont en rien leur mot à dire, où la démocratie représentative apparait comme un leurre remis en question. N’est-on pas parvenu au fond de l’impasse mortifère du capitalisme ?

Un analyste hors pair

 Paul Jorion est l’un des rares « économistes » a avoir « prévu » la crise des subprimes de 2008. Mais il est vrai qu’il avait derrière lui une grande expérience dans de multiples domaines. Il avait travaillé dans le « ventre de la bête ». Sa clairvoyance n’est sans doute pas bien vue de tous puisque déjà en 2004, il n’avait pu trouver un éditeur pour un précédent ouvrage, « La crise du capitalisme américain ». Ses analyses faites de constats, colle au plus près de la réalité. Chaque démonstration est étayée par des faits. Jorion reprend un à un tous les arguments et déclarations des gouvernants et prétendus « spécialistes » pour en faire la critique. Il décrit par le détail les dérives du système financier.

Avec bonheur, il a ouvert un blog qui rencontre un succès constant. Ce blog, d’une haute tenue, est la convergence de beaucoup, de tous ceux qui cherchent à comprendre lesdits mécanismes qui font notre économie, de ceux aussi qui ont des idées et veulent participer à un dialogue critique, qui veulent même refaire le monde. On y remarque bien sûr, parmi d’autres plumes celle, régulière, brillante, de François Leclerc.

Paul Jorion ne se cache pas pour reconnaître, avec modestie, que c’est l’apport de tous les participants à ce blog qui lui permettent de mieux comprendre notre société.

Un système à bout de souffle

L’intérêt du livre vient donc de la dissection de la sphère financière qui domine aujourd’hui l’Economie. L’auteur nous montre que le système dans une pratique faite de spéculation et de paris, court à sa perte sans pouvoir trouver remède. Comme le nœud coulant qui serre encore plus l’animal qui se débat.

Comment par exemple relancer l’économie productive de biens, si sous les coups de mesures d’austérité, on enlève du pouvoir d’achat ? Comment combler le déficit des états si, par l’effet du chômage et de la baisse des revenus, le montant des impôts que devrait percevoir ledit Etat est appelé à diminuer ?

Il y a bien une dissociation entre la sphère financière, objet de spéculations toujours plus sophistiquées, et l’économie réelle. La première représentant aujourd’hui cinquante fois la seconde. A quoi bon investir dans l’industrie, la fabrication de biens ou les services, quand la spéculation permet de rapporter en quelques secondes des milliards de dollars ou d’euros ? La perversion est telle que ladite spéculation entend profiter au mieux de la banqueroute des états par le biais des CDS et CDO, produits financiers (garanties) dont on n’avait que peu d’idées voici encore une trentaine d’années. Pouvait-il en être autrement ? (1)

Une crise de la pensée libérale

Paul Jorion nous fait un historique qui montre que les spéculateurs ont été longtemps assimilés à des parieurs, quasiment à des délinquants. Ces pratiques ont été jadis prohibées et l’auteur veut nous dire qu’aujourd’hui elles devraient être mieux encadrées. Jean Baptiste Say lui-même condamnait tous les spéculateurs et agioteurs de son temps pour leur rôle négatif sur l’économie.

Lloyd, le premier assureur, était un tavernier certainement habitué aux jeux d’argent. Il eut le génie d’embarquer dans ses paris de riches armateurs.

Et en ces temps de crise, comme en 1929, le grand frisson, la panique en étreint certains qui finissent par se dire que Karl Marx n’avait pas complètement tort.

L’auteur se différencie du théoricien allemand sur un point : la baisse tendancielle du taux de profit. Celle-ci serait en effet loin d’être prouvée et la mort du système, contrairement à ce qu’affirmait Marx ne pourrait venir de là ( 2 ).

Paul Jorion explore donc une autre piste : celle de Keynes et du bancor, la monnaie dont il avait eu l’idée. On pourrait remettre de l’ordre dans les échanges financiers et faire repartir l’économie quitte à réveiller l’inflation.

Et ainsi il se félicite des déclarations d’Obama et, en France, de celle du ministre Henri Guaino, pour leurs discours appelant à une relance de la production de biens et un meilleur pouvoir d’achât.

