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Accueil du site > Actualités > Economie > Le chômage planifié

Le chômage planifié

L’article de José Peres Baptista, daté du 15 décembre 2005, fait apparaître un lien certain entre chômage et taux d’inflation, sans chercher plus avant les liens cachés ou non. Par ailleurs, il souligne fort à propos la volonté de la BEC de maintenir ce taux d’inflation au plus bas possible, en "sacrifiant" peut-être une partie de la population européenne sur l’autel de la doctrine économique.

De plus, il souligne : Je n’irai pas jusqu’à affirmer que ce taux de chômage élevé est voulu et recherché, mais je constate que le critère humain passe bel et bien très loin après une politique économique pour nos institutions.

Je pense que, sans que cela résulte d’une volonté réfléchie (tout au moins je l’espère), le taux de chômage est une conséquence inéluctable de la doctrine libérale qui s’impose aujourd’hui à notre économie et à nos politiques.

En effet, le libéralisme est bien fondé sur un marché qui doit rester libre pour que s’y confrontent les offres et les demandes, et ainsi que soit fixé le prix le plus juste, dénommé prix du marché. Un problème se pose malgré tout : connaissez-vous le prix du marché ? Non, eh bien, à mon humble avis, ce prix est tout simplement le plus bas... Eh oui, pourquoi voulez-vous qu’un acheteur potentiel, libéral ou non, veuille payer plus cher ?

En conséquence, si une entreprise veut vendre, il faut absolument que ses prix s’approchent le plus possible de ce prix le plus bas. Pour ce faire, tous les salariés, les syndicats et même les entrepreneurs pourront vous le dire, la seule variable d’ajustement qui soit utilisée est la masse salariale. Bien sûr, à ce dégraissage "obligatoire", il faut aussi ajouter des gains de productivité, sans lesquels tous ces efforts seraient vains (les efforts de qui, au fait ?).

C’est à ce moment de l’histoire qu’intervient le contrôle des masses par le chômage, décrit par José Peres Baptista : il va permettre à cette entreprise d’obtenir, presque tranquillement, ce qu’elle désire. Le mécanisme est parfaitement pervers, car il agit sous le couvert de la défense des emplois (ceux qui restent, enfin pour l’instant), sauvés par des gains de productivité sources de profits (au fait, pour qui les profits ?).

Le mécanisme est encore plus pervers quand il s’agit de comprendre que, quand on parle de prix les plus bas (ou prix du marché !), il est aussi question des coûts salariaux ; les délocalisations, vous connaissez ?

Donc, en fait, le libéralisme arrive à faire en sorte que le chômage augmente dans les pays riches, sans que les chômeurs ne se rebiffent et, de plus, il permet aux entreprises de mettre en concurrence non plus simplement les produits, mais aussi les hommes entre eux ... Philippe Paoli, dans son commentaire de ce même article de José Peres Baptista, souligne très bien cette division au niveau national, mais je crains qu’une révolte contre le capitalisme flamboyant qui ne serait pas internationalisée, tout au moins au niveau européen, n’ait guère de chances d’aboutir.

Le libéralisme, annoncé comme la panacée, le remède à tous les maux économiques de notre temps, peut apparaître, aujourd’hui, comme un mal encore plus profond. Il crée le chômage en s’efforçant de nous faire croire qu’il lutte contre lui. Il utilise ce chômage afin de contraindre une masse de plus en plus grande de travailleurs à accepter de revenir sur des conquêtes sociales durement acquises. Il cherche à nous faire croire que sa doctrine économique est la seule qui puisse faire avancer le schmilblick

Comment peut-on encore penser que le bonheur de tous soit vraiment le désir des chantres de l’économie libérale ?

En réalité, les pays produisent de plus en plus de richesses, et il y a de plus en plus de pauvres...
Les économistes libéraux essaient de nous faire croire que c’est notre désir de vivre mieux, de travailler un peu moins longtemps et de profiter un peu de notre court passage sur terre, qui est la cause de tous les maux...

A quand une société où l’économie sera au service de l’homme, et non l’inverse ?


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8 réactions à cet article    


  • Jluk (---.---.140.213) 28 décembre 2005 13:49

    Vous devriez visiter le site sur le NAIRU. Cela fait quatre mois que son auteur décortique le sujet.


    • E.K (---.---.123.252) 28 décembre 2005 17:23

      J’ai déjà débatu sur ce sujet, je suis assez d’accord avec vous.

      Lorsque le pays connait des tendances inflationistes, l’Etat va assez de la réduire. Ses moyens sont limités mais sûrs. Par exemple, La Banque Nationale Suisse va augmenter le taux repos, c’est le taux entre la BNS et les banques commerciales, ce qui va provoquer une diminution des investissements, diminution de la de mande de liquide des banques commerciales. La masse monétaire va donc baisser, les entreprises vont observer une diminution de la consommation, dû au prix très élévé, provoqué par l’inflation. Ce qui signifie qu’il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande, en d’autre terme l’offre est plus grande que la demande. Les entreprises n’ont pas réagi à temps et voient leur stock s’accroître, elles voient également par la même occasion leurs coûts augmenter. Elles procéderont à une politique de restructuration, celles-ci vont « devoir » licencier du personnel pour amoidrir leur coûts. Voilà la démarche que procède la Banque Centrale, l’Etat par ailleurs peut utiliser ses propres directives et aisni lutter contre l’inflation, mais on remarque qu’en faisant cela, on augmente le chomâge et ainsi on diminue la consommation.

      Brèf, le chômage est prévu, planifié lorsqu’il existe de l’inflation.

      Merci à vous et retrouvez moi sur intarissable.over-blog.com


      • Manu (---.---.241.212) 28 décembre 2005 21:51

        Dans le même ordre d’idée, il est évident que, contrairement à ce qu’on veut bien nous faire croire, ce ne sont pas les PME qui constitue le poumon de l’économie, mais bien les grandes entreprises. En refusant de partager les profits ahurissants qu’elles sont en train de réaliser (il suffit de jeter un oeil sur la courbe du CAC40) avec leurs centaines de milliers de salariés, elles achèvent de mettre à bas notre société.

        Ainsi, salarié d’un groupe bancaire (45 000 collaborateurs) affichant résultat historique sur résultat historique depuis 2003 (comme la plupart des banques d’ailleurs), il faut bien que je me rende compte que malgré tout, « les banques sont encore fragiles et que demain est incertain » ; alors augmenter la masse salariale, vous n’y pensez pas...

        Cela s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis...


        • Vrett (---.---.210.195) 29 décembre 2005 01:09

          Il ne faudrait pas oublier le super boulet qui dégoûte les PME d’embaucher (et ce même si elles ont besoin de main-d’oeuvre) : les charges patronales !

          Je vous rappelle qu’un salarié au SMIC ne perçoit qu’environ la moitié de ce que le patron sort de sa caisse...


          • Jérôme (---.---.188.195) 29 décembre 2005 07:59

            Vous dites que le libéralisme entraine la baisse des prix donc le chômage.

            C’est un peu facile et surtout, ça ne passe pas l’épreuve de la réalité. Les deux pays les plus libéraux : les USA et le Royaume-Uni ont aujourd’hui un taux de chômage de moins de 5%, un chômage uniquement conjoncturel qui plus est (c’est à dire qu’ils ne peuvent pas descendre plus bas : il faut quand même un peu de temps pour que les gens retrouvent du travail).

            C’est ridicule de dire que la France est un pays libéral. C’est tout le contraire :
            - Législation omniprésente que plus personne ne comprend
            - Présence de l’Etat à n’importe quel niveau
            - Assistanat des personnes en difficulté (voire même en moindre difficulté)

            La dernière vraie période de libéralisme dans notre pays remonte à Napoléon III !

            Le problème n’est pas que le prix des produits baisse. Ca a toujours été le cas et ça le sera toujours. Ce n’est pas non plus que les entreprises délocalisent. Ca, c’est logique : les prix baissant, les entreprises doivent trouver des travailleurs à moindre coût pour continuer à être compétitives. Ca ne me choque pas.

            Par contre, ce qui est extrèmement grave, c’est que ces activités ne sont pas remplacées par des activitées modernes et à haute valeur ajoutée.

            Pourquoi ? Parce que l’Etat investit tellement d’argent dans la sauvegarde d’emplois condamnés qu’il n’y a plus d’argent pour les jeunes PME dynamiques. Les grandes entreprises ont une balance de la création d’emploi négative depuis plus de 25 ans. Les PME créent des milliers d’emplois. Pourtant plus de 80% des aides vont aux grandes entreprises.

            La France favorise la sauvegarde des emplois au détriment de la création de nouveaux emplois. Pas d’aides pour les PME créatrices d’emploi (étant moi-même un ancien créateur et ayant des jeunes créateurs dans mon cercle d’amis, je sais de quoi je parle !) Pas de recherche Par contre, on sauvegarde à coups de milliards le textile condamné, LU et autres bassins miniers !

            La France vit sur son passé, c’est la meilleure façon de ne pas avoir d’avenir.


            • (---.---.196.74) 30 décembre 2005 12:49

              Désolé de dire que le libéralisme est au pouvoir depuis cinq ans et on en a vu les résultats !

              Si au moins une bonne droite remettait l’économie en place, mais même pas !

              Il s’agit simplement d’une bande de « copains » se faisant du blé sur le dos de tous les autres, ceux de « la France d’en bas ».

              Qui aura le toupet de me sortir :

              Oui mais il fallait d’abord éponger les dégas de Jospin ?

              En ce qui me concerne j’ai bien voulu voir ce qui pourrait sortir d’un gouvernement de droite libéral et droit et réformateur et tout et tout ...

              Eh bien j’ai vu !

              Vivement 2007 !


            • (---.---.68.56) 2 janvier 2006 11:18

              l’Utopie d’aujourd’hui est elle la réalité de demain , ou alors « il faut prévoir le présent » comme l’ecrivait en son temps Edgar FAURE ! Il y le libéralisme et le socialisme !qui a créé le plus d’emplois et de richesses ? L’union soviétique et les adeptes du Larzac ! trés certainement, à les croire ! tout le reste n’est que baliverne et éructation marxiste !!!


              • Nicolas 25 ans voulant travailler, famille , subissant la vie encore chez papa maman (---.---.23.31) 15 mars 2006 21:52

                Nous sommes presque de retour à l’époque des rois , on est dans le bon chemin historique en tous cas .. certains pensent à la couleur de leur veste du lendemain ,du parfum accomodé / d’autres est-ce que je vais pouvoir survivre

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