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Le lent déclin de la France

1. La crise perpétuelle

La crise récente est née de l’éclatement des bulles financières, de l’immobilier et des produits dérivés. Elle met à mal le système bancaire mondial. La destruction monétaire massive a assommé la demande des ménages, elle a ensuite mis en péril l’industrie par l’augmentation des stocks et sous utilisation des outils de fabrication. La production et l’investissement industriel ont capitulé immédiatement. Cela produit la crise que nous constatons.
 
Les mêmes experts “ex-pairs” qui ont étés incapable de prévoir la situation sont chargés de nous prédire la durée du phénomène.
 
Il apparaît à l’évidence que leurs performances passées donnent peu de poids a leurs nouvelles prévisions.
 
Il est probable qu’ils pêcheront encore par un excès d’optimisme notable. Compte tenu de ces prévisions (Reprise en 2010 ?), il apparaît que nous allons devoir gérer cette situation pendant 2 ou 3 ans.
 
Les conséquences de cette crise continueront à créer une destruction massive d’emploi avec les drames sociaux collatéraux. Cette situation peut amener une destruction de la cohésion sociale et les troubles insurrectionnels correspondant.
 
Les causes immédiates de la crise ont été largement analysées et commentées. Par contre les causes plus profondes semblent peu commentées. Pourtant les bases de notre économie sont rongées par un cancer latent depuis le milieu des années 1970.
 
 
2. Désindustrialisation rampante
 
Le besoin de compétitivité des entreprises les pousse à la recherche d’une main d’œuvre toujours moins onéreuse. L’existence de zones économiquement moins favorisées leur fournit la possibilité de trouver des solutions. Elles délocalisent leurs productions dans ces zones, appauvrissant les pays industriels, faisant exploser les dépenses d’indemnisation du chômage.
 
Les gouvernements pris en tenaille entre leurs ressources budgétaires réduites par la perte de cette valeur ajoutée, et l’explosion des dépenses sociales augmentent les prélèvements obligatoires de manière continue depuis 35 ans.
 
Ces prélèvements sont passés de :
 
• 1975 : 34,9%
• 2008 : 55,5% 
 
Il faut noter que les présentations officielles avancent le chiffre de 44,2% en 2008
http://www.senat.fr/rap/r03-055/r03...
 
Mais les statistiques gouvernementales sont tronquées, elles ne prennent en compte que 15% des cotisations sociales.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr&amp...
 
 
Départ vers les pays a main d’œuvre bon marché
 
Le cercle vicieux s’amorce en renchérissant par là même le coût du travail et en accélérant les délocalisations correspondantes.
 
Plus de 35 Années a ce rythme, la France ne possède plus d’industries primaires à part l’agriculture (dont les besoins de main d’œuvre ont été considérablement réduits). La plupart des mines, forages, extractions de toutes sortes ont fermé leurs portes.
 
Les industries secondaires sont pillées pour se relocaliser en Chine ou en Malaisie…
 
Le chômage explose structurellement.
 
Les impôts croissent pour indemniser ces nouveaux chômeurs et créent par là même les conditions
de nouvelles délocalisations.
 
a. Perte des services associés aux industries primaires et secondaires
L’impact de cette désindustrialisation ne se limite pas aux emplois détruits ; en fermant des usines et les mines, ces mêmes unités consommaient des services, elles transportaient, sous-traitaient, achetaient de l’électricité, des réparations, des fournitures, des services… Cette demande disparaissant l’impact chômage est donc largement plus important que les emplois directs perdus.
 
b. Disparition des emplois peu qualifies
Cette désindustrialisation s’accompagne de la perte massive des emplois peu qualifiés. La solution prônée par les différents gouvernements a été avec une grande constance d’inciter à obtenir des diplômes, des qualifications toujours plus poussées.
 
Avec le recul, on constate que le taux de chômage des jeunes diplômés s’est envolé lui aussi, La formation n’est donc absolument pas la solution.
 
Seule une petite partie de la population est capable de devenir ingénieur, ou même seulement commercial. Quelle solution reste-t-il pour ceux dont les capacités intellectuelles sont limitées, et qui ne peuvent espérer dépasser le niveau certificat d’étude ? On ne peut espérer créer une société stable qu’avec des diplômés supérieurs, que va-t-on faire avec la masse des « bourrins » ?
 
c. Exportation continue de valeur ajoutée et de technologie
Par ailleurs cette désindustrialisation s’accompagne invariablement de transfert de technologie, cette perte d’actifs immatériels appauvrit le pays et enrichit un autre sans contrepartie.
 
