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Le prix du pétrole

La hausse actuelle des prix du pétole a de nombreuses raisons qui relèvent presque toutes de la géopolitique, et non de la technique. Cette derniére a fait des progrés extraordinaires ; on ne peut en dire autant de la politique internationale.

La hausse actuelle des prix du brut est la conséquence de multiples facteurs, dont la plupart relèvent du politique. Sans vouloir être exhaustif, citons au moins le cas de l’Arabie Saoudite. Ce pays est le premier exportateur mondial de brut, et le spectre du terrorisme y est de plus en plus présent. Sans connaître encore de panique, les opérateurs pétroliers sont pour le moins inquiets devant une perspective de possibilité de rupture d’approvisionnement, et les cotations du WTI et du brent s’envolent. Les problèmes au Vénézuela, au Nigéria, en Russie relèvent aussi de la politique, mais dans d’autres registres que le terrorisme fondamentaliste. Le seul facteur "physique" qui pèse aujourd’hui sur le marché pétrolier est la considérable demande chinoise.

La Chine, pour alimenter sa croissance boulimique, fait exploser tous les marchés des matières premières. Après avoir caressé le rêve d’une autosuffisance en pétrole, grâce au mythe du Tarim, les chinois doivent importer des quantités de plus en plus importantes de brut, que ce soit du Moyen-Orient, d’Afrique occidentale ou d’Amérique du sud. Cela va de pair avec la "sécurisation" des souces d’approvisionnement et des routes d’acheminement de l’or noir. Tout cela tombe fort mal... et alimente une spéculation de hedge funds qui se dégonflera certainement très vite, mais quand ? Quant à l’approvisionnement physique du monde en pétrole, il faut garder la tête froide. Depuis le début du XXe siècle, des experts annoncent avec constance le chiffre de 60 années de réserves. Les progrès technologiques de l’exploration pétrolière ont permis de garder ce chiffre au même niveau, malgré la considérable augmentation de la consommation.

Certes, les réserves en pétrole de la Terre sont de taille finie, mais les prouesses techniques font qu’elles sont bien mieux exploitées. L’amélioration constante du taux de récupération laisse de moins en moins de pétrole dans les gisements. Des sources gigantesques d’hydrocarbures commencent à être exploitées, que ce soit les huiles lourdes de l’Orénoque ou les sables bitumineux de l’Athabasca. La hausse actuelle du pétrole est un phénomène qui risque de durer quelque peu. Il est peu probable qu’on revienne rapidement à des niveaux de l’ordre de 28 à 30 $/bl, mais les experts se sont toujours trompés... N’oublions pas, toutefois, ce qui s’est passé au début des années 1970. Après les nationalisations au Moyen-Orient, le cours du brut a quadruplé. Les pays industriels importateurs de brut, pris à la gorge, se lancèrent dans des politiques d’économie d’énergie et, surtout, de substitution par le nucléaire. Conséquence : diminution des importations, puis effondrement des prix. Peu de responsables moyen-orientaux ont pris conscience des risques inhérents, pour eux, d’un prix du brut trop élevé.

Seul l’ancien ministre saoudien du pétrole, Sheikh Yamani, tira la sonnette d’alarme mais, à l’époque, le terrorisme ne faisait pas régner la terreur. Aujourd’hui, c’est une autre histoire


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