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Accueil du site > Actualités > Economie > Le capitalisme au bord de l’implosion systémique

Le capitalisme au bord de l’implosion systémique

Le système financier en passe de plonger dans le plus grand cataclysme jamais connu depuis la création du système capitaliste. L'effondrement des Etats pourrait causer une grave crise systèmique. Les origines et mécanismes de la plus grande crise à venir expliqués simplement.

Le defaut de paiement des Etats

La crise de la Grèce et de l'euro en général est lié a un simple fait : les Etats empruntent plus d'argent qu'ils n'en génèrent. Jusqu'à aujourd'hui, personne n'avait imaginé qu'un pays puisse avoir un défaut de paiement.

Les Etats-Unis ne sont pas en reste. Leur endettement est de loin le plus gros endettement mondial, de 14 294 milliards de dollars (environ 50000 dollars par citoyen américain). Ils débatent aujourd'hui sur le fait de "s'autoriser" à augmenter encore leur dette. Dans le cas où ils ne s'autorise pas à augmenter leur dette, ils risque le défaut de paiement, purement et simplement. Dans le cas contraire, ils continueront donc d'emprunter et d'augmenter leur dette, répétant encore le schéma qui les conduira à rendre encore plus difficile leur remboursement ce qui les conduirait fatalement au défaut de paiement...

Il s'agit toujours ici d'hypothèses. Les plus sceptiques à cette idée répondront que s'ils arrivent à relancer leur croissance, ils réduiront leur dette. Encore une fois d'après les faits, même quand l'économie américaine avaient une forte croissance, l'Etat empruntait et contribuait à augmenter sa dette.

Comme indique très justement Christine Rifflart, économiste spécialiste des États-Unis à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans un article du journal Le Monde paru le 13 juillet 2011 : "Les bons du Trésor américain représentant ce qu'il y a de plus sûr sur les marchés, un défaut de paiement toucherait aux fondements de l'économie mondiale".

La crise systèmique : depuis des années les Etats empruntent sans limite, pour "relancer l'investissement" ou pour "consolider la croissance", ils augmentent ainsi leur dette, quelque soit la valeur de croissance de leur pays. A la manière d'un enfant qui demande des sucreries, il en redemande tant qu'on lui en donne, jusqu'à en être malade. Les Etats, eux, empruntent tant qu'on leur autorise, jusqu'au défaut de paiement. Après la crise des crédits qui avait secoué l'économie mondiale en 2008, voilà la crise financière des Etats.
 
Agences de notations, cause ou conséquence des défauts de paiement

Aujourd'hui, on critique les agences de notations parce qu'elles génèrent la frilosité des marchés et font augmenter les taux d'intérêts d'emprunts pour les Etats déjà en difficultés et augmentent donc encore exponentiellement ce risque de défaut de paiement en créant une spéculation à la baisse.

En réalité, les agences font un travail de régulation qui aurait dû être fait depuis des années. En augmentant les taux d'interêts d'emprunts pour les Etats en difficultés, elle les incitent à moins emprunter, ceci permettant à terme de limiter les risques de défaut de paiement et de ne pas permettre aux Etats d'emprunter pour rembourser leurs dettes. A la manière d'un bon conseiller bancaire les agences de notation sont les garantes d'une économie saine. De manière indirecte elles limitent les risques de surendettement des Etats.

Le problème des agences est qu'elle ne peuvent pas êtres indépendantes. Elles sont indépendantes des Etats car ce sont des sociétés parmi tant d'autres mais elle sont de ce fait également sujettes aux variations de l'économie mondiale.

Voilà le triste constat. La plupart de ces agences sont américaines et n'ont aucun interêt à affecter l'économie américaine. Elles n'ont toujours pas abaissé la note américaine alors que les Etats-Unis risquent un réel défaut de paiement si le congrès n'augmente pas le plafond de la dette avant le 2 aoüt prochain.

L'Espagne a vu sa note baisser alors que son endettement, ramené à son PIB pour la comparaison, est plus faible que celui des Etats-Unis.

Au delà de ça, leur avis n'est réellement pris en compte par les marchés que depuis quelques années seulement (devrais-je dire quelques mois...) alors que cette régulation aurait dû commencer il y a longtemps.
 
La Chine, l'Inde, le Brésil, les nouvelles économies font-elles mieux que les Etats-Unis et le vieux continent ?

Les nouvelles économies en pleine croissance, on pense en particulier à la Chine, ne sont pas non plus à l'abri d'un risque systémique. L'économie de la Chine s'est en grande partie construite avec des capitaux américains et européens. L'Etat chinois dispose de bons du trésor américain. Une crise monétaire telle qu'on la connait pour l'euro, et qu'on pourrait connaître prochainement pour le dollar, secouerait l'économie de la Chine et des autres nouveaux pays développés comme le Brésil ou l'Inde.

En dehors des risques extérieurs, Chine rencontre des difficultés à réguler son inflation. Elle avait mis sur le marché 4000 milliards (430 milliards d'euros) de yuan pour contrer les effets de la crise de 2008. Les banques ont, de fait, généreusement distribué des crédits, générant aujourd'hui une inflation de 6,4% (source ; Le Figaro, 9 Juillet 2011). La banque centrale ne cesse d'augmenter ses taux pour endiguer cette inflation.

La Chine fait également face à, ce qui à l'air de devenir, une bulle immobilière, créant un encore peu plus de tension sur les crédits.
 
Le FMI, la goutte d'eau

Le fond monétaire international (FMI) tente tant bien que mal aujourd'hui de limiter les effets d'annonces des agences de notation sur les marchés en octroyant des crédits a taux préférentiels pour les Etats en difficulté, après examen minutieux de leurs finances, afin d'atténuer l'impact de ces annonces sur les taux d'emprunts et permettre à ces Etats de relancer leur économie, plutôt que de les laisser imploser par défaut de paiement.

Le problème ici est que le FMI dispose de fonds limités qui sont fournis par les Etats endettés (Etats-Unis et Union Européenne en tête). Il n'est réellement utile que pour des pays a faible PIB, mais si un pays comme la Grèce ou le Portugal se retrouve en situation de défaut de paiement, il ne pourra rien y faire. Le FMI est une avancée dans un processus de régulation mondiale des marchés, mais compte-tenu de son jeune âge et de son budget limité, il est une goutte d'eau essayant de remplir un seau d'eau
 
Le futur, de la crise de 2008 à effondrement du système capitaliste

La crise des subprimes a été la crise des crédits personnels. Des milliers de personnes ne pouvant honorer leurs remboursements et qui font effondrer tous les produits de spéculation créés par les banques basé sur ces crédits, affectant de facto les marchés mondiaux et plus particulièrement les banques qui ont trop investi dans ces actifs pourris, soi-disant "valeures sûres" avant la crise.

Imaginons maintenant la même crise, mais où ce sont les Etats qui sont en faillite et font défaut de paiement. Les actifs basés sur l'économie de ces Etats comme les obligations, bons du trésor, monnaie, deviennent alors des actifs pourris qui ne valent plus rien. Imaginons, que ces Etats qui font faillites sont la Grèce, entrainant dans sa chute le Portugal, et l'Espagne, l'Italie. Aucune banque européenne ne pourra être épargnée. Ce serait alors l'effondrement de l'Euro. Cet effondrement affolerais les marchés qui iraient se réfugier dans les actifs Chinois et Américains, le dollar notamment, créant alors un risque hyperinflationniste aux Etats-Unis. La réserve fédérale des Etats-Unis auraient alors le choix entre limiter l'inflation en augmentant les taux d'intérêts, et par conséquent ralentir l'économie, créant chômage et , ou laisser l'inflation réduire considérablement le niveau de vie des américains, lesquels se retrouverais incapables de rembourser leurs emprunts, créant ainsi une seconde crise des subprimes. Par manque de régulation, ou excès de confiance, le système est au bord de l'effondrement.
 
Dans les faits, aucun Etat, aucune banque centrale, ne laisserait un tel scénario se produire. Si une telle situation peut potentiellement se présenter, nulle doute que de brillants économistes trouveraient là un moyen d'inventer un nouveau produit permettant aux Etats de ne pas faire défaut, et qui nous amènera sans doute à une nouvelle crise quelques années plus tard.


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78 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 19 juillet 2011 11:39

    Si le système tient encore, c’est d’abord parce que les Etats, en premier lieu les USA, changent les règles du jeu, à chaque fois que cela les arrange.
    Modifications des règles comptables visant les banques aux USA , d’intervention de la BCE en europe ...ont permis de gagner du temps.
    Mais le système de cavalerie, interdit aux particuliers, qui régit l’endettement des Etats a une fin et tout le monde sait laquelle.


    • slipenL’air 19 juillet 2011 11:49

      Bon article

      Dans les faits, aucun Etat, aucune banque centrale, ne laisserait un tel scénario se produire.

      j’aurai aimé que l’auteur nous propose un scénario possible dans ce cas.


      • latortue latortue 24 juillet 2011 10:45

        détrompe toi certaines banques se préparent déja a la chute pour preuve

        La Société Générale a émis un rapport confidentiel de 68 pages appelant ses riches clients à se préparer à un possible effondrement général de l’économie.
        Dette privée devenue publique insoutenable, économies plombées : La Société Générale indique à ses clients comment se préparer à un « effondrement général »

        http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/6599281/Societe-Generale-tells-clients-how-to-prepare-for-global-collapse.html


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 juillet 2011 18:51

        @ Slipen


         On va sans doute créer une nouvelle monnaie via le FMI, largement nationaliser les dettes et reporter ensuite le remboursement de la dette publique à 40 ou 50 ans, ce qui permettra de la faire disparaitre par une inflation contrôlée.

        Ne tombons pas dans le pige de croire que la monnaie fiduciaire a vraiment une valeur autre que celle que l’État veut qu’elle ait. L’important est de voir comment on en profitera pour une redistribution - relative - de la richesse.


        Pierre JC Allard

      • anty 19 juillet 2011 11:53

        C’est bien beau de critiquer le système capitaliste et prédire sa prochaine extinction sans tenir compte de certains faits :

        1 La fin du système capitaliste est prédit depuis longtemps mais il est toujours là

        2Le système capitaliste existe depuis que l’homme est l’homme
        Comment le remplacer et surtout par quoi ?

        3Ce système économique ne marche pas si mal puisque sans cesse améliorer au cours des siècles on atteint aujourd’hui un niveau de vie sans égal par le passé


        • Talion Talion 19 juillet 2011 12:14

          Je vous propose qu’on en reparle dans deux ans...


        • picpic 19 juillet 2011 12:59

          @ Anty

          1) Nous sommes dans la phase décadente de Rome à son époque.
          L’empire Américain à établit sont emprise partout, c’est l’empire américain et son système qui vont s’effondrer...et pas le capitalisme.

          2) Vous n’en savez rien...vous étiez là à la naissance de l’humanité ?
          Et puis, il y a forcément d’autre solutions, et pourquoi pas un système de « sel » « systéme d’échange local » à grand échelle ? (c’est juste une idée, il doit y en avoir des millions d’autres...sauf que nos esprits sont conditionnés entre autres par les gros capitalistes à penser qu’il n’y à pas d’autre alternative...

          3) un niveau de vie sans égal par le passé ? Qu’entendez vous par niveau de vie ?
          L’homme n’a jamais autant travaillé et n’a jamais été aussi angoissé et malade contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire.
          De plus, c’est un étrange raccourci que de prétendre que le capitalisme nous à permis notre niveau de vie...Moi je dirais plutôt qu’il le freine !
          Certains volant le niveau de vie auxquels d’autres on droit...
          Votre niveau de vie serait il inférieur, si les richesses de ce monde étaient équitablement partagées ?
          Si nous étions dans un autre système ? Qui vous dis que notre niveau de vie n’en serait pas supérieur ?


        • zvince 19 juillet 2011 18:17

          @ Anty

          2) Le système capitaliste existe depuis qu’on a inventé la monnaie. A l’époque du troc, il était très difficile d’accumuler, notamment des denrées périssables. Accumuler 1 siècle de consommation de blé n’avait pas de sens. Idem pour des objets stockables, comme des armes, des outils, de la poterie, des meubles ... Il faut de la place, et bonjour le déménagement !

          3) Ce système peut bien fonctionner si il est bien régulé. Mais sans règles, rien n’empêche les plus gros et puissants de prélever la plus grosse part, et de laisser les autres crever de faim. Et le niveau de vie n’est pas le seul critère pour évaluer le bien-être.


        • Uergilius 19 juillet 2011 18:49

          @ Anty

          Ne nous emportons pas, ce dont il s’agit ici c’est du système capitaliste tel qu’il est apparu au XIXème siècle au moment de l’industrialisation en Angleterre. Ça ne date pas de l’aube de l’humanité. Il y existe beaucoup d’autres systèmes politiques et économiques à travers les ages et à travers le monde.


        • millesime 19 juillet 2011 19:39

          il me semble qu’il est souhaitable de ne pas faire l’amalgame entre l’économie de marché, (qui est la seule manière d’échange ayant prouvé sa solidité) et le capitalisme financier.. !
          (ce dernier est à l’agonie)
          et une chose est claire : il aurait fallu empêcher le pouvoir de l’argent d’envahir l’exercice du gouvernement. Au début des Etats-Unis Jefferson s’est battu pour une république de citoyens, Hamilton lui pour une république des marchands. S’il fallait le rappeler c’est Hamilton qui a gagné

          Il me semble qu’il faille rebâtir des nations de citoyens, il faut reconstruire une Europe des citoyens. Il faut s’assurer que les marchands, à qui l’on déroule aujourd’hui le tapis rouge, cessent d’écrire les loi à la place du législateur.
          Le baroud d’honneur d’une Europe des citoyens fut le refus par les peuples du Traité de Lisbonne. La prise de pouvoir par l’argent était cependant déjà si avancée, que le vote des citoyens fut ignoré tout simplement, et sans conséquences immédiates.
          Les conséquences à plus long terme se font sentir maintenant : une zone euro qui de soubresaut en soubresaut, n’en finit pas de mourir, compagnonne de misère d’Etats-Unis en banqueroute frauduleuse
          Rétablie des républiques de citoyens, une Europe des citoyens est une bataille difficile. Son principal atout cependant : la déroute de la république des marchands
          http://millesime.over-blog.com


        • anty 19 juillet 2011 20:58

          Quand je parle du capitalisme qui existe depuis l’aube de l’humanité je parle évidement de sa logique et de son perfectionnement au cours des siècles.
          Le capitalisme existe depuis les premiers échanges de l’humanité,depuis que l’homme chercha à faire un profit en échangeant en vendant son produit.
          Le capitalisme existe depuis que l’homme tenta d’améliorer son outils de production pour le rende plus efficace plus rentable
          Le capitalisme est d’ailleurs inhérent à la nature humaine.L’homme cherche toujours un profit d’une situation,de ses capacités,ses possibilités,de son travail etc...


        • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 19 juillet 2011 22:44

          Il faut pas dire n’importe quoi anty, s’il est vrai que l’homme a sans cesse chercher à améliorer ses techniques de production, ça n’a pas toujours été dans le but de faire du profit mais simplement de produire plus, plus aisément et si possible de meilleure qualité.

          La course au profit elle est inhérente au capitalisme et est somme toute relativement récente dans l’histoire de l’humanité. Jusqu’à quelques 4 ou 5 siècles plus tôt, les activités humaines n’avait pas le profit comme objectif. Et c’est une sacré différence.


        • Peretz Peretz 20 juillet 2011 10:37

          Pourtant c’est simple : il faut revenir au keynesianisme qui a été abandonné. ça a marché après 1929, ça devrait encore marcher maintenant.


        • Chapes 21 juillet 2011 13:47

          J’adore cet enthousiasme, allons faire un tour en Somalie, au Japon, en Afrique ... Ya des ignares qu’ont expliqué que la paupérisation absolue, était l’écart croissant entre les besoins et les moyens de les satisfaire. Va falloir remettre ça avec les écoles primaires. Faut toujours garder les bases en mémoires, non ? 


        • MEME UN ANCIEN DIRECTEUR DE LCL...A COMPRIS. (peyerovalde)..IL FAUT UNE TAXE TOBIN...SUR TOUS LES GROS PLACEMENTS ET PLUS VALUES IMMOBILERES..ET BANCAIRES...
          notre ministre des finances pedale dans la choucroute comme son petit empereur de president...aucune culture economique ces 2 la....font la paire...d’incompétents
          mr obama l a mise en place aux usa...bien sur c est une autre classe..

          MEME J ATTALI QUI DIT PLEIN DE CONNERIES L A COMPRIS...UNE CAGNOTTE POUR LA CEE...UN MINISTRE DES FINANCES....SURTOUT NI LAGARDE OU DSK...NI BAROIN L HOMME AU COSTUME TOUJOURS FROISSE..COMME SES BILLETS DE...POTS DE VIN...


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 juillet 2011 18:55

          L’arnaque, c’est le droit exclusif d’émission de la BCE.

          http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/104-une-guerre-qu’il-faut-faire-et-gagner/

           Pierre JC Allard

        • jaja jaja 19 juillet 2011 12:08

          « La fin du système capitaliste est prédit depuis longtemps mais il est toujours là »

          Pour une fois Anty a raison ! Le système capitaliste ne disparaîtra pas tout seul. Il faudra le renverser par la force du nombre, par la Révolution....


          • Talion Talion 19 juillet 2011 12:15

            T’inquiètes !... La prochaine guerre mondiale s’en chargera...


          • LE CHAT LE CHAT 19 juillet 2011 16:35

            @jaja

            les révolutions ne changent que les têtes , le système reste ! la société égalitaire n’existe pas !


          • jaja jaja 19 juillet 2011 19:04

            Lechat :Effectivement si tu pensais que l’égalité par la Révolution est possible il est évident que plutôt que soutenir une châtelaine facho et sa famille de fricards tu serais dans la lutte avec tes frères de classe...


          • Chapes 21 juillet 2011 13:48

            Et le remplacer par mieux, non ?


          • Chapes 21 juillet 2011 13:50

            Quel bordel organisé vos messages, j’meu casse.


          • Chapes 21 juillet 2011 13:52

            Pessimiste : non, les peuples s’en chargent. là j’me casse.


          • Lucius Quinctius Cincinnatus 19 juillet 2011 12:08

            A l’auteur,

            Bien qu’il y ai quelques éléments qui sonnent justes dans votre raisonnement, certains point mériteraient plus ample réflexion :

            - Est-il normal que les états soient notés tels des entreprises alors qu’ils sont le cadre au sein duquel l’entreprise opère ? En partie les dettes ont servi à créer les infrastructures, à former la main d’oeuvre, à financer la recherche, à assurer l’approvisionnement de l’énergie, et, excusez du peu, à permettre un minimum d’allocation universelle des ressources de sorte de maintenir la paix sociale. Si on coupe ce robinet, que va t-il advenir de ces conditions nécessaires au fonctionnement de l’économie ?

            - Vous insistez sur l’aspect régulateur des agences de notation. La loi de l’offre et de la demande fonctionne dès lors que l’on échange des choses qui existent réellement et que les opérateurs sont les producteurs/utilisateurs des bien échangés. L’intrusion des spéculateurs, qui ne font que parier sur les fluctuations de prix, et détournent ainsi la monnaie de l’économie réelle, n’est-elle pas à l’origine du mal plus que les politiques des états ? (qui eux investissent systématiquement dans des choses tangibles)

            Par conséquence j’y vois 2 remèdes indispensables à l’assainissement de la situation :

            1/ Interdire la spéculation. On achète du pétrole ? Alors il faut être utilisateur de ce pétrole ou mandaté par l’utilisateur. On n’échange que ce qui est consommé.

            2/ Le fonctionnement des états ne peut être assuré via le volontariat du secteur privé. Pas d’état, pas d’économie. Faire fonctionner l’état est préalable. Ainsi les marchands ne devraient pouvoir accéder au marché que s’ils ont payé la quote-part nécessaire au fonctionnement de ce marché.


            • adrien 19 juillet 2011 13:20

              Je vais dans votre sens. Mon avis est que le système n’est pas assez régulé. Tout système de régulation, intelligent, serait bon à avoir. Interdire la spéculation serait une bonne chose bien que difficile à mettre en oeuvre.

              Je suis également d’accord sur le fait que les Etats sont ceux qui ont financé les infrastructures qui permettent aux entreprises de fonctionner, et ce sont eux également qui maintiennent la répartition des ressources via impôts et aides sociales comme la sécurité sociale, les retraites, RSA, etc...

              En revanche, je maintiens que ces Etats se doivent de respecter leurs ressources. A savoir, ne pas emprunter plus qu’ils ne peuvent rembourser. Dans le cas contraire, leur rôle bienveillant envers les entreprises et particuliers peut sérieusement se transformer un simple créancier qui vous augmente vos impôts et vous réduit vos aides pour rembourser les banques. C’est exactement ce qui s’est passé en Irlande et ce qui se passe en Grèce et en Italie. Les Etats ne peuvent plus rembourser, donc ils allourdissent les taxes et privatisent les services publics, et de ce fait, n’ont pas été suffisamment responsables au préalable pour éviter ça.

