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Accueil du site > Actualités > Economie > Le gouvernement face au dérapage des dépenses publiques

Le gouvernement face au dérapage des dépenses publiques

Les mauvaises nouvelles qui dégraderont le déficit public s’accumulent (dérapage des dépenses de Sécu, augmentation du coût de la dette publique et, maintenant, baisse de la croissance). Décryptage de la réaction du gouvernement face à ce changement de donne.

Le budget 2007 de l’Etat, préparé en 2006 par le précédent gouvernement, prenait pour hypothèse une croissance de 2,25 %, comme les années précédentes. Et les dépenses ont été prévues telles que, avec des recettes correspondant à la croissance attendue, le déficit serait à peu près stable, à 2,5 % du PIB.

Depuis il y a eu le paquet fiscal : un trou clair et net de 11 milliards qui augmentera le déficit public d’autant (soit 0,6 % du PIB).

De plus cette année, comme les années précédentes, la croissance n’est pas au rendez-vous. Malgré le fort contexte international et européen, on va faire entre 1,7 % et 1,9 % selon les économistes (1,8 % pour le Crédit agricole et Natixis, < 2 % pour la BNP, "au mieux autour de 1,75 %" pour Xerfi). Et ces prévisions ont été faites avant prise en compte de la crise des subprimes et des marchés financiers de ces derniers jours. Les recettes publiques seront donc décevantes.

Et comme les dépenses ne seront pas moins élevées que prévu (au contraire les dépenses de Sécurité sociale dérapent nettement et les taux d’interêt sur la dette publique augmentent (l’OAT TEC 10 est à son plus haut niveau depuis trois ans), le déficit va clairement exploser, autour de 3 % cette année, puis nettement plus en 2008 (dois-je rappeler que dans le même temps entre 2004 et 2008, l’Allemagne aura transformé son déficit de 4 % du PIB en excédent ?).

Alors on peut penser que le gouvernement n’a pas de chance de voir tous ces nuages noirs s’amonceler d’un coup au-dessus de lui. Mais il n’a pas d’excuse car il est aussi mauvais (voire pire avec le paquet fiscal) que les précédents. Lisons attentivement ce que nous dit Eric Woerth, minsitre du budget, mardi 22 août : "Il n’y aura pas d’augmentation d’impôts", "L’idée ne peut pas être évidemment de se dire : Il y a moins de croissance, donc moins de rentrées, et à ce moment-là on va compenser en taxant plus". (Je note qu’au passage il a bien appris de Sarkozy comment tenter de décridibiliser un argument adverse par l’absurde, mais avec nous, ça ne prend pas !).

Ce que nous dit donc M. le ministre, c’est que la France serait dans un creux de croissance et qu’elle aurait donc besoin d’une relance keynesienne - augmenter fortement les déficits - pour que la croissance reparte en 2008-2009 et comble la dette comme par magie... Grave erreur de diagnostic qui conduit à de graves mauvaises décisions : les Etats-Unis, la Chine, le monde, l’Europe et donc la France sont au contraire à la fin d’un pic de croissance ! Celle-ci menace de se réduire (personne ne la voit augmenter), et ce n’est pas la réduction des droits de succession du paquet fiscal qui va relancer la croissance en France !

Enfin, même si à court terme le raisonnement que dénonce le ministre semble en effet absurde (augmenter les impôts menacerait encore plus la croissance), il est pourtant valable, et même essentiel, à long terme (ce qu’aucun gourvernement n’a compris depuis trente ans et que seuls 18,5 % des Français ont compris en 2007). Autrement dit, alors que les prévisions de budget 2008 battent leur plein, il faut admettre que la croissance l’an prochain ne sera pas de 2,5 %, mais au contraire prendre les décisions et faire les choix - que ce soit sur les recettes ou les dépenses - qui feront que même avec 1,5 % de croissance, le déficit se réduira. Et si on a plus de croissance, ce sera tant mieux car il se réduira plus fortement.

Non à la dette !

www.nonaladette.fr


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24 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 23 août 2007 10:33

    Rappelons nous voici 10 ans des erreurs d’analyses d’Alain Juppé sur la situation économique,qui n’ayant pas vu en se promenant tout simplement dans les rues des différentes villes afin de voir si ici et là des constructions de chantiers sortent de terre,ici des boutiques de services s’ouvrent et là des nouvelles sociétés se créés dans des domaines porteurs de croissance et d’emplois....

    C’est la meilleure analyse à faire pour savoir ou se situe l’activité économique de notre pays.

    De plus,l’activité des grosses sociétés de services informatiques sont en fortent croissances et comme elles collent véritablement à la croissance économique du pays,nous pouvons affirmer que la France est en croissance même si ces informations économiques ne figurent pas encore dans les analyses chiffrées des économistes.

    Il est quand même à noter la croissance des rentrées fiscales !

    Oui,il n’y a aucune raison de « tuer » la reprise économique en commentant le « crime » de Juppé en 1996


    • ljerome83 4 décembre 2007 13:35

      Est ce que vous ete payé par le gouvernement pour réagir en premier sur tous les articiles ou est ce que vous n’avez rien d’autre à faire ? N’oubliez pas, il faut travailler plus pour gagner plus ! Mais peut etre avez vous suffisament d’argent pour ne pas travailler...


    • Ronny Ronny 23 août 2007 10:37

      Deux ou trois commentaires :

      1. Pour fixer les idées, la charge de la dette, c’est à dire le remboursement de ses seuls intérêts représente 90% des produits de l’impôt sur le revenu. Chaque nouveau bébé francais vient au jour avec une dette d’environ 17 000 euros !

      2. Il est faux de dire que tous les gouvernements depuis 30 n’ont pas compris la gravité de la dette. Le gouvernement Jospin est le seul qui est tenté et reussi à réduire l’endettement de 1998 à 2001 en continu. Voir insee, ou en graphe http://jeansenterre.blog.lemonde.fr/category/la-dette/ :

      Ce gvt avait bien compris qu’en limitant cette dette, on enclenchait un cercle vertueux, puisque l’on dégageait des moyens supplémentaires que l’on pouvait réaffecter au remboursement du capital emprunté.

      3. L’augmentaion de la dette, forte sous tous les gouvernements de droite, n’est à mon avis pas un hasard. Je m’explique : une vision de droite libérale revient pour simplifier à moins d’état et plus d’entreprises privées pour assurer ce qui devrait être du ressort du service public, sans objectif de rentabilité et avec une péréquation entre les plus aisés et les moins aisés. Mine de rien, les francais, y compris ceux qui ont voté Chirac ou Sarkosy, sont réticents à l’abandon des services publics. Il faut donc montrer que l’état ne peut plus assurer ses missions de service public, donc le priver de moyens. Comment y arriver en douceur ? Par l’endettement, puisque cela permet dans le même temps à la France de vivre au dessus de ses moyens.

      Imaginez ce qu’il serait possible de faire en matière de social (logement, retraite, sécu, quoique dans ce dernier cas on pourrait aussi demander aux entreprises de rembourser une partie des milliards d’allégement fiscaux dont elles ont bénéficié, dont une part non négligeable a été réinvestie dans les circuits financiers et non dans la productivité !) si le service de la dette n’était que la moitié de ce qu’il est. On peut toujours rêver, non ?


      • Nono Ladette Nono Ladette 23 août 2007 14:06

        Tu parles !!

        (excusez ma familiarité mais je n’ai rien trouvé de plus adapté)

        Les points 1 et 3 sont vrais, ok.

        Mais le gouvernement Jospin est le seul - je rectifie votre propos - à avoir bénéficié d’une croissance de plus de 3% pendant 4 ans. Alors évidemment, bien qu’ils aient dépensé sans compter, la dette en % du PIB s’est quand même stabilisée l’espace de 2 ans. Contrairement à ce que vous avancez, il a bien lui aussi dilapidé pour le court terme ces recettes qu’on aurait dû mettre de côté, en augmentant un nombre sans précédent de fonctionnaires au lieu d’essayer de mieux faire fonctionner l’Etat et en revalorisant les retraites comme si le papy-krach n’était pas déjà attendu pour la fin des années 2000. Bref il a mis toutes les conditions en place pour que, dès que la croissance s’arrête, les déficits soient hors de contrôle.

        Et ni les suivants ni les précédants n’ont fait mieux. Croyez-moi, j’ai étudié le problème objectivement depuis plusieurs années : on ne peut pas départager qui a été le plus mauvais de la gauche ou de la droite en matière de déficits publics.


      • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 23 août 2007 10:38

        Il faut 6 mois dans le meilleur des cas, mais plus couramment un an, voir deux, pour que l’orientation politique d’un gouvernement se fasse sentir.

        Alors arrêter de charger Sarko 1e, on ne pourra pas voir les résultats de sa politique avant le début de l’année prochaine.


        • Forest Ent Forest Ent 23 août 2007 11:40

          La mauvaise conjoncture 2007-2008 était tout sauf imprévisible. Une politique de la demande comme celle qui constitue une moitié du paquet fiscal n’est pas à contre-cycle, mais elle est très mal ciblée sur les 5% les plus riches qui ne consomment pas. Une politique de l’offre comme la défiscalisation des heures sups n’est pas très opportune dans un contexte de ralentissement mondial, mais n’est structurellement pas inintéressante. Malheureusement, elle est tout aussi mal ciblée sur une complication fiscale.

          Le pire, c’est que d’avoir réduit fortement les recettes publiques avant les dépenses prive désormais l’état de toute marge de manoeuvre et de toute possibilité de changer d’avis ou de politique.

          Tout cela était bien évident en mars dernier, mais qui se soucie encore de trucs débiles comme l’économie, les grands équilibres, la rigueur de gestion ? Nous sommes dans le marveilleux monde d’après de la valeur travail où l’on va se lever plus tôt pour gagner plus. Ca ne veut rien dire ? Si, si, vous allez le constater.


          • Bulgroz 23 août 2007 14:17

            Forest Ent, visionnaire, je confirme, voir son article du 6 Mars 2007 :

            http://agoravox.fr/article.php3?id_article=20247

            2007, année grise :

            2007, année grise ? par Forest Ent (IP:xxx.x30.45.205) le 12 mars 2007 à 22H16 Il y a quand même bien un risque immobilier majeur aux US. La seule chose que l’on ignore encore, c’est s’il est systémique ou pas :

            http://fr.biz.yahoo.com/120320...

            « New Century, l’une des principales sociétés américaines de crédits immobiliers à risque, a indiqué lundi que ses banques créancières allaient cesser de la financer, faisant chuter en Bourse les autres titres du secteur. (...) Les chercheurs du Center for American Progress se montraient néanmoins beaucoup plus alarmistes. »Wall Street craint une crise imminente« , relevait Almas Sayeed dans un rapport lundi. »Jusqu’à 2,2 millions de ménages pourraient perdre leur logement dans les années qui viennent« , notait-il, ajoutant que »plus de 1,2 million de biens hypothéqués ont été saisis en 2006, 42% de plus qu’en 2005« , aux Etats-Unis. »

            Mais, la FED aussi savait, et elle n’a rien fait car selon elle, « le marché sera la solution »


          • Forest Ent Forest Ent 23 août 2007 15:35

            Merci. C’est gentil. Je ne pense pas avoir à l’époque inventé l’eau chaude : tout le monde s’informant un minimum savait.

            Quoiqu’en disent les autorités, la suite est tout aussi évidente : récession ou au mieux stagnation US, ralentissement mondial, crises immobilières en UK et Espagne, arrêt des M&A, contraction du crédit, etc ...

            Nous allons voir si notre gouvernement est capable de s’adapter rapidement à la donne. C’est un « acid test ». Le « paquet fiscal » est un problème en plus, mais la situation française reste gérable.


          • Forest Ent Forest Ent 23 août 2007 16:51

            Celui qui a le mieux décrit le truc le plus tôt à mon avis c’est Gilles Caye :

            http://agoravox.fr/article.php3?id_article=17808


          • Nono Ladette Nono Ladette 23 août 2007 18:07

            Très bon article il est vrai, écrit dès janvier vous avez remarqué ? La crise du subprime n’a absolument rien de nouveau, c’est depuis novembre-décembre 2006 qu’elle a vraiment été identifiée, et dès mars c’est elle (entre autres) qui entrainait les bourses à la baisse... avant qu’elles ne remontent plus haut très vite.

            Sera-ce le cas encore en septembre ou bien les risques systémiques prendront finalement le dessus ? Suspense...


          • Bulgroz 23 août 2007 18:42

            non, ceux qui ont prédit tout cela le plus tôt, c’est la FED en Mars 1999.

            Fidèle à son principe (le marché résoudra le problème), la FED a mis en garde mais laissé faire, car cette déprime immobilière et boursière fait partie intégrante des règles de jeu du marché.

            http://www.federalreserve.gov/boarddocs/SRLETTERS/1999/sr9906a1.pdf

            Mars 1999

            Recent turmoil in the financial markets illustrates the volatility of the secondary market for subprime loans and the significant liquidity risk incurred when originating a large volume of loans intended for securitization and sale. Investors can quickly lose their appetite for risk in an economic downturn or when financial markets become volatile. As a result, institutions that have originated, but have not yet sold, pools of subprime loans may be forced to sell the pools at deep discounts. If an institution lacks adequate personnel, risk management procedures, or capital support to hold subprime loans originally intended for sale, these loans may strain an institution’s liquidity, asset quality, earnings, and capital. Consequently, institutions actively involved in the securitization and sale of subprime loans should develop a contingency plan that addresses back-up purchasers of the securities or the attendant servicing functions, alternate funding sources, and measures for raising additional capital.


          • Forest Ent Forest Ent 23 août 2007 23:14

            @ l’auteur

            Malheureusement, je pense que la suite est claire. Nous entrons dans une période de croissance moindre, voire de récession aux US, pour une certaine durée. En effet, il ne s’agit pas simplement de la purge de quelques produits financiers exotiques, mais d’un système qui a poussé artificiellement la croissance par l’endettement. Il va donc bien y avoir des conséquences économiques.

            @ Bulgroz

            Ce texte est une règle prudentielle de la Fed de 1999, qu’elle ne s’est pas appliquée à elle-même en 2005.

            Il ne dit pas que la régulateur n’a rien à faire, mais qu’il doit surveiller l’évolution du risque systémique et des bonnes pratiques des établissements financiers. Comme la Fed avait également mis en garde contre les risques inhérents aux produits dérivés avant la faillite de Barings et de LTCM. Il est vrai que les bulles sont dans la nature des marchés, et que l’on ne peut pas interdire les investissements risqués. On peut néanmoins inciter à évaluer correctement le leverage, et définir des démarches prudentielles sur la dérivation.


          • ptittoun 23 août 2007 12:58

            Ce qui me tue la dedans c’est qu’il est censé il y avoir un bon paquet de gens aux ministères des finances réfléchissant à des solutions, et à chaque fois on nous pond des réformes simplissimes et quasiment tout le temps mauvaises, au point que la plupart du commun des mortels s’en rend compte... Très bon article bien expliqué en tout cas.


            • Nono Ladette Nono Ladette 23 août 2007 13:56

              Ce sont les responsables politiques élus qui décident de la politique. Les fonctionnaires des ministères ne font qu’appliquer ces décisions.

              Le problème vient donc de pour qui on a voté aux élections. Il était clair et évident que les programmes de Sarkozy comme de Royal conduiraient à un déficit catastrophique. Un autre candidat l’avait dénoncé et avait proposé des solutions différentes et réalistes.

              Mais les français préfèrent être dirigées comme des enfants qui veulent croire au père noel...


            • Fred 23 août 2007 13:39

              « Depuis il y a eu le paquet fiscal : un trou clair et net de 11 milliards qui augmentera le déficit public d’autant (soit 0,6 % du PIB). »

              Ben non car la quasi-totalite de ces 11 (ou 15 en fonction de qui donne les chiffres) milliards depend du suivi des differentes lois. Je reposte ce que j’avais poste dans un autre article.

              « J’imagine que la mesure qui enerve le plus les gens est le bouclier fiscal qui passera de 60% a 50%. Rappelons qu’en 2006, uniquement 2% des contribuables qui pouvaient pretendre a ce bouclier fiscal l’ont demande. On entend souvent l’argument qui dit que la majorite des gens avait peur d’un controle fiscal ; il faut dire que 85% des gens qui avaient droit au bouclier fiscal en 2006 avaient des revenus imposables de 7400€ et ce ne sont surement pas les gens les mieux informes sur ce sujet et surement pas ceux qui devraient avoir peur d’un controle fiscal. Le bouclier fiscal a 50% »peut" couter 800 millions si tout le monde le demande (a 60% le cout potentiel etait de 400 millions avec 100 millions rembourse soit 25%).

              Le plus gros cout de ce paquet fiscal sont les heures supplementaires estime a 6 millairds d’euros. Encore une fois, ca va dependre enormement du suivi de cette loi. Les entreprises auront recours a cette loi si il y a une augmentation de l’activite. Les politiciens a droite ou a gauche n’ont pas compris que uniquement l’augmentation de l’activite cree de l’emploi : pas les CPE ou CNE, surtout pas les 35 heures et probablement pas cette loi sur les heures supplementaires c’est pour ca que je ne pense pas qu’elle coute si chere que ca.

              Les droits de succession ont un cout de 2.2 milliards. On est ou on n’est pas d’accord avec cette loi. Elle ne concerne pas que les gens riches contrairement a ce que certaines personnes voudraient nous faire croire. Par ailleurs, la loi supprime une zone d’ombre fiscale : actuellement, les gains réalisés sur les stock-options ne sont pas imposables lorsque celles-ci sont transmises en donation, ce qui permet d’échapper à l’impôt. Le texte y remédie en prévoyant que les plus-values réalisées sur le stock-options qui ont fait l’objet d’une donation seront désormais taxées. Ca bien sur ca ne concerne quasiment que les riches.

              Baisse de l’ISF si investissement dans les PMEs. Cette mesure peut creer de la croissance mais encore une fois il est difficile d’en estimer le cout.

              L’emprunt immobilier est cense avoir un cout de 3.7 milliards. Avec l’effet retroactif censure par le conseil constitutionnel, ce cout sera beaucoup plus bas car l’essentiel des achats s’est fait dans les 5 dernieres annees, les prix etant trop hauts maintenant pour un grand nombre."


              • Nono Ladette Nono Ladette 23 août 2007 14:13

                Merci pour ces précisions judicieuses. Vous avez raison, il y aura un trou, mais on ne peut pas savoir de combien.

                Le minimum sera de 2,2 (successions) + 3,7 (interets d’emprunt : Sarkozy a bien dit qu’il reporterait l’intégralité de ces crédits sur les nouveaux accédants après la censure du CC) = 6MM

                Un trou de 6 à 15 milliards alors...


              • Fred 23 août 2007 14:54

                C’est clair qu’il y aura un trou. Reste a savoir si une partie de cet argent reviendra dans l’economie.