Cet appauvrissement continu n’est mesuré dans aucune statistique
 
d. Rêve impossible d’une société basée uniquement sur les services.
On le voit à l’évidence le rêve d’une société ayant délocalisée toute ses production primaires et secondaires s’appauvrit, ne sait plus proposer de travail a la masse des citoyens peu instruits ou n’ayant pas les capacités a s’instruire. Pourtant cette catégorie de citoyen représente la majorité de notre pays. 
 
Le modèle alternatif d’un pays dont la richesse est basée uniquement sur les services est une illusion et laisse sur le bord de la route une trop grande partie de la population pour pouvoir espérer une stabilité sociale.
 
 
3. Envolée du chômage et de l’insécurité d’emploi
Les deux nouvelles caractéristiques du marché de l’emploi sont
 
• l’instabilité de la carrière : elle se développe et devient universelle, en d’autres termes un jeune diplômé ayant quelques années d’expériences semble avoir 100% de chance de traverser une période de chômage longue dans sa carrière.
 
• La portion incompressible de chômeur s’établit autour de 8% en terme officiels ce qui correspond en fait a environ 10% de la population en âge de travailler (Les statistiques sont faussées par les préretraites, chômage partiel, formations, et autres systèmes inventés pour faire sortir les citoyens des statistiques du chômage).

a. Destruction du rapport social non exprimé mais universellement admis
Le rapport social entre l’entrepris et son salarié était basé sur une règle non écrite : Je te donne un salaire tu me donne ton travail, si tu t’avères motivé et performant, je te fais grimper dans la hiérarchie je sécurise tes revenus et ta progression.
 
Un nouveau concept est arrivé : le licenciement économique. Le principe pourrait être résumé de la manière suivante : Vous avez toujours été un employé satisfaisant et fidèle, nous n’avons rien a vous reprocher, cependant, je dois vous licencier pour des raisons exogènes sur lesquels vous n’avez aucun pouvoir. C’est donc la punition de l’innocent.
 
b. Modification des valeurs fondatrices de la société : la notion d’honnêteté
Ce rapport social détruit, sachant que la chance de faire carrière dans une entreprise « jusqu’à la retraite » a quasiment disparu, nous risquons de voir ce rapport social se reformer différemment.
 
A ce titre, je vois plusieurs évolutions se dessiner :
 
• Une perte de cohésion dans l’entreprise avec le développement d’un comportement hyper individualiste.
 
• Un affaiblissement notable de la notion d’honnêteté : toute parcelle de pouvoir offerte par l’entreprise peut être détournée a son profit personnel car il y a 100% de chance de se faire virer un jour. Si ce comportement se développe personne ne sait comment le combattre. Pour illustrer mes propos, on peut imaginer un commercial demandant a son supérieur une faveur tarifaire pour un de ses clients prêt a passer une grosse commande. Qui sait si le commercial ne s’est pas entendu avec le client et reçoit une part de la ristourne.
 
Dans un autre registre tous les transporteurs routiers vous confirmeront que l’esprit maison a disparu chez les chauffeurs, ce sont maintenant des mercenaires dont l’attachement à l’entreprise s’est évaporé et capables de tous les trafics pour « arrondir les fins de mois ». Développement du trafic de gas-oil, de consommables, fret pirate, trafic de pneus, de palettes… l’inventivité est sans bornes.
 
Comme toute modification sociologique l’échelle de temps qui la régit est très longue (Dizaine d’années) mais son impact et son développement peut remettre en cause le fonctionnement actuel de bon nombre de fonctions de l’entreprise.

c. Risque d’émergence d’une « incivilité individualiste »
Nous voyons donc apparaître le risque « d’incivilité individualiste » dû a la perte d’une des notions fondatrices de nos sociétés : la valeur de l’honnêteté. Quel peut être le niveau communément admis par la population ? Faire de l’argent au noir est-ce admis par la population ? Toucher le RMI et se faire des revenus au noir est-ce considéré comme malhonnête ? Et que penser du détournement des marchandises de son entreprise ? Nous ne parlons pas ici de ce que dit la loi, mais comment ces délits sont perçus par l’opinion. Il m’apparaît que nous devons nous préparer a des glissements significatifs dans ce domaine.
 
