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Accueil du site > Actualités > Economie > Le Clemenceau, en sortir la tête haute !

Le Clemenceau, en sortir la tête haute !

Ou l’émergence d’une filière française en matière de traitement de l’amiante ?

Voici un an, le Clem s’offrait une dernière bataille. Conduite à l’abattoir, la ferraille se rebellait, bousculant au passage certitudes et équations. A l’étonnement général, l’ex-fleuron de la marine revenait à quai, comme à son départ, gorgé d’amiante ! Le retour du Clemenceau sonnait alors le glas de ce qui a pu apparaître comme une facilité, sortir du trouble la tête basse ! Pourtant la nocivité de l’amiante était déjà connue. Pourquoi les murs imbibés d’universités ou d’usines n’ont-ils pas suggéré plus tôt une prise de conscience ? Heureusement, le destin n’est pas toujours écrit. Ce qui a été perçu comme un fiasco peut se convertir en leçon. Naguère pilier du savoir-faire français, le Clemenceau peut le redevenir en la forme d’un chantier pilote porté par véritable politique industrielle et environnementale en matière de traitement de l’amiante.

Aujourd’hui, le navire vogue dans les plis d’un appel d’offres (1). Chacun a remis sa copie. Une solution s’imposera. Encore faut-il que toutes les pistes aient été envisagées. Certains proposent des méthodes reposant sur de hautes températures. D’autres retiennent la sécurisation d’un parcours, depuis l’extraction, la manipulation et l’inertage jusqu’à l’élimination sous la forme de déchets. L’imagination ne manque pas. Certaines solutions de traitement à froid, « en place », viennent d’éclore, qui améliorent de façon significative, et dans des conditions économiques très favorables, la sécurité des personnes ; il serait dommage de ne pas les intégrer dans la démarche en cours. Toutes les options ont leur argument, mais mieux vaudrait ne pas s’enfermer dans ses certitudes. Mieux vaudrait retenir une méthode globale qui puisse être opposable à toutes les situations ! Mieux vaudrait dessiner ensemble les contours d’une expertise française exemplaire et exportable ! A la clef : le traitement d’innombrables cloisons et faux plafonds toujours contaminés, six cents coques de navire, le matériel roulant des transports ferroviaires, d’autres secteurs encore... A l’honneur : la protection accrue des techniciens et des ouvriers du métier, notamment ceux de la baie d’Alang qui continuent d’œuvrer, la mort chevillée au corps. Depuis 1957, le Clem a fait quarante-huit fois le tour du globe, la ronde peut se poursuivre mais, cette fois, retournons en Inde, la tête haute !

(1) La date de clôture est échue

* Ecrit en collaboration avec Daniel Joubert et Jacques Humbert (chercheurs)


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4 réactions à cet article    


  • maxim maxim 8 février 2007 11:49

    il n’y a qu’a le couler une bonne fois pour toutes,dans un endroit bien profond,c’est la solution adoptée par certains pays.....

    ça ne fera qu’une epave de plus à ajouter aux centaines de navires coulées lors des conflits.....

    là ,on depense notre argent pour balader un tas de ferraille dont personne ne veut,et en plus on passe pour de gros charlots aux yeux du monde...

    au fait ,si on posait la question aux politiques ?????

    on aimerait bien les avis éclaires de nos pretendants au trône......


    • (---.---.74.206) 8 février 2007 17:49

      les américains le font très bien ; http://www.irishmansoftware.com/Oriskany.htm

      et puis ça fait un joli parc marin pour poissons et plongeurs !

      mais au prix de l’acier ( super acier japonais très résistant ) faut voir .

      pour l’instant , la population de goelands y trouve son compte il y as de la place pour pas mal de nids lol


      • louis mandrin (---.---.36.85) 8 février 2007 21:51

        coulez-le !!! c’est comme ça qu’il aurait aimé finir, comme support à un récif corallien...honte à nos incompétents de gouvernants, encore des énarques qui continuent à mettre la france dans la merde


        • Lola (---.---.150.51) 9 février 2007 10:24

          La tête haute ? Cette fausse filière sera la tombe des contribuables Français comme l’a été la filière « charbon » dans les années Miterrand. Les Français le paieront doublement, une fois pour tenter de sauvegarder cette filière, et une deuxième fois lorsqu’il faudra maintenir au chômage jusqu’à la retraite les employés de cette filière. Au lieu de vouloir toujours maintenir coûte que coûte des emplois qui sont voués à une mort certaine pourquoi ne pas nous projeter dans l’avenir en investissant ces fonds publics dans la Recherche Appliquée et la création de nouveaux secteurs d’emplois managés par des méthodes de gestion du privé ?

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