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Accueil du site > Actualités > Economie > Le retour de l’Allemagne

Le retour de l’Allemagne

Après de longues années de croissance faible, de chômage fort, de pouvoir d’achat stable et de déficits incontrolables, l’Allemagne est en train de dépasser tous les pronostics dans ces domaines (2.7% de croissance en 2006, 1.7% du PIB de déficit, chômage en chute libre...). Comment les imiter ?

"Un chômage qui recule rapidement, une inflation basse et un beau rebond des ventes de détails. On manque presque de mots pour décrire les bonnes nouvelles en provenance d’Allemagne", souligne de son côté Holger Schmieding, chef économiste en Europe de la Bank of America.

La France ayant désormais hérité de cette place de poids mort de l’Europe (croissance, chômage, déficit : partout nous sommes parmi les plus mauvais malgré notre dynamisme démographique), peut-elle imiter les bonnes recettes allemandes ? Comment se sont-ils sortis du trou ?

Les facteurs principaux ont été le réalisme des syndicats, le déplacement de la fiscalité du travail vers la consommation et la réconciliation politique.

 

1/ Le réalisme des syndicats

Bill Clinton en campagne en 1992 disait aux syndicats du secteur industriel que la meilleure défense contre les délocalisations était la compétitivité des entreprises. Ce principe qui a durablement servi l’Amérique a été appliqué en Allemagne depuis des années. Ainsi la modération salariale, couplée à la bonne spécialisation industrielle, a conditionné la reprise des exportations qui aujourd’hui donnent lieu à de nouveaux investissements.

Bien entendu, si l’Allemagne est plus compétitive et que la France ne bouge pas, elle l’est moins et elle perd des parts de marché à l’exportation. C’est ce qui s’est passé au cours des dernières années, et malgré tous nos rêves il n’y a qu’une solution efficace : réduire le coût du travail, en particulier non qualifié. Et une mesure efficace contre le chômage, une !

 

2/ La hausse programmée de la TVA

Annoncée longtemps à l’avance, la hausse de 3 points de la TVA a envoyé un signal clair aux ménages et aux entreprises : l’Allemagne réduirait ses déficits publics. L’inquiétude inhérente à un pays en fort déficit (quels impôts augmentera-t-on ? quels services publics seront démantelés ? etc) disparaît et la confiance dans l’avenir peut se réinstaller. C’est donc un facteur qui a favorisé l’investissement en Allemagne, encore une fois au détriment de l’investissement chez ses voisins.

La consommation a été favorisée en cette fin d’année 2006, les ménages se ruant chez les concessionnaires automobiles et chez les vendeurs de télés à écran plat (entre autres) pour profiter le la TVA basse. Ainsi dès 2006, le déficit allemand (qui revient de loin) est redescendu à 1,7% du PIB. La hausse de la TVA en 2007 le remenera près d’1%, niveau compatible avec le désendettement et la préparation de l’avenir. Parallèlement, l’Allemagne réduit les charges sociales, composante essentielle du coût du travail. Et une deuxième mesure efficace contre le chômage, deux !

 

3/ La grande coalition

Enfin, le rassemblement des forces politiques de droite et de gauche semble avoir été un facteur positif pour le pays. En laissant les querelles politiques de côté on peut se concentrer sur l’essentiel.

 

Ces trois axes peuvent et doivent être développés en France. Au delà de l’idéologie, inspirons-nous de ce qui marche aujourd’hui chez notre plus proche voisin !


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19 réactions à cet article    


  • Guilhem (---.---.91.97) 1er mars 2007 11:43

    Oui oui oui, attendons un peu de voir les effets à moyen terme (au moins un an voir deux) avant de dire c’est merveilleux baissons les charges et augmentons la TVA.

    D’une part parce que beaucoup d’achats ont été anticipés en fin d’année et parce que les atouts de l’Allemagne ne se résument pas à ces seules mesures.

    On pourrait également se calquer sur la Chine un régime dictatorial avec un capitalisme d’état ont aurait alors 10% de croissance par an !!!

     smiley


    • gem gem 1er mars 2007 12:16

      Pourquoi attendre la saint-glinglin ? ? ?

