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Le chiffre d’affaires réalisé par les auto-entrepreneurs : polémique et analyse

Le statut d’auto-entrepreneur se développe et essaye de prendre sa place depuis 9 mois désormais. Les chiffres de la création sont annoncés à grand renfort de communication, et l’on parle de grand succès, devant l’engouement des Français à se lancer de façon délibérée et massive dans l’auto-entrepreneuriat.

On attend aussi les premières déclarations de Chiffre d’Affaire pour critiquer allègrement ce statut si simple, pour démontrer qu’il s’agit de fumée sans feu, de poudre aux yeux ou encore de faux succès… Les Français toujours prompts à critiquer, détruire, saper les bases d’une réforme de fond, ont trouvé là le talon d’Achille qui leur manquait.
 
C’est le site du journal La Tribune qui donne les premiers éléments, que nous reprenons ici : " … les premières déclarations de chiffre d’affaires font état d’une faible proportion d’auto-entrepreneurs ayant déclaré une activité réelle pour le deuxième trimestre (seulement 4.400 recensés par l’Urssaf de Paris, qui recouvre un tiers des cotisations nationales). La moyenne de chiffre d’affaires est de 4.700 euros par trimestre. Le secrétaire d’État au Commerce et aux PME, Hervé Novelli, à l’origine de ce statut, attend des statistiques complètes, que devrait lui fournir, prochainement l’Acoss, qui fédère les Urssaf ". Une dernière information précise que sur le nombre total d’inscrits franciliens, 21.710 ont déclaré une activité.
 
Nous aimerions apporter quelques analyses à ce semblant de polémique qui semble alimenter détracteurs, blogueurs, politiques, entrepreneurs et passionnés :
  • Sur les chiffres d’abord, qui devraient apporter un élément fiable et concret, pour construire une analyse de fond sur ce statut si jeune. Ce qui n’est pas mentionné est en effet capital, et rend l’effet d’annonce peut crédible. En effet, les auto-entrepreneurs ayant déclaré leur Chiffre d’Affaire au second trimestre en région parisienne sont au nombre de 4400, ce qui correspond à 16% des inscrits au régime pour certains, 30% pour d’autres. Mais cette proportion ne tient pas compte de la proportion d’auto-entrepreneurs réellement présents en Ile de France, qui n’est pas forcément la même.
  • L’auto‐entrepreneur choisit son échéancier de paiement des cotisations : il paye en ligne selon un rythme mensuel ou trimestriel. En régime de croisière, l’échéancier trimestriel est le 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier, sachant que la règlementation prévoit que la première déclaration est effectuée le mois suivant le trimestre qui suit le trimestre d’inscription. Les auto‐entrepreneurs qui se sont déclarés au cours du premier trimestre 2009 ont donc jusqu’au 31 juillet pour liquider leur cotisations et leur impôt à partir de leur première déclaration de chiffre d’affaire. C’est à ces auto-entrepreneurs là que l’URSSAF fait référence, et il ne faut pas oublier qu’au 30 juin 2009, le chiffre exact d’auto-entrepreneurs réellement inscrits n’était pas connu (on a parlé de 185000 au 15 juillet).
  • Il ne faut pas non plus oublier que l’URSSAF ne recense que les déclarations des auto-entrepreneurs rattachés à son régime, ce qui ne veut donc pas dire que les autres auto-entrepreneurs, rattachés au RSI ou à la CIPAV. On évoque ainsi le chiffre national de 70 000 auto-entrepreneurs actifs, ce qui n’est qu’une extrapolation du nombre d’auto-entreprises inscrites fin juin aux Urssaf de Paris et de la région parisienne (exception faite de la Seine-et-Marne) : 21 710 (dont 7 250 en attente), qui représente environ un tiers des collectes de cotisations salariales et patronales du pays.
  • La moyenne du chiffre d’affaires, annoncée de 4700 euros, n’a pas non plus de sens dès lors qu’on n’annonce pas d’écart type, notion bien plus concrète et précises qu’une simple division du CA total divisé par le nombre de déclarants. De même, pourquoi l’annoncer par trimestre, alors que tout bilan d’entreprise se fait sur le mois, surtout lorsqu’on parle de micro-entreprise, qui paie en fait un salaire à son gérant ? A ce titre, il semble plus réaliste de parler de 1560 euros par mois, ce qui est convenable.
  • De plus, parmi ces déclarations, il faut toujours inclure les 10 000 premières déclarations de chiffres d’affaires enregistrées fin avril qui concernent exclusivement les micro‐entreprises existantes en 2008 qui ont adhéré au régime de l’auto‐entrepreneur au premier trimestre, et qui ont sans doute aussi déclaré au second trimestre.
  • Le bilan définitif des déclarations de chiffre d’affaires au titre de 2009 ne sera disponible qu’au 1er avril 2010, ce qui semble logique quand on sait qu’il faut bien six mois pour lancer une véritable activité commerciale et encaisser ses premières factures.
En guise de conclusion, il est à notre avis bien trop tôt pour sonner le glas d’un régime bien jeune et si attendu. L’imprécision des chiffres ne peut que pousser à la plus grande prudence en terme d’analyse, et ce d’autant que la méthodologie n’est pas connue. A force de procès manqués, de critiques désabusées et de mauvaise compréhension du phénomène, on risque de tuer dans l’oeuf une initiative économique qui a droit à sa chance. Laissons lui cette chance !

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66 réactions à cet article


  • Voltaire Voltaire 15 septembre 2009 13:10

    Merci de ces précisions.
    Le statut d’auti-entrepreneur, même s’il n’est pas la panace et ne concerne qu’une fraction des créateurs d’entreprises, est effectivement un pas en avant très important par rapport aux modèles pré-existants. Les simplifications qu’il permet jouent un role majeur dans la décision de nombreux candidat à la création d’entreprise.

    Il faut simplement souligner un élément clé : ce statut ne concerne qu’un type bien particulier d’entreprises, dont le chiffre d’affaire est réduit (donc principalement dans les services) ; les modifications en cours devraient permettre de clarifier certaines confusions qui demeurent entre ce statuit et celui d’artisan, pour lequel il est mal adapté. En réalité, ce statut est bien adapté aux micro-entreprises individuelles de service, dans le cadre d’un second salaire de la famille par exemple, ou d’une période de transition professionnelle. Il n’est pas adapté à la création d’entreprises vouées à grandir ou nécessitant un investissement important. Une fois ces limites reconnues, il constitue un élément très utile dans le droit de l’entreprise, et sans doute l’une des rares réformes réellement positives pour l’économie de ce gouvernement.


    • Annie 15 septembre 2009 13:55

      @Voltaire,
      Je suis entièrement d’accord avec votre commentaire, à une seule exception. Une micro-entreprise (cela sonne bien mieux qu’auto-entrepreneur !!) peut prendre de l’expansion. On peut structurer cette expansion en employant du personnel, ou bien ce qui a été mon choix, sous-traiter un travail pour lequel j’étais déjà dans les faits sous-traitée, mais en gardant le contrôle des commandes. Cette sous-traitance ne me rapporte rien, mais elle me permet de planifier mon travail et ma charge de travail, et de conserver mes clients.


    • freelol freelol 16 septembre 2009 06:27

      Pouvez vous préciser le « pas en avant très important » par rapport au statut micro entreprise ? Parce que à part un joli site internet de plus.gouv et l’ire des artisans je vois pas bien les avancées. Merci


    • xa 16 septembre 2009 10:40

      Pour faire simple, autoentrepreneur = micro entreprise + micro-social + non immatriculation

      Le mirco social, en gros, c’est :

       pas de minimum de cotisations

       versement au fur et à mesure de vos recettes

        donc pas de rappel de cotisations la troisième année...

       comptabilité ’fiscale’ encore plus succincte.


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 15 septembre 2009 13:38

      Les Français toujours prompts à critiquer, détruire, saper les bases d’une réforme de fond, ont trouvé là le talon d’Achille qui leur manquait.

      N’ aura qu’ à voir les commentaires à suivre .

      Merci pour cet article , et que tous ceux qui râlent après leur exploiteur de patron se mettent à leur compte pour voir la vie en vrai .


      • oncle archibald 15 septembre 2009 13:58

        et moi je me pose la question d’une activité d’auto-entrepreneur dans le cadre d’un cumul emploi retraite ... Une espèce de carrière à l’envers si j’ose dire .. Je suis très actif mais j’en ai marre, je souhaite poursuivre mon activité libérale mais cool avec juste quelques clients qui me plaisent et sans être accablé de charges sociales .. Quelqu’un sait-il si c’est envisageable ??


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 15 septembre 2009 14:06

          Oncle Archibald ,

          C ’est exactement ce que j’ ai fait après 4 ans de retraite j’ en avais marre de glander .

          Je me suis inscrit comme auto-entrepreneur , je fais quelques petits marchés dans la semaine , cool , pour le plaisir , je vois du monde , respire l’ air , me sens utile ,
           
          bon je connais pas ton secteur d’ activité , mais l’ auteur de l’ article devrait pouvoir te répondre .

          En tous cas bonne chance à toi .


          • oncle archibald 15 septembre 2009 16:43

            Merci cap’tain et j’espere bien que les spécialistes vont me répondre vu que mon comptable y-sait-pas, mon AGA elle sait pas, les fonctionnaires de l’Urssaf y zont pas envie de penser à ça , etc .. Mon secteur à moi c’est la matière grise du bâtiment : plans, suivi des chantiers, compta des chantiers, autopsies après malfaçons,proposition de solutions de réparation, etc .. Si je pouvais me permettre de trier les clients parce qu’on n’a plus de grosses charges et qu’on veut juste un peu de beurre sur les spinachs, ce serait super amusant et comme vous j’aurai le plaisir de me sentir encore utile à d’autres que mes petits enfants qui ne m’occupent pas à plein temps .. ... 


          • freelol freelol 16 septembre 2009 06:30

            Je crois qu’il est possible de vous établir en auto entrepreneur avec le régime micro bnc, en gros 50% impôts sur votre CA.


          • xa 16 septembre 2009 10:48

            En autoentrepreneur, au pire, on verse 21,3% de charges sociales. Ensuite, si on choisit l’imposition par prélèvement libératoire, au pire, c’est 2,2% de plus, soit un maximum de 23.5%.

            D’où tenez vous ces 50% ?


          • freelol freelol 16 septembre 2009 16:13

            erreur de ma part le micro bnc a 23% énéfé


          • french_car 15 septembre 2009 16:07

            Sous le terme « auto-entrepreneur » on entend chômeur en fin de droit qui tente de se vendre en free-lance.
            Doit-on se féliciter du succès de cette solution de la dernière chance ?


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 15 septembre 2009 17:41

              French-automobile ,

              Mais que croyez-vous donc ?

              La plupart des entreprises commencent avec une idée , un talent , un esprit d’ entreprendre qui si elles réussissent deviennent plus grandes , donnent du boulot aux gens , à d autres entreprises , payent l’ Urssaf , divers impôts , font à la fin tourner l’ économie .

              Jamais personne n’ a commencé par une multinationale .

              Ce statut facilite justement la mise à l’ étrier de celui qui veut se lancer .

              Voir la vie de façon cauchemardesque et pessimiste est le lot des paumés en tout genre .


            • Yohan Yohan 16 septembre 2009 00:52

              Doit-on se féliciter du statut de chômeur de longue durée ?


            • freelol freelol 16 septembre 2009 06:43

              Ya rien de vraiment novateur, l’auto entrepreneur , c’est la micro entreprise avec une couche fraîche de peinture. Hein a oui on me dit dans l’oreillette que ya un joli site internet tout neuf.

              Pour faire avancer le débat voici ce qui se passe dans une entreprise qui vend des portes et des fenêtres. Les équipes de pose salariés sont remplacées par des sous traitants indépendants, ce sont souvent les mêmes personnes qui démissionnent.

              « - Mets en toi en micro, jte filerais des contrats et tu gagneras plus »
              Certes mais pas d’assurance chômage et la loi du marché, la concurrence entre les travailleurs.

              Un système qui précarise les travailleurs en les mettant en concurrence. Beaucoup pensent avoir l’étoffe du chef d’entreprise et beaucoup se retrouveront sur le carreau sans indemnités le jour ou leur fournisseur (le vrai gagnant) souvent unique les laissera tomber pour une équipe de Polonais.


            • oncle archibald 16 septembre 2009 10:21

              il y a du vrai dans ce que vous dites freelol, mais ca existe depuis bien longtemps avec la sous traitance des grandes entreprises aux artisans qui exécutent ... Mais si parfois ca n’arrange que « l’employeur vrai » alias la grosse entreprise, parfois ça arrange aussi l’artisan, qui a horreur de la paperasse, qui ne veut pas perdre du temps à répondre à des appels d’offres, bref qui est plus à son aise avec un rabot qu’avec un stylo et qui est bien content d’avoir du boulot sans avoir à le chercher et de ne pas avoir un « patron » pour lui « gueuler dessus » pendant qu’il bosse ... sur que pour que ca marche il faut etre competent et vaillant ... mais finalement, est-ce anormal ??


            • SergeC 15 septembre 2009 16:17

              Soyons clairvoyants sur les chiffres de l’AE. Mais c’est comme la salle de sport ça, sur 10 inscrits 7 restent au cours de gym de 19h... c’est un statut complémentaire, auquel certains souscrivent parce qu’il est super populaire et aussi parce « qu’on ne sait jamais », « au cas où ». Et ils ont raison !


              • Alain-Goethe 15 septembre 2009 16:19

                Je connais qn célibataire, ayant atterri « en subissant événements » dans un HLM loin de sa région d’origine. ;
                - Rmiste, certains pbs de santé.
                - en mi janvier, elle s’est inscrite en auto pour faire des traductions.
                - ce jour, elle me dit au tel qu’elle a réussi à faire env. 1300 Euros de C.A, et ensuite panne d’informatique ..
                - URSAFF lui réclame déjà 800 Euros

                - elle a aussi des soucis ponctuels coté RSA

                Là elle est dans sa famille (région d’origine) :

                Le conseil que je lui ai réitéré :
                Envisages plutot de rester définitivement dans ta région d’origine (Rhone Alpes)
                Faire des dossiers d’HLM , avec l’appui de WAUQUIEZ ou de Mercier (Pdt du C.G du 69)
                - quitte à interrompre auprès de URSSAF de la « région d’atterissage forcé » et à redémarrer sur Rhone Alpes

                Car je le constate de + en + : bcp de gens se « recroquevillent » près de leur famille, non loin d’un réseau de combines (un tel qui est bricoleur, un autre qui connait qn qui .. qui connait une combine..)
                car le crise est loin d’être terminée..

                et des Français « un peu paumés » y en a des tas


                • Annie 15 septembre 2009 16:56

                  J’essaye un peu de comparer votre exemple à la situation en Angleterre. Il me semble que les difficultés que vous évoquez sont principalement administratives. Dans mon cas, je n’ai pas eu à déclarer quoi que ce soit lorsque j’ai commencé à travailler. J’ai simplement dû payer des cotisations de retraite qui sont forfaitaires et minimales, que toute personne active doit payer. Par contre en fin d’année fiscale, j’ai fait ma déclaration d’impôts, et j’ai donc payé sur mes bénéfices mes impôts plus un pourcentage de mes bénéfices correspondant aux cotisations sociales. Le succès de ce statut en Angleterre vient de sa souplesse administrative.
                  Quant à la panne informatique, cela fait partie des aléas du métier. Peut-être le piège de ce statut est de penser que l’on peut créer une micro-entreprise avec des bouts de ficelle, cela dit sans méchanceté aucune.


                • Alain-Goethe 15 septembre 2009 16:42

                  Fin 2008, je lui avais dit plusieurs fois de ne pas s’inscrire trop tot, pas avant d’avoir prospecté avec succès un embryon de Clientèle ..

                  Finalement, elle a voulu (dans ce cas) aller trop vite ..
                  En outre, elle m’a garanti qu’à partir de ce moment là elle n’était plus en catégorie 1 des Demandeurs d’emploi.
                  Donc bonus pour les chiffres mensuels annoncés aux messes de 20 h !!

                  - Now j’ai l’impression que Popol Emploi a changé l’appellation de la catégorie 1 en « catégorie A »

                  En son temps, j’ai hélas connu tout ça ...

                  Je souhaite bon courage aux « moins de 60-62 ans » !!