Pourtant l’impact sur les entreprise peut être ravageur, et elles tentent tant bien que mal de s’en protéger par des procédures très encadrées que l’informatique permet de mettre en place a des coûts supportables.
 
Cependant quelle que soit l’épaisseur de la muraille, il existera un jour un canon capable de la percer. De plus le sentiment de sécurité que confère la capacité de reporting des systèmes de gestion modernes abaisse la vigilance des services chargés de cette sécurité.
 
 
4. Augmentation chronique des prélèvements obligatoires
Nous avons amplement écrit sur l’augmentation des dépenses de l’état causées entre autres par le coût social du chômage et des retraites. Pourtant il existe d’autre cause de l’envol des prélèvements obligatoires. Parmi celles sur lesquelles il est possible d’agir, on peut identifier la manière politique de traiter les problèmes qui se posent a nos hommes publics.
 
a. Les solutions systématiquement adoptées par les différents gouvernements pour faire face aux défis qu’ils rencontrent.
Devant la majorité des problèmes que rencontre nos gouvernements, les solutions adoptées sortent bien souvent du même moule :
 
   i. Création d’une structure pour observer, mesurer, réguler le phénomène.
   ii. Création d’une nouvelle taxe, fond d’intervention, subvention, emprunt ou tout autre moyen de financement imaginable.
 
Cette habitude apparue principalement sous la cinquième république multiplie les sièges souvent luxueux de ces divers organismes, les voitures de fonctions, les salaires des différents directeurs avec leur cohorte de chefs de cabinet, secrétaires, experts « ex-pairs » avec les dépenses improductives correspondantes.
 
Ce comportement systématique comporte plusieurs défauts majeurs :
 
• Il alourdit le budget.
 
• L’état s’avère incapable de détruire une structure qu’il a créée, même si son utilité a disparu (voir le ministère des anciens combattants qui a plus de fonctionnaires que d ‘anciens combattants)
 
• Aucune évaluation du rapport service rendu/budget engagé n’est généralement conduite
 
• Avec le passage des années il en résulte une multitude de petites ou moyennes structures a l’utilité très discutable mais qui restent sous le faisceau radar des coupeurs de budget
 
 
4. Baisse continue de qualité du service public
 
a. Augmentation des prélèvements
Nous avons constaté l’augmentation continue des prélèvements obligatoires poussés par le budget social et l’accroissement des organismes publics ou para publics crées pour apporter une réponse politique aux problèmes de la nation.
 
Cette situation resterait acceptable s’il en résultat une augmentation notable du confort des citoyens.
 
Nous devons malheureusement constater la perte de confort due au chômage et à l’insécurité de l’emploi.
 
Mais qu’en est-il de la qualité de service rendue par l’état, s’est-elle améliorée sur la période ? Auquel cas la situation peut être considérée comme normale.
 
Dans le cas contraire, non seulement le peuple Français supporte des prélèvements de plus en plus lourd, mais de plus il reçoit un service de plus en plus dégradé. Dans cette hypothèse il apparaîtrait urgent de modifier la situation.
 
b. Evaluation du service rendu aux citoyens
Nous comparons les périodes des années 70 et la situation actuelle, les grands services de l’état (Régaliens) sont les suivants :
• La défense et la diplomatie
• La police
• La justice
• La monnaie et la banque centrale
 
A quoi il faut ajouter la responsabilité non exclusive de l’état dans les domaines indispensables suivants :
• Les infrastructures de transports
• L’éducation
• La santé publique et la retraite
• Les finances publiques et l’impôt
• La culture
 
Mis à part les infrastructures et la monnaies sur lesquelles les modifications sont positives sur la période considérée, il apparaît évident que sur toutes les autres responsabilités de l’état le service s’est soit dégradé, soit fortement dégradé.
 
L’état prend donc de plus en plus d’argent pour de moins en moins de services.
 
 
6. Conclusion
 
Malheureusement la raison principale de ce cancer qui ronge notre économie est l’habitude des Français qui se tournent vers l’état pour régler tous les problèmes. L’état réagit en conséquence en avec l’attitude mentionnée ci dessus.
 
Pour changer la situation il faudrait alors changer les français.
 
Ce n’est pas demain la veille.
 
L’évolution semble manifestement impossible ; nous assisterons donc à une révolution quand la situation ne sera plus tenable.
 
par Oxide vendredi 17 avril 2009 - 40 réactions
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  • Par Forest Ent (xxx.xxx.xxx.145) 17 avril 2009 15:23
    Forest Ent

    Je suppose que si les états se sentent "obligés" de sauver les banques, c’est parce qu’ils sont trop intervenus dans le passé dans le secteur financier ?

