• mercredi 23 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Le capitalisme au bord de l’implosion systémique
20%
D'accord avec l'article ?
 
80%
(42 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Le capitalisme au bord de l’implosion systémique

Le système financier en passe de plonger dans le plus grand cataclysme jamais connu depuis la création du système capitaliste. L'effondrement des Etats pourrait causer une grave crise systèmique. Les origines et mécanismes de la plus grande crise à venir expliqués simplement.

Le defaut de paiement des Etats

La crise de la Grèce et de l'euro en général est lié a un simple fait : les Etats empruntent plus d'argent qu'ils n'en génèrent. Jusqu'à aujourd'hui, personne n'avait imaginé qu'un pays puisse avoir un défaut de paiement.

Les Etats-Unis ne sont pas en reste. Leur endettement est de loin le plus gros endettement mondial, de 14 294 milliards de dollars (environ 50000 dollars par citoyen américain). Ils débatent aujourd'hui sur le fait de "s'autoriser" à augmenter encore leur dette. Dans le cas où ils ne s'autorise pas à augmenter leur dette, ils risque le défaut de paiement, purement et simplement. Dans le cas contraire, ils continueront donc d'emprunter et d'augmenter leur dette, répétant encore le schéma qui les conduira à rendre encore plus difficile leur remboursement ce qui les conduirait fatalement au défaut de paiement...

Il s'agit toujours ici d'hypothèses. Les plus sceptiques à cette idée répondront que s'ils arrivent à relancer leur croissance, ils réduiront leur dette. Encore une fois d'après les faits, même quand l'économie américaine avaient une forte croissance, l'Etat empruntait et contribuait à augmenter sa dette.

Comme indique très justement Christine Rifflart, économiste spécialiste des États-Unis à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans un article du journal Le Monde paru le 13 juillet 2011 : "Les bons du Trésor américain représentant ce qu'il y a de plus sûr sur les marchés, un défaut de paiement toucherait aux fondements de l'économie mondiale".

La crise systèmique : depuis des années les Etats empruntent sans limite, pour "relancer l'investissement" ou pour "consolider la croissance", ils augmentent ainsi leur dette, quelque soit la valeur de croissance de leur pays. A la manière d'un enfant qui demande des sucreries, il en redemande tant qu'on lui en donne, jusqu'à en être malade. Les Etats, eux, empruntent tant qu'on leur autorise, jusqu'au défaut de paiement. Après la crise des crédits qui avait secoué l'économie mondiale en 2008, voilà la crise financière des Etats.
 
Agences de notations, cause ou conséquence des défauts de paiement

Aujourd'hui, on critique les agences de notations parce qu'elles génèrent la frilosité des marchés et font augmenter les taux d'intérêts d'emprunts pour les Etats déjà en difficultés et augmentent donc encore exponentiellement ce risque de défaut de paiement en créant une spéculation à la baisse.

En réalité, les agences font un travail de régulation qui aurait dû être fait depuis des années. En augmentant les taux d'interêts d'emprunts pour les Etats en difficultés, elle les incitent à moins emprunter, ceci permettant à terme de limiter les risques de défaut de paiement et de ne pas permettre aux Etats d'emprunter pour rembourser leurs dettes. A la manière d'un bon conseiller bancaire les agences de notation sont les garantes d'une économie saine. De manière indirecte elles limitent les risques de surendettement des Etats.

Le problème des agences est qu'elle ne peuvent pas êtres indépendantes. Elles sont indépendantes des Etats car ce sont des sociétés parmi tant d'autres mais elle sont de ce fait également sujettes aux variations de l'économie mondiale.

Voilà le triste constat. La plupart de ces agences sont américaines et n'ont aucun interêt à affecter l'économie américaine. Elles n'ont toujours pas abaissé la note américaine alors que les Etats-Unis risquent un réel défaut de paiement si le congrès n'augmente pas le plafond de la dette avant le 2 aoüt prochain.

L'Espagne a vu sa note baisser alors que son endettement, ramené à son PIB pour la comparaison, est plus faible que celui des Etats-Unis.

