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Accueil du site > Actualités > Economie > Le grand krach financier est-il inéluctable ?

Le grand krach financier est-il inéluctable ?

La crise des subprimes et autres produits financiers spéculatifs a récemment affolé quelques économistes et responsables politiques. Dans les milieux autorisés, il se dit des choses qu’on entend et lit dans les médias ; mais comment faire la part des choses ? Y a-t-il matière à redouter une gigantesque crise économique ? Car c’est ce qui se dit en ce moment dans la presse. Les échos provenant d’éditos et d’interviews ne sont pas très rassurants.

Ainsi, le JDD propose un interview avec comme titre une sentence de Jacques Attali : « nous risquons une crise de 1929 ». La formule, sobre comme la cravate blanche de son auteur, sonne de manière percutante. 1929, un symbole sombre, évoquant ces millions d’Américains déboussolés, désoeuvrés, arpentant les chemins en quête de quelque emploi de fortune et surtout de soupe populaire. Des images inscrites dans les heures sombres de l’Histoire et c’est sans compter ce qui est imputé pour une part à cette crise, la déflagration en Europe et la montée du nazisme. Le Nouvel Obs préfère jouer d’une formule discrète mais sibylline, « la crise mondiale est pour demain » ; et de proposer une longue et intéressante interview de Michel Rocard s’efforçant de livrer quelques oracles sur le krach économique apparemment inéluctable, la seule incertitude étant l’heure fatidique où les indices vont décrocher. Le spectre de 1929 est présent dans la première question adressée au Premier ministre de Mitterrand. Et puis fin août, en pleine actu des subprimes, dans le magasine économique Challenge, Marc Fiorentino, président d’Euroland France, laisse entendre que cette crise des crédits immobiliers à risque ne serait que la partie immergée d’un iceberg bien plus imposant ; et d’évoquer un prochain Titanic financier. Là aussi, on saisit l’effroi que suscite la formule.

Mais est-on sûr de bien comprendre l’origine de cette crise ? Est-on certain que les propos affichés traduisent la nature du phénomène et pointent les vraies responsabilités dans ces affaires de gros sous ? Avant d’enquêter sur ces affaires, j’aimerais souligner une cocasserie sur deux avis divergents sur l’évolution prochaine de la Chine. Attali, frétillant à l’idée de voir se confirmer sa belle parabole sur l’Histoire des grands centres économiques (Bruges, Anvers, Venise... Londres, Boston, New York...), n’hésite pas à évoquer un pote de Soros parti en Chine en quête d’un avenir fructueux, comparant ce périple à celui des émigrants vers Londres en 1807 ou New York en 1907. Le choix des dates se traduisant ainsi : le XIXe siècle a été britannique, le XXe siècle a été américain et le XXIe siècle sera chinois. A l’inverse, Fiorentino est prudent ; il pense que la Chine sera une grande puissance d’ici quinze ans mais qu’actuellement, son économie est un trompe-l’œil façonné par une bulle financière qui devrait être la seconde digue à s’écrouler après celle des crédits immobiliers américains. Bref, une métaphore de plus, celle d’un barrage qui se fissure, créant un tsunami financier planétaire, et pour conclure, un avis positif sur l’Europe qui devrait être la place économique la plus sûre ces prochaines années.

Michel Rocard, connu pour ses difficultés à l’oral, mais reconnu pour son intelligence, a l’occasion de pratiquer l’écrit de rattrapage. Ses propos tenus dans le Nouvel Obs sont clairs et pertinents. Une perspective historique montre l’évolution de l’économie à travers d’une part le rapport entre salaires et profits, d’autre part la nature des crises financières. Selon Rocard, le problème majeur, c’est la montée en puissance de la sphère financière à partir de 1980. En quelques mots, l’économie de 1945 à 1980 s’est traduite par une intervention des Etats et une rémunération du travail au détriment du capital et donc, un manque à investir. Les crises financières ont été nationales. Après 1980, les marchés financiers ont monté en puissance, les crises sont devenues internationales, de deux types, soit liées à des spéculations et bulles financières (Japon en 1990, nouvelle économie en 2000, immobilier en 2007, et le krach de 1987 oublié par Rocard), soit liées aux parités monétaires, par exemple, l’Argentine après son currency board l’attelant au dollar, ou encore le système monétaire européen en 1992 (qui est aussi une forme de currency board). Les désordres entre monnaies avaient été prévus par Tobin alors que les marchés se substituaient aux étalons et que la monnaie devenait un bien que l’on échange. Dans le même temps et surtout après 1990, la spéculation allait entraîner des désordres financiers engendrant de belles fortunes autant que d’immenses zones de pauvreté dans les nations avancées. La raison étant que les salaires sont passés de 71% du PIB en 1980 à 60% en 2007, dixit Rocard. Phénomène qui va de pair avec la voracité des institutions financières privées, fonds de pensions, banques d’affaires, multinationales, qui exigent des taux de rémunération du capital exorbitants. Et pour y parvenir, ces structures jouent aussi sur les mécanismes spéculatifs.

Là où je ne suis pas d’accord, c’est sur une formule fallacieuse employée par Attali selon lequel la crise des marchés hypothécaires de l’immobilier aurait entraîné la destruction de richesses égales à 10% du PIB américain, soit 4000 milliards de dollars. En fait, ces richesses n’en sont pas, ou du moins elles sont artificielles. Quand un Van Gogh passe de un à deux milliards de dollars en dix ans, y a-t-il création de richesse ? Non. Il faut en effet distinguer l’économie immédiate où les biens s’échangent définitivement, et l’économie spéculative où les biens ne sont plus des valeurs d’échange mais des valeurs d’investissement. Ainsi se joue le sort des valeurs immobilières, dont l’échange est sur la durée, crédit et spéculation à l’appui, et le sort des valeurs mobilières que sont les actions, mais aussi toutes les autres formes d’achats spéculatifs, métaux, œuvres d’art et maintenant stocks de pétrole.

Comment fonctionne la spéculation ? Son principe est simple, il consiste à parier sur la montée des prix et donc, à acquérir un bien qu’on escompte revendre plus cher quelque temps après, un mois, un an, dix ans, tout est envisageable. Le spéculateur a du flair, il n’est pas idiot, n’achètera pas un stock de maillots Laporte ou PSG pour les revendre plus cher d’ici deux ans. Mais lorsqu’une denrée est indispensable, il peut miser dessus, sans vergogne. C’est le cas par exemple du pétrole. La spéculation nécessite alors une connaissance très fine de la tendance. La spéculation utilise la science du yoyo ou du surf. Facile à comprendre. Imaginez un surfeur, il a une vue longue, il se place à l’endroit où la vague va se former. C’est pareil pour le baril de pétrole, sauf que l’axe n’est pas l’espace mais le temps. Il faut savoir si la tendance est à la hausse. Pour acheter le baril à 80 et le revendre à 95 lorsque le moment d’écouler son stock est venu. Disposer d’informations est utile. Par exemple, si quelques Etats producteurs baissent leur production ou si un cyclone se prépare près des zones pétrolifères. Un spéculateur est un individu bien informé doublé d’un bon calculateur.

La spéculation ne détruit pas forcément l’économie. Elle représente une sorte de taxe, une plus-value récupérée en parasitant l’économie, une taxe non pas fiscale, consacrée à des dépenses publiques, mais privée, destinée à augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui ont quelques liquidités pour épargner et investir dans ces jeux financiers exercés par de véritables experts. Au bout du compte, les disparités augmentent, et au lieu de vendre des véhicules bas de gamme à des ouvriers dépouillés de pouvoir d’achat, on renouvelle le parc automobile des profiteurs à coups de gadgets et de perfectionnements en puissance, confort, tenue de route. Il n’y a pas de secret. Si Porsche se porte si bien et si Dassault vend des jets privés, on ne sera pas étonné.

Et les crédits hypothécaires ? Imaginons que des spéculateurs achètent un milliard de barils à 80, puis 100, puis 150 dollars et que trois mois plus tard, les ménages et les économies soient à bout de souffle. Les nations limitent leurs achats et les barils achetés à 150 sont revendus à 100 dollars. Du coup, les spéculateurs ont perdu 50 milliards de dollars. C’est ce qui s’est passé avec les crédits hypothécaires. Sauf que les ménages ont été incités à entrer dans la spéculation alors que pour certains, la valeur de leur maison est inférieure au crédit hypothécaire qu’elles ont consenti. Et les organismes financiers de récupérer des logements qui viennent inonder le marché et crever la bulle immobilière. Au bout du compte, même si des milliards de dollars ont disparu, certains s’en sont mis plein les poches, comme ceux qui juste avant le krach de la net-écononie, ont vendu leurs actions à temps, avec des bénéfices au décuple. En 2000, une crise de 1929 s’est superposée au cours assuré de l’économie, sans gros dégâts, prouvant une fois de plus la stabilité affirmée du système dont les secousses ont été épongées par ceux qui s’y sont pris comme des manches en achetant des actions au mauvais moment, et ceux qui ont dû faire la manche, débarqués des start-up en phase de liquidation.

Et le rôle des banques centrales ? En fait, si elles servent parfois de boucs émissaires pour excuser les défaillances de la finance, elles ne sont pas responsables. D’abord, leur poids est minime par rapport aux marchés, ensuite, elles sont coincées par les mécanismes de l’économie et de la spéculation. On dit que les banques centrales doivent injecter des liquidités pour répondre à la croissance mais pas trop pour ne pas créer de l’inflation. Or, il se trouve que ces liquidités, si elles participent à une économie vertueuse, servent aussi aux fonds spéculatifs pour mener leurs opérations de prédation. Autrement dit, les banques centrales servent autant l’économie immédiate que l’économie spéculative. Et donc, il n’y a pas de solution économique au problème mais uniquement politique. Comme le conclut Michel Rocard, il faut que les sociétés se défendent contre la prédation des processus spéculatifs, contre la voracité des classes aisées.

Enfin, le big krach, s’il risque de se produire, aura-t-il une grande incidence sur l’économie ? Ce sera sans doute drastique pour ceux qui sont précaires mais l’argent continuera à circuler et le business de fructifier. Il n’est donc pas sûr que cette menace de la fonte spéculative, jugée plus dangereuse que la fonte des glaciers, justifie tant d’inquiétude. La dette participe à l’économie. Elle fait le bonheur des créanciers tout en affamant d’un autre côté les plus fragiles. Malgré les sommes astronomiques de la dette des ménages américains (et de la bulle en Asie), il n’est pas certain que le système soit si instable. C’est ce que pensent d’autres économistes comme le dit avec honnêteté Attali. Et il faut bien séparer ce qui relève de la dette de ce qui est imputable à la spéculation. Quant aux solutions pour rendre l’économie moins vorace et plus équitable, c’est certain qu’elles existent mais en veut-on vraiment ? Dans l’état actuel des choses, les failles financières seront comblées par la variable d’ajustement qu’est l’humain, comme depuis deux décennies.


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130 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 18 décembre 2007 11:04

    La grande menace c’est l’insondable dette US et la (sur)vie à crédit de ce pays soutenu surtout par les bons du Trésor chinois. Jusqu’à quand se tiendront-ils par la barbichette ?..


    • Rage Rage 18 décembre 2007 22:57

      Bonjour,

      J’apprécie ce type d’article : il y a du fond.

      En économie, ce qu’il y a de bien, c’est que tout est interconnecté : il y a du bon et du mauvais dans chaque mouvement.

      Le grand Krach dont on « parle » régulièrement n’est ni plus ni moins qu’un ajustement majeur de l’économie lorsque certains acteurs ont trop déconnés : certains se préparent et guettent la chutte pour faire fortune, d’autres seront plumés sur plusieurs générations.

      Mais là où la donne change, et là où c’est très dangereux, c’est lorsque l’on interconnecte l’économie privé ET publique.

      En 1929 le krach a envoyé par le fond 3/4 des américains et une bonne partie de l’Europe. Sans les ressources financières publiques, il n’y aurait pas eu de redressement.

      Aujourd’hui, les Etats sont surrendettés, dépendants et interconnectés au privé. Si le privé sombre, il entraîne les plus modestes en masse mais aussi les états et organismes publics. Le privé ne pouvant plus soutenir le public, le public sombrant également, il y a un « bug » majeur.

      A force de trop vouloir tirer sur la corde, à proposer du crédit sur du « vent spéculatif », à surrendetter plus que de raison les « agents économiques » sur des durées canoniques, on expose le commun des mortels à l’irresponsabilité d’acteurs qui « jouent » à la prise de risque provocatrice.

      Un jour ça craque et on affronte le principe de réalité : ce jour là, j’en suis certain, on va le vivre plus vite qu’on ne le croit.

      La BCE qui injecte encore 320 Mds d’euros - d’où vient tout ce fric « liquide » ? - après son injection de quelques 150 Mds récemment démontre l’ampleur du gouffre.

      Mon grand père me disait toujours : mise sur du concret, du tangible : au moins ça, quand les autres perdent la tête, ça ne disparaît pas. La pierre... à sa juste valeur donc.


    • stephanemot stephanemot 19 décembre 2007 07:41

      Si le krach n’a pas encore eu lieu, c’est parce que les marchés financiers se sont dotés de pilules de la veille du lendemain après la crise de 1987.

      Résultat : la purge n’a pas lieu et les verrues continuent à s’empiler sur un visage déjà passablement disgrâcieux.

      Sur le fond, au-delà de la crise financière, nous vivons une crise de la finance :


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 décembre 2007 12:53

      Pour info, à lire en complément une réflexion sur la crise du logement et le profit locatif

      http://agoravox.fr/article.php3?id_article=33281

      Et surtout, ce second article (que je préfère à celui-ci) répondant à la question posée en ouvrant de plus vers la problématique sociale

      Pas de 1929 en vue ! Mais une crise sociale assortie de mensonges

      http://agoravox.fr/article.php3?id_article=33334


    • JL JL 23 décembre 2007 10:31

      @ Rage : «  »La BCE qui injecte encore 320 Mds d’euros - d’où vient tout ce fric « liquide » ? «  »

      Fric liquide ? N’est-ce pas plutôt la planche à billets ? J’ai un doute là !


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 décembre 2007 10:50

      Précision, l’argent de la BCE, considérable dans son montant, est en fait destiné à un refinancement des établissement à « taux d’ami », autrement dit 4 % au lieu de presque 5

      Quant à la « planche à billet », c’est interdit et pourtant, c’est une idée à mettre en place pour créer une deuxième banque aux finalités spécifiques d’ordre éthique. C’est une de mes idées en matière d’économie


    • Rage Rage 23 décembre 2007 11:30

      J’avoue que les notions « planche à billet » et « injection de liquidités » sont pour moi floues : quelle action économique réalise la BCE en injectant ces milliards à taux « d’ami » ? Quelles sont les sommes et moyens à disposition de la BCE pour réaliser ce type d’action ?

      S’il y a un spécialiste de la chose, je suis preneur d’infos.


    • JL JL 23 décembre 2007 12:04

      Langue de bois, quand tu nous tiens ! Il semble que ce qui est interdit c’est de parler de planche à billets, lutte contre l’inflation oblige.


    • JL JL 23 décembre 2007 17:31

      @ Rage, voici une explication que j’ai trouvée à Rue89 :

      http://rue89.com/blog/mon-oeil/ce-que-signifie-concretement-la-bce-a-injecte-des-liquidites

      Ou je n’y comprends rien ou cela est une façon discrète et indirecte de faire marcher la planche à billets, puisque cela revient à permettre aux banques le droit d’accorder plus de crédits.


    • Rage Rage 26 décembre 2007 00:45

      Effectivement, bon lien : cela éclaire sur la mécanique de fond. Reste à savoir comment la BCE y retrouve son compte en générant des prêts « planchers » à durée courte et au taux plancher.

      Il y a une vraie mécanique de fond, et il serait surement intéressant de connaître les vrais rôles et marges d’actions des banques centrales.

      Quant à la crise des subprimes, on n’a pas fini d’en parler...

      Merci en tous cas pour le lien !


    • Darwa 26 décembre 2007 03:27

      C’est simple : c’est le systeme de creation de monnaie. Sur le marché bancaire les banques se pretent de l’argent entre elles si le besoin s’en fait ressentir à un taux appellé Euribor.Une banque a besoin de tunnes elle va sur le marché interbancaire et se fait preter de la tune qu’elle donne a ces client elle a crée de la monnaie. Et c’est la BCE qui gere cela. La BCE est en fait la banque des autres banques et dispose de reserve. Seulement elle ne peut pas accorder des credits au dela de ces capacites. Si le marché a besoin d’argent elle ne peut que regarder ses reserves et ce que les autres banques ont a proposer comme argent a preter. Seulement avec la crise plus personne ne veut se preter car personne n’est sur de la capacité a rembourser de chacun et tout le monde a en tete les depreciations d’actifs colossales de Citibank Bank of New ork, Merril Lynch etc. Donc pour resorber la crise la BCE n’a d’autres choix que de sortir de ses reserves des billets a preter a des taux bas tres bas car le but est de diminuer la crise. Seulement elle ne peut pas preter indefiniment car cela est interdit. ON ne peut pas preter plus que ce que l(on a en reserve ou en capacité a preter. En d’autres terme on peut pas faire marcher la planche a billet et imprimer des billets comme ça pour le plaisir alors que rien ne garanti cette somme d’argent c’est a dire les stocks d’or. Les E-U eux font marcher la planche a billet et tout le monde s’en fout puisque le dollar sert a tout et tout le monde fait confiance aux ricains. En gros les E-U vivent a credit et personne ne verifie si ils peuvent rembourser. Pourquoi ? Parce que le dollar etune monnaie d’echange internationale qui sert a payer tout : les matières premières, le petrole et puis parce que les E-U reussissent rembourser les emprunts, mais jusqu’a quand puisque la croissance des E-U est a zero et qu’ils ne produisent plus rien


    • tvargentine.com lerma 18 décembre 2007 11:07

      Depuis 1987 on nous parle d’une faillite ,d’un crack mondial qui serait du à la politique américaine.

      Rappelons de Bill Clinton avait su remettre les comptes de la Nation Amérique en solde créditeur et avez apporté une croissance exceptionnelle au USA.

      Cette crise de crédit bien cliblé n’aura aucun incident sur l’environnement économique mondialisé car les risques sont bien ciblé et les premiers perdants sont les pauvres qui auront pris ce type de crédit au USA.

      Arrêtons le catastrophisme anti-américain et anti-capitalisme primaire


      • jps jps 18 décembre 2007 20:57

        Le dollar, monnaie d’un monopoly planétaire dont la banque est la FED, perd, peu à peu, son statut de monnaie de réserve. arguments : http://poly-tics.over-blog.com/article-7296778.html


      • JL JL 23 décembre 2007 10:35

        @ Lerma : Si les seuls perdants étaient les pauvres, il n’y aurait pas de crise. Décidément, on guette en vous une parcelle d’intelligence tout comme on guette chez un grand psychopathe une parcelle d’humanité. En vain semble-t-il.


      • ZEN ZEN 18 décembre 2007 11:22

        Ierma

        Même un fervent admirateur de l’économie ultralibérale US comme Eric Le Boucher (Le Monde) commence à s’inquiéter dans un article récent d’une rare lucidité :

        (Je le copie, l’article n’étant plus disponible gratuitement) :

        « Le recul du dollar va-t-il s’accélérer et échapper à tout contrôle ? L’euro, aspiré comme un ballon, va-t-il monter sans limite à 1,55 ? 1,60 ? 1,70 ? Plus ? Comme le titrait l’hebdomadaire britannique The Economist la semaine passée, ce scénario noir flanque »la panique" dans les milieux financiers. Le krach du dollar n’est pas l’hypothèse la plus probable, mais elle n’est plus regardée comme impossible.

        Depuis l’abandon de sa convertibilité en or, le 15 août 1971, le dollar a perdu plus d’un tiers de sa valeur vis-à-vis de l’ensemble des autres monnaies. La chute du billet vert ne date donc pas d’hier. Elle s’est déjà accompagnée de crises, notamment à la fin des années 1980, quand le sumo japonais semblait pouvoir bousculer l’Empire américain. Mais ni la dévaluation régulière ni les crises n’étaient parvenues à remettre en cause la suprématie du dollar comme pivot du système monétaire mondial.

        Au contraire. Les économies émergentes d’Asie ou les riches pays du Golfe ayant, par commodité, accroché leur monnaie au dollar (le peg en jargon), on a pu dire que le système né des accords de Bretton Woods signés en 1944, mort justement le 15 août 1971, s’était de facto reconstitué. Hors l’Europe continentale, la planète était revenue à un quasi-monopole mondial, « une quasi-zone dollar », système que les économistes nommaient Bretton Woods 2.

        C’est ce Brettons Woods 2 qui menace de voler en éclats. Le dollar fait l’objet d’une défiance d’origines multiples, immédiates et de long terme.

        Le premier facteur est la faiblesse de l’économie américaine. Récession ou pas ? Martin Feldstein, ancien conseiller de Reagan, estime maintenant à 50 % les chances d’un plongeon. Larry Summers, conseiller de Clinton, croit à la récession et il prédit qu’elle sera longue, se prolongeant « au-delà de 2010 ». Pour donner de l’air, la Federal Reserve est tentée d’abaisser ses taux d’intérêt, mais avec réticence, car elle craint de rallumer les risques d’inflation. On parle aux Etats-Unis du retour de la stagflation - croissance faiblarde mais inflation menaçante - hydre assez terrifiante qu’on n’avait plus vue depuis vingt ans. Toutes ces perspectives ternissent salement l’éclat du dollar.

        Deuxième raison, la crise des subprimes. On la croyait jugulée, elle est réapparue depuis une quinzaine, jetant un doute sur la solidité des banques américaines (quelle sera la hauteur véritable de leurs pertes ?). Et va-t-elle s’aggraver encore au début 2008 ? Tout cela n’est pas pour rassurer les investisseurs en dollars.

        Troisième élément, plus connu mais plus lourd encore, le déficit de la balance commerciale. Il s’est un peu résorbé grâce à la baisse du billet vert, qui rend les produits made in America plus compétitifs. Mais il reste de 5,5 % du PIB : il faudrait encore beaucoup dévaluer pour que les comptes s’équilibrent.

        Tous les ingrédients sont réunis pour que la glissade continue. Mais un facteur supplémentaire pourrait provoquer son accélération : le décrochage de la parité fixe adoptée par les pays émergents et, plus largement, le recours à d’autres monnaies de réserve et de paiement.

        La Brésilienne Gisele Bündchen, top- modèle la mieux payée au monde, n’est pas la seule à vouloir un chèque « dans toutes les monnaies sauf en dollars », selon Forbes (la belle a démenti depuis ; elle accepte tous les chèques). Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, veut elle aussi faire régler ses centrales nucléaires chinoises en euros. Le Venezuela et l’Iran refusent les dollars pour des raisons politiques. Certains Emirats du Golfe se sont interrogés pour finalement conserver officiellement le dollar. Mais que va faire la Chine, riche de 1 400 milliards de dollars ? Les pays émergents ont accumulé 3 000 milliards de dollars de réserve, les trois quarts du stock mondial. « Ce record historique traduit leur part croissante dans l’économie et la finance mondiale », souligne Jacques de Larosière, ancien directeur général du FMI, mais montre, surtout, que « le pouvoir financier mondial » est passé entre leurs mains. Vont-ils se défier du dollar ? « Il n’est pas dans leur intérêt de s’engager dans des politiques agressives de diversification qui pourraient précipiter la baisse de la monnaie américaine et entraîner une dépréciation de leurs actifs », souligne Jacques de Larosière. Mais, « depuis 2005, une tendance à la diversification se manifeste ». Les acquisitions d’entreprises par les « fonds souverains » des pays émergents font partie de cette stratégie.

        Nous sommes « au début de la baisse relative de la place du dollar », résume le professeur Michel Aglietta. La seule contre-force, poursuit-il, serait que le déficit commercial se réduise vite, épuisant la dynamique première de l’affaissement du billet vert. Sinon, les détenteurs de dollars s’en déferont progressivement, en priant pour que ces ventes ne provoquent pas « la panique » sur les marchés de change.

        Le dollar est détrôné, le monde monétaire multipolaire est né. Quel visage aura-t-il ? Sans doute passera-t-on par une période de changes flottants, selon Michel Aglietta. Dans ce cadre, pour que l’euro ne soit pas le seul à monter, il faudrait que l’Asie s’organise, mais l’union monétaire asiatique tarde. Il faudrait aussi, ajoute Jacques de Larosière, « que le FMI reprenne du poids et que Etats-Unis, Chine et Japon, les trois sources de déséquilibre, acceptent le jeu multilatéral ». En attendant le monde monétaire post-dollar promet d’être ni plus stable ni plus juste." Eric le Boucher


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 décembre 2007 11:26

          Merci pour cet éclairage

          Complément d’info, effectivement, les subprimes sont revenues et pour la seconde fois en 9 ans, la BCE injecte de l’argent illimité à taux d’ami pour aider les établissements financiers à passer cette dure période


        • snoopy86 18 décembre 2007 11:33

          @ Bernard

          Ce n’est pas à un taux d’ami. C’est le taux habituel, qui est trés proche des taux du marché.

          Ces avances à court terme sont normales dans l’activité des banques centrales. Ce qui est extrêmement préoccuppant c’est l’ampleur.


        • Gandalf Tzecoatl 18 décembre 2007 11:54

          @ L’auteur, qui a écrit : « Quant aux solutions pour rendre l’économie moins vorace et plus équitable, c’est certain qu’elles existent mais en veut-on vraiment ? »

          Pouvez-vous les énumérer ?

          Quand à Michel Rocard, pour qui j’ai de l’estime, il a signé un manifeste (celui du CIPMF) qui pourrait apporter certaines solutions source : http://tiki.societal.org/tiki-download_file.php?fileId=29

          Vous écrivez : « La dette participe à l’économie. Elle fait le bonheur des créanciers tout en affamant d’un autre côté les plus fragiles. »

          Effectivement, la dette publique française n’est faite que des intérêts :

          http://www.societal.org/docs/interets-dette.htm

          Cependant, je suis en désaccord avec vos conclusions. Michel Rocard montre que notre système financier a obéré jusqu’à 1 point de croissance depuis 1980. On constate que le système financier joue contre la bonne santé de nos économies. Et cela ne peut pas se faire in extenso.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 décembre 2007 18:20

            Une solution, ce serait la DBE,

            c’est quoi ? Mystère, peut être un article à venir. Quant à la croissance obérée, c’est pas certain mais admettons que ce soit plausible. De toutes façons, la croissance est un indice relativement déconnecté des réalités


          • Gandalf Tzecoatl 18 décembre 2007 19:20

            @Bernard Dugué, qui a écrit :

            "Une solution, ce serait la DBE, c’est quoi ? Mystère, peut être un article à venir."

            N’hésitez surtout pas pour ce futur article.

            Cordialement,


          • Dégueuloir Dégueuloir 18 décembre 2007 12:44

            à priori aucun rapport,mais en y regardant de plus près,on voit se dessiner le futur...témoignage de Aaron Russo, producteur et réalisateur de films à Hollywood, sur ce qu’il a appris de la bouche de Nick Rockefeller, au sujet du 11 septembre 2001, de la guerre contre le terrorisme, du CFR etc...

            http://www.dailymotion.com/rated-week/tag/war/video/x3qiv7_aaron-russo-sur-le-911-le-cfr-et-ro_politics

            article passionnant ,merci et cordialement !


            • alberto alberto 18 décembre 2007 14:32

              Dégueuloir : impréssionnant, mais est-ce fiable ?


            • Dégueuloir Dégueuloir 18 décembre 2007 17:48

              fiable sur l’interview,oui,sûrement.....on ne peut jamais être certain à 100% ! toutefois ce n’est pas le premier qui se livre à cet exercice,Francesco Cossiga,Andreas von Bullow,chevénement et bien d’autres.......,et un collectif de personnes éminentes dans leurs activités et surtout Américaines qui ne peuvent être taxés d’anti-américanisme....http://www.patriotsquestion911.com/..


            • geko 19 décembre 2007 12:46

              Prochaine étape : réduire la population mondiale de moitié, la voilà la solution pour résoudre les problèmes de pollution. Un petit H5N5 de derrière les fagots !


            • Proudhon Proudhon 22 décembre 2007 15:13

              Très intéressant ce témoignage. Je ne le connaissais pas. Un de plus en faveur de la thèse du complot.

              Les gens se réveilleront-ils à temps ?


            • TSS 18 décembre 2007 13:23

              la chine tient les usa par les c......s quand se decidera t-elle à serrer vraiment ?

              quand cela arrivera ce sera un cataclysme pour le monde entier !!


              • Ouebman 18 décembre 2007 13:44

                Bonjour,

                La Chine ne serrera rien du tout. Elle ne s’assoira pas sur ses milliards de $ de réserve en laissant la chute du $ se poursuivre longtemps. Elle soutiendra, pour un temps, le cour du $, pendant qu’elle se payera comptant des pans entiers de l’économie US, entre autre, en échange.

                Apres, on verra.

                Le risque est une perte de confiance generalisé dans les monnaies papiers qui ne sont plus, rappelons-le, convertible en or. Ce systeme fonctionne sur la confiance en des indicateurs discutables. Si la confiance s’evanouie, que vaut le bout de papier ?

                Pour rire :

                « Si vous n’avez pas confiance en l’or, vous admettez qu’il est logique d’abattre un arbre valant environ trois ou quatre mille dollars, de le transformer en pulpe puis en papier, de mettre un peu d’encre dessus et d’appeler le tout un Milliard de Dollars ». Kenneth J. Gerbino

                Que fait l’or en ce moment ?

                Cordialement,

                O


              • tvargentine.com lerma 18 décembre 2007 13:26

                Vous dites en lisant un « journaliste » du Monde

                «  »Le recul du dollar va-t-il s’accélérer et échapper à tout contrôle ? L’euro, aspiré comme un ballon, va-t-il monter sans limite à 1,55 ? 1,60 ? 1,70 ? Plus ? Comme le titrait l’hebdomadaire britannique The Economist la semaine passée, ce scénario noir flanque « la panique » dans les milieux financiers. Le krach du dollar n’est pas l’hypothèse la plus probable, mais elle n’est plus regardée comme impossible"

                Depuis les années 1970 le dollars va et viens et c’est un instrument de la politique économique américaine qu’il utilise pour réduire leur dette et vendre moins cher en phase de ralentissement économique.

                Les matières premieres sont payés en dollars et c’est une bonne chose pour l’Europe que d’avoir une monnaie forte.

                Elle permet aux européens (aux français aussi) d’investir à l’étranger et de faire des achats d’entreprises moins chers et de batir des nouveaux réseaux de distribution de leur fabrication

                C’est aussi cela devenir une grande puissance économique

                Il n’y a que des avantages ,même pour le tourisme à l’étranger.

                La propagande du journal « Le Monde » qui fut un tres grand journal voici encore 30 ans a perdu toute sa crédibilité dans un anti-américanisme primaire du libéralisme avec des gauchistes défroqués qui écrivent n’importent quoi.

                Reprenez donc les articles d’Eric le Boucher voici quelques années et vous retrouverez le même discours stérile fabriqué derriere un bureau.

                On peut combattre le libéralisme sans tomber dans les clichés.

                La question a posé serait plutôt :

                - doit-on remplacer le dollar par l’euro dans des zones indexées sur le dollar (comme l’Amérique du Sud)


                • Zalka Zalka 18 décembre 2007 13:48

                  Je me rappelle d’un commentaire pas si lointain de Lerma peu de temps après une sortie de Sarko sur Trichet et la BCE, qui disait en substance : l’euro fort c’est mal car cela handicape nos entreprises à l’exportation. Il faut dire que Sarko ralait sur l’euro fort.

                  Et là, Pouf ! L’euro fort c’est bien, car l’importation de matière première coute moins chère.

                  Donc deux choses :
                  - On constate le ridicule terrible de Lerma, l’idéologue à la tête vide qui défend tout et son contraire toujours pour défendre son idole.
                  - Qu’il y aura toujours un problème que l’euro ou le dollar soient forts ou faibles. Reste à savoir lequel de ses problème peut déclencher une crise majeure (que Lerma ne s’imagine pas possible en bon intégriste du capitalisme, s’estime-t-il meilleur que nombre de prix nobel ?).


                • Alpo47 Alpo47 18 décembre 2007 13:29

                  J’ai envie d’ajouter que tous ces cris d’alarme que l’on entend de tous cotés, contribuent à créer la peur et la crise de consommation actuelle. D’où arrivée encore plus probable d’une crise majeure.

                  De mémoire, M.Rocard et J.Attali font partie du même « groupe de reflexion », les Bilderberg. Etonnant, non ?


                  • Dégueuloir Dégueuloir 18 décembre 2007 13:48

                    La Crise de 1929 : la fuite en avant de Jacques Attali

                    La Crise de 1929 : la fuite en avant de Jacques Attali Dans une interview au Journal du Dimanche du 16 décembre intitulé « Nous risquons une crise de 1929 », Jacques Attali, ancienne éminence grise de François Mitterrand et nouvelle de Nicolas Sarkozy, à qui ce dernier a confié la présidence de sa Commission pour la croissance, montre qu’il voit toujours beaucoup plus juste dans ses analyses que dans ses propositions, surtout quand celles-ci pourraient nuire à ses multiples accointances dans la finance internationale.

                    D’abord le diagnostique, généralement incisif. Evoquant l’exemple de Jim Rogers, l’ancien associé de Soros qui vient d’annoncer qu’il quittait les Etats-Unis pour s’installer en Chine, Jacques Attali se lance d’abord dans un commentaire général sur le déclin des nations - américaine et européennes dans ce cas précis - lorsqu’elles sont incapables de corriger leurs erreurs. « Aujourd’hui, dit il, le grand mouvement, c’est le déclin relatif des Etats-Unis ». Et bien que « son remplacement par un autre cœur, indien ou chinois, n’est pas pour demain », les « Etats-Unis » dit-il, à juste titre, « font la démonstration d’un extraordinaire aveuglement devant leurs problèmes. La campagne électorale qui commence ne donne pas le sentiment qu’ils veulent réagir. Ils vont donc au devant d’une récession très profonde qui n’épargnera pas l’Europe ».

                    Résultat, “nous sommes au bord d’une récession », note Attali soulignant que la « crise de subprimes » - les crédits hypothécaires accordés à des ménages américains insolvables - a « détruit, en quelques mois, des richesses égales à 10 % du PIB mondial, soit 4.000 milliards de dollars, c’est-à-dire 50 fois plus que les pertes générées dans les industries de pointe par l’explosion de la bulle Internet. » « Les subprimes sont révélateurs des excès des marchés financiers, qui ont crée des montages diaboliques afin de mutualiser leurs risques au détriment des plus pauvres ».

                    Au-delà, Attali souligne, à juste titre, que “cette crise n’est pas cantonnée au secteur du logement, car elle révèle que les banques ont re-prêté leurs prêts à n’importe qui, pour les racheter ensuite beaucoup plus cher. C’était à la mode. Devant la révélation de la folie que cela représente, on est passé, en une semaine, de l’euphorie à la panique : plus personne ne prête à personne. Plus aucune banque ne prête à une autre banque. Et si les banquiers continuent à paniquer, nous risquons une crise de 29. D’ailleurs, aux Etats-Unis et ailleurs, certains grands patrons de la finance me disent en privé : « Nous sommes en 1928 ».

                    Mais que propose-il pour en sortir ? Une réorganisation de fond en comble du système, un « New Deal » inspiré de celui de Franklin Roosevelt ? Proche de Felix Rohatyn et d’autres banquiers d’affaires particulièrement agressifs au niveau international, Attali plaide, au contraire, en faveur du retour aux taux d’intérêts bas qui permettraient de renflouer les intérêts aujourd’hui menacés par la crise, sans rien changer aux pratiques qu’il dénonce. Il propose ce qui reviendrait encore à une fuite en avant dans le financier.

                    Malgré le danger d’hyper-inflation qui voit le jour, Attali lance un appel à la FED - la banque fédérale de Réserve américaine - et à la Banque centrale européenne, pour qu’elles baissent leurs taux directeurs, afin de relancer la croissance. Et plutôt que de résoudre les problèmes fondamentaux, il s’emploie a dé-diaboliser l’image de l’inflation qu’ont nos concitoyens, les appelant à voir qu’une inflation de 5 à 6 % par an comme celle de la Chine, l’Inde ou d’autres pays émergents « n’est pas une tragédie ». Jacques Attali s’en prend correctement aux sociétés de la vieille Amérique et Europe où « le pouvoir appartient aux épargnants, eux-mêmes obsédés par la stabilité des prix et par leurs avantages fiscaux », une société où l’argent placé rapporte plus - 4 % en moyenne - que l’argent que l’on gagne en travaillant, qui, lui, ne rapporte que 2 % en moyenne ».

                    Si certains de ces symptômes sont bien réels, ce n’est pas une simple baisse des taux d’intérêts qui résoudra les problèmes. Faute d’une politique économique dirigiste orientant l’argent vers les grands programmes de recherche et d’investissement infrastructurel et industriel, les intérêts extrêmement bas que nous avons connus depuis des années ont servi à nourrir l’économie de spéculation financière qui aboutit aujourd’hui à une crise bien plus grave que celle de 1929.

                    Le problème n’est donc pas de choisir entre la politique des taux d’intérêts bas contre celle des taux élevés, mais bien de choisir entre une politique d’argent à bon marché qui permet toutes les spéculations financières ou le retour à une politique Rooseveltienne où l’Etat oriente l’argent vers les investissements à long terme dans la recherche, la production et le travail qualifié, pour le bien-être des populations actuelles et des générations à naître.

                    Mardi 18 Décembre 2007

                    http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3625 http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3625


                  • Daniel Roux Daniel R 18 décembre 2007 20:45

                    4000 milliards de dollars font beaucoup d’argent mais je suppose qu’il ne s’agit pas d’une disparition pure et simple.

                    Une maison a une certaine valeur même pendant les périodes de baisse des prix et cette valeur sert de garantie au capital emprunté.

                    Un propriétaire endetté va être expulsé parce qu’il ne peut plus payer les intérêts annuels du capital restant à rembourser et une fraction de ce capital. Sa maison va être vendue. Le résultat de la vente servira à éponger la dette représentant la partie du capital emprunté. Seul les intéret de l’année, entre 8 et 10% du capital restant, restera en partie impayée.

                    Les titres sur les emprunts perdent de leur valeur uniquement parce qu’il existe des doutes sur leur rentabilité, plus personne ne veut reprendre la patate chaude. N’oublions pas que les difficultés n’existent que dans quelques parties des USA et que la plus grande partie des emprunts seront, au final, remboursés.

                    Cette crise n’est qu’un avertissement de plus, après de nombreux autres, sur la perversité d’un système basé uniquement sur la financiarisation de l’économie. Une autre bulle est certainement déjà en formation.


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 décembre 2007 20:49

                    Daniel, remarque judicieuse qui dit bien la nature sociale de la crise, l’expulsion, quant aux systèmes financiers, ils vont faire moins que prévu mais ils s’en sortiront sans trop de casse, sauf les plus en porte à faux, un peu comme Enron


                  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 décembre 2007 23:16

                    « Que ceux qui ont des oreilles entendent... »

                    http://nouvellesociete.org/H40.html

                    Pierre JC Allard


                  • Dégueuloir Dégueuloir 19 décembre 2007 12:14

                    je suis d’accord avec toi Pierre,sur la dette,notre dette bien mis en avant comme un prétexe au serrage de ceinture ou plutôt un pillage de la grosse partie du peuple,on ne rembourse que les « intéréts » virtuels imposés par le systémé financier,mais ça ne veut rien dire si ce n’est de la « vampirisation »,« ils »veulent l’argent du social pour spéculer encore plus et soyez en certain,sans retour pour la population ! mais la plus grosse partie des moutons n’y voient que du feu.....