    C’est cocasse de voir encore fleurir le baratin ultralibéral à l’heure où celui-ci s’avère tel qu’il est. Mais on peut apprécier au plan humoristique ce bel exercice de pieds au mur.

    Merci de la minute de détente. smiley

  • Par Le matou (xxx.xxx.xxx.163) 17 avril 2009 21:32

    On continue dans le dénigrement Bave(ux)rezien (du nom de Baverez, avocat autoproclamé économiste et continuellement invité sur les plateaux télé) de la France et de son modèle social. Oui j’ai bien dit modèle.
    Il faut savoir que derrière cet argumentaire décliniste, devenu TRES à la mode peu de temps avant le début de la campagne présidentielle, en 2006, c’est un discours réactionnaire et très néolibéral qui se cache. Baverez, Marseille et les autres adeptes de la thèse du déclin de la France ont préparé le terrain à l’argumentaire UMP sur le "travailler plus"qui a mené à la victoire un certain Nicolas Sarkozy.
    Sur quoi reposent cette idée du déclin de la France ?
    Quand on observe les chiffres fournis par déclinologues, et qu’on a un minimum d’esprit critique, on ne peut être que frappé par l’inanité de leurs propos.
    Voici les principales raisons pour lesquelles selon eux, la France serait en déclin :
    -le PIB du Royaume-Uni, de l’Espagne et de l’Irlande a augmenté un peu plus vite que celui de la France ces 10 dernières années.
    -le taux de chômage officiel est plus élevé en France
    -les prélèvements obligatoires sont plus élevés en France.
    -enfin la dette publique serait plus élevée en France.

    Sur l’avant dernier point, on ne voit pas trop ou est le problème : les prélèvements obligatoires sont élevés parce qu’il y a un niveau élevé de prestations, de protection sociale et de services publics (allocations familiales, RMI, couverture santé, retraites...etc) qui sont beaucoup plus faibles dans d’autres pays voire tout simplement inexistantes (auquel cas il faut s’adresser à des groupes privés qui sont beaucoup plus chers, cf. par exemple la couverture maladie aux Etats-Unis...)

    Sur le PIB, on se rend compte aujourd’hui très clairement que la prétendue avance des pays anglo-saxons et de l’Espagne sur la France n’était qu’une grossière illusion à laquelle ont très bien cru tous les néolibéraux s’autoproclamant économistes. (C’est d’ailleurs un bon moyen de différencier un économiste compétent d’un idéologue). Le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Irlande et l’Espagne ont vécu sur des bulles financières et immobilières reposant sur le crédit facile et le surendettement des ménages. L’éclatement de ces bulles démontre la vacuité de l’argumentaire néolibéral. L’Irlande, qui a largement profité des aides européeennes par le passé et que l’auteur de cet article devrait apprécier en raison de l’extrême faiblesse de ses prélèvements obligatoires (politique de dumping fiscal peu sympathique pour ses partenaires européens) affiche aujourd’hui une récession historique de 5%, probablement la plus élevée d’Europe. L’Espagne voit sont taux de chômage augmenter à un rythme démesuré (déjà plus de 15 % alors qu’il était inférieur au taux français il y a juste un an). Quant au Royaume-Uni, il affiche un déficit public effarant de 11 % ! A côté, la France, avec un déficit déjà énorme à plus de 5% fait figure d’exemple.

    Le chômage : officiellement plus élevé en France. Les néolibéraux comparent le taux officiel de la France avec le taux officiel fourni par le Royaume-Uni. Pratique ! S’il avait fallu comparer avec l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, l’efficacité de leur argumentaire décliniste serait beaucoup moins percutante. Mais là encore, leur thèse ne résiste pas à l’analyse. D’abord parce que le Royaume-Uni ne compte pas le chômage de la même façon de la France, il y a peu, ce pays prétendait même ne compter que 2% de chômeurs, chiffre malheureusement complètement bidon. La réalité, c’est que le Royaume-Uni a purement et simplement radié de ses listes du chômage tous les chômeurs qui ne parvenaient pas à retrouver un emploi après une longue durée en décidant de les considérer comme... en maladie longue durée ! Près de 2 millions de chômeurs ont ainsi soudainement basculé de la catégorie "chômage" à la catégorie "malade". Pratique !