              En revanche, il pourrait y avoir des régulations (encore), par le FMI par exemple ou tout autre organisme internationale, pour limiter les prêts aux Etats quand ils sont en surendettement. Limiter les sommes, plutôt que d’augmenter les taux d’interêts sans limiter la valeur des crédits, serait probablement moins dévastateur.


            • zvince 19 juillet 2011 18:34

              @ adrien

              « Interdire la spéculation serait une bonne chose bien que difficile à mettre en oeuvre. »

              C’est une question de volonté. Techniquement, c’est très simple : il faut taxer les transactions financières de façon inversement proportionnelle à la durée de conservation d’actifs (plus on garde longtemps, moins on est taxé). Par exemple :

              Si on garde des actifs pendant une durée inférieure ou égale à X, on est taxé comme suit :

              X = 3 mois : 0,01% (soit 1 pour 10.000), X = 2 mois : 0,02%, X = 1 mois : 0,05%
              X = 3 semaines : 0,1 %, X = 2 semaines : 0,25%, X = 1 semaine : 0,5%
              X = 3 jours : 1%, X = 2 jours : 2,5%, X = 1 jour : 5%
              ou alors
              5jours : 1%, 4j : 2%, 3j : 3%, 2j : 4%, 1j : 5%
              Au delà de 3 mois on ne taxe plus. Et pour faire plus de 5% sur des transactions faites au 100e de seconde par des ordinateurs ...

              Pour que ça fonctionne, il faut régler le problème des paradis fiscaux, mais là encore c’est une question de volonté ...


            • adrien 19 juillet 2011 18:46

              100% d’accord. Malheureusement pour taxer de cette façon il faudrait que tous les pays approuvent une telle taxe, et qu’ils se mettent d’accord sur comment répartir les fonds récoltés. Le problème de fond est bien un problème de volonté des politiques. Si les politiques arrivent à se mettre d’accord sur un tel système, on pourrait alors interdire la spéculation, ou la taxer.

              Le FMI est un embryon de volonté pour l’économie mondiale. Il faudrait une organisme similaire, plus puissant, et qui puisse prendre des décisions pour le bien de la population mondiale plutôt que sous la pression des profits de tel ou tel Etat ou entreprise


            • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 19 juillet 2011 22:56

              Bref adrien voudrait un gouvernement mondial pour le bien des peuples.

              A mourir de rire.


            • xbrossard 20 juillet 2011 10:19

              @LeLionDeJudas


              « adrien voudrait un gouvernement mondial pour le bien des peuples. »

              donc à partir du moment que l’on veut mettre en place des règles du jeu économique commune, c’est que l’on veut faire une dictature.

              on peut appliquer ce raisonnement aussi à l’écologie par exemple...

              c’est vous LeLionDeJudas qui êtes à mourir de rire

              De toute façon, que vous le vouliez ou non, il y a déjà et depuis des temps immémoriaux des règles qui sont appliqués partout dans le monde, sans que cela remette en cause la démocratie des peuples : le simple fait d’édicter par exemple que « tout emprunt doit être remboursée » est une règle universelle appliqué à tous

              et je ne vois pas en quoi c’est une dictature de l’appliquer

            • melody vers melody vers 21 juillet 2011 19:54

              Le FMI n’est qu’une émanation état-unienne aux ordres de Goldmann Sachs et cie : son but a toujours été de profiter des crises des états pour les obliger à privatiser et à libéraliser leur marché en faisant venir des compagnjes étrangères (multinationales USA) dans les pays endettés. L’Amérique du Sud qui a compris cela à ses dépens depuis 30 ans a envoyé paître le FMI depuis peu (Argentine en 2001) afin de pouvoir reconstruire les Etats et le secteur public entièrement dévasté par les recettes du FMI. On voit bien avec la Grèce que le FMI n’est pas prêt de changer : ce sont toujours les mêmes recettes néolibérales qui sont exigées en échange des prêts du FMI, des recettes qui ne profitent qu’à une bande de criminels disciples de Friedmann et de sa théorie des chocs. Tout cela est bien démontré dans l’ouevre de Naomie Klein (la Stratégie de choc) que chaque citoyen devrait lire afin de comprendre où mène ce capitalisme du désastre !
              Qu’il s’effondre, les citoyens pourront enfin développer une troisième voie : un socialisme démocratique basé sur les coopératives qui se foutent du capitalisme car elles n’en dépendent pas !


