Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Le Japon : exemple pour The Economist et Stiglitz !

Le Japon : exemple pour The Economist et Stiglitz !

Alors que Stiglitz se fait un critique de plus en plus engagé de l’austérité, de la mondialisation et de l’euro, trois choix souvent défendus par The Economist, il est intéressant de constater qu’ils convergent tous les deux pour faire du Japon un pays dont les politiques économiques devraient davantage inspirer celles de nos pays, alors même que ce pays pratique une politique monétaire peu orthodoxe.

 

Une politique qui ne se fait pas à la corbeille
 
Il y a trois ans et demi, quand le Premier ministre Japonais et le patron de sa banque centrale avaient annoncé leur plan pour relancer l’économie de l’archipel, j’avais applaudi. Alors que les pays européens ne pensaient qu’à l’austérité, Tokyo augmentait le déficit budgétaire (à 9% du PIB, avec une dette publique de plus de 200% du PIB) tout en accélérant le plan de rachat de la dette publique par la banque centrale, à 10% du PIB par an pour relancer l’économie et sortir de la déflation. Shinzo Abe montrait à l’Europe qui mettait en place une camisole budgétaire, à un Royaume-Uni embarqué dans un programme de coupes sombres budgétaires, et à des Etats-Unis où les Républicains tentaient de faire de même, qu’une autre voie économique était possible, que l’austérité n’est pas obligatoire.
 
 
D’abord, il convient de modérer la période de crise qu’a traversé le Japon car la baisse de la population camoufle une évolution économique finalement pas moins bonne que celles des autres pays occidentaux, avec une croissance par habitant meilleure que les Etats-Unis et les pays européens. Mais surtout, le remède de cheval voulu par Shinzo Abe fonctionne, comme l’admet The Economist, pourtant pas forcément enclin à soutenir une politique monétaire non indépendante et si peu monétariste. Mais les résultats sont là : la déflation a été vaincue, les prix ayant progressé de 2,5 points en trois ans et demi. Mieux, la population active augmente malgré la chute de la population. Et après la reprise de la rentabilité des entreprises, le gouvernement dit vouloir pousser les salaires à la hausse.
 
 
Dans « La grande fracture  », Joseph Stiglitz applaudit le refus de l’austérité fait par le Japon, ainsi que son choix d’une société bien moins inégalitaire que les Etats-Unis, cumulant un niveau de pauvreté bien inférieur et des patrons aux salaires moins élevés. Ce qui est intéressant, c’est que le Japon a décidé d’aller encore plus loin dans sa logique en amplifiant ses choix. Non seulement la vitesse de rachat de la dette publique a été doublée (ce qui est sans doute rendu possible sans dérapage inflationniste par la force de la déflation) mais, comme le rapporte Romaric Godin dans la Tribune, maintenant, la Banque du Japon a carrément annoncé qu’elle fixe un objectif de taux à long terme (0% pour les emprunts à dix ans) qui déterminera ses choix au lieu de laisser les marchés réagir aux mesures annoncées.
 
 
Ce faisant, le Japon nous montre l’étendue du pouvoir monétaire, et qu’il peut être une partie intégrante des choix politique de la majorité au pouvoir, à mille lieues du culte de sa pseudo indépendance. Enfin, merci à Tokyo de démontrer qu’annoncer 5% de PIB de monétisation par an est modéré par rapport aux choix de ce pays qui évite tout dérapage inflationniste avec des sommes bien plus élevées.
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.17/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • SOUCHIEN SOUMIS GRAND REMPLACÉ (---.---.235.18) 22 octobre 09:55

    Le Japon refuse l’immigration multiethniqueuse des US
    Un vrai peuple
    De vrais moeurs
    Une vraie solidarité
    L’immobilier y est 3x moins cher (la baisse de natalité a empêché l’augmentation)
    Des robots à la place des immigrés du père Bouygues sont plus productifs ...
     

    « Les experts croient qu’Augsbourg, Stuttgart et Francfort sont les premières villes où les immigrés deviendront la majorité [...]
    À Augsbourg, les gens d’origine immigrée constituent désormais plus de 43% de la population de la ville – et cette proportion augmente. [...]
     Plus de la moitié des enfants de six ans sont d’origine immigrée. Ces derniers chiffres sont habituels à travers toute l’Allemagne. »

     
     ‘expert officiel en intégration’ Jens Schneider
     
    http://www.migrationpolicy.org/about/authors/jens-schneider
    http://www.augsburger-allgemeine.de/politik/Prognose-Zugewanderte-sind-in-Augsburg-bald-in-der-Mehrheit-id37523202.html


    • Pere Plexe Pere Plexe 22 octobre 11:40

      Reste à determiner ce qui dans le cas du Japon à le mieux fonctionné.

      Et éventuellement ce qui est transposable (.La situation du Japon étant très particulière.)
      Autant que la politique Keynésienne de relance c’est la politique délibérément inflationniste qui est à mon sens déterminante dans ces premiers succès.
      Il faudra bien un jour faire le bilan du tournant pris début des années 80 faisant que l’inflation était l’alpha et l’oméga de la politique monétaire.Au point d’etre LA raison d’être de la banque Centrale européenne.

      La méchante inflation à de nombreuse vertus
      -Elle redistribue la richesse donnant à l’endetté et prenant au préteur.
      -Elle sanctionne la thésaurisation et incite à investir dans l’économie réelle.
      -Elle diminue le poids de la dette des entreprises, des particuliers ;des collectivités...et des états.
      -Elle favorise la prise de décision ;faire aujourd’hui coûtera moins cher que demain

      Que cette inflation soit un marqueur des trente glorieuses ne doit rien au hasard !

      • Albert123 22 octobre 14:34

        autant l’austérité est stupide autant faire du quantitative easing ne fait que masquer temporairement la situation, pas sur que la politique monétaire d’ABE soit gagnante sur le long terme, 


        après à l’échelle d’une vie humaine, ABE pourra recevoir les médailles pour avoir permis à 1 génération de moins souffrir tout en laissant un gouffre financier aux génération suivantes.

        ce tour de passe passe classique à tout de même ses limites surtout quand les grandes puissances de papier vont devoir se dévoiler au grand jour.

        un peuple vieillissant comme le japon, dépourvu désormais de tout idéal familial et avec des taux de fécondité extrêmement bas, n’a juste aucun avenir, a moins de continuer de considérer une société totalement robotisée comme une société humaine (ce qui n’est bien évidement pas le cas).

        le Japon est déjà mort et destiné à servir de prototype de société transhumaniste.

        du coup normal que les larbins et gardes chiourmes du capital érigent le Japon en modèle désormais. (oui Stiglitz y compris)

        ne voyez vous donc pas tous les timbrés du progrès applaudir ce que devient le japon et pourquoi il ne faut pas se satisfaire de leur enthousiasme ?







Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès