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Accueil du site > Actualités > Economie > Le capitalisme, Thomas Piketty et ses errements

Le capitalisme, Thomas Piketty et ses errements

Thomas Piketty accompagne d’une rare masse de données chiffrées explorant trois siècles d’économie de vingt pays l’énoncé de sa thèse selon laquelle le capitalisme produit des inégalités croissantes destructrices. La relation entre cette thèse et les données reste obscure. Des erreurs importantes systématiques faussent certaines données importantes.

Thomas Piketty présente un volumineux travail méritant beaucoup d’éloges. C’est l’évolution des économies du monde développé depuis 1700 qui est scrutée au moyen des données chiffrées disponibles. Elles sont toutes fournies et leurs sources rendues par l’auteur accessibles pour ses lecteurs.

- La thèse centrale de l’auteur (P. 131)

La thèse centrale de l’auteur est énoncée d’entrée « Dès lors que le taux de rendement du capital dépasse durablement le taux de croissance de la production et du revenu … le capitalisme produit mécaniquement des inégalités insoutenables, arbitraires, remettant radicalement en cause les valeurs démocratiques sur lesquelles se fondent nos sociétés modernes » (P.16). Il utilise la masse de données présentées pour la soutenir. Plus précisément, il énonce qu’en moyenne et longue période, les revenus annuels du capital se situent aux environs de 5% du montant du capital (p.568), alors que la croissance des revenus par habitant se situe aux environs de seulement 1,5% l’an, hors les périodes de conflits militaires et leurs suites (page 127 et 156). Il en déduit l’effet mécanique inexorable de l’inégalité croissante entre les revenus ainsi que le capital de la partie de la population « riche », notamment son décile supérieur, et le reste de la population. S’y ajoute le constat (page 350) que dans la plupart des pays riches la part des revenus du capital dans le revenu national a progressé au cours de la période 1970-2010.

-Remarque préliminaire

Fonder sur le taux de rendement annuel du capital (5%) opposé au taux de croissance des revenus par habitant (1,5%) la thèse de l’inexorable captation par la partie riche de la population d’une part croissante du revenu national, ce qui serait de l’essence du capitalisme potentiellement destructeur de la société, laisse perplexe. Le rendement annuel du capital est un revenu compté en valeur absolue rapporté au montant du capital des bénéficiaires de ces revenus pour déterminer le taux de rendement de leur capital. La croissance des revenus par habitant est seulement une partie de leurs revenus, celle dépassant le montant des revenus de l’année précédente. On a du mal à saisir la signification de ce rapprochement entre ces deux taux tout à fait étrangers l’un de l’autre. Au surplus, les chiffres fournis par l’auteur parmi ses annexes ne semblent pas établir la véracité de cette vision apocalyptique. En début du siècle dernier, jusqu’en 1938, la tranche des 10% plus hauts revenus se situait entre 47% et 39% de la masse des revenus. Elle était entre 30% et 33% de 1946 à 2010 (voir le graphique ici joint). L’auteur relève cela lui-même.

- L’erreur fondamentale de l’auteur : considérer les revenus avant impôts

L’erreur fondamentale de l’auteur réside dans son énoncé de la page 429 : « nous étudions … l’évolution de l’inégalité des revenus … avant prise en compte des impôts et transferts. » C’est oublier l’adage des anciens juristes selon lequel « donner et retenir ne vaut ». Car ces revenus (« rémunération des salariés » « Excédent d’exploitation » et « revenus de la propriété » selon la terminologie des comptabilités nationales) n’en sont qu’une expression bureaucratique ne reflétant pas les réalités. Ils subissent toutes sortes de prélèvements obligatoires, les uns frappant directement ces revenus, les autres les frappant indirectement au moyen des impôts indirects travestis dans les prix des biens et services achetés. Et ces prélèvements obligatoires sont recyclés par l’État en revenus indirectement redistribués via ses dépenses budgétaires. Ainsi, le total des revenus du travail retenu par l’auteur comprend des revenus faisant double emploi : ceux découlant des dépenses publiques, revenus tirés indirectement via les prélèvements obligatoires des revenus de tous.

- Deuxième erreur importante : faire masse des revenus du travail et des revenus du capital

La deuxième erreur importante de l’auteur est contenue dans son énoncé de la page 42 de l’ouvrage, selon lequel « le revenu comprend toujours deux composantes, d’une part les revenus du travail … et d’autre part les revenus du capital. Le lecteur du chapitre 6 intitulé « Le partage capital-travail au XXIème siècle » comprend normalement que le graphique 6.2 de la page 317 illustre le partage du revenu national de la France entre le revenu du travail (74% en 2009) et le revenu du capital (26% en 2009). Mais l’annexe technique ([France2.xlsx]DataFR1' !$CU$130) révèle pour 2009 un revenu du travail compté à 1 094 milliards, et un revenu du capital compté à 336 milliards, soit au total 1 430 milliards, alors que le revenu national est compté à 1 657 milliards ([France2.xlsx]Table FR.1' !$B$198) concordant avec la comptabilité nationale (PIB à 1 889 milliards moins consommation de capital fixe à 262 milliards, dont sont déduits les revenus nets de non-résidents de 29 milliards). Le rapprochement de ces chiffres laisse là aussi le lecteur attentif perplexe. L’erreur porte donc sur l’intelligence de la grandeur dénommée par l’auteur « revenu national », compris comme l’est celui d’un individu, et sur le rapport fait des revenus du travail et des revenus du capital à une autre grandeur que celle du véritable revenu national, autre grandeur construite de toute pièce par l’auteur. Car le véritable revenu national est intégralement constitué par les revenus du travail (en revenus dits primaires en comptabilité nationale) obtenus au cours du cycle de production des biens et services. Et les revenus du capital (en revenus dits secondaires en comptabilité nationale) découlent de l’emploi par des résidents d’une partie de leurs revenus du travail en échange de l’utilisation du capital de ceux en disposant.

- Troisième erreur importante de Thomas Piketty : utiliser comme étalon de mesure des parts de revenu le Produit Intérieur Net des comptabilités nationales auquel elles sont rapportées.

Cette troisième erreur est commise en utilisant les données des comptabilités nationales sans avoir vérifié là encore qu’elles mesurent à peu près fidèlement les réalités économiques. Elle est commise par tout le monde. Les impôts indirects travestis dans les produits, déduction faite des subventions, sont compris dans le PIB, donc dans le revenu national. Il est évident qu’il ne s’agit pas là d’un revenu pour les résidents autres que l’État. Cette partie du revenu national fait double emploi avec une partie des revenus des résidents, celle leur fournissant le nécessaire pour payer les biens et services acquis, dont ces impôts qui y sont travestis. Le montant du PIB et du revenu national comprend aussi une production et un revenu des administrations publiques formés par les dépenses effectuées pour fournir gratuitement les services produits par les administrations publiques et leur formation de capital fixe. Là encore, il y a double emploi. Ces dépenses des administrations publiques sont payées au moyen du produit des prélèvements obligatoires perçus, plus éventuellement au moyen du produit des emprunts comblant les déficits budgétaires. Et les prélèvements obligatoires sont payés directement ou indirectement au moyen des revenus des résidents. Ces revenus des résidents contiennent donc le nécessaire pour payer ces prélèvements obligatoires. Ainsi, la partie du coût des services des administrations publiques et de leur production d’immobilisation financée par les prélèvements obligatoires se trouve déjà comptée dans les revenus des résidents. Leur ajout au montant de ces derniers fait aussi double emploi. Enfin, c’est une grande curiosité que d’y porter le « loyer fictif », encore dénommé « loyer imputé », des propriétaires occupant leur propre logement (France, 2009 : 151 milliards), revenu constitué par une « non dépense », dépourvu de toute réalité matérielle observable, faisant double emploi avec le revenu employé pour acquérir le logement et en jouir. Tous ces doubles emplois sont des vices rédhibitoires du calcul par les statisticiens « comptables nationaux » de la masse des biens et services produits, également masse des revenus. Ils surévaluent en 2009 le revenu national de la France retenu par l’auteur de 71% (67% en 1970), celui de l’Allemagne de 55%, celui des États-Unis de 29%. Ils faussent de même le rapport du capital au revenu national : celui retenu par l’auteur pour la France en 2009 est à 5,6 fois le revenu de l’année (3,1 en 1970) contre 9,6 fois le revenu rectifié (5,2 en 1970) ; à 5,6 fois le revenu de l’année pour l’Allemagne contre 8,8 fois le revenu rectifié ; à 4,1 fois le revenu de l’année pour les États-Unis contre 5,2 fois le revenu rectifié. Il y a impossibilité de calculer les rapports du revenu du travail et du revenu du capital au revenu national rectifié. En effet, les impôts, taxes et cotisations sociales frappent toutes les catégories de revenus, y compris les revenus du capital et les revenus redistribués. Et leur répartition entre ces catégories de revenus n’est pas connue.