                  • Vincent San Seb Vincent San Seb 18 décembre 2007 13:54

                    Sur ce point on peut effectivement se demander si le dollar bas ne profite tout simplement pas aux exportations américaines, c’est un avantage d’avoir une monnaie faible quand on veut exporter, c’est exactement ce que fait la Chine et ce pourquoi notre solde exterieur est négatif. En revanche le fait de dire (dans l’article lui meme) que le XXI siècle sera celui où des européens émigreront en masse vers la Chine et bien je ne demande qu’a voir mais quand on compare les PIB/hab, le pouvoir d’achat, et la liberté d’expression, pardonnez moi mais la Chine à un retard phénoménal, et ne pourra le combler avant plusieurs décénnies meme avec une croissance de 10% par an.


                    • manusan 18 décembre 2007 20:32

                      En effet vous mettez le doigt dessus. La presse regarde la Chine et plus précisément les exportations. Seulement, 60% des exportations chinoises ne vont pas en Chine, mais directement dans les poches de multinationales, bien quelles soient comptabilisées « Chinoises ». Les 40% restants, dans des sous-traitants chinois qui survivent grace aux investissements étrangers (textiles, jouets ...), des joint-aventures, et quelques nouveaux géants chinois qui sortent du lot (LENOVO, HUAWEI, ect ...). Le pays prend sa part en taxe douanière et surtout en investissements direct étranger (entre 30% et 50% des investissements « taxés »)

                      En tout cas le gouvernement chinois (et bientôt vietnamien et Nord-Coréen), la mondialisation et les clients « responsables » des pays riches ont inventé un nouveau genre d’ouvrier en Asie : l’ouvrier qui coute aussi chère à payer qu’à ne rien faire.


                    • Jason Jason 18 décembre 2007 13:58

                      Le karch financier était inéluctable comme le diront les économistes le lendemain du jour où il aura eu lieu. Adage bien connu. Personnellement je n’y crois qu’un peu. Mais, même si j’en étais absolument persuadé, je ne crois aps que les opinions des agoravoxiens n’y changeront rien. Merci à l’auteur pour ces révélations inquiétantes. Je vais de ce pas à la banque pour titriser mes dettes, commme ça, s’il y a krach, je ne devrais rien à personne. N’est-ce pas comme ça que ça marche ?

                      Vous parlez d’ « une rémunération du travail au détriment du capital » ; mais cela a toujours été le cas. Le coût travail est toujours de trop dans la spéculation ou l’engagement financier en entreprise. Je viens de tomber sur une statistique simple du numéro spécial hors série d’Alternatives économiques (N° 75, 1er trimestre 2008, p. 6) sur la finance. J’ai du mal à en croire mes yeux car j’y lis, page 6 que « le montant des échanges de devises et des exportations CHAQUE JOUR EN 2007, en milliards de dollars » est de : 3.210 pour les transactions de change, et de 64,3 pour les exportations. De toute évidence, il est plus « simple » de spéculer que de s’engager dans la manufacture ou certaines activités de service (donc de mettre des gens au boulot). L’investisseur n’a pas à se livrer au « management by walking » pour surveiller ses entreprises. Le coût du travail, les problêmes sociaux, il s’en fout, sauf si ça plombe ses résultats, ce qui n’est pas le cas à l’échelle planétaire. Les autorités édictant les règles élémentaires dans ces domaines ont laissé faire, voilà le résultat. Et j’ai bien peur qu’il soit trop tard pour faire machine arrière. Ce qui m’inquiète, c’est que le remède n’est pas à la portée de la main. Le consensus mondial en ce sens n’est qu’une utopie.

                      Cordialement votre


                      • Marsupilami Marsupilami 18 décembre 2007 14:06

                        @ Bernard

                        Bon article

                        Dans Les Echos de janvier 2007, le professeur d’Harvard Jeff Frieden et le prix simili-Nobel d’économie Joseph Stieglitz tiraient la sonnette d’alarme et affirmaient que le niveau d’inégalité des revenus, de précarité de l’emploi et d’endettement public et privé des USA (140 % du PIB lors du Krach de 1929, plus de 220 % aujourd’hui, brrr...) n’était plus soutenable et que, vu la mondialisation de l’économie, on pourrait très vite assister à l’effondrement du capitalisme planétaire.

                        Cette dette est, selon le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria, semblable à un barrage sur lequel une infernale pression s’accumule ; il se demandait combien de temps encore ce barrage pourrait tenir avant d’être emporté par les flots de liquidités des capitaux erratiques et des bulles spéculatives des marchés financiers devenus fous.

                        Selon Les Echos (janvier 2007 toujours), si le barrage s’effondrait, « l’océan de liquidités céderait instantanément la place à un bain de sang » en Extrême-Orient. La bombe à retardement chinoise est en effet bien amorcée, nourrie pas toutes les bulles spéculatives possibles sur fond de terribles tensions sociales et de misère paysanne et ouvrière galopante et de course au surarmement. Une grosse récession aux USA, premier client de la Chine, ferait exploser cette bombe, et les stratèges géopolitiques estiment que dans ces circonstances, la dictature chinoise fuirait en avant dans un nationalisme anti-Taïwannais belliqueux : « Taïwan jouera au XXIe siècle le rôle qu’a joué l’Alsace-Lorraine en Europe au siècle dernier ». Terrifiant. Et une seule cause fondamentale à cela : les ravages de l’ultralibéralisme, du capitalisme financier et spéculatif mondialisé.

                        Et ces spéculations, c’était avant que n’éclate la crise des subprimes.

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