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Le dollar et l’Empire

L’Iran a inauguré le 17 février dernier une Bourse au pétrole située sur l’île de Kish, dans le golfe Persique. Dans sa phase préliminaire actuelle, cette Bourse autorise les opérations à terme sur pétrole, mais, par la suite, c’est tout le spectre des opérations propres à tout marché boursier qui pourra y être traité. Une plate-forme internet permettra ainsi de relier un vendeur à un acheteur sans que la présence d’un quelconque intermédiaire financier (banque ou courtier) ne soit nécessaire, contribuant à une réduction de la volatilité des prix et à l’augmentation des marges pour les deux parties en présence... Le traitement de ces opérations se fera dans un panier de devises - comme le riyal saoudien et le rouble russe - où l’euro occupera une place déterminante.

Effectivement, après avoir annoncé en mars 2007 qu’elle réduirait de 20 % ses réserves monétaires en dollars en réponse à l’hostilité de l’administration américaine, l’Iran a cessé dès le mois de décembre 2007 d’accepter le billet vert en contrepartie de ses ventes de pétrole. Ainsi, à partir de l’été 2007, le Japon a-t-il commencé à régler ses importations de pétrole iranien en yens... Il est clair qu’avec 68 % des échanges pétroliers qui sont libellés en dollars et eu égard à l’importance toute relative de l’Iran qui ne compte que pour 5 % dans ces échanges mondiaux, l’impact initial de cette Bourse ne sera pas phénoménal. De plus, il semble que les "majors" ne s’y précipiteront pas d’emblée car la stabilité politique est un préalable incontournable au succès d’un tel centre d’échanges sur le pétrole. Enfin, c’est du fait de la position prépondérante des Etats-Unis dans le commerce mondial que la devise américaine est la monnaie dominante dans le commerce du pétrole. La volonté seule d’un pays comme l’Iran ne suffira pas à détrôner le dollar et, à cet effet, c’est principalement la volonté des grosses compagnies pétrolières et des grands pays exportateurs de privilégier l’euro qui pourrait donner le coup fatal au billet vert... Cette nouvelle, passée inaperçue en Europe et aux Etats-Unis, a néanmoins des implications majeures.

Ainsi, le Venezuela - pays exportateur qui compte et qui a fortement resserré ses liens avec la République islamique - a-t-il déjà manifesté son intention d’être actif sur la Bourse de Kish, rejoint en cela par de grands pays consommateurs de pétrole comme la Chine et l’Inde. Ces deux pays ont régulièrement exprimé avec la Russie leur soutien au programme nucléaire civil de l’Iran. Le remplacement du dollar par l’euro comme instrument de paiement des factures pétrolières est certes une question complexe, mais précipitera à coup sûr les Etats-Unis dans une dépression cataclysmique encore plus douloureuse que celle des années 1930 ! Cette arme, si elle devait être utilisée efficacement pas les Iraniens, pourrait se révéler plus dangereuse encore que l’arme nucléaire. Sans négliger le fait qu’elle permettrait à l’Iran de contourner habilement toutes futures sanctions onusiennes par le biais d’un afflux constant de devises grâce à cette Bourse.

Cependant, cette Bourse pourrait bien menacer jusqu’à l’existence même du régime iranien car les Etats-Unis n’hésiteront pas à attaquer militairement la République islamique si l’hégémonie de leur monnaie devait être menacée. Avons-nous oublié qu’en 2002 la guerre contre l’Irak a eu lieu quelque six mois seulement après que Saddam Hussein a décidé d’exclure le dollar comme devise de paiement dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture" ? Considérée au départ avec moquerie, cette exigence de Saddam de recevoir des euros en lieu et place du dollar pour ses exportations de pétrole a été prise très au sérieux par l’administration américaine dès lors que d’autres pays se sont mis à réfléchir à ce changement de monnaie. La seconde guerre d’Irak a-t-elle été motivée par l’éradication d’armes de destruction massives, par la défense des droits de l’homme et l’établissement d’une démocratie en Irak, par la mainmise sur les champs pétroliers irakiens ou par la défense de la suprématie du dollar et donc des Etats-Unis... ? Cette expédition punitive n’avait-elle pas eu pour but principal de servir de "leçon" à tout autre pays qui chercherait à recevoir une devise autre que le dollar pour ses exportations de pétrole ? En effet, le remplacement progressif du dollar représentait une menace bien plus sérieuse pour les Etats-Unis que Saddam Hussein... Le système pétrodollars n’est pas différent de l’antique étalon Or. En effet, la valeur du dollar est tout simplement adossée, justifiée par une denrée vitale à toute économie et ce quel que soit son degré d’industrialisation : le pétrole. Or, comment les Etats-Unis financeront-ils leurs déficits gigantesques dès lors que leur monnaie aura dégringolé de la première marche du podium ?

Un tel changement de monnaie conforterait bien sûr l’Europe qui n’aurait plus à acheter en permanence une devise - dont la valeur ne cesse de baisser - pour régler ses importations pétrolières. De plus, l’euro se verrait simultanément conféré le statut de première devise de réserve mondiale avec tous les avantages inhérents à cette position. Le Japon et la Chine ont déjà exprimé leur intérêt de régler de plus en plus leurs achats de pétrole en euros car ils pourront ainsi diversifier de plus en plus leurs immenses réserves monétaires au détriment d’un dollar dont la valeur ne fait que décroître. Ainsi, un tiers de leurs réserves serait maintenu en dollar, un autre tiers, non renouvelable, serait utilisé pour payer une partie de leurs importations et le tiers résiduel serait tout simplement vendu sur le marché contre d’autres devises dont l’euro. Il n’est pas jusqu’aux pays arabes qui ne seraient soulagés d’un tel changement de monnaie car le trillion de dollars investi par ces pays aux Etats-Unis ne cesse de se dévaloriser, surtout après la baisse de taux américaine de 125 points en quelques jours, baisse ayant contribué à fragiliser encore plus les marchés boursiers et obligataires américains dans lesquels les Arabes sont lourdement investis. De plus, ces pays, dont la politique monétaire est indexée à celle en vigueur aux Etats-Unis, doivent affronter une menace encore plus sérieuse car l’inflation y est galopante du fait des baisses de taux d’intérêt pratiquées chez eux afin de s’aligner sur le grand frère américain. Ce taux d’inflation atteint son plus haut niveau depuis seize ans en Arabie saoudite, depuis dix-neuf ans aux Emirats où le prix des propriétés commerciales a doublé depuis début 2007 ! Ces pays qui redoutent par-dessus tout les tensions sociales ont dû procéder à des réévaluations massives (jusqu’à 70 % !) du salaire de leurs fonctionnaires et un pays comme Dubaï s’est vu contraint d’augmenter substantiellement sa main-d’oeuvre immigrée qui - fait sans précédent - avait manifesté dans les rues ! Enfin, last but not least, la Russie serait également tout heureuse de se délester d’une grande partie de ses dollars.

De la Grèce antique à Rome, de l’Empire ottoman à l’Empire britannique, aucun empire n’a pu se maintenir sans la taxation et les prélèvements imposés aux pays subissant son occupation. C’est de cet assujettissement que l’occupant a tiré sa prospérité économique et donc l’expansion de ses forces militaires car, pendant qu’une partie de ces revenus contribuait à améliorer les conditions économiques de l’empire, l’autre portion renforçait un pouvoir militaire indispensable à la levée des impôts. Cette taxation prélevée par les empires a toujours été directe et a revêtu diverses formes allant de métaux considérés monnaie fiduciaire comme l’or et l’argent aux récoltes agricoles en passant par esclaves et bétail... C’est au XXe siècle, pour la première fois dans l’histoire mondiale, qu’un empire - l’américain - a pu prélever une taxation indirecte, à travers l’inflation ! Ce nouvel empire n’a assujetti les autres pays dans sa mouvance à aucune charge directe, mais leur a plutôt distribué sa propre monnaie fiduciaire, le dollar, en échange de biens... Ainsi lui était-il facile de faire monter ou baisser à son gré la valeur de sa monnaie afin de se procurer toutes sortes de marchandises à moindre coût ou de vendre d’autres marchandises à un prix plus élevé, le différentiel étant la taxe prélevée par l’empire.

L’économie américaine a commencé à dominer l’économie mondiale au début du XXe siècle. A cette époque, régnait l’étalon Or qui consistait à échanger toujours le même poids de métal jaune contre du dollar de telle sorte que la valeur de la devise américaine était fixe, le dollar ne pouvant fluctuer ni à la hausse ni à la baisse. La Grande Dépression, précédée d’un fort taux d’inflation de 1921 à 1929, a sonné le glas de l’étalon Or. En effet, la planche à billets qui tournait à pleine vapeur du fait de cette inflation et de l’aggravation des déficits publics rendait impossible le maintien d’un même poids d’or en garantie d’un dollar. Aussi, en 1932, le président Roosevelt abandonnait-il la convertibilité automatique entre l’or et le dollar. Toutefois, et jusqu’en 1932, les Etats-Unis, bien que puissance économique dominante, ne peuvent être considérés comme un empire car la valeur fixe du dollar par rapport à l’or ne leur permettait d’extraire aucun bénéfice monétaire de leurs échanges commerciaux. C’est à Bretton Woods en 1945 qu’est vraiment né l’Empire américain car les accords portant ce nom stipulaient que le billet vert ne serait plus convertible contre de l’or que pour les Etats étrangers, ce qui consacrait le dollar comme monnaie de réserve mondiale par excellence. De fait, les Etats-Unis avaient accumulé durant la Seconde Guerre mondiale des réserves d’or gigantesques car ils demandaient à leurs alliés de les payer en métal jaune lors de toute livraison de biens ou d’armes. Cet empire n’aurait pu être édifié si, suite à Bretton Woods, les dollars en circulation l’avaient été en quantité limitée de telle sorte que ces dollars en circulation puissent toujours être contrebalancés par les réserves d’or de la Banque centrale américaine. Bien au contraire, la politique impérialiste des Etats-Unis au Vietnam et la "Great Society" du président Johnson contraignaient à imprimer toujours plus de dollars utilisés pour acheter des biens et services à l’étranger, sans la perspective que cette monnaie reste stable et autorise ces fournisseurs étrangers à racheter aux Etats-Unis des biens à un prix équivalent... Ainsi, la quantité de plus en plus importante de dollars détenus par l’étranger aboutissait à un déficit commercial qui allait en s’aggravant et qui ne reflétait rien d’autre que cette fameuse taxe inflationniste que les Etats-Unis imposaient à leurs partenaires commerciaux étrangers ! Quand, à l’orée des années 70, ces détenteurs de billets verts demandèrent la conversion de leurs dollars en or, le gouvernement américain se mit en défaut de paiement un 15 août 1971, admettant implicitement sa banqueroute. En réalité, ce défaut de paiement doit être interprété comme une action typiquement impérialiste car les Etats-Unis ont dès lors affiché leur intention de ne plus restituer la quantité énorme de marchandises prélevée sur l’étranger et qui devait dès lors être assimilée à une "taxation" de pays et d’entreprises étrangères impuissants à lutter contre ce système. A partir de ce moment, les Américains, afin de pérenniser leur empire et afin de poursuivre cette taxation, n’eurent pas d’autre choix que de continuer à payer leurs factures dans une monnaie qui ne cessait de se déprécier, forçant ainsi les Etats étrangers à accumuler des dollars dont la valorisation déclinait progressivement. Néanmoins, les Etats-Unis devaient fournir à ces détenteurs étrangers de dollars une raison de les conserver et cette raison fut fournie quand, en 1972-1973, ils conclurent un pacte avec la famille régnante saoudienne Al Saoud, pacte prévoyant la protection de cette famille en contrepartie de ventes pétrolières saoudiennes exclusivement libellées en dollars ! Le reste de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole ayant emboîté le pas à l’Arabie saoudite, le monde disposait de facto d’une raison majeure de continuer à détenir ses dollars. De plus, comme la consommation pétrolière allait crescendo en même temps que les prix du pétrole, la demande en dollars ne faisait que s’accélérer. Certes, la devise américaine n’était plus convertible contre l’or, mais elle l’était à présent contre l’or noir... Ainsi, les Etats-Unis poursuivaient leur taxation de l’étranger car, tant que le dollar servirait de monnaie de référence aux échanges pétroliers, le monde se devait d’accumuler des quantités toujours plus importantes de cette monnaie afin de payer sa facture pétrolière. La survie de l’Empire américain était donc étroitement conditionnée à la vente de pétrole libellée en dollars et quiconque exprimerait des velléités de changer ce statut quo devait être convaincu du contraire, d’une manière ou d’une autre...

Les détracteurs du président George W. Bush l’ont souvent accusé de conduire la guerre en Irak dans le but de s’emparer de ses champs pétroliers. Pourtant, il n’avait pas vraiment besoin de provoquer une guerre pour mettre la main sur ce pétrole car les Etats-Unis auraient tout simplement pu imprimer encore plus de dollars pour acheter ce pétrole irakien. L’Histoire enseigne que les empires font la guerre pour deux raisons et deux seules, pour se défendre ou pour tirer profit de cette guerre, faute de quoi une guerre pompe trop les ressources économiques de l’empire précipitant ainsi sa débâcle. Ainsi, les avantages économiques d’une guerre se doivent-ils de compenser largement les coûts militaires et sociaux. M. Bush n’a pas fait la guerre en Irak pour s’emparer de son pétrole car cela n’en valait pas la peine, il l’a faite pour défendre son empire. Du reste, deux mois après l’invasion irakienne, le programme "Pétrole contre nourriture" était suspendu et le pétrole irakien ne pouvait plus être échangé que contre du dollar ! La suprématie du billet vert était ainsi - une fois de plus - rétablie et le président Bush pouvait descendre victorieusement d’un avion de chasse déclarant "mission accomplie". Il avait effectivement défendu avec succès le dollar et, ce faisant, l’Empire américain.


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24 réactions à cet article    


  • morice morice 22 février 2008 11:34

    "La survie de l’Empire américain était donc étroitement conditionnée à la vente de pétrole libellée en Dollars et quiconque exprimerait des velléités de changer ce statut quo devait être convaincu du contraire, d’une manière ou d’une autre..." et bien on a donc confirmation de pourquoi ils ne peuvent plus qu’attaquer...


    • tvargentine.com lerma 22 février 2008 11:41

      Le dollar restera toujour la monnaie de référence même avec l’euro

      L’Europe et les USA ont tout pour dominer le monde avec la blanche a billet

       


      • Harald 22 février 2008 13:18

        " Le dollar restera toujour la monnaie de référence même avec l’euro L’Europe et les USA ont tout pour dominer le monde avec la blanche a billet "

        Les banquiers s’en mettraient-ils plein les narines ?


      • Laurent_K 23 février 2008 20:09

        La "planche à billets" et non la "planche à billet." Parce que s’il n’y en a qu’un, cela risque de ne pas avoir beaucoup d’effet.


      • ZEN ZEN 22 février 2008 12:22

        Merci pour cet article très éclairant.


        • Philou017 Philou017 22 février 2008 12:55

          Bon article dans l’ensemble. Il est dommage que l’auteur oublie de parler du pic Pétrolier. la présence Américaine en Irak et en Afghanistan permet de s’assurer un controle d’une région encore riche en pétrole à l’heure où celui-ci va se faire plus rare et plus cher(le baril vient de battre un nouveau record).

          Et aussi des intérêts Israéliens à s’attaquer à Saddam Hussein et plus loin à l’Iran.

          Cependant, je ne suis pas spécialement pessimiste pour la suite. Bush est tres affaibli et doit compter avec une opinion hostile à la guerre. De plus, une partie de l’armée est rétive à un nouveau conflit. Rien ne dit qu’une guerre aura lieu.


          • herve33 22 février 2008 13:40

            Espérons que vous avez raison , cependant l’attitude et le discours de Bush ne laisse pas de doutes quant à une possible contre l’Iran . Enfin ce qui est certain , c’est que l’on sera fixé avant l’été , élection américaine oblige .

            http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1580

             


          • Guit'z Guit’z 23 février 2008 21:03

            Pic pétrolier déjà derrière nous selon certains + vérité cheminant malgré tout sur le 11-Septembre = attentat nucléaire dans une ville du centre des States (genre Denver, là où ça ferait plus de morts que de mal) = pleins pouvoirs pour l’Administration Bush = guerre en Iran, au Venezuela, en Libye - qui sait ?

            Que par ailleurs le dollar s’effondre, nuira de toutes façons moins aux financiers gavés de pognon qu’au petit peuple, d’Amérique et d’ailleurs.

            Je sais que mon message est un peu expéditif, mais enfin c’est open source aussi bien sur le ouaibe que dans les nombreux ouvrages consacrées à la question.

            Cordialement


          • manusan 22 février 2008 13:59

            Ce n’est un secret pour personne que celui qui voudra se passer de vendre en pétro-dollars, ou pire voudra généraliser ce système à l’ensemble de la planète, aussi légitime, que ce soit, voir même au nom du sacro-saint libéralisme mondial défendu par devenez qui ? ... se fera casser la gueule par l’oncle Sam.

            Et pourtant tout le monde l’attend avec impatience.


            • Forest Ent Forest Ent 22 février 2008 14:39

              Article tout à fait remarquable !


              • Internaute Internaute 22 février 2008 17:00

                Vous écrivez « Un tel changement de monnaie conforterait bien sûr l’Europe qui n’aurait plus à acheter en permanence une devise - dont la valeur ne cesse de baisser - pour régler ses importations pétrolières. »

                Il me semble au contraire que c’est grâce à la dévaluation du dollar que l’augmentation du prix du pétrole a eu des conséquences limitées en zone Euro. Donc c’est une mauvaise nouvelle pour nous.

                 

                Je note que l’Iran ne représente ici que 5% de la production. A ce propos, il est facile de vérifier les chiffres mais je remarque que l’appréciation de l’importance de la production pétrolière d’un pays varie, comme la puissance de son armée, selon ce que l’on cherche à justifier.


                • jaja jaja 22 février 2008 19:00

                  En gros je suis d’accord avec ce très bon article. Pourtant dire :

                  "Les détracteurs du président George W. Bush l’ont souvent accusé de conduire la guerre en Irak dans le but de s’emparer de ses champs pétroliers" et affirmer qu’il aurait été facile aux Américains d’acheter ce pétrole avec leurs dollars me semble masquer une réalité.

                  Il aurait été tout aussi facile à la Chine d’acheter ce pétrole, elle qui détient une somme considérable de dollars en bons du trésor américain (9000 milliards de dollars si ma mémoire est bonne)... Et il faut savoir que cette même Chine est définie par les stratèges US comme l’ennemi potentiel de la nouvelle Rome pour le XXIème siècle.

                  Camper au pied des puits de pétrole et les contrôler permet également de déterminer qui aura ce pétrole et qui n’en n’aura pas ou peu.... Le tout appuyé sur la force des armes... La Chine a de gros besoins et peu de ressources en or noir... C’est donc plus en fonction des nécessités stratégiques US que du point de vue strictement économique que la razzia et le pillage des champs pétrolifères s’effectue.

                  Mais le pétrole est bien le but, compris comme arme de domination mondiale par l’impérialisme américain, qui, notons le, n’attaque que rarement, surtout ces derniers temps, des pays non producteurs.

                  Un seul obstacle de taille pour eux, la résistance armée et acharnée des peuples envahis.... que beaucoup en Occident s’évertuent à traîner dans la boue comme le font leurs maîtres américains.
                   

                   

                   


                  • wiztricks 22 février 2008 20:37

                    Bonne information.

                    Les USA ont largement abusé du dollar comme monnaie d’échange internationale, normal que çà rale un peu partout. Malheureusement, la dette américaine ce sont aussi des tas de dollars détenus par nombre de pays et de créanciers du monde entier. Même s’ils sont las, ils n’ont pas intérêt à une dépréciation trop forte de la monnaie verte.

                    Si a terme, les échanges internationaux gagneront a se faire en plusieurs monnaies, la vitesse à laquelle cela pourra s’établir est un facteur d’instabilité potentiel. D’autre part, il faudra sans doute que les régions ou les pays qui auront été choisis comme monnaie d’échange internationale s’entendent pour assurer une certaine stabilité "monnetaire". Peut être un peu comme l’Europe l’a fait avant le passage à la monnaie unique.

                    Cela permettrait à des institutions telles que le FMI ou la Banque Mondiale de retrouver une certaine utilité.

                    Ceci dit, c’est une transition dans laquelle les USA ont beaucoup a perdre et le complexe militaro industriel qui dirige là bas risque de ne pas se laisser faire.

                    - W

                     


                    • wizi 23 février 2008 01:49

                      et quelle serait la situation, si le petrole devenait une energie moins dominante ds les 10/20 ans à venir ?

                      l’exemple d’un premier pays qui va developper la voiture electrique en masse est maintenant réel :

                      http://www.enerzine.com/15/3946+Renaug-[Nissan-lancera-une-voiture-electrique-en-Israel+.html

                      peut être que d’autres pays voudront suivre ce type d’initiative...(je suis sûrement un peu optimiste, mais on sait jamais, l’idée a l air de plaire)

                      assurer sa monnaie par sa convertibilité au pétrole deviendrait moins stratégique :), et cela limiterait "l’utilisabilité" de la planche à billet

                       

                      cela remettrait pas mal de situations en cause, et les usa n’en sortiraient pas forcement gagnant, vu leurs strategies...Et en Europe, vu qu on a pas de petrole, cela pourrait être une idée x)

                       


                      • wesson wesson 23 février 2008 04:34

                        Et bien si la voiture électrique supplante le pétrole, disont que la valeur de la monnaie mondiale se basera sur les stocks de plomb, nickel ou cadnium ...


                      • Bobby Bobby 23 février 2008 09:58

                        Bonjour,

                         

                        Hélas.... comment produit-on l’électricité ?


                      • wesson wesson 24 février 2008 02:20

                        en même temps, quand il n’y aura plus assez de pétrole pour justifier les voitures électriques, ça fera longtemps qu’il n’y aura plus d’uranium non plus pour les centrales électriques.

                        Et les centrales à fusion ne seront peut-être pas encore au point ...


                      • wesson wesson 23 février 2008 04:32

                        tout simplement machiavélique...

                        et si on suit votre raisonnement, l’empire américain sera prêt à n’importe quelle aventure pour conserver son hégémonie sur l’économie globale.

                        Et ça personnellement, j’en ai plus la pétoche que tout ce que pourrait faire Monsieur Ben Laden et ses sbires dans notre pays.


                        • Pak 23 février 2008 15:28

                          Article très intéressant, j’espère que l’Iran réussira rien que pour voir si vous avez raison ! Pour ceux qui pensent que le $ restera toujours numéro 1, je pense qu’ils se trompent... on en arrivera peut être un jour à une monnaie mondiale ?


                          • Blé 24 février 2008 07:54

                            Article très intéressant car parfaitement compréhensible.

                            Les premières victimes de la politique de Bush sont les classes moyennes et modestes étatsuniennes. La pauvreté et le taux de mortalité augmentent de façon vertigineuse. La culture occidentale montre sa barbarie et son incapacité à mettre la dignité l’humaine au centre de ses activités (politiques, commerces, économies...)

                            Le peuple en a marre de payer "les guerres". Je pense que ce sera de plus en plus difficile pour le prochain président-e U S A de déclarer une guerre sous quelque prétexte que ce soit.

                            Les gens aspirent à vivre tranquillement. Tous les jours des jeunes étatsuniens reviennent au pays dans un costume en sapin, ou mutilés, ou fou. Pour qui ? pour quoi ?


                            • jeanphy 24 février 2008 11:22

                              Superbe et passionnante analyse.. et formidablement bien résumée. Et qui explique beaucoup de paradoxes. Pouquoi la fabuleuse augmentation des prix de la construction et de l’essence et des services publics ne sont ils pas prix en compte pour le calcul de l’inflation ? Serait ce pour conférer aux monnaies une image de stabilité sociale ? Bluff et rebluff, jusqu’à ce que l’un craque.


                              • stephanemot stephanemot 24 février 2008 15:25

                                Plus sérieusement : les provocs continuent à tous les niveaux. Après le désaveu des services secrets sur le nucléaire iranien, les theocons d’Iran et des US se cherchent de nouveaux terrains de bataille pour déclencher la guerre avant les élections.

                                Rien de tel que l’économie pour titiller les oreilles des SIG du Congrès. Seront-ils aussi naïfs que par le passé ?


                                • Lulu de Pantin 25 février 2008 08:07

                                  Alors les US me dominent parce que je suis forcé d’acheter du billet vert pour payer mon essence. Et ils s’en mettent plein les poches en me faisant un prix "américain" pour le billet vert. Et la mondialisation du commerce, ça n’augmenterait pas aussi les quantités de billet vert vendus à des prix défiant toute concurrence ?


                                  • Dominique Larchey-Wendling 26 février 2008 00:24

                                    @ l’auteur,

                                    Votre analyse sur l’empire américain est pertinente même si à mon avis elle néglige le rôle joué par le "Peak Oil". L’empire a commencé à décliner en même temps que sa propre production de pétrole. Les Etats-Unis n’ont pas pu imposer leur monnaie sans raison. Ils étaient la première puissance économique mondiale et le premier producteur mondial de pétrole, le swing-producer qui peut fixer les prix en modulant sa propre production, rôle qu’a ensuite joué l’Arabie Saoudite jusq’uil y a peu de temps. A partir de 1970, la production des USA s’est mise à décliner et ils sont rapidement devenus importateurs net de pétrole. Leur modèle économique est condamné à mourrir parce qu’il présuppose un pétrole bon marché et abondant. Reste à savoir comment l’empire va s’effondrer et si nous y survivrons ...

                                    A votre avis, combien d’êtres humains l’élite américaine est-elle prête à sacrifier pour maintenir sa domination ? Depuis quand se sent-elle fondamentalement menacée ? Avez-vous entendu parler de l’Energy Task Force de Dick Cheney de janvier 2001 ?

                                     

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