Au delà de ça, leur avis n'est réellement pris en compte par les marchés que depuis quelques années seulement (devrais-je dire quelques mois...) alors que cette régulation aurait dû commencer il y a longtemps.
 
La Chine, l'Inde, le Brésil, les nouvelles économies font-elles mieux que les Etats-Unis et le vieux continent ?

Les nouvelles économies en pleine croissance, on pense en particulier à la Chine, ne sont pas non plus à l'abri d'un risque systémique. L'économie de la Chine s'est en grande partie construite avec des capitaux américains et européens. L'Etat chinois dispose de bons du trésor américain. Une crise monétaire telle qu'on la connait pour l'euro, et qu'on pourrait connaître prochainement pour le dollar, secouerait l'économie de la Chine et des autres nouveaux pays développés comme le Brésil ou l'Inde.

En dehors des risques extérieurs, Chine rencontre des difficultés à réguler son inflation. Elle avait mis sur le marché 4000 milliards (430 milliards d'euros) de yuan pour contrer les effets de la crise de 2008. Les banques ont, de fait, généreusement distribué des crédits, générant aujourd'hui une inflation de 6,4% (source ; Le Figaro, 9 Juillet 2011). La banque centrale ne cesse d'augmenter ses taux pour endiguer cette inflation.

La Chine fait également face à, ce qui à l'air de devenir, une bulle immobilière, créant un encore peu plus de tension sur les crédits.
 
Le FMI, la goutte d'eau

Le fond monétaire international (FMI) tente tant bien que mal aujourd'hui de limiter les effets d'annonces des agences de notation sur les marchés en octroyant des crédits a taux préférentiels pour les Etats en difficulté, après examen minutieux de leurs finances, afin d'atténuer l'impact de ces annonces sur les taux d'emprunts et permettre à ces Etats de relancer leur économie, plutôt que de les laisser imploser par défaut de paiement.

Le problème ici est que le FMI dispose de fonds limités qui sont fournis par les Etats endettés (Etats-Unis et Union Européenne en tête). Il n'est réellement utile que pour des pays a faible PIB, mais si un pays comme la Grèce ou le Portugal se retrouve en situation de défaut de paiement, il ne pourra rien y faire. Le FMI est une avancée dans un processus de régulation mondiale des marchés, mais compte-tenu de son jeune âge et de son budget limité, il est une goutte d'eau essayant de remplir un seau d'eau
 
Le futur, de la crise de 2008 à effondrement du système capitaliste

La crise des subprimes a été la crise des crédits personnels. Des milliers de personnes ne pouvant honorer leurs remboursements et qui font effondrer tous les produits de spéculation créés par les banques basé sur ces crédits, affectant de facto les marchés mondiaux et plus particulièrement les banques qui ont trop investi dans ces actifs pourris, soi-disant "valeures sûres" avant la crise.

Imaginons maintenant la même crise, mais où ce sont les Etats qui sont en faillite et font défaut de paiement. Les actifs basés sur l'économie de ces Etats comme les obligations, bons du trésor, monnaie, deviennent alors des actifs pourris qui ne valent plus rien. Imaginons, que ces Etats qui font faillites sont la Grèce, entrainant dans sa chute le Portugal, et l'Espagne, l'Italie. Aucune banque européenne ne pourra être épargnée. Ce serait alors l'effondrement de l'Euro. Cet effondrement affolerais les marchés qui iraient se réfugier dans les actifs Chinois et Américains, le dollar notamment, créant alors un risque hyperinflationniste aux Etats-Unis. La réserve fédérale des Etats-Unis auraient alors le choix entre limiter l'inflation en augmentant les taux d'intérêts, et par conséquent ralentir l'économie, créant chômage et , ou laisser l'inflation réduire considérablement le niveau de vie des américains, lesquels se retrouverais incapables de rembourser leurs emprunts, créant ainsi une seconde crise des subprimes. Par manque de régulation, ou excès de confiance, le système est au bord de l'effondrement.
 
Dans les faits, aucun Etat, aucune banque centrale, ne laisserait un tel scénario se produire. Si une telle situation peut potentiellement se présenter, nulle doute que de brillants économistes trouveraient là un moyen d'inventer un nouveau produit permettant aux Etats de ne pas faire défaut, et qui nous amènera sans doute à une nouvelle crise quelques années plus tard.

par adrien mardi 19 juillet 2011 - 78 réactions
yahoo
20%
D'accord avec l'article ?
 