Mais Jorion signale aussi, en passant la différence avec les années 1930. D’une part l’économie libérale n’était pas aussi mondialisée qu’aujourd’hui. Il existait un « bloc soviétique » et des contrées en voie d’exploitation par le colonialisme ou le capitalisme le plus sauvage. D’autre part dans les pays industrialisés d’alors, d’où provenait la crise, il existait encore la possibilité d’engager des grands travaux d’équipements, de faire du travailleur un consommateur, un conducteur automobile. Issue qui parait improbable aujourd’hui, même en équipant chacun d’un ordinateur L’équipement de la Chine en automobile devient un cauchemar environnemental que même les dirigeants les plus irresponsables redoutent. Et d’une façon générale qui sera en mesure d’acheter alors qu’on annonce à grands coups de trompettes que les revenus de la majorité de la population doivent baisser au nom du renflouement des déficits budgétaires ?

A cela les libéraux optimistes répondront qu’il reste à équiper aujourd’hui les pays émergents, comme le Brésil, l’Inde et la Chine déjà citée. Paul Jorion répond péremptoirement que les causes de la crise que vit aujourd’hui le capitalisme sont également en germe dans lesdits pays émergents, au prise notamment avec l’inflation.

Faisant la critique du modèle économique d’aujourd’hui il remarque, au passage, la baisse tendancielle du travail. Mais il n’insiste pas sur le fait, qu’à travers le système en décadence, c’est la pensée libérale elle-même qui sombre. Où sont les Tocqueville d’aujourd’hui, ceux qui auraient assez d’intelligence pour opérer une critique pertinente, dire la vérité conformément à l’objectivité, à la lucidité, et à cette rationalité qui faisait la force de la bourgeoise ? On doit bien constater, en supposant leur existence, que le Pouvoir politique aux mains des marchés, désormais sans ressort ni imagination ni volonté, ne veut pas les entendre. Préparer à la « mobilisation générale » ( ?) en commémorant le 11 septembre, semble plus dans ses cordes….

Vous avez dit « utopie » ?

Jorion appelle à l’utopie. Mais d’emblée, mine de rien, il met des barrières pour nous indiquer dans quel pré nous pouvons jouer et les endroits qui nous sont interdits. Ainsi en est-il du terme communisme où l’auteur nous renvoie à l’exemple soviétique. Le modèle communiste ce serait cela ? Bien des acteurs et penseurs ont fait la critique dudit régime soviétique pour conclure qu’il s’est agi d’un capitalisme d’état irrationnel quant à son issue. Lénine lui-même, en son temps, ne voyait un avenir au socialisme que par la victoire de la révolution allemande. Cette gauche allemande, ces anarchistes espagnols réalisant l’utopie, Paul Jorion fait mine de les ignorer dans sa quête.

Les références à Freud, que d’aucuns ont qualifiés d’ethno centriste et de conservateur réactionnaire avéré (2) laissent cependant dubitatifs.

Les références à la Révolution Française apparaissent pertinentes à plus d’un titre - des femmes et des hommes jeunes et audacieux - mais l’établissement du pouvoir politique de la bourgeoisie est marqué dès l’origine par l’injustice sociale (loi Le Chapelier et interdiction d’appel à la réforme agraire sous peine de mort). Et pour notre part c’est surtout sur ce point que nous voyons les limites de la « vertu » robespierriste.

Le régime démocratique où nous vivons est-il somme toute acceptable ?

Venant d’un sérail de gens convenables, il est sans doute difficile d’imaginer une rupture sociale où les masses populaires joueraient le premier rôle, où la justice sociale deviendrait l’objectif premier d’un monde à construire, redonnant aux produits leur seule valeur d’usage. Tant il est vrai que la conscience de classes des masses n’apparait pas évidente ….

Une maïeutique

L’auteur est semblable à ces vieux mécanos pleins d’expérience, capable de décortiquer n’importe quel moteur de son temps, capable de repérer sans coup férir la panne dans le système et ce au moindre bruit suspect. Mais peut-on demander à l’homme de l’art d’imaginer un nouveau moteur, un nouveau moyen de transport, une nouvelle vie où les transports, justement, n’auraient plus la même signification ? L’auteur a donné tout ce qu’il a pu, restant à l’écoute. Il a précisé, à maintes reprises, qu’il n’était pas là pour refaire le monde (3) mais pour faire avancer la conscience, que sa contribution critique se voulait plus modeste. Paul Jorion est-il au chevet du capitalisme pour tenter de le sauver, comme ont avancé certains ? Si c’était le cas on remarque qu’il est peu écouté par les gouvernants et les « décideurs ». Il nous aide surtout à mieux comprendre notre monde.

 

(1) « …Keynes, distinguant en conséquence la « finance » d’avec l’ « industrie », voulait qu’on encourageât cette dernière… Tout en soutenant qu’ « encas de courant régulier d’affaires, les spéculateurs peuvent rester aussi inoffensifs qu’un fétu de paille », il professait que « la situation devient grave quand l’entreprise n’est plus qu’un fétu de paille dans le tourbillon de la spéculation »(Théorie générale, p.171)

« Cette distinction entre, industrie et finance, entre capital productif et capital parasitaire, est aussi vieille que le capitalisme lui-même. Elle a servi de couverture à une lutte fallacieuse contre le « joug de l’intérêt » et les spéculateurs irresponsables. Aujourd’hui, cette lutte entre cliques capitalistes constitue pour l’essentiel un phénomène dépassé, car la fusion de l’industrie et de la finance est si complète qu’elle exclut toute distinction « morale » entre celle-ci et celle-là. Mais même auparavant, tous les capitalistes, et pas seulement les financiers, ne voyaient dans la production rien d’autre qu’ »un mal nécessaire » pour faire de l’argent ». Et, quand bien même seul le processus de production est générateur de profits, on a toujours voulu faire de l’argent sans son intermédiaire » (Capital,II, E.S. , i, p.54)

C’est en particulier aux moments où le capital demeure « oisif » et où le taux d’investissement stagne que les capitalistes redoublent d’efforts en vue de faire de l’argent aux dépens des autres détenteurs de monnaie et de titres, par le biais de manipulations financières et de coups de Bourse. »

« Marx et Keynes », Paul Mattick, 1972 (réédité chez Gallimard, 2010, p.35)

(2) Un certain Bordigus participant au blog de Jorion a une conception différente concernant la baisse tendancielle du taux de profit :

« Au cours de la crise, tout le capital fictif s’effondre. Elle indique que la production capitaliste n’est pas arrivée à dominer la loi de 1a baisse tendancielle du taux de profit, ou, ce qui revient au même, que la crise n’est qu’un moyen catastrophique pour surmonter cette contradiction. Elle est parvenue à dominer la loi sur 1a base de laquelle elle s’est développée (loi de la valeur) mais elle ne parvient pas à s’assujettir celle qui la régit. C’est pourquoi cette loi de la baisse tendancielle du taux de profit est « la plus importante de l’économie politique et elle est la plus essentielle lorsqu’il s’agit de comprendre les rapports les plus difficiles. Du point de vue historique, elle est aussi la loi 1a plus importante. C’est une loi qui, malgré sa simplicité, n’a jamais été comprise jusqu’à ce jour et encore moins exprimée de façon consciente. » (Fondement, t. 2, p. 275).
« 4.2.22. –Avec l’accroissement du capital et donc de la productivité du travail , toutes les entraves au procès de valorisation, que le capital n’a pas supprimées mais englobées, deviennent des moyens de valorisation : la rente foncière(agraire οu des terrains à bâtir), les limites nationales avec le protectionnisme, etc… Cela veut dire, en définitive, essor considérable de la spéculation. Autrement dit arrivé à un certain stade de la dévalorisation, le capital ne peut la fuir qu’au travers de la spéculation et en devenant capital fictif. »

Extrait de la revue Invariance, Thèses de travail 1969 »

(3) "Le Crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne" (2010, Grasset) par Michel Onfray.

