• mercredi 23 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Le choix d’Angela
20%
D'accord avec l'article ?
 
80%
(25 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Le choix d’Angela

“Les marchés veulent nous forcer à faire certaines choses que nous ne ferons pas. La politique ne peut pas simplement suivre les marchés ». C’est en ces termes que Madame Merkel s’est exprimée hier, elle qui revendiquait l’étiquette de pragmatique et qui se retrouve actuellement confrontée à un impossible choix.

Doit-elle imposer à sa coalition – et à une opinion allemande pour le moins réticente – de puiser dans les réserves de guerre du pays pour garantir des nations au bord de la faillite et taxées d’irresponsables. Le gouvernement allemand a-t-il enfin saisi que les sacrifices draconiens exigés de la part des nations européennes périphériques, pour prix de leur renflouement, ne fait que les enfoncer irrémédiablement dans la récession ? Madame Merkel osera-t-elle expliquer à des électeurs désireux de donner une leçon à ces nations cigales qu’une austérité de cette ampleur aboutira très exactement au résultat inverse ? Ou laissera-t-elle l’Union se désintégrer au risque que son propre pays – aux performances économiques déclinantes – ne soit rudement affecté par la perte de pouvoir d’achat de nations européennes qui constituaient jusque là un marché crucial pour les exportations allemandes ? Sans même évoquer le système bancaire allemand lourdement investi en Europe périphérique et qui serait le premier sinistré par l’abandon à leur sort des PIIGS…

Face à ce dilemme, il y a fort à parier que les autorités allemandes choisissent une voie médiane qui ne contentera personne tout en ne faisant que permettre de gagner encore ou, vu autrement de gaspiller encore, un temps précieux et désormais compté. Ainsi, Madame Merkel optera-t-elle pour une entrée en lice intensifiée de la BCE qui appliquera les baisses de taux quantitatives initiées par le Japon dans les années 90, poursuivies par la Fed dès 2008, et dont on sait bien aujourd’hui que l’efficacité est plus que limitée… En tout cas vis-à-vis de l’économie réelle car les injections de liquidités ont au moins le « mérite » d’entretenir – voire d’attiser- la spéculation tout en favorisant incontestablement la formation ça et là de bulles.

N’est-ce pourtant pas un comble que soit précisément le peuple et la nation par excellence obsédés par l’hyperinflation des années 30 (et par ses conséquences politiques désastreuses) qui se fassent les promoteurs de baisses de taux quantitatives dont l’effet plus que collatéral est de créer l’inflation ?

En réalité, ces tergiversations (assez compréhensibles) de l’Allemagne masquent tout simplement une Europe totalement dysfonctionnelle qui, se réfugiant derrière des blâmes adressés à une Allemagne qui rechigne à partager ses richesses le cœur léger, ne se décide pas à se doter des instruments institutionnels de sauver l’union monétaire. L’Allemagne n’en devra pas moins se résoudre dans les semaines – tout au plus dans les deux ou trois mois à venir – à choisir entre une monnaie stable ou entre une intégration européenne digne de ce nom.

Les allemands, qui croyaient un temps être en mesure d’exporter et de faire rayonner à travers toute l’Union le prestige et la rigueur de leur deutschemark reviennent de très loin car ils se rendent aujourd’hui compte qu’ils ont été contraints, subrepticement et à leur insu, d’importer en même temps la Drachme et l’Escudo et la Peseta et la Lire…

Après la chute du Mur et la réunification allemande, l’objectif de la politique française avait été, on le sait, d’entraîner cette grande Allemagne dans une union monétaire afin d’en diluer la prédominance… Les allemands, qui se refusent catégoriquement aux eurobonds, sont parfaitement conscients que l’émission d’obligations garanties de manière équivalente par les dix-sept membres de l’Union achèvera de les emmurer dans une Union Européenne qui fera constamment appel à leur solidarité –c’est-à-dire à leurs liquidités et à leur solvabilité– sans nul moyen pour eux de s’y soustraire !

C’est pourquoi, de guerre lasse, Madame Merkel vient de déclarer, et non sans raison, que l’émission de ces eurobonds transformerait l’Union en une « union des dettes »…

par Michel Santi (son site) mardi 23 août 2011 - 27 réactions
yahoo
20%
D'accord avec l'article ?
 
80%
(25 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Pilule rouge (xxx.xxx.xxx.30) 23 août 2011 10:20
    Pilule rouge

    Il ne s’agit nullement de "solidarité", mais d’éviter un nouveau choque systémique bancaire. L’Allemagne a parfaitement raison de refuser les Euro bonds ou l’augmentation du FESF. Ces mesures ne traitants que les symptômes du sur-endettement, entraînant les autres peuples Européens dans l’austérité, alimentant la spéculation, et permettant de repousser un peu plus une mort inévitable de la monnaie unique (tel qu’elle existe aujourd’hui). 

     
    La seul question qui doit turlupiner Angela Merkel est : "Comment sortir de l’euro, des pays insolvables, sans en porter la responsabilité ?". 
      
    Car pour le reste, c’est Echec et Matt. L’impuissance politique face à cette crise est maintenant criante. Malgré les gesticulations des dirigeants, le rêve d’Europe fédérale leur échappent faute d’un bon timing, et d’une véritable intelligence politico-économique. Les bricolages de dernières minutes trahissent leur impuissance, et une certaine panique.
      
    La prochaine crise souveraine Européen pourrait être fatal, à moins qu’il nous trouve une n-ième rustine. Pour gagner quoi ? Un semestre, un mois, une semaine ?
  • Par _Ulysse_ (xxx.xxx.xxx.251) 23 août 2011 10:58
    _Ulysse_

    Cela fait un moment déjà qu’ils ne cherchent plus qu’à gagner du temps. Ne sachant quoi faire et n’ayant pas le courage de sortir de l’euro. Le jeu du pétard mouillé comme disait je ne sais plus quel internaute hier.

    L’Allemagne veut vraiment sortir je crois et c’est peu être bien eux qui le ferons bel et bien.
    Merkel va probablement attendre la prochaine "crise" pour mettre cela sur le dos de je ne sais qui. Les grecs ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox