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Accueil du site > Actualités > Economie > Le protectionnisme réduirait-il le train de vie des français (...)

Le protectionnisme réduirait-il le train de vie des français ?

 Il faut rassurer les français, notamment ceux aux revenus les plus modestes, sur les conséquences du protectionnisme sur leur train de vie. Il est vrai qu'en mettant une taxe sur les biens importés des pays émergents, qui compense la différence de cout du travail entre ces pays et le notre, cela devrait logiquement augmenter les prix de ces produits. Mais premièrement, même dans le pire des cas, cela ne devrait pas entrainer une si importante augmentation que cela du niveau global des prix. Deuxièmement, le pouvoir politique a la possibilité de choisir une manière de mettre en place du protectionnisme, qui permettrait que les prix augmentent moins pour les produits que s'achètent les gens les plus modestes. En vérité, et même si cela peut paraître paradoxal au premier abord, il est même possible au pouvoir politique, de mettre en place du protectionnisme de telle manière que le train de vie des français ne soit pas du tout affecté. Troisièmement, quand bien même les gens les plus modestes verraient augmenter les prix des produits qu'ils achètent, le protectionnisme devrait permettre une amélioration de leur train de vie, parce qu'il devrait permettre aussi une amélioration de leurs revenus et des revenus de l'État (non consacrés aux dépenses de solidarité avec les chômeurs) : or le train de vie d'une personne dépend non seulement des prix, mais aussi de ses revenus et de ceux de l'État. Quant aux gens les plus riches, leur train de vie devrait baisser, car le protectionnisme devrait avoir pour double conséquence que les prix augmentent le plus pour eux, et que leurs revenus se réduisent. Mais la baisse de leur train de vie ne devrait pas être si importante que cela, car le train de vie ne dépend pas seulement des prix et des revenus, mais dépend aussi de la proportion de son revenu qu'on épargne.

 Il existe donc, d'abord, des raisons pour lesquelles le protectionnisme, même dans le pire des cas, ne devrait pas augmenter tant que cela le niveau global des prix. Les biens manufacturés importés des pays émergents ne représentant qu'une petite proportion de la richesse consommée en France. Une forte augmentation de leur prix se traduirait donc, dans le pire des cas, par une bien moins forte augmentation du niveau global des prix. En 2008 par exemple, la valeur de la richesse consommée (ou accumulée) en France, était de 2668 milliards de dollars, tandis que la valeur des biens importés était de 683,8 milliards de dollars, dont 131,4 milliards de dollars de biens manufacturés importés des pays émergents (ou pauvres). La valeur des biens manufacturés importés des pays émergents ne représentait donc que 4,9% de la valeur des biens et services consommés en France. Dans le pire des cas, et si carrément les prix des biens manufacturés importés des pays émergents doublaient (augmentaient de 200%), le niveau global des prix augmenterait de 200 multiplié par 4,9%, c'est à dire 9,8%.

 De plus, il serait naïf de croire que la bas cout du travail dans les pays émergents, ne sert qu'à faire baisser les prix des biens produits dans ces pays et vendus en France. En vérité, les entreprises qui produisent ces biens dans les pays émergents, et celles qui les vendent en France, c'est à dire en premier lieu les grandes surfaces, profitent aussi du bas cout du travail dans les pays émergents pour augmenter leurs marges, les profits de leurs actionnaires et les intérêts de leurs créanciers. Les prix des produits aujourd'hui fabriqués dans les pays émergents augmenteraient donc moins, dans la mesure où la relocalisation de leur production en France, ou bien le paiement de la taxe protectionniste, occasionnerait aussi une baisse des profits des entreprises de production ou de distribution.

 Le pouvoir politique a ensuite la possibilité de choisir la manière dont il met en place du protectionnisme. S'il veut que les gens les moins riches soient moins touchés que les plus riches par une augmentation des prix, il peut décider de ne pas taxer autant les biens qui sont dans le panier moyen d'une personne au revenu modeste, que les biens qui sont dans le panier moyen d'une personne riche. Par exemple, moins taxer les biens de première nécessité, ou d'une gamme modeste, et taxer plein pot voire plus les biens inutiles ou de luxe, comme les iPads et les chemises Ralph Lauren, produits eux aussi pour pas cher dans les pays émergents, même s'ils sont ensuite vendus très cher en France.

 Le pouvoir politique peut même mettre en place du protectionnisme de telle manière que cela n'affecte pas du tout le train de vie des français. Il lui suffit pour cela d'accompagner la hausse des taxes sur les biens importés, avec des baisses d'autres taxes sur le revenu, la détention de capital ou sur la consommation, par exemple baisser la TVA.

 Enfin, le protectionnisme est sensé permettre aux revenus les plus modestes d'augmenter, suffisamment pour compenser largement la hausse des prix qui affecterait éventuellement les personnes ayant ces revenus modestes. Le protectionnisme sert en effet à réduire, voire supprimer totalement, la mise en concurrence des travailleurs français avec ceux des pays émergents, sur le critère du cout du travail. La réduction voire suppression de cette concurrence d'un type bien particulier, devrait permettre aux entreprises de France de vendre à nouveau des produits qu'elles ne peuvent plus vendre aujourd'hui. Des activités devraient donc être relocalisées, et donc des emplois créés. Les personnes au chômage, retrouvant ainsi un emploi, verraient donc leur revenu augmenter considérablement.

 La concurrence sur le cout du travail avec les pays émergents exerce aussi une pression à la baisse sur le revenus des travailleurs qui sont exposés à cette concurrence. D'abord, de manière indirecte, en nourrissant le chômage : quand le chômage est élevé, il y a plus de travailleurs qui offrent leur travail, et donc le prix que les travailleurs sont prêts à accepter en échange de leur travail, est plus bas : c'est la loi de l'offre et de la demande appliquée au marché du travail. Ensuite, à cause de cette concurrence sur le cout du travail avec les pays émergents, l'État a tendance à moins protéger le travail, par peur de rendre les travailleurs trop couteux et donc moins compétitifs : par exemple il n'augmente pas trop le SMIC, évite d'indexer les salaires sur les prix, il n'augmente pas trop les congés voire les réduit, il « flexibilise » les travailleurs, c'est à dire permet des contrats plus précaires, il ne garantit pas trop aux travailleurs de pouvoir se défendre par un syndicat... Cela a bien sur pour effet, de réduire encore le revenu des travailleurs : moins bien payés, et précarisés, souvent à temps partiel ou en intérimaires alors qu'ils voudraient travailler à temps plein et de manière continue.

 Les travailleurs eux-mêmes intériorisent cette croyance qu'ils ne faut pas trop qu'ils revendiquent, car s'ils sont trop couteux ils ne seront pas assez compétitifs. C'est ce que racontait Liem Hoang Ngoc économiste et membre de « l'aile gauche » minoritaire du PS, dans une interview : « J’observe sur le terrain qu’il y a plein de salariés qui nous regardent avec des gros yeux quand nous faisons la proposition du SMIC à 1500 €, et qui ont intériorisé l’idée que, si on met un SMIC à 1500 € aujourd’hui, il y aura des délocalisations. » En revendiquant moins, les travailleurs obtiennent de moins bons revenus.

 En plus de permettre une augmentation des revenus les plus modestes, le protectionnisme devrait permettre aussi une augmentation des revenus de l'État non consacrés aux dépenses de solidarité avec les chômeurs. L'État pourra alors utiliser cet argent pour des dépenses qui contribuent au train de vie des gens, comme des services d'urbanisme, de sécurité, d'éducation ou de soutien à la vie sportive ou culturelle. En réduisant le chômage, le protectionnisme devrait alléger les dépenses de l'État pour la solidarité avec les chômeurs : non seulement les allocations chômage, mais aussi les aides réservées aux personnes dont les revenus sont modestes, dont font souvent partie les chômeurs. De plus, la concurrence avec les pays émergents sur le cout du travail incite l'État à ne pas trop taxer le travail, par peur de le rendre plus coûteux et donc moins compétitif. L'État pourra à nouveau taxer le travail à sa guise, sans se demander si cela va rendre les travailleurs moins compétitifs.

 Par contre, non seulement les personnes les plus riches devraient voir les prix des biens qu'elles achètent augmenter le plus pour elles, mais en plus, leurs revenus devraient stagner voire baisser, puisque les personnes les plus riches sont celles qui ne sont déjà pas exposées à la concurrence sur le cout du travail avec les pays émergents (le protectionnisme ne sert donc pas à les en protéger), et puisque ce sont celles aussi qui parfois tirent des revenus de la possession de capital, qui devraient baisser si certaines entreprises de production ou distribution réduisent leurs profits. Heureusement pour elles, les personnes les plus riches sont aussi celles qui épargnent le plus. Afin que leur train de vie ne se réduise pas trop, elles pourront augmenter la part de leur revenu qu'elles consomment au lieu de l'épargner. Les plus riches des plus riches ont même peut-être la possibilité, de cette manière, de ne pas réduire leur train de vie du tout, ou en tout cas de ne pas réduire leur qualité de vie : arrivé à un certain seuil de richesse, on ne sait peut-être même plus quoi faire de son argent. De plus, paradoxalement, peut-être que les personnes les plus riches seront contentes de payer deux fois plus cher les produits qu'elles achètent, car cela augmentera peut-être la valeur de ces produits à leurs yeux, et leur estime d'elles mêmes : depuis Thorstein Veblen on pense en effet que les plus riches pratiquent parfois une « consommation ostentatoire ».

 La véritable signification politique du protectionnisme n'est donc pas une baisse du train de vie des français vus comme un bloc monolithique. C'est bien plutôt un acte de solidarité par lequel les français les plus riches acceptent de voir baisser leur pouvoir d'achat, et donc leur train de vie et leur niveau d'épargne, de manière à permettre aux français les plus modestes, chômeurs ou travailleurs les moins riches, de retrouver un emploi et voir leur train de vie augmenter.

 Certains, comme François Hollande dans un débat, objecteront que le protectionnisme serait aussi un acte par lequel la France se désolidariserait des pays pauvres et émergents. A quoi on pourra répondre qu'il existe aussi d'autres manières pour les français d'être solidaires avec le reste du monde, tout en ayant aussi une solidarité particulière entre eux, dans leur manière de s'engager collectivement dans une relation au reste du monde. Autrement dit, il est aussi possible de concevoir « l'Ouverture » d'une nation au reste du monde, de manière compatible avec un principe de solidarité nationale.


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50 réactions à cet article    


  • Furax Furax 14 octobre 2011 09:31

    Tout à fait d’accord.
    Nous avons vécu nos plus belles années économiques sous l’horrible régime des états forts et de frontières.
    Deux remarques, l’une à destination du petit comique à talonnettes :
    -L’Inde, la Chine et le Brésil sont équipées de frontières solidement verrouillées et savent parfaitement protéger leurs intérêts.
    L’autre pour Hollande et la solidarité avec les pays pauvres :
    Que les hommes politiques donnent l’exemple ! J’ai quitté le Tchad en 1995. Un ministre y gagnait à l’époque l’équivalent de 250 euros par mois...Je doute que celà ait beaucoup augmenté. Un parlementaire espagnol gagne 2000 euros par mois.Cela devrait être le maximum en Europe ! La solidarité en actes !


    • mbdx33 mbdx33 14 octobre 2011 10:39

      @ l’enclume

      Tu n’as pas saisi toute la subtilité de l’article semble t’il.

      MLP prône la sortie de l’euro et de l’europe comme préalable et unique moyen de mettre en place le protectionnisme. Elle voudrait ensuite faire une dévaluation compétitive de la monnaie ( le nouveau franc) pour faire du protectionnisme.

      Ce n’est pas vrai. Il y a d’autres moyens.

      L’auteur lui ne parle pas de cela, il dit qu’il faut taxer dès à présent les produits importés et en particulier ceux des pays à faible coût de main d’oeuvre ( Asie, Orient, Magreb, Europe centrale, etc). Il ne parle pas de sortir de l’euro ou de l’europe. Il parle de mettre fin aux inégalités de prix, et aux marges excessives des distributeurs pour contraindre les entreprises à relocaliser l’emploi. et donc ainsi relancer la consommation.

      Le protectionnisme peut se mettre en place au niveau de l’Europe et au niveau des pays aussi. Une avancée intéresante serait que tous les états européens n’ait plus le même nombre de voix et faire véto. La France et l’Allemagne ont les moyens de les contraindre à accepter de telles règles, car sans nous l’Europe n’est rien. C’est ce que l’Allemagne veut faire aujourd’hui et chose surprenante Sarkosy semble y croire aussi !!! Un miracle de la part du petit de l’Elysée peut arriver, car il veut rester locataire.

      Donc si le protectionnisme peut se mettre en place sans changer de monnaie et tout le tintouin. A nous de faire pression durant cette campagne qui s’annonce pour que cela soit le cas après 2012.

      Bien à toi.


    • ffi ffi 14 octobre 2011 12:05

      Comment voulez-vous mettre en place un protectionnisme au niveau de l’UE ?
      Tous les traités de l’UE sont des traités de libre-échange...


    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 14 octobre 2011 18:30

      Dé-mondialisation = protectionnisme = repliement sur soi = xénophobie.

      Les pays les plus ouverts sont les pays les plus riches. Et la réciproque est vrai.

      « si les marchandises ne traversent pas les frontières, les armées le feront » Frédéric Bastiat


    • ffi ffi 14 octobre 2011 19:18

      Faux.

      L’Allemagne et les Etats-unis se sont développés par le protectionnisme (de même que la France sous la royauté). lire ici. Extrait :

      "Oui, ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 1860* ont irrévocablement dirigé dans la voie de l’exportation, ce qui lui manque de plus en plus ce sont les débouchés. Pourquoi ? parce qu’à côté d’elle l’Allemagne se couvre de barrières, parce que au-delà de l’océan les États-Unis d’Amérique sont devenus protectionnistes et protectionnistes à outrance"

      * traités de libre-échange de Napoléon III.

      Seuls les pays très riches peuvent se permettre d’ouvrir leurs frontières. Il sont d’abord passés par des phases protectionnistes pour créer des compétences internes. C’est ce que fait la Chine aujourd’hui. Protectionniste, elle ouvre peu-à-peu ses marchés à mesure que son industrie se développe.


    • eric 14 octobre 2011 10:11

      Tous cela me parait un peu rapide....
      L’industrie française produit peu de valeur ajoutée par rapport à l’allemande par exemple, parce que le contenu de ce qu’elle produit comprend plus d’importations.
      En taxant les imports, le tout premier résultat sera de mettre notre secteur industriel en difficulté..
      Deuxième problème, si on le fait, les autres aussi. Comme nos productions sont assez sensibles aux prix, à nouveau contrairement aux allemands, là aussi nos ventes devraient baisser sensiblement si elles sont taxées.
      Donc la production et les profits qui sont parmi les plus bas d’Europe devraient encore baisser.
      Bien sur les industriels tenteront de survivre en diminuant leur personnel.
      Par ailleurs, les riches achètent du haut de gamme, du luxe.... des produits français.... Les pauvres achètent du chinois pas cher. Mais bon, c’est vous qui voyez.
      Après cet effondrement industriel, il nous restera les fromages, le vin et la haute couture. Dans les années 40 il y a déjà eu des gens qui envisageaient une telle spécialisation pour la France.
      Bon pour les pauvres, pour les riches ? Je ne sais pas, à vous de voir.


      • samuel_ 14 octobre 2011 10:23


         cher Eric,

         4,5 millions d’emplois dans l’industrie en France en 1980
         2,5 millions aujourd’hui

         A cause de la concurrence avec les pays emergents portant sur le critere du cout du travail

         Vous avez dit effondrement industriel ?


      • foufouille foufouille 14 octobre 2011 12:16

        il est ou son produit francais pour riche ?
        meme les sacs a 3000 sont produits en chine a 30€


      • ffi ffi 14 octobre 2011 12:18

        Eric, il faut prendre la solution générale.

        La protection aux frontières - produits par produits - est juste un instrument de régulation du libre-échange.

        Si taxer tel produit à l’importation est néfaste, alors, il est possible de détaxer totalement ce produit aux frontières : les frontières deviennent « invisibles ».
        Dans le cas contraire, si taxer tel produit à l’importation est bénéfique, alors, il est possible de mettre des taxes : les frontières deviennent visibles.

        Dans le cas général, il y a un niveau de taxe qui est optimal pour un produit, selon le secteur industriel, selon le prix interne et les besoins de la population.

        Bref, si des frontières permettent à la fois le libre-échange général, ou ciblé, ou un protectionnisme général, ou ciblé ; en revanche l’absence de frontière impose un libre-échange généralisé.

        Il faut donc choisir le dispositif qui laisse le plus d’options politiques, c’est-à-dire frontières et protectionnisme, car il n’empêche pas d’opter pour le libre-échange si celui-ci est pertinent.


      • eric 14 octobre 2011 12:50

        C’est toujours le problème avec les gens de gauche peu au courant des réalités industrielles. Dans le même temps, la production industrielle en volume a connu une forte croissance, et, avant la crise, la tendance était même plutôt meilleure en France qu’en Allemagne. Il n’y a pas eu de désindustrialisation en volume . Et en valeur, si la part de l’industrie baisse c’est parce que les gains de productivité sont considérables et que les prix industriels montent beaucoup moins vite que ceux des services. Doubler la productivité en trente ans, et compte tenu de la tertiairisation du secteur industriel, n’a rien de phénoménal. C’est arrivé à tous les pays développés. L’essentiel de la baisse de l’emploi industriel est due à cela et pas au délocalisations. Et c’est dans l’ensemble bien. Les emplois industriels sont de plus en plus qualifiés, mais quand même, on se dépense dans l’ensemble moins physiquement dans les services. Évidemment, si vous voulez retourner aux « temps moderne », là oui, il y avait de l’empli industriel, de la chaîne etc...

        Du reste,la même chose est arrivé en encore plus fort pour l’agriculture passage de 1,8 million à 900 000. Et Alors, On produit et exporte comme jamais. Et vous croyez que taxer les imortations agro aliementaires permettra de pousser les français à retourner à la terre ou augmentera le salaire des ouvriers agricoles ?

        Notre vrai problème, c’est que dans le même temps on a embouché 2,5 millions d’agents publics au moins pour arriver de l’avis des syndicats à une dégradation continue de la qualité des services publiques. Seul secteur ou nous somme arrivé à faire moins avec plus de monde et beaucoup plus d’argent.

        Notre problème, c’est la réforme de l’état, pas le protectionnisme.


      • eric 14 octobre 2011 13:18

        FFi, le problème c’est que tous cela se fait à plusieurs. Comme notre économie est peu et mal spécialisée, si nous taxons ce qui nous arrange, ne doutez pas que nos partenaires en feront autant. Nous sommes peu sur des produits hauts de gamme et très différenciés qui supporteraient des hausses de prix. Nous somme donc potentiellement plus fragile que beaucoup de nos principaux partenaires à ce type de politique. SI on veut une Mercedes, on achète une Mercedes ou une Porche, même si elle coute 10% de plus. SI une française vaut 10% de plus qu’une italienne une japonaise, ou une coréenne, à qualité égale, on achètera l’autre.

        Et puis les taxes, mêmes douanières, elles sont toujours payées par le consommateur final. Le vendeur peu rogner un peu sa marge, mais il y a des limites. En général il répercute.

        Enfin, avoir une administration qui prend l’ensemble des produits industriels pour déterminer si ils sont utiles ou pas, important, à taxer ou pas, et dans quel mesure en fonction d’impératifs industriels complexes, vous imaginez la bureaucratie. Du reste ici en russie, ils ont essayé par le passé......


      • samuel_ 14 octobre 2011 14:00

         cher eric

         Vous dites « c’est toujours le meme probleme avec les gens de gauche peu au courant des realites industrielles »

         Et vous etes vous au courant de la realite du paysage intellectuel français ?

         Savez vous que JL Greau est un economiste de sensibilite centriste, ancien conseiller du MEDEF, specialiste des questions industrielles, et favorable au protectionnisme ?

         Savez vous aussi que Maurice Allais, prix Nobel, et G Lafay sont encore d’autres economistes de sensibilite centriste qui sont favorables a du protectionnisme ?

         Donc arretez d’essayer de faire croire qu’on ne peut etre protectionniste que par ignorance : vous ne parvenez en realite qu’a vous ridiculiser. 

      • foufouille foufouille 14 octobre 2011 14:06

        vu que le prix grossiste est de 5 a 10x moins cher, il y a de la marge


      • ffi ffi 14 octobre 2011 19:31

        Cher Eric,
        Peut-être tout simplement que l’économie d’un pays ne doit pas dépendre des échanges internationaux, mais être d’abord interne à lui-même ? Et c’est d’ailleurs largement le cas. Les importations / exportation, c’est combien ? 20 % de l’activité économique ?

