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Accueil du site > Actualités > Economie > Le libéralisme, quel libéralisme ?

Le libéralisme, quel libéralisme ?

La semaine dernière, on pouvait visionner sur les chaînes hertziennes deux reportages susceptibles de faire réfléchir sur la sociologie politique de notre pays. L’un analysait la situation socio-politique en Suède, fief de la social-démocratie, l’autre celle du Canada, pays libéral. Ne semblerait-il pas qu’il existe pourtant des convergences ?

Le premier traitait de la Suède. Dans ce bastion de la social-démocratie, très haut au palmarès des prélèvements obligatoires, l’équipe de journalistes français avait choisi de suivre le ministre de l’Education, Turc immigré, ancien leader syndical, parvenu aux plus hautes fonctions de l’Etat dans son pays d’adoption, qui pouvait se payer le luxe, lors de ses meetings, de plaisanter rétrospectivement sur son parcours exemplaire : "Lorsque j’étais jeune, en Turquie, je ne me voyais pas destiné à autre chose qu’à devenir berger."

Le gardien de moutons devenu ministre dans le bastion de l’archaïsme social-démocrate conviait alors l’équipe à suivre son déjeuner. Déjeuner au sommet, ce jour-là, puisque le ministre de l’Education avait pour commensal la ministre de la Défense. Tous deux se retrouvaient donc... à la salle à manger commune installée dans les locaux du Premier ministre. Le réfectoire des ministres ! 6 euros maximum par repas et par personne. On leur apprit que leurs homologues français pouvaient avoir 10 personnes dédiées uniquement à leur cuisine. "Tu entends cela, Ahmed ?", plaisanta le ministre de l’Education en interpellant le cuistot de la cafét. D’un seul coup d’un seul, on se surprenait à partager son étonnement.

Le second reportage avait, lui, choisi le Canada, puisqu’il paraît que le Canada est le pays qui fait actuellement rêver les Français. Même si on découvrait que derrière les effets de (petite) annonce, la réalité de l’Alberta n’était pas aussi rose qu’elle promettait de l’être, il fallait bien reconnaître qu’il existe un miracle économique canadien. Le reportage était d’ailleurs construit sur une hypothèse intéressante : La France d’aujourd’hui se situe au même stade que le Canada des années 1990. Même dette, même chômage. La question était alors : comment le Canada a-t-il fait pour devenir en dix ans le premier de la classe ?

Lorsque le Parti libéral arrive aux affaires, il commence par une mesure très simple : tous les salaires des fonctionnaires sont bloqués, à commencer par ceux des membres du gouvernement eux-mêmes. "On a laissé les cadillacs au garage", dit Jean Chrétien. Bien sûr, cela n’était qu’un effet d’annonce. Sans doute. Mais on se prenait à penser que cet homme avait tout compris. Et l’instant d’après, on réalisait que ce n’était d’ailleurs pas si complexe.

Le verbe, et la méthode. "Plutôt que d’amputer chaque budget de 10%, on a dit aux ministres : sur 4 projets, vous en gardez un, et vous abandonnez pour l’instant les 3 autres". Mais celui-là, on lui donnait des moyens." On notait le passage d’une gestion par budget à une gestion par projet, on enregistrait la réduction d’effectifs dans l’administration, ciblée particulièrement sur les process de multi-contrôle, on s’émerveillait du pragmatisme et louait le courage politique, lorsque le reportage revenait à Paris. Jean-Pierre Raffarin, bon connaisseur du Canada paraît-il, était interrogé sur le succès de ses collègues d’outre-Atlantique. On vit donc notre ancien Premier ministre réformateur déambuler sous les dorures du Palais du Sénat, serrer quelques mains devant les caméras, avant de prendre place sur le velours rouge d’un large fauteuil et déclarer : Chrétien, un grand politique, mais avant tout : un grand manager !

