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Accueil du site > Actualités > Economie > Le piège de Sarkozy

Le piège de Sarkozy

La DETTE a brutalement surgi dans l’histoire économique récente de notre pays et se présente aujourd’hui comme un obstacle infranchissable. Son montant s’approche de 2000 milliards d’euros et les intérêts que nous versons cette année représentent avec près de 50 milliards, le premier poste budgétaire avant l’éducation nationale et la Défense.

Depuis la mise en place de la monnaie unique, l’Euro, aucun des Présidents, Premier Ministre, Ministre des Finances et même commissions parlementaires, n’a semblé voir que 3% par an pendant 12 ans faisaient… une très grosse somme.

Chaque année, le budget était présenté en déficit et chaque année, il était voté, pratiquement sans retouche, par ce qu’il est convenu d’appeler “ nos représentants ”.

Les élus ont creusé les déficits avec constance, vendant toutes les entreprises nationales rentables, réduisant les impôts des plus riches, sous-taxant les multinationales, distribuant des milliards de subventions sans discernement, diminuant les charges sociales des entreprises, achetant des matériels militaires aussi coûteux qu’inutiles, engageant des guerres ruineuses, etc...

La palme de la gabegie revient à Nicolas Sarkozy, ministre du budget dans le gouvernement Balladur de 1993 à 1995 et maintenant, à la fois Président de la République, Premier Ministre et ministre des Finances.

Sarkozy a tendu un piège au peuple français. Son but est d’obliger la nation à renoncer à l’état “ providence ”, c’est-à-dire à la redistribution des richesses des plus riches vers les plus pauvres. En ruinant l’état, il espère empêcher ses successeurs, quels qu’ils soient, de rétablir la justice sociale.

Le moins que l’on puisse écrire est qu’il a bien réussi son coup. Maintenant que le tapis est soulevé, c’est par tombereaux que de nouvelles dettes apparaissent. A tel point que personne ne semble en mesure de chiffrer le montant des engagements pris par l’état français pour garantir les fonds de secours. Combien de milliards pour les pays de la zone euro, pour les banques et les assurances, pour notre propre dette ? 2000, 3000, plus ?

Ces montants sont impossibles à rembourser dans le contexte actuel de maîtrise de l’inflation.

Imaginons que nous nous décidions d’équilibrer le budget sur plusieurs années. Cela signifierait à la fois des réductions de dépenses et des augmentations de recettes pour un montant global de 100 milliards. Cela ne diminuerait pas d’un centime notre dette actuelle sur laquelle nous payons 50 milliards d’intérêts annuels mais serait le premier pas indispensable à l’assainissement de nos finances.

Si l’effort est équilibré entre les dépenses et les recettes, cela se traduirait par un plan de diminution des dépenses publiques et par une hausse conséquente des impôts. La France rentrerait en récession par le double effet d’une baisse des commandes d’état et d’une baisse de la consommation des ménages, réduisant du même coup les recettes de TVA qu’il faudrait également compenser. Cette voie est particulièrement douloureuse et difficile à faire accepter par ceux qui en seront les principales victimes. Cela pourrait entraîner des émeutes incontrôlables.

La solution est certainement dans une inflation à 2 chiffres. La baisse de valeur de la monnaie rendrait moins douloureux les efforts financiers imposés pour l’équilibrage du budget. La dette perdrait de sa valeur et serait plus facile à rembourser. Les inconvénients de l’inflation concernent les créanciers qui voient leur capital fondre, mais aussi les salariés et les retraités dont le pouvoir d’achat baisserait étant donné le retard entre l’inflation et son rattrapage plus ou moins partiel.

La façon le plus simple pour créer de l’inflation est de faire fonctionner la planche à billets, de fabriquer des euros sans contrepartie de création de richesse, donc sans valeur réelle mais que rien ne distinguerait des euros en circulation. Cette monnaie de singe pourrait avantageusement servir à renflouer les banques, à rembourser les créanciers les plus pressants et à acheter des actifs de valeur.

Ils en faudra beaucoup pour compenser la tendance déflationniste produit par la baisse de la consommation et des investissements induits par les incertitudes économiques actuelles. Les Américains ont fabriqués plus de 1600 milliards de dollars en monnaie de singe sans provoquer d’inflation mais le dollar est une monnaie particulière.

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-hold-up-du-siecle-pour-financer-83574

Le problème est que nous ne maîtrisons pas la création monétaire en euro et que les Allemands sont totalement allergiques à l’inflation depuis la République de Weimar. Ils n’accepteront jamais de prendre seulement le risque de la laisser filer.

Le piège dans lequel Sarkozy, disons plutôt l’oligarchie financière pour être précis, nous a enfermés paraît bien solide.

L’Histoire étant pleine de surprise et d’ironie, il n’est pas impossible que les Allemands nous rendent notre liberté en quittant eux même l’euro et reviennent à leur très regretté mark. Contrairement à la notre, leur économie est adaptée à une monnaie forte, notamment pour l’acquisition des matières premières à bas prix et pour l’exportation de matériels à forte valeur ajoutée dont ils ont su devenir les champions. Leur réunification est achevée, ils ont reconquis leur indépendance et leurs yeux se tournent de plus en plus vers l’Est, là où se trouve l’énergie en abondance. 

Mais cela est une autre histoire.
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/vers-une-autre-europe-75283
 


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108 réactions à cet article    


  • bert bert 22 octobre 2011 06:27

     mr panpan se pose des questions existentiels

     smiley


    • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 09:43

      @ Bert

      Pourquoi vous donnez vous la peine de venir sur ce site citoyen si rien ne vous intéresse ?


    • sisyphe sisyphe 22 octobre 2011 14:34

      C’est quoi, ce troll ? 

      bert ? 
      A replier. 

    • DSKprésident 23 octobre 2011 11:00

      Très bon article.
      Sarközy, d’origine juive-hongroise a été placé à la tête de la France par l’Empire oligarchique international sioniste.
      Son job est de mettre la France sous la dictature de cet « Empire » américano-sionsite.

      Il a fait le job correctement :
      - il a mis la France, de façon anti-démocratique, sous la dictature européenne 
      - il a mis la Défense Nationale sous la direction de l’OTAN (pratique pour aller faire des guerres en Lybie aux frais des français, pour les intérêts d’Israel et de BH Lévy)
      - il a mis la France sous la dictature des marchés financiers comme expliqué dans cet article.

      Il a bien bossé pour l’oligarchie financière sioniste internationale !

      Ces derniers préparent son remplacement : au départ c’était DSK, mais ce sioniste s’est fait bêtement avoir au Sofitel par une goyim, « négresse à plateau » (comme dirait Dieudo), alors désormais, c’est à Hollande que revient la suite...


    • Gérard Luçon Gerard Lucon 23 octobre 2011 16:55

      ne mettez pas la responsabilite sur les juifs, ils en font assez sans en rajouter ; sarkozi est un nom de tsigane hongrois, pas de juif hongrois ! Apres si il a decide de se faire tailler la banane, c’est son choix pour prouver son amour envers sa premiere epouse, et si ensuite il s’est marie avec cecilia Tsiganer Albeniz .... remarquez le nom « tsiganer » ... atavique ou congenital comme dirait Pierre Dac ?

      il peut virer tous les romanichels qu’il veut, il n’echappera pas a son passe de tsigane


    • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 22 octobre 2011 07:51

      De toute façon aucun pays ne remboursera jamais sa dette. La dette est une « patate chaude » que se refilent à chaque échéance partielle les investisseurs. Le dernier qui n’arrivera pas à s’en débarrasser se brulera les plumes car de toute façon ça se terminera par un défaut de paiement important.
      Que pourront faire les détenteurs (banques, assurances-vie, fonds de pension, OPCVM) ?... envoyer les chars ? faire des procès ? ... en fait, RIEN. !

      De plus, sans les 1400 Md€ d’intérêts depuis 1980, nous n’aurions quasiment pas de dette (les budgets primaires - càd sans intérêts - des administrations sont quasiment en équilibre), Alors il est temps de prendre le pouvoir collectif d’émission monétaire aux banques commerciales...


      • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 09:42

        @ André-Jacques

        Les 50 milliards d’euros d’intérêts annuels que nous allons verser cette année, représentent tout de même un sacré trou dans le budget national.

        Quelqu’un les paie, le peuple et quelqu’un les touche, l’oligarchie financière.


      • bigglop bigglop 22 octobre 2011 13:29

        Bonjour à tous,

        Citoyens européens pris en otages par les agences de notation

        http://fr.news.yahoo.com/agences-notation-seul-gusse-peut-d%C3%A9cider-vie-mort-134747304.html

        http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/08/09/04016-20110809ARTFIG00312-agences-de-notation-ces-hommes-qui-notent-les-etats.php

        http://lexpansion.lexpress.fr/economie/agences-de-notation-les-elements-du-proces_266609.html#xtor=RSS-115

        Ce qui va déterminer notre avenir se déroule en ce moment :

        Difficulté d’accord entre Merkel et Sarkozy de porter le FESF à 2000 mds d’euros avec un effet de levier. Le financement sera assuré par des achats sur le marché secondaire de dettes souveraines et sur le marché primaire d’obligations d’état. Rapidement, le FESF ne possédera que des créances pourries qui seront reprises par le MES et sa Banque. Il s’agit de la création d’une gigantesque pyramide de Ponzi, une bulle financière dépassant celle des « subprimes ».