        Savez-vous, qu’à l’échelle globale, la somme des importations et des exportations est toujours nulle, nécessairement ? Il est vain d’espérer une croissance mondiale globale par l’exportation...

        Le Truc, voyez-vous, c’est de créer des emplois en France, donc de produire des choses en France, puis de les vendre en France. La « compétition » internationale n’a aucun intérêt. Nous n’avons pas à construire les autres pays, mais le nôtre. Donc notre travail doit construire d’abord la France... Le reste c’est du bonus, facultatif.


      • mbdx33 mbdx33 14 octobre 2011 10:50

        @eric

        En taxant les imports, le tout premier résultat sera de mettre notre secteur industriel en difficulté..

        C’est déja le cas. comme vous le dit Samuel

        Deuxième problème, si on le fait, les autres aussi. Comme nos productions sont assez sensibles aux prix, à nouveau contrairement aux allemands, là aussi nos ventes devraient baisser sensiblement si elles sont taxées.

        Dans l’absolu vous avez raison mais les chinois ou les indiens font déja du protectionnisme. Quels sont les produits que nous leur vendons ? Des avions Airbus par exemple et peu de choses. En revanche, si nous faisons la même chose ils seront obligés de revenir créér de l’emploi en France pour ne plus être soumis à cela or la FRance est un marché important qu’on le veuille ou non. Exemple Samsung 52% des produits vendus de la marque sont des smartphones, il est premier en France avec 43% de parts de marché en volume ce la représente 7.5 millions d’unités vendues soit 3 millions pour samsung et Samsung vend 149 millions d’unités dans le monde. Les 3 millions d’unités sont donc importantes, de plus si un tel ststème se met en place en Europe c’est beaucoup que 3 millions d’unités.


        • eric 14 octobre 2011 13:27

          Trés bn exemple, dans le smartphone, la valeur ajoutée est vraisemblablement dans une puce produite industriellement dans de grandes unités. Pour le reste, il doit y avoir des pièces en provenance d’un peu partout dans le monde.Peut être que samsung sous pression construira une usine tournevis, ou on fera du montage à la chaîne peu qualifié, mal payé et sans valeur ajoutée, peut être. Mais a condition que cela lui rapporte. 3 millions, 2% des ventes ? Faudrait pas leur mettre trop la pression.
          D’autre part je vous signale le lien suivant pour contribuer à vous donner des idées plus réalistes sur le commerce international ( Avec la Chine, malgré un gros contrat récent, les Airbus représentent moins de 30% de ce que nous leur vendons et qui est en forte croissance.
          http://www.ambafrance-cn.org/IMG/pdf/bulletin_economique_chine_no33_fevrier_2011_.pdf

          Le problème avec les gens du gauche ou du FN c’est qu’ils sont contre ce qu’ils appellent la « mondialisation », mais ils ne savent pas de quoi ils parlent. Et les mêmes qui sont pour la concertation, la participation, la démocratie locale, le dialogue, se retrouvent partisan de mesures unilatérales aux termes desquelles on se retrouverait soit disant plus riches comme par magie, en imposant a ses partenaires de gagner moins d’argent et de nous permettre d’en gagner plus....


        • Bovinus Bovinus 14 octobre 2011 15:12

          Eric :
          Le problème avec les gens du gauche ou du FN c’est qu’ils sont contre ce qu’ils appellent la « mondialisation », mais ils ne savent pas de quoi ils parlent. Et les mêmes qui sont pour la concertation, la participation, la démocratie locale, le dialogue, se retrouvent partisan de mesures unilatérales aux termes desquelles on se retrouverait soit disant plus riches comme par magie, en imposant a ses partenaires de gagner moins d’argent et de nous permettre d’en gagner plus

          Eric, si je puis me permettre, ce genre de choses ne s’impose pas par la « magie ». Cela s’impose par la force et la contrainte, ou encore, la résistance (cela dépend de quel côté on est). C’est ce que nous ont imposé les États-Unis à partir de 1919 : ils nous ont imposé d’ouvrir nos frontières, mais ont gardé les leurs bien closes. Quand je dis « nous », c’est toute l’Europe - y compris par exemple le Royaume-Uni, qui, pourtant, avait un empire immense, et qui 25 ans plus tard s’est retrouvé avec des miettes.


        • mbdx33 mbdx33 14 octobre 2011 17:50

          Eric
          Vous avez tout à fait raison et peut être que vous pensez que vous êtes le seul à le savoir.

           Au sujet d’Airbus, je devrais dire EADS, je l’ai cité à titre d’exemple parce que tout le monde connait  !!! Et aussi parce que la part est importante (presque 30%), visiblement elle n’est pas suffisante à vos yeux puisque vous venez rechigner sur ce point.

          Il aurait été plus judicieux puisque vous objectez, de signaler les autres principales entreprises exportatrices en Asie avec les parts qu’elles représentent. Cela aurait été plus constructif que de faire du gnagna sur les gens de gauche.

          Quand aux smartphones Samsung, vous parlez d’usine tournevis, mais regardez Toyota Valenciennes !!! Tout le monde n’est pas bachelier, bac +2 ou bac +5, ou plus encore. et tout le monde n’a pas les moyens de l’être. C’est comme çà !

          Les chiffres du chômage montrent clairement que bon nombre de personnes sans ou avec peu de qualification ont du mal à trouver du taff. Il ne faut pas avoir fait d’étude pour le savoir et le comprendre. Et ne vous en déplaise, parmi elles, un grand nombre seraient contentes de pouvoir travailler dans des usines tournevis.

          Vous dénigrez mes propos et à la limite je m’en fous et c’est votre droit. Mais au moins ayez l’honnêteté de ne pas les déformer. J’ai donné les chiffres pour la France et oui 3 millions de pièces c’est important en Europe même si çà ne représente que 2 à 3 % du nombre de pièces au niveau mondial.

          Oui, il est important pour Samsung d’être leader sur ce marché et sur d’autres en France.

          Et j’ai bien précisé que les règles pouvaient s’appliquer au niveau national et européen. je me cite (et sachez que je n’aime pas me citer) :« si un tel système se met en place en Europe c’est beaucoup + que 3 millions d’unités. »

          Pour vous donner un ordre d’idée : "En Europe de l’Ouest déjà portées par Android et Samsung, les ventes de smartphones vont connaître une croissance soutenue avec 15 millions d’unités en 2012, 19 millions en 2014 et 20 millions en 2015.

          Ne vous en déplaise le marché français et européen est important pour Samsung, ET POUR D’AUTRES !!!

          Un des terreau de l’électorat du FN, c’est les ouvriers. Précisément parce que leurs emplois ont été délocalisés. Donnez leur des usines tournevis comme vous dites, qu’ils puissent gagner dignement leurs salaires et vous verrez que le FN ne sera plus qu’un souvenir.

          Pour les jeunes c’est pareil.

          Et quand les femmes voilées en auront marre d’être écartées du monde du travail et de la vie sociale et que leurs maris verront que les non voilées ont les jobs, vous verrez que le choix du signe ostentatoire ne ferra plus débat. Ils finiront par céder parce qu’ils voudront faire comme les voisins, travailler dignement, vivre correctement et consommer selon leurs besoins.

          C’est cela que les politiques auraient du faire depuis bien longtemps, et c’est aussi cela que les gens attendaient avec des slogans travailler plus pour gagner plus, ou je serai le président du pouvoir d’achat. Ne pas avoir compris et jouer sur les divisions ethniques et religieuses, çà c’est de l’irresponsabilité politique. Et c’est bien la droite qui l’a fait et compte le refaire.


        • mbdx33 mbdx33 14 octobre 2011 11:40

          Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur pour cet article pertinent et qui colle à l’actualité. Je pense qu’il est nécessaire de préciser un certaines choses, ce protectionnisme peut (et doit) se mettre en place au niveau de l’europe et également des états qui la compose.

          Tel que le décrit l’auteur, on peut penser que c’est une TVA modulable c’est-à-dire assortie d’une part sociale sur les produits et les marques et d’une part éthique donc les critères pourraient être le besoin (produit de première nécessité ou pas) et le coût moyen de la main d’œuvre, le travail des enfants, l’existence d’une assurance maladie, d’une indemnisation chômage, etc. dans le pays de fabrication du produit. Les deux parts étant cumulables. Nous aurions un effet immédiat c’est l’augmentation du coût de ces produits, mais les marques, les importateurs et les distributeurs seraient rapidement contraints de baisser leurs marges pour continuer à les vendre. Dans un second temps pour rester compétitifs, ces marques seraient contraintes de localiser des usines dans la zone euro ou dans notre pays. Mécaniquement cela relance notre consommation.

          Il sera nécessaire d’accompagner le dispositif d’une augmentation générale des salaires pour les salaires en dessous de 2,5 fois le smic, du maintien de taux d’intérêt bancaires bas, d’un transfert des montants économisés sur l’assurance chômage et d’une part prélevées sur la nouvelle TVA sur les entreprises tournées vers l’export (car pénalisées par le protectionnisme) cela pourrait se faire par exemple sous la forme d’exonération de charges salariales, de crédits dédiés à la R&D, etc.

          Le dispositif est complexe. Et alors ? En France on aime çà les dispositifs complexes ! et celui-là serait vite populaire (tant auprès des particuliers que des entreprises) car générateur d’emplois et de richesses.

          L’Etat pourrait garder une part de la nouvelle TVA pour consolider ses services, se moderniser et rembourser ces put…. de dettes.


          • mbdx33 mbdx33 14 octobre 2011 11:51

            Dernière petite remarque il auraut été utile que vous citez vos sources poour : « En 2008 par exemple, la valeur de la richesse consommée (ou accumulée) en France, était de 2668 milliards de dollars, tandis que la valeur des biens importés était de 683,8 milliards de dollars, dont 131,4 milliards de dollars de biens manufacturés importés des pays émergents (ou pauvres). »


            • samuel_ 14 octobre 2011 11:56


               Ma source est un billet que j’ai ecrit il y a quelques temps :  « le vrai deficit commercial de la France »

               Ce billet a lui même pour source la base de données « STAN » de l’OCDE.


            • latortue latortue 14 octobre 2011 13:43

              bonjour Samuel
              vous n’êtes pas sans savoir que le déficit commercial de France est abyssal en 2010 plus de 51 milliards, il devrait exploser en 2011 .ce qui veut dire que nous importons beaucoup plus que nous exportons .Donc taxer les importations devrait rapporter pas mal de fric ,seulement voila il faut que cet argent serve a créé des emplois en France ,emplois qui permettraient aux Français d’avoir plus de pouvoir d’achat ,plus de cotisations, donc un allègement de notre pression fiscale ,qui pénalise nos entreprises, et qui fait qu’elles délocalisent .Votre article a le mérite de soulever un lièvre .c’est l’impossibilité de l’état Français pour prendre des mesures a ce sujet,l’ Europe et le traité met beaucoup de barrière a cela .
              Ce qui impacte le pouvoir d’achat des Français ce sont les produits de première nécessité , qui augmentent de maniere injustifié ,il faudrait pour éviter cela, revenir a un blocage des prix ou plutôt une régulation des prix des produits de première nécessité . Quand on voit a l’étale des grandes surfaces les biens produient en France et ceux importé ,aux même prix ,je ne voit pas ou est l’avantage d’acheter des biens produit hors France, il faut réapprendre a consommer locale et en fonction des saisons .et cela n’impactera pas le pouvoir d’achat des Français .
              Augmenter le pouvoir d’achat des Français passe par plusieurs mesures concrètent ,mais difficiles a mettre en place a cause de notre dépendance a l’Europe, qui bride l’état Français ,et encore ne nous plaignons pas car si la note de la France est dégradé l’Europe va nous saigner .
               


              • Bovinus Bovinus 14 octobre 2011 15:04

                @ Samuel

                Pourriez-vous expliquer plus précisément en quoi le protectionnisme ferait-il baisser les revenus des plus riches ?

                Par ailleurs, je souhaiterais attirer votre attention sur le fait que le protectionnisme seul ne sera pas efficace, et risque, au contraire, de générer un très net appauvrissement, puisque comme le faisait très justement remarquer Eric, le riche peut acheter ce qu’il veut, tandis que le pauvre se contente de pas cher de Chine. Si l’on met des taxes à l’importation, ils seront les premières victimes - à moins que l’on ne baisse les taxes par ailleurs, par exemple la TVA ou bien, que l’on augmente leurs revenus. Enfin, notez que la moindre baisse des revenus des intermédiaires ou du grand capital, ce qui ne saurait manquer de se produire en cas de mesures protectionnistes, provoquera des fuites de capitaux ; il faudra donc nécessairement instaurer des mécanismes de prévention à cet effet. Cela risque de s’avérer compliqué, puisque l’idéologie « sans-frontiériste » domine très largement la politique, les institutions et les esprits.


                • samuel_ 14 octobre 2011 16:47


                   Pourquoi le protectionnisme reduirait les revenus des riches : parce que le libre echange permet d’accroitre les revenus du capital, grace au bas cout du travail dans les pays emergents. Par exemple les grandes surfaces font de meilleures marges, les fabricants font de meilleures marges. En plus de reduire leurs revenus il fera augmenter les prix, particulierement pour eux. Donc ils auront moins d’argent et pour eux les choses seront plus cheres.

                   Tout a fait d’accord avec vous sur le reste. Le protectionnisme seul est inefficace, et il doit s’integrer dans un plan de relance de l’economie qui s’attaque serieusement au chomage par la relocalisation. Plan qui pourrait aussi etre un plan de reequilibrage de la repartition de la richesse. Ainsi ce plan profiterait au chomeurs, par la lutte contre le chomage, et il profiterait aux travailleurs les moins riches, par le reequilibrage de repartition de richesse. Les augmentations de revenus de ces gens compenseront tres tres largement la hausse des prix qui les touchera, donc eux seront gagnants : leur pouvoir d’achat augmentera.

                   C’est toujours au sein d’un tel plan de relance que le protectionnisme est pensé par les partis qui le pronent (Dupont Aignan, Chevenement, Melenchon du bout des levres, Montebourg, et Le Pen), et par les economistes qui le pronent comme Sapir ou Greau.

                   Enfin, oui il faudra surement controler les mouvements de capitaux, c’est tres juste. Soit en reprenant le controle des banques ou par des lois sur mouvements capitaux. Tout cela aussi est prevu par la plupart des economistes et partis que j’ai cités.


                • Bovinus Bovinus 14 octobre 2011 17:24

                   Pourquoi le protectionnisme reduirait les revenus des riches : parce que le libre echange permet d’accroitre les revenus du capital

                  Ok, vu comme ça, c’est plus clair - en fait vous mettez « riches », « capitalistes » et « intermédiaires » dans le même panier smiley

                  En plus de reduire leurs revenus il fera augmenter les prix, particulierement pour eux.

                  Mais je ne comprends toujours pas ceci : faire baisser leurs revenus, d’accord... mais augmenter les prix ? Il s’agirait pas plutôt d’un manque à gagner ?

                  C’est toujours au sein d’un tel plan de relance que le protectionnisme est pensé par les partis qui le pronent (Dupont Aignan, Chevenement, Melenchon du bout des levres, Montebourg, et Le Pen)

                  J’aurais une réserve concernant ceci. Ils le « prônent » peut-être, mais... sans définir précisément ce qu’ils entendent par là, ni dire comment ils comptent s’y prendre. Le genre de mesures que nous avons décrit plus haut est totalement contraire aux dispositions des traités UE.

                  Ce qui signifie - du moins il me semble - que pour mettre un tel plan en œuvre, eh bien... il faut sortir de l’UE. Or, aucun des politiques que vous citez ne propose un programme aussi révolutionnaire.

                  Nous enfumeraient-ils ? Et comment !


                • samuel_ 14 octobre 2011 17:49


                   smiley Bon alors je réessaie de m’expliquer. Les « riches », c’est au sens ou je l’entends, les gens qui sont integres dans l’appareil productif (ont un travail ou bien detiennent du capital, mais ne sont pas chomeurs), et ne sont pas exposes, en tant que travailleurs, a la concurrence sur le cout du travail avec les pays emergents. Le protectionnisme reduira les revenus du capital (marges des entreprises qui distribuent du « made in china » ou qui en produisent). Et il augmentera les prix, particulierement pour les riches, si on decide de plus taxer les produits qui sont dans le panier moyen du riche, que ceux qui sont dans le panier moyen du pauvre. Resultat le revenu des riches va globalement baisser, tandis que les prix vont augmenter particulierement pour eux. Resultat leur pouvoir d’achat va baisser, et par la leur train de vie s’ils ne compensent pas leur baisse de pouvoir d’achat en reduisant la proportion de leur revenu qu’ils epargnent, et par la leur qualite de vie dans la mesure ou ce qu’ils consommeront en moins leur apportait du bonheur.

                   Pour les plans de relance je crois qu’en lisant un peu sur internet du sapir ou du greau, ou les tracts de Chevenement, Dupont-Aignan, et les autres, ça peut donner confiance dans le fait qu’ils ne prevoient pas que du protectionnisme mais un plan de relance plus global dont le protectionnisme est juste une piece maitresse.

                   Pour les problemes juridiques avec l’UE, a mon avis c’est une question de volonté politique. Chevenement ou Dupont-Aignan, si vous avez confiance dans le fait qu’ils ne lacheraient pas l’affaire, vous pouvez alors vous attendre a ce qu’ils feront ce qu’ils veulent, quelles que soient les consequences : soit les obstacles juridiques se levent apres de negociations, soit a mon avis tant pis l’UE sera sans nous, si elle ne veut vraiment pas etre compatible avec notre bonheur tant pis pour elle. Mais a mon avis ca se joue dans des negociations entre chefs d’etat avant tout, bien plus que des discussions techniques de juristes.


                • mbdx33 mbdx33 14 octobre 2011 17:57

                  L’Europe sans la France a beaucoup à perdre.

                  L’inverse est vrai aussi.

                  Mais l’europe cédera parce que le France et l’Allemagne sont trop importants. Et sur ce point les allemands nous suivront. Ils ont autant à gagner que nous, si ce n’est plus.


                • latortue latortue 14 octobre 2011 18:49

                  samuel
                  désolé mais votre dernière explication est un peu tiré par les cheveux .
                  le protectionniste je vous cites ’’Le protectionnisme reduira les revenus du capital (marges des entreprises qui distribuent du « made in china » ou qui en produisent) ’’
                  et alors ces entreprises sont basé ou en chine ou ailleurs en quoi voulez vous que ça impacte notre économie ou alors je n’ai pas compris
                  je vous cites encore
                  ’’ il augmentera les prix, particulierement pour les riches, si on decide de plus taxer les produits qui sont dans le panier moyen du riche, que ceux qui sont dans le panier moyen du pauvre. Resultat le revenu des riches va globalement baisser, tandis que les prix vont augmenter particulierement pour eux. Resultat leur pouvoir d’achat va baisser, et par la leur train de vie s’ils ne compensent pas leur baisse de pouvoir d’achat en reduisant la proportion de leur revenu qu’ils epargnent, et par la leur qualite de vie dans la mesure ou ce qu’ils consommeront en moins leur apportait du bonheur.’’
                  désolé mais on en a rie foutre que le riche soit triste parce que son panier moyen style truffe et caviar va augmenter ,mais alors RIEN A FOUTRE  ;
                  vous prenez des raccourcis mais alors grandiose .
                  la population la plus touché en France c’est et d’une la classe moyenne et la classe basse ,tous travailleurs et impactés par une éventuelle augmentation des prix ,pas sur les sacs Hermes ou Dior non !!!!!!!!!!!sur les produits de première nécessité ,ceux qui leur servent a bouffer ,donc il faut tout simplement ou bloquer ou contrôler d’une manière drastique ces prix et point barre le reste les riches et bla bla rien a foutre moi .
                  pour ce qui est de l’europe si la plansanterie continue comme ça ,elle est bien malade votre Europe ,j’ai même lu quelque part que les allemands ferait imprimer des marks ,je sais pas si c’est vrais, mais avec la note de l’espagne une nouvelle fois dégradé, expliqué moi comment vous allez faire pour renflouer tout ces pays qui se cassent la gueule avec la dette ,avec les fonds de soutient ???????? mais mes pauvres amis c’est les pays qui vont les payer les fonds de soutient, et du fric y en a plus .Donc d’une maniere ou d’une autre ces messieurs vont nous pondre une grosse bouse encore, ou une guerre, ou une récession comme on en a jamais vue voila la réalité .


                • samuel_ 14 octobre 2011 19:17


                   @ la tortue

                   Je vous avoue que je trouve aussi qu’un reequilibrage du partage de la richesse ne me deplairait pas. Enlevez 500 euros a quelqu’un qui en gagne 5000, ca le rendra beaucoup moins malheureux, que ça rendra heureux quelqu’un qui gagne 1200 euros de gagner 500 euros de plus.

                   Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose de repartager la richesse.

                   Je dis juste que ça implique que les plus pauvres s’enrichissent, et que les plus riches deviennent un peu moins riches. Bref il n’y a pas que des gagnants dans l’affaire : c’est un arbitrage entre des interets divergents, et non pas un choix qui profite a tous.


                • Bovinus Bovinus 14 octobre 2011 20:46

                  Samuel :
                  Et il augmentera les prix, particulierement pour les riches, si on decide de plus taxer les produits qui sont dans le panier moyen du riche, que ceux qui sont dans le panier moyen du pauvre.

                  Heu, admettons... mais ce sont les pauvres qui consomment le plus, pas les riches. Les pauvres sont 90 fois plus nombreux. Les riches consomment des produits de luxe ou ostentatoires, comme le disait Veblen, mais ça reste assez marginal en quantité. Le protectionnisme n’a de sens que si c’est fait pour relancer la production nationale, ce qui aura entre autres le mérite de donner du travail aux gens et donc de relancer la consommation, ce qui rejoint ce qu’on disait plus haut.

                  et ne sont pas exposes, en tant que travailleurs, a la concurrence sur le cout du travail avec les pays emergents.

                  Ça existe, ça ?

                   Pour les plans de relance je crois qu’en lisant un peu sur internet du sapir ou du greau, ou les tracts de Chevenement, Dupont-Aignan, et les autres, ça peut donner confiance dans le fait qu’ils ne prevoient pas que du protectionnisme mais un plan de relance plus global dont le protectionnisme est juste une piece maitresse.

                  Il ne faut pas mélanger le discours des économistes et des politiques. Les premiers cherchent des solutions (en admettant qu’ils soient honnêtes et compétents), les deuxièmes des électeurs. Ils ne prévoient rien du tout, à part peut-être un maroquin ministériel. Libre à vous de croire au père Noël, moi j’ai arrêté.

                  Concernant votre paragraphe sur l’UE, non, je n’ai aucune confiance en Chevènement, Dupont-Aignan, Montebourg, Le Pen and co. Même si ils voulaient faire quelque chose, ils ne le pourraient pas. La voie des « négociations » avec l’UE, oubliez direct. Les Allemands ne sont pas forcément sur la même ligne que nous, et même en supposant qu’ils le soient, il y a encore 25 autres pays à convaincre. Autant dire que c’est mort d’avance. Par contre, si on ne respecte pas les eurodirectives, vous pouvez être sûr que les eurosanctions tombent très, très vite, et ça fait mal au portefeuille.

                  La seule solution à ce merdier elle s’appelle Article 50 du TUE, après, on pourra parler de protectionnisme, de réforme fiscale et même de nationalisation de la monnaie. Aucun des politiques « mainstream » ne propose la sortie de l’UE, pas même Mme Le Pen.


                • samuel_ 14 octobre 2011 21:32


                   @ Bovinus

                   smiley Je ne disais pas négocier pour mettre en place un protectionnisme européen (qui ne resoudrait pas le probleme de la concurrence avec les pays emergents d’europe centrale ou avec l’allemagne).

                   Je disais un protectionnisme au niveau national, qui taxe les biens importés pour compenser la difference entre cout du travail dans le lieu de production et chez nous. Donc pas de taxe sur les pays qui n’ont pas d’excedent sur nous et qui n’en auraient pas non plus si nous faisions une relance massive (augmentant massivement la conso et devant donc s’accompagner d’un frein aux importations pour qu’elles ne soient pas emportées par la conso, plus que ce que l’augmentation de nos exportations, beaucoup plus lente, permettrait pour eviter deficit commercial).

                   Je disais on negocie avec les autres etats européens pour qu’ils acceptent qu’on fasse ça en France, et non pas que eux se mettent aussi au protectionnisme. Si ils ont pas envie de protectionnisme chez eux ça les regarde.


                • Bovinus Bovinus 14 octobre 2011 22:11

                  @ Samuel

                  Je disais on negocie avec les autres etats européens pour qu’ils acceptent qu’on fasse ça en France, et non pas que eux se mettent aussi au protectionnisme. Si ils ont pas envie de protectionnisme chez eux ça les regarde.

                  Je crains que ça va pas être possible. Déjà, cela impose de sortir de l’UE ; ensuite, si l’on met des taxes à l’import, les autres pays vont tout simplement nous fermer leurs marchés. Enfin, il y a l’OMC : je ne sais plus si la France est membre à la fois à titre individuel et à travers l’UE, ou bien, si elle l’est seulement via l’UE, mais l’OMC impose le même genre de règles que l’UE (libre-échange, quotas agricoles, etc).

                  Par contre, cela peut-être une bonne occasion de remettre du contenu dans la francophonie et dans les relations avec l’ancien empire colonial français (enfin, si on n’y a pas encore totalement perdu tout crédit).

                  Ce genre de décision, même si je suis convaincu que c’est la voie à suivre dans l’absolu, ne pourra pas se faire sans refondation politique totale (c’est à dire, une nouvelle constitution). Les « élites » au pouvoir actuellement ne laisseront jamais faire ça sans se battre, et les États-Unis vont mettre une grosse pression à tous les niveaux. Je ne sais pas si vous réalisez ce dont vous parlez, mais soit c’est une velléité électoraliste gauchiste (auquel cas vous êtes très naïf ou bien hypocrite) soit c’est un appel à une révolution. Moi je suis pour, mais Dupont-Aignan, Chevènement, etc, j’en doute.

                  Aucun des hommes politiques que je vois dans en France ne me semble suffisamment ambitieux pour se lancer dans une telle entreprise ; Asselineau propose la sortie de l’UE, qui est un premier pas dans cette direction, mais il me paraît louche aussi car il ne parle pas de l’après. En tout cas, pas jusqu’à présent.


                • samuel_ 14 octobre 2011 22:59


                   Un message clair a chaque pays : on taxe les produits issus de chacun d’eux, dans la mesure ou il est en excedent trop important avec nous, et si il est en deficit on taxe pas.

                   Chaque pays sera assez intelligent pour comprendre que ce n’est pas agressif, puisque si il est en equilibre ou pas trop en excedent avec nous, il n’y a pas de taxe.

                   Apres si certains d’entre eux font semblant de croire que c’est agressif, il y a un moment ou tant pis pour les echanges avec eux qu’ils aillent se faire voir. On ne peut pas se laisser marcher sur les pieds et laisser notre industrie tomber en ruine. Ne pas reagir nous conduirait dans le mur. Donc on est forcés de réagir, quelles que soient les consequences pour nous, et toujours sans agressivité en laissant la porte ouverte.

                   Je suis etonné du manque de confiance que vous avez en Chevenement ou Dupont Aignan. Moi j’ai l’impression que ces gens la ne lacheraient pas l’affaire.


                • Bovinus Bovinus 15 octobre 2011 00:17

                  Je suis etonné du manque de confiance que vous avez en Chevenement ou Dupont Aignan. Moi j’ai l’impression que ces gens la ne lacheraient pas l’affaire.

                  Vous voulez dire que vous les voyez faire une révolution ? Lisez Lénine (par exemple, sur marxists.org), il explique très bien comment on fait une révolution, ou à la limite Robespierre (mais lui, il est plutôt dans le conceptuel). Ni Chevènement, ni Dupont-machin, ni Marine ne m’ont l’air de ressembler à des bolchéviks ou des jacobins.


                • Bovinus Bovinus 15 octobre 2011 00:23

                  Je modère mon message : une révolution sur le modèle d’antan ne marcherait de toute façon pas. Cela dit les écrits des grands révolutionnaires sont quand même utiles pour mieux cerner le concept et donner des idées. À mon avis personnel, si révolution il doit y avoir, celle-ci devra être avant tout spirituelle ; ce sera moins spectaculaire, mais beaucoup plus efficace et radical.


                • paul 14 octobre 2011 18:19

                  Au dumping fiscal et social des produits importés - ou réimportés après délocalisations - s’ajoute le dumping environnemental, cad les pays où les normes sont plus basses , et les ressources énergétiques moins chères, ce qui pousse à leur gaspillage : c’est une délocalisation de la pollution , augmentée par les grandes distances de transport pour livrer ces produits .Il faudra bien stopper ces 3 formes de chantage à l’emploi qui fabriquent la misère .


                  • Le tocard 14 octobre 2011 18:27


                    Deux millions d’emplois industriels perdus entre 1980 et 2007, un taux de chômage durablement voisin de 10% et une balance commerciale en déficit de 51 milliards d’euros en 2010. Trois raisons qui font resurgir la tentation d’accuser les nouveaux pays industriels et de se retirer du circuit mondial. Cette tentation n’est pas nouvelle : « concurrence cosmopolite », « travail national », « économie patriotique »… autant de concepts, surnoms du protectionnisme. En 2011, pour ne pas paraître xénophobes vis-à-vis de pays en développement, ces idées s’abritent derrière des prétextes bien-pensants comme les conditions de production sociales et environnementales et la démondialisation.
                     
                    On pourrait croire que notre plus fort déficit commercial est avec la Chine. En réalité, les données de notre balance commerciale montrent que notre pire déficit se situe bel et bien avec les pays européens alors que les conditions de production sont sensiblement similaires : 40 milliards d’euros de déficit par an avec 7 pays européens dont 16 milliards avec l’Allemagne (Voir tableau ci-dessous). Heureusement que notre balance est positive de 11 milliards avec le Royaume-Uni, l’Espagne et la Grèce.
                     
                    Les principaux excédents et déficits de la France avec ses partenaires 2009 En milliards d’euros
                    Royaume-Uni 6,1
                    Émirats arabes unis 2,9
                    Grèce 2,6
                    Algérie 2,2
                    Espagne 2,1
                    Hong-***** 2,0
                    Singapour 1,9
                    Australie 1,5
                    Liban 1,2
                    Maroc 1,0
                    Pays-Bas -2,8
                    Italie -3,0
                    Japon -3,2
                    Norvège -3,4
                    Irlande -3,9
                    Russie -4,3
                    États-Unis -5,4
                    Belgique -6,9
                    Allemagne -16
                    Chine -22
                    Source : direction générale des Douanes et des Droits indirects
                     
                    Le déficit commercial de la France vis-à-vis des pays développés est un simple révélateur : il souligne notre problème de compétitivité. D’abord dû à un secteur public trop lourd et pas assez efficace, et à des contraintes excessives mises sur le secteur privé : 35 heures, retraites à 60 ans, fiscalité, charges sociales, règlementation du travail. Pendant que la France créait un Ministère du temps libre, nos anciens concurrents se réformaient et les nouveaux sautaient dans le train du XXIème siècle. 

                    http://www.ifrap.org/Demondialisat [...] 12335.html
                     


                    • latortue latortue 14 octobre 2011 18:57

                      ’’les conditions de production sont sensiblement similaires’’ alors là vous y allez fort regardez un peu le salaire mini en Europe avec des différences énormes cher ami et vous ne direz plus que les conditions de production sont les mêmes si le patronat délocalise dans ses pays c’est pas pour rien . en bulgarie il est a 123 EUROS EN IRLANDE A 1462 .regardez vous même le lien
                      http://www.inegalites.fr/spip.php?article702


                    • samuel_ 14 octobre 2011 18:58


                       Cher tocard, le fait essentiel a cote duquel vous passez, est :
                       
                       qu’il n’y aura pas de relance sans protectionnisme,

                       en vertu de la « loi de Thirlwall » et du « multiplicateur keynesien en economie ouverte », deux elements des theories keynesiennes,
                       et comme cela a été illustré par les plans de relance ratés Chirac de 75 et Mauroy de 82, ratés parceque sans un protectionnisme energique.

                       Je vous montre pourquoi.

                       Relance = restauration puis maintien de l’equilibre commercial + retour au plein emploi + eventuel reequilibrage de la repartition de la richesse

                       Retour au plein emploi a pour consequence : augmentation massive de la production et de la consommation

                       Reequilibrage de la repartition de la richesse a pour consequence : augmentation de la consommation,
                       car les plus riches epargnent plus que les moins riches : la proportion consommee plutot qu’epargnee augmente donc

                       Par ailleurs, le reste du monde n’augmentera pas ses achats a la France avec un rythme aussi élevé qu’augmentera notre consommation et notre production. Cela en tout cas ne depend pas de nous, mais de l’état d’esprit du reste du monde : son envie de consommer plus, et son envie de consommer français. On peut donc conclure que :
                      nos exportations n’augmenteront pas au meme rythme qu’augmentera notre consommation et notre production

                       Pour que l’equilibre commercial soit maintenu, il faut alors que :
                      nos importations non plus, n’augmentent pas au même rythme que notre consommation (et notre production),
                       sinon il y aura un deficit commercial qui se creuse.
                       C’est ce qu’on appelle la « loi de Thirlwall »

                       Pour que notre production s’ecoule, il faut alors que :
                       notre consommation de biens produits localement augmente plus vite que notre consommation globale (de biens produits localement ou importés),
                       en effet notre production va augmenter tres vite, a un rythme plus eleve que nos exportations : c’est donc notre consommation de biens produits localement qui doit compenser cette difference de rythme, sinon notre surplus de production ne trouvera pas de debouche
                       C’est ce que dit « le multiplicateur keynesien en economie ouverte »

                       Resultat, il faut que nos importations augmentent a un rythme moins important que notre consommation. Et, donc, c’est des lors une necessité mathematique que :
                       La part de nos importations dans notre consommation diminue.

                       Et pour reduire, dans le panier moyen du consommateur, la part de biens importés,
                       On incite le consommateur a preferer ce qui est produit localement, par du protectionnisme.
                       
                       Tocard, etes vous economiste ?


                    • De la hauteur 14 octobre 2011 19:32

                      Vive les produits régionaux, ouf tous est possible pour les AMAP et autres formules qui nous nous réconcilie avec le savoir faire national.
                      Vive la baguette, le fromage et la betterave qui tâche.

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