Conclusion

La lecture de ce travail de Thomas Piketty conduit encore à se demander si au XXI siècle, l’économie n’est pas celle de l’étatisme avec son déluge de monnaie déversé sur le monde alimentant les spéculations et l’inflation des actifs, plutôt que celle du capitalisme ; si l’accumulation inégalitaire de capital n’est pas la résultante des choix et comportements humains en même temps que des inégalité d’opportunités et de destins plutôt que celle du capitalisme ; si l’élévation générale du revenu de l’ensemble de la population n’est pas le bienfait du capitalisme compensant au-delà les inégalités souciant l’auteur ; si une régulation nécessairement toujours plus poussée de la répartition des revenus et de l’accumulation du capital en vue de réduire significativement les inégalités de revenus et de patrimoine ne mène pas progressivement plus sûrement aux horreurs de l’ancienne économie soviétique qu’à une égalité des revenus et de capital, etc. Mais l’essentiel est la livraison d’un travail exceptionnel rassemblant une multitude de données chiffrées relatives à trois siècles de fonctionnement des économies de la plupart des pays, et en y donnant accès aux lecteurs disposant ainsi du moyen de vérifier les calculs (fait ici très partiellement) et les conclusions présentées par l’auteur. Là est où les éloges sont bien mérités. Roland Verhille, 20/08/2014


Moyenne des avis sur cet article :  1.67/5   (36 votes)




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73 réactions à cet article    


  • jako jako 22 août 2014 12:26

    et encore un sans passage par la modération.


    • larebil 22 août 2014 14:37

      Ca veut dire quoi votre phrase, un article qui ne correspond pas à vos idées devrait être censuré ? Belle mentalité typique des collectivistes (d’abord on censure, ensuite on envoi au goulag)

      AgoraVox se dit Média citoyen, pas Média gauchiste.


    • jocelyne 22 août 2014 15:51

      Ou l’on voit que les défenseurs du libéralisme détournent les mots, collectivisme est un beau mot contrairement à libéraux, belle mentalité, notez cependant que collectivisation des pertes est un terme accepté par vos amis banksters.


    • larebil 22 août 2014 21:01

      Libéral=liberté (prouvé par tous les états qui l’appliquent)

      Collectiviste=d’abord spoliation pour finir par le goulag (prouvé par toutes les tentatives de gouvernements collectivistes)

      Effectivement, les mots ne se valent pas, mais je n’ai aucun doute sur celui qui est le plus beau.


    • Gnostic GNOSTIC 23 août 2014 11:55

      Par jako


      Ce commentaire qu’il vienne d’un sectaire de gauche ou un sectaire de droite est totalement imbécile

       smiley


    • claude-michel claude-michel 22 août 2014 12:42

      Pourtant à remonter le temps..on peut voir le résultat catastrophique sur l’humanité.. ?

      Plus de riches c’est vrai...mais aissi plus de pauvres..de misères..de gens qui ont faim..de guerres donc de morts de pollution de déchets industriels ou nucléaires qui seront là pour des centaines de milliers d’années..bref un tableau bien noir de notre société.. ?

      • Spartacus Spartacus 22 août 2014 12:55

        Piketty a fait pour un soi-disant économiste des erreurs d’étudiant de gauche, il a comparé des 1% d’hier avec des 1% d’aujourd’hui alors que ce ne sont pas les mêmes. 

        Dans les 1% des plus riches d’il y a 25 ans et les des 1% d’aujourd’hui, en ne prenant pas compte de ceux qui sont sortis ou rentrés dans ces 1%. Un débutant en analyse statistique sait qu’une comparaison n’a de valeur que si l’assiette de référence dans le temps est identique.

        Piketty est un gauchiste. Il dit ce que veulent entendre ses lecteurs quitte a prendre des libertés d’analyses. Son bouquin reflète des ignorances lourdes d’analyses microéconomiques sur la rationalité de l’humain.

        Piketty n’a jamais investi un centime, ignore le fait d’être en mesure d’investir et de gagner un rendement sur investissement est une compétence. C’est un équilibre entre le risque, les prévisions, les anticipations et le bon sens. 

        Piketty comme la majorité des gauchistes confond la pauvreté et l’inégalité. 

