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Accueil du site > Actualités > Economie > Le nucléaire, les probabilités, et la transition de phase

Le nucléaire, les probabilités, et la transition de phase

C’est reparti pour la filière nucléaire française. Un accord a été récemment présenté à Londres pour la construction de deux EPR en Grande-Bretagne, un type de réacteur jamais entré en service dans le monde, ce qui indépendamment de toute position idéologique sur le sujet, représente un nouveau défi industriel.

La Grande-Bretagne n'a pas construit de centrales nucléaires depuis vingt ans et les compétences dans ce domaine se sont perdues avec le temps. La France a donc joué sur des avantages notoires pour afficher sa crédibilité sur un tel marché, ceux de la maîtrise technique, de la connaissance, du savoir-faire, car elle a maintenu ces dernières années suffisamment d’activités dans ce secteur pour conserver et peut-être améliorer ses champs de compétences.

Est-ce le signe que le nucléaire, après la « pause Fukushima », est à nouveau à la mode ? Que penser de cette reprise et de la pertinence de construire des centrales gigantesques pour répondre à des besoins énergétiques toujours grandissants ? C’est l’objet de l’article.

La leçon de Fukushima

Malgré les nouvelles garanties de sécurité et de sureté offertes par cette nouvelle génération de réacteurs (si on en croit les acteurs), il ne me paraît pas raisonnable de reprendre la voie du nucléaire après l’accident de Fukushima. Cet accident majeur faisant suite à celui de Tchernobyl, seulement à 23 années de distance, aurait dû stopper net les ambitions de cette filière aussi bien en France que dans le reste du monde. L’homme doit savoir tirer les leçons de telles catastrophes, aux conséquences irréversibles, qui régulièrement nous rappellent les grands dangers inhérents à cette industrie. L’homme doit revisiter quand nécessaire les notions d’humilité, d’impuissance et de désarroi face à de tels désastres, prétentieusement ignorées tant il croit en la maîtrise et l’appropriation définitive d’une telle technologie.

La transition de phase qui n’a pas eu lieu

On aurait pu penser que de tels accidents provoqueraient l’équivalent de ce qu’on appelle en physique la « transition de phase ». Il s’agit d’une transformation d’un système provoquée par le changement d’un paramètre extérieur (ou plusieurs). A partir d’un certain seuil atteint par ce(s) paramètre(s) le système change de phase ou change d’état, et doit alors évoluer en se conformant à de nouvelles règles ou nouvelles lois, souvent très différentes de celles qui opéraient avant le changement. Le « système nucléaire » habitué à un environnement quasi invariant où Tchernobyl n’était plus qu’un mauvais souvenir (pas pour tous), pouvait tout comme l’eau qui passe de l’état liquide à l’état solide, changer tout simplement de phase en passant de la phase de progression à la phase de régression.

Deux accidents de niveau 7 à 23 ans d’intervalle pouvaient donc modifier complètement les règles qui régissent son développement et son maintien en exploitation. Les paramètres externes du « système nucléaire » étaient suffisamment modifiés pour qu’il opère un changement de phase définitif, avec une prise de conscience mondiale faisant « plier » tous les aventuriers du monde atomique et programmer l’arrêt progressif de cette industrie de l’inconnu (inconnu au sens de l’arrivée d’un évènement improbable ; ses dégâts sont eux malheureusement bien connus). En fait, on a failli croire à cette transition de phase, mais cela n’aura duré que 2 ou 3 années, le système revenant tout doucement à son état antérieur, reprenant son élan d’antan. La rupture n’a pas été assez forte pour qu’elle soit définitive ; les « choses » se cicatrisent comme une plaie ; il y aura certes des traces indélébiles, mais qu’importe, la nature humaine est ce qu’elle est ; les leçons sont mal apprises et vite oubliées ; le temps joue son œuvre de l’oubli (mais pas pour les populations locales).

Une petite suggestion touristique

Je recommande aux industriels promoteurs du nucléaire et à tous ceux qui ne cessent d’en vanter les mérites et les vertus, d’organiser une petite promenade champêtre en famille autour de Tchernobyl ou Fukushima, cueillir quelques petits champignons pour l’omelette du soir, prendre en bons touristes quelques photos souvenirs, et les classer dans un album immortalisant cet inoubliable séjour à recommander d’urgence à ses meilleurs amis. « Nous avons passé un agréable séjour à Fukushima, l’air y est pur, une eau transparente à 25°, peuplée de poissons multicolores comme on en voit dans la mer rouge ; les gens sont très accueillants, non stressés, insouciants du lendemain, heureux d’un tourisme prospère ; un petit paradis sur terre je vous dis …) »

Le nucléaire ne sera jamais une industrie comme les autres. Elle convoque régulièrement dans nos esprits les notions de risques, d’insécurité, de gigantisme, de coûts, les problématiques de maintien en condition opérationnelle, de démantèlement, de gestion des déchets long terme, les sentiments les plus sombres, autant de points qui sont absents (ou moins présents) pour d’autres types de production.

Le nucléaire suggère une technologie de l’horreur, de fantasmes, de peurs, de l’apocalypse, de la fin du monde. Les populations de proximité et les liquidateurs qui sacrifient actuellement leur vie attesteront de cette sombre description.

Les accidents font peu ou pas de victimes dans l’instantané, moins que les mines de charbon ou autres accidents industriels, se glorifieront de nombreux défenseurs, mais génèrent des conséquences désastreuses durant des milliers années : pollutions définitives, radioactivité de très long terme, mutations au niveau de la flore et de la faune, développement de cancers, contamination définitive des sols, des nappes phréatiques, de l’eau de mer, de la chaîne alimentaire, élargissement incontrôlable des zones de contamination par effets de dispersion, obligation de surveillance et contrôle perpétuels de ces sites de l’épouvante pendant des milliers d‘années (autant dire mission impossible !), etc…

Le nucléaire et les probabilités

L’énergie électrique produite par la filière nucléaire dans le monde représente moins de 7% du total de la production d’énergie. C’est finalement assez peu, et pourtant, nos politiques la promeuvent au nom des émissions de gaz à effet de serre. Argument ridicule au regard des enjeux mondiaux. C’est l’énergie des pays riches, ceux qui ont la capacité financière à construire ces centrales géantes, ces monstres de la démesure à plusieurs milliards d’euros, à financer les grosses infrastructures périphériques (extraction du minerai, enrichissement de l’uranium, lignes hautes tensions, centres de gestion et de retraitement des déchets, sites d’enfouissement, etc..). Ce n’est pas à la portée de n’importe quel pays et surtout pas des pays pauvres ou même de certains pays en voie de développement. D’une certaine manière, c’est un peu rassurant, car si le nucléaire était bon marché dans ses phases de déploiement, ce n’est pas 450 réacteurs que nous aurions dans le monde mais peut-être des milliers. Nous aurions alors une catastrophe de niveau 5,6 ou 7 (niveau maximum) tous les cinq ans ou presque. Pour être un peu cynique, on pourrait raisonner à l’envers, en disant qu’il n’y a pas eu suffisamment d’accidents pour une prise de conscience universelle et définitive. Ne faut-il pas quelques morts à un croisement dangereux pour installer un « STOP » ou un feu tricolore ?

Avec le parc actuel, une catastrophe majeure intervient tous les 10 ou 20 ans (Three Miles Island en 1979 niveau 5, Tchernobyl en 1989 niveau 7, Fukushima 2011 niveau 7). L’histoire du nucléaire est courte et il est très difficile d’établir des statistiques fiables ; cependant elle nous livre déjà une donnée essentielle : jamais nous n’avons dépassé 10000 années-réacteurs de fonctionnement en cumulé sans que ne survienne un accident grave. Les statistiques et les probabilités sont implacables. On peut de cette séquence d’accidents, sans trop de risque d’erreur, déduire qu’un réacteur hypothétique représentatif de l’ensemble du parc mondial, peut en théorie et au mieux, fonctionner en moyenne 10000 ans sans subir un accident grave (mais vous ne verrez jamais une telle donnée technique dans une fiche descriptive). Avec près de 500 réacteurs en service dans le monde, nous avons donc statistiquement une probabilité de voir apparaître en moyenne un accident grave tous les 20 ans. L’accident majeur en France, quand bien même nous serions les meilleurs au monde, est presque certain ; c’est juste une question de temps, le temps que les probabilités fassent leur œuvre.

Avec 58 réacteurs et sur la base statistique que je viens d’évoquer, la probabilité de connaître un accident grave en France, toutes choses égales par ailleurs, serait de l’ordre d’un tous les 170 ans. On n’y est pas me direz vous ; mais l’accident peut tout aussi bien se produire demain matin que dans 100 ans. Bien entendu, il faut prendre tous ces chiffres comme des ordres de grandeur, vu que le recul est insuffisant pour apporter davantage de précision. Mais que ce soit 150, 200 ans ou plus, quelle importance, nous restons sur des durées très courtes à l’échelle humaine, et c’est bien cela le problème. Quand bien même la sécurité et la sureté de nos centrales puisse encore progresser grâce aux leçons tirées, à l’apprentissage, comme a progressé la sécurité aérienne, en quoi cela changerait tangiblement les problématiques déjà évoquées ? Je me répète, aucune industrie ne peut détruire pour plusieurs millénaires une vaste région, occasionner des dégâts majeurs irréversibles pour l’homme et la nature, compromettre tout simplement la vie.

Le problème français …

Le problème français est le mix énergétique. Le nucléaire représente entre 75 et 80% de notre production d’électricité et nous sommes les seuls dans le monde à se situer à un tel niveau ; encore une spécificité bien française. Cette proportion est contraire aux équilibres qu’il est nécessaire d’observer lorsqu’il s’agit de piloter un domaine aussi stratégique que l’énergie. Le nucléaire a été développé au nom de l’indépendance énergétique (entre autres), mais rien ne garantit aujourd’hui un approvisionnement durable en uranium et à des prix compétitifs.

La filière du nucléaire a l’inconvénient de la lourdeur et de l’inertie. Il faut des dizaines d’années pour construire un programme énergétique basé sur cette technologie, et une durée équivalente pour se désengager. Combien de temps faudra-t-il pour arriver à un niveau de 50% de production d’électricité d’origine nucléaire, tel qu’annoncé par le Président de la République ? Le temps est long, trop long, ce qui ne contribue en rien à rassurer les citoyens. On est rassuré quand il y a de la souplesse, lorsqu’on maîtrise le temps, les délais, les coûts, la technologie, l’après (démantèlement, gestion des déchets long terme). Au contraire, l’angoisse nous opprime lorsque les lourdeurs sont apparentes, lorsque le politique se doit de devenir stratège, quand les décisions deviennent impossibles soit parce que les lobbies opèrent, soit parce que le politique est faible, ou soit parce que l’entente et le consensus entre partis sur des stratégies long terme n’est qu’utopie.

Les adaptations à de nouveaux besoins se font donc avec un décalage dans le temps, car de nombreuses années sont nécessaires pour faire aboutir un projet de construction de centrale (études préalables, enquêtes, réquisition des terrains, constructions, mise en opérationnel, etc…). Le cycle est raccourci pour les autres technologies. Les caractéristiques que je viens de citer peuvent à elles seules faire douter de l’opportunité de poursuivre le chemin tracé. Il est donc temps de passer à un autre modèle énergétique, complètement innovant, adaptatif, et offrant davantage de souplesse dans la gestion des cycles de vie.

Conclusion

Le programme EPR en Grande-Bretagne est une mauvaise nouvelle pour celles et ceux qui voyaient désormais le nucléaire comme l’énergie du passé, un épiphénomène dans l’histoire humaine. Apparemment, on en prend pour quelques décennies supplémentaires. Cela restera très certainement une séquence courte à l’échelle de l’humanité mais pas à notre propre échelle, car peu de gens sur cette terre trinqueront à la mort de cette industrie, au dernier ronflement du dernier réacteur. La Chine construit elle aussi des centrales et deviendra certainement une des nations les plus nucléarisées dans le futur, car à l’évidence, elle devra répondre aux besoins croissants de ses 1,4 milliard d’habitants. Ne rêvez plus d’un monde affranchi de ces monstruosités, débarrassé de son uranium enrichi, de son plutonium mortel, de son césium 137 ; les hommes en ont décidé autrement et les scénarios les plus sombres sont toujours à redouter.

Alain Desert


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77 réactions à cet article    


  • Bulgroz 4 novembre 2013 14:04

    "Je recommande aux industriels promoteurs du nucléaire et à tous ceux qui ne cessent d’en vanter les mérites et les vertus, d’organiser une petite promenade champêtre en famille autour de Tchernobyl"

    Justement, je propose une telle ballade.

    Avril 2011:Ballade dans la zone d’exclusion à Tchernobyl( Le figaro du 15 Avril 2011).

    La nature a horreur du vide !

    A peine 200 mètres après le premier check-point de la zone d’exclusion..Autour, les herbes hautes de la prairie ondulent sous une brise vagabonde. Soleil fringant mais froid d’acier. Une harde d’équidés sauvages broutent paisiblement ; mythiques chevaux de Prjevalski. Le troupeau compte une dizaine d’animaux, juments et poulains légèrement en retrait de l’étalon dominant, qui, tête haute et naseaux ouverts à l’effluve étrangère, défie quiconque de s’approcher. Malgré la mue de printemps qui tigre la robe isabelle, force est de constater l’insolente santé des bêtes, une population d’autant plus fragilisée que l’espèce est classée en voie d’extinction. Aujourd’hui, une cinquantaine de spécimens profite de ce havre de paix.

    Bienvenue dans le laboratoire le plus étonnant de la planète où énigmes et paradoxes se succèdent, où enjeux politiques et querelles scientifiques nourrissent un débat cacophonique. Chiffres, études et publications s’enchaînent, les uns invalidant souvent les autres au gré de l’opinion des protagonistes pro ou antinucléaires.

    Autour, la nature a repris ses droits. Partout, une faune et une flore aussi inattendues qu’insolentes de prospérité. Elans, lynx, ours, chevreuils, cerfs, loups se sont réapproprié l’espace. Ambiance... Un couple de rouges-queues noirs trille à la cime d’un arbre alors qu’une pie jacasse sur les basses charpentes. Une martre poursuit un rongeur dans les ramures d’un bouleau. Décelant la présence du prédateur, une portée de mulots disparaît dans un trou. Un tronc balafré de frayures témoigne de la présence de grands cervidés. Les lapins bondissent comme des jouets mécaniques dès qu’un intrus les surprend au gîte. Même si le désastre a métamorphosé son milieu naturel, le monde sauvage semble se moquer de l’impact des rayonnements ionisants, grignotant à toute allure le moindre espace laissé par l’homme, sans qu’aucune menace ni altération visible semble le freiner dans sa progression.

    Pourtant, de profondes modifications sont survenues dans leur habitat. Les forêts sont devenues des réservoirs de radioactivité dont 90 % se trouve dans la litière. Mousses, champignons et lichens, vivant dans les couches superficielles du sol où ils puisent leurs nutriments, présentent de fortes concentrations de radionucléides. Certains champignons peuvent atteindre le million de becquerels (100.000 Bq par kilo = 1000 fois la limite autorisée). Les arbres, quant à eux, se sont mal adaptés aux radiations. Les conifères, beaucoup plus sensibles que les feuillus, sont morts ou ont muté, remplacés par les bouleaux. L’espèce pionnière, résistante à tout, a supplanté pins, vergers, hêtraies. Cela pourrait s’expliquer par les différences de taille des génomes : plus petits chez les bouleaux, ils sont moins vulnérables aux rayonnements.

    Les espèces végétales les plus résistantes ont recolonisé les espaces appauvris et stériles, redessinant la forêt originelle et usurpant l’identité de ses occupants.

    A la caserne des pompiers de Tchernobyl, quelques animaux sauvages sont exhibés dans des cages comme dans un zoo miniature. Apeuré, un goupil brun-roux à la queue en panache creuse son fossé le long du grillage. Plus loin, un énorme sanglier, les jarres roides de boue, glisse son imposant groin dans un orifice de l’enclos, histoire d’apprécier la valeur de ses hôtes. Sacha, un géant de 2 mètres au crâne rasé raconte sa plus belle capture. Il y a un an, il a ramené un louveteau que ses chiens avaient acculé au fond de la lovière. A peine sevré, l’animal s’en est retourné à la vie sauvage. Depuis, Viy (son surnom) vient fréquemment rôder autour des baraquements, alléché par l’odeur des poubelles et de la volaille.

    Les meutes de loups prospèrent dans la zone interdite. De plus en plus d’attaques de personnes leur sont attribuées. Pour juguler les populations, une soixantaine de chasses sont organisées chaque année. Un « sport » réservé aux chasseurs fortunés amateurs de sensations fortes. (Cédric Faimali)

    Le loup : un beau spécimen à la toison d’or regarde fixement de ses yeux fendus, truffe à l’évent, oreilles aux écoutes. Tenter une approche, et la bête se pétrifie. Le jeune mâle hume l’air avec le sérieux de ceux qui savent ce qu’il en coûte d’être imprudent en terrain découvert. Plus tard, on l’entend japper sur un ton excité avant de disparaître à la vitesse de la lumière. Les vieux revenus vivre dans les villages désaffectés racontent que, la nuit, les meutes unissent leurs hurlements, poussant graduellement leur cri jusqu’à l’aigu.

    http://www.lefigaro.fr/international/2011/04/16/01003-20110416ARTFIG00004-bienvenue-a-tchernobyl.php


    • tinga 4 novembre 2013 14:14

      Merci pour cette vision bucolique rafraîchissante, et surtout merci aux milliers de « liquidateurs » défunts ou malades qui ont permis de (momentanément) limiter grandement le désastre.



    • almodis 4 novembre 2013 17:51

      @ Bulgroz , vous êtes naïf à ce point ?

       

      c’est déjà une vieille lune que ce prospectus pour bisounours ... et je pensais la supercherie enterrée !

      Voyons un peu :

      la faune sauvage , s’il s’agit de grosses bêbêtes , sangliers cerfs etc .. , il a été prouvé par des naturalistes locaux- et autres- qu’ils venaient d’ailleurs , de zones non contaminées mais .. peuplées d’êtres à deux pattes ;

       s’il s’agit de petites espèces , oiseaux , rongeurs et insectes , leur espérance de vie est si courte qu’ils n’ont pas la chance de développer un joli petit cancer...

      c’est ça la « prospérité » ?


    • lionel 5 novembre 2013 08:20

      Bulgroz n’est pas naïf, il vend sa capacité à savoir écrire... 


    • tinga 4 novembre 2013 14:31

      Si on ne peut prévoir les accidents, on peut néanmoins prévoir que le vieillissement des centrales augmentera leur fréquence, ainsi que la faillite des états à la botte de l’industrie et de la finance.

      Il faut se prépare au monde post atomique, les centrales, les bombes, les déchets, l’uranium appauvri, les tonnes de déchets larguées on ne sait plus où au fond des océans, les innombrables explosions (essais nucléaires) qui ont fait exploser les cancers, ça fait beaucoup, enfin on sait maintenant qu’il y a d’innombrables planètes, et si la nature a horreur du vide, elle n’a que faire de la disparition d’un de ses grains de poussières, nous si.

      • s4m0 4 novembre 2013 15:00

        « on peut néanmoins prévoir que le vieillissement des centrales augmentera leur fréquence »
        non.

        Au cours de sa vie, une centrale nucléaire subit plusieurs phénomènes :
        - le vieillissement des matériaux, qui entraine effectivement une augmentation des probabilités d’accidents,
        - des remplacements de matériels (généralement au cours des VD) qui font suite à des réévaluations de sûreté (ex : modification sur les générateurs électriques) ou à des programmes de remplacement (ex : les GV), qui pallient au premier phénomène et entraine une diminution du risque.
        - des optimisations de procédures ou des études suite à du retour d’expérience ou des améliorations des moyens informatiques (ex : introduction de l’approche par état pour la conduite post accidentelle), qui entraine également une diminution du risque.

        Les deuxième et troisième phénomènes prennes le dessus ce qui entraine une diminution globale du risque au cours du temps.

        Pour info, TMI était en service depuis quelques mois seulement lorsque l’accident est survenu.


      • tinga 5 novembre 2013 15:40

        J’aimerais partager votre optimisme, mais votre vision ne correspond pas à la réalité, même si il est évident que la sécurité est constamment améliorée, cette industrie est dangereuse au delà de ce qui est raisonnablement acceptable, ce type d’installation n’est pas viable dans des sociétés en pleine décadence minées par la corruption et la recherche sans limites du profit, et la gestion des déchets un paris insensé sur l’avenir, il serait plus juste d’écrire un mépris total des générations futures, mais dans ce monde de technocrates incultes et vénaux, à la place d’une véritable réflexion, nous n’avons qu’arrogance et désinformation. Je ne fais aucune confiance à une industrie qui est capable de filer ses déchets hautement toxiques à des mafias qui les coulent sur des vieux rafiots au milieu de la méditerranée.


      • s4m0 6 novembre 2013 12:54

        « mais votre vision ne correspond pas à la réalité »
        cela correspond pourtant à la réalité de beaucoup d’industries. On retrouve cette amélioration dans l’aéronautique et dans l’automobile par exemple.

        Dans ces deux cas, on peut faire le même constat :

        • Sur 2 modèles tout juste sortis d’usine, celui qui fera partie de la première série sera moins fiable que celui de la dernière car des modifications y auront été apportées suite à du retour d’expérience,
        • Un appareil/véhicule, sera plus fiable au fur et à mesure des kilomètres (si l’entretien est bien fait !), car les autres modèles en circulation auront permis d’identifier des points faibles et d’y remédier en prévention. C’est notamment ce qui se traduit par les rappels des constructeurs (automobiles ou aéronautiques) à grande échelle.

        C’est pareil pour une centrale, d’autant plus en France, où EDF est l’unique exploitant (électrogène j’entends) et qu’il dispose d’un parc très homogène, ce qui lui permet d’appliquer les modifications préventives à beaucoup de sites.


      • Bulgroz 4 novembre 2013 14:39

        Donc, l’auteur considère que la Grande Bretagne a commis une énorme erreur en se lançant dans la construction de ces 2 EPR.

        Je suppose que la Finlande fait aussi la même énorme erreur en lançant son 6ième réacteur nucléaire ?

        C’est grand dommage que notre auteur ne soit pas conseiller énergie de ces 2 pays qui n’ont pas les compétences nécessaires pour faire les bons choix.

        La prétention des forumeurs (fumisme ?) est sans limite.


        • bourrico6 4 novembre 2013 15:49

          La prétention des forumeurs (fumisme ?) est sans limite.

          L’arrogance de l’Humain aussi, comme tu le rappelles à point nommé.

          En fait, croire au nucléaire, croire que tout se passera bien, c’est comme croire en Dieu, c’est un acte de foi fondé sur absolument rien.

          Et certains, qui ne se prennent pas pour de la merde, genre toi quoi, se permettent de décider et d’imposer leur point de vue aventureux et limité aux autres, avec les conséquences que ça implique.

          Nous n’avons aucune leçon a recevoir d’autiste irresponsables dans ton genre.


        • Croa Croa 4 novembre 2013 19:54

          « En fait, croire au nucléaire, croire que tout se passera bien, c’est comme croire en Dieu, c’est un acte de foi fondé sur absolument rien. »

          J’ai une autre façon de voir :

          On croit en Dieu ou on ne croit pas en Dieu. Là on croit à sa chance, c’est différent ! Je pense que les promoteurs du nucléaires ne sont pas assez cons pour ne pas se rendre compte des risques qu’ils prennent mais ils les prennent, c’est tout ! Pourquoi sont-ils si peu raisonnables alors ? Par appât du gain, l’assurance d’avoir un boulot... Bref, comme d’habitude !

          Ceci dit il ne faut pas s’attendre à ce que quelqu’un qui prend des risques avoue les prendre : Il dira toujours qu’il n’y a pas de dangers même si en son fort intérieur il pense surtout à garder son boulot et espère que tout se passera bien... Espère seulement !


        • s4m0 4 novembre 2013 17:25

          Merci pour ce billet qui apporte un point de vue argumenté (je tiens à le souligner, parce qu’après le vide sidéral du billet de S. Lhomme, ça change !) où est notamment soulevée la question de la perception du risque nucléaire (qui, selon moi, est la clé du débat mais dont vous vous éloignés trop vite).

          Il y a cependant un certain nombre de points que je souhaite commenter :

          - Appliquer des probabilités au présent (ou au futur) sur la base de statistiques passées.
          Vous ne pouvez pas conjecturer des évènements futures uniquement sur la base de la fréquence de ceux du passé, dont les paramètres sont différents ! Chaque évènement que vous citez, s’est non seulement déroulé dans un contexte particulier mais à apporter son lot d’améliorations.

          TMI
          fut très riche d’instructions, surtout organisationnelles (approche par état de la conduite post accidentelle, formation des opérateurs, ergonomie des salles de commandes, ...).
          Tchernobyl nous a finalement très peu appris, car TOUT était défaillant. Pour reproduire les mêmes conditions, il faudra vraiment le vouloir !
          Fukushima est le résultat de petites erreurs de conception (pas de moyens de mitiger le risque hydrogène notamment) et surtout de grosses erreurs d’organisation : une organisation générale défaillante (désormais calquée sur une organisation française : lien) et une gestion de crise lamentable (pas de support technique national. En France, 3 centres se seraient gréés : EDF, IRSN, AREVA).

          Il appartient à l’État de mettre en œuvre les moyens techniques, organisationnels et humains pour responsabiliser l’exploitant, vérifier la bonne mise en œuvre de ses recommandations et disposer d’un support technique. Les autorités japonaises ont clairement failli dans ce rôle !

          Par ailleurs, chaque nation ayant un contexte réglementaire différent et chaque exploitant des pratiques spécifiques, on ne peut pas extrapoler des données mondiales à des données nationales.

          Votre « démonstration » aurait mérité un peu plus de rigueur ! Puis si j’applique votre raisonnement au périmètre français : EDF cumule près de 1500 années réacteurs sans accident majeur ! Si je fais le même calcul que vous, j’en déduis que l’accident ne surviendra jamais ..

          - recommandation touristique un peu ridicule
          Je rappelle que les 3 autres unités de Tchernobyl ont fonctionné jusqu’en 2000 (lien) et des gens y travaillent toujours. A propos des conséquences sur l’environnement, malgré un impact radiologique certain, l’adaptation de la nature et l’absence de l’homme a permis à la faune et la flore de s’y (re)développer largement et rapidement : « As a result, populations of many plants and animals have eventually expanded, and the present environmental conditions have had a positive impact on the biota in the Exclusion Zone. Indeed, the Exclusion Zone has paradoxically become a unique sanctuary for biodiversity. » (AIEA, forum Tchernobyl, 2005 lien).

          Puis, je pourrais simplement vous inviter à visiter ce par quoi l’Allemagne remplace ses centrales nucléaires (lien / lien). Chiche ?!

          - Déduire de la faible représentativité du nucléaire dans l’énergie mondiale (7%, 15% de l’électricité), que cette énergie est « ridicule ».
          A l’heure où les émissions de CO2 et le réchauffement climatique sont bel et bien des enjeux mondiaux à très court terme, qu’une source d’énergie décarbonnée représente 0.7, 7 ou 70%, cela fait toujours cela en moins de CO2 dans l’atmosphère ! Par ailleurs, je rappelle que les principaux pays nucléarisés sont aussi des pays dont les besoins énergétiques sont énormes : USA, Russie, Japon, France, Chine !

          Si le nucléaire y était abandonné, cela sera simplement remplacer par des sources fossiles. C’est ce qu’on voit en Allemagne et c’est aussi la politique américaine (dont le programme nucléaire a été stoppé à cause des énergies fossiles non conventionnelles).
          Puis si je prends cet argument, abandonnons l’éolien et le PV qui représentent encore moins ! Bref, je ne comprends vraiment pas le lien de causalité entre la constatation et la conclusion que vous en tirez.

          La GB a fixé un objectif clair : une électricité abondante et décarbonnée. Pour cela le gouvernement va investir dans l’éolien (surtout offshore) et le nucléaire. Cela me semble une politique cohérente.
          C’est le contraire de l’Allemagne qui a priorisé une politique de moyens plutôt que de résultat. Il en résulte une situation aberrante : des milliards engloutis pour des émissions de CO2 en hausse (lien).

          - attribuer au seul nucléaire l’inertie des programmes énergétiques
          Il est certain que le temps du nucléaire (le demi siècle voir davantage), et sans commune mesure avec le temps politique et de l’opinion publique. Cependant, ce décalage existe dans tous les gros projets industriels lourds (ex : l’A380) et il existe aussi pour les grands projets éoliens offshores : en 2012 ont été attribués les marchés éoliens offshores français pour ... 2020 ! (l’un des 5 appels d’offre n’a toujours pas été attribué). Ce sont des investissements très lourds et qui nécessitent donc de très grande sécurité pour les acteurs.
          La raison n’est donc pas du côté du nucléaire mais de la lourdeur des investissement et de la difficulté de construire un parc capable d’approvisionner un pays entier. A cela s’ajoute désormais les problématiques d’interconnexions internationales.

          Je trouve dommage que vous ayez si vite dévié de la problématique de la perception du risque, où le nucléaire trouve une place toute particulière (avec l’aéronautique). On peut en effet faire des constatations assez surprenantes :

          • l’industrie électronucléaire concentre les critiques, alors qu’en France, la majorité des accidents d’irradiations ont lieux dans un domaine autre (lien),
          • les gens ont « peur » du nucléaire et des radiations, mais 80% des français continuent d’acheter des voitures diesels (lien), qui, tue également « à petit feu »,
          • d’autres industries sont statistiquement nettements plus dangeureuses à court termes (comme le nitrate d’amonium lien ) et à long termes (je pense notamment aux industries le long du Rhone, désormais pollué au PCB lien), sans que cela n’inquiète davantage l’opinion publique.
          En bref, on voit bien que la perception des risques liés à l’industrie électronucléaires est vraiment particulière, la question à se poser c’est « pourquoi » ? Est ce rationnel ?

          • almodis 4 novembre 2013 17:58

            WAOUHHHHHHH !!!

            @s4m0 , que voilà une objectivité dont le pauvre Stéphane Lhomme devrait s’ inspirer ! en effet , pour appuyer votre opinion ( que je ne vous dénie absolument pas , même si elle me fait ricaner .. macabrement ) , voici votre travail d’information , d’aucuns diraient joliment de« veille citoyenne » :

            développer largement et rapidement : « As a result, populations of many plants and animals have eventually expanded, and the present environmental conditions have had a positive impact on the biota in the Exclusion Zone. Indeed, the Exclusion Zone has paradoxically become a unique sanctuary for biodiversity. » (AIEA, forum Tchernobyl, 2005 lien).

             

            L’AIEA !!!

             c’est sûr qu’avec de tels spécialistes , on est rassurés !

            allez , bon courage , et que l’atome vous vienne en aide ! 


          • tinga 4 novembre 2013 19:10

            Ce qui est rationnel, c’est de se poser la question si il est raisonnable de laisser la gestion de déchets aux civilisations qui suivront la notre, imaginez que nous ayons à gérer des déchets ultra toxiques remontant à 10 000 ans avant JC, c’est juste ridicule, le nucléaire a été développé pour la bombe, point final, les centrales produisent de l’énergie, certes, mais on ne sait pas vraiment à quel prix.


          • tinga 4 novembre 2013 19:15

            « Il appartient à l’État de mettre en œuvre les moyens techniques, organisationnels et humains pour responsabiliser l’exploitant, vérifier la bonne mise en œuvre de ses recommandations et disposer d’un support technique. Les autorités japonaises ont clairement failli dans ce rôle ! »


            Ben voyons, les états sont affaiblis, la corruption est la règle, et les exploitants sans scrupules, il suffit de voir les populations contaminées au Niger pour comprendre l’humanisme d’ordures comme areva (acauchmarda pour les populations irradiées).

          • Croa Croa 4 novembre 2013 20:04

            « Si le nucléaire y était abandonné, cela sera simplement remplacer par des sources fossiles. »

            Oui, si l’on se place dans la continuité des politiques actuelles de croissance. Or, le problème c’est la croissance, laquelle est donc la première des choses à remettre en cause. De plus en étudiant le problème à fond l’évidence des gaspillages saute aux yeux à tel point qu’il est démontré que nous pourrions très bien vivre en consommant 3 fois moins et à ce niveau le nucléaire n’est plus nécessaire, même en France !


          • alain-desert alain-desert 4 novembre 2013 20:54

            Bonjour, Pour le côté touristique, il faut le prendre comme un trait d’humour dans un article un peu pessimiste ! Je reconnais que le mot « ridicule » n’est pas approprié, car je suis également sensible au problème du réchauffement climatique. Je voulais dire que les 7% représentait bien peu au regard de toutes les énergies fossiles consommées. On peut certes dire que c’est « toujours cela de pris ». En fait le problème est ailleurs : croissance, économie d’énergie, lutte contre les gabegies, efficacité énergétique, etc.. C’est tout le modèle économique planétaire qui est à l’épreuve


          • alain-desert alain-desert 4 novembre 2013 21:11

            A S4m0

            Suite ... Concernant les statistiques j’ai bien pris soin de souligner qu’on était dans des ordres de grandeur. Les progrès en matière de sécurité seront certainement significatifs mais pas au point je pense de remettre en cause ces ordres de grandeur. Si au lieu de 10000 années-réacteurs on passe à 15000, est-ce que cela changerait vraiment les choses ?


          • s4m0 5 novembre 2013 09:33

            @almodis
            l’AIEA ne représente pas l’intérêt des industriels. Il s’agit d’une organisation apparentée à l’ONU, comme l’est l’OMS ou l’OIT. Les salariés sont des fonctionnaires internationaux qui n’ont pas de lien avec les industriels. Pouvez vous donc m’expliquer, quel serait leur intérêt à « arranger » la vérité plus qu’un autre ? Ou en quoi seraient ils plus incompétents que d’autres ?
            D’autant que sur ce sujet, beaucoup rejoignent leur conclusion (lien / lien).
            On peut leur reprocher d’avoir un pouvoir limité (comme toute organisation internationale), mais je ne vois pas sur quelle base vous pouvez leur reprocher leur impartialité (plus qu’à un autre tout du moins).

            @tinga
            Je ne connais pas la situation au Niger et les infos sont rares. Maintenant si défaillance il y a, il faut y remédier et ce n’est pas excusable. Je ne sais pas si l’ASN pourrait intervenir ou s’il appartient uniquement au Niger de prendre ses responsabilités. Maintenant, il ne faut pas imputer la corruption au nucléaire car elle est généralisée (et il faut la lutter).

            Pour les déchets, je suis amplement d’accord ! La question est : est-ce qu’on préfère enterrer des déchets nucléaires ou réchauffer la planète ? Je pencherai personnellement pour la première réponse mais je ne pense vraiment pas qu’il y ait de mauvaise réponse à cette question.

            @l’auteur
            « On peut certes dire que c’est « toujours cela de pris » »
            on est donc d’accord smiley

            « C’est tout le modèle économique planétaire qui est à l’épreuve »
            C’est certain ! Maintenant il y a les bonnes intentions politicienne et les réalités individuelles (qui font les réalités globales). Les politiques des pays européens ont beau afficher des intentions de réduction de consommation mais la réalité montre au mieux une stagnation (la crise a entrainé une petite baisse mais la raison est davantage économique qu’écologique).
            En bref, il faut accepter que l’homme, dans un comportement individualiste (égoïste on peut le dire), privilégiera toujours son confort personnel à l’intérêt commun (exemple : le diesel). Par conséquent, il faut partir du principe qu’un changement de comportement global me semble illusoire et que la consommation d’électricité continuera de croître (surtout avec la croissance démographique).

            Concernant les statistiques, oui cela change ! les études probabilistes de rang 1 (celle menant à une fusion du coeur), ont évolué de plus d’un facteur 10 sur le palier 900 depuis leur mise en service (grâce aux améliorations matérielles et organisationnelles). Et encore, on est là dans un contexte industriel et législatif franco-français : un seul exploitant (=un seul interlocuteur), un parc uniforme (=un REX applicable à l’ensemble des réacteurs), une autorité de sûreté forte et transparente (les arrêts de chantier et les modifs imposés sur l’EPR prouvent que l’ASN n’est pas là pour faire plaisir à EDF), du personnel formé et expérimenté, ... Bref, chaque pays à sa situation propre qui n’est pas celle des autres (et la situation française n’a absolument rien à voir avec la situation américaine ou japonaise).
            C’est un peu comme si vous dites que dans le monde, il y a beaucoup de chance de mourir d’une diarrhée (d’après l’OMS), donc vous avez beaucoup de chance d’en mourir en France.
            La GB est encore dans un autre contexte, avec notamment une autorité de sûreté vraiment exigente et intransigeante (comme l’est son homologue finlandais, le STUK).


          • alain-desert alain-desert 5 novembre 2013 16:05

            Le problème avec les statistiques, c’est qu’on est obligé de raisonner avec les données disponibles (donc celles du passé par définition). Evidemment tout changerait si on avait la possibilité d’intégrer d’un seul coup les statistiques du futur qui intégreraient les nouvelles avancées en matière de sécurité. Par exemple toutes les données statistiques dans l’aérien se basent sur le passé. Si on supposait que d’un coup de baguette magique toutes les flottes aériennes soient renouvelées avec de nouveaux appareils, on verrait alors au bout de quelques années seulement le niveau de risque diminuer. Il faut donc compter avec l’inertie des phénomènes ; l’evolution est très lente dans le domaine nucléaire et la diffusion des nouveaux procédés prendra de nombreuses années. Il faut aussi compter sur les causes exogènes (qu’on ne maîtrise pas vraiment) et pas uniquement sur les causes endogènes. Mes petits calculs n’offrent pas la rigueur que vous souhaiteriez, mais comme je l’ai dit : ordres de grandeur, toutes choses égales par ailleurs. On peut dire aussi que si le risque était bien plus infime que ce que j’énonce (par exemple un accident grave tous les 100 ans) il aurait été très peu probable d’avoir 2 acccidents de niveaux 7 à 20 d’intervalle. C’est en cela que l’ordre de grandeur doit l’emporter sur l’exactitude.


          • almodis 5 novembre 2013 23:40

            S4M0 ! vous écrivez :

            @almodis
            l’AIEA ne représente pas l’intérêt des industriels. Il s’agit d’une organisation apparentée à l’ONU, comme l’est l’OMS ou l’OIT. Les salariés sont des fonctionnaires internationaux qui n’ont pas de lien avec les industriels. Pouvez vous donc m’expliquer, quel serait leur intérêt à « arranger » la vérité

             

            trop drôle !

            quand on écrit sur ce sujet on doit savoir qu’en 1959 , lAIEA et l’OMS - précisément - ont signé un accord stipulant qu’en aucun cas l’une des deux administrations ne devaient divulguer quoi que ce soit pouvant nuire à l’autre !!!

            je laisse aux internautes le soin d’apprécier les deux dernière phrases de votre cru... ;

            y a du boulot d’info , en vue !


          • s4m0 6 novembre 2013 13:30

            @almodis
            Vous semblez être un adepte de la théorie du complot nucléaire ...

            Ils ont passé cet accord, ok. Pourquoi ? Parce qu’ils sont amenés à travailler sur des sujets communs et que cela ne serait pas cohérent d’exprimer deux avis différents au nom d’un même organisme de tutelle à savoir l’ONU, d’autant plus que sa parole fait souvent office de référence. Si les deux avis divergent, c’est comme partout, il y a discussion et le cas échéant c’est le chef qui tranche, avec un support technique si besoin.

            Et cela ne répond toujours pas à ma question : même si l’OMS et l’AIEA s’engagent à ne pas se nuire mutuellement, quel intérêt l’un ou l’autre aurait à vouloir arranger des réalités qui dérangeraient potentiellement l’industrie ?

            Et les journalistes dont je vous cite les articles, eux aussi sont payés par l’industrie du nucléaire ?! Vous pensez donc que tous ceux qui n’émettent pas de critiques vis à vis du nucléaire, s’en abstiennent par obligation ou intérêt ?! Votre sous entendu reflète la condescendance récurrente que les anti-nucléaires affichent face à leur détracteur.


          • s4m0 6 novembre 2013 13:52

            Ce que je voulais dire c’est que oui, les statistiques peuvent être utilisées, mais à bon escient c’est à dire en définissant un périmètre pertinent.

            Vous citez l’aéronautique. Imaginons qu’Air France souhaite établir des probabilités pour son A380. Il ne va pas se baser sur les statistiques des Antonov 24 exploités en Angola ! (je caricature).
            Il va plutôt essayer de se baser sur les gros porteurs Airbus exploités par ses soins en prenant en compte les améliorations apportées (c’est à dire en éliminant les défaillances qui ont été corrigées).

            Pour le parc nucléaire français c’est pareil : tous les accidents graves du passé se sont déroulés dans un contexte extrêmement différent et/ou sur des réacteurs à la conception différente (je pense surtout à Tchernobyl). Les considérer dans les études probabilistes en France n’a donc aucun sens.

            Comme vous le soulignez, la probabilité nulle n’existe pas (elle est de l’ordre de 10E-6 pour le parc, 10E-7 pour l’EPR), mais en tout cas, appliquer les statistiques mondiales au parc français ne me semble vraiment pas pertinent.


          • alain-desert alain-desert 7 novembre 2013 12:49

            Bon, je crois qu’on est à peu près d’accord. L’extrapolation à la France n’était qu’un exercice théorique (j’avais bien précisé toutes choses égales par ailleurs). Il faudra aussi tempérer les progrès technologiques apportés par l’EPR (soumission à l’épreuve du temps et à son régime opérationnel) par le vieillissement des centrales, ce qui ne me paraît pas très rassurant en matière de sécurité. C’est plus pertinent peut-être de raisonner à l’échelle mondiale car la radioactivité connaît peu les frontières, et l’accident des autres devient vite notre problème (les américains disent souvent à propos du dollar : c’est notre monnaie, mais c’est votre problème ! juste pour sourire)


          • Ruut Ruut 4 novembre 2013 17:34

            Le nucléaire c’est de gros bénéfices pendant 30 ans, un dépôt de bilan et un pays qui paye pendant 4 milliards d’années.

            Son seul intérêt c’est de produire des isotopes pour les chimios. ou des armes nucléaires.
            Il devrait être interdit aux entreprises privées.


            • bourrico6 6 novembre 2013 10:55

              et un pays qui paye pendant 4 milliards d’années.

              Au moins, mais avec un peu de chance, d’ici la, l’Humanité aura cessé d’exister.
              Donc en fait, c’est un chèque en bois.

               smiley

              Un peu de sérieux.... 4 milliards d’années....


            • peak.singularity peak.singularity 4 novembre 2013 19:33

              Limitons le réchauffement climatique grâce au nucléaire (ou pas), proposent quatre scientifiques américains :

              http://www.slate.fr/life/79622/quatre-scientifiques-americains-plaident-pour-le-nucleaire

              Ce qui est intéressant, c’est que le réchauffement climatique peut lui aussi « détruire pour plusieurs millénaires une vaste région, occasionner des dégâts majeurs irréversibles pour l’homme et la nature, compromettre tout simplement la vie. »

              Mais bon, c’est plus révélateur de l’angoisse des scientifiques qui se rendent compte que l’on n’arrivera probablement pas à arrêter le réchauffement climatique à temps. Quant au nouveau nucléaire, même s’il pouvait aider à éviter le désastre (ce qui n’est pas sûr), ça ne se féra pas de toute façon, car il est trop cher et long à développer.


              • alain-desert alain-desert 4 novembre 2013 21:02

                Bonjour, Le problème est donc quasiment insoluble. De par ses coûts prohibitifs le nucléaire ne pourra que représenter une faible part de l’énergie mondiale. Alors autant s’en passer. De nombreux pays vivent sans le nucléaire. Certes il faut régler les problèmes d’émissions de CO2, mais ce n’est pas le nucléaire qui nous aidera (ou marginalement). C’est un nouveau modèle de développement qu’il nous faut construire oubliant la fameuse croissance exponentielle qui mène à de nombreuse impasses


              • Efèl 4 novembre 2013 21:06

                Merci pour cette interprétation intéressante du système nucléaire.
                L’accord de principe entre Britanniques et Français est à relativiser. Il y a fort à parier que le client et le contribuable (Britannique et Français) feront partie du financement de ce projet gigantesque (18,9 milliards d’euros à la première estimation), l’accord prévoyant un prix d’électricité garanti.

                La perception du risque est un point important également. Loin d’être perçu à sa juste mesure, le risque nucléaire n’est pas pris en compte. Les assureurs ne veulent pas (ne peuvent pas) assumer un tel risque et les accidents, quand ils surviennent, sont donc pris en charge par les états.
                La nature a effectivement repris ses droits autour de Tchernobyl, mais l’absence d’odeur, de couleur et d’effets directement visibles rend l’accident nucléaire « pas si grave » pour certains.

                L’Allemagne a pris la décision de sortir du nucléaire et d’investir massivement dans le renouvelable. Certes, elle relance des centrales à charbon et construit de nouvelles centrales à gaz, mais seulement pour une phase de transition. Ces centrales seront, elles, facilement démontables ensuite.

                Il est très difficile de décider un tel changement de cap pour l’état Français, car il a déjà investi énormément dans cette filière. Quel gouvernement oserait arrêter les frais en Finlande et à Flamandville après les milliards dépensés... et pourtant, c’est selon beaucoup, le meilleur choix. Le secteur nucléaire (et la France) se comporte exactement comme un joueur compulsif qui ne peut pas s’empêcher de vouloir « se refaire » quand il a déjà misé une grosse somme. Ou un investisseur ne voulant pas vendre ses titres à perte même si tout porte à croire qu’il va perdre encore plus. Les exemples sont nombreux...

                Allez... courage !


                • Croa Croa 5 novembre 2013 08:25

                  « après les milliards dépensés... »

                  C’est pire que ça !  smiley

                  La déconstruction (on ne démolie pas une centrale nucléaire) coûtera bien plus cher que la construction. C’est d’ailleurs une des raisons qui pousse EDF à prolonger la vie des centrales, cette prolongation est certes risquée et chère mais bien moins chère que le serait l’arrêt finalement. A partir du moment où le nucléaire avait été décidé une effrayante fuite en avant était lancée... smiley 


                • alain-desert alain-desert 5 novembre 2013 09:08

                  A Croa

                  Bonjour, Tout à fait d’accord. C’est un peu comme les voitures qui vieillissent ; on les répare et on les mène encore plus loin pour amortir les frais de réparation, et le risque de tomber en panne augmente encore occasionnant d’autres coùts toujours plus importants.


                • Croa Croa 5 novembre 2013 14:40

                  Non, c’est pas ça : La déconstruction d’une centrale, surtout du réacteur, pose des problèmes tout à fait spécifiques à cause de la radioactivité (de sécurité et de traitement des déchets.)


                • Ruut Ruut 5 novembre 2013 15:06
                  Installations totalement démantelées en France Cette section est vide
                  Voila.
                  Personne ne connaît le cout réel d’un démentellement total car cela n’as jamais été fait.
                  Il semblerais qu’en 2009 jusqu’à maintenant 2013, le démantèlement de niveau 3 soit impossible.

                  Sous-marins nucléaires : En 2009, les 6 bâtiments de la série « Le Redoutable » sont retirés du service. « Le Redoutable est devenu un musée après les opérations de dénucléarisation (séparation et stockage de la tranche réacteur et décontamination éventuelle des autres compartiments) et de déclassification (enlèvement ou dénaturation des équipements classifiés)28. Les autres actuellement stockés à Cherbourg, à divers stades de dénucléarisation »28. La « déconstruction des coques de SNLE » concerne environ 36 000 t de métal. Le démantèlement des sous-marins, a été - pour le niveau III - « différé de plusieurs dizaines d’années » 28.


                • bourrico6 6 novembre 2013 10:58

                  Personne ne connaît le cout réel d’un démentellement total car cela n’as jamais été fait.

                  Oui, non seulement on ne sait pas faire, mais on ne sait pas si on saura un jour, et de toute façon y a pas un rond pour le faire.

                  Est-il possible que les centrales soient simplement mises à l’arrêt, vidées de leur combustible, et de fait, jamais démantelées ?


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 5 novembre 2013 06:33

                  Bonjour,

                  Il y a au moins trois sujets qui divisent les Français, l’immigration, la dette et l’énergie, dont la question du nucléaire sur laquelle nous n’avons jamais été consultés.

                  L’heure n’est pas à la division, mais au rassemblement, pour éviter de nous retrouver dans la situation des Grecs, des Espagnols ou des Portugais.

                  Rassemblement indispensable pour sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN par l’article 50 :

                  « Tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’ Union européenne. »

                  C’est la raison pour laquelle l’ UPR de François Asselineau, dans son programme, propose de laisser provisoirement de côté les 3 questions qui divisent, d’organiser après la sortie de l’ UE les débats qui n’a jamais eu lieu sur ces trois questions, suivis de referendum.
                  Le peuple français décidera.

                  Mon avis personnel est que la transition énergétique a forcément un coût, et que l’énergie la moins dangereuse , la moins chère et la moins polluante est celle qu’on n’utilise pas. 


                  • Bulgroz 5 novembre 2013 07:50

                    4 scientifiques connus pour avoir été les premiers à alerter le public sur l’influence des activités humaines sur le changement climatique demandent aux écologistes de ne pas opposer l’énergie nucléaire aux énergies renouvelables.

                    Extrait de la tribune du Washington Post.

                    "Comme le climat et les scientifiques de l’énergie concernées par le changement climatique, nous vous écrivons pour vous exhorter à plaider pour le développement et le déploiement de systèmes plus sûrs de l’énergie nucléaire. Nous apprécions les préoccupations de votre organisation sur le réchauffement climatique, et votre plaidoyer en faveur de l’énergie renouvelable. Mais l’opposition continue à l’énergie nucléaire menace la capacité de l’humanité à éviter un changement climatique dangereux.« 

                     »Les énergies renouvelables comme la biomasse énergie éolienne et solaire et vont certainement jouer un rôle dans une économie énergétique de l’avenir, mais ces sources d’énergie ne peuvent pas évoluer assez rapidement pour fournir une puissance fiable et pas cher à l’échelle de l’économie mondiale exige.« 

                     »Avec le réchauffement de la planète et les émissions de dioxyde de carbone augmentent plus vite que jamais, nous ne pouvons pas tourner le dos à une technologie qui a le potentiel de remplacer une fraction importante de nos émissions de carbone. Beaucoup de choses ont changé depuis les années 1970. Le temps est venu pour une nouvelle approche de l’énergie nucléaire au 21e siècle."

                    Dr. Ken Caldeira, chercheur principal, Département d’écologie globale, Carnegie Institution , Dr Kerry Emanuel, scientifique atmosphérique, Massachusetts Institute of Technology , Dr. James Hansen, climatologue, Columbia Earth Institute de l’Université,
                    Dr. Tom Wigley, spécialiste du climat, de l’Université d’Adélaïde et le National Center for Atmospheric Research

                    http://www.washingtonpost.com/national/energy-environment/top-climate-scientists-ask-environmentalists-to-support-nuclear-power-in-climate-battle/2013/11/03/79a345b0-4473-11e3-95a9-3f15b5618ba8_story.html


                    • Bulgroz 5 novembre 2013 08:11

                      L’Allemagne émet 2 fois plus de CO2 que la France.

                      Par tête de pipe, l’Allemand rejette 63% de plus qu’un Français.

                      Selon le critère de « CO2 emissions kg per 2000 US$ of GDP » donc par rapport à son PIB, l’Allemagne rejette 49% de plus.

                      Mais c’est vrai que pour Monsieur Desert, les rejets de CO2 ne sont plus un sujet majeur.

                      Au, fait, Monsieur Desert, vous qui êtes très en pointe dans l’argumentation anti-nucléaire, vous proposez quoi à la place ? Que proposez vous aux Anglais et Finlandais qui n’ont pas vos compétences et qui selon vous, commettent une terrible erreur ?


                      • alain-desert alain-desert 5 novembre 2013 08:52

                        Je n’ai jamais dit que les rejets de CO2 n’étaient pas préocuppant. Je suis tout aussi préoccupé par les problèmes liés au réchauffement climatique, mais je ne pouvais pas aborder en 3 pages ce sujet en le connectant au nucléaire. J’apporte juste une réflexion sur la problématique du risque à la fois pour l’homme et la nature, ainsi que sur les destructions qui peuvent en découler. Je n’ai aucune prétention comme vous le suggérez, et surtout pas celle de détenir la vérité. L’intérêt d’une réflexion est de susciter une autre réflexion qui bien argumentée peut enrichir le débat.


                      • Ruut Ruut 5 novembre 2013 15:10

                        Des centrales géothermiques et marémotrices sont une excellente alternative.


                      • Bulgroz 5 novembre 2013 08:55

                        « J’apporte juste une réflexion sur la problématique du risque à la fois pour l’homme »

                        L’ENSAD (energy-related severe accident database) est une base de données élaborée au Paul Scherrer Institute, en Suisse, qui répertorie le nombre d’accidents ayant causé plus de 5 morts immédiats, entre 1969 et 2000, lors de l’exploitation d’une source d’énergie.

                        Page 211 table 8 Final Report to the European Commission, DG Research, Technological Development and Demonstration (RTD

                        http://gabe.web.psi.ch/pdfs/newext/...

                        Charbon ;1 221 accidents pour 25 107 morts
                        Pétrole : 397 accidents pour 20 218 morts
                        Gaz naturel : 135 accidents pour 2 043 morts
                        GPL : 105 accidents pour 3 921 morts
                        Hydraulique : 11 accidents pour 29 938 morts
                        Nucléaire : 1 accident pour 31 morts

                        TOTAL : 1870 accidents pour 81 258 morts

                        1 accident et 31 morts pour le nucléaire sur 1870 accidents et 81258 morts. En plus de 30 ans, le nucléaire a été responsable de 04% des morts liés à l’exploitation des énergies.

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