    En ce qui concerne le chômage, les néolibéraux se contentent de regarder les chiffres qui les intéressent pour leur argumentaire et sont incapables de faire la moindre analyse. Ce qu’il faut étudier, c’est le nombre de créations d’emplois net (créations-destructions) dans chaque pays au cours de X dernières années. Et là, ô surprise que constate-t-on ? Que le nombre de créations d’emplois en France chaque année est supérieur à celui du Royaume-Uni. Ce depuis longtemps (plusieurs décennies), et pas de façon marginale, mais bien largement supérieur, (je peux essayer de retrouver les chiffres) tout ça pour une population à peu près équivalente. Mais alors, question ?
    Comment se fait-il que le taux de chômage des jeunes soit supérieur en France ?
    Et bien c’est là le revers de la médaille française de la natalité. La France a tout simplement plus de jeunes que ses partenaires européens, y compris le Royaume-Uni, en raison d’une natalité structurellement supérieure depuis au moins 30 ans. Cela veut dire plus de dépenses dans l’Education, les universités, bien entendu, donc plus de prélèvements obligatoires évidemment. Mais aussi, plus de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, cela veut dire plus d’emplois à fournir pour éviter une augmentation du chômage. Et la France a du mal à fournir assez d’emplois pour tous. Du coup, beaucoup de français vont trouver du travail à l’étranger par exemple en Allemagne qui a le problème exactement inverse de la France puisque la natalité y est depuis longtemps ridiculement faible (1,3 enfants par femme, France 1,9). L’Allemagne peine à trouver des candidats pour ses postes, ce qui fait le bonheur de certains jeunes diplômés français qui peuvent ainsi négocier des conditions de travail bien plus favorables qu’en France. Encore faut-il avoir la chance de parler l’allemand... Le même phénomène exist(ait) au Royaume-Uni aussi dans une moindre mesure, mais le nombre de français parlant l’anglais est bien supérieur au nombre de ceux qui parlent l’allemand, ce qui peut faire illusion.

    Bref, les thèses déclinistes concernant la France n’ont pas de sens. S’il y a un déclin, ce qui reste à prouver, il est européen et même occidental (les Etats-Unis sont largement concernés). Et au sein de l’Europe, la France même si elle a des difficultés à surmonter, est plutôt gagnante sur le long terme.
    Au niveau de l’Occident, beaucoup de gens ont tendance à confondre déclin de l’Occident avec développement du reste du monde. Le fait que la Chine soit aujourd’hui une plus grande puissance que l’Allemagne ne signifie pas que l’Allemagne ait décliné.Mais simplement que la Chine rattrape son retard. Beaucoup de gens refusent d’accepter l’idée que des pays non occidentaux soient eux aussi capables de se développer et de nous concurrencer, peut-être à cause d’un vieil imaginaire raciste, ils préfèrent considérer que c’est nous qui sommes en déclin plutôt que de reconnaître la réalité qui est que ces pays sont tout aussi capables que nous d’accéder à un niveau élevé de développement. Ils sont même capables de nous dépasser (sans que nous ayons besoin de décliner pour cela) et cela ne devrait pas nous étonner ni nous inquiéter quant à nos propres capacités. Nous devrions plutôt affronter les véritables problèmes auxquels nous devons faire face. Les véritables problèmes, ce ne sont pas les 35 heures, le niveau élevé des prélèvements obligatoires, qui est justifié par davantage de services fournis, ou la faiblesse de l’augmentation du PIB (qui est un indicateur très simple mais terriblement inapproprié) mais plutôt l’exclusion, sous toutes ses formes, la violence et la difficulté à maintenir une certaine cohésion sociale. (Cf. émeutes en banlieues, dans les gares- tout simplement inconcevable il y a 30 ans, agressivité générale des gens, individualisme et méfiance grandissantes...)
    Mais c’est là un autre sujet.

  • Par Aber (xxx.xxx.xxx.167) 17 avril 2009 13:45
    Aber

    Simple retour de boomerang, finit les colonies, bonjour les problèmes ! <?xml:namespace prefix o ns "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p></SPAN></FONT></FONT></P>

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.148) 17 avril 2009 14:15
    LE CHAT

    Pour changer la situation il faudrait alors changer les français.


    il faudrait changer surtout toute la classe politique incompétente et corrompue qui a mené la France là où elle en est depuis plus de trente ans !

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