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Accueil du site > Actualités > Economie > Le capitalisme dictatorial

Le capitalisme dictatorial

Monsieur Bernanke ne serait-il qu’un charlatan qui, au chevet d’un grand malade ( les Etats-Unis ), lui appliquerait un calmant au lieu d’une chirurgie - certes douloureuse dans un premier temps - mais qui permettrait l’amputation salvatrice de la gangrène de l’endettement ? La dette étant une distorsion - ou une malformation pour reprendre l’imagerie médicale -, elle devrait donc entraver - ou handicaper - tout autant le débiteur que le créancier...

Pourtant, la masse de l’endettement préalable au déclenchement de la crise de l’été 2007 - qui ne s’est pas volatilisée ni n’a été assumée par les créanciers ou les débiteurs - n’a jamais subi les affres du scalpel : Elle a tout simplement été absorbée par l’Etat !

Colmatées par cette boulimie Etatique, les hémorragies de l’automne 2008 provoquées par l’endettement privé et institutionnel conjugué à de l’effet de levier - ayant abouti à quelques faillites spectaculaires - ont porté l’appellation de "deleveraging ". Pourtant, le deleveraging - le vrai - n’a pas encore eu lieu car les pertes ont toutes été reportées aux bilans des Etats ! Elles sont l’hommage rendu par nos Etats au système financier et le cadeau empoisonné que nos dirigeants réservent à nos enfants et petits-enfants.

Pour reprendre l’expression de Roubini, nos Etats perpétuent " un système où les profits sont privatisés et les pertes socialisées " !

Pourquoi le Gouvernement Américain refuse-t-il de divulguer publiquement - pas même au Congrès des Etats-Unis ! - qui sont les heureux bénéficiaires des milliards de dollars d’aides prodiguées ( bailout ) sur les deniers publics … faisant ainsi dire au Parlementaire US Dennis Kucinich : " La Réserve Fédérale n’est pas plus fédérale que Federal Express"... ? La montée en puissance d’une oligarchie dominant le pouvoir politique n’a-t-elle pas étouffé il y a plusieurs mois toute tentative de régulation du secteur financier ? 

En réalité, il serait grossier de qualifier l’activisme et la sollicitude de nos Gouvernements du terme banal - et rassurant - de "nationalisations". Le scénario qui se joue sous nos yeux est en effet autrement plus fin : c’est le système financier - ainsi que les grandes corporations - qui prennent le contrôle de nos Gouvernements ! L’alliance contractée entre un secteur institutionnel hyper concentré et un pouvoir politique de plus en plus autoritaire et policé accouche progressivement d’une idéologie qu’il serait impropre de décrire comme un " socialisme pour les riches" (Stiglitz).

Après tout, Hitler avait noué un partenariat lucratif avec Mercedes Benz qu’il n’a jamais nationalisé.

Après tout, Mussolini vantait " la fusion de l’Etat et du pouvoir des entreprises (1)".

Lorsque le contribuable se met à rendre des comptes aux intérêts et aux grosses entreprises privés, lorsque les profits sont privatisés mais que c’est la collectivité qui doit assumer les pertes, alors le fascisme s’installe. 

 

(1) http://www.google.ch/search?hl=en&client=firefox-a&rls=org.mozilla%3Aen-US%3Aofficial&hs=hoE&q=fascism+merger+of+state+and+corporate+power&btnG=Search

 


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10 réactions à cet article    


  • aetius320 28 octobre 2009 13:43

    Bien, votre thèse est valable. Et on voyait déjà paraitre ce phénomène avant le déclenchement de la crise. Je ne sais pas par contre si cela va prendre la forme du fascisme européen du XXème siècle. Une comparaison plus pertinente me semble être de mettre en relation ces dérives avec l’instauration d’une bourgeoisie « compradores » comme celle d’Amérique Latine.


    Pour la dette, je vous l’ai déjà dit : ne vous inquiétez pas, elle ne sera jamais remboursée. Et vous savez pourquoi, et bien parce que cela ne s’est jamais vu dans toute l’histoire de l’humanité. Cet argument est quand même plus sûr que ceux énoncés par le pseudo-science appelée économie.

    • plancherDesVaches 28 octobre 2009 15:15

      Ha bon... ??

      On en reparle dans... tiens : 3 mois.
      Déjà, vous devez être au courant de l’augmentation des taxes telles que foncière ou habitation, vous allez voir les loyers... Et si vous êtes loueur, vous n’aurez plus de locataires.
      Vous devez avoir entendu parler de la hausse des assurances prévue...
      Et je ne vous explique pas le reste.
      NOUS allons tous payer, je vous rassure. Quand les puissants maigrissent, les pauvres meurent.


    • aetius320 28 octobre 2009 17:39

      Je m’explique.


      Vous avez raison quand vous dites que l’Etat, en bon débile mental fasco-libéral, va augmenter taxes et impôts en n’a plus finir et n’en plus finir de réduire le nombre des fonctionnaires. Et après, quid ?
      A la vue des pourcentages colossaux d’endettement, même si on doublait les impôts, il faudrait des dizaines d’années pour venir à bout de ces dettes.
      Hors d’ici là, rentrera en jeu des « incidents » politiques qui risquent de devenir intenables. Tous simplement car cet argent sera bien sûr pris sur ce qui reste de la classe moyenne dont la première réaction sera de consommer moins donc pas de croissance de ce côté là. A cela, se rajoutera le fait que la croissance par les exportations sera impossible tout simplement car quand tous les pays veulent avoir une balance commerciale excédentaire et ben...aucun n’y arrive (à l’échelle globale, le commerce suit les mêmes règles que la thermodynamique, on est dans un système clôt). 
      Que ferais-vous des jeunes qui ne rentreront plus dans la fonction publique ? des salariés du privé à 1 000 euros, des auto-entrepreneurs ? Autant leurs filer 600 euros pour qu’ils restent chez eux ça coutera moins cher à la collectivité. Ils relanceront que tchi.