Bien entendu, la juxtaposition est aisée, mais le reportage y incitait : voilà donc ce qu’en France, on appelle le libéralisme. Et on ne se contente pas de le dire : on le proclame, on le crie, on le hurle, on nous dit que nous n’avons plus le choix, on nous dit qu’il faut suivre la voie, que la France est le pays de l’archaïsme, que l’ordre mondial est libéral et qu’il faudra bien nous y plier ! Admettons. Mais de quoi parle-t-on exactement, lorsqu’on parle de libéralisme ?


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27 réactions à cet article    


  • éric (---.---.166.26) 27 mars 2006 12:01

    Il me semble que le libéralisme dont on parle n’est pas libéral au sens de « favorable à la liberté ». Mais libéral signifie aujourd’hui dans le discours économique : contractualiser les relations entre individus sur le principe du « qui dit contractuel, dit juste ». Sauf que dans ce système ce sont les individus favorisés, en l’occurence les détenteurs du capital, qui imposent leurs vues à ceux qui dépendent d’eux. Donc aujourd’hui être libéral c’est souhaiter des règles économiques et juridiques qui permettent en réalité aux mieux lotis d’échapper à la concurrence grâce à des situations acquises par l’héritage. Le vrai libéralisme lui, consiterait à créer les conditions nécessaires pour que chacun puisse atteindre la place de son choix dans une société dans laquelle les individus sont en concurrence de part leurs aptitudes et qualités.


    • Piere (---.---.207.152) 27 mars 2006 14:46

      Pour approfondir le débat voici une interview très intéressante pour ça simplicité et pertinence :

      « Le licenciement et le harcèlement dans les rapports sociaux des entreprises : le point de vue d’un cadre licencié plusieurs fois »

      Ecoutez l’interview en fichier MP3 Voici url :


      • Marsupilami (---.---.184.186) 27 mars 2006 15:28

        Et pour approfondir encore plus ce débat, lisez les propositions provocatrices (je précise que c’est de l’humour noir) de Pomagalsky concernant les mesures radicales que devrait prendre l’Europe pour pouvoir résister à l’ultralibéralisme dictatorial chinois :

        - supprimer le système des retraites et de l’aide sociale. Ainsi on pourrait alléger considérablement les charges des entreprises.
        - permettre à celles-ci de licencier leurs travailleurs à n’importe quel moment, sans motif et non plus seulement pendant les deux années du « contrat de première embauche ».
        - vendre à l’encan le secteur public en le replaçant dans l’univers du libéral ce qui permettrait de se faire de l’argent frais en vendant les secteurs les plus jûteux au premier venu.
        - permettre aux entreprises de fixer les salaires comme bon leur semblera en mettant les salariés en situation de concurence ( système déjà testé en Allemagne )
        - mettre en place un puissant système coercitif avec une police politique, une mise en fiche des individus et peut être même un « puçage ». Doter les forces de l’ordre d’armes « non-léthales ».
        - Introduire un suivi des individus dès leur âge le plus tendre, de manière à traiter au plus vite toute déviance possible.
        - rétablir la peine de mort pour se débarrasser des irrécupérables.
        - construire d’immenses prisons et camps de concentration pour y reformater les récalcitrants.
        - ne pas ennuyer les gens qui s’enrichissent ou profitent des conditions de salaire et sociales ainsi laminées pour y amener leurs capitaux.
        - ne pas se préoccuper d’environnement, de pollution et de toutes sortes de sottises de ce genre.

        Nous pouvons choisir une autre voie. Mais il faut s’y mettre vite. Très vite.


      • Jojo (---.---.158.64) 27 mars 2006 15:37

        Quand on voit les ors et fastes de notre « république » Il y a de quoi vomir. Et on va demander après à la racaille de se lever à 5 h pour toucher le smic.

        http://www.liberation.fr/page.php?Article=328099


        • (---.---.27.58) 27 mars 2006 17:10

          Vraiment édifiant et navrant


        • Thomas (---.---.102.175) 27 mars 2006 17:19

          Ces deux émissions soulignent bien l’intérêt de la « méthode » pour réformer un système. La peur du changement (particulièrement présente dans l’esprit des français) doit être compensé par un mea culpa collectif qui je le crains ne sera jamais chose possible dans notre beau pays de France. Quand on sait qu’au rythme que l’on suit, nous serions aussi solvable qu’un pays comme l’Egypte ou le Pérou dans une trentaines d’années, les gens s’en foutent totalement car croient-ils, cela ne les concerne en aucun point.

          Bof, les français de ma génération (entre 15 et 25 ans) sont scandalisés de voir qu’ils vont être obligé de cotisés pour payer la retraite de leurs parents sans avoir l’assurance de recevoir une pension à la hauteur de tout l’argent qu’ils ont obligatoirement cotisés.

          Mais tout le monde s’en fout, je mange bien et dors bien tout les jours, je dois être un imbécile de me préoccuper de telles choses me dis-je.

          Un bon coup de libéralisme n’est peut-être pas la solution ultime, mais une des solutions qu’il faut privilégié quand on voit l’état de notre pays.

          Thomas 19 ans qui se demandent pourquoi les gens n’ouvrent pas les yeux.


          • copas (---.---.194.132) 27 mars 2006 21:19

            Thomas,

            Je te livre ceci à ta réflexion :

            Quand les retraites ont été instituées, une énorme partie des nouveaux retraités n’avaient jamais cotisé... Non pas insuffisemment mais pas du tout...

            Ceci se fit par en partie par ma génération. Nous avons payé les retraites de gens qui n’avaient pas cotisé ou très peu.

            Qui peut pretendre que ceci tua la prospérité de notre pays ? Colla des charges monstrueuses pour les générations futures ?

            Non, et bien au contraire nous connûmes la plus longue période de prospérité de notre pays depuis très longtemps.

            Je sais bien que des campagnes de propagande régulieres et récurentes existent sur certains grands médias où certains repetent en boucle des arguments incomplets, mais vous devriez plutôt vous interroger surcomment nous réussimes à accroitre la richesse de ce pays, payer les retraites, accroitre la richesse des salariés et se payer un système de sécurité sociale pas trop mauvais...


          • Thomas (---.---.154.5) 27 mars 2006 22:47

            Sachez que je ressens un profond respect pour votre génération, mais comprenez que je n’ai ni fait la guerre, ni participé à la libéralisation et encore moins à la constitution d’une solidarité nationale.

            La seule question que j’ose me poser, pourquoi continuer à faire subsister un système caduque dès sa mise en place. Je crois que la légitimité d’une institution se traduit par sa réussite dans la durée. Or, se système tout le monde le sait, ne pouvez guère faire face à la l’afflux d’enfant du baby-boom.

            Mais quand je parle à mon grand-père, qui est une source inépuisable d’information sur l’histoire, celui-ci reconnait en toute simplicité les errreurs de sa génération. Alors si tout le monde est d’accord, pourquoi ne faisons nous rien.

            Regardons la jeunesse de notre pays d’un autre oeil, comme celle dont on doit laisser la place et non comme une concurrence comme le font certains cadres qui s’accroche, légitimement certes, à leur poste. Formons la jeunesse, donnons lui plus de place et ce pour ma génération, mais également pour les générations à venir.

            Je crois à un libéralisme « à la française », qui allie liberté et protection pour tout le monde. Liberté d’entreprendre, liberté d’orienté sa vie comme on le souhaite. Ainsi, un tel système donnera moins de place aux gens qui élèvent au rang d’art la faculté de se plaindre.

            Pour moi, c’est ça le libéralisme... et pas celui que certains égoïstes prétendre combattre au profit d’un système qui est mort. Y à t-il quelqu’un dans ce pays qui va comprendre que les événement grave que notre pays traverse nécessite un refonte totale du pays ? La réforme, libéralisme ou pas, doit avoir l’abrobation de tous et ne dois pas être établi par quelques personnes dans un cabinet de Paris.


          • Redj (---.---.125.38) 27 mars 2006 23:37

            Notre système nationnal n’est pas caduc, il est mis à mal par d’autre nations qui jouent avec d’autres règles. C’est règles ne tiennent pas compte des droits de l’homme...c’est tout.


          • Thomas (---.---.112.226) 28 mars 2006 01:17

            J’espère que vous n’êtes pas au chômage ou ne vivez pas dans un 9m² pourri par les années et par l’humidité. Pendant que les étudiants d’autres pays (Angleterre, Etats-Unis,...) s’éclatent dans leurs chambres en coloc. C’est nous qui ne jouons pas avec les mêmes règles. Quand on sait que déjà certains chinois bénéficient de conditions d’études à faire palir nos plus brillant doctorant... Pendant qu’on leur laisse la place pour des travaux de recherches où s’éclatent, la plupart des notre (bien souvent la part hasard).

            Quelle naïveté... « c’est les autres qui sont méchants, nous on est gentil et on se fait bouffer ». Faisont fis de la morale, pensons à notre gueule comme disent nos jeunes. Les autres le font et nous nous ridiculisons aux yeux du monde.

            Merci pour votre commentaire, chapeau pour votre perspicacité !


          • eresse (---.---.120.64) 28 mars 2006 01:27

            Pour thomas,

            « pourquoi continuer à faire subsister un système caduque dès sa mise en place »

            je ne pense pas que le systeme soit caduque, par contre ce qui le penalise enormement, ce sont les disparites dans les modalites d’application, et les acquis, plus ou moins criticables, que s’evertuent a defendre certains syndicalistes au profit de minorites et au detriment de l’immense majorite.

            Tout le monde a la meme enseigne et solidaire.

            Pour ce qui est de la liberte d’entreprendre dans le pays, je suis entierement d’accord. Il y a trop de corporatisme.


          • Mathieu (---.---.212.160) 28 mars 2006 09:58

            « Pendant que les étudiants d’autres pays (Angleterre, Etats-Unis,...) s’éclatent dans leurs chambres en coloc »

            On peut aussi faire la même chsoe en France vous savez, et même à Paris, c’est l’avantage de la coloc et ça marche dans n’importe quel pays. Donc rien à vir avec le sujet.

            « Quand on sait que déjà certains chinois bénéficient de conditions d’études à faire palir nos plus brillant doctorant... Pendant qu’on leur laisse la place pour des travaux de recherches où s’éclatent, la plupart des notre (bien souvent la part hasard). »

            C’est étonnant que vous ne parliez pas des conditions de travail déplorables des paysans chinois par exemple. Mais peut-être est-ce parcque vous vous en fouttez. Vous êtes étudiant pas paysan...

            « Faisont fis de la morale, pensons à notre gueule comme disent nos jeunes. Les autres le font et nous nous ridiculisons aux yeux du monde. »

            Belle leçon d’intelligence, bravo.. Les autres sont cons alors je vois pas pourquoi je ne serai pas moi aussi un con ! C’est bien mon cher Thomas, tu as tout compris pour sur l’ultra-libéralisme, chacun pour sa gueule !


          • jf M (---.---.247.226) 28 mars 2006 22:59

            Mais quand je parle à mon grand-père, qui est une source inépuisable d’information sur l’histoire, celui-ci reconnait en toute simplicité les errreurs de sa génération. Alors si tout le monde est d’accord, pourquoi ne faisons nous rien.

            TON GRAND PERE et toi ! C’est tout le monde ?


          • Thomas (---.---.10.98) 28 mars 2006 23:32

            A Erresse,

            Merci, je crois que nous sommes à peu près sur la même longueur d’onde, peut-être me suis-je mal exprimé à un certain moment mais vous avez su rectifier ma pensée. chapeau d’avoir souligné l’égoïsme syndicaliste.

            Pour les autres,

            Oui, bien sur. Je suis un enfoiré d’étudiant qui ne pense qu’à lui... C’est sur ! La coloc, ça me connait, je vis moi même en collocation. Je ne peux m’exprimer au nom de tous les étudiants car je ne connais pas leur situation. Mais pour en avoir suffisament discuté, elle semble malgré tout similaire à la mienne. A savoir, une fois les cours terminé, retour dans une citée universitaire (bien (trop ?) souvent délabré) mélangé avec des logements sociaux où je me suis fais aggréssé plusieurs, tout comme certains de mes camarades, plus particulièrement les filles. Bref, je suis un enfoiré de penser que peut être, plutôt que de passer mon temps à glander dans mon appart (hormis le fait qu’il m’arrive de bosser mes cours...), faire des soirées étudiantes où la seule véritable animation sont les gens qui sont trop bourré, je crois que des étudiants étrangers ont la possibilité dès leur première année de faire des stages dans le cadre de leur cours, de faire des travaux de recherche ou de réflexion pris en compte par les membres de l’université mais aussi par la nation (voir Etats-Unis). Alors bien sur me direz-vous, c’est le prix à payer pour que l’université soit gratuite (encore que j’ai la chance d’être boursier) et libre d’accès à tous (mouais, bof...).

            Dans tout le cas, je ne me serez jamais permis de m’exprimer sur un sujet que je ne maitrise pas. Vous faites vous même le paradoxe de dire « oui mais que faites vous des paysans chinois ». Oui en Chine, les étudiants sont mieux lottis que les paysans (vous devez être un imbécile pour ne pas comprendre que la situation évolue à vitesse grand V). Un pays qui traite mieux ses étudiants que ses paysans, c’est pour moi le symbole d’une puissance en devenir, d’un pays qui a compris que sa grandeur ne viendra pas par ses paysans mais par ses étudiants. Mais c’est normal qu’en Europe, on ai formé une véritable politique autour de l’agriculture et non de la formation quelle qu’elle soit. Versons les milliards aux agriculteurs, engraissons les et on verra ce que ça donnera dans dix ans. Chirac, touche pas à la PAC ou on aura ta peau.

            Pour ce qui est de mon grand-père et moi, non nous ne sommes pas les seuls au monde ni les seuls à penser dans ce pays. Mais encore une fois, pour être nait dans un milieu rural, j’en ai entendu des gens qui disait « les jeunes, tous des petits cons, aucun respect patati patata » Comment avoir du respect pour des gens qui ont un esprit aussi bas. Mais vous avez raison, je suis un enfoiré d’égoïste. Mais regardez autour de vous espèce d’idiot, la France n’est constitué que d’égoïstes. Voir syndicats, fonctionnaires, agriculteurs, etc...

            Je ne sais même pas pourquoi je m’evertu à écrire, peut être parce qu’il faut bien que quelqu’un donne une leçon à des gens comme vous. Sachez que même si nos idées sont différentes, je veux votre bonheur et celui de tous, car dans ce cas précis on peut parler de d’intérêt général. Peu importe ce que font les autres, du moment que l’on fait encore mieux qu’eux, au profit des gens sur qui l’on peut vraiment faire évoluer les choses, au profit de ces gens que l’on appelait la nation française.

            PS : Pardonnez mon orthographe, j’écris dans la précipitation et sous le coup de la colère.


          • catherine (---.---.176.132) 27 mars 2006 20:54

            En voyant ces reportages la semaine dernière, je me suis dit qu’ils illustraient bien (par le contre-exemple) les causes du divorce entre les hommes politiques français (et particulièrement les élus) et le peuple de France. Tant que nos hommes politiques appliqueront le « faites ce que je dis, pas ce que je fais » et qu’ils continueront à augmenter régulièrement leurs salaires d’élus et appelant les français à l’austérité. Qu’ils continueront à ne pas respecter le code de la route et à faire sauter leurs PV tout en appelant les français à conduire sagement, etc etc.

            1) ça ne marchera pas car l’exemplarité fait beaucoup

            2)le fossé entre eux et nous continuera de grandir


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 mars 2006 08:57

              Le libéralisme est la position qui refuse de sacrifier les droits des individus à quelque forme de despotisme que ce soit.

              Or celui-ci peut être politique, idéologique et religieux mais il est aujourd’hui, dans les pays qui se prétendent à tort ultra-libéraux, principalement économique. Lorsqu’une couche sociale transnationale, en effet, monopolise le pouvoir économique de telle manière qu’elle impose ses intérêts hégémoniques sans contre pouvoir suffisant dès lors qu’elle s’empare ou neutralise le pouvoir politique en profitant de la mondialisation (ex : chantage à la délocalisation des capitaux et des investissements), son pouvoir sans limite devient despotique.

              Le pouvoir despotique du capital financier transnational est appellé ultra-libéral car il prétend être au service de la liberté économique individuelle socialement dérégulée ; mais il s’agit de la liberté des forts contre les faibles, d’autant que cette « liberté » vise à réduire la concurrence qui est, dans une économie de marché, la marque du libéralisme.

              Néamoins La mondialisation est aujourd’hui incontournable et est en elle-même positive en cela qu’elle peut tendre à égaliser les niveaux de développement dans le monde ; ce qui manque encore c’est une régulation politique internationale capable de s’opposer aux effets sociaux destructeurs et de violence sociale, que sans contre pouvoir politique la mondialisation de l’économie génère.

              Ce qui a permis la régulation politique du capitalisme dans un cadre étatique grace à des institutions démocratiques est aujourd’hui menacé par la mondialisation ultra-libérale (traduisez anti-libérale) ; Or le capitalisme national n’existe plus (et les rodomontades concernant la défense du patriotisme économique sont des illusions absurdes) ; dans ces conditions tout retour au protectionisme (anti-libéral) serait catastrophique économiquement et socialement ; Il n’y a qu’une issue à ce décalage entre l’internationalisation irreversible et non souhaitable de l’économie et le nationalisme obsolète de la régulation sociale, c’est l’internationalisation progressive des droits sociaux , à commencer en l’Europe.

              L’internationalisation des droits sociaux est la seule issue libérale, socialement progressiste à la dictature anti-libérale ( traduisez ultra-libérale) du capitalisme financier et spéculatif dérégulé. Ce que déjà A.Smith avait compris, losqu’il s’en prenait justement aux effets économiques de la spéculation à court terme, tout en refusant la position protectioniste (anti-concurrentielle) et mercantiliste.

              Les origines de la pensée libérale

              Le rasoir philosophique


              • (---.---.150.59) 28 mars 2006 11:57

                En résumé, un néo-libéralisme régulé ?


              • Joanes K-Parisj (---.---.248.235) 28 mars 2006 12:25

                Vu comme ça, vive le libéralisme !


              • Antoine (---.---.233.186) 28 mars 2006 10:22

                « L’internationalisation des droits sociaux est la seule issue libérale »

                en effet....

                ce qui me fait dire que les altermondialistes feraient mieux de soutenir le syndicalisme chinois naissant que de pointer du doigt nos sociales démocraties


                • www.jean-brice.fr (---.---.132.204) 28 mars 2006 21:15

                  Ce qu’on appelle « Libéralisme » est une vue de l’esprit qui n’existe plus depuis longtemps : la cause en est le dévoiement du Système monétaire international par les anglo-saxons. Cela a commencé en 1922, à la conférence de Gênes, lorsque que les ANGLAIS ont proposé le GOLD EXCHANGE STANDARD,première version du dévoiement de ce système avant sa fin le 15 Aout 1971 ...


                  • jf M (---.---.247.226) 28 mars 2006 22:55

                    le néo libéralisme actuel c’est la loi du renard libre dans le poulailler libre. Rien ne doit géner le renard.

                    Le système français actuel c’est la féodalité.

                    Des castes de seigneurs [Elites(autoproclamèes), Fonctionnaires (en dehors de ceux qui sont au contact direct du public) syndicalistes et autres ayatolahs des droits acquis] vivent sur le dos de la population, il ont définitivement « oublié » la nuit du 4 aout 1789 avec l’abolition des privilèges.

                    N’y aurait il pas une troisième voie, socialement équitable et économiquement défendable ? Je le crois mais je me sent parfois solitaire...


                    • Antoine (---.---.233.186) 29 mars 2006 00:18

                      Je pense comme vous...il y aura-t-il la troisième voie ?

                      Et ceux qui le souhaitent et en cherchent la définition sont bien solitaires en effet....


                    • Thomas (---.---.10.98) 29 mars 2006 02:02

                      Vous trouverez ça surement simpliste mais je propose une piste de réflexion pour une troisième voie :

                      L’argent reste bien trop souvent le nerf de la guerre. Si l’on pensait que l’argent, la monnaie plus précisement a été créée comme étant un outil servant à régir le marché du besoin. La monnaie n’est donc qu’un outil. Alors considérons le comme un outil servant à l’épanouissement de l’individu et non comme un fin en soit.

                      Si les gens pensaient moins au « fric » et plus au moyen par lequel ils s’épanouiraient, l’argent reviendrai, je le crois, à sa fonction initiale : celle d’outil. Agir dans la vie en fonction de ce qui nous éclatent et non en fonction du gain potentiel, voila une piste qui me semble crédible. Bien sur, y’à des gens que sa « éclatent » d’ammasser de l’argent. Qu’il en soit ainsi, du moment que cela n’entrave pas la liberté des autres.

                      Une très belle phrase tirée d’une chanson du groupe Tryo : « je défend les rois qui protègent mon pognon ». Tout est dans le texte.


                    • Djiheldé (---.---.73.122) 29 mars 2006 11:31

                      Il est curieux de voir comment cet article sur le libéralisme appelle des tas de lieux communs. Tout d’abord, la confusion avec l’ultra libéralisme, qui pourtant a d’autres fondements philosophiques que le libéralisme. Ensuite, pêle mêle ; le libéralisme, c’est le chomage, l’absence de protection sociale, la jungle ... C’est quand même oublier que les pays libéraux (parmi lesquelles je classe la Suède) ont des niveaux de chomage bas, sans forcement remettre en cause la protection sociale. Celle ci d’ailleurs n’est dénoncée que dans ses excés, tout comme les règlementations ... ainsi les retraites de la fonction publiques qui ne sont pas payées par ceux qui en bénéficieront. Ce sont les jeunes générations qui seront contentes de travailler pour payer l’ardoise et l’égoisme de leurs prédécésseurs. Je sais que les lieux communs et les étiquettes dispensent d’avoir à réfléchir. Bon, d’accord, c’est aussi un rôle imparti à l’Etat par les libéraux que de permettre aux citoyens d’être autonome.


                      • Stephane Klein (---.---.101.8) 10 avril 2006 13:36

                        Entierement d’accord, beaucoup d’intervenants qui emettent des avis sur le liberalisme, le confondent avec la loi de la jungle, signe qu’ils ne maitrisent pas leur sujet.

                        Mon approche est simple : le liberalisme economique est un moyen pour arriver a une fin. le moyen est l’organisation de la societe afin de donner au plsu grand nombre la possibilite de se realiser par son travail pour arriver a une fin : l’ascenseur social, l’estime de soi. Or aujourd’hui l’ascenseur social est bloque car notre societe pourtant a dominante liberale et entravee par des mesures sociale qui decouragent les plus entreprenants. ce qui empechent ceux-ci d’entrainer tout le monde vers le haut.

                        Tout ceci se traduit en fait bien precis : les taxes et impots decides pour financer, CMU, RMI, ASS et autres allocation pesent directement sur les entrepreneurs qui risquent et sur les consommateurs qui reglent ce taxes plutot que de consommer et faire tourner l’economie. En consequence trop peu d’entreprise se creent car cela est trop risque et pas assez remunerateur tandis que les rares qui le font limitent au maximum le nombre d’employer par la delaocalisation et l’automatisation... et les plusvolontaires s’expatrient.

                        La solution est dans le maintien d’un systeme social qui maintienne un solidarite entre categories sociales tout en cessant d’etre un boulet pour les plus entreprenants.


                        • Bergame (---.---.39.204) 10 avril 2006 18:35

                          Soit.

                          Ce que j’aimerais bien savoir, quand même, à propos des délocalisations, c’est qu’est-ce qui pourrait empêcher une entreprise de délocaliser si elle peut le faire ? Il y aura toujours plus de « flexibilité » et des salaires moins élevés dans d’autres parties du monde. Avec un niveau d’éducation qui tend à s’équilibrer à une vitesse effarante -bien plus vite que le niveau de vie. Aujourd’hui, quand on recrute à « l’international », y compris -et surtout- pour des profils executive -et veuillez me croire, je vous prie, puisque cela a été mon boulot pendant 2 ans- on va d’abord chercher du côté de l’Inde -où le marché du recrutement est en plein essor. Les entreprises internationales -celles pour qui la délocalisation a un sens économique évident- auront toujours toutes les raisons d’expatrier les fonctions expatriables. C’est une logique économique très simple, absolument basique, et que tout le monde comprend très bien. Quand une entreprise ne délocalise pas, c’est parce que cela n’a pas de sens économique pour elle à ce moment-là. Et le fait que vous fassiez varier la taxation des charges de quelques points ne peut y changer quoique ce soti qu’à la marge. Vous rendez-vous compte de l’écart qui existe entre les salaires français (européens d’ailleurs) et chinois ou indiens ? Vous rendez-vous compte que la législation du travail y est quasi-inexistante ? J’entends : Y compris sur des points tels que la sécurité et l’accident du travail, par exemple. Ce qu’on nous dit, c’est : Il faut entrer dans la compétition. Mais sorti des considérations idéologiques et doctrinaires, en regardant les choses avec objectivité, cela nous est totalement IMPOSSIBLE ! Sur le terrain qu’on nous présente comme celui de la compétition, il nous est impossible de lutter, et surtout, ce serait sans doute une TRES MAUVAISE CHOSE. Vous imaginez un monde du travail français qui soit au niveau de ce qu’on trouve aujourd’hui en Chine ? Personne ne peut rationnellement souhaiter pour ses enfants. Et puisque j’imagine que les arguments de la responsabilité trans-générationnelle ne sont pas forcément les plus frappants pour les tenants de l’ultra-libéralisme -car le capitalisme de masse repose clairement sur des principes tel que « après moi le déluge », comme commencent à nous le montrer les problèmes conjoints de l’eau et des hydrocarbures- je vous en choisirai un plus en ligne sans doute avec vos références : « Ne jamais combattre sur le terrain où l’adversaire est le plus fort. » Sun Tzu, l’Art de la Guerre.


                        • Gary Gaignon (---.---.212.158) 18 avril 2006 18:34

                          Le Canada à l’orée des chemins...

                          Le Canada ? J’y suis né, j’y reste, je le connais de l’intérieur.

                          Curieux, quand même, ce prétendu premier de classe devrait pourtant porter le bonnet d’âne dans les faits !

                          Il faut juger un pays par son maillon le plus faible sur le terrain de l’existence : les inégalités, le chômage, l’exclusion sociale.

                          Le Canada a pris avec Chrétien, puis Martin et maintenant, Harper, libertarien notoire, un virage à droite très problématique.

                          Si en France, pays dont l’économie est convenablement socialisée, vous prenez pour modèle celui de barbares incultes, je vous souhaite bonne chance !

                          Le néolibéralisme est un mirage très douloureux.

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