                  • Grégoire Leclercq La Fédération des Auto-Entrepreneurs 15 septembre 2009 16:51

                    Merci pour tous ces commentaires constructifs, et visiblement intéressés par le débat de fond que fait naître ce statut. N’oublions pas que l’essentiel est effectivement, comme le font remarquer certains lecteurs, que le but est de gagner un revenu complémentaire, de gagner sa vie tout simplement, en valorisant de façon légale ET professionnelle les savoir-faire.
                    Pour répondre à la question des retraites, je vous conseille cet article qui fait le point sur le sujet : http://www.federation-auto-entrepreneur.fr/fiches-pratiques-auto-entrepreneurs/pre-retraites-retraites-devenez-auto-entrepreneur-en-quelques-cl


                    • chmoll chmoll 15 septembre 2009 18:12

                      dommage que l’rouleau compresseur administratif, et celui des taxes en veut tu en voila ,soit toujours dans l’mème état

                      pasque aucun emploi n’a été creer avec l’auto entrepreneurnà part ceux qui se sont mis à leurs compte

                      mais bon faut reconnaitre que c pratique


                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 15 septembre 2009 18:16

                        Qu’ en savez-vous chmoll si aucun emploi n’ a été créé , connaissez-vous tous ceux qui se sont mis auto-entrepreneurs pour savoir s’ ils ont embauché ou non ?


                        Certains affirmeraient que la couleur rouge est noire si celà les arrangeait ...


                        • Alain-Goethe 15 septembre 2009 20:40

                          @ Haddock :
                          ça m’étonnerait bcp que des auto entrepreneurs aient déjà dégagé suffisamment de C.A afin de pouvoir en plus embaucher des personnes ??

                          Preque toute l’Europe est malade.. en perdition ./. aux rouleaux compresseurs asiatiques..

                          Ingénieur de formation, j’ai connu la galère .. et suis pas le seul !

                          Mes CMTS 8 et 9 relatifs à Traducteur = ont été valables pour moi.. car les dernières années avant retraite = j’ai fini comme traducteur technique angl- allemand vers français ..
                          bcp de travail pour un bénef inf. au SMIC ...
                          Pauvre France ! dans ce pays fallait choisir d’etre fonctionnaire.. !
                          A +


                          • xa 16 septembre 2009 11:04

                            « ça m’étonnerait bcp que des auto entrepreneurs aient déjà dégagé suffisamment de C.A afin de pouvoir en plus embaucher des personnes »

                            Je ne suis pas sur qu’on puisse embaucher dans ce statut. Question de cout. Prenons le service : 32000 de CA maximum. Un salarié au smic, c’est déja 50% de ce CA qui part en fumée. Vous ajouter les 23,5% pour l’Etat (charges autoentrepreneur + prélèvement libératoire), il reste mois de 30% pour l’autoentrepreneur.

                            En commerce, c’est jouable, à condition d’avoir une marge certaine entre les achats et les ventes.


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 15 septembre 2009 21:33

                            Alain ,

                            Au cours de ma vie j’ ai changé de fusil d’ épaule des dizaines de fois , quand un produit que je fabriquais et vendais devenait obsolète j’ en fabriquais d’ autres qui ont marché très bien , d’ autres moins bien , quel est cet état d’ esprit vous permettant de penser que c ’est gagné par avance ?  Rien dans la vie n’ est gagné par avance .

                            Avoir un diplôme et penser qu’ on va être rémunéré toute sa vie est une abbération .

                            On est sur terre ici , pas chez Dysneyland..

                            Regardez les anciens fonctionnaires quand ça va pas comme ils ont l’ habitude ils se suicident , c ’est très malheureux mais avaient-ils pensé être dans une pouponnière ?

                            La vie est un combat , ceux qui percoivent la réalité gagnent .



                             


                            • Annie 15 septembre 2009 21:53

                              Intéressant le sujet sur la traduction. Un sujet que je connais très bien. Le problème est qu’aujourd’hui on se retrouve dans ce secteur en concurrence avec des Chinois, ou des gens non qualifiés, non expérimentés qui cassent les prix (je dis Chinois parce que c’est une réalité). Beaucoup de gens commissionnant des traductions n’ont aucune idée de la qualité du produit fini qu’on leur remet. Dans un monde aussi globalisé et aussi compétitif, une qualité prisée presque par dessus tout est la fiabilité. On peut vivre du métier de traducteur, mais il faut s’imposer pour cela auprès de certains clients et leur expliquer ce que l’on apporte comme valeur ajoutée. (je dis cela en croisant les doigts).
                              @Haddock,
                              Il n’est pas évident de s’improviser entrepreneur. Si j’ai bien compris la situation avec France télécom, ce n’est pas le chômage qui pousse les gens au suicide, mais la structuration actuelle du travail, la culture managériale qui prévaut. Et cela pour en avoir des exemples sous les yeux, je le comprends totalement.


