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Accueil du site > Actualités > Economie > Le capitalisme est-il rentable ?

Le capitalisme est-il rentable ?

Depuis l’aube de la révolution industrielle, le capitalisme s’est imposé comme façon de concevoir l’économie, et par là-même la société. Il a été un puissant moteur de développements et d’innovations qui a su catalyser l’évolution vers le monde actuel. Cependant, le capitalisme a démontré depuis de nombreuses failles qui se caractérisent par des crises répétitives du système financier. Il suffit de penser à la Grande Dépression de 1929 pour constater les conséquences désastreuses que peuvent entraîner les dérives du système. Au lendemain de la crise de 2007, crise qui continue de peser sur le sort de pays entiers au bord de l’effondrement politique, financier et social, pourrions-nous finalement prendre bonne note de nos erreurs et envisager des politiques plus responsables, à défaut d’un réexamen complet des fondements même de notre économie ?

Tout d’abord, le système économique actuel, avec la mentalité de rendements boursiers prédominante chez les grands gourous de la finance, ne se montre pas à la hauteur des défis à relever par notre société. Ainsi, les hommes d’affaires à la tête du capitalisme font preuve, malgré la crise économique récente, d’un manque criant de conscience sociale et gèrent l’économie de façon pour le moins cavalière. Les impacts que peuvent avoir de telles conduites pourraient être limités par une régulation stricte des marchés, or, les politiques gouvernementales laissent impunies les décisions téméraires des grands acteurs économiques. À titre d’exemple, le gonflement de la bulle immobilière aux États-Unis, qui mena éventuellement à la crise, ne fut en aucune manière contrôlée par le gouvernement : « le gouvernement américain a mis en place une politique d'accession à la propriété qui a encouragé les banques à faire des prêts à des ménages en réalité non solvables. […] Les organismes semi-étatiques Freddie Mac et Fannie Mae ont été incités à fortement abaisser leurs critères de sélections aux prêts hypothécaires. »[1]. Il est déplorable de constater que le gouvernement américain ne mit même pas en place des mesures visant à restreindre les risques pris par les banques, risques encourus dans le seul but de maximiser les profits. L’incapacité du système à s’autoréguler, démontrée par les troubles économiques à répétitions, couplée à l’absence de restrictions de la part des instances politiques, démontrent que le cadre économique actuel ne peut même pas s’autoréguler, et qu’il peut donc encore moins offrir des solutions aux problèmes inhérents à notre société.

Face aux lacunes du capitalisme, on est en droit de se questionner sur la pertinence et la faisabilité d’une refonte, ou à tout le moins d’un réarrangement, de notre économie. À cet effet, un système qui prendrait en considération les conséquences environnementales et sociales des actions que l’on pose permettrait de mettre en valeur des initiatives qui sont pour le moment non-rentables et inintéressantes pour les hommes d’affaires. En tenant compte des impacts à long terme de nos actions, les développements qui sont effectués en se souciant des contrecoups possibles sur le milieu sont de beaucoup les plus avantageux. Déjà, des projets environnementaux ont connus des succès certains grâce au support d’instances locales et de gouvernements. Il suffit de penser à la mise en place, majoritairement en Europe, de parc d’hydroliennes, pour se rendre compte de tout le potentiel de nouveaux développements durables. Toutefois, de telles initiatives restent pour le moins marginales en comparaison des recherches axées uniquement sur l’exploitation des sources d’énergies fossiles, telles celles sur les biocarburants. Notre cadre économique lui-même devrait, sans l’aide du gouvernement ou de quelques instances politiques que ce soit, reconnaître le mérite et la nécessité des initiatives durables et les favoriser par rapport aux projets à court terme. Il est plus que temps que le système économique lui-même intègre cette vision à long terme de l’évolution de nos sociétés peut nous permettre de relever les défis auxquels nous faisons face. Il doit, pour évoluer de façon responsable et assurer la pérennité de notre civilisation, abandonner la perception capitaliste des profits maximums et immédiats. Seul un changement immédiat d’idéologie et de politiques nous évitera de mettre en danger nos ressources, et par le fait même les assises de notre société.

Le capitalisme, à cause de ses déficiences majeures, nous amène à douter de sa capacité à apporter des solutions aux défis qui se posent maintenant à l’humanité. Des initiatives innovatrices, empreintes d’une nouvelle façon d’aborder l’économie et le développement, sont toutefois proposées, et sont autant de sources d’espoir pour l’humanité entière. Du courage politique, une vision sur le long terme et l’application de mesures novatrices constituent la voie du futur vers une société à la fois performante, verte et équitable. Maintenant n’est pas le temps de se limiter aux impératifs des marchés et aux contraintes du capitalisme, il faut oser repenser, outrepasser le système, si l’on veut voir s’épanouir dans la société de demain notre idéologie et nos convictions.



[1] WIKIPÉDIA, 2012, La crise financière mondiale débutant en 2007, [en ligne], http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financi%C3%A8re_de_2007-2010 (Page consultée le 15 octobre 2012)

 


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8 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 31 août 2013 11:44


    À l’auteur :
    « Le capitalisme, à cause de ses déficiences majeures, nous amène à douter de sa capacité à apporter des solutions aux défis qui se posent maintenant à l’humanité. Des initiatives innovatrices, empreintes d’une nouvelle façon d’aborder l’économie et le développement, sont toutefois proposées, et sont autant de sources d’espoir pour l’humanité entière. »

    Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel par l’Épargne.

    Lire, SVP :
    Refondation du Capitalisme & Dividende Universel
    ou/et
    http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/40/ ... cerite.pdf

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique
    Par un effort préalable d’épargne soutenu, les « démunis » (par opposition aux « nantis ») acquerront collectivement des actions du capital des entreprises du secteur marchand, banques incluses.
    Cette participation au capital pourra être minoritaire (minorité de blocage) ou majoritaire.

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable 
    Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    Les représentants des « démunis », démocratiquement élus, géreront ce patrimoine financier de manière à infléchir Recherche, Développement, Production & Commercialisation des entreprises contrôlées : Refondation du Capitalisme.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un 
    Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la « lutte des classes ».
    II.1)
    À terme, les profits des entreprises sous contrôle des « démunis » seront partiellement distribués à l’ensemble des « démunis » sous forme de Dividende Universel.
    II.2)
    a) Ceux qui le souhaiteraient pourraient s’arrêter de travailler et se satisfaire du Dividende Universel.

    b) Ceux qui souhaiteraient gagner plus que le seul Dividende Universel pourraient travailler dans l’économie marchande et, éventuellement, y gagner des rémunérations faramineuses sans être accusés d’exploiter qui que ce soit.
    II.3)
    Si plus personne ne souhaitait travailler dans l’économie marchande, celle-ci s’effondrerait totalement et, avec elle, le patrimoine accumulé des « démunis » deviendrait stérile et interdirait le bénéfice du Dividende Universel.


    • philippe913 31 août 2013 15:56

      votre exemple sur les lacunes et faiblesses du capitalisme est, il me semble, très mal choisi.

      Pourquoi ?

      parce quand on entend capitalisme, on entend également libéralisme, et avec les subprimes, on est typiquement dans le cas inverse.

      ça n’est pas le libéralisme qui a crée cette crise, c’est l’état américain qui a dit aux banques, « prêtez à n’importe qui, on vous rachète les créances, même si le dossier est pourri », déresponsabilisant complètement les banques qui n’avaient plus à se soucier de la solvabilité des emprunteurs.


      • Nathan Painchaud Nathan Painchaud 31 août 2013 21:51

        Je ne suis pas sûr de bien comprendre votre intervention à propos du libéralisme, mais pour m’expliquer plus clairement je rajouterais que les valeurs capitalistes peut-être plus que le système même sont à la base de la crise. En effet, peut importe le système qui pourrait être mis en place, une société dans laquelle les magnats de l’économie sont obnubilés par le seul but de faire rapidement un maximum de profit tend inévitablement vers les comportements qui ont mené à la formation puis à l’éclatement de la bulle immobilière aux États Unis. Les réformes nécessaires pour progresser doivent donc non seulement être institutionnelles mais elles doivent aussi toucher les valeurs mêmes qui régissent pour le moment l’économie.


      • philippe913 2 septembre 2013 10:26

        oui, vous ne comprenez pas bien, ce ne sont pas les « magnats » mais l’état qui est à la source du problème des subprimes.


      • antyreac 31 août 2013 16:00

        Le capitalisme était , est et sera toujours rentable

        C’est actuellement le carburent des économies de tous les pays du monde

        • Marc Chinal Marc Chinal 31 août 2013 22:42

          Communiste ou capitalisme, même connerie : basée sur la monnaie, ils sont là pour que des hommes exploitent d’autres hommes.
          Heureusement, tout passe, même ce que l’on croit éternel.


          • Jean-Philippe Côté Jean-Philippe Côté 4 septembre 2013 22:39

            Le communisme n’est pas du tout basé sur la monnaie ! Lorsque tu dis « Communiste ou capitalisme, même connerie : basée sur la monnaie », Tu es en train de confondre le communisme réel et le communisme idéal. Le concept de communisme repose sur la mise en commun des moyens de production, la répartition selon les besoins et permet donc une suppression des classes sociales. La théorie de Marx a été fondé à partir d’une critique du capitalisme et des injustices qu’il cause. Alors non, le communisme ne se base pas sur la monnaie loin de là. Jusqu’à maintenant, aucun pays communiste n’a existé. Ne pas confondre avec les organisations politiques qui auraient pour « fondement » le communisme en le modelant afin d’y tiré avantage.


          • Marc Chinal Marc Chinal 5 septembre 2013 18:10

            <<<<<Le concept de communisme repose sur la mise en commun des moyens de production, la répartition selon les besoins et permet donc une suppression des classes sociales.<<<<<<
            .
            comme dans les communautés religieuses ? ;o)
            .
            <<<<<La théorie de Marx a été fondé à partir d’une critique du capitalisme et des injustices qu’il cause. <<<<<
            .
            A cela les post-monétaires répondent : Marx a confondu capitalisme est monétisme*. Il a cru que le capital était le problème alors que c’est l’ulilisation même de monnaie qui est le problème.
            L’humain agit pour sa survie, et s’il est dans un paradigme où la monnaie gère les échanges, (communisme y compris) il reste esclave de l’équation : « plus j’ai de monnaie, meilleures sont mes chances de survie ».
            Certains ont cru que la solution était alors de faire une meilleure répartition, mais cela démotive ceux qui bossent et les pénuries apparaissent.
            D’autres ont cru que la solution était de ne plus se soucier de la valeur de la monnaie, mais comme on n’échange pas (la monnaie est un troc) contre une valeur qui ne vaut rien, et bien les systèmes qui ont fait des billets sans valeur se sont finalement écroulés.
            .
            Prenez du recul et observez l’humanité de façon neutre et vous verrez qu’il n’y a aucun réel mystère ou « mouton noir » : on ne peut résoudre les problèmes de manques (misères) avec un outil (la monnaie) qui a comme fondement le manque.
            .
            * obligation d’utiliser de la monnaie.

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Nathan Painchaud

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