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Accueil du site > Actualités > Economie > Le professeur Schweitzer nous explique : le nucléaire

Le professeur Schweitzer nous explique : le nucléaire

Peu de sujets déchaînent autant de passions que le nucléaire. L’origine de cette dimension émotionnelle se situe dans le fait que cette énergie est associée aux bombes nucléaires de 1945.

Le débat est aussi gravement pollué parce que politisé. On devrait pouvoir en discuter avec des arguments rationnels relatifs à la technologie déployée, ou à la sécurité de cette forme d’énergie, ou encore évoquer la question des coûts. Mais c’est oublier que nous sommes en France et que nous avons deux passions : la politique et l’Etat.

Exemple  : comment transformer une question aussi rationnelle (ou logique) que le traitement de la tuberculose en question piégée ? En confiant ce dossier à l’Etat et, de ce fait, en le politisant. Et pourtant, qu’est-ce que la politique a à voir dans le meilleur moyen de s’éclairer ou de se chauffer ?

Le débat sur l’énergie oppose essentiellement deux camps qui n’ont que faire de la logique et qui épuisent leur dialectique dans des anathèmes en étant de plus persuadés qu’ils ont raison.

D’un côté il y a la secte des adorateurs du nucléaire, non pour telle ou telle raison, mais parce que l’Etat gaullo-pompidolien-giscardien l’a décidé en son temps, armé de son bras séculier EDF et la filière nucléaire – à l’époque entièrement nationalisée – et qui l’est encore largement. Ajoutez-y le thème de l’indépendance de la France. Fermez le ban. Circulez ! Il n’y a rien à voir. Le débat est terminé.

On se demande bien pourtant ce que l’indépendance nationale vient faire ici puisqu’il est tout aussi vital d’avoir de l’acier en cas de guerre, et que le même argument n’est pas employé pour autant.

De l’autre côté se trouvent les ayatollahs de l’antinucléaire. Il s’agit, pour l’essentiel, de José Bové à Daniel Cohn-Bendit, de rouges repeints à la hâte en verts.

Pour des raisons tout aussi irrationnelles, ils ont décidé, quels que soient les chiffres, que le nucléaire allait faire plus de morts que le charbon ou la coupe du bois en forêt. Vous pouvez leur opposer tous les arguments, leur démontrer qu’extraire du charbon est l’activité énergétique la plus meurtrière, ils n’en démordent pas.

A défaut d’une apocalypse chaque jour annoncée, ils nous prédisent le pire pour demain et poussent même la mauvaise foi à oser affirmer que Fukushima est un accident nucléaire alors qu’il s’agit d’un tsunami. Sans ce dernier élément, il n’y avait pas de Fukushima. Font-ils peser les mêmes accusations sur les ponts qui ont été emportés ou les maisons détruites ? Mais là, ils disent que c’est le tsunami.

Finalement, la seule inquiétude réelle véhiculée par les Verts ce sont eux-mêmes. Comment des gens aussi peu sérieux, à peine plus que Paco Rabanne et la fin du monde, peuvent-ils avoir autant d’adeptes ? Il est vrai qu’il s’agit d’une secte et chacun est libre d’y adhérer. Si nous laissons les intégristes du « tout nucléaire » et du « tout antinucléaire » dont la violence des arguments n’a qu’un but, interdire le débat, nous pouvons livrer quelques réflexions de bon sens qui sont des acquis scientifiques et, en final, poser la seule et vraie question : celle de la liberté de choisir.

- Est-ce que le nucléaire est une technologie aboutie, performante et largement maîtrisée ?

Cela ne fait aucun doute. On ne peut pas déplorer les ravages effrayants de la bombe atomique et dire simultanément que cette technologie n’est pas maîtrisée, performante. Une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps.

- Est-ce que le nucléaire est une technologie économe en vies humaines ?

Nous avons évoqué ce point et pour s’en tenir à la seule comparaison avec l’extraction charbonnière, il vaut mieux être employé et même riverain d’une centrale nucléaire que mineur de fond.

Evidemment, les esprits forts citeront immédiatement Tchernobyl et les cimetières de sous-marins nucléaires. Vous êtes-vous jamais posé la question de savoir pourquoi ces deux faits se sont passés dans une économie planifiée ? Réfléchissez, demandez-vous s’il y a des droits de propriété et faites la déduction pour savoir si la mise en œuvre de la responsabilité était omniprésente ou absente ?

- S’agissant du coût, c’est un choix relativement pertinent, en tout cas largement concurrentiel par rapport à d’autres choix d’énergie, donc viable.

Au total, il s’agit d’un choix qui est raisonnable, techniquement correct, sûr et financièrement défendable.

Alors, penserez-vous, qu’est-ce qui peut gêner gravement un économiste ?

Simplement le fait capital que quelques individus, dans les années 70, aient décidé seuls – (un peu aidé par le corps des X-Mines, un Etat dans l’Etat …) -, et pour nous tous que c’était la bonne et la seule option possible. S’ils avaient fait ce choix avec leurs capitaux : aucun problème. Ils nous proposent ce choix que l’on accepte ou pas. Mais c’est avec l’argent de l’impôt que ce choix a été mis en œuvre. La rationalité reste à démontrer ainsi que l’accordance avec nos désirs puisqu’il eut suffi d’une autre majorité pour que le choix fût différent. Le problème de ce choix de l’option du « presque tout nucléaire » est qu’elle a été décidée d’en haut, de façon arbitraire, du fait du Prince-Président. Bref, il s’agit d’une décision politique. Le peuple aurait eu un vrai choix si le marché fonctionnant, des entrepreneurs nous avaient proposé leurs solutions et leurs prix dans un climat de concurrence.

En nous disant « tel est le bon choix » – et la droite et la gauche ont tort. Le bon choix est celui que nous faisons avec notre argent. Que l’un nous propose du charbon, l’autre le fuel, le troisième le solaire, le quatrième l’électricité, le cinquième le bois, le sixième l’éolien, le septième le gaz, etc. et notre choix sera le bon puisque tel est notre choix.

Je vous vois devant votre écran. Vous bondissez en pensant : « mais comment est-on capable de bien choisir sa forme d’énergie ? » C’est peut-être vous qui avez raison. Mais alors de grâce, allez au bout de votre logique et de votre cohérence. Si en fonction de mes goûts, de ma philosophie et de mon budget je ne sais pas choisir comment me chauffer ou m’éclairer, enlevez-moi vite l’éducation de mes enfants car ce sont des choix autrement difficiles et cruciaux. Ou nous savons ce qui est bon pour nous et laissez-nous choisir, ou nous ne le savons et que d’autres décident pour nous. Les hommes de l’Etat ne rêvent que de ça.
 

Lire l'article > Le professeur Schweitzer nous explique : le nucléaire

Serge Schweitzer - News Of Marseille


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11 réactions à cet article    


  • geo63 26 novembre 2011 13:48

    Voià bien un plaidoyer pour le nucléaire totalement simpliste.

    On pourrait découper des citations à la pelle données comme des vérités indiscutables et qui font bondir...

    « .Est-ce que le nucléaire est une technologie aboutie, performante et largement maîtrisée ?

    Cela ne fait aucun doute »

    « Le bon choix est celui que nous faisons avec notre argent »........

    A moins que cet article soit à considérer au second degré ?


    • Robert Biloute Robert Biloute 26 novembre 2011 15:30

      >Est-ce que le nucléaire est une technologie aboutie, performante et largement >maîtrisée ?

      >Cela ne fait aucun doute. On ne peut pas déplorer les ravages effrayants de la bombe >atomique et dire simultanément que cette technologie n’est pas maîtrisée, performante. >Une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps.

      raisonnement prenant un raccourci vertigineux.. Si utiliser une forme d’énergie pour alimenter les activités humaines était aussi « facile » que de l’utiliser pour une explosion, la centrale à fusion nucléaire serait déjà opérationnelle. (on sait faire des bombes H qui explosent, pas des tokamaks qui génèrent suffisamment d’électricité)

      mais bon puisqu’il n’y a aucun doute, c’est pas la peine d’en parler je suppose.

      >- S’agissant du coût, c’est un choix relativement pertinent, en tout cas largement >concurrentiel par rapport à d’autres choix d’énergie, donc viable.

      a court terme, oui. On va donc continuer ce système basé sur la dette/« on verra plus tard » : aujourd’hui le nucléaire est pas si cher, demain il y a le démantelement, la construction de nouvelles centrales prométhéennes, la gestion des déchets, la baisse des stocks de matériaux fissiles pour lesquels il faudra faire des petites guerres sympas pour offrir la démocratie... on s’en fout on verra plus tard, pour l’instant c’est PAS CHER ON PEUT SE GAVER ET CEST TOUT CE QUI COMPTE.

      merci de rappeler qu’il serait bon de consulter le peuple. D’ailleurs il a l’air très partagé 50/50 au vue des quelques sondages qui sortent.

      • Ptetmai 26 novembre 2011 15:32

        Il est minuit moins cinq « professeur Schweitzer », cinq minutes qui nous reste pour comprendre qu’il faut imiter les Allemands et d’autres états.

        Vous surestimez les capacités de lecture critique de votre public potentiel. Même si Marseille est déjà un indice presque aussi gros que la sardine, Géo 63  smiley

        Je suppose que la suite prouvera que GSIEN n’est pas un vain sigle pour vous ?


        • krolik krolik 26 novembre 2011 15:49

          Pour envisager de vouloir imiter les Allemands il faudrait déjà avoir devant soi la possibilité d’exploiter du lignite pendant 450 ans. Bon il y a une petite réserve que l’on pourrait exploiter dans la Nièvre, mais à priori il y a des écolos qui n’en veulent pas.. pourtant ce serait vouloir imiter l’Allemagne.. ????!!