        L’inégalité n’est pas un problème si toutes les parties ont un niveau de vie et les moyens de survivre et de prospérer

        Ce qui importe est que les individus soient en sécurité, en bonne santé, et ont assez de revenus pour apporter leur familles confort et le bonheur. 

        Il y a des vérités que les gauchistes ne veulent comprendre. L’égalitarisme n’a jamais conduit à l’égalité. 
        Lutter contre des inégalités, c’est créer des iniquités. 
        Créer des injustices pour des inégalités qui ne sont pas le problème mais des conséquences n’ont jamais été une solution.

        Quand les gens voient un multi-millionnaire vivant à côté d’un multi-milliardaire, habituellement ils ne se sentent pas un sentiment de dégoût et indignation pour les pauvres millionnaires qui gagnent 1000 fois moins que le milliardaire. 

        L’important est de permettre à l’homme de s’émanciper par lui même, pas le diriger éternellement vers des vies en état de servitude et lui faire croire que ses conditions de vie sont les conséquences des autres. Mais c’est plus compliqué.

        Il est tellement plus facile de promettre l’argent des autres que d’apprendre à s’émanciper.

        • chantecler chantecler 22 août 2014 13:14

          Après les juifs , les arabes , les fonctionnaires , les syndicats , les francs maçons , les communistes les socialistes ,les solfériniens , les ripoublicains ,les bansksters , les démocrates , les mécréants , aujourd’hui les gauchistes.

          Ah ! Vivement le pouvoir confié aux amis de spartacus : le rêve en perspetive .


        • Roland Verhille Roland Verhille 22 août 2014 13:55

           Oui, les 1% d’hier et d’avant ne sont pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui. Mais Piketty compare le sort non pas d’individus déterminés, mais de tranches de résidents. A mes yeux, il n’y a pas là d’erreur statistique.

          Je me suis attaché à examiner l’aspect technique du travail de l’auteur. Trop souvent, ceux qui ont examiné le travail de l’auteur et publié leur analyse se bornent à exprimer leur opinion sur les conclusions de l’auteur, beaucoup plus fondée sur leur penchant idéologique, sans avoir vraiment vérifié l’utilisation faite par l’auteur des données chiffrées fournies, ni vérifié ces données. Aucun des articles dont j’ai eu connaissance n’a véritablement relevé les erreurs techniques que je signale.

          Je trouve suffocant que cet auteur, d’une formation universitaire du plus haut niveau, plus mathématiciens peut-être qu’économiste, exerçant de hautes responsabilités dans des établissements parisiens de premier plan, et plongeant courageusement dans les données chiffrées disponibles relatives au fonctionnement des économies, puisse aussi mal comprendre la technique normalisée des comptabilités nationales. Il est vrai que peu d’économistes les comprennent à fond.

          Je partage tout à fait votre commentaire relatif à ce qui, à vos yeux, a de l’importance.


        • Spartacus Spartacus 22 août 2014 14:40

          @chantecler

          Acceptez les contradictions même si elles ne vous plaisent pas. 
          Ne faites pas dire des caricatures à ceux qui ne pensent pas comme vous. Essayez pour changer, de faire des argumentations autres que ad-homminem ou abstenez vous. smiley

        • Spartacus Spartacus 22 août 2014 14:55

          @roland Verhile


          Bernard Zimmern a été le premier a relever les erreurs et les fausses sources, dès le premier livre de Piketty.
          Il a fallut les contestations Américaines suite à l’édition US, pour qu’on commence a vérifier ce qu’il avait dénoncé déjà au premiers livres de Piketty.
          Son site « emploi-2017.org » en découvre régulièrement.

        • Roland Verhille Roland Verhille 22 août 2014 15:41

          Je ne vois pas que ni Bernard Zimmern ni aucun de ses collaborateurs de l’IFRAP ait dénoncé les erreurs rédhibitoires de calcul du PIB que Piketty n’a pas vues, fondant sur ces données fausses ses conclusions.

          J’ai eu l’occasion de présenter en détail la démonstration de ces erreurs de calcul du PIB à l’IFRAP, à l’une de ses éphémères collaboratrices venue du Ministère des finances puis du Medef. A son compte rendu, Bernard Zimmern a promptement évacué cette question, sans commentaire, sans me recevoir lui-même.

          Je me suis demandé si l’IFRAP n’était pas seulement une « pompe à fric », faisant peu de cas d’une véritable information du public.


