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Accueil du site > Actualités > Economie > Le New York Times en mode payant hybride

Le New York Times en mode payant hybride

TimesSelectC’est ce lundi, 18 septembre, que le New York Times passera partiellement en mode payant. L’abonnement au service nommé TimesSelect coûtera 50 dollars par année et donnera accès entre autres aux éditoriaux et billets d’opinion, à des présentations multimédia, et aux archives complètes. Le reste du contenu, dit-on, sera accessible sans frais. Staci Kramer du site PaidContent (spécialisé dans les contenus payants) s’est entretenu avec des membres de la direction du Times qui lui ont confié que le contenu réservé aux abonnés de TimesSelect ne représentera que 3 % de l’ensemble des consultations du site. Pour ce qui est des flux RSS, ils seront maintenus et un logo signalera les contenus payants.

Annoncée depuis un certain temps, la mise en service de TimesSelect a fait l’objet de nombreuses critiques dans la blogosphère, où on estime qu’à une époque d’ouverture des contenus, la démarche du Times va à contre-courant. On sait que les éditoriaux du Times et les textes des 22 columnists attitrés, sans compter ceux des personnalités influentes de tous les milieux qui écrivent dans la section opinions, sont très souvent cités sur les blogues et font partie de la « conversation ». (Voir à cet égard l’indice de popularité des médias cités par les blogueurs établi par David Sifry).

Certains voient dans cette réaction négative des blogueurs l’affirmation de la notion que certains véhiculaient au début de la mouvance blogue, soit que les blogues ne sauraient exister sans les médias traditionnels faute de pouvoir produire du contenu original. Martin Nisenholtz, vice-président principal aux opérations en ligne de la New York Times Company, n’est pas étonné de la réaction des blogueurs, et dit que personne n’affirme qu’ils ont tort, et qu’au contraire ils avancent des arguments valables. Le Times proposera aux blogueurs de vendre des abonnements moyennant commission (Voir Times to Charge for Access to Columnists, AP.)

La décision d’opter pour le mode payant est d’ordre financier ; malgré des revenus publicitaires en hausse, le site a peine à rentrer dans ses frais. Le pari que fait le Times est que les lecteurs en ligne paieront pour un abonnement, ce qui est loin d’être évident. Selon le cabinet de recherche Jupiter, 31 % des utilisateurs d’Internet adultes aux Etats-Unis ont payé pour des contenus, une hausse de 5 % comparativement à l’an dernier. Le contenu en ligne représente cette année des revenus de 3,8 milliards de dollars, et atteindra 8,9 milliards en 2010, soit une augmentation de plus de 100 %. Par contre, pour le contenu général (excluant les jeux et la musique), le chiffre atteint cette année 2,1 milliards de dollars et n’atteindra que 3 milliards en 2010, une hausse d’environ 50 %. (Voir JupiterResearch : Consumer Resistance to Paid Content Stays High dans DMNews.)

On prévoit donc une hausse plus lente des revenus des contenus généraux comme les sites d’actualité, ce qui pourrait fausser les calculs du Times. Mais il y a un autre risque, comme le souligne Steve Outing dans Editor & Publisher. Les columnists du Times (qu’il appelle les joyaux de l’entreprise) feront partie du contenu payant, et seront donc cités moins souvent dans les blogues avec un lien pointant vers le site, ce qui diminuera l’achalandage de ce dernier.

Même son de cloche de Danielle Attias, « On peut comprendre la démarche du NYT qui cherche à rendre payante une des rubriques qui génère le plus de valeur dans le titre : les éditos et analyses. Dans un monde de l’information en ligne, où les faits sont désormais accessibles sur un maximum de supports gratuitement, l’avantage comparatif des grands titres de presse est de donner leur éclairage propre, étayé et professionnel. Si on lit le NYT, c’est aussi beaucoup pour savoir ce que pense sa rédaction sur tel ou tel sujet. La question reste alors de savoir s’il est plus profitable au titre de rendre ces contenus payants, ou de les financer par le trafic et la publicité, en faisant naître les conversations autour d’eux. »

Le blogueur d’Ottawa VW trace un parallèle intéressant sur la formule hybride gratuit/payant qu’adopte le Times. Il écrit : « Le Globe and Mail fonctionne de manière semblable avec ses columnists comme Jeffrey Simpson (score Technorati 167) et Margaret Wente (415). Je me demande s’ils se rendent compte que c’est une des raisons pour lesquelles on parle aussi peu d’eux dans la blogosphère que de Mark Steyn (columnist au Times, score Technorati 11 032). » On pourrait d’ailleurs appliquer cette réflexion aux éditorialistes de La Presse qui sont absents du site Web, ou à ceux du Devoir plus souvent qu’à leur tour cadenassés.


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