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Accueil du site > Actualités > Economie > Le dilemme non posé par l’OCDE et l’UE

Le dilemme non posé par l’OCDE et l’UE

Selon une étude récente de l’OCDE [i], une ouverture de 10 % des économies nationales aux échanges commerciaux internationaux conduirait à terme à une croissance des revenus de 4 % [ii]. Comme « la libéralisation progressive des échanges s’est traduite par un doublement de la part des importations et des exportations dans le PIB mondial, qui est passée de 24 % en 1960 à 48 % en 2002) », cela implique une croissance des revenus de 8 %.

Cependant, dans le même temps, l’organisation internationale reconnaît que la mondialisation se marque par une inégalité croissante entre les plus riches et les plus pauvres. Ce constat vaut pour presque tous les pays de l’OCDE, mais l’écart entre ces deux extrémités varie (cf. tableau).

L’Union européenne a commencé à prendre la mesure du problème et veut aujourd’hui assumer en interne ses exigences en matière de politique commerciale : consciente que celles-ci peuvent accélérer les restructurations et les licenciements en Europe, elle entend apporter une aide financière temporaire aux travailleurs victimes de la mondialisation pour les aider à se former, leur apporter un complément de revenus, etc. Le nouveau Fonds d’ajustement à la mondialisation n’est certes pas richement doté (500 millions d’euros), mais c’est un premier pas qu’il ne faut pas sous-estimer. Après tout, lorsqu’il voit le jour en 1974, le Fonds européen de développement régional apportant des aides européennes aux régions en mutations industrielles et en reconversion représentait 2 250 millions d’écu pour une période de trois années. Aujourd’hui, il est l’un des principaux instruments de la politique régionale qui mobilisent un peu plus de 300 milliards d’euros pour la période 2007-2013.

Bien entendu, les disparités croissantes ne sont pas intégralement imputables à la mondialisation. Les Etats mènent des politiques de redistribution et des politiques fiscales qui affectent le revenu disponible des individus.

Ainsi, en République tchèque, l’entrée en vigueur d’un impôt à taux unique (flat tax) à des fins de compétitivité sera financé par une hausse de la TVA et une forte restriction budgétaire frappant les dépenses sociales.

Des facteurs « exogènes » peuvent avoir joué comme en Hongrie et en Pologne, les deux pays où les écarts ont été les plus prononcés et qui font figure avec les Etats-Unis de pays les plus inégalitaires. Comme la République tchèque où les inégalités sont pourtant, à ce jour, moins criantes, ces pays ont enduré quinze années de profondes réformes socio-économiques pour s’adapter à la chute du bloc soviétique et se préparer à l’adhésion à l’UE dont un des critères d’adhésion (Copenhague) est une économie de marché compétitive, ce qui a impliqué des restructurations douloureuses et des vagues de licenciements collectifs qui ont laissé une partie de la population sur le carreau.

En dépit de ce sombre tableau, l’intégration internationale peut mener à un raffermissement de la cohésion sociale. Cela a été particulièrement notable en Irlande et en Espagne, deux pays qui ont su habilement utilisé les subventions européennes. On pense également à la Chine où, même si elle est loin de préfigurer un paradis social, le revenu par habitant a été multiplié par 5 et 400 millions de personnes sont sorties de la pauvreté depuis l’ouverture manœuvrée par Deng Xiao Ping (1979). Ceci dit, l’expérience du pays-continent n’est pas généralisable car « l’augmentation des salaires réels moyens dans plusieurs pays en développement [qui ne rentrent pas dans l’étude de l’OCDE] est toutefois allée de pair avec un accroissement de l’inégalité des revenus. Ceux qui se situent en haut de la fourchette des salaires ont fait mieux que ceux qui se situent en bas, ce qui a relevé la moyenne. L’inégalité a augmenté d’une manière spectaculaire dans la plupart des économies en transition, et a aussi augmenté sensiblement dans certains pays d’Amérique latine. La situation est nuancée en Asie, où certains pays ont réussi à réduire l’inégalité des revenus, mais d’autres, comme la Chine et le Sri Lanka ont connu de fortes augmentations dans ce domaine »[iii].

Outre l’accroissement des disparités au sein même des pays, la mondialisation ne semble pas avoir respecté la promesse que ses thuriféraires veulent lui faire tenir : la résorption du gouffre séparant les pays « riches » et les pays « pauvres. La Banque mondiale elle-même reconnaît qu’en quarante ans, les choses n’ont pas changé pour les pays les plus pauvres de la planète au contraire des plus riches (cf. l’histogramme) où le revenu réel par habitant a triplé. La réalité va à l’encontre des prédictions de la théorie économique de la convergence.

Le double constat de croissance des revenus combinée à une inégalité croissante donne l’impression que la mondialisation donne lieu à un arbitrage entre croissance des revenus et cohésion sociale. C’est soit l’une, soit l’autre. En effet, les 4 % de croissance des revenus cités correspondent à une moyenne, mais à vrai dire la classe des salariés est loin d’être homogène : entre les dirigeants d’entreprise et les cadres, d’une part, et les ouvriers non qualifiés, c’est le grand écart tant en termes de niveau de salaire que de leur évolution d’année en année. A cela s’ajoutent les richesses générées par les actifs qu’ils détiennent comme des actions ou des stock options ou encore l’immobilier.

Les rapports annuels sur la richesse mondiale réalisés par Capgemini et Merrill Lynch révèlent qu’en 2005, 9,5 millions de personnes détenaient pour plus d’1 millions $ d’actifs financiers (en 1997, ils étaient 5,24 millions). Ils cumulaient une richesse équivalente à 37,2 milliers de milliards $ ; 51,6 milliers de milliards pour 2011. La crème de la crème (portefeuille d’au moins 30 millions $) est un club très strict de 95 000 personnes mais pas si fermé que ça puisqu’ils étaient moitié moins en 1997 (41 600). A eux seuls, ils possédaient 13 trillions. Leur revenu a augmenté de l’ordre de 16 % en 2005, soit plus que celui des 9,5 millions de riches (+ 11 %).

En 2005, cette population a investi pour 3,72 trillions dans des fonds spéculatifs actifs sur le marché le plus mondialisé, celui des capitaux et, plus classiquement, pour 11 trillions en actions [iv]. Sans comparaison avec l’individu lambda. Bien que peu nombreux, ils sont à ce point riches qu’ils tirent à eux seuls la moyenne vers le haut. Il y a donc lieu de relativiser ces fameux 4 %.

L’OCDE conclut que l’instauration de mesures protectionnistes ne conduirait pas à une croissance économique accrue. Certes, mais qu’entend-on par « croissance économique » ? Fait-on référence au PIB qui est un indicateur défini à la sortie de la Seconde Guerre mondiale pour évaluer le rythme de croissance des industries de nos pays et, donc, la vitesse à laquelle nos pays se sont reconstruits après le carnage de la guerre et qui, dans une économie tertiarisée, a perdu de sa signification ?

La « croissance économique » ne peut plus suffire quand les conditions de vie des individus deviennent de plus en plus hétérogènes et qu’ils ne ressentent pas de la même manière les effets de la mondialisation.

L’OCDE réfute aussi le protectionnisme car une imbrication plus grande des économies et le développement des flux commerciaux conduit à moins d’inefficacité en matière d’exportation. Bien, mais l’argument se voit atténué en Europe par le fait que la création du marché unique entre les Etats membres a donné lieu à un vaste marché de 470 millions de consommateurs d’un pouvoir d’achat appréciable ce qui en fait un atout par rapport aux Etats-Unis - plus riches - ou à la Chine et à l’Inde - plus peuplées. Près de 90 % de la richesse produite en Europe résulte du marché intérieur, donc des dépenses de consommation des Européens et des investissements des entreprises et des ménages. Seulement 10 % émanent des échanges commerciaux avec les Etats-Unis (2,5 % ; 268 milliards), l’Inde et la Chine (au total, moins de 15 %). De quoi relativiser la priorité donnée à la compétitivité internationale et apprécier à sa juste valeur la contribution que peut apporter le marché unique et, donc, celle de la politique salariale qui, si elle est trop modérée, est un frein à la demande intérieure qui s’adresse aux entreprises européennes. L’Europe doit oser débattre sérieusement, sans a priori, des effets de la mondialisation et définir sa propre politique de relance pour redonner confiance aux entreprises et aux ménages.



[i] OCDE, “Staying competitive in the global economy : moving up the value chain”, 2007

[ii] BIT, « Changements dans le monde du travail », 2006

[iii] BIT, op. cit.

[iv] A titre d’information, la capitalisation boursière mondiale (= valeur de toutes les entreprises cotées en Bourse) équivaut à près de 44 trillions !

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12 réactions à cet article    


  • NPM 19 septembre 2007 12:38

    « ependant, dans le même temps, l’organisation internationale reconnaît que la mondialisation se marque par une inégalité croissante entre les plus riches et les plus pauvres. »

    Quelle importance ? Cela veut juste dire que les plus dynamique participe plus à la mondialisation que les plus pauvre, mais le résultat est tout de même une hausse du pouvoir d’achat de tout le monde, y compris du plus pauvre. D’ou la baisse de la pauvreté dans le monde, sans précédent dans l’histoire (sauf bien sur chez les noirs et les arabes, mais la aussi, il y a des poches d’espoirs)


    • Forest Ent Forest Ent 19 septembre 2007 13:26

      Bon article. L’OCDE est un temple de la mondialisation, et toutes ses publications sont des incantations.

      La nature de la mondialisation est de favoriser le capital par rapport au travail, par la mise en relation de tous les marchés du travail, sans lois régulatrices, et la libre circulation des capitaux, qui leur permet d’échapper à toute volonté de taxation.

      Ceci a pour conséquence évidente l’augmentation des inégalités. M Greenspan appelle cela la « vertu désinflationniste » de la mondialisation.

      La mondialisation augmente les inégalités d’une autre manière, en empêchant les sociétés de se protéger contre certaines conséquences déstabilisatrices du progrès technique. L’importation de produits industriels de consommation est destructeur pour les sociétés non industrialisées.

      L’OCDE répond : « oui mais ça augmente la croissance mondiale ». ceci n’a jamais été démontré, malgré ses « études », qui présentent des biais par centaines.

      Par exemple, les échanges commerciaux changent par nature le calcul du PIB d’un pays : des secteurs qui n’étaient pas marchandisés ou comptabilisés le deviennent. Ensuite il faudrait comparer la croissance à ce qu’elle aurait été sans, et l’on trouve là les hypothèses les plus fumeuses. On aurait d’ailleurs pu imaginer des stratégies vertueuses de croissance sans mondialisation. Pourquoi la Chine doit-elle exporter toute sa production industrielle ?

      Enfin, il ne faut pas oublier que globalement le dollar est de la fausse monnaie.


      • Internaute Internaute 19 septembre 2007 18:20

        @Forest

        Vous écrivez « L’importation de produits industriels de consommation est destructeur pour les sociétés non industrialisées. »

        C’est juste car cela empêche le développement d’une industrie locale.

        Mais il ne faut pas se limiter aux sociétés non industrialisées. Pensez-vous que la fermeture de nos usines soit un bien pour notre société ? Ou alors qu’elles ne sont pas directement liées aux importations sauvages de produits de consommation ?


      • Forest Ent Forest Ent 19 septembre 2007 18:50

        Si. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Cela contribue à augmenter les inégalités, point abordé par l’article. Mais cela démolit aussi, et vous avez raison de le souligner, l’argumentation de l’OCDE.

        En effet, quand une entreprise délocalise, les salaires sont à l’arrivée plus faibles. Cela se traduit en petite partie par une baisse de prix, ce que Greenspan appelle « l’effet désinflationniste ». Mais cela se traduit surtout par une baisse globale de la masse salariale et une augmentation des profits de l’entreprise, pour une raison toute simple : si ce n’était pas le cas, elle ne le ferait pas.

        Nous avons alors moins de revenus salariaux et plus de profits pour l’entreprise, ce que j’appellais précédemment « avantager les revenus du capital par rapport à ceux du travail ».

        Or toute consommation a une origine salariale. La baisse globale des salaires induit une baisse globale de la consommation, donc des profits. Alors que les rentabilités semblent conjoncturellement exploser, elles ne survivent en fait que par l’endettement croissant des pays délocalisateurs, et typiquement les Etats-Unis et la France. Marx avait très bien décrit tout cela il y 150 ans.

        L’augmentation des inégalités est également facteur de baisse de la demande : en effet, autant les revenus peuvent être répartis aussi inéquitablement qu’on le souhaite, autant les besoins de consommation ne le peuvent pas.

