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Le marché est mort, place aux intérêts nationaux

Mardi, la Banque nationale de Suisse a unilatéralement décidé d'arrimer la valeur maximale de sa monnaie à l'euro, soit un euro vingt pour un franc suisse, sous les coups de butoir des spéculateurs cherchant refuge dans une économie forte, dès lors la désorganisant complètement.

Qu'ont fait les spéculateurs ? Ils cherchent de nouvelles valeurs refuges, notamment la Norvège.

Ironie de l'histoire, les nations aux économies les mieux pourvues font comme la Chine. Celle-ci, cédant très peu aux sirènes idéologiques des occidentaux, à savoir le libéralisme et le marché, n'en font qu'à leurs têtes pour défendre leurs intérêts nationaux. Face à la désorganisation complète des économies libéralisées et financiarisées de nos latitudes, les économies les plus riches se voient obligées de s'aligner sur une culture chinoise, très peu enclines à satisfaire une harmonie économique mondiale, quand bien même celle-ci a inventé l'harmonie et la monnaie. Certains diront que c'est un comble, d'autres non, soit.

Bref, la doxa libérale a encore subi un sérieux revers mardi, l'Occident se mettant petit à petit à inculturer ici la gestion des affaires à la chinoise.

Vous me direz, si l'on est gaulliste, c'est sans doute l'opportunité de revoir fleurir un certain nationalisme dans la gestion politique de l'économie.

Autre signe : Jean-Claude Trichet, aujourd'hui même, président de la Banque Centrale Européenne, sort complètement de son mandat puisque sa politique de taux d'intérêts prendrait en compte la crise des dettes nationales afin d'en alléger le poids, et puisque la banque centrale européenne finance en partie par la planche à billets les dettes espagnoles et italiennes.

Si l'on voit mal nos élites abandonner les marottes du marché et du libéralisme, peinturlurage facile permettant officiellement de communiquer que les dés ne sont pas pipés entre acteurs économiques, le fait que la Chine ne respecte pas ces règles entraine d'adopter les leurs en partie.

C'est d'ailleurs la seule mécanique permettant une stabilisation, stabilisation décevante certes, mais l'on conçoit encore très mal comment nos politiques se décideraient enfin à mener une gestion économique plus aggressive quand aux respects de l'intérêt économique de ses citoyens, en dehors d'un clientélisme électoral s'entend. Il y a sans doute un certain Pierre Lellouche qui explique au sein de l'UMP que nos déficits publics doivent leur montant presque insurmontable aux déficits commerciaux, on conçoit encore mal comment la pauvreté exportée par les économies émergentes en même temps que leurs produits à bas coûts ferait bon ménage dans de larges pans précarisés de la société française, si ceux-çi devaient acheter demain ces même produits au prix fort avec les même revenus de misère.


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5 réactions à cet article    


  • Iren-Nao 9 septembre 2011 10:06

    Claude Simon

    C’est deja beaucoup mieux que votre article precedent.

    Iren-Nao


    • Gandalf Claude Simon 9 septembre 2011 14:02

      Entièrement d’accord, les vacances éditoriales ont été longues. 


    • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 9 septembre 2011 22:26

      @ l’Auteur :

      " Mardi, la Banque nationale de Suisse a unilatéralement décidé d’arrimer la valeur maximale de sa monnaie à l’euro, soit un euro vingt pour un franc suisse, sous les coups de butoir des spéculateurs cherchant refuge dans une économie forte, dès lors la désorganisant complètement. "

      Ce que vous écrivez là est inexact !

      En effet, si la BNS (Banque nationale suisse) a effectivement décidé de protéger le Franc suisse (CHF) des spéculateurs, elle n’a pas fixé la valeur maximale à 1,20 € pour 1 Franc suisse (CHF), un cours du CHF beaucoup trop élevé !

      La BNS a fixé le cours plancher à 1,20 CHF pour 1 €. et non pas de 1,20 € pour 1 CHF !

      Par cette mesure, la BNS s’engage à éviter que le cours du Franc suisse soit inférieur à cette parité, ceci afin de protéger les industries d’exportation suisses qui souffrent d’un Franc suisse trop fort et qui les pénalise.


      • BA 9 septembre 2011 23:36
        La BCE se déchire sur la stratégie pour sauver l’euro.

        Le feu gagne la caserne de pompiers. La Banque centrale européenne (BCE), qui lutte depuis dix-huit mois pour éteindre l’incendie ravageant les pays endettés de la zone euro, se déchire maintenant au grand jour. Le chef économiste de l’institution, Jürgen Stark, a démissionné vendredi avec fracas de son poste… trois ans avant la fin de son mandat ! 

        Officiellement pour des raisons personnelles, cette démission marque le spectaculaire désaccord de l’économiste avec la stratégie de la BCE, dont il est un membre influent du directoire. Après le départ retentissant d’Axel Weber en mai dernier, Jürgen Stark est le deuxième Allemand de poids à claquer la porte de la banque basée à Francfort. La réaction des marchés a été à la mesure du choc : l’euro a chuté, atteignant un plus bas depuis février à 1,3650 dollar et les obligations d’État italiennes se sont envolées à 5,37 %.

        Cette dernière réaction n’est pas anodine : c’est probablement la décision de voler au secours de l’Italie et l’Espagne, prise le 8 août dernier en pleine tempête financière, qui a achevé de diviser le conseil de la BCE. Jürgen Stark était notoirement opposé à cette action, rejoint en cela par le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, ou encore le Néerlandais Klaas Knot.

        « Depuis mai 2010, les Allemands sont contre le rachat de dette souveraine par la BCE », rappelle Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities. Cette décision de politique non conventionnelle consiste pour la banque centrale à acheter sur le marché des obligations d’État, afin de soutenir leur cours et permettre aux pays attaqués de continuer à emprunter. Mais ce faisant, la BCE rompt avec deux dogmes intangibles aux yeux de l’orthodoxie allemande : elle donne l’impression de cautionner les dérives budgétaires des États et surtout, en monétisant la dette, elle rajoute des liquidités sur le marché, prenant le risque de générer des tensions inflationnistes, alors même que son unique mandat consiste à lutter contre l’inflation.

        Conscient des reproches qui lui sont faits, le président de la BCE s’était vivement emporté jeudi : « Nous avons assuré la stabilité des prix de manière impeccable - impeccable ! - et j’aimerais bien entendre des félicitations pour une institution qui a apporté pendant treize ans la stabilité des prix à l’Allemagne », a martelé Jean-Claude Trichet. Un éclat de voix inhabituel qui a peut-être précipité le départ de Jürgen Stark.

        Au-delà des querelles internes à la BCE, cette démission est un signe supplémentaire du désarroi des Européens face à la crise de la dette. « L’histoire s’accélère, mais l’Europe n’a toujours pas résolu la question principale : comment couper la contamination qui vient de Grèce et qui gangrène tous les autres pays ? », résume Bruno Cavalier.

        Au plan politique, les tensions s’accroissent. Lundi, le président de la Commission, José Manuel Barroso, se rendra à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Il s’agit officiellement d’un « échange de points de vue privés ». Mais, selon un sondage de la chaîne de télévision ZDF, trois Allemands sur quatre sont aujourd’hui opposés à un élargissement du plan de sauvetage pour les pays surendettés de la zone euro.

        Or ils ne sont pas les seuls. Après les Pays-Bas, qui évoquaient ouvertement jeudi la sortie de la Grèce de l’euro, les Finlandais dénonçaient vendredi le manque de discipline budgétaire dans l’Union. Le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, estime que ses concitoyens sont « troublés par l’injustice provenant du fait que tout le monde dans l’union monétaire n’applique pas les règles du jeu acceptées ». Et le parti des Vrais Finlandais, qui talonne désormais la Coalition nationale pro-européenne, veut aussi qu’Athènes sorte de la zone euro, estimant que ce sont les autres membres de l’Union, aux finances plus saines, qui vont payer les pots cassés. Helsinki a « crevé de faim pour sortir de la crise sans aide », d’où son ressentiment résume un politologue. Mais la Grèce est aussi un obstacle pour l’Irlande, qui s’inquiète par ricochet de ne plus pouvoir revenir sur les marchés à cause d’Athènes.


        • Gandalf Claude Simon 9 septembre 2011 23:45

          Au moins, Trichet a compris que s’il voulait sauver la monnaie commune, il devait appliquer une gestion à la carte de cette devise suivant les pays européens. Hors mandat, mais c’en est la fin, il pouvait se permettre d’indiquer la politique que doit suivre son institution afin de la sauver.

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