      A gauche comme à droite, tout le monde estime qu’augmenter la TVA en baissant les charges sur le travail est une bonne idée. Notamment parce que c’est une mesure indirectement protectionniste mais juridiquement inattaquable devant l’OMC.

      Mais l’affaire est délicate :

      Il subsiste des divergences de détails (mais le diable est dans les détail, malheureusement) : répartition de la baisse entre employeurs et employés, et traitement de l’impact entre les diverses branches professionnelles (bénéficiant différemment de la mesure selon le poids de la main d’oeuvre sur leurs couts et le poids de la TVA sur leurs ventes).

      Il y a aussi un blocage juridico-pratique, parce que c’est la Sécu qui encaisse les cotisations, et que c’est l’état qui encaisse la TVA (et qui calcule ce que la mesure coute à la Sécu). Il faudrait donc que l’état rembourse à la sécu ce qu’elle va y perdre : or l’expérience prouve qu’il triche et ment et ne paye jamais ce genre de dette. D’où compréhensible réticence des « partenaires sociaux ».


    • Forest Ent Forest Ent 1er mars 2007 13:39

      Ca m’embête de ne jouer que les Cassandre, mais je vois une grande fragilité à ce début de reprise, liée à la plus grande exposition allemande à l’exportation vers les Etats-Unis.

      La commande de biens durables aux US vient de chuter de 7% d’un seul coup, et la croissance fin 2006 y a été réestimée vers 2.4%. Avant hier, la bourse de Shangai a décroché de 9%, et le DJI a suivi de 3.4%, avec des infos pas très bonnes sur l’immobilier.

      Faites très attention aux infos éco dans les semaines qui viennent, car nous allons soit vers une stabilisation de croissance modérée, soit vers un plongeon sévère.


      • gem gem 1er mars 2007 20:43

        la première partie est assez juste, mais la conclusion genre « soit ca va bien, soit ça va aller mal » ... moi je parie que demain, soit la pluie persiste, soit le ciel se dégagera smiley


      • Forest Ent Forest Ent 1er mars 2007 20:57

         smiley

        Remarque méritée, je n’ai pas assez explicité. Précisons donc : soit il y a un vrai krach, soit la croissance mondiale ralentit significativement. Dans tous les cas, l’époque où les actions ET la pierre flambaient est bien finie. Je ne sais pas quel temps il fera demain, maussade ou mauvais, mais le temps va changer.


      • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2007 23:19

        Un rebond technique le deuxième jour, puis deux jours de baisse. Une « aversion au risque » qui devient palpable.

        Ca peut déjà s’appeller un krach. smiley


      • (---.---.23.15) 1er mars 2007 13:50

        Le taux normal de TVA était de 16% il a augmenté de 3 points. L’Allemagne a investi depuis la réunification plus de 2000 milliards d’euros dans les Länder de l’est alors que la France arrive à un taux d’endettement comparable pour des dépenses de fonctionnement et mange littéralement sa substance. L’allocation chômage en Allemagne a été réduite à 12 mois (18 mois pour les plus de 55 ans). Après ce délai, les gens sont obligés d’entamer leur fortune personnelle, l’état ne leur accorde que 200 euros d’économie par année de vie. Ensuite seulement s’ils n’ont pas retrouvé d’emploi, ils peuvent demander l’équivalent du RMI,(le loyer et le chauffage étant pris en charge). En contrepartie ils sont aussi astreints à des travaux d’intérêt général payés 1 Euro de l’heure (en plus de leurs allocations). Il n’y a pas de SMIC, les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève, les salariés et les fonctionnaires ont accepté dans beaucoup de secteurs une prolongation du temps de travail sans contrepartie. Les jeunes gens qui refusent le service militaire doivent effectuer un service civil obligatoire auprès des handicapés ou des personnes âgées) et trouvent cela normal .Moins contestataires et dotés d’un sens civique bien plus prononcé que les Français, ils ont réussi à avoir 826 000 chômeurs en moins en l’espace d’une année.


        • (---.---.6.192) 1er mars 2007 15:11

          L’Allemagne a aussi un avantage énorme par rapport à la France : une industrie mécanique extrêmement performante ( machines outils spéciales, pompes etc...) qui lui permettent de fournir aussi en matériel de qualité les superpuissances anciennes et nouvelles( Chine, Inde)... et nous-mêmes. Cette avantage s’appuie aussi sur la performance des PME, ( beaucoup plus importantes en matières d’effectifs et de CA qu’en France) et sachant exporter... De plus le travail, du bas en haut de l’échelle y est beaucoup plus considéré et l’échelle des salaires beaucoup moins étendue( c’est bon pour le moral des classes laborieuses). Sans parler de l’importance du consensus patronat/syndicat qui évite la plupart du temps les grèves ravageuses. Et aussi, les fonctionnaires, considérant la noblesse et les avantages de leur métier, sont d’accord dès leur engagement pour ne pas recourir à la grève. Enfin Angela Merkel a su éviter les pièges d’une coalition boiteuse. Résultat : un pays qui se redresse, malgré une réunification ruineuse et mal négociée, et un niveau de vie qui, après quelques années de stagnation, retrouve sa belle santé.


          • ZeusIrae (---.---.209.130) 1er mars 2007 18:27

            Retour d’URSS........ ah non excusez moi d’Allemagne.

            Vous devriez changé le nom de l’article,au debut je pensais que vous faisiez de l’ironie.


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 1er mars 2007 19:34

              Il faut ajouter des conditions spécifiquement allemandes qui seraient difficilement transposables en France dans la situation actuelle :

              La société allemande est social-démocrate et repose sur trois piliers indissociables :

              - La cogestion qui exige un syndicalisme puissant et unifié qui collabore à la direction des entreprises ;

              - La banque-industrie qui fait des banques semi-publiques des partenaires de longue durée des entreprises ;

              - Le fédéralisme qui permet une certaine compétition dynamique entre les Länder et une solidarité toujours discutée qui oblige à une négociation permanentes entre le l’état fédéral et les régions très autonomes

              Il faut ajouter une réputation de qualité industrielle qui n’est plus a faire et une volonté patiente de vendre à l’international de la part de PME reconnues mondialement. Le réseau des PME est impressionnant d’efficacité.

              Enfin les deux grands partis (SPD, CDU-CSU) de masse sont deux variantes de la social-démocratie, dans la mesure où le modèle de la cogestion conflictuelle en vue du consensus sur le modèle donnant/donnant s’impose dans la société toute entière. De plus le mode de scrutin est en grande partie proportionnel ; ce qui favorise les coalitions, les alliances diverses et les compromis.

              Conclusion : Pour qu’un compromis social de ce type soit possible en France, il faudrait changer profondément nos institutions, nos habitudes et notre culture politique dans un sens social-démocrate généralisé à la société toute entière.


              • gem gem 1er mars 2007 20:59

                Il n’est pas raisonnable de dire qu’il y a forcément des préalables délirants et quasi-révolutionnaires pour rendre possible le progrès en France...

                C’est tout simplement faux.

                La mode des 35 h est venu d’Allemagne, preuve qu’ils peuvent faire des bétises.

                Inversement en France on a bien réformer le régime de retraite du privé, puis celui du public ; ça n’est pas passé comme une lettre à la poste, mais en tout cas c’est fait. Reste les régime spéciaux, qui y passeront comme les autres, plus personne n’en doute. La mutation de l’administration des PTT à FT puis à Orange n’a pas, non plus été de soi, mais elle s’est faite et se fait encore, sans trop de souci. La privatisation de GDF pourrait se faire de même, malgré un combat d’arrière garde. etc.

                Non, la France n’est pas irréformable. Elle n’a pas la souplesse d’une gymnaste chinoise, mais elle bouge quand même.