(4) Dans l’Humanité du 15 avril 2011, il déclare « Mon rôle n’est pas de produire de nouvelles utopies, mais simplement de favoriser la prise de conscience de la nécessité d’un nouveau système. Rien n’est possible si nous ne commençons pas par nous libérer de l’aliénation du journal télévisé de 20h, qui nous assène, par exemple, l’idée que nous sommes des « demandeurs d’emplois ». Moi, je veux contribuer à libérer les gens de cette conception. »


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26 réactions à cet article    


  • chapoutier 14 septembre 2011 10:17

    "L’auteur se différencie du théoricien allemand sur un point : la baisse tendancielle du taux de profit. Celle-ci serait en effet loin d’être prouvée et la mort du système, contrairement à ce qu’affirmait Marx ne pourrait venir de là ( 2 )."

    mais contrairement à ce que vous écrivez Marx n’avait pas tort.
    le système capitaliste ne survit que par la destruction des moyen de production, par la destruction du legs des générations passées. ce système ne survit que par les guerres et la misère pour toujours plus d’hommes et de femmes.
    Marx avait évoqué la période historique dans laquelle nous nous trouvons, mais il avait refusé de l’étudier car d’après lui il était inenvisageable que l’humanité en arrive à un tel stade .il estimait que la survie de l’humanité serait compromise.
    que arriver là où nous en sommes risquait d’emporter la dislocation de l’ensemble de l’économie mondiale.
    nous en sommes pas très loin.


    • nemo3637 nemo3637 14 septembre 2011 13:40

      Je ne fais que citer Jorion. Je partage plutôt votre analyse. Voyez la note en renvoi.


    • chapoutier 14 septembre 2011 14:56

      oups


    • lesdiguières lesdiguières 15 septembre 2011 14:34

      Tout à fait d’accord avec Nemo "On s’aperçoit que l’on vit dans un monde où les « décideurs » ont fait fausse route. Mais ne sont-ils pas allés vers une folle logique où les peuples n’ont en rien leur mot à dire, où la démocratie représentative apparait comme un leurre remis en question. N’est-on pas parvenu au fond de l’impasse mortifère du capitalisme ?"

      http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre37241.html

      Un complément avec un brin d’humour


    • Kalki Kalki 14 septembre 2011 11:17

      2) IL Y A TOUT L’ENERGIE, ET LES RESSOURCES (TOUT CE QU’IL FAUT ), ET LA PRODUCTION, LA NOURRITURE, LES SERVICES, LA CREATIVITE : ET LES GENS CREVENT !!!

      Vous voulez de la croissance : remplacez tous les emplois par des machines, comme le font les chinois

      A UN MOMENT IL FAUT PARTAGER POUR CONSOMMER

      VOUS AVEZ QUELQUE CHOSE A AJOUTER ?

      Attendez il faut qu’on demande aux imbéciles incompétents pour être sur des faits et des solutions qu’on connait depuis des décennies autant sur le plan technique, énergétique ou social, il faut leur demander si c’est à la hauteur de leur ubuesque personne : si ca ne requiert pas trop d’intelligence, de courrage, de compréhension

      PARTAGER

      PRENDRE OU IL Y A

      FAIRE PRODUIRE AU NIVEAU INDIVIDUEL ET NON PLUS CREER DES PYRAMIDES CAPITALISTES, OU DES PYRAMIDES SOCIALES, OU DES POLITIQUES QUI NE PENSE QU’A ETRE ELUS ET LEURS CHIENS QUI NE PENSENT QU’A SE LAVER LEURS MAINS PLEINE DE SANG -


      • Kalki Kalki 14 septembre 2011 12:00

        Le capitalisme se porte bien

        Qu’il n’y ait plus qu’1% ou 1 personne sur cette planète : le capitalisme se portera toujours bien !

        Les trois-quarts des Français estiment vivre moins bien que dans le passé
        Mis à jour le 12.09.11 à 21h19

        Soixante-quinze pourcent des Français pensent vivre moins bien qu’avant et 66% d’entre eux craignent de se retrouver au chômage dans les mois à venir, selon un sondage commandé à TNS Sofres par l’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF).

        Ce jugement constitue un record historique dans l’évolution de la situation personnelle des Français à travers les enquêtes de TNS Sofres réalisées depuis 1981. Ce sentiment est fortement perçu chez les 25-49 ans (81%), et chez les employés et ouvriers (84%).


      • nemo3637 nemo3637 14 septembre 2011 13:48

        C’est s’avancer de dire qu(il se porte bien.... Mais une crise ne signifie évidemment pas sa mort. Maints « penseurs », qui, eux, ont pignon sur rue, s’ingénient à trouver des slutions pour justement le sauver. Qu’importe la banqueroute finalement. Que le niveau de vie s’effondre, que les échanges soient réduits à presque zéro, que le servage soit rétabli ne remet pas en cause fondamentalement le principe de l’exploitation de l’homme par l’homme. Ce ne sont pas seulement des conditions objectives favorables qui annoncent la fin d’un système et la naissance d’une utopie. C’est la conscience de classes et la combattivité de ceux qui s’estiment exploités (prolétaires).