        Le Parlement Slovaque (sous la pression européenne, des marchés) après avoir rejeté le plan de soutien du FESF, va convoquer de nouvelles élections législatives pour in fine adopter ce plan. Bien sûr, sans consultation référendaire des citoyens, une leçon de démocratie.

        Le gouvernement hongrois a autorisé le rachat de crédits souscrits en euros à des taux élevés dans le monnaie nationale, le Florint, provoquant des pertes financières sèches pour tous les organismes prêteurs.

        La Pologne et Tchécoslovaquie retardent leur entrée (prévue en 2012) dans la zone Euro doutant de la capacité de l’Europe de surmonter la crise et de la gestion catastrophique de cette dernière, même s’ils ne respectent pas les critères de convergence.

        Aucune mesure de régulation, de réglementation sérieuse des marchés financiers et des banques mondiales n’est proposée en Europe et les tentatives de réglementation des « dark pools » et du « shadow banking » sont très insuffisantes compte tenu du risque systémique d’illiquidité qu’ils présentent, surtout que nous ne connaissons pas le volume de ces engagements hors-bilan et off-shores des établissements financiers qui les mettraient en « faillite ». Les stress-tests effectués n’étaient qu’une manoeuvre de diversion, d’enfumage.

        Standard & Poors dégrade la note de 24 banques italiennes.

        Moody’s dégrade la note de l’Espagne de deux crans de AA2 à A1 perspective négative. 

        Ce 20 octobre  :

        S&P dégrade la note de la Slovénie de AA à AA- stable pour détérioraton de la situation budgétaire, mais aussi pour le refus de son parlement d’adopter le financement du FESF

        Les Bourses re-dévissent : CAC40 -2,32%, DAX -2,49%, Footsie -1,21%, Milan
         3,78%, Madrid -2,73%

        Le 13 octobre, Moody’s confirme la notation AAA de la France, malgré l’affaire DEXIA.

        Mais le 18 octobre met sous surveillance le Triple A de la France et envoie un message aux marchés financiers spéculatifs pour attaquer, plus encore, l’Euro à travers la dette des états européens.
        La conséquence sera de réduire à néant ou de rendre plus difficile la gestion de la dette, la recapitalisation des banques européennes, qui pourtant favorisent ces marchés spéculatifs car le FESF se finance sur le marché secondaire et sur le marché primaire des obligations d’état.

        L’application de la règle d’or reviendrait à interdire à tous les états de financer des dépenses budgétaires au-delà d’une limite d’endettement en %. Lors du traité de Maastricht les 3% du PIB ne reposent sur aucune analyse économique, financière, mais sur une estimation « à la louche » :

        "En juin 1981, alors qu’il était chargé de mission à la Direction du Budget du ministère des Finances, l’économiste Guy Abeille raconte[4] avoir été mandaté avec son chef de bureau de l’époque Roland de Villepin d’établir un critère économique utilisable par le Président Mitterrand dans ses discours. Faute de mieux, Abeille et Villepin proposent alors ce critère relativement simple basé sur un ratio déficit/PIB qui, du propre aveu d’Abeille, « ne mesure rien » et sur une norme (3%) qui « n’a pas d’autre fondement que celui des circonstances » (le déficit budgétaire de l’époque atteint déjà presque 2% du PIB)[5]." (5).

        Par conséquent, il serait impossible, en cas de modifications des situations économiques et financières de réviser un budget, déjà voté, à la hausse au-delà des 3%, sauf dérogation dont je n’ai pas connaissance (peut-être sur autorisation de la BCE ou d’une instance supranationale européenne à venir comme le MES)

        Mon analyse de cette information (il n’y a pas de fumée sans feu) : l’objectif est de mettre la pression sur les candidats, mais surtout de favoriser la mise en place du MESF (Mécanisme Européen de Stabilité Financière) et de sa Banque-MES en 2012, et sûrement avant les Présidentielles, après l’absorption du FESF par le MESF.
        Il n’est pas innocent que M. Barosso ait appelé, il y a quelques jours, le 12 octobre, à la mise en place du MES en 2012 sans attendre 2013 :
        "La feuille de route appelle :
         2. à finaliser les mesures concernant la zone euro – notamment rendre rapidement opérationnelles les décisions prises le 21 juillet 2011, optimiser l’efficacité du FESF, accélérer le lancement du Mécanisme européen de stabilité pour qu’il soit opérationnel à la mi-2012, et garantir la fourniture par la Banque centrale européenne d’une liquidité suffisante"

        La mise en place du MES à la mi-2012 aboutira à l’abandon de la souveraineté des états européens pour un gouvernement supranational européen.

        Description de la Banque-MES :
        1°) Organisation Internationale, siège social au Luxembourg, d’une durée illimitée
        2°) détient la personnalité et la capacité juridique et peut donc contractualiser, transiger en son nom
        3°) les dirigeants, collaborateurs, la personne morale bénéficient d’une immunité juridique et d’un secret total sur tous leurs actes missions. Par conséquent, aucune institution européenne, état, association, ne peut l’attaquer en justice sur ses actes, décisions même s’ils sont avérés avoir porté préjudice.
        4°) Montant de départ de garantie de 700 mds d’euros qui seront complétés par des apports complémentaires décidés et imposés par la Banque-MES suivant ses analyses.
        Ceci signifie qu’elle pourra réquisitionner automatiquement les capitaux qu’elle estime nécessaires et par conséquent avoir la mainmise sur les budgets des états.

        5°) les états européens seront contraints de garantir de manière irrévocable et inconditionnelle la dette créée par le MES et sa Banque

        Le temps de la bran...tte intellectuelle est fini, il faut absolument agir maintenant car nous risquons fort d’aller voter pour des prunes

        FESF et MES :
        http://www.agoravox.fr/actualites/e...
        http://www.agoravox.tv/actualites/e...
        http://www.dailymotion.com/video/xl...

        http://ladettedelafrance.blogspot.com/2011/10/fesf-ponzi.html

        Dark pools et Shadow banking

        http://leblogalupus.com/2009/10/16/il-est-temps-de-s%E2%80%99interesser-aux-%C2%AB-dark-pools-%C2%BB%E2%80%A6-noir-comme-leur-opacite/

        http://trends.levif.be/economie/actualite/banque-et-finance/le-shadow-banking-pousse-les-banques-vers-l-abime/article-1195017695531.htm
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=11914



      • Albar Albar 22 octobre 2011 16:56

        Bel article Daniel,

        Sarkozy a tendu un piège au peuple français. Son but est d’obliger la nation à renoncer à l’état “ providence ”, c’est-à-dire à la redistribution des richesses des plus riches vers les plus pauvres.
        C’est ainsi qu’on avili les goïm
        Le couple franco-allemand ne résistera pas longtemps, car ces derniers ne sont pas stupides pour suivre un manipulateur aux objectifs réels inavoués ; L’ Europe pour Sarkozy est le dernier de ses soucis, il applique à la lettre les consignes des oligarques sionistes de wall-street 

      • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 17:02

        @ Albar

        Le bilan de Sarkozy, c’est à la fois,

        « L’étreinte de la mort » et « La kermesse des vautours »  smiley


      • kalagan75 22 octobre 2011 09:27

        effectivement sarko a été le pire ministre du budget sous le gouvernement balladur en explosant la dette . Mais que dire de jospin, dans une période de croissance, qui au lieu de la réduire , a dépensé en créant emploi jeune et 35 H
        Ne critiquons pas nos voisins allemands, beaucoup plus pragmatiques et réalistes que nous . Il suffit de se rendre en Alsace, région qui subit cette influence germanique, pour se rendre compte du dynamisme de cette région et surtout de leur mentalité face au travail .


        • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 09:47

          @ Kalagan75

          Jospin a certainement été le plus sérieux, le plus honnête et le plus compétent des chefs de gouvernement de la 5ème république.

          Sa seule erreur politique est d’avoir abandonné le navire après sa défaite alors qu’il pouvait encore gagner les législatives après le hold-up électoral de Chirac.


        • kalagan75 22 octobre 2011 10:06

          @daniel
          je suis entièrement d’accord sur le sérieux de jospin . mais son arrogance lui a été fatale . Il était tellement imbu de lui-même, qu’il a pris de haut le journaliste lui signalant qu’il pouvait être le 3° homme de la présidentielle .
          Malheureusement , aucun politique ne gère en « bon père de famille » ce pour quoi il a été élu car leur responsabilité personnelle n’est pas engagée en cas d’échec . De plus, seule leur carrière politique les intéresse ; dans ma région, il suffit de s’intéresser aux comportements de petits élus locaux, devenu des professionnels de la politique et ne représentant que quelques milliers d’électeurs, pour en être convaincu . 