        • foufouille foufouille 22 août 2014 17:47

          « Ce qui importe est que les individus soient en sécurité, en bonne santé, et ont assez de revenus pour apporter leur familles confort et le bonheur. »

           ??? c’est quel pays ?


        • Pyrathome Pyrathome 22 août 2014 14:01

          L’auteur,
          Vos maîtres banksters ont-ils besoin d’un si piètre défenseur que vous ?


          • Roland Verhille Roland Verhille 22 août 2014 14:13

            Je n’ai de maître que mon propre cerveau.

            Si le piètre défenseur que vous visez est moi-même, j’aurais préféré lire où dans mon texte il y a piètre défense, de qui plus précisément, et être assuré que vous avez effectivement lu et compris l’intégralité de mon article.

            Ne me découragez pas de fournir des informations sérieuses à des lecteurs comme vous.


          • Peretz1 Peretz1 23 août 2014 15:32

            Je suis atterré chaque fois que je lis un commentaire d’un individu qui stigmatise non pas un article, mais son auteur. Esprit minable qui n’a pas d’argument mais des frustrations qu’il ne maîtrise pas. Vous devriez supprimer ce commentaire comme Agora Vox l’autorise.


          • Roland Verhille Roland Verhille 23 août 2014 15:45

            Merci pour votre compassion.

            Je pense que mieux vaut laisser cela à la vue de tous, il y a quand même beaucoup de gens qui ne sont pas stupides.


          • ecolittoral ecolittoral 22 août 2014 15:52

            Inégalité !!!!

            Un chef d’entreprise n’est pas l’égal du salarié qui travaille pour lui...

            Heureusement ! sinon pourquoi se prendre la tête à entreprendre ?

            Revenus suffisants ET mérités me semble plus approprié.

            Un salaire suffisant (mais variable) assuré plusieurs années ou dizaines d’années PAR un chef d’entreprise qui en gagne 3000 ou 10 000 (variable aussi) n’a rien de choquant.

            Rien n’est égal en économie. Il n’y a que des fluctuations.

            Ce qui manque, ce sont les règles. Comment déterminer une échelle de valeur ?

            Certainement pas en demandant au MEDEF et aux syndicats de là définir.

            Probablement en associant de vrais chefs d’entreprises soucieux de fournir des salaires décents et des salariés soucieux de faire vivre leur boîte.

            Travailler plus quelques fois ; moins si les commandes diminues...et partager les bénéfices en fonction du travail et de la place de chacun.

            Méfions nous des écoles, des idéologies, des Thomas Piketty et des experts qui ne savent même pas ce qu’est un tourne vis, une machine outil, un vrai plan d’investissement et un vrai carnet de commande.


            • Pere Plexe Pere Plexe 22 août 2014 17:24

              Un chef d’entreprise n’est pas l’égal du salarié qui travaille pour lui...Heureusement ! sinon pourquoi se prendre la tête à entreprendre ?

              OK,mais un rapport de un à six cent entre salarié et patron ne vous semble pas excessif ?

              Sinon c’est un tournevis, pas un tourne vis...


            • amiaplacidus amiaplacidus 22 août 2014 17:47

              Le problème, c’est que ceux qui s’en mettent plein les poches ne sont pas, en général, des chefs d’entreprises, mais des héritiers, des rentiers, qui font semblant de travailler. je ne vais pas commencer une liste de noms qui serait très longue, mais je crois que chacun peut en dresser une.


            • ecolittoral ecolittoral 22 août 2014 22:48

              Un rapport de un à six cents. Réponse dans mon commentaire...trop compliqué ou trop succinct peut être !

              Un chef d’entreprise(s) qui assure un salaire suffisant et durable à ses 3000 ou 4000 employés mérite 600 fois un salaire d’employé.

              Un patron qui pressurise et sous paie, avant de délocalisé sur ordre des actionnaires...n’est pas un chef d’entreprise. C’est un exécutant, un gestionnaire de liquidation avec parachute doré.

              Attendons un article sur les actionnaires et leurs complices pour parler du vrai problème.


            • Peretz1 Peretz1 23 août 2014 15:40

               Là également Piketty n’a fait que renouveler la Théorie générale de Keynes sur« l ’emploi la monnaie, l’intérêt, » de cet auteur décrié, par les ultralibéarux. C’est déjà ça.


            • Claudec Claudec 22 août 2014 16:06

              Une masturbation intellectuelle moins ardente, des chiffres moins abondants et une mathématique plus accessible (dont peut se contenter le profane) , permettent d’observer :

              À volume constant (ou population égale), un tassement de la pyramide sociale, en réduisant l’écart entre son sommet et sa base, entraîne un élargissement de cette dernière, ce qui signifie une augmentation du nombre de pauvres, alors que l’accroissement de cet écart, tel qu’il résulte d’une étirement de la pyramide vers le haut (enrichissement général), a l’effet inverse.

              De même, quand la pyramide sociale se développe en volume du fait de l’augmentation de sa population, le supplément d’activité de celle-ci accroît la richesse globale de la société, avec pour conséquence d’éloigner son sommet de sa base, ce qui exprime l’accroissement de l’écart entre richesse et pauvreté.

              Ces deux constats, que le premier venu peut faire, révèlent qu’à une augmentation de l’écart entre richesse et pauvreté correspond une diminution du nombre de pauvres et inversement, sans modifier les inégalités autrement que dans leur répartition. En d’autre termes, l’augmentation de richesse collective réduit la pauvreté et sa diminution l’augmente. La Palisse n’aurait pas dit mieux mais aurait pu ajouter que le partage des richesses est une tout autre affaire.

              À défaut d’une utopique suppression des inégalités, nous devons donc être conscients que notre seule possibilité est de les réduire par le meilleur compromis possible entre plus de riches et moins de pauvres, et davantage de pauvres et moins de riches.

              D’ailleurs, qui peut sérieusement imaginer que si la lutte finale achevée le grand partage avait lieu, mettant tous les individus à égalité de richesse (ou de pauvreté), la pyramide sociale ne serait pas peuplée, après demain, de ceux qui auraient su faire fructifier leur avoir et ceux qui n’en aurait pas eu la capacité ou l’envie ? Ambition, talent, courage, esprit d’entreprise, goût du risque, sens de l’épargne, aptitudes diverses des uns et des autres, sont tellement différents que les inégalités ne peuvent être compensées dans une mesure satisfaisante par nos lois, aussi compatissantes soient-elles à l’égard des plus défavorisés d’entre nous, quand bien même elles s’appuieraient sur les cogitations d’un Piketty

              Pour approfondir cette réaction : http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com


              • Le421 Le421 23 août 2014 05:50

                Vous en êtes resté à la théorie du « ruissellement » qui a prouvé son inexactitude petit à petit.
                Dans les faits réels, contrairement à la légende, le fait d’avoir un voisin riche ne rapporte plus un Kopek pour la bonne et simple raison que vous ne verrez jamais cette personne et les murs se sont construits bien haut entre lui et vous.
                Lorsque la disproportion de biens est grande, mais acceptable, il y a échange. C’est bon.
                Lorsque les écarts sont immenses, il n’y a plus perméabilité.
                Vous avez, à force de considération matérielles et chiffrées, oublié le facteur humain, l’affect !!
                Et c’est la que toutes vos belles calculatrices se plantent...


              • julius 1ER 23 août 2014 08:49

                À défaut d’une utopique suppression des inégalités, nous devons donc être conscients que notre seule possibilité est de les réduire par le meilleur compromis possible entre plus de riches et moins de pauvres, et davantage de pauvres et moins de riches.

                @claudec
                c’est la que se trouve toute la problématique !!! et la nécessité d’un revenu minimal mais aussi maximal ........les très riches ne servent à rien, car avec eux on passe d’une économie concurrentiel à une économie confiscatoire à cause de l’extrème concentration de la richesse.....

              • Claudec Claudec 23 août 2014 09:43

                Le421 (---.---.---.140) 23 août 05:50

                Contrairement à ce que vous écrivez, la théorie du ruissellement se vérifie plus que jamais, et vous en donnez vous-même l’explication lorsque vous dites « Lorsque la disproportion de biens est grande, mais acceptable, il y a échange. C’est bon. Lorsque les écarts sont immenses, il n’y a plus perméabilité. ». En effet, la pyramide sociale s’élevant de plus en plus du fait de notre enrichissement collectif, ses pentes sont de plus en plus inclinées ; le ruissellement qui s’y produit devient alors torrentiel, leur perméabilité se réduisant d’autant.

                Quant à ce que vous nommez l’affect, nous pouvons le regretter mais il s’agit d’un concept qui n’a pas davantage sa place dans l’échange que dans l’abominable pyramide sociale. Par nature, l’échange consiste, pour l’un de ses protagonistes à vouloir tirer de ce qu’il possède le maximum, quand l’autre entend donner le minimum pour obtenir ce qu’il convoite. La prise de conscience de ce principe fondamental (beaucoup trop simple pour que des intellectuels nourris d’un romantisme nostalgique à la Zola daignent y prêter la moindre attention) est d’ailleurs indispensable à la compréhension – ce qui ne signifie pas acceptation – de nos rapports économiques et de leurs conséquences sociales.

                Pour approfondir cette réaction : http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com


              • Peretz1 Peretz1 23 août 2014 15:43

                Claudec. Commentaire de bon sens. Je ne comprends pas pourquoi il a été autant moinssé !


              • Le421 Le421 23 août 2014 20:18

                l’affect n’a pas de place dans l’échange...
                C’est du Orwell pur jus !!
                Bienvenue dans un monde de machines...


              • Claudec Claudec 23 août 2014 21:06

                Peretz1 (---.---.---.239) 23 août 15:43


                Votre propre contribution écope du même moinssage.
                Agvx est peuplé de socio-romantiques que le pragmatisme dérange.

              • Claudec Claudec 23 août 2014 21:29
                @ julius 1ER (---.---.---.65) 23 août 08:49

                Et quelle est la différence entre la détention privée et étatique du capital ? La seconde serait-elle moins confiscatoire que la première ? Simplement, ceux qui en profitent sont plus visibles et moins nombreux dans le premier que dans le second cas.
                Sous tous les régimes, la pyramide sociale a une base dominée par un sommet.

              • Claudec Claudec 23 août 2014 21:32

                Le421 (---.---.---.140) 23 août 20:18


                Réveillez-vous. Il faut cesser de rêver ! Dans quel monde vous croyez-vous ?

              • JL JL 25 août 2014 12:58

                ’’Et quelle est la différence entre la détention privée et étatique du capital ?’’ (claudec)

                Cette question est absurde. L’absurde, ça ne s’explique pas. C’est d’ailleurs à ça qu’on le reconnait.


              • Pere Plexe Pere Plexe 22 août 2014 17:05

                Avec de tels adversaires Piketty peut dormir tranquille...

                Rarement lu autant d’inepties.


                • Yvance77 Yvance77 22 août 2014 18:27

                  Je cesse ici ma lecture : "la thèse de l’inexorable captation par la partie riche de la population d’une part croissante du revenu national, ce qui serait de l’essence du capitalisme potentiellement destructeur de la société, laisse perplexe."

                  68% des plus riches possèdent autant que les 2,5 milliards des plus pauvres. Il y a deux decennies ils étaient environ 370 têtes de pipe !

                  Si cela vous laisse perplexe soit... mais n’en faite pas un tissu de conneries !


                  • Roland Verhille Roland Verhille 22 août 2014 19:30

                    @Yvance77

                    Vous semblez bien mal lire ce que j’ai écrit, et peut-être mal comprendre.

                    C’est le fondement de la thèse, c’est à dire ce dont elle est déduite, l’opposition entre un taux de rendement du capital comparé à un taux de croissance des revenus par habitant, qui laisse perplexe, non la partie tronquée que vous citez. Manifestement, vous n’avez pas compris ce que sont chacun de ces taux.

                    « le tissus de conneries » est de votre imagination, puisque vous avez cessé de me lire sitôt ce passage relevé par vous.

                    Quant aux 2,5 milliards de plus pauvres, vous aussi possédez certainement bien plus que ces pauvres. Est-ce que ce plus, vous leur avez volé ? 


                    • laertes laertes 22 août 2014 22:09

                      @l’auteur : vous me faites doucement rigoler avec votre critique de la comptabilité publique utilisée par Piketty. En fait votre rhétorique est absurde ! relisez-vous " si une régulation nécessairement toujours plus poussée de la répartition des revenus et de l’accumulation du capital en vue de réduire significativement les inégalités de revenus et de patrimoine ne mène pas progressivement plus sûrement aux horreurs de l’ancienne économie soviétique qu’à une égalité des revenus et de capital, etc«  En considérant le contenu du début de cette phrase et la conclusion absurde de cette même phrase on a une petite idée de votre technique de faux-semblant de votre raisonnement....
                      Une autre perle : » si l’accumulation inégalitaire de capital n’est pas la résultante des choix et comportements humains en même temps que des inégalité d’opportunités et de destins plutôt que celle du capitalisme« alors celle là c’est la meilleure ! Vous ne valez pas mieux que les idéologues communistes qui disaient sans arrêt que si on condamnait les gens c’est qu’ils n’étaient pas suffisamment communistes. Ce que vous dites est absurde ! Il n’existe pas d’économie théorique ! Il n’existe que des rapports de force économiques que vous décrivez, admirer l’euphémisme et le mensonge par ommisions, comme : »la résultante des choix et comportements humains en même temps que des inégalité d’opportunités et de destins« que vous qualifiez de »non capitaliste". Le capitalisme , pas plus que le communisme n’existent pas en tant que théorie. N’existe que les comportements et leurs résultats. si l’accumulation de richesses toujours plus déséquilibrée grâce au capital n’a pas de rapport avec l’appauvrissement d’une toujours plus grande partie de la population n’est pas considéree comme la mise en pratique du capitalisme alors, effectivement Piketty n’a pas de souci à se faire avec un fumiste ou enfumeur tel que vous.
                      ON connaît ce genre de pseudo raisonnement qui est vide démasquée et qui cache (mal) la défense d’intérêts égoïstes !


                    • Roland Verhille Roland Verhille 23 août 2014 10:05

                      Ravi de vous avoir déridé !

                      Votre exégèse de l’une de mes phrases vous fait dire que sa conclusion est absurde. Mais vous lisez mal : le début de cette phrase (La lecture de ce travail ... conduit encore à se demander ... ). Les ; sont là pour séparer ce que l’on se demande. De plus, il n’y a pas là de raisonnement, mais une interrogation. Et je ne vois pas en quoi il y a absurdité, c’est à dire le contraire de ce qui est recherché.

                      Et merci pour vos compliments à la pelle ! Il est vraiment difficile de trouver quel raisonnement justifie vos sarcasmes qui ne font pas progresser les connaissances du fonctionnement des économies.


                    • alberto alberto 22 août 2014 22:59

                      En 2014, la parution américaine du Capital au XXIe siècle suscite un important débat public aux États-Unis et en Europe. Pour le prix nobel d’économie Paul Krugman, l’ouvrage est « le plus important de l’année – et peut-être de la décennie […]. Piketty a transformé notre discours économique. Nous ne parlerons plus jamais de richesse et d’inégalité de la même manière » ...

                      Et toi, en matière de recette, celle du bœuf en daube, ça te cause ?

                      La myopie peut frapper n’importe qui, mais ne pas prétendre, en plus, à faire découvrir les vastes espaces !


                      • Peretz1 Peretz1 30 août 2014 17:44

                        Et vive Piketty qui a découvert l’eau chaude !!!


                      • Le421 Le421 23 août 2014 06:06

                        A force de quantifier tout ce qui peut être mesuré, les comptables et autres experts de chiffres ont planté complètement le monde moderne.
                        J’avais l’exemple concret et criant de tenir le SAV d’un grand magasin de meubles, télévision et autre électroménager.
                        On nous a toujours accusé de ne rien rapporter en chiffre d’affaire. Pas un idiot de bureau pour quantifier le nombre de clients qui venaient acheter en raison de la présence d’un bon service après-vente. Ben non !! Vu que c’est un facteur humain non quantifiable...Le SAV a été passé en sous-traitance, puis le magasin a fermé. Conjoncture économique ou mauvais calcul ??
                        La philosophie et la psychologie humaine sont au comptable ce que le métro parisien est à l’huître.
                        Impossible à appréhender.
                        Ce n’est pas parce qu’on en a une grosse dans le slip, pour être trivial, que l’on saura satisfaire correctement ces dames... Facteur humain !!
                        Or, je reprends l’idée de la théorie du ruissellement, oui, oui, celle qui est bien connue et qui est devenue complètement fausse, comme quoi plus de riches autour de vous profitais à tous !!
                        Dans les faits, plus le nombre de millionnaires et de dividendes versés augmente en France et plus il y a de misère.
                        Et ça, c’est mesurable, mesuré, vérifiable et vérifié.
                        Le sacro-saint impôt qui devrait réguler et dangereusement grever le budget de ceux qui se décarcassent à gagner 100.000€ en trois coup de cuillère à pot (vous remarquerez d’ailleurs que ceux-là n’ont jamais les mains sales ni mal au dos !!), ne remplit plus son rôle. La plupart des sommes récoltées par ces nantis ne retombe jamais sur le petit peuple et se retrouve entassée dans des cercles financiers obscurs et indéchiffrables. Donc, intouchables par le pécore moyen.

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