      • nemo3637 nemo3637 14 septembre 2011 13:50

        J’ai la même impressionparfois en lisant les commentaires parfois lapidaires du professeur.


      • kiouty 14 septembre 2011 16:13

        A la décharge de Jorion, on a a tous nos points sensibles, et des choses dont il vaut mieux ne pas discuter avec nous.
        Il ne veut pas de discussion ni faire aucune concession avec les fachos, ben c’est son choix, c’est tout. Il refuse la lecture souverainiste et patriotiste des thèses économiques qu’il défend. C’est son choix ! Il a le droit, quoi.

        Ca ne décridibilise en rien tout son travail de pédagogie, ses livres et ses contributions éclairantes.

        J’ai relu son livre « l’argent mode d’emploi » au moins 5 fois, car sous la simplicité apparente des exposés se cachent parfois de grandes subtilités, comme cette explication sur la création de pseudo-richesse par titrisation de dettes privées à la banque centrale, ou bien encore l’anecdote sur le faux billet de 100 qui éteint toute la chaine de dettes de 100 d’un village.

        Il y a aussi des exposés lumineux, notamment celui qui taille en pièces le fameux scandale de la création « ex-nihilo » de monnaie scripturale par les banques commerciales qu’on nous ressert tous les 15 jours sur agoravox. Pareil sur l’explication de ce qu’est l’intérêt et comment celui-ci entraîne mécaniquement une concentration de richesses qui s’auto-renforce.

        Non, vraiment, il est passionnant à lire.


      • Mordius 14 septembre 2011 21:00

        Salut Kerjean, moi aussi, je lui ai posé plusieurs questions lui montrant ses contradictions et lui reprochant ses réactions plus particulièrement sur vous (voir mes réactions sous le pseudo de candide). Pour la première fois, j’intervenais sur son blog parce qu’ il avait découvert le rapport annonçant que 147 compagnies se partageaient le monde. Je suis intervenu parce que je pensais qu’il allait enfin comprendre qu’il pouvaient toujours attendre que ces chers politiques fassent quelque chose. Il a qualifié ce rapport de bombe, puis aucune suite !, il est reparti comme avant ! sans aucune réflexion. Alors qu’il aurait pu se demander comment se faisait-il que autant de pouvoir soit concentré dans si peu de main (je lui est d’ailleurs fait la réflexion que si les personnes, ayant fait ce rapport, avaient passé les paradis fiscaux ce nombre aurait sans doute était divisé par 10.


      • Raymond SAMUEL paconform 14 septembre 2011 12:08

        A mon avis, il faut mettre en exergue le passage du livre qui pointe le développement progressif et rapide de l’impossibilité d’absorber les produits industriels fabriqués dans le monde. Ce phénomène est associé à la réduction des capacités d’achat des pays premiers industrialisés, et aussi à la course rapide des pays émergeants (puis du tiers monde) qui vont effectuer un parcours similaire (mais beaucoup plus vite bouclé) à celui les pays occidentaux premiers industrialisés, lesquels sont maintenant au bout du voyage.

        On en a un exemple spectaculaire en Chine où des centaines de millions de ruraux devenus citadins sont promis au chômage NON INDEMNISE ! Quelle bombe à retardement !

        J’ai énoncé cette évidence (chômage mondial en perspective) ici même, mais c’est une notion difficile à faire partager.


        • rastapopulo rastapopulo 14 septembre 2011 12:21

          J’espère que c’est dans le sens de l’incongrue qu’est cité « l’impossibilité d’absorber les produits industrielles » alors que le sous-développement est le cas de la majorité.


        • rastapopulo rastapopulo 14 septembre 2011 12:19

          Bizarre, parler de 29 (fin abrupte des produits financiers avec 10% d’apport) sans citer les augmentations et contractions de masse monétaire actuelle (to big to fail avec 5% de capitalisation). Tout ça parce que ce problème était résolu pendant les 30 glorieuses avec scissions des activités bancaires et qu’il faut surtout pas en parler. 