        • bigglop bigglop 22 octobre 2011 13:19

          Bonsoir à tous,

          Lire sans retenue cette analyse, sur Mécanopolis, assez pertinente de la déconstruction européenne :

          http://www.mecanopolis.org/?p=24535

          Extrait

          Nous pouvons affirmer ce soir avec la certitude la plus absolue que le premier point de l’agenda que nous avons détaillé la semaine dernière, à savoir un troisième plan de « sauvetage » pour la Grèce, sera décidé avant la mi-novembre, et qu’une des conditions sine qua none dictée par Bruxelles sera la mise sous tutelle directe et totale de ce pays par un triumvirat composé de cadres du FMI, de la BCE et de la Commission européenne. Ainsi la Grèce sera le laboratoire d’un « projet qui vise à anéantir la souveraineté des pays de l’Union européenne et qui, par extension, permettra d’en réifier toutes les instances démocratiques. »

          La Grèce ne sortira pas du piège de l’euro

          Certains esprits brandissent l’article 50 du Traité sur l’Union européenne (TUE), prétendant qu’il est possible pour la Grèce de sortir de la zone euro. L’article 50 du TUE ne parle pas de l’euro ni de la zone euro, mais de l’Union européenne. Peu importe. Que dit cet article ?

          1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union. 2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

          Intéressant. Donc, s’il n’y a pas majorité qualifiée au sein du Conseil ( soit 55% des membres du Conseil, comprenant au moins quinze d’entre eux et représentant des Etats membres réunissant au moins 65% de la population de l’Union), il n‘y a pas de voie de sortie. Que nous apprend encore l’article 218 paragraphe 3 ?

          3. La Commission, ou le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité lorsque l’accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l’ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l’accord envisagé, le négociateur ou le chef de l’équipe de négociation de l’Union.

          On le comprend bien. C’est théoriquement possible, mais pratiquement conçu pour être irréalisable.

          Admettons que, par quelques miracles, la Grèce sorte tout de même de l’euro. Sur quelle base pourrait-t-elle émettre une monnaie nationale et ramener son économie sur les rails ?

          Pour recréer sa monnaie, la Grèce devrait indexer sa dette publique sur un panier de référence de monnaies – qui pourrait être constitué du dollar, du yen, du franc suisse, etc. – de façon à protéger les détenteurs de la dette publique – et par voie de conséquence toutes les dettes, puisque la dette publique sert de référence – contre les effets, les dommages collatéraux, qui pourraient résulter de sa sortie de la zone euro. Car même si la Grèce se met en situation de défaut, même partiel, il va bien falloir trouver une solution pour ses créanciers.

          La Grèce aurait donc besoin que d’autres pays investissent massivement dans son économie – des montants qui dépasseraient de très loin sa dette actuelle. Car si elle ne trouve plus personne pour se financer elle se retrouvera très vite au niveau économique du Sierra Leone – une perspective qui devrait être de nature à calmer rapidement les ardeurs de la rue et ses prétendus « insoumis », toutes tendances confondues. La Grèce pourrait-elle autofinancer sa monnaie ? Et comment ? Grâce à l’or qu’elle n’a pas ? En empruntant à des banques étrangères alors que sa situation actuelle menace de les mettre en faillite ? En imposant un impôt spécial à toutes les fortunes qui ont déjà mis les voiles ? L’euro est un piège dans lequel il n’y a pas d’issue. Pour ne pas avoir besoin d’en sortir, le plus simple était de ne pas y entrer.

          La contestation des «  masses » ne servira à rien

          L’Euro est en effet un piège, car en empêchant les Etats membres de la zone de retrouver leur monnaie nationale, et d’en dévaluer sa valeur, elle permet de dévaluer le prix du travail et donc, comme nous avons tenté de l’expliquer dans une série d’articles, d’utiliser cette crise afin de reconfigurer l’économie.

          Il est donc nécessaire, conformément à nos points 2 et 3 de l’agenda, que la crise s’amplifie encore de sorte à ce que la Grèce soit contrainte à un défaut partiel, qui entrainera une série de faillites bancaires à travers l’Europe et le défaut d’autres pays européens déjà en difficulté.

          Nous aurions tort de penser que les masses pourraient empêcher le cours des catastrophes en se révoltant. L’histoire moderne n’a pas été avare d’exemples contraires, illustrant plutôt, chez les dites masses, une assez constante détermination à ne pas se révolter en dépit de ce qu’elles savaient, et même à ne pas savoir en dépit de l’évidence, ou du moins à se comporter en comme si elles ne savaient pas..........



        • sisyphe sisyphe 22 octobre 2011 14:31

          Par kalagan75 (xxx.xxx.xxx.113) 22 octobre 09:27

          effectivement sarko a été le pire ministre du budget sous le gouvernement balladur en explosant la dette . Mais que dire de jospin, dans une période de croissance, qui au lieu de la réduire , a dépensé en créant emploi jeune et 35 H

          Totalement faux. 

          La période du gouvernement Jospin a été la SEULE, sur les 30 dernières années, où le montant de la dette a DIMINUE, tandis que lacroissance dépassait la moyenne européenne et internationale, de même que le chômage baissait. 

          La preuve ici. 

          Il faut se renseigner un minimum avant de répéter bêtement des slogans pourris qui sont de telles énormes contre-vérités.

          Mal joué, kalagan ! 

          Sinon, bien d’accord avec l’article de Roux, et la nécessité absolue d’une réforme monétaire qui redonne le pouvoir aux états d’emprunter auprès des banques centrales SANS INTÉRÊT, et supprime tout pouvoir de création monétaire aux banques et organismes privés. 

          Quant à la dette des pays, il suffit tout simplement d’en annuler tout ce qui revient aux banques et organismes privés ; qu’elles se renflouent entre elles ou qu’elles coulent. 

          Pour ce qui est de l’inflation, il suffit que les salaires (et loyers) soient indexés dessus, et elle ne gênera que les usuriers et les spéculateurs. 

          Elle est bien moins grave que la déflation et, de toutes façons, imposer des régimes d’austérité de plus en plus drastiques aux pays endettés ne fait que les enfoncer d’avantage, faute de croissance ; le pseudo « remède » est bien pire que le mal, et ne sert les intérêts que des usuriers et des spéculateurs. 

          L’Argentine, en 2001, l’Islande, récemment, ont refusé de payer leurs dettes ; les usuriers se sont écrasés ; c’est l’exemple à suivre, et basta. 


        • sisyphe sisyphe 22 octobre 2011 14:46



          Enfin un sursaut de lucidité ? 
          Vers un effacement de 50 % de la dette grecqueLes ministres des Finances des pays de la zone euro veulent empêcher l’asphyxie du pays. Les banques sont en première ligneOu encore des gesticulations et de la poudre aux yeux ? 

        • kalagan75 22 octobre 2011 18:17

          c’est sûr que le chomage a baissé avec 300 000 emplois jeunes ! oui il a réduit la dette , en étant le premier ministre qui a le plus privatisé !
          et la superbe idée des 35H qui est une catastrophe pour l’hopital public dont les conséquences se mesurent pleinement maintenant .
          un vrai premier ministre de gauche !
          J’adore comme tu t’acoquines des stats quand elles t’arrangent .


        • sisyphe sisyphe 22 octobre 2011 18:52

          Eh, bonhomme : « j’acoquine » rien du tout : je cite et je montre des chiffres VRAIS, au lieu d’annoner des slogans à la mords moi l’noeud, qui sont des contre-vérités ; comme, par exemple, l’histoire des 35 heures ; parce qu’oser mettre « sur le dos » des 35 heures le démantèlement de l’hôpital public entièrement effectué par la droite, il faut le faire .....


          Quoi que tu puisses en dire, et même si ça ne t’arrange pas, le gouvernement Jospin a été, et de très loi, la meulleure période de gouvernement de la France depuis les 30 dernières années ; sur la croissance, le chômage, et la réduction de la dette ; point barre. 

          (re)mal joué, kalagan ! 

        • kalagan75 22 octobre 2011 18:58

          tu as rason, il a été tellement bon qu’il a été battu à cause de la nomination à l’éducation nationale de son ami , l’imposture claude A. . Tellement bon que même les enseignants ont oublié de voter pour lui .


        • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 23 octobre 2011 12:44

          « Ils ont oublié de voter pour lui (Jospin). » Et après dix ans de Sarkozy les Français n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.


