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Accueil du site > Actualités > Economie > Le massacre du luxe et du prêt à porter « made in France »

Le massacre du luxe et du prêt à porter « made in France »

Les principales fédérations du textile habillement et quelques grands groupes du secteur, ont, avec la complicité des pouvoirs publics, précipité la délocalisation de cette industrie.

Paradoxalement, au moment où toutes les personnalités politiques prétendent vouloir sauver le « made in France », nous assistons à la disparition des derniers sites français de production. 

TRANSFERT DE NOTRE SAVOIR-FAIRE A LA CHINE 

 Lors d’un débat a propos du « made in France », organisé le 23 janvier 2012, au salon du prêt à porter Paris, Jean Pierre Mocho, Président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin depuis 12 ans et de l’Union française des industries de l’habillement pendant 6 ans, affirmait : "L'origine des produits reste secondaire pour les acheteurs". "Le consommateur est plus attaché à sa marque qu'à son lieu de fabrication. Ça ne plait pas à tout le monde, mais c'est un constat évident".

 Le Député européen et ancien directeur général du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), Robert Rochefort, avait alors fait remarquer à Jean Pierre Mocho : "La filière a une part de responsabilité dans le problème actuel, vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement. De fait, le made in France, si vous n'y croyez pas vous-même, ne sert à rien", puis il avait reproché "l'usage abusif du nom "Paris" comme marque de qualité."

 Il convient de souligner que Jean Pierre Mocho était en septembre 2011, le signataire d’un accord de coopération exclusif entre la France et la Chine, prévoyant notamment "la mise en œuvre d’une coopération industrielle, l’échange de stylistes, modélistes, techniciens et plus généralement d’expériences professionnelles et de formations". En clair, la livraison à la Chine de ce qu’il reste de notre savoir faire ! 

 

LE LEADERSHIP MONDIAL DE LA MODE FRANÇAISE ET DU LUXE BIENTÔT MENACÉ

 En 2010, le gouvernement a proposé, sans conviction, une charte de bonne conduite entre les griffes de prêt-à-porter et les façonniers, mais les grands groupes du luxe ont évidemment refusé de s’engager sur des quotas minimum de vêtements « made in France ». Les marques de luxe délocalisent discrètement depuis plusieurs années et aujourd’hui la plupart d’entre elles fabriquent déjà une part importante de leur production hors de nos frontières. 

 Pourtant, en 2009, dans son rapport commandé par le ministère de l’industrie "Un plan pour la façon française", Clarisse Perrotti Reille mettait en garde les donneurs d’ordres de la mode et du luxe :

 "La question du savoir-faire français et de son rayonnement se pose avec une très vive acuité. Il ne faut pas s’y tromper, la façon française et notamment la Haute Façon constitue un enjeu stratégique majeur pour l’économie française. En effet, si par grand malheur, elle devait devenir anecdotique ou pire disparaître, le leadership mondial de la France en matière de mode, de créativité, de luxe en serait graduellement affaibli et, à terme, compromis."  "La filière de la façon comptait 6 000 employés fin 2008 et perd jusqu'à 1 000 emplois par an."

 Chaque mois, des façonniers ferment ateliers et on peut craindre la disparition avant cinq années, de la plupart des 3 000 dernières ouvrières de la filière, alors qu’à son apogée, le secteur du textile habillement employait plus d’1 million de personnes et gênerait encore 2 ou 3 millions d’emplois indirects et induits. 

 Plusieurs siècles auront été nécessaires pour que la France bâtisse son leadership mondial en matière de mode et confère à Paris, son statut de capitale mondiale de la Haute-Couture mais quelques années auront suffi aux marques de la mode et du luxe, pour compromettre cette réputation et ruiner cet héritage. 

  Le salon « made in France » 2012 se tiendra les 28 et 29 mars et regroupera à peine 60 façonniers de l’habillement au lieu de 120 en 2008. On peut craindre que le salon de la Haute Façon 2012 soit l’une des dernières éditions de ce salon de l’excellence du savoir-faire français. 

 Selon le Ministère de l’Économie et des finances, 5% des vêtements vendus dans l’hexagone sont fabriqués en France. Ce chiffre déjà très bas est pourtant surestimé et la part des achats de vêtements effectués aujourd’hui par nos concitoyens, pourrait s’avérer encore inferieure.

 

LE RENONCEMENT DE NICOLAS SARKOZY  

 Lors de l’annonce de sa candidature, Nicolas Sarkozy nous a fait part de sa résignation face à la mondialisation : « le textile ne marche plus car il y a une concurrence effrénée en Inde et ailleurs » mais nous a néanmoins présenté la maroquinerie haut de gamme comme un secteur d’avenir. 

 Notre président s’est également félicité de son intervention pour former au métier de maroquinière, 93 des 340 salariées licenciées de Lejaby, mais n’a pas semblé regretter le gâchis de la disparition du savoir-faire du dernier fleuron français de la lingerie de luxe.

Cependant, selon Raymond Vacheron, responsable CGT textile : « À Lejaby, les salariées produisent sept soutiens-gorges de l’heure, et sur un soutien-gorge qui se vend 80 euros dans le commerce, seulement 2 euros servent à rémunérer le travail ! ». Même si l’on compte un coût de production plus réaliste de 10 ou 12 euros, on s’aperçoit que la délocalisation n’était pas inéluctable. 

 Par ailleurs, la maroquinerie haut de gamme qui selon Nicolas Sarkozy, offre davantage de perspectives d’avenir que le textile, ne fournit qu’une dizaine de milliers d’emplois de production dans l’hexagone et la plupart des articles vendus en France, du bas au haut de gamme, proviennent d’Asie. 

Les marques de maroquinerie fabriquant encore en France, sont rares : parmi les plus fameuses, Hermès, qui emploie 1700 ouvriers et Louis Vuitton (Groupe LVMH), dont les articles en toile cirée ornée du célèbre monogramme, génèrent 3 000 ou 4 000 emplois sur les sites de production implantés en France.

 La concurrence effrénée et déloyale provoquée par le dumping monétaire, social et environnemental de pays en développement, n’est évidemment pas spécifique aux secteurs du textile et de la maroquinerie Aujourd’hui, aucun secteur n’est épargné et faut-il pour autant renoncer définitivement à produire en France alors que notre déficit commercial a augmenté de 35 % en un an pour atteindre son record avec 70 milliards d’euros en 2011 et que l’on compte 1 million de chômeurs en plus depuis 5 ans ?

Certes non, et il existe des solutions pour relancer l’industrie manufacturière des biens de consommation, à condition bien sur, d’en avoir la volonté politique. 

 

L’ESSOR DU LUXE DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT CREE-T-IL DES EMPLOIS INDUSTRIELS EN FRANCE ?

 La fabrication des articles de luxe, tant vantée par toutes les personnalités politiques comme l’un des atouts essentiels de la France au même rang que les nouvelles technologies, les produits innovants et les R&D, a été majoritairement délocalisée et ne représente que 25 000 ou 30 000 emplois de production en France. Si l’on rapporte ce chiffre à notre population active de 28 millions de personnes, cela ne représente qu’un chiffre dérisoire d’un emploi pour mille actifs.

Le secteur du luxe réalise un chiffre d’affaires proche de 50 milliards d’euros que se partagent quelques groupes qui créent peu d’emplois en France et contribuent peu à notre économie.

Pour exemple, LVMH, n°1 mondial du luxe, a réalisé en 2011, un chiffre d’affaires de prés de 24 milliards d’euros mais 77 % des 80 000 salariés du groupe sont employés hors de France. Soit, selon nous, moins de 7 000 ou 8 000 emplois manufacturiers dans notre pays.  

 

LA RESPONSABILITÉ DES PROFESSIONNELS ET DES POLITIQUES  

 Les lobbys mondialistes qui ont préconisé et accompagné la délocalisation de l’industrie, sont souvent les interlocuteurs privilégiés des gouvernements et cette collaboration contre nature a renforcé la légitimité de ces groupes d’influence.

La reconnaissance providentielle de l’état, a ainsi fourni des moyens supplémentaires à ces inconditionnels partisans de la mondialisation et encore accéléré la délocalisation de l’industrie française. 

 Les dirigeants des organisations professionnelles de la mode et des autres secteurs industriels portent une lourde responsabilité dans la délocalisation de l’industrie française. Leur efficace lobbying pour la désindustrialisation coûtera des centaines de milliards d’euros à notre pays et la perte d’activité risque d’handicaper notre économie pendant plusieurs décennies.

 Ces lobbys ont livré les industries patrimoniales à nos concurrents économiques et ainsi provoqué un chômage massif et des déficits publics colossaux.

Complices, nos gouvernements successifs, de Droite ou de Gauche, ont, au nom du dogme néolibéral du libre-échange, également trahi la confiance de nos concitoyens, ouvriers et consommateurs, en collaborant au démantèlement d’une industrie française patiemment construite et riche d’un savoir-faire appartenant au patrimoine national.

 

Francis JOURNOT 

Mouvement associatif RENDEZ NOUS NOTRE INDUSTRIE !

www.rendez-nous-notre-industrie.com et www.vetements-made-in-france.com sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique. 


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38 réactions à cet article    


  • iris 27 mars 2012 10:15

    entièrement d’accord avec vous-
    idem pour le mobilier la métallurgie
    ce sont des régions entières massacrées -et perte de savoirs faire-
    bien que souvent gérées de façon patimoniale ces industries auraint pu etre organisées de façon differemment-les patrons n’ont pratiquement rien perdus dans dépots de bilan et liquidations-les ouvrièr(es) beaucoup et aussi la santé car les conditions de travail étaient optimisées pour laisser le maximum au patron -comme en chine aujourd’hui-Travail à la chaine-parcellaire-sans initiative-et très controlé -payé au rendement-aucune idéesdu personnel pris en compte -
    Une autre orgnisation du travail est possible-plus épanouissant pour l’etre humain-


    • zelectron zelectron 1er avril 2012 09:07

      tous les secteurs manufacturiers sont touchés, il n’y a pas que le textile !


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 27 mars 2012 11:07

      Xcusez ma profanie mais,

      si « À Lejaby, les salariées produisent 7 soutiens-gorges de l’heure, et sur un soutien-gorge qui se vend 80 euros dans le commerce, seulement 2 euros servent à rémunérer le travail ! » cela veut dire qu’entre le coût du travail de 14 euros sortie d’usine et le prix au magasin, 80 euros à cinq cent bornes, près de 6 fois plus cher. Un certaine chaine d’intermédiaires qui ne touchent même pas la marchandise se gavent. Parmi eux, le milieu du mannequinat, espèce de prostitution en bande organisée qui palpe la matière, contenu et contenant à pleine main et l’oseille avec et font main basse sur le trafic de dentelle, ce mamelle et de mademoiselle...

      DSK reviens !


      • foufouille foufouille 27 mars 2012 11:11

        fallait vendre en direct


      • Tarouilan Tarouilan 27 mars 2012 12:43

        Foufouille, il ne faut pas être dupe...... dans la confection comme ailleurs.... le made in France n’existe plus... on nous fait croire que c’est du « made in France » et ça, c’est pour le catalogue, ...avec des petites unités bidon, de production, pour la pub, l’image de la boite.... uniquement......situées dans un petit coin des entrepôts !... la production en fait aujourd’hui, est mixte.... au mieux !... et juste une étiquette + le conditionnement au pire... !


      • foufouille foufouille 27 mars 2012 13:28

        @tarouilan
        sissi
        j’ai des chaussttes francaises
        plus cher mais plus solide et confortable


      • jef88 jef88 27 mars 2012 13:56

        @foufouille
        la seule certitude : la pose de l’étiquette est faite en France !!


      • foufouille foufouille 27 mars 2012 14:49

        ca m’etonnerait
        fabrique en france comme la couverture en laine


      • Tarouilan Tarouilan 28 mars 2012 12:10

        @ Foufouille...... ta grand-tante qui tricote ses chaussettes avec de la laine Angora du pays basque, est très sympa... mais sa production qui culmine à trois paires par jour, quand elle est en forme, ne pourra faire face à l’évolution de la démographie en France ... ha ha ha !


      • foufouille foufouille 27 mars 2012 11:09

        si on produisait des vetements solides et cher, ca se vendrait
        par contre, la demande est pas eternellle, faut prevoir le apres


        • Traroth Traroth 27 mars 2012 11:48

          Le souci, c’est quand la production de biens devient un but en soi, pas juste un moyen de fournir aux gens ce dont ils ont besoin.


        • jef88 jef88 27 mars 2012 11:10

          Pour aller plus loin !
          Une grande part de la « contrefaçon », c’est la vente en direct des produits de luxe par ceux qui les ont réellement fabriqué ...........


          • Tarouilan Tarouilan 27 mars 2012 12:52

            Tout à fait Jef88........ notre nombrilisme franchouillard induit de façon machiavélique par notre sinistre classe politique ...... sature notre bon sens....


          • musashi 27 mars 2012 11:19

            Pour l’instant le plus convaincant sur le « produit en France » c’est F Bayrou non ?


            • kemilein 27 mars 2012 11:20

              « le massacre du luxe »
              tant mieux, le luxe est ce que seul un petit nombre est capable de se payer, ca n’a pas sa place su terre, les riches nous coutent trop cher (en matière première).


              • musashi 27 mars 2012 11:23

                Les propositions de Bayrou sur la re industrialisation :

                • Un commissariat national aux stratégies

                  Le travail qui fut confié autrefois au Commissariat au Plan est plus nécessaire que jamais. Un pays confronté aux défis qui sont les nôtres a besoin de faire travailler ensemble tous les acteurs de son redressement. Ce Commissariat national aux stratégies doit être placé auprès du Président de la République et dirigé par une personnalité de grande autorité.

                • La mise en réseau des grandes entreprises et des PME

                  Les unes ont la maîtrise des processus de fabrication, des brevets, de la recherche appliquée, de grands réseaux commerciaux, les autres ont la capacité d’innovation. Incitation par la création d’un avantage fiscal lorsqu’une grande entreprise aura créé une structure d’investissement en direction des PME ou pris une participation dans une telle structure.

                • La création d’une banque d’économie mixte décentralisée de soutien aux PME

                  Cette idée avance dans tous les programmes. Il est des besoins de financement, notamment en fonds propres, qui ne sont pas pris en compte aujourd’hui. Mais il est capital que cette structure soit décentralisée, qu’elle associe les collectivités locales à son action et qu’elle ne soit pas sous le seul contrôle de l’état. De tels établissements bancaires peuvent être soit organisés sur une base géographique, soit spécialisés sectoriellement (par exemple pour l’économie numérique). Ces banques pourront faire appel à des actionnaires nouveaux (type assurance-vie).

                • La création d’un livret d’épargne industrie

                  Il est besoin non seulement d’établissements mais de ressources nouvelles dédiées.

                • Une négociation nationale autour de la rénovation du climat social dans l’entreprise

                  Ce sujet est crucial. L’adaptation de l’entreprise à son environnement, à la conjoncture, exige l’association et la participation des salariés et de leurs organisations syndicales à la réflexion stratégique dans l’entreprise. La guerre froide sociale est un facteur de blocage. J’organiserai une négociation nationale entre partenaires sociaux sur ce thème, dont l’état sera facilitateur, mais dont il ne sera pas décideur. J’ai en effet décidé de sortir du blocage né de la posture de l’état dont tout le monde sait qu’il interviendra en fin de compte.

                • Les salariés au Conseil d’administration de l’entreprise

                  La culture de la cogestion est bienfaisante. Tel est mon affirmation, et telle est une des principales raisons du retard français par rapport à la réactivité du tissu économique allemand. C’est d’ailleurs l’inspiration même qui fut celle du général de gaulle lorsqu’il défendait la participation. Non seulement participation aux résultats, mais participation à la stratégie et à la décision. Nous ferons entrer dans les entreprises de plus de 500 salariés d’abord les représentants des salariés dans les conseils d’administration des entreprises avec droit de vote.

                • La participation par la négociation au sein des comités d’entreprise

                  Les comités d’entreprise sont déjà le lieu légal et obligatoire de l’information et de la consultation des représentants des salariés sur la vie de l’entreprise. Il faut étendre leur rôle à la négociation des conditions de travail et des rémunérations.

                • Des accords cadres dans les branches

                  Les accords majoritaires dans les entreprises ne pourront s’imposer aux salariés minoritaires que s’ils sont encadrés par des accords cadres fixant, dans les branches, le cahier des charges de ces négociations et les marges admissibles des évolutions envisageables.

                • Un crédit d’impôt innovation

                  La recherche est une donnée clé. Mais l’innovation, dans les processus de fabrication, dans le design est au moins aussi importante, notamment dans les PME. Je proposerai la création d’un crédit d’impôt innovation, parallèle au crédit impôt recherche.

                • Un statut pour les business-angels

                  Dans le monde des entreprises innovantes, il existe une disparité très grande entre les avantages consentis aux fonds de private equity, dont les intérêts d’acquisition sont fiscalement déductibles et les Business angels, qui soutiennent des créations de start-up, ne reçoivent aucun avantage fiscal équivalent. Il faut donc leur permettre pendant les premières années de leur investissement de déduire les pertes éventuelles de ces entreprises en développement de leur propre revenu imposable, au moins partiellement.

                • Plus de 60 % des consommateurs français souhaitent soutenir la production dans notre pays, que cette production soit le fait d’entreprises françaises ou d’entreprises à capitaux étrangers installées en France. Mais pour l’instant il est impossible pour l’immense majorité des produits de connaître la provenance, ou la part française dans le produit considéré. Or il y aura là, pour les industriels, un avantage compétitif qui peut être déterminant pour leur installation dans le pays.

                  La création d’un label indépendant

                • Un emploi sans charges pendant deux ans pour toute entreprise de moins de 50 salariés
                • Développer l’image de marque du « produit en France »

                  Quand les produits français ne sont pas choisis par les consommateurs nationaux, européens ou étrangers, c’est souvent, à prix égal, parce que l’image de marque de nos productions n’est pas suffisante. Nos concurrents, surtout allemands, sont considérés comme plus fiables, plus durables, même si la réalité ne confirme pas cette réputation. Il faut donc entreprendre un travail en profondeur sur l’image de marque de la France en tant que pays producteur.

                • Définition de priorités sectorielles pour la politique industrielle européenne

                  énergies renouvelables et technologies de rupture énergétique ; biotechnologies ; nanotechnologies  ; infrastructures. Je proposerai que 10 % du budget européen puissent être fléchés vers des fonds liés à ces priorités.

                • Mobiliser l’épargne des européens

                  Il y a dix ans, je me suis élevé au Parlement européen contre les normes comptables anglo-saxonnes excessivement court-termistes que l’on nous imposait. Aujourd’hui la Commission européenne et un nombre croissant d’économistes reconnaissent qu’il y a là un sujet majeur pour la compétitivité de l’Europe et le financement de son industrie.

                • Une alliance entre l’Europe et les pays émergents

                • jef88 jef88 27 mars 2012 12:19

                  OUF !!!!!
                  Cela signifie, enfin, la mort de l’ISO 9000 qui, depuis Rocard, a réussi à tuer l’initiative et les améliorations de tout genre ....


                • BARTH 27 mars 2012 12:10

                  L’industrie et le court terme n’ont jamais fait bon ménage.

                  L’objectif des « industriels » aujourd’hui est de faire du fric le plus vite possible et donc de rechercher les marges les plus fortes quitte à sinistrer localement des régions entières qui à terme ne disposeront plus du pouvoir d’achat suffisant pour s’équiper des biens de 1ère nécessité.

                  Pour les produits de luxe, ils comptent sur un enrichissement d’une classe d’esclavagistes des pays émergents pour absorber leur production.

                  Je ne parierai pas sur la longévité de ce « modèle » de développement : croisons les doigts pour que ça leur pète à la gueule au plus vite et en tout cas suffisamment tôt pour pouvoir sauvegarder 2 ou 3 trucs, mais surtout que nous puissions reconstruire.


                  • stefwords 27 mars 2012 13:38

                    Bonjour
                    Tout, mais absolument tout est en train d’être délocalisé...
                    Même les plus « industries » les plus spécifiquement ancrées dans la tradition européenne s’en vont.
                    Vous parlez de l’industrie du vêtement, mais d’autres secteurs, moins spectaculaires eux aussi sont confrontés à une concurrence que je qualifierais de déloyale, au vu des conditions de travail dans les pays dits « émergents »
                    prenons par exemple la menuiserie et toutes ses activités accessoires.
                    Des chassis de fenêtres, des portes, des parquets, et toute la menuiserie intérieure sont maintenant disponibles dans n’importe quel pays de l’Est européen et en Chine...A trente ou même quarante pour cent du prix de ces marchandises si elles devaient être fabriquées « chez nous »...
                    Que ces produits se retrouvent sur le marché avec une différence de prix de moins vingt ou vingt cinq pour cent démontre que certains se remplissent bien les poches et leurs comptes off shore....
                    Même l’industrie du meuble de luxe est touchée....il suffit pour s’en rendre compte de faire un tour dans le faubourg Saint Antoine et de regarder, compter les ateliers encore en activité, et les magasins proposant du luxe « made in France »
                    des commodes de style classique en marqueterie coutant moins de mille euros, très très bien faites, sont trouvables en Chine, alors que la fabrication de ce genre de mobilier était non seulement une tradition mais également un des fleurons du savoir faire français...
                    Il est plus que temps de changer notre fusil d’épaule, de faire cette révolution que tant espèrent, dans nos habitudes d’achats d’abord, dans la législation ensuite en y inscrivant la préférence nationale, pour tous les achats de l’administration...
                    Sans prendre des mesures d’urgence, nous allons nous retrouver dans un désert économique et notre niveau de vie ressemblera bientôt à celui des pays « émergents »....Où seule une toute petite minorité tire les marrons du feu et les bénéfices de cette sauvagerie commerciale....


                    • jef88 jef88 27 mars 2012 13:52

                      Ce n’est plus de l’industrie mais du commerce !!


                    • c’est pas grave 27 mars 2012 21:01

                      @ stefwords

                      Article 63 TFUE :
                       
                      1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.

                      ce qui signifie que l’hémorragie n’est pas près de s’arrêter


                    • spartacus spartacus 27 mars 2012 13:52

                      Bonjour,

                      Pour ma part, j’y ai renoncé. Les raisons ne sont pas uniques.
                      Produire en France nécessite plusieurs choses. 
                      1-Beaucoup de main d’oeuvre.
                      C’est « tabou » de le dire, mais employer dans notre pays c’est s’acheter des problèmes. Législation sociale anti-employeur. Coût des salaires élevés en brut de brut. Licenciements coûteux, (il faut le prévoir en cas de difficultés éventuelles). Flexibilité inexistante. 
                      2-Les structures de fabrication coûtent de l’argent. (Foncier, équipement)
                      Le capital « risque dans notre pays est faible. Beaucoup de demandes pour peu d’élus. J’ai écumé toutes le Private equity de Paris (FIP, FCP, FCPE), la culture du projet »innovant«  type usine à gaz, est la demande. Il y a une préférence unanime des investisseurs sur le service, type informatique à contrat »récurent« . Pour les banques, l’état est tellement demandeur, qu’il ne reste rien pour les PME. 
                      3-Le potentiel du marché intérieur réel.
                      Si la France a une forte image de mode, le français moyen consacre moins que d’autres au budget »mode« . L’image »France" fait vendre, mais pas forcément dans le pays. Les Italiens consacrent plus de leur pouvoir d’achat à ce domaine. Le regroupement en centrales d’achat limite les débouchés.
                      4-La facilité déconcertante de sous traiter ailleurs.
                      Monter sa boite à HK OU Singapour est simple, on trouve plein de sous traitants chinois. La qualité s’améliore et l’état est tourné vers ceux qui créent le Business en priorité. 
                      5-La sociologie entrepreneuriale très gauchisante du pays
                      L’actionnaire investisseur propriétaire même que d’actions est catalogué riche ,diabolisé. regardez les mots utilisés dans les commentaires (esclavagistes, faire du fric) , Les plus-values sont ultra taxées (31% France versus 20% Angleterre), une culture communiste anti-patron dans notre pays est à même de détruire tout esprit d’initiative. principalement initié par ceux qui ont un emploi à vie dans l’administration. Tous les mois une nouvelle taxe, une nouvelle législation. Le patron pour l’état et les régimes sociaux en manque d’argent est un sandwich en face de cannibales jamais repus. 



                      • foufouille foufouille 27 mars 2012 14:52

                        sous traite en prison, c’est pas cher


                      • T.REX T.REX 27 mars 2012 19:27

                        Si on en croit Spartacus Sarkozy doit être communiste car depuis 5 ans c’est bien lui qui dirige ce pays aux mille taxes !! Non ?

                        Je me demande pour qui sonne le glas....diateur !


                      • musashi 28 mars 2012 19:21

                        @spartacus

                        Vous posez de réelles questions sur la mentalité française et sur le rapport à l’entreprenariat et à la prise de risque.
                        Il faudra retourner à la base, éducation, programme scolaire avec de l’économie et de entrepreneuriat obligatoire ? pour changer tout ça et cela risque de prendre en certain temps


                      • iris 27 mars 2012 14:37

                        il faut adapter très concrètement les besoins et la production-lire la grande relève
                        et ses publications et livres


                        • Marc Blanchard Marc Blanchard 27 mars 2012 14:43

                          @ defendez notre industrie.


                          Je suis producteur textile au Vietnam (2éme producteur mondial). Vous avez raison sur beaucoup de choses mais il y a plein d’autres raisons que vous occultez ou ne savez pas. Le sujet est vaste, à l’occasion j’essaierai de pondre un article car lù je n’ai pas le temps.

                          • T.REX T.REX 27 mars 2012 19:32

                            On attend l’article de M. Blanchard avec impatience !!

                            Comment va-t-il justifier le tourisme textile et ses propositions textuels pour le secourisme du textile made in France en cette année Bissextile.


                          • Frédéric BOYER Frédéric BOYER 27 mars 2012 19:11

                            Bonsoir,


                            Pour retrouver une industrie, quel que soit le secteur, il n’y a qu’une solution et une seule : rétablir un tarif douanier. Point. Pas la peine de créer des commissions, des subventions, des exonérations, des incitations, des incantations, des comités Théodule...

                            IL FAUT TAXER LES IMPORTATIONS

                            Et dans la foulée, rétablir le contrôle de la circulation des capitaux et des travailleurs.

                            Pour ce, il faut rompre au plus vite avec la politique de l’Union Européenne.

                            Ca tombe bien, il y une élection présidentielle dans un mois.

                            Il ne faut donc pas voter pour ceux qui sont responsables de la politique désastreuse menée depuis 30 ans :
                            Ni pour Sarkozy, UMP.
                            Ni pour Bayrou, MODEM.
                            Ni pour Hollande, PS.
                            Ni pour Joly, EEV.



                            • c’est pas grave 27 mars 2012 21:11

                              « Pour ce, il faut rompre au plus vite avec la politique de l’Union Européenne. »

                              et ?...

                              aucun candidat ne propose de sortir de cette construction européenne

                              il n’y en avait qu’un , il n’a pas eu ses signatures


                            • T.REX T.REX 27 mars 2012 19:50

                              Il est clair à la lecture des chiffres de cet article et avec un peu de bon sens que le coût de la main d’oeuvre n’est pas l’élément clef dans le secteur du luxe. IL n’explique aucunement les délocalisations. Déjà dans le secteur des chaussures de sport Nike, Addidas et leurs confrères vendent à des prix prohibitifs des chaussures fabriqués pour une poignée de riz.

                              La justification essentielle est bien la recherche du profit maximal quitte à plonger une partie de leurs concitoyens dans la misère la plus noire.

                              Le problème c’est que les industriels, actionnaires et investisseurs qui délocalisent pour de mauvaises raisons, aveuglés qu’ils sont par leur dogmatisme néolibéral, n’ont pas conscience (ou ne veulent pas l’accepter) de leur responsabilité sociale et sociétale.

                              Mais le jour où leur pays aura régressé jusqu’à faire partie du tiers monde, ne sera plus qu’une république bananière pour touristes fortunés, sera devenu invivable, sauf en résidence secondaire, car ruiné par le chômage et en proie à des mouvements sociaux violents, des rebellions, attentats, voire une révolution, alors là ils prendront peut-être conscience qu’ils ont activement participé au déclin catastrophique du si beau pays de leur enfance.....et regretteront leur politique économique....enfin on peut l’imaginer. Mais il sera trop tard ! 

                              Leur descendance ne connaîtra jamais la qualité et la douceur de vivre en France !
                              Là sera leur punition.


                              • TheRedBaron 27 mars 2012 23:13

                                C’est pas nouveau ce hold up des délocalisations à la française, les couts productions ont été divisés, la qualité aussi parfois, et le prix de vente lui à continuer à suivre l’inflation, dans quelles poches l’argent est resté ? Et pourquoi tout ces nouveaux chômeurs n’ont plus que l’endettement pour continuer à consommer chichement ? Il n’y a bien que les vendeurs de produit Hi Tech qui ont répercuté les gains de productivité associés aux salaires de misères des nouveaux bataillons de travailleurs chinois. Pourquoi les vendeurs de chemises, de chaussettes, de chaussures, de pulls vous font payer le même prix que si c’était du vrai Made in France ? Par ce que c’est de la Marque ! Merci qui ?


                                • Soi Même 28 mars 2012 14:44

                                  Peut être que cette nouvelle affaire va faire sortir de ces gongs cette grand bourgeoisie si absente des préoccupations national.

                                  C’est bien connus, quand on touche on confort bourgeois, les choses bouges !


                                  • bo bo 28 mars 2012 18:39

                                    le logo « made in France » est très galvaudé...
                                    Il suffit parfois que le design soit français, que les matrices soient dessinées en France...pour que ce logo soit apposé....
                                    des fois, il n’y a que l’emballage qui est français...ou l’étiquète (notamment dans l’alimentaire : d’où les tentatives de labelliser : la culture, la mise en conserve, l’origine locale du produit...)
                                    Les multinationales sont passées maîtresses dans l’art de l’habillage d’un produit et ont des juristes qui exploitent la moindre possibilité...pour gagner quelques centimes.
                                    C’est pareil pour tous les produits...même les produits pharmaceutiques (dont certains génériques....).
                                    Le système est verrouillé par les règles de l’administration de Bruxelles (non élue au suffrage universel) où les lobbies sont devenus rois...grâce à la médiocrité de nos hommes politiques


                                    • musashi 28 mars 2012 19:22

                                      Vivement le label « produit en France » de Bayrou avec le pourcentage de production en France. En tant que consommateur je n’attends que ça pour soutenir mon pays.


                                      • drlapiano 30 mars 2012 14:54

                                        Votre description est excellente de la réalité ... mais l’idéologie qui envahit votre propos est tellement dérisoire ... qu’on sent bien qu’en voulant agir POUR l’industrie textile avec d’énormes bonnes intentions .... vous ne soyez conduit de façon dérisoire qu’a contempler avec aigreur son effondrement.

                                        Tout l’agir humain ne peut s’analyser qu’a la grille de lecture du capitalisme, du libre marché, du profit, qui naît du service rendu adapté à celui a qui il est destiné ...

                                        Si vous prenez d’autre voies ... et la France a pris depuis longtemps d’autres voies tant son économie est socialisée, enserrée dans un carcan stérilisant, pourchassant le riche ... vous vous INTERDISEZ toute solution, toute créativité devant un monde qui bouge ...

                                        Dommage pour VOUS qui aimez votre métier .... et dommage pour tous vos clients ... mais qui ne sont pas si malheureux ... puisqu’ils font et feront sans vous !

                                        Vous réclamez la protection de l’état , vous feriez mieux de crier vive la liberté ... pour NOUS aussi !

                                        P.S. l’état , les idéologues de gauche on d’autre part exclu le patronat des formation et de l’enseignement ... grave et lourde erreur ... c’est pas la finance là non plus !


                                        • helloangelme 3 avril 2012 18:47

                                          Et vous adhérez-vous à la stratégie de votre entreprise ?

                                          Vous souhaitez connaître l’ambiance de l’entreprise de votre entreprise ou de celle que vous ciblez ? Consultez les notations avis des salariés de toutes les sociétés sur meilleures-entreprises.com ! http://www.meilleures-entreprises.com

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