          Pour l’instant les Allemand sont partis pour acheter des droit CO2 à d’autres pays.. Est-ce bien une attitude raisonnable ?

          @+


        • Toto Toto 26 novembre 2011 18:26

          Soit vous êtes complètement stupide soit vous le faite exprès, j’aurais préféré de loin le commentaire du commentaire d’un certain docteur Schweitzer, il aurait sans doute eu plus de bons sens.


          à Votre question : l’énergie nucléaire est elle économe en vie humaine
          j’aurais préféré : quel sera le coût du nucléaire quand une bonne partie de la france ou de l’europe sera radioactive ? (suite à un accident, attentat, tremblement de terre....je vous laisse le choix)

          La vraie question est : peut on prendre ce risque ?

          • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 26 novembre 2011 19:29

            Les vraies questions a propos du nucléaire ne sont NI économique, NI scientifique !!!
            Le nucléaire est absurde, car ses délirants défendeurs supposent que :

            1- notre civilisation bénéficiera de 10 000 ans de progrés et prosperité économique - nécessaires car il faut former les ingenieurs, etre capable de produire les pieces de rechange, pouvoir mettre le budget dans le cas ou il faut démonter cette centrale...etc

            2- nous ne connaitrons aucune guerre sur notre territoire pour les prochain 10 000 ans. Quid de la situation ou les installations se font bombarder, saboter, et le personnel/ingénieurs ne peut plus y travailler, ou mort ??

            3- Les hommes seront fiables, honnetes, 100% dediés a l’intéret collectif, incapables d’erreurs. (Non seulement ceux a l’interieur de la centrale, mais ceux aussi a l’exterieur)

            4- La nature puissent enfin denir completement previsibles, et incapable de catastrophe depassant l’imagination humaine.

            Voila donc les conditions ideales de la technologie nucleaire, pour quelle puisse etre sans danger...
            Bonne chance !!


            • sto sto 26 novembre 2011 21:19

              J’approuve et je vous corrige, Vladivostok1919 :

              « Voila donc les conditions ideales de la technologie nucleaire, pour quelle puisse etre prétendument sans danger... » En fait, meme avec ces conditions, on a eu d’innombrables accidents, mineurs et majeurs.


            • fabdolette fabdolette 26 novembre 2011 20:09

              bonjour,
              le nucléaire est économiquement un bon choix ? Mort de rire, la centralisation des productions électriques entraîne une main-mise d’un seul acteur sur une production énergétique cruciale pour la vie. Cet acteur peut donc faire ce que bon lui semble, comme embaucher des ouvriers non-formés et payés sous des régimes différents, des sous-salaire, rien ne va dans le circuit économique local ; La rentabilité est strictement financière, et elle est soutenue par nos impôts, ...
              De plus, le nucléaire repose sur l’exploitation d’une matière minérale, l’uranium, dont l’espérance d’exploitation est fixée à la limite de 2052 ! Plus on construit de centrale, et plus la rareté du combustible entraînera une surenchère puisqu’il faut parler gros sous... Enferrons-nous dans une voie sans autre issue que le mur !
              Sans parler des dangers liés à la non-maîtrise de la fission. Les habitants de beaumont-hague et consœurs si fiers de leurs retombées financières feront peut-être moins les malins lorsque les retombées seront... radioactives ( ils pourront prendre leur pilule d(u lendemain)’iode, périmée depuis la dernière distribution, 2005, mais elle risque de ne pas avoir l’effet escompté contre les brûlures et autres empoisonnement. Enfin, ces messieurs de marseilles sont loin de tous ces soucis, ils se réfugieront au vélodrome devant leur opium !


              • Hermes Hermes 27 novembre 2011 23:34

                A l’auteur : lisez et article en entier. Merci.


                • AntoineR 28 novembre 2011 10:11

                  « Peu de sujets déchaînent autant de passions que le nucléaire. L’origine de cette dimension émotionnelle se situe dans le fait que cette énergie est associée aux bombes nucléaires de 1945. »

                  ça commence bien....

                  Et ceux qui n’ont pas le gaz chez eux, ça doit être à cause des camps nazis....

                  Je pense que les anti-nucléaires sont quand même capable de faire la différence entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire.

                  Moi en tout cas j’en suis capable.
                  Par contre Fukushima, Tchernobyle, ça ne joue pas dans le « déchainement des passions » ?


                  « comment transformer une question aussi rationnelle (ou logique) que le traitement de la tuberculose en question piégée ? En confiant ce dossier à l’Etat et, de ce fait, en le politisant. Et pourtant, qu’est-ce que la politique a à voir dans le meilleur moyen de s’éclairer ou de se chauffer ? »

                  Ben tout justement. Si la politique n’a pas de mot à dire sur notre sécurité, notre avenir énergétique autant ne plus faire de politique et laissé directement les grands choix de société aux multinationales.

                  Remarque, c’est un peu ce qui se passe aujourd’hui et c’est la .... misère. Une misère que vous avez l’air d’apprécier et que vous voulez accélérrer...


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