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Le crime de la dette

Les dettes publiques des Etats s’envolent à des niveaux poétiques en Occident. Cela signifie-t-il que tous ces Etats sans exception ont mal géré leurs économies. Non bien sûr ! La fraude fiscale n’est en général pas la cause de la dette mais sa conséquence. Les restaurateurs Grecs ne trichent pas davantage que les restaurateurs maffieux de la Huchette et le boucher de Monastiraki ne fait pas plus de noir que le charcutier d’Argenton-sur-Creuse. Quant aux armateurs grecs ils n’ont pas plus de privilèges que les multinationales des autres pays européens qui sont défiscalisées grâce à des artifices comptables parfaitement légaux !

D’où vient alors cette dette publique immense qui étouffe aujourd’hui le monde entier ?

C’est très simple à comprendre, si l’on procède méthodiquement dans l’analyse du système financier.
Je mets au défi le plus pointu des économistes de contester un seul des points qui sont développés ci-dessous.

INVENTION DE LA MONNAIE
A l’âge du bronze, le troc en usage jusque-là était devenu complètement inadapté aux échanges commerciaux de plus en plus conséquents, vu l’abondance des produits, vu la diversité des provenances, vu le développement d’une distribution qui implique plusieurs intermédiaires : producteur, grossistes, détaillants.
La création d’une monnaie est rapidement devenue une nécessité. Cette monnaie qui possédait initialement une « valeur intrinsèque » car elle était battue en métal précieux, fut remplacée au début de l’ère industrielle par une monnaie papier que tout citoyen pouvait échanger contre sa valeur en or. Aujourd’hui la monnaie n’est plus couverte par le métal précieux. La monnaie ne repose donc sur plus rien de tangible, si ce n’est la confiance que le citoyen lui accorde.

MONNAIE FIDUCIAIRE
Quelle est la principale qualité que doit avoir une monnaie papier pour inspirer la confiance ?
C’est très simple… le papier doit avoir une vraie valeur. Pour cela, la quantité totale de monnaie mise en circulation par un Etat doit être parfaitement adaptée à la quantité totale de biens et de services offert par les citoyens.
S’il n’y a pas suffisamment de monnaie en circulation, l’économie ne pourra pas fonctionner. Les travailleurs accepteront de vendre leurs produits moins chers car il faudra bien qu’ils se contentent du peu qu’on leur propose. La chute générale des prix que l’on appelle déflation signifie que la masse monétaire est insuffisante par rapport à la productivité d’un pays.
Par contre, s’il y a trop de monnaie en circulation, l’économie sera artificiellement dopée et les prix monteront anormalement. La monnaie perdra de sa valeur. La hausse des prix que l’on appelle l’inflation signifie que la masse monétaire est trop élevée par rapport à la productivité d’un pays.

COMMENT REGLER CORRECTEMENT LA MASSE MONETAIRE D’UNE NATION ?
C’est d’une simplicité enfantine. Il suffit de mettre de la monnaie en circulation quand les prix ont tendance à baisser et de retirer de la monnaie lorsqu’ils montent, tout en sachant qu’il vaut mieux pour une économie saine, un rien d’inflation qu’un rien de déflation.

QUI DOIT BATTRE MONNAIE ?
En droit classique, la création monétaire est une fonction régalienne, c’est-à-dire qui est le fait du Prince. Certains économistes et notamment Jean-Baptiste SAY et Friedrich Hayek ont émis l’idée que ce droit régalien d’origine féodale n’était pas légitime et que la création monétaire devait être libéralisée.
Ils avaient tort ! Nos économies se sont ralliés à leur position et cela n’a pas fonctionné. Cela ne pouvait pas fonctionner. La monnaie ne peut être privatisée pour une raison essentielle et qui n’est pas arbitraire : la monnaie – en tant que véhicule entre la production et la consommation – appartient à celui qui crée la richesse. La création monétaire appartient donc aux citoyens. C’est donc à l’Etat et à l’Etat seul qu’il appartient de faire tourner la planche à billets et de posséder l’argent créé. La charge financière de l’Etat en sera réduite d’autant, ce qui à travers une réduction équivalente d’impôts, reviendra à augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui, précisément, ont créé la croissance. La boucle est bouclée.

La création monétaire est donc bien une fonction régalienne inaliénable. 

COMMENT CREER DE LA MONNAIE
L’article 105 du traité de Maastricht confère à la BCE et à la BCE seule le droit de créer de la masse monétaire, ce qui n’est en soi pas critiquable, puisque son indépendance évite la tentation pour les Etats de faire tourner la planche à billet. En revanche elle met l’argent en circulation sous forme de crédit, ce qui crée une dette en capital et en intérêt. C’est là que le bât blesse ! La BCE prête aux Etats l’argent qui leur appartient !

Les Etats empruntent leur propre argent. Stupéfiant mais vrai !

A-T-ON CREE TROP DE DETTE ?
Non, pas beaucoup trop si l’on en croît l’inflation européenne qui n’a pas été toxique. Elle est néanmoins un peu trop élevée en sorte que l’on peut dire que l’on a créé un peu trop de dette. Mais puisque l’inflation n’a pas été galopante, cela veut dire que la masse monétaire mise en circulation par le crédit est approximativement adéquate. Ce n’est donc pas la masse monétaire liée à la dette des Etats qui pose un problème puisque la dette publique correspond exactement à la monnaie que devaient créer les Etats pour équilibrer leur croissance.
En revanche puisqu’il y a adéquation macro-économique entre la dette publique et la monnaie qui n’a pas été créée, les dettes de TOUS les Etats sont donc de fausses dettes. Elles ne doivent donc pas être remboursées !

Les Nations ont été volées !

SOLUTION
1. Restituer la création monétaire aux Etats souverains et abroger la loi de 1973 mise en place sous la Présidence du sinistre Giscard à qui l’on doit également l’Ayatollah Komeiny et les diamants de Bokassa !
2. Interdire tout crédit qui ne corresponde pas à un débit sur stock de monnaie réelle, c’est-à-dire préalablement mise en circulation. Il faut donc supprimer le principe des CRO mis en place par Bâle III et interdire aux banques de prêter 12 fois ce qu'elles possèdent.

AVENIR
Le premier Etat qui prendra ces mesures fera des citoyens riches et des escrocs pauvres !
Espérons que les Grecs sauront s’en souvenir !




par Melchisedek mercredi 30 mai 2012 - 68 réactions
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  • Par AntoineR (---.---.---.2) 30 mai 2012 11:02

    @ Le Manu « Nous vivons au dessus de nos moyens »

    C’est peut-être votre Cas Manu, ce n’est pas le miens.
    Je ne pense pas que nous vivions au dessus de nos moyens. Nous repoussons l’âge de la retraite, nous nous soignons moins bien qu’avant, l’éducation n’est plus une priorité.

    C’est bizarre sachant tous les gains de productivité que nous faisons.

    En regardant les choses vraiment globalement, on ne peut pas dire que nous vivons au dessus de nos moyens. On peut par contre dire :

     - que nous ne savons pas distribuer (ou partager) les richesses. Peut-être parce qu’il n’y a plus assez de travail malgré tous les jobs inutiles que l’on crée à la pelle.
     - Que le système est percé de partout : vol lié à la création monétaire, paradis fiscaux, niches fiscales, administration inutile.....

    Mais l’état actuel de la technologie devrait permettre à la plupart des gens de vivre bien mieux qu’actuellement. Ce n’est pas en paupérisant encore plus la masse que l’on va résoudre le moindre problème. C’est un raccourci d’oligarque ou de valet d’oligarque. Un syndrôme du larbin.

     

  • Par André-Jacques Holbecq (---.---.---.192) 30 mai 2012 12:53
    André-Jacques Holbecq

    @Bulgroz
    Il est évident que les années 2008 à 2011 ont été catastrophiques en termes d’équilibre budgétaire : il faut dire que les banques commerciales portent une certaine responsabilité de cette crise ;)
    Mais :
    Les soldes primaires (c’est à dire les soldes du budget sans les intérêts) ne sont pas particulièrement inquiètants

    La dette publique a crû de 747 milliards d’euros entre 1995 et 2008

    Entre ces dates(1995 / 2008) l’accumulation des déficits primaires fût seulement de 7,4 Md€, c’est-à-dire qu’une petite monétisation directe de la Banque de France au bénéfice du Trésor Public d’environ 500 millions d’euros par an (soit 4 jours d’intérêts de la dette publique actuelle) ou une infime augmentation des impôts, aurait suffi à équilibrer les budgets

    Entre 1995 et 2010 la dette publique a crû de 1021 Milliards d’euros , l’accumulation des soldes primaires (variation « théorique » de la dette sans intérêts donc), aurait été de (seulement) 194,2 Md€

    Et certains continuent de soutenir que ce ne sont pas les intérêts de la dette qui sont à l’origine de la dette ?

  • Par thierry3468 (---.---.---.32) 30 mai 2012 10:15

    Les dettes publiques s’envolent car elles sont devenues un instrument de domination et d’asservissement des élites financières sur le monde.Ne nous laissons pas berner par tous ces guignols qui prônent la baisse des dépenses publiques pour réduire la dette car c’est l’objectif de ces élites pour accroitre leurs bénéfices et donc leur puissance .Les politiques ont abandonné leur pouvoir et cela impose au peuple de se soulever contre cette dictature financière qui rêve de façonner le monde à leur avantage.

  • Par JL1 (---.---.---.183) 30 mai 2012 09:21
    JL

    La devise du lobby bancaire c’est : « donne moi ta planche à billets, je te prêterai de l’argent ». 


    Pourtant « c’est l’Etat qui confère sa valeur à la monnaie par le seul fait qu’il exige le paiement des taxes et impôt dans la devise de son choix » ! (Bernard Lietaer), 

    et aussi : « L’argent est basé sur la capacité à produire de la population laquelle capacité appartient à la population. » (Louis Even) 

    Les banquiers, par le crédit, l’endettement et l’usure nous volent les possibilités qu’offrent cette capacité et ce pouvoir. Les banquiers censés être des passeurs d’avenir, sont en fait, des voleurs d’avenir puisqu’ils se l’aménagent pour eux et seulement eux.

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