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Accueil du site > Actualités > Economie > Le plan américain d’aide aux banques enfin amélioré

Le plan américain d’aide aux banques enfin amélioré

Le Gouvernement américain est sur le point de corriger le tir en modifiant la nature même du plan d’aide aux établissements financiers de 700 milliards de dollars, le Troubled Asset Relief Program (TARP). En effet, la Trésorerie US avait reçu mandat de racheter les créances toxiques des banques dans le but de permettre aux établissements financiers de libérer des marges de sécurité gelées comme garanties de ces créances, marges qui une fois libérées auraient pu revenir sur le circuit sinistré du crédit...

Ce TARP prévoyait également la cession ultérieure de ces créances sur les marchés, créances qui seraient le moment venu groupées en différentes tranches - qui seraient en fait titrisées - et revendues à divers investisseurs selon tous types de profil de risques.

Néanmoins, les autorités américaines se sont rendues compte d’une part que la concrétisation de ce plan serait retardée de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, car elle exigerait l’embauche de personnel financier qualifié à même d’appréhender - et d’évaluer sans spolier les banques tout en prenant garde à ne pas léser le contribuable - la nature de chacune de ces créances. D’autre part, ces acquisitions ne dérouleraient leur effet optimal souhaité que sur le long terme par le biais d’un assainissement progressif des bilans des banques alors que le gel du marché du crédit est un problème immédiat exigeant donc une solution immédiate ! Les autorités américaines étant certes préoccupées par la régularisation des comptes de leurs établissements financiers mais ont toutefois comme priorité absolue la mise en place de stimuli sur le très court terme afin que les banques reprennent de suite leurs opérations de prêts.

La nouvelle version du TARP autorisera ainsi la Trésorerie US à tout simplement acheter des actions de ces établissements en lieu et place du rachat de ces créances douteuses. Les banques, qui recevront ainsi une injection immédiate de liquidités qui pourrait se réaliser sans personnel officiel supplémentaire s’agissant de prises de participation classiques, mettraient donc à profit ces apport de liquidités pour redonner vie au marché du crédit tout en soulageant leurs bilans respectifs. Cette nouvelle stratégie constituerait un stimulus immédiat bénéfique à l’ensemble des intervenants : les banques, le consommateur et l’Etat lui-même qui, actionnaire prépondérant au capital de ces établissements, infléchirait également la politique du crédit des banques en faveur des titulaires de crédits hypothécaires et autres crédits à la consommation plus en mesure d’honorer leurs dettes.

Cette modification du TARP devrait théoriquement stabiliser le marché immobilier américain tout en stimulant la croissance car, contrairement à la première mouture du projet, la version amendée de ce plan à 700 milliards autoriserait l’acquisition immédiate de valeurs tout à fait identifiables ( les actions des banques ) selon une tarification transparente ( celle des marchés ). De surcroît, le contribuable serait très largement bénéficiaire car, hormis le prix marché actuel extrêmement bas de ces actions suite à la dégringolade boursière, l’Etat percevra un dividende de 5% de la part des banques du fait de ces injections de liquidités qualifiées de "Prêts aux banques". 

Ce nouveau TARP devrait passer cette semaine devant le Congrès américain et être mis en application dès la semaine prochaine en cas de vote favorable. 


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9 réactions à cet article    


  • geo63 17 novembre 2008 10:47

    Merci pour ces nouvelles précisions,

    Cependant vous dites dans le quatrième paragraphe : "l’Etat lui-même qui, actionnaire prépondérant au capital de ces établissements...". Pas nécessairement, cela dépend de la hauteur de sa participation, non ? ( à moins que la législation soit différente aux States).
    Nous rejoignons là ce qui se passe en France où le Gouvernement ne veut surtout pas mettre son nez dans la gestion des banques et se présente comme actionnaire minoritaire alors qu’en fait il assure la SURVIE des banques ! Et le peuple français dans tout cela n’a qu’a fermer sa g.... c’est une affaire entre gens sérieux de LA FINANCE.


    • Alpo47 Alpo47 17 novembre 2008 11:46

      C’est effectivement tentant de prendre une participation et d’apporter ainsi la garantie de l’Etat (du contribuable), mais je me demande si ce n’est pas une autre manière de se mettre "la corde au cou" ?

      En effet, lorsque les pertes vont s’additionner, ce sont ces mêmes actionnaires (contribuables) qui seront sollicités pour combler le déficit.

      Alors, quelle différence ?


      • Forest Ent Forest Ent 17 novembre 2008 12:28

        Il est clair que cette nouvelle version est moins délirante que la précédente. Pour autant, je ne vois pas ce qui justifie cette phrase :

        Cette modification du TARP devrait théoriquement stabiliser le marché immobilier américain.

        Ce qui pourrait stabiliser le marché, c’est qu’il y ait des acheteurs. Ca a à voir avec la solvabilité des ménages, pas celle des banques. Il me semble que nos gouvernements se plantent massivement de diagnostic. Ils veulent faire fonctionner l’offre de crédit alors qu’il n’y a plus de demande. Le piège s’est refermé : les inégalités ont tué la demande, et toute cette agitation les renforce.


        • Michel Santi Michel Santi 17 novembre 2008 12:34

          J’ai bien parlé au conditionnel et en plus j’ai sciemment utilisé le "théoriquement". Pour tout vous dire, j’y crois pas non plus...
          Pour ceux qui lisent l’anglais, je viens de recevoir cette analyse d’une banque anglaise :

          We calculate the costs and benefits of the largest ever U.S. Government intervention in the financial system. We estimate that the revised Paulson plan increased the value of banks’ financial claims by $109 billion at a taxpayers’ cost of $112 -135 billions, creating no value in the banking sector. We compare the cost of Paulson’s plan with the costs of alternative solutions that would have achieved the same objective in term of solvency of the banking system. We find that the revised Paulson plan is the most expensive for the taxpayers, second only to the original Paulson plan. The biggest beneficiaries of this massive redistribution were the debtholders of financial institutions, especially those of the three former investment banks and of Citigroup. 


        • Forest Ent Forest Ent 17 novembre 2008 12:48

          Alors on est encore d’accord.

          Aux dernières nouvelles, Paulson venait de découvrir que 40% de la dette des ménages n’était pas immobilière : crédits pour la voiture, les études universitaires et la consommation en général.

          Je ne me souviens plus qui disait que les "big three" (FMC, GM et chrysler), étaient des banques qui prêtaient des voitures.


        • MAIKEULKEUL 17 novembre 2008 12:36

          ce plan, dans l’état actuel de la finance us, ne servira pas à grand chose, sauf à alourdir la dette déjà "colossale" des américains.

          Les conneries en cours ont coûté, pour l’instant, plus chères que la 2ème guerre mondiale !!!

          Alors le TARP, vous savez ce que j’en fais !

          c’est de la poudre aux yeux, et le réveil, sous quelques mois, va être dramatique.


          • Trashon Trashon 17 novembre 2008 14:42

            ouai c’est un pétard mouillé, un tarpé quoi smiley


          • John Lloyds John Lloyds 17 novembre 2008 18:24

            "Le plan américain d’aide aux banques enfin amélioré"

            Oui smiley à tel point qu’il a été ironisé :

            Tous banquiers ! Tel semble être le mot d’ordre de toutes les entreprises américaines. De American Express aux assureurs, toutes les entreprises tentent désespérément de se transformer en établissement bancaire ou de mettre la main sur une banque pour pouvoir prendre place dans la file d’attente du « Corporate Welfare State »

            On n’est pas en haut de la côte, loin s’en faut, voir par ex. Roubini qui écrivait :

            "Obama will inherit an economic and financial mess worse than anything the U.S. has faced in decades : the most severe recession in 50 years ; the worst financial and banking crisis since the Great Depression ; a ballooning fiscal deficit that may be as high as a trillion dollars in 2009 and 2010"

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