80%
(42 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.123) 19 juillet 2011 11:39
    Alpo47

    Si le système tient encore, c’est d’abord parce que les Etats, en premier lieu les USA, changent les règles du jeu, à chaque fois que cela les arrange.
    Modifications des règles comptables visant les banques aux USA , d’intervention de la BCE en europe ...ont permis de gagner du temps.
    Mais le système de cavalerie, interdit aux particuliers, qui régit l’endettement des Etats a une fin et tout le monde sait laquelle.

  • Par picpic (xxx.xxx.xxx.203) 19 juillet 2011 12:59

    @ Anty

    1) Nous sommes dans la phase décadente de Rome à son époque.
    L’empire Américain à établit sont emprise partout, c’est l’empire américain et son système qui vont s’effondrer...et pas le capitalisme.

    2) Vous n’en savez rien...vous étiez là à la naissance de l’humanité ?
    Et puis, il y a forcément d’autre solutions, et pourquoi pas un système de "sel" "systéme d’échange local" à grand échelle ? (c’est juste une idée, il doit y en avoir des millions d’autres...sauf que nos esprits sont conditionnés entre autres par les gros capitalistes à penser qu’il n’y à pas d’autre alternative...

    3) un niveau de vie sans égal par le passé ? Qu’entendez vous par niveau de vie ?
    L’homme n’a jamais autant travaillé et n’a jamais été aussi angoissé et malade contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire.
    De plus, c’est un étrange raccourci que de prétendre que le capitalisme nous à permis notre niveau de vie...Moi je dirais plutôt qu’il le freine !
    Certains volant le niveau de vie auxquels d’autres on droit...
    Votre niveau de vie serait il inférieur, si les richesses de ce monde étaient équitablement partagées ?
    Si nous étions dans un autre système ? Qui vous dis que notre niveau de vie n’en serait pas supérieur ?

  • Par Lucius Quinctius Cincinnatus (xxx.xxx.xxx.31) 19 juillet 2011 12:08

    A l’auteur,

    Bien qu’il y ai quelques éléments qui sonnent justes dans votre raisonnement, certains point mériteraient plus ample réflexion :

    - Est-il normal que les états soient notés tels des entreprises alors qu’ils sont le cadre au sein duquel l’entreprise opère ? En partie les dettes ont servi à créer les infrastructures, à former la main d’oeuvre, à financer la recherche, à assurer l’approvisionnement de l’énergie, et, excusez du peu, à permettre un minimum d’allocation universelle des ressources de sorte de maintenir la paix sociale. Si on coupe ce robinet, que va t-il advenir de ces conditions nécessaires au fonctionnement de l’économie ?

    - Vous insistez sur l’aspect régulateur des agences de notation. La loi de l’offre et de la demande fonctionne dès lors que l’on échange des choses qui existent réellement et que les opérateurs sont les producteurs/utilisateurs des bien échangés. L’intrusion des spéculateurs, qui ne font que parier sur les fluctuations de prix, et détournent ainsi la monnaie de l’économie réelle, n’est-elle pas à l’origine du mal plus que les politiques des états ? (qui eux investissent systématiquement dans des choses tangibles)

    Par conséquence j’y vois 2 remèdes indispensables à l’assainissement de la situation :

    1/ Interdire la spéculation. On achète du pétrole ? Alors il faut être utilisateur de ce pétrole ou mandaté par l’utilisateur. On n’échange que ce qui est consommé.

    2/ Le fonctionnement des états ne peut être assuré via le volontariat du secteur privé. Pas d’état, pas d’économie. Faire fonctionner l’état est préalable. Ainsi les marchands ne devraient pouvoir accéder au marché que s’ils ont payé la quote-part nécessaire au fonctionnement de ce marché.

  • Par Talion (xxx.xxx.xxx.184) 19 juillet 2011 12:15
    Talion

    T’inquiètes !... La prochaine guerre mondiale s’en chargera...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox