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Le mythe de la croissance

En ces temps de débats politiques sur les remèdes à la crise de la dette, tous les leaders politiques n'ont qu'un mot à la bouche : il faut retrouver la croissance.

Je considère pour ma part le dogme de la croissance comme faisant partie du problème, et en sortir me parait urgent.

Pourquoi donc sortir du dogme de la croissance de l’indicateur PIB ?

Tout d’abord, le bien fondé social de la recherche éternelle de la croissance du PIB se discute : Produire plus, pour gagner plus, pour consommer plus, (en travaillant plus ?), tout ça pour que le ratio Dette/PIB ne s’envole pas et pour pouvoir payer les intérêts de la dette ? Est-ce là l’objectif d’une société agréable à vivre que nous voudrions construire ?

Deuxièmement, la poursuite de la croissance du PIB n’est éminemment pas souhaitable d’un point de vue environnemental, notamment en ce qui concerne le réchauffement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre (le PIB ne prend pas en compte les dégâts causés à l’environnement, comme les émissions de gaz à effet de serre, qui auront "un jour" une contre-réaction extrêmement négative sur ce même PIB).

Troisièmement, la croissance éternelle du PIB n’est tout simplement pas possible, et ce pour une question de ressources ! 
L’indicateur qu’est le PIB ne prend pas en compte la destruction de ressources, qu’elles soient renouvelables ou non renouvelables, et sa croissance ne permet pas du tout d’anticiper les problèmes dans le futur, par exemple la pénurie de pétrole.

Un élément central de la grande majorité des théories économiques est tout simplement faux : ces théories considèrent que la production est une fonction de 2 variables, le capital et le travail, et ne considèrent pas un élément pourtant indispensable : les ressources naturelles (ressources énergétiques, minerais, et on peut y inclure un climat stable, une biodiversité pas trop dégradée, des sols pas trop détruits…).

En se basant sur une théorie fausse, on est conduit à penser que le PIB pourra continuer à augmenter, ce qui n’est pas le cas dès lors que l’on se rappelle que la production ne peut avoir lieu et encore moins augmenter quand les ressources indispensables à cette même production viennent à manquer.

Si, comme je le pense, nous nous apprêtons à vivre une succession de récessions, entrecoupées de périodes de faible hausse du PIB, le tout causé en grande partie par l'atteinte du maximum historique de possibilité d'extraction de pétrole sur le globe, la centralité de la croissance mériterait grandement d’être remise en cause dans l’imagination d’un nouveau système économique...


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14 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 9 novembre 2011 09:50

    Une société qui consomme toujours plus ne peut respecter
    l’environnement et épuise tôt ou tard les ressources essentielles à la vie. Il ne peut
    y avoir de croissance infinie sur une planète finie. Il ne s’agit pas de se priver ou
    de vivre dans la frustration. Vivre simplement, c’est de ne pas succomber aux
    tentations inutiles et de résister au dictat des marques. C’est vivre mieux avec
    moins, c’est être responsable. Mais c’est aussi comprendre que notre boulimie
    d’achat est le reflet d’un mal-être, d’une insatisfaction, engendrés précisément par
    cette société dite d’abondance ? Nous possédons de plus en plus de biens
    matériels, sommes-nous de plus en plus heureux ? Au seuil de la vie, la véritable
    richesse est le vide que l’on laisse et pas les biens que l’on lègue ....
    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/03/de-quoi-avons-nous-besoin/


    • kev46 kev46 9 novembre 2011 10:03

      Non une partie de la croissance est réalisé grâce à la consommation de services. Les ressources se faisant de plus en plus rare, est-il étonnant de voir le secteur des services atteindre 70% du PIB ?

      Grâce au service, la croissance peut être infinie. Mais pas forcement rapide, c’est le cas de nos pays occidentaux.


    • kev46 kev46 9 novembre 2011 12:37

      Oui les services sont du vents. C’est bien pour cela que l’on peut en créer à l’infini.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 9 novembre 2011 12:58

      @ l’auteur, la croissance est bien une absurdité absolue entièrement basée sur les inégalités. le 1 % qui s’enrichit et n’a que ce mot à la bouche du matin jusqu’au soir ne peut le faire qu’en pressurisant et en essorant les 99 % qui restent.

      @kev, emplois de service= serf = servage < Seigneur. Personnellement, je suis pour la croissance et ai inventé un mode de société bonne pour l’emploi, il suffit que les autres s’y mettent, bon sang de bonsoir. La croissance est le plein emploi au bout de mon bâton ! slasch !!!


    • Verdi Verdi 9 novembre 2011 10:14

      Bonne démonstration PM 1/2  

      La notion même de« croissance » est une absurdité.

      Pour ne prendre que le parallèle avec la vie humaine, sa croissance est naturellement et génétiquement limitée. 

      La notion de subsistance devrait être la référence en matière d’économie.


      • Verdi Verdi 9 novembre 2011 13:10

        @ Cogno 3

        Absolument, la croissance illimitée est une absurdité, c’est ce que je voulais dire !

        Merci d’avoir précisé !


      • easy easy 9 novembre 2011 13:58

        Certes

        Mais en amont de ce mythe, il y en a un autre : celui du progrès

        De même qu’en France il ne vient à l’esprit de personne de ne pas dire COMME 
         « Il est rond comme une queue de pelle » « Il est laid comme un crapaud » « Il est radin comme Arpagon » « Il est rusé comme un renard » « Elle a une langue de vipère » « Il ment comme un arracheur de dents », « Il est fort comme un Turc », « Il est con comme un balai », il ne vient à l’esprit de personne de concevoir qu’on puisse vivre sans progrès.

        Or bien des peuples savent vivre sans ces deux manies surgies de je ne sais où.


        • El Nasl El Nasl 9 novembre 2011 16:12

           « il ne vient à l’esprit de personne de concevoir qu’on puisse vivre sans progrès.  »

           Pour démystifier le progrès , il faut le décortiquer , le qualifier , le quantifier

           c’est une exercice auquel s’est livré Jean Marc Jancovici à travers la notion d’esclaves énergétiques  ( Une préface pour des esclaves energétiques )  

           Une fois assimilé ces notions , et l’importance qu’elles ont dans notre quotidien , on comprend tout de suite , qu’avec le pic de pétrole actuel , tout homme politique qui expliquerait, pendant cette campagne présidentielle , qu’il existe une solution pour retrouver la croissance ment . Nous avons plus qu’un seul horizon pendant au moins 2 à 3 générations : Gérer équitablement la décroissance , la récession (ie produire et consommer utile ) . 


        • easy easy 9 novembre 2011 17:04

          Attention El Nasl

          Autant depuis 10 ans nous devenons majoritaires à questionner le concept de croissance en ce qu’il serait solution, autant, le concept de progrès qui le contient mais qui est bien plus large et finalement peu objectif (sinon en termes d’allongement de la durée de vie) est rarement remis en cause
          Pour bien comprendre la transcendance PROGRES, projetons-nous par exemple sous Henri IV et plaçons-le dans une conversation (il ne sera alors plus possible de le corréler à des résultats mesurables sur la santé) et nous verrons que l’assistance se demandera ce que veut dire ce mot.

          On va chez les Inuits d’il y a 80 ans, on leur explique PROGRES et ils ne pigent pas du tout. Au bout d’un certain temps on parvient sans doute à leur innoculer ce concept mais sur le coup ils n’en voient ni les tenants ni les aboutissants



          Alors que de leur côté, ils avaient peut-être un concept motivant et central en « Continuons ainsi »

          Ici, on peut se réveiller le matin pour fabriquer un progrès (école, diplômes, beau métier....) alors qu’ailleurs on se réveille pour faire « Pareil qu’hier »


        • Abou Antoun Abou Antoun 9 novembre 2011 21:27

          Nous avons plus qu’un seul horizon pendant au moins 2 à 3 générations : Gérer équitablement la décroissance , la récession (ie produire et consommer utile ) .
          Et gérer parallèlement la décroissance démographique pour arriver à un effectif soutenable sur la durée. Décroissance production industrielle + croissance démographique = catastrophe assurée à court terme. Il existe des niveaux de consommation en dessous desquels nous ne pouvons (ni voulons) descendre.


        • Frabri 9 novembre 2011 17:04

          L’alternative au mythe de la croissance et au capitalisme qui est a l’origine de ce mythe, c’est la décroissance

          http://www.decroissance.org/

          http://www.entropia-la-revue.org/

          La simplicité volontaire

          http://fr.ekopedia.org/Simplicit%C3%A9_volontaire


          • Abou Antoun Abou Antoun 9 novembre 2011 20:02

            Bonne démonstration !
            La croissance mesure la vitesse à laquelle on va dans le mur.
            Les politiciens, qui ne comprennent jamais rien à rien, suggèrent tous d’accélérer.


            • Iren-Nao 10 novembre 2011 05:46

              Tout politicien qui propose de la Croissance est une crapule.

              Sa seule excuse serait d’etre un parfait con.

              Iren-Nao


              • Christian Laurut Christian Laurut 16 février 2012 14:48

                Bonjour,

                Vous semblez partager ma pensée sur un certain nombre de points.

                Sur le fond, il s’agit de relier la réalité de la décroissance, qui sera une situation prochaine à subir, au concept d’antiautoritarisme, qui pourrait utilement l’accompagner. Cette idée est effectivement en contradiction avec toutes celles développées par les différents perspectivistes plus ou moins écologistes de la planète, qui ne voient de méthode acceptable que dans une étatisation drastique et renforcée de la société, appuyée par une réglementation et une coercition implacable sur l’individu agissant. Ainsi, je conteste la croyance indéfectible en la vertu d’un Etat Tout Puissant, seul détenteur possible de la voie à suivre vers le Bien Commun. Tout au contraire, je considère que le système étatique en général, et plus récemment le capitalisme étatique en particulier, ont apporté tous deux la preuve de leur faillite historique, tant dans la bonne gestion de la dot terrestre, que dans celle de la liberté humaine.

                Je cherche à réunir un groupe d’individus intéressés pour développer cette pensée et la nourrir au sein d’ un laboratoire idéologique qui pourrait prendre le nom d’ « INTERNATIONALE ANTIAUTORITAIRE » et la forme d’un site internet, d’une revue papier et de sessions régulières. Si vous êtes intéressé par ce projet, vous pouvez me contacter via le site «  Idées Antiautoritaire pour l’Adaptation à la Décroissance » http://www.adaptation-decroissance.com à la rubrique « Contact ».

                Cordialement
                Christian Laurut

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