      On aura donc pendant des années, comme vous l’avez fait remarquer, beaucoup de chômeurs et peu de salaire avec en arrière plan une pression toujours croissante des milieux financiers pour racketter le bon peuple. A un moment ou un autre la situation deviendra socialement intenable. Les politiques prendront alors la décision pour sauver leur peau de répudier la dette, d’une manière ou d’une autre, pour retrouver des marges de manoeuvres et faire baisser la pression. C’est à ce moment là qu’interviendra soit l’inflation soit la banqueroute.



    • JL JL 28 octobre 2009 14:05

      Attali, reçu ce matin par Thomas Baumgartner sur France Culture disait « la Somalie, que c’est le marché sans l’Etat ». Et il ajoutait aussitôt : « la globalisation c’est la somalisation du monde ».

      Le marché, plus exactement, « le secteur institutionnel hyper concentré » a besoin d’institution géographiques pour contrôler les peuples et garantir la propriété privée. Mais il s’accomode très bien et de mieux en mieux semble-t-il du fascisme.


      • plancherDesVaches 28 octobre 2009 15:29

        Monsieur Santi, je vous remets ici un lien vers un article que vous avez certainement déjà trouver.
        Et qui rejoint votre point de vue.
        http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2835&var_recherche=ordolib%E9ralisme

        Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre le déclencheur. Soit juste une étincelle de trop.


        • pseudo 28 octobre 2009 19:25

          http://vimeo.com/groups/5148/videos/6208053

          Les esclaves modernes sont en Asie, mais nous pouvons en trouver en France des hommes et des femmes réduit à une tâche automatique à longueur de temps. Ces hommes robots ont une fonction mécanique où intellectuelle basique et déshumanisant. 
          On les retrouve souvent avec des handicape lourd à quarante ans ou dépressif.
          Nous pouvons créer un monde moderne plus respectueux de l’humain, de son intelligence et de la nature. Un monde ou le chômage n’est plus un problème, un monde ou le travail est obligatoire et adapter à l’humain. 

          • fred 28 octobre 2009 21:30

            Allez... on ouvre les yeux ! Rien n’a changé, c’est un bon vieux facisme qui s’installe, avec de bons vieux attentats, de bons vieux merdias propagandistes, une bonne vieille crise à la con et toujours des générations d’enculés incrédules. Désolé pour eux mais c vrai.


            • Leviathan Leviathan 29 octobre 2009 10:44

              Revue de presse de Pierre Jovanovic du 28 Octobre 2009 (en 9 parties).
              http://www.dailymotion.com/video/xaygat_revue-de-presse-invite-pierre-jovan_music


              • Paul Muad Dib 29 octobre 2009 11:24

                nous envoyons tous, nos enfants dans des écoles ou tout le monde est noté, la compétition s’installe, donc la tricherie entre autre. l’argent aide les bonnes notes, surtout en droit par exemple...en astro physique c’est plus difficile...
                on sait que la compétition va mettre des gens sur le coté, peu importe du moment que mon « petit »soit génial..
                l’occident se croit a un tournant planétaire, alors que le tournant n’est que pour lui, pas pour les peuples asservis depuis toujours... le monopoly touche a sa fin , le gagnant va encaisser ses dividendes, et ca râle ,alors que l’immense majorité a accepter de jouer le jeu..du monopoly, mauvais perdant va !! sauf exceptions bien sur.. ca a commencé il y a des milliers d’années, avec un cerveau/ego qui s’est dit que c’était bien de capter le bien et le travail produit par les autres, comme la graine du chêne va donner un ...chêne, notre humanité telle qu’elle agit aujourd’hui ne peut produire que souffrance et violence,personnelle et donc collective.. ou croire au père noël ,a une vie géniale une fois mort.....difficile d’en parler car je n’y trouve non seulement pas de sens mais de plus aucune intelligence,
                notre cerveau analytique fonctionne en mode automatique, comme ce n’est qu’un outil dénue d’intelligence dans le sens latin originel de « comprendre,savoir par expérience, ou par intuition...etc.. » nous confions notre sort a un outil, ca vous viendrait a l’idée de vénérer votre scie a couper le bois ? non bien sur..et pourtant c’est ce que nous faisons, et la scie est en train de couper la branche qui semblait soutenir le tout, c’est con, non ?
                c’est le bal des vaincus


                • Dominique Larchey-Wendling 29 octobre 2009 11:51

                  Le capitalisme version ultra-libéral peut-il vraiment mener à autre chose qu’au fascisme et/ou à la guerre dans une planète où les ressources sont finies et leur production arrive à saturation ?

                  Relisez Naomi Klein ... les régimes autoritaires sont des systèmes politiques bien mieux adaptés au « libéralisme » que les régimes démocratiques ...

                  Le « libéralisme », c’est la liberté pour les vampires en cravatte et l’asservissement pour les autres.

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