                - La partie heritage pourra peut etre permettre a certaines familles d’acceder a la propriete pendant que l’argent des familles plus riches lui sera investi en bourse. Idem pour la partie deduction fiscale sur l’emprunt, la contrepartie sera une augmentation de l’immobilier.

                - La partie baisse de l’ISF dans les PMEs peut etre interessante.

                - Le bouclier fiscal ne fera pas revenir les riches ou alors 3 peles et un tondu donc c’est perdu.

                - Les heures sup ne seront utilisees que si il y a une augmentation de l’activite et vu la croissance actuelle elle sera limitee. Donc peut etre effectivement que les employeurs feront appel aux heures sup plutot qu’a de l’embauche. L’argent gagne par les personnes en heures sup repartira dans l’economie mais ca sera minime.

                A mon sens, la baisse du nombre de fonctionnaires est une meilleure mesure, il faut que l’etat reduise la dette. Il n’y a que les pays Scandinaves qui ont plus de « fonctionnaires » que nous sachant que chez eux fonctionnaire ne veut pas dire emploi a vie. Le redressement de leur economie dans les annees 90 s’est amorce a partir d’une reduction notable et du changement de status des fonctionnaires.


              • Nono Ladette Nono Ladette 23 août 2007 15:48

                Etes-vous sur que les pays nordiques ont plus de fonctionnaires ? Car la Suède a diminué de 42% ses effectifs au début des années 90. Les hauts impôts suédois servent plus à redistribuer sous forme de prestations sociales (pour les pauvres, les malades, les étudiants...).


              • Fred 24 août 2007 09:38

                « Etes-vous sur que les pays nordiques ont plus de fonctionnaires ? Car la Suède a diminué de 42% ses effectifs au début des années 90. Les hauts impôts suédois servent plus à redistribuer sous forme de prestations sociales (pour les pauvres, les malades, les étudiants...). »

                Effectivement il y a eu une grosse baisse dans les annees 90 et un changement de status , mais j’ai lu qu’il y avait encore plus de fonctionnaire la-bas qu’ici mais je peux me tromper.

                - En parlant de la Suede, ils ont supprime l’ISF. Il ne reste que la Grece, la Norvege et la France en Europe qui ont cette impot.
                - Ce pays a aussi une TVA a 25%.
                - C’est un pays qui a une franchise medicale de 150€ si je ne me trompe pas.
                - L’impot sur les societes est a 28% un des plus bas d’Europe
                - Les impots sur les individus sont effectivement eleves et ils commencent a partir d’un salaire tres faible (1850€/an) ce qui fait que les Suedois ont une imposition sur le revenu entre 36.4 et 53.2% donc les tranches basses meme si elles ont droit a une bonne couverture sociale contribuent plus qu’en France.

                Donc je resume, diminution du nombre de fonctionnaires, franchise medicale, diminution ou disparition de l’ISF, TVA plus elevee...ca ne vous rappelle rien ? et le modele n’est pas les US mais une social democratie.


              • Nono Ladette Nono Ladette 24 août 2007 13:38

                Vous avez raison, et c’est limpide !

                Il est désolant de voir comment la gauche ne cite que ce qui est vraiment idéologiquement de gauche quand elle cite en exemple la Suède.

                Elle ne cite pas pourquoi ça fonctionne, ce que vous venez de faire simplement mais justement.


              • Fred 24 août 2007 15:07

                " par Nono Ladette (IP:xxx.x7.28.230) le 24 août 2007 à 13H38 Vous avez raison, et c’est limpide !

                Il est désolant de voir comment la gauche ne cite que ce qui est vraiment idéologiquement de gauche quand elle cite en exemple la Suède.

                Elle ne cite pas pourquoi ça fonctionne, ce que vous venez de faire simplement mais justement."

                Je ne sais pas si ce sont les raisons qui font que ca marche mais il est vrai que la gauche oublie souvent de mentionner tous ces points lorsqu’elle parle des pays scandinaves preferant se concentrer sur la couverture sociale (sans parler de la franchise) et la couverture chomage.

                On peut aussi ajouter que l’impot sur le revenu n’est pas modifie par la situation familiale en Suede de ce fait les gens sans enfant ne se retrouvent pas a payer plus dans le systeme alors qu’ils en profitent moins.

                Une bonne lecture sur les pays Scandinaves qui montrent que si un gouvernement francais adoptait des lois similaires, il se ferait traiter de capitaliste alors que ces pays sont consideres comme des social democratie.

                http://www.lignes-de-reperes.com/catalogue/scandinave3.htm


              • Nono Ladette Nono Ladette 24 août 2007 17:18

                Ce que j’entends par « pourquoi ça fonctionne » :

                C’est le fait que l’argent public ne soit plus gaspillé (dans des bureaucraties administratives qui ne servent que ceux qui y travaillent et dans des services publics improductifs) qui permet à la Suède - à prélèvements publics comparables - de redistribuer plus d’aides sociales et de vrai service public.

                Un Etat efficace quoi.


              • personne 23 août 2007 15:28

                Orienter la France pour qu’elle se prépare à affronter efficacement les vrais enjeux planétaires à venir (crise énergétique majeure, réchaufement climatique, pollution omniprésente, érosion de la biodiversité) serait également une réponse à ces questions économiques cruciales.

                Qui peut encore parler de « croissance » comme solution à nos problèmes alors qu’on sait que cette croissance, faite en dépit de tout bon sens car ne prenant pas en compte les véritables coûts de nos modes de vie, nous mène inexorablement vers un mur toujours plus épais ?

                Qu’on prenne enfin en compte les coûts de nos modes de vie consuméristes, dispendieux et surtout générateurs d’un gaspi monstrueux (qu’on paie le vrai prix de choses : coût environnemental, social). Qu’on adapte notre habitat à une énergie de plus en plus chère (isolation Haute Qualité Environnementale ou Très HQE). Qu’on réduise nos déficits extérieurs en diminuant nos importations d’énergies fossiles. Qu’on assainisse notre environnement simplement en le polluant moins (ça ne coûte presque rien) et donc en acceptant de payer à leur vrai prix des produits frais obtenus sans intrants chimiques nocifs. Qu’on cesse de mettre en place des politiques coûteuses de retraitement des déchets alors qu’on ne fait rien pour en juguler l’augmentation des volumes. etc, etc...

                Bref, « qualité » au lieu de « quantité », « durée » au lieu de « mode ».

                Ca c’est une politique au sens noble du terme, avec une vision d’avenir, une vision globale du monde. C’est ce que j’appelle investir. Pour l’instant, nous nous contentons d’accélerer toujours plus vers le mur qui sanctionnera notre manque de clairvoyance par des décennies de drames toujours plus affreux.


                • alex75 23 août 2007 18:31

                  Entièrement d’accord avec « personne ». La France va mal économiquement et psychologiquement parce que l’on reste à la surface des choses : replâtrage et rebouchage, démagogie et service rendus à tous les corporatismes comme la FNSEA ou les chauffeurs de taxis parisiens et tous les autres. Le déficit français est préoccupant, mais ce n’est pas le pire problème.

                  Le pire, c’est le manque de qualité des politiques publiques dans tous les domaines (Justice par exemple), le manque de qualité des produits français qui s’exportent mal.

                  Faire n’importe quoi et n’importe comment, voilà ce qui coûte cher et creuse les déficits (A t-on calculé le coût de l’affaire d’Outreau ? Et que dire du coût de la surconsommation d’antibiotiques et d’antidépresseurs, du coût de l’échec scolaire...).

                  Mais peu de personnes peuvent entendre un discours qui demande d’être un peu plus sérieux. Ecologie, formation des salariés, meilleure gestion des relations humaines dans l’entreprise, innovation dans tous les domaines voilà ce qui pourrait diminuer le déficit de l’Etat qui résulte peut-être d’un gros déficit d’imagination et de créativité !

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