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Accueil du site > Actualités > Economie > Le problème n’est pas l’argent et l’argent n’est (...)

Le problème n’est pas l’argent et l’argent n’est pas un problème !

Activité économique misérable, pessimisme généralisé, incertitudes politiques, nos pays occidentaux semblent traverser un désert interminable et nos populations une souffrance et une tension quasi sans précédents… Pourtant, les choses pourraient être encore pires et, à cet égard, il n’y a qu’à regarder du côté du Japon ! En fait, voilà vingt ans que ce pays subit une lente descente aux enfers et son instabilité politique (le Premier Ministre vient de démissionner après un peu plus d’une année au pouvoir) ne fait que refléter l’incompétence de ses dirigeants à sortir d’une crise qui perdure depuis deux décennies. Les trois derniers trimestres consécutifs de contraction économique y ont certes été en partie causés par les récentes catastrophes naturelles. Pour autant, la longue série noire qui s’abat sur le Japon ne semble pas devoir toucher à sa fin et principalement du fait de l’incurie et du manque total d’imagination de sa caste politique.

C’est pourquoi il devient aujourd’hui, pour nous occidentaux et au stade actuel de cette crise ayant – je le rappelle – démarré en 2007, tout à fait vital de nous interroger : sommes-nous en train de vivre le début d’un très long cycle de grands marasmes « à la japonaise » appelé à dérouler ses ravages pendant encore de longues années, voire des décennies ? Celles et ceux persuadés que nos soucis – endettements excessifs, déficits budgétaires en constante aggravation, croissance anémique chronique, nécessité impérieuse d’assainir le système de la mécanique infernale des dettes ou deleveraging -, tout le monde pensait effectivement jusqu’au début de cet été que notre Occident subissait une version « light » des déboires japonais… Et si c’était la version « normale » ? Autrement dit : et si nos économies étaient en train de subir une authentique récession japonaise ?

Quelques remarques :

Les fameuses « baisses de taux quantitatives » ont précisément été inaugurées – et essayées pour la première fois – au Japon… avec les résultats que l’on sait ! Alors que Ben Bernanke et la Réserve Fédérale sont attendus au tournant de Septembre, alors que les marchés financiers scrutent avidement un signe quelconque potentiellement annonciateur d’un troisième round des QE, le contre-exemple japonais nous démontre sans équivoque qu’il y a des limites à ce que peut entreprendre (avec succès s’entend) une Banque Centrale. Le pauvre Japon s’y est effectivement essayé de longues années durant sans résultats probants. Ainsi, ce n’est pas ses taux d’intérêts maintenus à quasiment zéro de 1999 à 2006 – niveaux où ils se retrouvent du reste aujourd’hui – qui ont permis le redémarrage de son économie ni d’améliorer ses perspectives de croissance. En fait, l’implosion de la bulle nippone a fait bien plus de dégâts que ce que l’on a bien voulu croire.

Les ravages furent en réalité profonds et fondamentaux dans le sens où son éclatement a figé dans le marbre les endettements et les déficits de toute la chaîne des intervenants – principalement les banques et les entreprises - qui, dès lors, n’avaient plus aucune motivation ni envie pour prêter, ou même pour emprunter ! A quoi peuvent bien servir des taux d’intérêts proches du zéro et à quoi peuvent bien servir des liquidités généreusement mises à disposition … si personne ne veut en profiter ou les utiliser ? Les Etats-Unis vivent aujourd’hui une expérience similaire avec leurs ménages surendettés, leur chômage élevé et leur assez faible croissance qui ne motivent nul investissement et donc nul nouvel emprunt, fût-ce à des conditions particulièrement attractives. Ne comptons donc pas sur la politique monétaire pour nous soulager de cette crise et ce pour une raison toute simple : Comme l’argent n’est pas le problème, ce n’est certainement pas encore plus d’argent qui règlera le problème…

Une des erreurs majeures des responsables nippons fut d’entreprendre très tardivement et timidement – suite à l’implosion de leurs multiples bulles – les indispensables et profondes restructurations de leur système bancaire. Si les Etats-Unis ont vite et bien réagi sur ce plan – on le voit encore aujourd’hui dans leur détermination à sanctionner les établissements ayant cédé aux sirènes des subprimes -, l’Union Européenne a encore ce gigantesque chantier devant elle, faute de détermination et de courage de la part de sa classe politique. Les capitalisations des banques – leurs sous capitalisations serait un terme plus approprié – sont pourtant au cœur même des graves ennuis de ces dix-huit derniers mois et, à cet égard, les « stress tests » – prétendu examen de santé – conduits auprès des établissements financiers européens ont été une pitoyable farce… Pas de croissance économique sans système bancaire sain et l’Union Européenne ne fait que retarder l’inéluctable – tout en mettant sa population encore plus à l’épreuve – en n’accordant pas à cette problématique la place centrale qu’elle mérite.

En conclusion, une prise de conscience est aujourd’hui indispensable car il ne sert à rien d’espérer une quelconque délivrance du côté des injections supplémentaires de liquidités, ni même des stumuli fiscaux étatiques et ce pour une seule et unique raison : les problèmes que traversent nos économies ne sont pas cycliques. Le grand obstacle à la croissance est structurel. Il est donc vital de se rendre compte que les recettes d’hier ne fonctionnent plus, faute de quoi nous sommes condamnés à nous enliser dans le déni où se retrouvent le Japon et ses élites. L’Occident est aujourd’hui menacé de paralysie s’il ne remet pas en question l’ultralibéralisme ayant fait ses succès d’hier. Nous en avons été les témoins avec le communisme, les idéologies peuvent être foncièrement destructrices. Il en est de même pour le capitalisme et pour les marchés financiers qui doivent être très vite désacralisés.


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17 réactions à cet article    


  • pmxr pmxr 7 septembre 2011 10:50

    le communisme a pratiquement disparu .. le capitalisme tel que l’on le connait... est en fin de vie !


    • Kalki Kalki 7 septembre 2011 15:32

      Auteur : vous voulez dire que les « économo micons » et politiques : parlent du chomage comme influent sur la croissance ou la dette ou la valeurs des états pour

      RIEN ? Un mirage, Pour la populace

      Et en meme temps, il y a moins de consommation , plus d’injustice, moins de partage

      ...

      Ca vous parait pas louche dites donc ?

      Ah bon le système économique : n’est pas sans personnes aux commandes derrières ?


    • zelectron zelectron 7 septembre 2011 12:32

      Cher Michel,
      Vous devenez « shadockien » du fait que si il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème


      • tresorine 7 septembre 2011 16:10

        cher zelectron j’ai lu votre remarque a propos de la monnaie energetique basée sur une constante physique , le kilowatt heure , effectivement j’ai aussi l’idée de promouvoir cette idée , plus de speculation et une valeur referentielle permettant une economie plus juste et plus rationelle En effet par exemple les produit manufacturée seraient indexé sur le cout en kilowatt de leur production et une marge commerciale et ne pourrait que devenir plus economique car les moyen de production serait de plus en p^lus performant , L’identité de travail humain pourrait etre internationalisée par exemple un smic univesrseml a 15 000 kilowatt heure par mois , fini les delocalisation 

        vous ppouvez lme contacter sur mon email patricia.benedetto at free.fr pour developper cette mercveilleuse idée 

        L’ao ne produit rien et de plus est une valeur limitée alors que le kilowatt est productif correspond a une valeur constante physique et donc concrete de plsu se^pculer sur le kilowatt n’aurait plus beaucoup de sens 

      • oj 7 septembre 2011 13:55

        peut-etre n’y a t-il pas de solution sur le plan de la technicité.

        Encore une fois l’Homme n’a jamais su gérer la complexité dans le chaos.

        S’il n’y a donc pas de solution, il y a des voies d’action dans la réalité en abandonnant un temps l’artificiel pour redefinir une société sur une base réelle, ensuite l’Homme aura tout loisir de reinjecter de la complexité.

        de toute manière cette réalité va nous rattraper et nous en viendront a des decisions politiques majeures.


        • Kalki Kalki 7 septembre 2011 22:13

          L’état – de l’économique

          Qu’est ce que la fortress europe ? non ce n’est pas un rêve nazi, c’est beaucoup plus vieux, c’est une vision d’un empire et d’une société politique, de l’espagne à la russie. Et la fortress europe politique et économique à toujours était la véritable HANTISE des anglais américains  !!! Vous imaginez cet empire ? Indépendant de l’emprise « anglosaxone » , ah… dans un monde ou le pouvoir sur le monde n’est pas de la rigolade on prend soin de tout faire pour que le « malheur » de la fortress europe n’advienne pas.

          Il faudrait de la conscience politique et économique, et les bonnes personnes, pour faire du nettoyage politique, comme on sait le faire en russie ou ailleurs d’autres manières.

          On corrompt avec de l’argent, on corrompt l’idéologie, on met en place des personnes avec des visions idéologiques douteuses : et contre l’intérêt des peuples de l’europe ( ca se fait dans tous les pays du monde ). C’est une relecture intéressante de l’après guerre jusqu’aujourd’hui ?

          182. Bien plus loin que l’Oural

          Avec la Russie, l’EU quintuple sa superficie, sa population passe de 500 à 700 millions d’habitants – plus du double des USA – et son PIB tend vers 40 % du PIB mondial, en faisant de loin la première puissance commerciale et industrielle du monde. Cette Europe élargie a une parfaite autosuffisance en hydrocarbures et est le plus vaste réservoir de matières premières de la planète. L’Europe ainsi agrandie est autarcique. Je ne dis pas ici qu’il faudrait en fermer les frontières – c’est un autre débat – mais il n’est pas mauvais de faire le constat que ce bloc n’a vraiment besoin de rien ni de personne. Bon pour l’évolution et bon pour la paix , car on n’aime sincèrement que quand on aime gratuitement. Sans dépendances.

          Le bloc ainsi créé n’est pas un agglomérat disparate : il est le cœur de la civilisation occidentale. Il est au bout de la filiation «  Athenes, Rome, Byzance, Renaissance, Science, Droits de l’Homme et Liberté ». Il y a eu des moments noirs dans le cheminement de Occident, des croisades à la colonisation, mais ce qui en résulte aujourd’hui s’exprime dans une culture postchrétienne laïque qui se réclame de la tolérance et de la raison. Ce résultat me satisfait. Je ne veux pas en changer. Je souhaite que la civilisation occidentale continue…

          [...]

          Or, au moment où il faudrait cette union, tout un pan de l’Occident sur lequel on croyait pouvoir compter se désagrège. Les USA on quitté la famille. En discuter serait un autre débat, mais la suppression progressive des libertés et le retour vers la religion montrent bien que l’Amérique a pris une voie différente de celle de l’Europe. Aujourd’hui, les USA sont dans le camp de l’obscurantisme et marchent à grand pas vers la tyrannie. On peut souhaiter le retour de l’enfant prodigue, mais en attendant il faut se compter et faire sans eux…


        • jef88 jef88 7 septembre 2011 14:06

          Il y a une différence entre le capitalisme que je qualifierai de production, type industrie et le capitalisme purement financier....
          C’est ce dernier qui ayant quasiment eradiqué le premier a pris le pouvoir avec l’aide des partis politiques (droite et gauche confondus)

          Produisons en France !
          La pluspart des problèmes disparaitrons ....


          • jef88 jef88 7 septembre 2011 21:26

            Mais si !
            C’est une question de volonté politique et la seule façon de lutter contre les déficits


          • lechoux 7 septembre 2011 14:32

            L’auteur oublie par ingénuité que le Japon a abondé, abonde et s’est engagé à abonder à la dette américaine. Tant qu’ils se comporteront comme des crétins, pourquoi espèrent-ils avoir une économie de sages.

            Ce qu’il se passe pour l’économie européenne, c’est qu’après avoir sucé le sang de l’économie du Mexique, de l’Asie du Sud-Est, de l’Amérique du Sud, du Japon, les financiers, principalement américains, s’attaquent à notre économie.


            • Jason Jason 7 septembre 2011 19:31

              Vous faites là d’excellentes comparaisons. Europe-Japon, mêmes problêmes ? Le Japon a délocalisé ses productions et subi la concurrence de la Chine avec ses produits à bas coûts. Dès lors il ne servait à rien d’inonder le marché de liquidités si celles-ci ne trouvaient pas de débouchés autres que financiers, au détriment de la consommation intérieure.

              Tant que les secteurs manufacturiere et des services seront en concurrence directe avec la finance pure, la situation des dettes ne se rétablira pas. En France les recettes de l’Etat consistent à hauteur de 52% pour la TVA, 20% pour l’impôt sur le revenu, et 17% por l’impôt sur les sociétés. Le reste en TIPP et recettes diverses. Or, c’est la consommation intérieure qui peut faire remonter la pente (la fameuse croissance).

              Je ne sais pas comment ça marche au Japon, mais le principe semble le même.

              L’arbitrage crucial entre l’économie de consommation et la finance se dessine nettement. Gros problème politique, à un moment où les états sont pris à la gorge par la finance. Qui gagnera ?


                • Michel Santi Michel Santi 7 septembre 2011 21:54

                  Ceci est mon 400 ème article depuis l’automne 2007 publié chez Agoravox - que je remercie au passage.

                  Je pense que j’ai (plus ou moins) dit ce que j’avais à exprimer concernant cette crise.
                  Peut-être est-il temps de m’arrêter... ?

                  • BA 7 septembre 2011 23:59
                    Ne t’arrête surtout pas ! Nous allons vivre des semaines historiques ! Il faut que tu écrives des billets sur les semaines qui viennent car elles sont historiques pour tout le continent européen !

                    A propos des Etats européens en faillite, il n’y a pas que la Grèce : le Portugal est lui-aussi en faillite. Le Portugal est un des trois Etats européens placés sous perfusion du FMI et de l’Union Européenne.

                    Comme pour la Grèce, la situation financière du Portugal est de plus en plus catastrophique.

                    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,540 %.

                    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,554 %.

                    Et le Portugal ?

                    Mercredi 7 septembre 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt d’environ ... 4,959 % !

                    Les taux étaient en hausse par rapport à la précédente émission.


                    Plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.

                    Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

                  • jako jako 8 septembre 2011 12:04

                    Bonjour Michel, j’aimerais que vous restiez auteur ici, merci à vous


                  • lechoux 8 septembre 2011 14:57

                    Si cambiste puis trader vous devenez communiste, je vous confirme qu’il est temps pour vous d’arrêter de donner votre avis sur une crise à laquelle vous ne pouvez donner qu’une réponse dogmatique.

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