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Accueil du site > Actualités > Economie > Le prix du livre a fait la fortune de la Fnac

Le prix du livre a fait la fortune de la Fnac

La loi Lang fait partie des mythes français entretenus par notre élite intellectuelle, celle qui prétend défendre avec ardeur la culture française contre la marchandisation. Son slogan : un livre cher et des petits libraires fiers. Le succès n’est pas franchement au rendez-vous.

medium_Jack.JPGLa « loi Lang » permet aux éditeurs, depuis le 10 août 1981, de fixer un prix unique du livre au détail. Marqué au dos du livre, ce tarif s’impose à tous les revendeurs avec une marge de 5 %, qu’il s’agisse du petit libraire, d’une grande surface ou d’une chaîne de librairies. Le monde de la culture révère encore de nos jours cette loi comme si elle avait sauvé les petits libraires et encouragé ainsi la production éditoriale en France. La recette est bien connue des socialistes : on fige les prix, on limite la concurrence, et tout s’améliore pour tout le monde. Qu’en est-il vraiment ?

Tout d’abord, le consommateur paie le livre au prix fort s’il n’en attend pas la sortie en poche (ou s’il ne trouve pas un exemplaire d’occasion chez Gibert Jeune, etc.). Pas de promotion « Trois livres pour le prix de deux » comme on en trouve dans les librairies du monde entier. Pas de coups ciblés, de braderie sur les stocks difficiles à écouler. Les classes moyennes supérieures sont peu sensibles aux quelques euros de différence que cela peut représenter, et tant pis pour les plus défavorisés : ils n’ont qu’à s’adresser aux bibliothèques municipales, après tout.

medium_FNAC.JPGEnsuite, cette loi a garanti le succès du concept de la Fnac, qui s’est trouvée mécaniquement à la tête de revenus récurrents massifs : négociant plus agressivement ses achats de livres que les petits libraires, son réseau a ainsi pu disposer de conditions facilitées de reprise des invendus et de plans de règlement également favorables, avec une marge par livre considérablement supérieure à celle des petits libraires. Cette manne tombée du ciel... pardon, de Jack Lang, a ainsi financé son expansion dans les centres des villes, payée à prix d’or (elle seule en avait les moyens), la multiplication de son offre autour de la culture, pour devenir ainsi le centre de la vie culturelle marchande de toutes les grandes villes de France.

Le modèle économique de la vente de livres a rapidement évolué avec la multiplication de la production littéraire, formule fourre-tout qui comptabilise aussi bien les livres de cuisine (certes passionnants) que les romans de gare ou la littérature : les consommateurs ont cherché des lieux centraux, vastes et bien fournis, afin de trouver de nombreuses références. Quel plaisir que de passer du polar au bouquin de sociologie et, furtivement, passer par la photo (hhmm, le dernier David Hamilton... ou Helmut Newton, si vous avez honte de la vulgarité du premier et préférez l’art au lard), faire une pose BD puis repartir avec le dernier Nietzsche pour faire sérieux (excellent pour bloquer le pied d’un meuble bancal). Bref, le petit libraire a vu son public se tourner vers la Fnac la plus proche, où il faisait bon déambuler, feuilleter les livres au passage et, finalement, craquer pour plein de disques, de BD et de volumes qu’on n’aurait jamais eu l’idée d’acheter chez le petit libraire. Nombre d’entre eux sont morts de découragement. Ils ne représentent plus que le quart de la vente de livres en France. La Fnac a pris une place dominante et n’a pas laissé aux libraires le temps de se structurer en réseaux, avec une centrale d’achat propre et des conditions de négociation avantageuses.

Avec la place croissante d’Internet, le modèle économique de la librairie est encore en évolution rapide. Il est dorénavant facile de trouver un livre en français, publié par un éditeur étranger non soumis à la Loi Lang, à un tarif moins élevé que le tarif officiel fixé par nos éditeurs nationaux. Même avec les frais de port, le consommateur est gagnant. Et puis la jeune génération lit de plus en plus en anglais : offre pléthorique dans tous les domaines littéraires, prix agressifs ! Bref, la loi Lang, comme toutes les lois de fixation arbitraire des prix, a entraîné des effets pervers dont nous aurons du mal à sortir. Le programme Marketplace d’Amazon a incité de nombreux libraires indépendants à rejoindre Amazon qui offre un gros débouché... mais diminue leur marge de 15 %. Le processus en cours est inéluctable : le prix fixe du livre a offert un avantage colossal à un grand réseau comme la Fnac, sans changer l’évolution des attentes des consommateurs, de plus en plus exigeants en termes de qualité et de diversité de l’offre.

Aujourd’hui, la question du prix du livre reste un tabou que les éditeurs sont les derniers à remettre en question. Les petits libraires, qui ont survécu en déployant tout leur talent dans la sélection ciblée et le conseil, payent leurs stocks au prix fort. Et puis Jack Lang reste le Mao de la culture : l’icône adorée du désastre inavoué.


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37 réactions à cet article    


  • teaki (---.---.48.204) 18 janvier 2007 12:08

    Point de vue très intéressant. Effectivement, l’enrichissement est mécanique pour la Fnac et merci Monsieur Lang ! Mais pourquoi les libraires indépendants n’ont pas su s’allier pour mettre en place une centrale d’achats et pallier aux mastodontes de la Grande distribution culturelle ? Les petits se plaignent souvent mais n’entreprennent pas. Par manque de temps, par plaisir de rester dans sa petite activité circonscrite, par peur d’être exposé ? Pour moi, c’est un mystère et une preuve de plus que les gens sont des moutons et qu’ils aiment se faire tondre. Mon propos est politiquement incorrect mais avouez que les libraires se plaignent sans arrêt de leur marge faible mais ne font pas beaucoup d’efforts pour s’allier, mettre en place une politique d’approvisionnement et de gestion des stocks commune (avec Internet, il n’y a plus d’excuses)ainsi qu’une politique commerciale plus agressive. Au fond qu’est ce qu’un libraire ? Etre libraire, est-ce lire, choisir et conseiller ou acheter et vendre au meilleur prix ? Les deux sans doute. Mais ceux qui se réclament de la 1ere catégorie prennent souvent comme excuse la qualité versus l’efficacité commerciale. Pourquoi donc ? les premiers qui en pâtissent sont les auteurs qui s’engouffrent ambition, talents et illusions compris, dans le goulet d’étranglement de l’édition. Si les libraires avaient plus envie de « faire fortune » comme la Fnac, les auteurs vivraient mieux en France. Du moins, ce marché suivrait davantage des codes de marché plus rationnels que le simple « j’aime, j’aime pas, j’ai le temps, j’ai pas le temps ». La comparaison avec le monde anglo-saxon est d’autant plus judicieuse qu’elle éclaire le côté artisanal de notre marché éditorial. A quand des libraires décomplexés ? Voeu pieux d’auteur pour 2007


    • gem gem 18 janvier 2007 20:14

      pour savoir pourquoi les petits n’ont pas pu/su s’allier, il suffit de lire « au bonheur des dames ».


    • blurp (---.---.104.18) 18 janvier 2007 12:33

      Peut etre que la fnac a fait fortune, mais je vous rappelle qu elle ne vend pas que du livre, loin de la, et que ce n’est pas avec le livre qu’elle fait ses plus gros benefices... Oui la loi Lang sur le prix du livre n’est pas la panacée, faute aux gros éditeurs qui ne jouent pas tous le jeu, mais elle protege quand meme -un peu- la chaine du livre des méfaits des « librairies décomplexées ». Sans cette loi vous ne trouveriez dans votre librairie preferée que de la soupe commerciale digne des pires moments de M6 ou TF1, qui eux sont completement décomplexés. Signé : un petit libraire complexé et fier de l’être !


      • Aurelien Veron 18 janvier 2007 13:06

        Les grandes surfaces, qui ont ainsi conquis un marché lucratif (et qui se battent pour développer leurs propres « lignes de livres » moins chers tant la marge des livres des grands éditeurs est forte pour eux) et mis en avant les livres les moins exigeants intellectuellement : pas de vendeurs pour conseiller le lecteur, tout est facile à lire.

        La FNAC n’aurait jamais pu s’installer sur les spots les plus chers en centre ville si elle s’était cantonnée à l’électroménager comme Darty par exemple. Le livre, c’est à la fois une marge élevée, une image de prestige intellectuel qui attire les cadres et classes moyennes supérieures. Entre 1983 et 1990, il ; me semble que la part de marché de la FNAC dans les ventes de livre passe de 3 à 12 % ! Ce n’est pas rien.

        Enfin, les petits libraires restent confrontés à l’exploitation modeste sur un m2 qui grimpe vite, aux charges URSSAF qui limitent le nombre d’employés...et donc de vente de livres. Ils ont du mal à étoffer leur offre s’ils ne disposent pas de la surface nécessaire ou de la tréso pour disposer de stocks qui assurent la diversité ou investir sur un nouveau créneau (surtout que leurs conditions d’avance de tréso, de reprise des invendus ne sont pas les mêmes que les grosses centrales d’achat). Heureusement, certains ont su jouer sur la qualité de l’accueil et de la sélection et sur des niches qui marchent.

        Petit libraire, ai-je tort sur ces points ?


      • blurp (---.---.104.18) 18 janvier 2007 19:24

        reponse à l’auteur : Oui les grandes surfaces ont conquis un marché lucratif tout simplement parce qu’elles veulent TOUT vendre : les éditeurs se sont engoufrés dans la breche et font eux-meme le travail, selection des titres, mise en place, tri des invendus... et les grandes surfaces encaissent leur royalties. Ce sont les éditeurs eux memes qui tirent le marché vers le bas dans les grandes surfaces, Hachette en tête. Effectivement la Fnac c’est le Darty du livre. Cette activité leur permet d’avoir une image « intello ». Contrairement aux grandes surfaces generalistes ils font un travail de libraire, et sont bien placés pour « presser le citron » du cote des editeurs, sans parler du reste (par exemple leur marge honteuse sur la revente des reservations de spectacles ). Intello mais pas philantrope. Oui les petits libraires n’ont pas les moyens de faire leur metier. Ils financent les editeurs avec les « offices » (des nouveautés que les editeurs leur envoient sans qu’ils les demandent, et qu’il ne peuvent renvoyer qu’au bout de 6 mois en payant le port alors qu’ils ont deja paye l’editeur depuis 4 mois au moins ), à tel point qu’on dit que plus l’édition va mal, plus il y a de nouveautés sur le marché ! Les marges faibles ne permettent pas d’avoir le personnel suffisant. Sans parler du marche du livre scolaire où on est proche d’un systeme mafieux. Comme le petit librairie est la vache à lait de l’éditeur, les gros editeurs voient d’un mauvais oeil les groupements et les centrales d’achat de libraires et font en sorte qu’elles ne fonctionnent pas. D’accord les librairies de centre ville n’ont que la qualité de l’accueil et le conseil pour survivre. Et des niches bien spécifiques mais seulement dans les grandes villes. Le client ne se rend compte de leur utilité que le jour où il voit un ecriteau « fermeture definitive » sur la porte.


      • Kazar (---.---.9.186) 18 janvier 2007 12:43

        ne pas oublier la possibilité d’acheter vos livres tout simpelemnt d’occasion sur Ebay ou priceminister, par exemple. Deux avantages
        - c’est moins cher que du neuf ;
        - c’est écologique puisque c’est de l’occasion.

        Bonnes lectures à tous.


        • blurp (---.---.104.18) 18 janvier 2007 19:28

          Decidement, l’ecologie est à toutes les sauces en ce moment.


        • Jojo2 (---.---.158.64) 18 janvier 2007 14:38

          C’est poilant de voir un libéral refuser la négociation pour achat au plus bas prix...Le but c’est de faire du fric, pas de vendre de la culture. Si le prix de vente est libre, eh bien les grosses enseignes feront le petit commerce -5% (cad + cher que maintenant) et continueront de négocier l’achat en grandes quantités, comme pour les yaourts...


          • jamesdu75 jamesdu75 18 janvier 2007 14:49

            Je vais aller a contre courant de l’article. Je vous garantie que c’est pas dans les bouquins qu’ils gagnent le plus d’argent, les marges sont faibles contrairement a la Hifi Video informatique ou ils ont une mage d’environ 30 % sur le matériel sans compter les services.

            Sur certains materiel les marges sont a peine plus elevé que le pris du stockage (environ 2%) comme les consoles de jeux.

            Donc le probleme est deplacé, comme il a été dit la Fnac vend des bouquins pour faire plus intelligents par apport a Darty (qui menagère de moins de 50 ans) et fait moins « Djeunesses » qui ecoutent du rock chez Virgin.

            De toute facon la Fnac c’est le tout client de preferences assez riches et qui n’y connait rien a rien ( cadres qui veut tout, tout de suite sans comprendre le pourquoi du comment)


            • Rocla (---.---.249.104) 18 janvier 2007 15:04

              Le sussiez-vous ?

              FNAC = Fédération Nationale d’ Achat des Cadres

              et non

              Fauchés ,Nécessiteux , Allez à Côté .

              Rocla


            • jamesdu75 jamesdu75 18 janvier 2007 15:17

              Trés marrant............... pour une fois smiley


            • louis mandrin (---.---.36.85) 18 janvier 2007 16:46

              cette pourriture à la solde des majors est l’incarnation parfaite de ce que les français ne veulent plus voir en politique, des pseudo gauchistes caviardisés jusqu’à l’os, qui vivent sur le dos du contribuable et qui, au nom d’intérêts privés bafouent les droits élémentaires de liberté du peuple...dire que sainte ségo l’a pris comme conseiller spécial et lui a promis de faire la part belle à ses amis friqués si elle est élue, tout çà pour le prix de son retournement de veste....rien que parce qu’il est là, je ne voterai pas pour elle aux prochaines élections ...dadvsi, tu as cru nous avoir, la vengeance est un plat qui se savoure froid


              • Philippe Moreau Philippe Moreau 18 janvier 2007 17:03

                Etant éditeur, je connais assez bien le problème. Alors... La FNAC réalise une marge très faible sur les livres. Elle réalise ses plus gros bénéfices sur le high-tech, qui est quasiment le seul secteur en France où la consommation progresse de façon significative. L’INSEE a calculé récemment que les ménages n’hésitent pas à se priver même de de biens de première nécessité pour acquérir des lecteurs DVD, des téléphones portables (et le forfait qui va avec) ou des télés plasmas. Parce que leur valeur symbolique dépasse leur valeur d’utilité, un peu comme les livres à une époque.

                La FNAC fait l’objet depuis quelque temps de rumeurs de cession par sa maison-mère, PPR, plusieurs fois démenties, mais persistantes. Ce qui indique que des changements stratégiques sont dans l’air. Donc, il faut rester prudent dans les analyses qu’on peut en faire.

                Tirer sur le prix unique du livre, qui est à peu près la seule action publique d’envergure existant en France pour défendre le secteur du livre, au prétexte qu’il aurait enrichi la FNAC, est assez paradoxal...

                Car, sans prix unique du livre, on obtient la situation américaine : des librairies de type ED pour la décoration et l’accueil, où sont entassées des piles de best-sellers, avec une rotation de quelques jours...

                La FNAC s’en sortira très bien, parce qu’elle aura la capacité de s’adapter et que, encore une fois, elle fait ses plus grosses marges d’autres produits. A ceci près qu’il y a, actuellement, un fond important à la FNAC. Des milliers de références. Et que ça, ça sera terminé sans le prix unique. Vous aurez intérêt à aimer Marc Lévy...

                Vous pourrez aussi dire adieu à tous les libraires indépendants, qui sont déjà en difficulté, mais qui n’auront plus qu’à mettre la clé sous la porte. Parce que si Auchan baisse ses prix de 20 %, je ne vois pas comment un libraire indépendant, qui a déjà difficilement les moyens de se verser le SMIC, peut espérer s’en sortir ! Donc, exit la librairie de quartier.

                Et je ne vous parle pas des éditeurs, qui seront encore plus concentrés et encore moins nombreux qu’auparavant, avec l’obligation de ne faire que des best-sellers. Ce qui va changer votre quotidien, croyez-moi. Parce que les livres, ce ne sont pas que les livres... Ce sont aussi tout ce qu’ils inspirent : conversations, débats à la télé, débats dans les journaux, conversations, films, téléfilms...

                Enfin, ceux qui souffriront le plus de cette mesure, en dehors des libraires et des éditeurs, ce sont les auteurs. Un fossé se creuse déjà entre les auteurs les plus riches, et les autres, faute d’une politique publique digne de ce nom en faveur du livre. Alors, si on baisse encore le prix des livres... On préfère ne pas imaginer...


                • Aurelien Veron 18 janvier 2007 17:58

                  Le public des grandes surfaces et ses attentes ne sont pas les mêmes que ceux des centres ville. Cela explique que les petits commerces ont su se maintenir en apportant une satisfaction renouvelée (proximité, sélection, accueil ...) aux consommateurs. Et puis le spectre existant est large. La Hune ne vend pas les mêmes ouvrages non plus que Del Duca boulevard des Italiens ou qu’un Carrefour. Et puis Amazon est venu tout bouleverser. Bref, vous mélangez les termes de la question. Votre corporatisme vous fait défendre le prix du livre cher, tant pis pour le pouvoir d’achat du lecteur. Et je confirme que de nombreux livres sont moins chers dans les pays sans prix encadré. Les libraires US, anglais ou d’autres pays moins « infâmants » offrent des bouquins de bon niveau aussi bien qu’en France. Simplement, ils se sont regroupés en chaines qui disposent d’une centrale d’achat et savent bien cibler le public de la zone de chaque boutique, avec des surfaces appropriées.

                  Aucune activité n’a survécu en blindant les prix et en se protégeant de la concurrence. En freinant l’évolution du modèle, cette ineptie a aidé les gros qui bénéficianet de conditions avantageuses, et a eu des répercussions lourdes sur la « consommation de livres » en France. L’unique espoir de ce secteur, c’est de jouer sur la diversité et les niches, sur l’accueil et le conseil et sur la sélection proposée. Comme tous les secteurs, aucun ne fait exception, fut-il « culturel » comme la corporation aime le rappeler.


                • Michael (---.---.112.18) 18 janvier 2007 23:24

                  Pour les auteurs, un nouvel éditeur ricain :

                  www.lulu.com

                  C’est l’avenir : fini la dictature des interlos franchouillards, la pensée unique et glauque, etc.

                  Résultats : Plus de choix pour le lecteur, aux mêmes prix, et même moins cher aussi.


                • Funky Zapata (---.---.76.230) 18 janvier 2007 17:13

                  La démonstration de l’auteur ne tient pas ; le prix unique permet de préserver une marge suffisante pour tous. Evidemment les plus grosses centrales d’achat et de distribution peuvent ménager une plus grosse marge, mais sans prix fixe, elles auraient fait descendre les prix jusqu’à totalement asphyxier les libraires.

                  Enfin allez donc à l’étranger et regarder vraiment si l’ensemble de l’offre de livres est vraiment moins chère qu’en France. A côté de quelques offres très bon marché, il subsiste beaucoup de livres bien plus chers qu’en France. Le prix unique sauve donc surtout les livres à faible tirage.


                  • Forest Ent Forest Ent 18 janvier 2007 17:22

                    Intéressant, mais incomplet. La vente « industrielle » de livres se partage entre grandes surfaces spécialisées ou pas. Carrefour et autres ont donc la moitié de ce marché. Dans l’autre, on trouve effectivement Pinault avec la FNAC, mais aussi Lagardère et Bertelsman. Enfin, ne pas oublier Les « Relay H » de Lagardère. Donc Pinault n’est pas le seul bénéficiaire de cette situation, mais également les actionnaires de Carrefour, Lagardère, ..., c’est à dire en gros toutes les grosses banques de la planète.


                    • Philippe Moreau Philippe Moreau 18 janvier 2007 17:26

                      Les premiers bénéficiaires de ce système sont les petits libraires, les petits libraires et les petits auteurs. La loi Lang protège ces personnes des grands groupes. C’est même la dernière protection qu’ils ont. Les multinationales profiteraient très bien de l’élimination de la loi Lang - elles la réclament déjà -, parce qu’elle éliminerait quasiment du jour au lendemain toute forme de concurrence.


                    • Forest Ent Forest Ent 18 janvier 2007 18:02

                      Si cette loi disparaissait, les grandes surfaces baisseraient les prix quelques années le temps de faire disparaitre encore 20% de libraires sur les 25%, puis les remonteraient brutalement. C’est ce qui s’est passé pour le commerce de viandes au détail. Elles amélioreraient donc leur profit, mais il n’est pas mauvais aujourd’hui puisqu’elles bénéficient d’un prix plancher calculé pour le producteur marginal.

                      Mais il y a de toutes façons beaucoup trop de publications pour qu’un libraire puisse les proposer. Donc il les commande. A mon avis, la seule solution pour qu’il puisse se vendre autre chose que des produits de masse, c’est internet, qui permet de gérer une liste infinie de références et de les commander en juste à temps. Mais ça passerait plus par la Poste que par les libraires.

                      A part ça, j’aime bien Marc Lévy, moi.


                    • Philippe Moreau Philippe Moreau 18 janvier 2007 18:31

                      Je ne dis pas qu’il ne faut pas aimer Marc Lévy, smiley Mais que si on aime autre chose que Marc Lévy, on ne trouvera plus cet autre chose en librairie. Si vous supprimez la loi Lang, les prix baisseront, le temps effectivement - d’accord avec vous - que les petits éditeurs, certains gros éditeurs, tous les libraires indépendants et un certain nombre d’auteurs, maquettistes, correcteurs, illustrateurs... qui vivent des petits éditeurs... disparaissent. Puis les prix réaugmenteront, pour ne vendre que les dix plus gros du moment. C’est un choix de société. Ce n’est pas le mien. C’est pour cela, entre autres, que je vis en France et pas aux Etats-Unis, smiley


                    • Philippe Moreau Philippe Moreau 18 janvier 2007 18:36

                      Avant de condamner des pans entiers de notre vie économique à sombrer corps et âmes... Avec des répercussions dont vous n’avez pas idée sur votre vie et vos habitudes culturelles (la vie culturelle aux Etats-Unis n’a rien à voir, mais alors rien, avec celle que nous connaissons en France)... Faites une étude chiffrée des répercussions de la fin de la Loi Lang. Et une étude qualitative. Regardez ce que cela changera pour le consommateur en termes de prix et de qualité des produits culturels. Et revenez vers nous. Mais là, en l’état actuel de votre argumentation, ce n’est pas convaincant. Vous faites vraiment des erreurs d’analyse. Je ne suis pas « corporatiste ». J’ai fait d’autres métiers et on ne sait pas de quoi demain sera fait. Mais, en revanche, je connais bien le secteur et je vous assure que ce que vous préconisez serait désastreux. A chaque fois qu’on a libéralisé un secteur, le résultat a été le même pour le consommateur : des prix en baisse au début ; des prix en hausse à la fin ; une qualité en baisse du début à la fin...


                      • gem gem 18 janvier 2007 20:10

                        les commentaires plus haut, qu’on soit d’accord ou pas, tenaient la route. Ecrire « condamner des pans entiers de notre vie économique à sombrer corps et âmes », c’est ridicule.

                        Le prix unique, c’est une perfusion à un malade. Ca peut se justifier pour lui permettre de se retaper, mais passer sa vie comme ça, c’est de l’acharnement thérapeutique, inutile et couteux. On a fait la même chose avec le charbon, on n’a même pas encore finit de payer la facture alors que l’extraction est terminée depuis longtemps !


                      • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 18 janvier 2007 18:50

                        Merci d’avoir dit dans votre article ce que je pense (et constate) depuis 1982. Le prix unique du livre, c’est l’assurance de rentabilité à la FNAC et ses clones (Virgin, Leclerc, etc), assortie d’une mise sous perfusion des libraires... en attendant le monopole complet des grandes surfaces de la « culture ». Je suis tout à fait d’accord avec Philippe Moreau sur la stratégie qu’il faut attendre de ces monstres.

                        Il y a encore beaucoup à dire sur la distribution (c’est-à-dire entre l’éditeur et le libraire ou la FNAC). hachette est également distributeur, et marge au passage, sans que ça se voie. Si vous avez des choses à dire sur le sujet, allez-y.

                        Tout ça date (comme par hasard) d’une époque où la FNAC était une entreprise dite « de gauche », avec des « idées ». Proche du PS ? Enfin, proche des caisses du PS ? J’ai soupçonné à l’époque un système de vases communiquants, mais il y a prescription, hein !! Maintenant, je n’y crois plus.

                        Alors, comment s’en sortir (parce que moi, Marc Lévy, bof...) ? Internet et les boutiques en ligne offrent une alternative intéressante, c’est le concept de la longue traîne , qui a déjà fait l’objet d’un article sur Agoravox. A suivre !...


                        • Aurelien Veron 19 janvier 2007 09:58

                          La vision du marché américain du livre est fausse, et je n’ose imaginer votre stérétype de l’Américain moyen (inculte et vulgaire qui se gave de blockbusters avachi dans son canapé avec des popcorns à portée de main ?). Il y existe une très grande diversité, avec notamment une vraie littérature que la France importe largement, comme Don Delillo. On y trouve facilement des libraires, même si ceux-ci appartiennent à des chaines pour les raisons évoquées plus haut.

                          La lecture peut représenter une part vraiment importante dans la vie des gens (pensez aux centres culturels que sont NYK, San Francisco, Boston ...). Présenter ce pays comme un foyer d’inculture quand on est français, c’est l’hôpital qui se fout de la charité !

                          Mais il n’y a pas que les Etats-Unis, de nombreux pays ont un marché du livre épanoui, varié sans avoir dû recourir à cette méthode absurde du prix unique du livre.

                          Enfin, avancer que la concurrence va :
                          - faire baisser puis remonter les prix
                          - faire tomber la qualité des publications
                          - faire disparaître les éditeurs indépendants

                          Il manque dans la foulée :
                          - contribuer au réchauffement climatique
                          - augmenter les inégalités

                          La concurrence entre les revendeurs, c’est d’abord l’amélioration du service pour capter des publics aux attentes différentes. Il y a des périodes de tâtonnement, d’erreurs, mais globalement le service s’améliore ce que confirment tous les exemples de marchés concurrentiels (aviation, automobile, télephonie...) qui excluent naturellement certaines ressources limitées (énergies fossiles) ou aux réglementations coûteuses (eau). Les prix baissent, eh oui. Et ils ne remontent pas car dorénavant, la concurrence est globale et l’information circule mieux avec le net. Déjà, des lecteurs regardent le prix des ouvrages en français publiés par des éditeurs de pays francophones autres que le nôtre.

                          Ensuite, les attentes et les goûts du public ne vont pas sombrer parce que les prix baissent. Avancer pareille ineptie, c’est vraiment prendre les gens pour des cons pour leur vendre des livres le plus cher possible derrière un prétexte fallacieux. Dire que les bons écrivains vont disparaître pour la même raison, c’est aussi se moquer du monde ! Les meilleurs écrivains français ont vécu à une époque sans prix unique du livre, à ce que je sache.


                          • Forest Ent Forest Ent 20 janvier 2007 02:11

                            L’idée que la concurrence va faire baisser puis monter les prix vous semble farfelue ? Elle est pourtant solidement ancrée dans la théorie économique. L’idée « concurrence= baisse des prix » est tout bonnement un dogme, qui ne serait démontrable que dans un marché parfait qui n’existe nulle part, et surtout pas dans le domaine de la grande distribution. L’exemple que j’ai cité sur le commerce de détail des viandes est parfaitement réel, et je vous engage à vous documenter plus avant sur ce marché « privé, dérégulé et concurrentiel ».


                          • Rocou (---.---.231.20) 11 mars 2007 09:37

                            « L’idée »concurrence= baisse des prix« est tout bonnement un dogme, qui ne serait démontrable que dans un marché parfait qui n’existe nulle part »

                            Ce que vous dites est illogique : Si le marché était « parfait » (le fameux modèle de concurrence pure et parfaite), les prix serait identiques partout puisque tout le monde aurait les mêmes infos et même conditions au même moment. C’est justement parce que le marché ne peut-être « parfait » que la concurrence s’exprime. La concurrence, c’est l’exploitation de nos différences ; chacun exploite ses capacités au mieux et chacun trouve ce qu’il cherche selon ses besoins et envies (choix, prix, accueil, etc.)


                          • Toto le héros (---.---.80.120) 19 janvier 2007 12:13

                            • Anthony (---.---.80.120) 19 janvier 2007 12:55

                              Je vis au Canada après avoir vécu en France et en Belgique. Je pense donc avoir un aperçu fidèle de l’offre dont peut bénéficier un lecteur dans quelques grands centres urbains. J’essaierai de dégonfler quelques baudruches lancées par cet article qui aime tant le marché du livre à l’américaine :

                              1. En Belgique, le prix unique du livre n’existe pas. Qui fait donc fortune sur les quelques titres qui rapportent de l’argent (le reste ne constituant que des marges de profit infimes) ? Les grandes surfaces, qui vendent tout (c’est-à-dire des mauvais polars, le Da Vinci Code et Marc Lévy) à -15%.

                              2. La menace que font peser les grands groupes sur l’édition, la diffusion et la librairie sont difficiles à contester. L’auteur de l’article devrait peut-être aller se promener un jour dans une ville moyenne américaine ou canadienne (pas un trou perdu, mais pas NY ni Toronto, càd là où vit la grande majorité de la population) et il verra que le seul accès direct au livre est par les supermarchés du livre, disposant d’un choix très mince (hors les romans Arlequin) et d’un roulement d’une semaine au plus. Vous voulez autre chose ? Allez sur Amazon ! Quant aux éditeurs, allez lire les livres d’André Schiffrin (L’édition sans éditeur) : vous verrez chiffres à l’appui que les grands groupes (Bertelsmann, Hachette,...) possèdent des secteurs presque à 100 % (les dictionnaires, les livres scolaires) et mettent la main petit à petit sur tout le reste, ne laissant survivre que des minuscules maisons obligées pour survivre... de vendre des livres chers. Voyez-vous là un modèle d’égalité ?

                              3. Annuler le prix unique du livre ne revient pas à baisser le prix du livre. A défaut de connaissance économique, un peu de jugeote nous le fait comprendre : cela fait baisser le prix des livres qui rattrapent cette baisse de bénéfice par la masse des ventes (Marc Lévy..., ainsi que les lectures obligatoires dans les écoles, type Maxi-Livres ou Penguin) et cela fait monter le prix de tout le reste (adieu philosophie, essais littéraires, sciences sociales...)

                              4. Bien sûr, le prix unique du livre ne résout pas tout, et cette mesure n’arrête pas les multinationales dans leur soif d’hégémonie (encore une fois, plutôt sur les dicos que sur la poésie, puisque c’est là que le profit est possible). Le cas Hachette en France en témoigne. Mais c’est tout prendre à l’envers que d’accuser le prix unique du livre du succès (en baisse) des librairies FNAC au détriment des petits libraires !


                              • Aurelien Veron 20 janvier 2007 10:12

                                1) Je vous ai confirmé que le modèle a changé et que ls libraires qui survivent doivent avoir une belle surface financière (stocks, diversité de l’offre, surface d’exposition), donc il est normal que les FNAC et autres grandes surfaces gagnent des parts de marché dans la vente de livres. Comme la loi leur assure un prix de revente élevé, même sans avoir le droit de jouer sur les promotions, ils s’en sortent bien mieux encore qe les petits qui ne peuvent pas suivre avec la souplesse ds baisses de prix pour écouler les invendus ou les stocks difficiles (ou tout simplement pour fidéliser les meilleurs clients qui asurent une base au libraire) !

                                2)Vous mélangez la question des éditeurs qui sont rachetés par des grands groupes (c’est un autre débat assez proche, mais là aussi, le modèle évolue), et celle de la vente au détail. Vous critiquez l’Amérique profonde (ou l’Allemagne profonde ou l’Espagne profonde je suppose), mais allez dans les villes de province en France, et regardez le choix. C’est rarement terrible. Heureusement, il y a Amazon...

                                3) Les goûts des lecteurs sont divers, mais il existe toujours des lecteurs plus exigeants sur un plan ou sur un autre que celui qui ne souhaite que « passer un bon moment » (et d’ailleurs, je ne comprends pas votre mépris pour ce public respectable ; je ne partage pas ses goûts, mais c’est lui qui décide de ce qu’il achète...ou non). Il y a des produits phares, têtes de gondole qui attirent le chaland et assurent le résultat du libraire. Pour faire du chiffre et faie vivre son entreprise, le libraire doit pouvoir recourir au effets de tout commerce : promotions, baisses de prix, packages, cartes de fidélités... Allez sur les sites de chaines étrangères, vousverez qu’il existe de nombreux prix très agressifs, et les ventes marchent bien. Pas celles que vous souhaiteriez, mais j’espère que vous n’avez pas la prétention d’imposer à tous votre échelle de valeurs.

                                4) Encore une fois, vous critiquez Hachette, éditeur (et patron de journaux qui recommandent les livres du groupe), et défendez une loi qui, sans bloquer une évoltion naturelle qui correspond aux attentes des lecteurs, fait le bénéfice d’autres gros groupes de distribution aux dépens du consommateur captif de prix élevés.


                              • Philippe Moreau Philippe Moreau 19 janvier 2007 14:49

                                Je pense que vous n’avez pas dû visiter beaucoup de villes américaines. A part à New-York, qui est une exception, et dans quelques grosses villes américaines, les librairies sont constituées, pour l’essentiel, d’espaces sans âme éclairés au néon avec des vendeurs totalement incompétents, qui vendent les dix best-sellers du moment, avec une rotation très forte. Je n’en tire pas de jugement sur les lecteurs américains, qui aimeraient sans doute, comme tous les consommateurs, avoir davantage de choix.

                                Ils aimeraient, je pense, disposer des mêmes prix qu’en France. Parce que la dérégulation a entraîné là-bas, comme partout, une hausse des prix.

                                C’est un phénomène économique qui a été très étudié et qui est maintenant tout à fait établi, la dérégulation entraîne :

                                - D’abord une baisse des prix, donc une élimination de la concurrence, avec la survie des seuls plus gros

                                - Les plus gros sont trop peu nombreux pour se faire réellement concurrence. C’est un phénomène d’oligopole, qui a été critiqué à juste titre par tous les économistes libéraux (dont Adam Smith).

                                - Parfois même les gros s’entendent entre eux pour fixer les prix. C’est ce qui s’est passé en France dans le secteur des mobiles, avec un préjudice de plusieurs centaines de millions d’euros pour les consommateurs.

                                - Comme ils n’ont pas d’incitation à faire autrement, les gros font remonter les prix. Normal.

                                - Entre-temps, le choix s’est réduit, comme le nombre d’éditeurs sur le marché, et le nombre d’auteurs également.

                                Donc on arrive à... Moins de livres publiés, à des prix plus élevés, avec des rotations plus importantes. Vous avez intérêt à aimer Marc Lévy ET à vous dépêcher pour l’acheter, sinon autant attendre le suivant...

                                Je vous recommande un livre que nous avons publié aux éditions Danger Public, et qui m’a personnellement beaucoup appris sur tout ça : La Mondialisation en 20 leçons, d’Anya Schiffrin. Anya Schiffrin (qui, pour la petite histoire, est la fille de l’éditeur André Schiffrin) est une ancienne journaliste du Wall Street Journal. Elle enseigne à l’Université de Columbia, à New York. Elle a travaillé sur ce livre avec Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001. Je vous recommande plus particulièrement le chapitre consacré aux effets de la libéralisation des marchés.

                                Voici la liste des gens qui permettent de faire un livre. Visiblement, vous ne le savez pas, donc je vous le dis (sans en rajouter) :

                                - L’auteur (e)
                                - L’éditeur / l’éditrice qui choisit le livre
                                - L’assistant(e) d’édition qui prépare la copie
                                - Le ou la maquettiste qui fait l’intérieur du livre
                                - Le ou la maquettiste qui fait la couverture et la 4e
                                - Le correcteur / la correctrice
                                - Le ou la chargé(e) de fabrication, qui choisit le papier, l’imprimeur, gère le dossier une fois qu’il est sorti du bureau de l’éditeur
                                - L’imprimeur
                                - Le représentant, qui place le livre auprès des libraires
                                - Le distributeur, qui achemine effectivement les livres auprès des libraires, et assure les retours
                                - Le libraire

                                Il faut tout un village pour un faire un livre, smiley

                                A moins de vouloir lire Marc Lévy avec plein de jolies fautes d’orthographe, une maquette pourrie, une couverture approximative, imprimé en Chine... Ce serait inconstestablement un progrès pour les financiers et les multinationales... Mais pour les « lecteurs moyens », comme nous...

                                Mais le fait est que, en matière d’édition, le marché non réglementé ne fonctionne pas. Il ne règle pas de manière optimale - et miraculeuse - les échanges entre les acheteurs de culture et les vendeurs de culture. Et il ne les règle surtout pas en faveur des consommateurs. Vous avez une vision fortement idéologisée. Le marché peut tout. Laissons faire les choses... Sauf


                                • (---.---.229.236) 19 janvier 2007 14:53

                                  ? ? Barns and Noble et ses concurents valent bien la fnac. Par contre il est vrai que pour un français les livres sont plus cher qu’en France.


                                • Aurelien Veron 20 janvier 2007 09:55

                                  Exemple d’un bouquin populaire : Da Vinci Code (que je n’ai pas lu) : 1) Barnes & Noble : prix initial 24.95 dollars (19 euros environ, proche d prix français), vendu 17.96 dolars (13.5 euros), soit nettement moins que les 20euros d’ici http://search.barnesandnoble.com/booksearch/results.asp?WRD=da+vinci&z=y&cds2Pid=9481 2) FNAC : prix à 20 euros http://www3.fnac.com/search/quick.do?text=da+vinci+code&category=all&x=0&y=0&SID=&UID=&AID=&Origin=FnacAff&TTL=&CustomLayout=&FavShp=

                                  Qui est perdant ? Le lecteur qui paye ses livres au prix fort (ou attend le poche, en format franchement peu pratique si on n’a pas une vision parfaite). Cela freine la « consommation de livres » sans inciter à lire plus certains livres que d’autres. Le lecteur se risque moins à lire des bouquins qui ne sont pas recommandés par la critique (peu indépendante) ou par le bouche à oreille.


                                • ampersand (---.---.228.83) 20 janvier 2007 03:43

                                  Comparaison n’est pas raison, mais voici un exemple de marché à prix non unique :

                                  D’après une étude conduite par « The Bookseller Magazine », un quart des libraires indépendants britanniques se refuseraient à mettre en vente le septième et dernier tome des aventures de Harry Potter à cause des prix réduits, voire parfois sacrifiés pratiqués par les sites de vente en ligne et les grandes chaînes de librairies. L’un des interrogés explique qu’il a perdu de l’argent avec Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé car certains détaillants vendaient le livre £3 moins cher que ce que lui-même avait payé par exemplaire pour garnir ses rayonnages.

                                  Cependant, la majorité des sondés assure qu’elle proposera bien à ses clients Harry Potter and the Deathly Hallows afin de conserver leur fidélité. Une porte-parole de Bloomsbury a pourtant déclaré : « Nous n’accordons de réduction supplémentaire à personne. Nous sommes la plus grande maison d’édition indépendante qui reste au Royaume-Uni et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les libraires indépendants ». (de http://www.h-potter.com/main.php)

                                  (l’article du Telegraph)

                                  http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2007/01/13/npotter13.xml


                                  • Gérard Monnier (---.---.199.160) 25 janvier 2007 14:49

                                    Dans votre commentaire, la mention des bibliothèques municipales est tendancieuse : ce n’est pas cette allusion blessante à des ressources offertes à une population pauvre qui empêchera leur formidable développement, encore à poursuivre, dans le cadre d’une lecture publique qui a un sens positif pour tous. Je fréquente avec assiduité l’institution, urbaine par excellence, et alignée sur des critères de développement durable enviables. GM


                                    • cléa (---.---.170.19) 8 mars 2007 13:48

                                      Bravo à l’auteur du premier commentaire ! je suis bien d’accord avec vous !

                                      Message à l’auteur de l’article : je vous prierais de ne pas parler de ce que vous ne connaissez pas. Sans la loi sur le prix unique du livre en Fance cela fait longtemps que la petite et moyenne édition n’existerait plus, ni les libraires d’ailleurs.

                                      Cette loi est loin d’être un complot pour plumer les pauvres citoyens désireux de se cultiver, mais bien le seul moyen de préserver un semblant de qualité parmi la production éditoriale. Sans cette loi, les libraires (ni même les Fnacs d’ailleurs, qui ne vont pas si bien puisqu’elles ont arrêté d’accorder d’office les 5% de réduction) ne pourraient concurrencer les supermarchés et autres espaces culturel, qui comme chacun sait (ou devrait savoir) vendent des livres comme du jambon, sans se soucier de la qualité de ce qu’ils vendent, ni de conseiller le client (je sais de quoi je parle, j’ai une camarade qui a fait un stage dans un rayon livres de supermarché, elle était la seule qualifiée, les autres travaillaient au rayon boucherie auparavant, et y appliquaient la même logique). Un vrai libraire supporte la petite et moyenne édition et il sait conseiller le client en fonction de ses attentes. jamais un supermarché ne saura faire cela

                                      Cordialement, une étudiante en Métiers du Livre (qui aimerait pourvoir un jour exercer le métier de libraire sans vendre de la ***** et en conservant son emploi)


                                      • A.B. (---.---.90.174) 9 mars 2007 22:49

                                        Excellent !


                                        • chariotte (---.---.205.55) 30 mars 2007 23:55

                                          Je n’ai vu personne citer l’exemple des disquaires qui ont l’un derrière l’autre mis la clef sous la porte. C’était pour quelle raison deja ? parce que les grandes surfaces (et là la fnac est encore en cause, quelle coïncidence) pratiquent des prix qui ne permettent même pas à un disquaire de rêver voir quelqu’un entrer dans son magasin.

                                          Croyez-vous vraiment que le sort des librairies indépendantes serait différent ? (indépendantes et encore... même des librairies appartenant à des holdings ferment désormais) On pourrait à la limite espérer que les librairies spécialisées résisteraient, mais à quel prix pour leurs employés ?

                                          Personnellement, dans l’état actuel des choses, je dois faire une bonne trentaine de bornes pour me procurer un cd parmi un choix convenable (en fnac bien sur), pourquoi ? parce que même l’irréductible petit disquaire qui vendait des albums neufs MOINS CHERS et des albums d’occasion à proximité de chez moi, n’est aujourd’hui plus irréductible, en fait il n’est plus là.

                                          Je le regrette et je n’ai pas franchement envie que celà s’étende aux librairies, qui sont avant tout des lieux de partage de passion, de discussion, de relations humaines. Et qu’on ne me sorte pas l’argument ô combien surestimé d’internet ; ce nouveau moyen de commerce est certes très utile, mais ne remplace en aucun cas ce genre de lieu.

                                          Enfin c’est pas internet qui va me donner le boulot pour lequel j’ai été formée ; eh oui, aujourd’hui encore, à l’heure où la librairie va franchement mal, on forme des libraires à tire-larigot, pourquoi ? pour s’entendre dire très honnêtement par les libraires (je les en remercie) : « désolé mademoiselle, nous avons BESOIN de vous, mais nous n’en avons pas les moyens, essayez la fnac ». Demandez donc à un libraire ce qu’il pense du prix unique du livre.

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