Notre ministre de la culture RDDV, qui a l’air gentil (voire charmant) a dû quitter le Festival d’Avignon hier soir, menacé qu’il était par des tomates brandies par quelques centaines d’intermittents du spectacle.
Les manifestants emmenés par la CGT-spectacle indiquaient que le ministre n’a pas tenu ses engagements et que la situation des intermittents, qui aurait dû être réglée au 1er janvier, ne l’était pas : pour une fois, je dois avouer être d’accord avec eux...
Notre charmant ministre n’a rien réglé, n’a rien proposé qui règle le problème et lèguera à son successeur une situation tout aussi désastreuse.
A moi aussi de brandir une tomate, même si la mienne est un peu moins "rouge" que celles de la CGT !
Tout ou presque a été écrit ou dit sur le régime des intermittents, mais il est peut-être utile de rappeler les principaux éléments et faits associés :
Tout ceci me rappelle la blague habituelle faite à Los Angeles à quelqu’un qui déclare : "Je travaille dans le cinéma" et à qui son interlocuteur répond : "Ah oui ! dans quel restaurant ?".
Le grand paradoxe de tout cela réside, en fait, dans la création d’une hyper-flexibilité du travail dans un secteur où les employeurs en ont abusé alors que l’on refuse, par ailleurs, traditionnellement, toute forme de flexibilité (ou de compétivité accrue, cf. précédent "post" Service non compris).
Si le statut d’intermittent du spectacle était tout simplement celui des intérimaires (comme cela a été fait en Belgique où les agences de travail temporaire jouent un rôle d’administrateur/"purificateur" du système), si les électriciens du spectacle en manque d’activité complétaient leur activité "culturelle" par des "interims légaux" au sein des entreprises du bâtiment qui cherchent désespérément de la main-d’oeuvre, si les actrices, chanteuses ou danseuses en herbe faisaient de même dans la restauration, le tourisme ou l’hôtellerie...
Bref, si simplifier, responsabiliser et réformer était le pain quotidien du sieur de Vabres, la fameuse "culture française" n’en souffrirait pas et son "exception" serait bien moins coûteuse... Tout ceci mérite bien quelques tomates !
A propos de tomates, je vais m’en prendre quelques-unes au travers des commentaires des lecteurs de ce billet : c’est vrai que toucher à la sacro-sainte "culture" et vouloir, voire oser, l’assimiler avec le "monde réel" est un vrai tabou...
Je me consolerai avec le philosophe chinois Lao-tseu qui écrivait :
Plus règnent tabous et défenses, et plus le peuple s’appauvrit.
Plus abonde l’intelligence, et plus elle produit d’étranges fruits.

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Je suis choqué par les propos haineux de certains. J’ai bossé 5 ans comme ingénieur dans (...)
14/11 16:29 - daminoPermanence du déficit (comptable et intellectuel) de l’intermittence...
01/08 08:06 - VincentLe spectacle est de en + triste... Pour ma part, je ne m’y déplace plus... Lassé que je (...)
01/08 07:30 - Jean de...bravo pour les tomates cependant, vous m’avez deçu. vous etes en plein dans le panneau (...)
31/07 08:46 -Comment voulez vous supprimé ce regime... Avec un cgt spectacle qui n’a pas signé un (...)
24/07 09:51 - nonoQu’est-ce qu’on attend pour suprimer totalement ce régime des intermitants (...)
24/07 06:47 - Adolphos
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