        • xbrossard 24 octobre 2011 16:29

          @Kalagan


          « il a été tellement bon qu’il a été battu... »

          ce que vous ne comprenez pas kalagan est la différence entre être bon en campagne pour être élu et être bon en situation. Sarkozy est bon pour se faire élire et très mauvais en situation ; malheureusement, Jospin c’etait le contraire....

          c’est comme pour bon commercial qui saura toujours vendre de la merde à tout les gogos de ton genre par exemple...

          évidemment, si la majorité des électeurs sont assez bête pour sanctionner un ministre juste parce qu’il a l’air imbu de lui-même, sans regarder son bilan, on n’y peu rien, il vaut mieux peut-être changer de pays..


        • Robert GIL ROBERT GIL 22 octobre 2011 09:52


          L’Etat n’est plus qu’une courroie de transmission  qui sert à enrichir les riches et appauvrir les pauvres. Il n’y a donc pas transfert entre générations comme l’on veut nous faire croire , mais transfert entre couches sociales. Les uns hériteront de la dette, les autres de l’argent de la dette !
          Voici un PPS qui demontre l’arnaque de la dette :
          http://2ccr.unblog.fr/2011/09/18/pps-comprendre-la-dette/


          • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 10:01

            @ Robert

            Sous Sarkozy, c’est plus une courroie de distribution vers les plus riches pour reprendre votre image.

            Lorsqu’il est arrivé au pouvoir le déficit budgétaire était déjà de 50 milliards, en 2011, il était de près de 100 milliards.

            Le nombre de niches fiscales et de subventions destinées finalement aux riches actionnaires est proprement ahurissant.


          • kalagan75 22 octobre 2011 10:07

            @ daniel
            j’ai beau être plutôt de droite , je suis entièrement d’accord


          • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 10:11

            @Kalagan

            Cela me fait d’autant plus plaisir.

            De droite ou de gauche ou entre les 2, c’est toujours nous qui payons en fin de compte.


          • herbe herbe 22 octobre 2011 14:36

            Normal,
            Le vrai clivage ne serait plus gauche vs droite....


          • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 16:29

            @ Herbe

            On emploie les mots que l’on veut suivant sa génération ou sa culture, reste le concept. Je m’en tiens à « la lutte des classes ».

            Le principal est d’avoir une vision la plus clair possible de la réalité économique et politique. L’information et la connaissance sont indispensables au débat démocratique.


          • kalagan75 22 octobre 2011 10:43

            dans moins coin, les principales agglomérations sont détenues par la gauche caviard cumularde : leur gestion est catastrophique ( voire stratosphérique ) et risque d’amener leur ville à la faillite . Ces mêmes élus qui sont dans l’opposition au conseil général , critiquent fortement les élus de droite qui pratiquent la même politique qu’eux au niveau départemental ( nombreux PPP, emprunts pourris , dépenses de fonctionnement somptuaires ...)


            • tchoo 22 octobre 2011 11:05

              La solution est certainement dans une inflation à 2 chiffres. La baisse de valeur de la monnaie rendrait moins douloureux les efforts financiers imposés pour l’équilibrage du budget. La dette perdrait de sa valeur et serait plus facile à rembourser. Les inconvénients de l’inflation concernent les créanciers qui voient leur capital fondre, mais aussi les salariés et les retraités dont le pouvoir d’achat baisserait étant donné le retard entre l’inflation et son rattrapage plus ou moins partiel.

              Ou pas, nous avons vécu après 1973 et pendant plus d’une décennie sous inflation à deux chiffres, les salaires et les retraites suivaient le cours et le pouvoir d’achat ne diminuait pas ou peu.
              De toutes façons, sauf à faire défaut, il n’y a guère d’autres solutions.
              Réduire la dette qui n’est trop élévée qu’au regard es intérêts versés et des recettes amassées, ne pourra jamais se faire dans des proportions suffisantes, sans mettre le pays à terre.


              • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 11:18

                @ tchoo

                C’est la seule voie imaginable aujourd’hui mais impraticable tant que les Allemands seront aux commandes de la zone euro.


              • jean-jacques rousseau 24 octobre 2011 04:16
                « La solution est certainement dans une inflation à 2 chiffres. »

                Absurde ca ne marcherait qu’en situation de plein emploi avec les salaires indexés sur l’inflation

              • elec 42 elec 42 22 octobre 2011 11:05

                Tous le monde,c’est très bien que la grèce va se mettre en faillite,on va diviser pour le moins leur dette par 2,l’état français va payer,il est garant,les détenteurs de la dette grèque,nos enfants vont payer,ou perdres ,les banques,l’euro devais résoudre tous nos problèmes,ont nous aurait menti !!!


                • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 11:16

                  @ elec42

                  Si les « socialistes » nouvellement élus étaient sortis immédiatement de l’euro et avaient fait défaut sur leurs dettes, les bourses auraient plongées, nous aurions secourus nos banques à coup de milliards mais beaucoup de problèmes actuels auraient été évités.

                  Aujourd’hui la Grèce est sur le chemin de la guerre civile, elle va faire défaut sur sa dette, nous allons devoir payer à la fois sur les garanties que Sarkozy a accordé en toute inconscience et nous devrons également secourir nos banques dont personne ne semble connaître les engagements réels.

                  Ah oui, c’est vrai, les entreprises d’armements, allemandes, Françaises et autres, ne pourraient plus vendre leur matériel de mort.


                • JL JL1 22 octobre 2011 11:33

                  La dette et la maîtrise de l’inflation, c’est pour les possédants le moyen d’avoir le beurre et l’argent du beurre.

                  De deux choses l’une : ou bien on abroge la dette odieuse (*), ou bien on laisse courir l’inflation.

                  http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-monnaie-la-planche-a-billets-m-102766#forum3099063

                  (*) évidemment, il y a dettes et dettes, et il faut séparer le bon grain de l’ivraie, ce que ne font pas les possédants, lesquels, comme le disait si bien leur larbin, un certain NS, amalgament systématiquement toutes les dettes, en bons oligarques-fascistes (pléonasme) qu’ils sont.


                  • fifilafiloche fifilafiloche 22 octobre 2011 12:27

                    Vous omettez de préciser qu’une bonne partie des intérêts de la dette payée par l’impôt va dans les assurances vie des papy boomers, ceux la même qui ont creusé cette dette en vivant pendant 40 ans au dessus de leurs moyens.


                    Vous vous trompez de ligne de front. Il ne s’agit pas d’un combat droite gauche, mais d’un pillage générationnel, la logique existentialiste poussée à l’extrême. Après, que cette génération se disculpe en pointant du doigt les bailleurs de fond, il n’y a rien là d’étonnant. En matière de démagogie, ils ont toute une vie d’entraînement.

                    • JL JL1 22 octobre 2011 12:47

                      fifilafiloche,

                      vous mélangez le bon grain de l’ivraie en même temps que vous divisez pour permettre aux vrais prédateurs de régner !

                      En outre, vous mélangez les choses : les retraites sont en majorité payées par les cotisations des actifs, du moins ceux qui ne trichent pas !

                      our ce qui est des assurances vie, ce sont des produits financiers, et donc ça n’a rien à voir avec un problème de retraite.

                      Enfin, les baby-boomers comme vous dites, n’ont pas creusé la dette mais ont construit un patrimoine, lequel patrimoine n’est assurément pas dans les mains des vieux comme vous voulez le faire honteusement accroire, mais dans celles des possédants !


                    • Daniel Roux Daniel Roux 22 octobre 2011 12:52

                      @ fifilafiloche

                      Je n’adhère pas à cette vision Sarkozienne de lutte générationnelle. Nos parents nous ont élevés comme ils ont pu, nous faisons de même avec nos enfants.

                      Savez-vous que l’aide intergénérationnelle est importante dans le budget des familles paupérisées par la mondialisation sauvage, organisée par l’oligarchie financière ?

                      Les pappys boomers ? Pourquoi utiliser un terme anglo saxon ? Pourquoi refuser vous d’écrire en clair : la génération d’après guerre qui, après avoir travailler 40 ou 41 ans, part aujourd’hui à la retraite.

                      Cette génération comme celle qui précède et comme celle qui l’a suit forme le peuple français. Elle a fait sa part de travail, a payé des impôts, remboursé ses dettes, subi la tyrannie de l’oligarchie financière. Elle s’est exprimée en 2005 par référendum contre l’Europe ultra libérale des multinationales avant d’être trahie comme tout le monde par les élites au pouvoir. 

                      Au fait, vos enfants adultes (après 30 ans), si vous en avez, vous ont-ils reprochés d’avoir vécu au dessus de vos moyens ? Pas les miens.

                      Vieillir est tout à fait naturel et je vois mal pourquoi j’en aurai honte. A quel âge pensez vous me piquez ?


                    • JL JL1 22 octobre 2011 13:13

                      fifilafiloche dit une chose et son contraire : comment, en creusant la dette pendant des années - donc débiteur - pourrait-on aujourd’hui percevoir les intérêts de ladite dette - donc créancier ?

                      fifilafiloche pourrait-il expliquer cette magie ?

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