                            • Yohan Yohan 16 septembre 2009 01:10

                              Captain
                              Le taux de suicide démentiel à France Telecom n’est pas seulement révélateur du malaise qui règne dans cette entreprise, il témoigne aussi de la perte de substance combative chez les fonctionnaires par manque de stimulation des capacités à affronter les aleas de la vie professionnelle. En extrapolant, que se passerait-il si la fonction publique basculait du jour au lendemain vers cet univers bardé d’aleas dans lequel les salariés du privé baignent en permanence ?


                            • Yohan Yohan 16 septembre 2009 01:00

                              Au moins, avec ce nouveau statut, certains se sentent pousser des ailes.
                              Certaines de ces nouvelles entreprises vont raciner et donner des pousses, d’autres non.
                               
                              Mais si ce statut peut décoincer ne serait-ce que 10% de ceux qui ont tendance à attendre le salut venant de l’Etat et de mère providence, c’est déjà un grand pas en avant.
                              Rien que d’apprendre à se débrouiller tout seul avec son CA, ses clients et faire bouillir la marmite avec son propre gaz, ça forge le tempérament


                              • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 septembre 2009 07:39

                                Yohan,

                                Tout à fait , et perso je suis persuadé que si on facilite l’ accès à l’ entreprise il se créera plus de boîtes .

                                Le truc c ’est qu’ il faut des battants , pas des poules mouillées .


                                • Alain-Goethe 16 septembre 2009 09:05

                                  @ Haddock :
                                  En effet, il y a eu en France x % de personnes qui ont changé plusieurs fois d’activité . Vous et moi en faisons partie

                                  @ Annie :
                                  Le domaine de la traduction devient de + en + concurrencé.

                                  J’ai traduit bcp de brevets Angl ---> Français
                                   


                                  • Alain-Goethe 16 septembre 2009 09:16

                                    Excuses ! mon chat est venu sur clavier. et mon précédent CMT était incomplet.

                                    Je reprends :

                                    Je traduisais notamment des brevets.

                                    Comme la France a voici 2 ans env. ratifié le Protocole de LOndres, le nombre de brevets à traduire en Français a diminué.

                                    - comme Annie le dit, on ne s’improvise pas traducteur, surtout si la Qualité est une condition nécessaire


                                    • Annie 16 septembre 2009 11:48

                                      @Alain-Goethe,
                                      Ce qui est intéressant à propos du secteur de la traduction est qu’auparavant les grosses boites employaient leurs propres traducteurs. Il y a environ 6-7 ans, en Angleterre, les entreprises ont fait leurs comptes et ont décidé qu’il leur coûterait moins cher de sous-traiter ce service (ainsi que d’autres d’ailleurs). La grande crise pour la traduction s’est produite à ce moment-là. Je n’ai pas fait de recherches, mais je pourrai (presque) mettre ma main au feu en affirmant qu’aujourd’hui il n’y a plus un seul traducteur en Angleterre qui soit salarié, mais qu’ils sont tous à leur compte, travaillant soit pour des entreprises, soit par l’entremise d’agences. Il y a eu au début un cassage des prix par tous ceux qui se sont improvisés traducteurs (je parlais de la Chine), mais les associations professionnelles s’en sont mêlées pour soutenir leurs membres et assurer la qualité du service, et s’il y a eu une stagnation des tarifs, les outils de traduction assistée ont fait qu’au bout du compte, un traducteur s’y retrouve financièrement en facturant au même prix mais en travaillant plus vite, et en pouvant donc accepter plus de travail. Le problème des brevets que vous soulevez est tout à fait pertinent à un secteur qui doit s’adapter très rapidement à l’évolution des technologies, des lois etc. 


                                    • Alain-Goethe 16 septembre 2009 12:46

                                      @ Annie :
                                      En Angleterre en effet :
                                      J’ai eu parmi mes Clients au moins 3 Agences de Traduction.
                                      Avec d’autres pays, finalement je ne travaillais qu’avec des Agences.

                                      En effet, l’Externalisation qui s’est développée fait qu’un « constructeur » n’a gardé , à titre de salariés, que ceux qui étaient vraiment « au coeur du métier ».
                                      ex : automobile :
                                      Ils sous traitent bcp de pièces
                                      La traduction n’est pas une activité « stratégique », elle a donc été sous traitée.

                                      Par ailleurs il y a eu le développement de logiciels d’aide à traduction : Trados ( avec des « mémoires » de traduction, que le traducteur doit aussi envoyer au Client ;

                                      Lors de l’appel d’offres suivant, le Client exige que les « free lance » qui vont soumissionner pratiquent Trados , au meilleur rapport « délai-prix .. et qualité ». et ils « prétent » la « mémoire de traduction » initiale.


                                    • Annie 16 septembre 2009 12:58

                                      Effectivement, j’ai lu que certaines boites demandaient aussi des traductions qui n’étaient pas « clean », qui avaient encore les segments source et cible du texte à traduire. Je me demande dans ces cas-là s’il y a véritablement un gain pour l’entreprise, qui doit quand même payer quelqu’un pour gérer les traductions.


                                    • verbre verbre 16 septembre 2009 09:16

                                      Alors moi je vais vous parler de moi.

                                      Auto entrepreneur depuis la fin du printemps cumulant un CDI au salaire de 1300 euros et devant être licencié à l’automne.
                                      Je m’étais dit je vais faire la transition.
                                      Mon activité a du mal à démarrer mais je pense qu’il faut 1 an à 2 ans pour bien démarrer.
                                      Je me suis renseigné pour mon licenciement.
                                      Je suis censé toucher 1000 euros d’assedic.
                                      SAUF QUE ETANT AUTO-ENTREPRENEUR, si je ne déclare aucun chiffre d’affaire j’ai une retenue forfaitaire de 800 euros sur mes assedic, et si je déclare un chiffre d’affaire j’ai de toute manière la même retenue à hauteur de 800 euros. Donc c’est comme si on me squizzait mes droits assedic : bravo pour le soutien à la création !
                                      C’est n’importe quoi.
                                      Et la durée de prise en charge assedic est réduite de 24 à 15 mois.

                                      Résultat des courses, je laisse tomber ce statut, pour pouvoir profiter de mes assedic pour lesquels j’ai cotisé plus de 10 ans. Et me démerder autrement.

                                      • xa 16 septembre 2009 11:55

                                        Vous devriez vérifier auprès des assedics, en invoquant le décret du 30 mars 2009.

                                        Normalement, vous pouvez cumuler votre indemnisation assedic et votre revenu tiré de votre activité d’autoentrepreneur. Mais il y a une limite à ce cumul, il me semble que le cumul cesse si vos revenus dépasse 70% du salaire retenu pour calculer les indemnités.

                                        Les personnels Assedics étant « extremement bien formé » à ces subtilités, il vaut mieux se déplacer et demander une explication avec une justification écrite (histoire d’être sûr d’avoir un interlocuteur formé réellement, parce que le pole emploi a mis pas mal d’ex-ANPE au poste de renseignement sur les indemnités, alors qu’ils n’y connaissent pas grand chose ... faute de formation). 

                                        Au pire, vous abandonnez temporairement ce statut, pour le reprendre une fois le chomage activé, vous serez alors chomeur en création d’entreprise, et là, vous êtes sur que le cumul s’active.


                                      • verbre verbre 16 septembre 2009 18:41

                                        Merci pour cette info XA, car il est difficile de trouver de l’info sur le net concernant ce sujet.
                                        Je vais me renseigner.


                                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 septembre 2009 09:24

                                        verbe ,

                                        Vous avez raison de ne pas vous lancer , d’ autant plus que si vous êtes réellement à votre compte jamais vous n’ avez droit à rien .Ni congés payés , si vous êtes malade pas de rentrée d’ argent , une toute petite retraite , de plus si ça se trouve vous devrez vraiment bosser , avoir des idées , se plier en quatre et si ça se trouve , réussir .

                                        Vous avez raison , c ’est bien plus tranquille puisque vous avez DROIT .

                                        A la fin de votre vie vous direz « j’ avais droit  »

                                        Vive le droit .


                                        • miwari miwari 16 septembre 2009 10:27

                                          @rocla,

                                          Vous donnez l’impression de considérer tout ceux qui ne se « lance pas » dans la création d’entreprise comme étant des parasites de la société, vous est-il venu a l’esprit que ces personnes n’ont peut être pas :

                                          • La chance comme vous d’être dans un créneau qui s’y prête ou déjà trop occupé  ?
                                          • Ne pas pouvoir compter sur une retraite si minime soit-elle, mais avoir une famille a nourrir coute que coute ?

                                          verbre a cotisé aux assedic et il a bien raison de « profiter » de cela.

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