            • Peretz Peretz 24 juillet 2011 15:06

              @ l’auteur.« En revanche, il pourrait y avoir des régulations (encore), par le FMI par exemple ou tout autre organisme internationale, pour limiter les prêts aux Etats quand ils sont en surendettement. Limiter les sommes, plutôt que d’augmenter les taux d’interêts sans limiter la valeur des crédits, serait probablement moins dévastateur »

              Bien l’auteur qui sur ce plan semble avoir avoir tout compris !


            • sisyphe sisyphe 24 juillet 2011 17:00

              @ l’auteur 


              outre les très pertinentes réflexions de Lucius Quinctius Cincinnatus, il manque un élément essentiel de compréhension à votre texte. 

              Vous dites : 

              Le defaut de paiement des Etats

              La crise de la Grèce et de l’euro en général est lié a un simple fait : les Etats empruntent plus d’argent qu’ils n’en génèrent.

              Oui, mais non. 

              Les états générent suffisamment d’argent pour rembourser une dette SANS INTERET, comme ce fut le cas jusqu’en 1973 ; après l’abandon de l’étalonnage du dollar sur l’or par Nixon en 1971, les lois scélérates de 1973 en France, les Accords de la Jamaique en 1976, ratifiés, depuis, par tous les traités européens et internationaux. 

              Jusque là, les états remboursaient leurs emprunts sans accumuler de dette ; la dette est constituée précisément du différentiel entre l’argent emprunté (et remboursé) et LES INTERETS dûs aux banques privées, par lesquelles ils sont contraints de passer pour emprunter. 

              Tout le problème vient de là, et de là uniquement. 

              Le système monétaire a été offert aux organismes financiers privés, qui imposent, depuis, leur dictature vis à vis des états, livrés pieds et poings liés. 

              Les états remboursent l’argent emprunté, sauf les intérêts qui, s’accumulant, constituent leur dette ; ce qui les met dans cette position insolvable. 

              La seule solution pour sortir de ce système pervers, mafieux, et inviable, c’est de revenir à un keynesianisme qui redonne aux états la maîtrise de la création monétaire, et l’interdise aux banques privées.. 

              Glass Steagall act II, ou réforme monétaire, joints à une taxation des transactions financières, pour annihiler les effets pervers de la spéculation, sont les seules voies pour sortir de ce cercle vicieux, en train de faire sombrer le monde ; états et citoyens. 

              Il faudra l’imposer aux mafias financières, par le biais de LOIS imposées aux états, par des référendums d’initiative citoyenne : seuls les citoyens peuvent reprendre en mains leur propre destin, et reconquérir un système de justice sociale, financière, économique, au niveau planétaire. 



            • Peretz Peretz 24 juillet 2011 19:39

              Taxer la spéculation ne veut rien dire : il y a une bonne et une mauvaise spéculation. Quand on investit dans une entreprise, on spécule sur les résultats. Il faudrait donc commencer par distinguer les deux actions avant de les taxer.


            • sisyphe sisyphe 24 juillet 2011 20:01

              J’ai bien parlé d’une taxation sur les transactions financières ; pas sur les investissements productifs. 


              La spéculation, ce sont ces opérations qui s’effectuent à la nanoseconde, pour gagner de l’argent sur tout ; notamment sur la faillite des états, ou, pire, sur les denrées nécessaires à la vie ; aliments, produits agricoles, etc.... 

              De fait, la spéculation, ce n’est pas de l’investissement, c’est des placements, des jeux boursiers, de l’argent gagné sans rien produire, sans rien créer. 

              C’est à ça qu’il faut mettre fin ; par exemple, comme proposé plus haut, une taxation étalonnée sur la durée, pour empêcher ces jeux de casino mortifères. 

            • BOBW BOBW 25 juillet 2011 08:11

              Répétons le geste du gourou bimillénaire :

              Chassons les Marchands du temple (et du Sénat et de l’Assemblée Nationale).

            • Cug Cug 19 juillet 2011 13:08

               Il n’explosera pas.
               Regardez depuis l’affaire des subprime, tous les gouvernements renflouent, soutiennent le système financier actuel.
               Ce sont les populations, les classes moyennes dans les pays « développé » qui payeront les pots cassés.
              Votre salaire n’augmente pas, vos enfants sont aux chômage, impôts et autres taxes augmentent tout comme la nourriture et les matières premières, etc etc ... sont les profits financiers.


              • zvince 19 juillet 2011 18:52

                Petite erreur au sujet des agences de notation et des taux d’intérêts :

                "En augmentant les taux d’interêts d’emprunts pour les Etats en difficultés, elle les incitent à moins emprunter, ceci permettant à terme de limiter les risques de défaut de paiement et de ne pas permettre aux Etats d’emprunter pour rembourser leurs dettes.« 

                En fait, les états sont obligés d’emprunter pour rembourser leurs dettes. Ou plus exactement pour les prolonger. Les obligations ne fonctionnent pas comme un crédit »standard" : on ne rembourse pas un petit peu chaque mois, mais la totalité le jour de l’échéance. Si on a emprunté à 10 ans, aujourd’hui on rembourse les emprunts faits en 2001. Le seul moyen de rembourser petit à petit, c’est de racheter des obligations sur le marché avant leur échéance.
                Donc quand un emprunt arrive à échéance, et que le budget de l’Etat est déficitaire, il faut réemprunter pour payer l’échéance. Cela n’augmente pas la dette, ça la prolonge dans le temps.
                Par contre, l’augmentation des taux d’intérêts fait augmenter la dette. Parce que si pour rembourser un emprunt à 3% on doit réemprunter à 6%, la même dette va coûter plus cher à chaque renouvellement, augmenter le déficit, donc creuser la dette ...


                • Marc Bruxman 19 juillet 2011 19:50


                  Vous pouvez aussi avoir une croissance économique supérieure à la croissance de la dette et vous êtes alors en situation saine puisque le coût décroit. C’est comme pour un particulier :

                  Si vous gagnez 2000 € par mois net et que vous devez rembourser 800 € c’est très dur pour vous (Endettement de 40%). Si demain vous gagnez 2600 € et remboursez 900 €, votre endettement est passé à 36% et cela devient moins génant.

                  La priorité devrait donc être :

                  • De supprimer toutes les aides au développement extérieur et les agences étatiques futiles. 
                  • De vendre des biens d’état de valeur pour reloger l’administration dans des endroits moins prestigieux. (La DGA n’a pas besoin d’occuper l’école militaire et ce site vaut surement quelques milliards).
                  • De privatiser ce qui peut encore l’être. 
                  • D’imposer une augmentation zéro de la dépense publique d’une année sur l’autre.
                  Le profit réalisé par les ventes et économies directes peut servir à ne pas racheter des obligations arrivées à échéance ce qui diminue la charge de la dette.

                  Mais bien sur si les taux d’intérêts se mettent à augmenter c’est quasi impossible. On a eu l’opportunité de réaliser cela, on va malheureusement le payer cher :( :(


                • Mich K Mich K 20 juillet 2011 11:40

                  Quid de la légitimité d’emprunt par les Etats avec intérêts !???

                  Qui a le monopole du crédit aujourd’hui ??? Les banques privées !

                  Est-il normal que les banques privées crééent de l’argent « Ex Nihilo » et le prête avec intérêt aux Etats ???

                  Ne serait-ce pas à l’Etat (donc au peuple) de disposer du droit régalien de création monétaire ? Et donc de pouvoir emprunter à sa banque centrale à teux zéro (ou bas) ???

                  Est-il normal que pour créer une école l’Etat doivent en appeler à la création monétaire du système privé et payer en plus des intérêt là-dessus ???

                  Pour moi les Dettes sont illégitimes et le seront tant qu’il devront se financer sur les marchés financiers pour enrichir le privé au détriment du peuple et des biens communs. smiley 


                • Peretz Peretz 24 juillet 2011 15:15

                  Et ne pas oublier d’augmenter les impôts...des riches, de nationaliser certaines banques, et surtout d’augmenter les bas salaires. Il y en aurait des mesures à prendre, si ceux qui nous gouverneront sont des gens sérieux.

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adrien


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