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Le Piège de la dette

 Comment en sortir ?

__Le piège se referme sur les Etats et les citoyens. Pas tous les citoyens.
Le problème de la dette souveraine est plus que jamais au coeur de la crise qui secoue l'Europe
Ne parlons pas des USA, où elle atteint un niveau à peine imaginable.
 
Au coeur de l'Euroland, le débat se poursuit dans des termes souvent mal posés.
Tout le monde sait, sans trop le proclamer, que l'essentiel des dettes de beaucoup de pays ne pourra jamais être honoré, sauf à mettre l'économie à genoux.Trop anciennes, trop immenses.
C'est particulièrement le cas de la Grèce et de l'Espagne. Dans ce dernier cas, on a pu voir la collusion entre les élites politiques et les forces financières à l'oeuvre pour créer les conditions d'un endettement monstrueux notamment dans le domaine du béton à tout va....
 
______La question est lancinante : faut-il annuler les dettes ?
 L'exemple équatorien  (ou argentin) est là pour rappeler que ce n'est pas une opération impossible, si elle est concertée, qui commencerait par un audit sérieux des finances publiques.
Pour sortir de la nasse néolibérale et annuler la dette illégitime...il faut se dégager du  paradigme conservateur en économie, qui nous a amené là où nous en sommes depuis un bonne trentaine d'années.
 
_____________Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire de l’économie, fait remarquer Emmanuel Todd, dans une intervention un peu rapide et abrupte.
"...En 2010 puis en 2011, les Islandais affirmaient leur décision, par référendum, de ne pas payer une partie de leur dette publique accumulée suite à l’aide de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas dans le cadre de l’affaire Icesave.
 
Par le passé, les rois de France annulaient purement et simplement leurs dettes quand ils ne pouvaient plus la rembourser. Au pire ils tuaient ou emprisonnaient leurs créanciers, ou leur déclaraient la guerre. Emmanuel Todd considère qu’annuler la dette peut être la solution arguant que les riches ont intérêt à la dette car cela leur permet de devenir plus riche.
La solution vaut-elle pour les pays européens ? Outre le tsunami que cela engendrerait. Notamment l’impossibilité de recourir à de nouvelles dettes avant un certain délai face à la méfiance des prêteurs, cela ne résoudrait que partiellement le problème. La plupart des pays européens souffrent d’un problème plus grave encore. Ils sont structurellement en déficit..."
 
Les marchés financiers ont poussé les Etats à emprunter.
 
"Ce sont leurs choix fiscaux qui les ont conduits à se mettre dans la main des plus riches. Dans Les dettes illégitimes, François Chesnais montre bien comment, en France, les ultrariches ont bénéficié d'une baisse de leurs impôts qui leur permet de prêter à l'État les ressources dont il s'est lui-même privé. Sans oublier l'auto-interdiction pour l'État de fabriquer de la monnaie, établie par la loi Pompidou dès 1973, mais rendue idéologiquement formidable par le mythe supplémentaire d'une Banque centrale européenne à Francfort, supposée être hors de portée de l'État français...
... La relance n'est pas financée par la création monétaire - la planche à billets -, qui ne coûterait rien à l'État, mais par l'endettement, qui permet de sécuriser l'argent des nantis sans apporter la moindre réponse de fond à l'insuffisance de la demande. Ce pseudo-keynésianisme encourage la croissance chinoise, booste le CAC 40 et accélère les délocalisations en Europe. À l'arrivée, le fameux "retour de l'État" n'est rien d'autre que l'instauration d'un socialisme des riches. L'État doit sauver les riches, nom de code : "les banques", parce que les banques, qui contrôlent aussi les moyens de paiement des citoyens, comme l'a très bien dit Frédéric Lordon, ont pris l'État en otage pour le compte de leurs riches actionnaires. Si on avait opté pour leur nationalisation, on aurait pu garantir les économies des gens ordinaires, indemniser les petits actionnaires et sanctionner les coupables. La vérité de cette période n'est pas que l'État est impuissant, mais qu'il est au service de l'oligarchie..."
 
Comment arrêter les métastases financières ?
Certains disent qu'on n'a pas fini de rire...
Cela permet de conjurer le pire... en espérant qu'il ne soit pas sûr.

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Le Piège de la dette

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9 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 20 août 2012 10:17

    le probleme des dettes souveraines avait deja eté soulevé par Marx qui avait trés bien cerné le probleme, voir :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/07/la-dette-publique-et-la-bancocratie/


    • sylvie 20 août 2012 10:42

      Merci Zen, pour en sortir , une régle d’or à 3% tient quel manque d’ambitions, osons le -5% avec interdicition d’introduire dans le calcul de la LOF une prévision de « croissance ».


      • Alpo47 Alpo47 20 août 2012 11:01

        Effectivement, le principe de l’endettement est une (autre) captation de richesses de la part des « rentiers-actionnaires ». Ceux qui ont des capitaux.
        On constate que l’évasion fiscale est gigantesque, que les plus haut revenus et grosses entreprises payent très peu d’impots, c’est l’essentiel de la cause du recours à l’emprunt.
        Car, pour se financer, les Etats ont deux solutions :
        - les impots, à condition qu’ils soient REELLEMENT proportionnels aux revenus (ce qui n’est plus du tout le cas)
        - l’emprunt. Or,celui ci est souscrit par ceux qui ont des capitaux et REMBOURSE PAR LES DERNIERS A PAYER DES IMPOTS : La classe moyenne et les petits revenus au travers d’une baisse de prestations sociales.

        L’endettement est donc une gigantesque escroquerie.

        Et, comme la souligne justement l’auteur, la vraie question qu’il faut poser, n’est pas « Comment rembourser nos creanciers ? »(car le prix en est la casse de notre société), mais « quelle est la part de dette légitime ? », ou encore : « faut il vraiment rembourser notre dette aux plus riches en paupérisant toutes nos sociétés ? ».


        • jef88 jef88 20 août 2012 11:33

          Je serais assez pour l’effacement pur et simple de la dette !
          A condition que soit prises des mesures de sauvegarde pour les comptes bancaires des citoyens .... Donc nationalisation des banques !


          • Roosevelt_vs_Keynes 20 août 2012 11:39

            Cette procédure porte un nom : Commission Pécora + Glass-Steagall Global.

            Sans ce préalable, nationaliser les banques universelles, en l’état, reviendrait à faire porter aux peuples l’absolue totalité des dettes illégitimes.


          • Louise M 20 août 2012 12:17

            En complément ,

            Il faut que la monnaie redevienne la possession du plus grand nombre.
            Il est mortifère économiquement et intolérable moralement que la monnaie soit la propriété privée des banques qui n’ont comme objectif que de la rentabiliser au maximum plutot que d’en faire ce qu’elle est vraiment à savoir un moyen d’échange.
            Il faut donc que les peuples se réapproprie la création de la monnaie, meilleur moyen de couper définitivement le robinet de la dette et de permettre enfin à l’économie réelle de repartir .

            lire à ce sujet , AJ Holbecq, la dette une affaire rentable

            • ZEN ZEN 20 août 2012 12:45

              Bonjour
              Excellent rappel, Louise


              • alberto alberto 20 août 2012 16:07

                Salut ZEN :

                Oui, la plupart d’entre nous adhèrent à ce constat : le piège !

                Maintenant qu’on en à peu près décortiqué le processus de formation et que nous savons à quoi nous en tenir sur les buts recherchés, la question suivante reste : comment en sortir ?

                Bien à toi.


                • HELIOS HELIOS 20 août 2012 17:41

                  Voyons, Alberto, si on ne sait pas comment s’en sortir, pare contre on sait tres tres bien comment on ne peut pas s’en sortir :

                  — en gardant Sarkozy et l’UMP...
                  — en votant Hollande et le PS...

                  Les autres on ne sait pas trop bien, mais ce qui est sûr, archisûr, c’est qu’aucun des deux ne nous en sortira !

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