        Nos establishments occidentaux sont en train de flinguer leurs économies, sous prétexte d’aider les PVD mais en fait à leur seul profit personnel, le tout dans une ambiance religieuse dont les temples sont l’OCDE, l’OMC, le FMI, la BM, et les prêtres des gens comme Mme Lagarde.


      • Christophe Christophe 19 septembre 2007 23:21

        @Forest Ent,

        En effet, quand une entreprise délocalise, les salaires sont à l’arrivée plus faibles. Cela se traduit en petite partie par une baisse de prix, ce que Greenspan appelle « l’effet désinflationniste ». Mais cela se traduit surtout par une baisse globale de la masse salariale et une augmentation des profits de l’entreprise, pour une raison toute simple : si ce n’était pas le cas, elle ne le ferait pas.

        D’après certaines études, c’est ce qui se passe depuis les années 70 aux USA. La problématique étant lié à l’avènement des nouvelles technologies de l’information, il est constaté que si il reste des emplois pour des gens qualifiés, la plupart des emplois s’adressant à des gens sans trop de qualification sont externalisés vers des pays à coût de main d’oeuvre moins élevée.

        Ainsi, en prenant l’exemple américain, si au niveau macro, la richesse tend à croître (croissance élevée), il faut constater que les 10% de la population la plus riche détient 44% des revenus (données 2003). Ce type de courbe étudiée dans le temps montre des niveaux supérieurs jusqu’aux années 1930 (fluctuation entre 50 et 60% de mémoire) que la seconde guerre mondiale a fait descendre à des niveaux fluctuant entre 15 et 25%. Aujourd’hui, nous constatons que depuis 1973, cette même courbe est en croissance perpétuelle.


      • Forest Ent Forest Ent 20 septembre 2007 00:39

        Oui, comme disait Jaurès, « le capitalisme porte la guerre comme la nuée l’orage ».


      • NPM 20 septembre 2007 09:36

        « Or toute consommation a une origine salariale. La baisse globale des salaires induit une baisse globale de la consommation, donc des profits. Alors que les rentabilités semblent conjoncturellement exploser, elles ne survivent en fait que par l’endettement croissant des pays délocalisateurs, et typiquement les Etats-Unis et la France. Marx avait très bien décrit tout cela il y 150 ans. »

        Arf ! Ca c’est une référence, c’est sur...

        Au fait, la consomation des entreprises, elle à une origine salariale ? Vous savez, ce truc qu’on appel l’investissement ?

        Sinon, je ne vois pas de « baisse de salaire » lorsque l’on peu acheter des chaussures à 5€..

        Enfin, l’endettement de la France est dû aux salaires versés aux fonctionnaires et aux impots trop élevé qui font fuire les contribuable. Personne n’est obligé de faire pareil pour soutenir la croissance chinoise !

        Bref, il n’y a aucun probléme. La mise en concurence à travers le monde des salariés répond à celle de la mise en concurence à travers le monde du capital. Certes, les parasites en France vont dérouiller, et ?


      • Forest Ent Forest Ent 20 septembre 2007 12:14

        « la consomation des entreprises, elle à une origine salariale ? Vous savez, ce truc qu’on appelle l’investissement ? »

        Bien évidemment ! L’investissement vient des profits qui viennent des ventes qui reposent sur la consommation qui vient des salaires. Au bout du compte, comme le disait Henry Ford, les entreprises ne vendent qu’à leurs salariés pour le montant de leurs salaires. Il existe bien sûr des biens intermédiaires, mais ils font partie de la boucle, de même que les infrastructures payées par les impôts pris sur les salaires.

        « je ne vois pas de »baisse de salaire« lorsque l’on peu acheter des chaussures à 5€ »

        Changez d’opticien, mais n’achetez quand même pas de lunettes à 5€. smiley

        « l’endettement de la France est dû aux salaires versés aux fonctionnaires »

        et celui des US qui est deux fois plus élevé avec deux fois moins de fonctionnaires ? smiley

        « aux impots trop élevé qui font fuir les contribuables »

        La France est le pays de l’OCDE accueillant le plus d’investissements étrangers. smiley

        « la mise en concurence à travers le monde du capital »

        J’aimerais savoir TRES précisément ce que vous entendez par là.

        « les parasites en France vont dérouiller, et ? »

        Un tel aveuglement est au-delà des talents d’un ophtalmologiste. Quelle est l’origine de vos revenus ? J’ai bien peur que vous ne constatiez bientôt que le parasite c’est aussi vous.


      • Internaute Internaute 19 septembre 2007 18:23

        Nous n’avons pas besoin de subventions européennes. Nous ne sommes pas des cochons à qui l’on jette des détritus.

        Nous avons besoin d’une politique européenne qui défende les intérêts des européens et pas seulement les intérêts des grands marchands internationaux.

        Il faut savoir que toute subvention européenne est d’abord prise dans notre poche. Je préfèrerais voir ces budgets diminuer plutôt qu’augmenter.


        • ZEN ZEN 20 septembre 2007 11:50

          Article intéressant et bon commentaire de Forest

          « ...la politique salariale qui, si elle est trop modérée, est un frein à la demande intérieure qui s’adresse aux entreprises européennes. L’Europe doit oser débattre sérieusement, sans a priori, des effets de la mondialisation et définir sa propre politique de relance pour redonner confiance aux entreprises et aux ménages. »

          Bonne conclusion, mais il va falloir une mutation des orientations prises, en régulant l’excès de financiarisation, frein aux investissements, et d’ autres choix que ceux de ne pas accroître l’inflation, de la part de la B.E.


          • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 20 septembre 2007 20:16

            Bon article.

            Les partis politiques qui se sont succédés au pouvoir au fil des 30 dernières années ont mis en place le mondialisme avec la globalisation des économies. Ceux qui sont au pouvoir dans les États membres de l’Union européenne présentent le mondialisme comme la voie inévitable.

            Ces orientations vers la globalisation ont par exemple été confirmées et renforcées lors du Sommet du Conseil européen de Lisbonne, en mars 2000. Le Conseil européen réunit quatre fois par an les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne. Toutes les orientations importantes de l’Union européenne sont décidées lors de ces sommets périodiques.

            Les orientations de Lisbonne, comme d’autres orientations qui visent les mêmes objectifs de globalisation, ont donc bien été décidées par les partis politiques qui en Europe alternent au pouvoir ces 30 dernières années ou plus.

            Les orientations de Lisbonne se situent dans le cadre de la globalisation et leur but déclaré est d’améliorer la compétitivité des entreprises de l’UE en s’alignant sur les façons de procéder qui sont courantes dans les pays tels que la Chine ou l’Inde, où n’existent pas la protection sociale et la réglementation des conditions de travail des salariés.

            Vous souvenez-vous avoir jamais constaté que l’un des partis politiques qui se partagent le pouvoir en Europe depuis les 30 dernières années, avait mis dans son programme politique, parmi les points les plus importants, parmi les orientations qui changent fondamentalement une société, sa position concernant le mondialisme, la mondialisation ou la globalisation des économies ?

            Quelles sont les élections dont le mondialisme était l’enjeu clairement déclaré et dont il est sorti vainqueur ? Le mondialisme a-t-il été décidé démocratiquement ?

            La globalisation des économies est l’exemple suprême d’une orientation fondamentale décidée dans les hautes sphères politiques de l’UE et confirmée par les grands partis politiques qui alternent au pouvoir dans les États Membres de l’UE. De leur point de vue il ne peut pas y avoir de dilemme.

            Quant au citoyens ... ils n’ont rien à dire.


            • Tonio Tonio 19 décembre 2007 12:35

              l’inégalité croissante : aux USA, depuis 2000, les deux quintiles les plus pauvres ont fait du surplace. La croissance ils ne l’ont pas vue. Ils ont peut être même régressé, avec l’inflation.

              Sur le pouvoir d’achat/chine : les salaires baissent, les prix aussi. Qui gagne ? D’abord, l’impact du made in china sur le prix est réel, mais limité : passé l’économie sur les couts de main d’oeuvre, il y’a les matériaux, l’acheminement, les marges du sous-traitant, de l’industriel, du grossiste, du détaillant. Les nikes et les chaussures premiers prix sont fabriquées au même endroit, la différence sur l’étiquette est...hum. Ensuite, tout dépend si les salaires baissent plus ou moins vite que les prix. En france, aparemment le SMIC aligné sur l’inflation permet de limiter la casse. Aux USA, ce n’est pas certain, on pencherait plutôt vers le contraire. Et que se passe-t-il quand l’inflation touche des produits pas délocalisables, genre le loyer ?

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