          Tout comme citer Keynes, impérialiste (contre le multilatéralisme de Roosevelt) eugéniste (président de la société eugéniste pendant 10 ans) et malthusien (« plus grand philosophe » dixit), pour une quelconque solution à la finance anglosaxonne... cocasse !  

          tristounet.


          • nemo3637 nemo3637 14 septembre 2011 13:56

            Sans compter l’admiration de Keynes pour le système économique de l’Allemagne nazie (correspondance avec les membres du gouvernement hitlérien) et ce, surtout par anti communisme.
            Mais on ne peut s’arrêter à cela pour démonter les argumentations des néo keynésiens. Voir le bouquin de Paul Mattick, « Marx et Keynes », réédité l’année dernière chez Gallimard.


          • Raymond SAMUEL paconform 14 septembre 2011 14:02

            RASTAPOPULO,

            Un seul exemple : prime à la casse (gaspillage éhonté) pour permettre la vente des voitures, en France.


            • herve33 14 septembre 2011 15:46

              Dans le livre de Jorion que j’ai commencé à lire , il explique comment un pays s’endette. En fait , ceux qui ne peuvent pas dépenser tous leur revenu investissent dans la dette de l’Etat . Ensuite , l’Etat verse des intérêts qui vont évidemment apporter encore davantage d’argent aux plus riches . Ainsi la dette de l’Etat français est détenu à 1/3 par des sociétés d’assurance , banques françaises , investisseurs particuliers , les autres 2/3 sont détenus par des fonds étrangers.

              Comme les intérêts de la dette se montent à ce que rapporte l’impôt sur le revenu , nos impôts partent pour les 2/3 à l’étranger , au lieu de financer des services sociaux , biens publiques .

              Donc la dette est un mécanisme pervers qui appauvrit petit à petit tous les pays .


              • goc goc 14 septembre 2011 19:06

                vous avez raison, Jorion est comme un mécano qui essaye de faire marcher un moteur a bout de souffle
                il a beau être compétent, il doit un jour reconnaitre que ce moteur est irréparable et décider d’en changer, au lieu de s’entêter à le réparer

                la seule solution pour sortir de la crise est d’annuler les dettes, même pour la France
                le cout de la dette (intérêts plus capital a rembourser) ampute notre budget de près de la moitié, donc cela veut bien dire que la rigueur est inutiles et que la relance économique est possible
                mais sous deux conditions
                1 - annulation du paiement des intérêts et moratoire de 5 ans sur le remboursement du capital
                2 - augmentation des salaires et blocage de l’immobilier (avec interdiction des plus-valus dues à la prise en compte du cout du crédit)


                • Dzan 14 septembre 2011 19:25

                  Mais qu’attend Calvi pour l’inviter, à la place de l’inévitable Cohen ?


                  • nemo3637 nemo3637 14 septembre 2011 22:43

                    Je remarque que plusieurs personnes se plaignent d’une certaine censure sur la blog de Jorion. Pour ma part je lui reprocherais une certaine incohérence dans les propos lapidaires qu’il lui arrive de décocher. Ainsi fus-je traité un jour d’« anarcho-capîtaliste ». Je n’ai pas répondu à ce qui relevait d’une polémique tout à fait accessoire, me réservant par mes écrits, de prouver que je n’étais en aucun cas dans le camp des « anarcho-capitalistes » et des « libertariens » que Jorion évoque.
                    A mon avis il a une dent contre les souverainistes - que je combat aussi (voir mon article sur le populisme) - et il y a sûrement un « tir de barrage » organisé contre eux sur son blog.
                    Personne n’est parfait. Et les commentaires faits ici sont pertinents, quelque soit nos positions.
                    Quelqu’un qui aime le Québec et les bonnes chanteuses de jazz ne peut être foncièrement mauvais.


                    • zakari 14 septembre 2011 23:25

                      Je soulève un détail que Jorion a sur le bout de la langue lorsqu’il polémique sur la finance a s’endormir et a donner des solutions , le petit mot est « l’ anthropologie »


                      • ykpaiha ykpaiha 14 septembre 2011 23:40

                        Bien que votre « Jorion assene quelques vérité elle me semble quelque peu ethnocentré :
                        Par exemple lorsque l’on enonce ;
                         »la baisse tendancielle du travail« 
                        Ou c’a ? ici la-bas au loin ou le tout regroupé ? Pour quelle activité celle humaine ou celle des industries ?
                        Si on additionne les emplois crées ici et dans les pays emergents le doute n’est pas permis oui le travail a considérablement augmenté, mais quel travail ?
                        Les choix ou leurres qui ont été validé en inventant le concept de »mondialisation« partait du principe que une main d’oeuvre n’etant qu’une variable elle se devait de se plier au marché.
                        Peu importe que 1 emploi ici = 5 au loin puisque 5= - que 1
                        On a imposé ensuite cette duperie aux politiques qui se sont empressé d’amplifier la connerie des nantis.
                        Peu importe que ces 5 n’étaient pas les bras croisés a attendre les mouches qui volent mais avaient eux meme une activité.
                        On a alors inventé pour eux le concept de »société idéale« , par laquelle sans la penibilité ils obtiendrait un statut identique a ce modele virtuel.
                        Poussant cette virtualité il a fallut de ce fait »décentraliser« mais en se gardant bien de ne conserver que le meilleur cad le client.
                        Au bout du compte on a en fait 2 cocus le producteur (labas) et le client (ici), le producteur qui n’est et on se garde bien de lui en donner plus que cela.
                        Et le client a qui on dit que c’est inéluctable donc il se doit d’accepter cette notion abstraite puisque en effet il n’y a plus ici les entreprises pour le soutenir.
                        Et comme il n’a plus de client ben plus de producteur.
                        Les 2 cocus se retrouvent donc sans pouvoir se retourner sur leur »avant« n’ayant plus la conscience ni le ressort.
                        Dans ce cadre la il faudrait etre plus explicite sur le »populisme-nationalisme" que l’on dit combattre, hormis réapprendre a exister, et donc creer des richesses par lui-meme et de pouvoir en jouir, je ne vois pas ou on pourrait aller.


                        • nemo3637 nemo3637 15 septembre 2011 06:37

                          Justement non. Pour le coup sa vision n’est pas ethno centrée. Il considère qu’il y a une TENDANCE à la baisse du travail dans le monde entier. Même si par ailleurs 20 millions de prisonniers travaillent en Chine « gratuitement ».
                          Ce que vous évoquez c’est essentiellement le PRIX du travail. D’où délocalisations....
                          Les souverainistes, par leur volonté d’une monnaie nationale dévaluée, voudraient faire croire qu’ainsi l’économie redémarrerait. Il s’ensuivrait certes une inflation mais qui serait payée par les moins nantis dans la population. On peut bien sûr s’assoir sur cette absence de justice sociale en espérant que le système continue à tourner. Pas évident. Allez en parler aux commerçants de Tottenham....


                          • Jean Eymard-Descons 15 septembre 2011 08:07

                            Merci pour cette diffusion de la pensée de Paul Jorion.

                            Il fait partie de ces rares intellectuels qui ont souvent raison et (donc ?) rarement écoutés...


                            • nemo3637 nemo3637 15 septembre 2011 13:42

                              Oui, c’est aussi ce que je pense même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit. Ainsi comme beaucoup de spécialistes, il pèche un peu dans certains domaines comme l’histoire, notamment l’histoire sociale.
                              Remarquez qu’il est finalement peu invité sur les plateaux de grande écoute, comme « C dans l’air » qui préfèrent la venue de l’amusant Cohen.
                              Trop dérangeant....


                            • zakari 15 septembre 2011 08:24

                              Tout le système repose sur le pétrole et sont prix qui a tué l’autonomie de proximité de la masse salariale avec sont cheval vapeur
                              Et les échanges grâce a l’ internet avec sont bidouillage informatique qui à tué l’étalon or
                              L’anthropologie et la cognition peuvent nous amener vers un nouveau champ de croyances ou mythes de l’homme avec ses chars célestes


                              • zakari 15 septembre 2011 08:33

                                Le char céleste n’est qu’une métaphore de la cognition , un peut comme l’outil quantique qui nous permet d’aller d’une idée a l’autre qui est bien plus rapide que l’informatique , L’anthropologie devrait nous amener a développer le côté intuitif orienté sur notre synthèse de notre lecture cognitive

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