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Accueil du site > Actualités > Economie > Le pouvoir d’acheter

Le pouvoir d’acheter

L’emploi et le pouvoir d’achat sont depuis longtemps les premiers des soucis des Français. Leur nouveau président a été élu par une rare majorité d’entre eux pour leur avoir promis le plein emploi et un pouvoir d’achat amélioré. Pourtant, il ne leur a pas présenté durant sa campagne électorale les moyens concrets par lesquels il parviendrait à remplir ses promesses. Le « travailler plus pour gagner plus » est ambigu, et peu convainquant. Plus de six mois de présidence sont passés, et cela le reste. Nicolas Sarkozy s’agite comme un diable dans un bénitier, bataillant sur tous les fronts de la réforme du pays. Mais c’est sur le résultat obtenu en matière d’emploi et de pouvoir d’achat qu’il sera jugé, probablement d’ici à l’automne prochain. Quelle est sa probabilité de succès ? Répondre objectivement nécessite de lever quelques préalables, puis de considérer quelques données chiffrées, avant d’en venir aux actions engagées ou actuellement annoncées par Nicolas Sarkozy.

D’abord, qu’est-ce que le pouvoir d’achat ? Et du pouvoir de qui s’agit-il ?

Il y a là-dessus une première confusion généralisée, une première voie de désinformation des Français, de discordance entre leur ressenti et les informations délivrées, peut-être de dangereux quiproquos entre eux et leur président. Leur pouvoir d’achat n’est pas constitué par des chiffres sur des papiers. Il l’est par les euros entrés dans leur porte-monnaie, sans devoir obligatoirement les en ressortir pour acquérir autre chose que ce qu’ils ont eux-mêmes choisi (des cotisations et des impôts). Ainsi, ni les salaires bruts marqués sur les bulletins de paie, ni la rémunération des salariés et des travailleurs indépendants (brut plus charges patronales) présentée dans la comptabilité nationale d’où est extrait le fameux PIB, ni même les rémunérations nettes (brut moins retenues) ne mesurent le pouvoir d’achat. De ce net doivent encore être déduits : les impôts locaux (taxe d’habitation et impôt foncier, ce dernier payé par le propriétaire au percepteur ou par le locataire à celui qui encaisse les charges locatives), l’impôt sur le revenu, et si souvent passés à la trappe, les innombrables impôts payés par les entreprises qui doivent bien les répercuter dans les prix de leurs produits et services pour survivre (en moyenne en 2006, environ 18 % du prix). S’y ajoutent les innombrables taxes et impôts occasionnels.

Une deuxième confusion jette le trouble dans les esprits : du pouvoir d’achat de qui parle-t-on ? De celui de tous les Français mis dans le même sac, jeunes et moins jeunes, au travail ou non ? De celui de tous ceux qui fabriquent les euros en travaillant, les travailleurs du secteur marchand ? de celui de chacun d’eux, au travers de moyennes nationales ou au travers de moyennes propres à différentes catégories d’entre eux ?

Ce préalable relatif à la terminologie étant levé, il faut en lever un autre relatif aux chiffres jetés en pâture ici et là ; ceux tirés de la comptabilité nationale : PIB, valeur ajoutée, rémunération du travail, revenu disponible net des ménages. Le PIB est présenté comme étant le montant calculé par les statisticiens de l’Insee du produit de l’activité économique des résidents du pays (tous les biens et services produits). C’est aussi et en même temps le montant des revenus de ceux qui oeuvrent à la production de ces biens et services (rémunération des salariés, rémunération des entrepreneurs individuels et des sociétés appelées excédent brut d’exploitation). Au moins trois invraisemblables erreurs de calcul irréfutables rendent inutilisable le montant du PIB, et dans une moindre mesure celui de la valeur ajoutée. Erreurs irréfutables, car commise par double emploi de produits et services et en même temps de revenus : une partie des biens d’investissement produits faute de déduire ceux consommés en cours de production (amortissement), cette consommation étant répercutée dans les prix des produits ; tous les impôts et taxes travestis dans les prix des produits et services, qui de toute manière sont des prélèvements obligatoires et non des biens et services fournis par leurs producteurs ; enfin, les « services non marchands » élaborés par les services publics (ils sont payés au travers des prélèvements obligatoires opérés directement ou indirectement sur la rémunération du travail dans le secteur marchand, laquelle rémunération constitue les prix des biens et services marchands, et donc du produit intérieur.

Maintenant les chiffres. Quand ils ne sont pas truqués, ils parlent d’eux-mêmes. Explorons le porte-monnaie des Français, au moyen des chiffres tirés de la comptabilité nationale retraitée selon les principes expliqués plus haut ; tous convertis en euros au pouvoir d’achat de 2006.

D’abord, comment a évolué le pouvoir d’achat créé par le travail des Français, tous réunis :

Graph1 D’après Insee et calculs de l’auteur

Graph2 D’après Insee et calculs de l’auteur

Ensuite, à qui a été attribué ce pouvoir d’achat ? Les calculs nécessitent de connaître la répartition de l’impôt sur le revenu des ménages entre ceux qui frappent la rémunération du travail et ceux qui frappent les autres revenus : revenus de la propriété (intérêt, dividendes, etc.), revenus de transfert (prestations sociales, dont les allocations de retraite). L’Insee ne fournit pas cette statistique. Ici, on suppose que tous ces revenus subissent la même pression fiscale, les revenus de transfert y échappant à raison d’un tiers de leur montant. Faute de les connaître, les cotisations retenues sur les retraites sont laissées dans celles afférentes à la rémunération du travail. Le tout ne semble pas de nature à fausser les conclusions tirées de ces chiffres.

Graph3 D’après Insee et calculs de l’auteur

Graph4 D’après Insee et calculs de l’auteur

La part dans la masse de pouvoir d’achat des Français de la rémunération du travail en secteur marchand, nette d’impôts, a surtout baissé à partir de 1975, où elle était de 54 %, jusqu’en 1989 où elle n’était plus que de 40 % (43 % 2006). C’est principalement la conséquence de la redistribution des revenus, directe et indirecte, opérée au moyen des prélèvements obligatoires. C’est aussi à partir de 1975 (64 %) jusqu’en 1996 (86 %) que les prélèvements obligatoires sur l’économie se sont accrus.

Graph 5, d’après Insee et calculs de l’auteur

Graph6, d’après Insee et calculs de l’auteur

Les chiffres dénoncent notre machine infernale à détruire l’emploi et le pouvoir d’achat ainsi qu’à ruiner l’Etat construite au moyen de prélèvements obligatoires toujours croissants sur le pouvoir d’achat des travailleurs, pour le redistribuer à d’autres, directement au moyen de prestations sociales, ou indirectement par la voie des dépenses publiques. Celui qui travaille le fait un jour sur trois pour lui-même, et deux jours sur trois pour l’Etat qui décide de l’utilisation de ce pouvoir d’achat confisqué. C’est, avant tout autre chose, cela qui plombe la compétitivité des productions françaises devant bien incorporer un coût du travail pas loin de deux fois le pouvoir d’achat laissé au travailleur ; et qui exporte des emplois au lieu d’exporter le produit du travail des Français.

Dans pareille situation, les gouvernements sont le dos au mur des dépenses publiques devenues impossibles à encore accroître. Qu’a annoncé le président Sarkozy ayant promis une rupture avec ce passé, pour sortir le pays de l’ornière dans laquelle il s’est gravement embourbé ? « Travailler plus pour gagner plus », explique-t-il. Mais les Français, ni sots ni paresseux, disent depuis longtemps que travailler plus n’en vaut plus la peine. Ils sont civilisés, disposés à travailler raisonnablement pour les autres, pour ceux qui assument des fonctions publiques conditionnant le fonctionnement paisible de la société et qu’ils ne peuvent eux-mêmes prendre en charge ; et aussi pour ceux frappés par le malheur qui les met hors d’état de travailler. Mais sans le calculer, ils sentent que la limite du raisonnable est très largement dépassée. Et puis, pour travailler plus, encore faut-il qu’il y ait plus de travail à trouver. Mais tant ceux qui font eux-mêmes leur emploi (artisans, commerçants, petites entreprises, etc.) que ceux qui offrent du travail aux autres ressentent bien le discrédit qui les frappe, les réglementations qui les paralysent, la ruine qui les menace du fait de toutes ces contraintes comme aussi du fait de prélèvements obligatoires excessifs.

On ne voit pas pour l’instant que le président Sarkozy et son entourage aient compris tout cela. Il n’y a pas d’annonce de réduction sérieuse et substantielle des prélèvements obligatoires. Il n’y a pas en vue de démantèlement du carcan étatique paralysant le pays. Au total, et sauf prise de conscience par le pouvoir de l’inadéquation de son plan d’action, tout espoir de retour de la croissance de l’économie et du pouvoir d’achat semble devoir être exclu.

Roland Verhille, 2/12/207


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15 réactions à cet article    


  • Céphale Céphale 3 décembre 2007 12:17

    J’admire beaucoup cet article pour sa clarté, son objectivité et sa précision.

    Une bonne question de l’auteur : « de qui s’agit-il ? »

    J’ai consulté moi aussi le site de l’INSEE. On y trouve les revenus déclarés par ménage. Les chiffres fournis sont des statistiques par commune. J’ai calculé les moyennes nationales : le premier quartile est à 1000 euros par mois, le troisième quartile est à 26000 euros par mois. Quelle dispersion dans le pouvoir d’achat !

    D’accord aussi avec l’auteur quand il écrit : « pour travailler plus, encore faut-il qu’il y ait plus de travail à trouver ». J’ajoute que les entreprises ne peuvent offrir plus de travail qu’à condition d’avoir plus de clients, plus de contrats. Il y a là un problème de compétitivité (souligné par Attali) que l’Etat ne sait pas résoudre.


    • boumboum 3 décembre 2007 12:26

      Il aurait ete mieux d’expliquer chaque graphs, c’est bete, mais ca aide a soutenir la these plus facilement.


      • Roland Verhille Roland Verhille 3 décembre 2007 12:50

        Merci pour m’avoir lu. Expliquer chacun des graphiques aurait beaucoup allongé le texte, et découragé sa lecture. J’avais pensé qu’ils pouvaient se comprendre sans les expliquer. A votre disposition pour le faire, demandez à Agora Vox de me faire parvenir votre adresse, soit Mail, soit postale.


      • boumboum 3 décembre 2007 15:22

        Merci, ca va je les ais compris, c’est juste un commentaire. En regle generale on a l’habitude de voir une petite description, ca aide a « survoler » l’article sans devoir rester trop longtemp sur les graphs, cela cree u liens avec le corps de l’article. Sinon, vu dans un premier temps, ca donne l’impression d’imposer un point de vue. Une ou deux phrase en italique suffisent. (je suis conditionner, on nous le rabache encore et encore en Finance/stats)


      • vieuxcon vieuxcon 3 décembre 2007 17:30

        Je suis d’accord avec boumboum, car avec les mêmes chiffres et mes propres calculs, je vais dessiner une jolie courbe exactement inverse à la votre. Je m’excuse j’ai terminé comme responsable markéting. smiley


        • Roland Verhille Roland Verhille 3 décembre 2007 18:35

          Je comprends le commentaire de boumboum, mais pas le vôtre. Dites en moi s’il vous plait un peu plus. En marketing, on utilise une mathématique qui dit que des nombres croissant baissent ? Je ne la connais pas, mais je suis curieux de nature,j’aime toujours apprendre. Merci de m’avoir lu et merci d’avance.


        • JL JL 3 décembre 2007 22:54

          Pour ma part je trouve cet article très suspect.

          D’abord, j’aimerais que l’auteur explique ses graphiques : par exemple, le g6 : Quel est le sens du cumul « Taux de prélèvement + déficits » ?

          Ensuit je lis : «  »Les chiffres dénoncent notre machine infernale à détruire l’emploi et le pouvoir d’achat ainsi qu’à ruiner l’Etat construite au moyen de prélèvements obligatoires toujours croissants sur le pouvoir d’achat des travailleurs, pour le redistribuer à d’autres, directement au moyen de prestations sociales, ou indirectement par la voie des dépenses publiques«  ».

          Si tout le monde perd, qui gagne ? Devinez ! Les pauvres, les vieux, les malades, les familles nombreuses ..., j’ai bon ? Ah oui, j’oubliais : «  » les dépenses publiques«  » : trop d’écoles, trop de recherche, trop d’hopitaux, trop de fonctionnaires, trop de … ! J’ai bon là encore ?

          Ensuite je lis : «  »On ne voit pas pour l’instant que le président Sarkozy et son entourage aient compris tout cela. Il n’y a pas d’annonce de réduction sérieuse et substantielle des prélèvements obligatoires. Il n’y a pas en vue de démantèlement du carcan étatique paralysant le pays. «  »

          L’auteur aurait pu, au lieu de fournir « ces chiffres-qui-dénoncent-la-machine-innfernale mais que Sarkozy et son entourage n’ont pas compris », lister ce que sont les PO et nous dire lesquels il voudrait voir baisser : la retraite, la sécu ? Le chômage ?

          Plus faux cul tu meurs ! Qu’est-ce qu’il fait Sarko en exonérant les heures sup, les RTT, et tout ce qu’il peut, il suffit qu’on râle un peu ? La casse prévue du droit du travail, la ruine de la protection sociale, le cap zéro prélèvements sur les salaires, ça vous dit rien ?

          Ce texte est-il écrit par un émule de Madelin ? Pondu par le Medef ? J’attends une explication avant de dire vraiment ce que je pense.


          • JL JL 4 décembre 2007 08:47

            Cet article est un cas d’école de déstructuration suivie de la re-programmation de la pensée. Démonstration.

            Premier chapitre, très subtil, chaque mot est pesé : l’auteur recherche de la « collaboration lectorielle », met le « pied dans la porte » des râleurs. Exemples :«  » Nicolas Sarkozy s’agite comme un diable dans un bénitier«  », «  » Le « travailler plus pour gagner plus » est ambigu, et peu convainquant«  », et au cours du texte : «  » On ne voit pas pour l’instant que le président Sarkozy et son entourage aient compris tout cela«  ».

            Chapitres suivants : l’auteur jette la confusion et le doute sur les notions de PIB, de pouvoir d’achat et de comptabilité nationale avec les mots idoines et à grand renfort de formules populistes : « désinformation », « discordance », « dangereux quiproquos », « passés à la trappe », « les entreprises qui doivent … survivre », « ceux qui fabriquent les euros en travaillant, »chiffres jetés en pâture (issus de la comptabilité nationale)« , » trois invraisemblables erreurs de calcul irréfutables rendent inutilisable le montant du PIB« , »confusion« , »travestis« , » pouvoir d’achat confisqué« . On refait le monde, avec tous le mécontents derrière. »« les impôts et taxes travestis dans les prix »"

            Troisième étape : n’étant pas économiste, je ne détaillerai pas la suite qui, vous l’aurez noté débute par cette prise en main énergique des problèmes : «  »Maintenant les chiffres«  ». Je ne crains pas d’affirmer que les graphiques c’est du n’importe quoi. En réalité, le sophisme repose sur la supercherie qui consiste à amalgamer les déficits publics avec les prélèvements obligatoires pour insinuer que ces derniers sont en augmentation dramatique et qu’il est urgent de réagir.

            D’où la conclusion « irréfutable » : «  » Les chiffres dénoncent notre machine infernale à détruire l’emploi et le pouvoir d’achat ainsi qu’à ruiner l’Etat construite au moyen de prélèvements obligatoires toujours croissants «  ».

            Désignation des coupables, après les précautions hypocrites «  » les Français… sont disposés à travailler raisonnablement pour les autres, pour ceux qui assument des fonctions publiques … et aussi pour ceux frappés par le malheur qui les met hors d’état de travailler.«  » Mais ! «  » Mais tant ceux qui font eux-mêmes leur emploi (artisans, commerçants, petites entreprises, etc.) que ceux qui offrent du travail aux autres ressentent bien le discrédit qui les frappe, les réglementations qui les paralysent, la ruine qui les menace du fait de toutes ces contraintes comme aussi du fait de prélèvements obligatoires excessifs«  ». Nous y voilà.

            La conclusion ’coule de source : «  » Il n’y a pas d’annonce de réduction sérieuse et substantielle des prélèvements obligatoires. Il n’y a pas en vue de démantèlement du carcan étatique paralysant le pays«  ».

            Que l’auteur nous dise ici quels sont les prélèvements obligatoires qu’il appelle à supprimer. Cela économisera ce long article qui n’est qu’une vaste fumisterie, et aura le mérite d’être clair.

            Agoravox aurait dû publier cet article en Tribune libre : tout le monde peut se tromper.


          • Roland Verhille Roland Verhille 4 décembre 2007 09:41

            Graph6 : Les prélèvements obligatoires sont les cotisations et impôts prélevés directement ou indirectement sur les revenus. Ils ne suffisent pas à financer les dépenses publiques, qui occasionnent des déficits comblés par des emprunts. Ces emprunts sont en réalité un prélèvement obligatoire de l’épargne qui appauvrit les Français. Ils le voient, eux ou leurs enfants, quand l’État rembourse des dettes au moyen d’impôts affectés à cet effet. D’où la comparaison du graphique entre ce que les travailleurs encaissent au moment où ils travaillent, et ce que l’État prélève, tous moyens confondus, sur le produit de leur travail.

            Qui gagne ? Désolé, vos réponses, c’est tout faux. Personne ne gagne, tout le monde perd, même ceux que vous présentez, en pensant à ma place, comme étant des gagnants. Si votre pâtissier découragé de travailler ne vous sert que la moitié du gâteau commandé pour le Noël de votre famille, même ceux auxquels vous donnez une part plus grande que celle des autres en auront moins qu’avec le gâteau que vous aviez commandé.

            Lister ce que sont les PO : ce sont tous les prélèvements obligatoires, vous l’avez bien compris. Mais si vous n’en payez pas, ou si vous les payez sans le savoir, allez sur le site de l’INSEE, vous trouverez ceux qui sont payés à l’État. En cherchant un peu, vous trouverez aussi ceux qui sont payés à la communauté européenne, et ceux qui sont payés aux entreprises qui les encaissent en contrepartie des prestations sociales versées par elles. Mais votre réponse me dit que vous savez de quoi il s’agit.

            Lesquels (PO) je voudrais voir baisser : en baissant d’environ 16% les dépenses publiques, ce qui n’est pas un monde, l’État pourrait provoquer une augmentation d’environ 25% (un quart !) du pouvoir d’achat des travailleurs. Les dépenses à supprimer, ce sont celles qui ne sont que gaspillage. Vous pensez qu’il n’y en a pas ? Si oui, alors on ne pense pas la même chose. Les PO à baisser ou supprimer, je n’ai pas d’idée préconçue là-dessus, mais il faut supprimer d’abord ceux qui pèsent le plus directement sur les revenus du travail.

            Que fait Sarko demandez vous ? Mais tout et rien que ce que peux faire un État, prendre aux uns pour le donner aux autres. C’est pourquoi tout le monde y gagne en veillant à ce qu’il n’en fasse pas trop !

            La casse prévue du droit du travail : mais si c’est un droit qui casse l’emploi, tous y gagnent à le casser. La ruine de la protection sociale : mais c’est fait.

            Mon texte est écrit par moi-même, je ne suis le cheval de Troie de personne, je ne suis affilié à aucune organisation, je ne suis que l’émule de mon cerveau et de la documentation qui l’alimente.

            J’attends avec grand intérêt de lire ce que vous pensez, mais s’il vous plait, essayez de pensez par vous-même, sans me rabâcher ce que d’autres ont pensé sans réfléchir ou en trompant les autres.


          • JL JL 4 décembre 2007 10:25

            Votre réponse n’était pas sans intérêt et j’aurais aimé en discuter. Votre dernière phrase m’en a dissuadé. Je ne vous salue pas.


          • Roland Verhille Roland Verhille 4 décembre 2007 10:44

            J.L., oui, tout le monde peut se tromper, vous comme moi. Ceux à condamner sont seulement ceux qui trompent les autres en le sachant, ou en faisant un métier qui suppose de le savoir.

            Un grand merci pour le compliment que vous me faites d’être capable de déstructurer la pensée d’autrui et de la re-programmer. Mais vous vous trompez, je n’en suis pas capable. Mon propos n’est pas du tout de changer hypocritement les pensées et croyances d’autrui qui font leur bonheur. Il est seulement d’alimenter leur pensée en documentation rigoureuse et vérifiable, au besoin en corrigeant celles qui leur sont servies par ailleurs et qui sont fausses.

            Sur le PIB, il ne s’agit pas de doutes, mais de certitudes. J’en ai publié la démonstration scientifique (preuve comptable, preuve mathématique qui suffit, preuves par l’absurde). Étudiez donc cette publication, et montrez moi où et en quoi je me suis trompé.

            Vous n’êtes pas économiste, ce n’est pas une tare. Mieux vaut peut-être ne pas l’être, à voir comment les économistes ont expliqué la pénurie d’emploi et de pouvoir d’achat, et à voir les politiques économiques qu’ils ont inspirées.

            Les graphiques, c’est du n’importe quoi ? Il ne faut pas être économiste pour savoir lire un chiffre et la transposition de son évolution en graphique. Et les chiffres que j’ai présentés, après avoir fait un travail dont vous n’imaginez pas l’importance pour qu’ils expriment des réalités, disent quelque chose de concret bien identifié.

            Il y aurait sophisme et supercherie à montrer une augmentation dramatique des prélèvements obligatoires en leur ajoutant les déficits publics. Mais vous n’avez pas examiné le Graph6, il montre séparément les prélèvements obligatoires avec la courbe que vous critiquez. Il ne faut pas prendre l’une pour l’autre. Et vous pensez que les prélèvements obligatoires sur la rémunération du travail, même outranciers, sont bénéfiques pour tout le monde, qu’ils n’ont pas d’effet sur la « propension à travailler », sur la croissance de l’économie et des revenus ?

            J’ai beau lire et relire l’avalanche d’objections que vous me présentez, je n’y ai pas trouvé la moindre évidence que l’un ou l’autre des chiffres présentés soit erroné. Je n’y ai pas non plus trouvé où et en quoi j’aurais déduit de ces chiffres une conclusion qu’ils ne contiennent pas eux-mêmes.

            Seulement affubler un exposé de qualificatifs dévalorisant n’est pas réfuter ce qui y est présenté.


          • xa 4 décembre 2007 14:24

            Je dois avouer que je ne comprends pas votre graphe 6. Sans doute parce que votre définition du PIB m’apparait curieuse.

            « Le PIB est présenté comme étant le montant calculé par les statisticiens de l’Insee du produit de l’activité économique des résidents du pays (tous les biens et services produits) », selon vos dires.

            Il faudrait ajouter que ne sont comptabilisés que les biens et services FINAUX.

            Ex : on compte le pain, vendu tel quel, mais pas la farine vendue au boulanger puisque son impact dans le PIB est inclut dans le prix du pain...

            Ce mécanisme permet d’éviter de compter 2 fois les produits intermédiaires.

            Par ailleurs, l’amortissement des outils de production est inclus, comme vous le précisez vous même, dans les prix finaux.

            Du coup, j’ai l’impression que dans votre graphe 6 vous avez retranché des « produits » qui n’étaient pas inclus dans le PIB à l’origine. Ca vous permet de « reduire » la valeur de ce PIB « rectifié », et donc d’augmenter la proportion des prélèvements par rapport à ce nouveau PIB (valeur réelle des prl / pib rectifié > valeur réelle des prl / PI officiel). D’où un graphe montrant des prélèvements + déficit, au passage vous auriez pû dire les dépenses cumulées l’Etat, dépassant les 80% de votre PIB rectifié...

            « Il ne faut pas etre economiste pour lire un graphique ».

            Certes, certes. Mais une explication plus claire sur ce que vous présentez, expliquant comment vous avez obtenu ces graphes permet d’avoir une idée de leur validité. C’est une base en statistiques. Il faut relire votre texte plusieurs fois pour comprendre que l’échelle % du PIB est basé sur un rectification du PIB qui me paraît pour le moins farfelue.


          • Roland Verhille Roland Verhille 4 décembre 2007 16:18

            Merci de m’avoir lu, et même plusieurs fois, c’est sûr, je le vois à votre commentaire. Rassurez vous, mes trois rectifications du PIB ne sont pas du tout farfelues, ce n’est pas du tout mon genre ! Et si vous étudiez votre bulletin de paie, vous verrez que cela recoupe mes chiffres.

            Vous me dites que c’est en réduisant le montant du PIB que j’augmente la proportion des prélèvements obligatoires. Moi je prouve que c’est en augmentant énormément (d’environ 70% en 2006) le montant de la production intérieure réelle que l’INSEE baisse la proportion de ces prélèvements. Je suis tellement fondé à le dire que j’écris publiquement, sans crainte d’être traîné devant les juges, que le taux des prélèvements obligatoires publié par l’INSEE (44% pour 2006) est une imposture, tellement il est incroyable.

            Voici mes corrections du montant du PIB de 2006 (milliard d’euros) : PIB : 1 792 ; Déduit : Impôts indirects moins les subventions compris dans les produits et services : 245 ; Consommation de capital fixe hors taxes, Administrations publiques non comprise : 175 ; Biens et services produits par les administrations publiques, 299 ; Produit intérieur rectifié : 1 073.

            Que les prélèvement obligatoires, déficits compris, atteignent 80%, cela a l’air de prouver que mon calcul est faux, tellement ce taux est élevé (même un professeur agrégé s’y est laissé piéger). Cela s’explique simplement : Ces prélèvements frappent le coût du travail salarial et indépendant, y compris les résultats des sociétés. Mais ils frappent aussi les revenus « redistribués » issus d’un transfert en provenance des premiers revenus, qui seuls constituent le montant de la production intérieure. En somme, avec la redistribution des revenus opérée par l’État au moyen de ses prélèvements, l’État prélève deux fois sur le même revenu, une fois sur celui d’origine, une deuxième fois sur celui qu’il a redistribué. C’est pourquoi il faut comprendre le taux des prélèvements obligatoires, même celui corrigé, comme mesurant seulement la proportion du produit du travail des gens qui passe et repasse dans les caisses de l’État. Ce n’est pas un taux de pression socialo fiscale

            Maintenant, voici un recoupement opéré au vu d’un bulletin de paie, faites le même avec le vôtre : Employé non cadre, célibataire, brut moyen mensuel 2003 de 1674 € (enquête INSEE) : Valeur du travail portée au calcul du PIB, brut plus charges patronales, 2364 ; Total des charges, patronales plus retenues, 1062 ; impôt 2007 sur revenus 2006, 63 ; Taxe habitation et impôt foncier, estimation, 75 ; impôts indirects moins subventions dans les prix, 187 ; total prélevé, 1386, soit 59% de la valeur du travail. Cadre, célibataire, brut moyen mensuel 2003 de 4558€ (enquête INSEE) : Valeur du travail portée au calcul du PIB, brut plus charges patronales, 6503 ; Total des charges, patronales plus retenues, 2929 ; impôt 2007 sur revenus 2006, 561 ; Taxe habitation et impôt foncier, estimation, 150 ; impôts indirects moins subventions dans les prix, 460 ; total prélevé, 4100, soit 63% de la valeur du travail.

            Je ne pouvais pas expliquer tout cela dans l’article, il eût été trop long, mais j’ai expliqué en début d’article les principes de ces corrections.


          • Aristide 5 décembre 2007 00:24

            Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées des agents économiques résidents. Il comprend la somme de la valeur ajoutée des biens et services marchands et la somme de la valeur ajoutée des services non marchands. La valeur ajoutée des biens et services marchands est déterminée par les comptes annuels des entreprises.Elle ne pose pas de problèmes.Elle correspond au PIB marchand. La valeur des services non marchands est déterminée en considérant que ces services valent au moins ce qu’ils coûtent.En effet par exemple les administrations publiques rendent des services gratuitement,mais ce n’est qu’une gratuité apparente puisqu’ils sont payées par les prélèvements obligatoires.Elle correspond au PIB non marchand. C’est une approche simplifiée de la décomposition du PIB.Elle permet cependant de mettre en évidence que les prélèvements obligatoires ne sont pas repris deux fois dans le calcul du PIB par l’INSEE.En effet la lecture du compte de résultat d’une entreprises permet de constater que les charges sociales et fiscales sont exclues de la valeur ajoutée.(définition des soldes intermédiaires de gestion) A mon avis les calculs de ROLAND VERHILLE sont inexacts.


            • Roland Verhille Roland Verhille 5 décembre 2007 08:11

              Merci pour ce commentaire qui pose clairement la question débattue par les statisticiens des « doubles emplois ». Vous m’ouvrez ainsi la porte de leurs discussions en chambre des années 60, discussions incomplètes, et qu’ils n’ont pas réussi à trancher, parce qu’ils se bornent à des échanges d’arguments, sans mettre les pieds dans le plat de chiffres. (Pour leurs discussions, voyez « Une histoire de la comptabilité nationale », par André Vanoli, page 317 pour l’édition de 2002 à La découverte). Mais je ne soutiens pas que ce soit tous les prélèvements obligatoires qui sont compris deux fois dans le PIB, il s’agit seulement d’une partie d’entre eux, principalement des impôts.

              Avant de mettre les pieds dans ce plat, sachez que les comptables se méfient tellement d’eux-mêmes que leur vérification préférée, c’est le contrôle par recoupement. Cela consiste à vérifier une donnée comptable en la confrontant à une donnée extérieure au calcul comptable. C’est ce que j’ai fait dans ma réponse à xa en lui opposant le calcul du taux des prélèvements obligatoires au moyen d’un bulletin de paie. Je vous réponds donc d’abord par une observation simple : si vous croyez que le calcul INSEE du PIB est exact, alors en voyant le taux INSEE des prélèvements obligatoires de 44% du PIB pour 2006, et en le comparant avec le vôtre fait à partir de votre petite comptabilité nationale élémentaire (votre rémunération, charges patronales comprises, c’est bien votre partie du PIB national ?), vous devez vous dire que vous êtes injustement matraqué en payant des prélèvements supérieurs de plus de 50% à cette prétendue moyenne nationale de 44%.

              Maintenant, mettons les chiffres sur la table (impossible ou trop difficile de les présenter ici en tableau, construisez le pour vous, cela ira mieux) :

              PIB 2006 : 1792 milliards d’euros. Dont impôts sur les produits moins subventions aux produits (cad ajoutés aux prix de vente hors taxes des entreprises) compris dans les prix de vente des entreprises) : 192 ; * Revenus : valeur ajouté brute : 1600. Composition de cette valeur ajoutée : Rémunération des salariés : 931, dont 235 pour ceux des administrations publiques ; Excédent brut d’exploitation : 617, dont 45 pour les administrations publiques ; Impôts sur la production (compris dans les prix de vente hors taxes des entreprises) : 281, dont 8 payés par les administration publiques à elles-mêmes ; Subventions à la production (aussi comprises dans les prix de vente hors taxes des entreprises) : -36, dont -3 aux administrations publiques. Malheureusement, l’INSEE ne décompose plus la valeur ajoutée en ses parties marchandes et non marchandes. On sait seulement que la VA des administrations comprend 48 de production marchande. * Calcul selon les biens et services utilisés, en prix de marché (TTC) ou en coût : utilisés par le secteur privé (sociétés et ménages, ainsi que reste du monde), 1116 ; Utilisés par les administrations publiques : 439, dont 46 payés avec le produit d’emprunts, soit payés avec leur revenu : 393.

              Revenons maintenant à nos doubles emplois. Laissons de côté la consommation de capital fixe (237) qui n’est pas déduite, même les statisticiens de l’INSEE et leurs collègues du monde entier ont maintenant compris qu’il faut la déduire, et ils le font dans leurs comptes. J’espère ne pas vous infliger une migraine, car il faut peut-être lire plusieurs fois ma courte explication !

              Vous comprenez que les rémunérations salariales des entreprises sont portées dans les prix de leurs produits. Vous comprenez que ces rémunérations servent à payer les produits marchands achetés. Ces produits contiennent les impôts sur les produits et les impôts sur la production, les rémunérations salariales aussi donc. Mais la partie des prix composée de ces impôts, c’est bien des prélèvements obligatoires, pas des biens et services achetés. Ajouter à ces salaires, ces impôts, soit compris dans les prix hors taxes et dans la valeur ajouté, soit les ajouter à la valeur ajoutée pour calculer le PIB, c’est bien les compter deux fois.

              Même chose pour les services non marchands produits par les administrations publiques. Vous comprenez qu’ils sont calculés en additionnant ce qu’ils ont coûté. Ce qu’ils ont coûté est payé par les administrations publiques au moyen des prélèvements obligatoires (les impôts) payés directement ou indirectement au travers des prix par les salariés et les travailleurs indépendants ainsi que les sociétés. Comme pour les impôts travestis dans le prix des produits, les mêmes d’ailleurs en grande partie, ces moyens de payer les coûts des services non marchands des administrations publiques sont compris dans les salaires et autres revenus composant la valeur ajoutée. Pour vous le montrer plus simplement, voyez seulement les rémunérations salariales comprises dans la valeur ajoutée. Celles versée par les administrations publiques (235) sont bien payées avec des prélèvements opérés par ces administrations sur les autres rémunérations salariales (934 - 235 = 696). Ces 696 contiennent bien une partie du nécessaire pour payer ces 235. Les ajouter aux 696 pour les calculs de la valeur ajoutée et du PIB, c’est bien les compter deux fois.

              Je demande aux lecteurs d’excusez la longueur de ma réponse ; mais si on veut trancher cette question des doubles emplois sans trop entrer dans de la pure technique et dans une démonstration mathématique, il faut expliquer au moins cela.

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