                Le perfectionnisme qui fait hurler au scandale dès que les choses ont encore des défauts, c’est plus un frein qu’un moteur pour le changement.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 1er mars 2007 21:42

                Je pense que si l’on n’améliore pas les relations de pouvoir au sein des entreprises dans le sens de la coopération (même conflictuelle) et du compromis donnant/donnant , si on ne sécurise pas davantage le parcours des salariés, si on ne renforce pas un syndicalisme de masse participatif responsable , si on ne change pas l’esprit très hiérarchique, voire arrogant de la hiérarchie, induit par les grandes écoles (spécificité bien française), si on ne décentralise pas les décisions qui concernent la vie concrète des gens, si les banques ne soutiennent pas les PME, les réformes seront toujours précaires et contestées et la confiance nécessaire ne sera pas au rendez-vous. Ce danger de défiance et de démotivation induit par des pratiques dites (à tort) ultra-libérales de dérégulation existe aussi en Allemagne mais la société dispose des moyens de résister davantage à une certaine flexinsécurité (alors que ceux d’en haut sécurisent au maximum leur position et réclament cyniquement des sacrifices dont ils se dispensent). Bref on l’a vu avec EADS, les cultures de management sont difficilement compatibles et je prétend que celle qui domine encore en Allemagne est aussi un facteur de performance.

                La question des relations de pouvoir et du type de jeu social a instaurer (gagnant/gagnant) plus démocratiques est centrale et SR me semble vouloir aller dans ce sens.


              • l.sage (---.---.126.50) 1er mars 2007 22:06

                Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse. Moi qui habite depuis plus de 3 ans en Allemagne, je dois dire que c’est une différence que j’ai ressentie dans mon travail. Pour faire des généralités (ce que je n’aime pas), je dirais qu’ici une élection est faite pour choisir des idées et une orientation politique, pas pour permettre à une personne d’accéder au pouvoir. Le but est l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

                Le principe du donnant-donnant au lieu de la conservation de privilèges par des syndicalistes hyper-protectionnistes qui exhortent à acheter français, même plus cher, même de moins bonne qualité, juste pour permettre de rester aux 35h, c’est quelque chose que l’on ne connait pas ici. J’ai vécu des grèves ici aussi, mais : 1/ après des tentatives de négociation, pas avant 2/ dans l’enceinte de l’usine sous les bureaux des négociations, pas en prenant en otage toute une ville ni en déversant du fumier devant les préfectures 3/ avec des propositions constructives, au lieu du « on dira non à tout »

                Bref, les allemands sont plus constructifs, ils savent que pour avancer, il faut travailler. Peut-être est-ce dû au fort taux de religion, d’ailleurs, et aux célèbres 3K : Kirche, Kinder, Küche (église, enfants, cuisine), qui donnent une certaine idée de la famille et des valeurs à transmettre. Ceci se ressent dans la vie de tous les jours et apporte un certain nombre de valeurs, même si comme moi on est non-croyant ou tout simplement d’une autre religion. La tolérance n’est pas ici qu’une idée lancée en l’air. Le système d’immigration n’est d’ailleurs pas du tout comme le système français : en France on pratique l’assistanat qui fini par rendre jalouses les couches les plus basses de la population. En Allemagne, il n’y a pas plus de facilité à l’intégration que l’on soit turc, sénégalais, ou français. Bien sûr, il y a des raisons historiques à cela : pas de colonies, pas de sentiment de culpabilité suite à la guerre d’Algérie, etc... Mais ici, on a vraiment l’impression que celui qui veut s’en sortir, qui travaille, s’en sort et ne voit pas son CV refusé par une entreprise juste à cause d’un nom à consonance trop africaine.

                Bref : l’Allemagne veut avancer, et donne leur chance à ceux qui le veulent également.


              • Nono Ladette Nono Ladette 2 mars 2007 08:49

                Des syndicats puissants et des banques qui soutiennent les PME, est-ce impossible en France ?

                Il faudrait aussi favoriser l’investissement des petits épargnants dans des PME - plutôt que dans la pierre - pour créer des richesses et des emplois !


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 mars 2007 11:26

                Je n’ai jamais dit que cela était impossible, mais il faudrait changer cette représentation qui ne voit rien entre les grandes entreprises d’état ou nationalisées et les grandes entreprises multinationales (dans lesquelles les mêmes venant exclusivement des grandes écoles d’état peuvent pantoufler et faire carrière). Il faudrait tout simplement casser ce culte idéologique du gigantisme qui ne compte que sur les grandes machines anonymes (d’état ou non) et donc irresponsables pour susciter le dynamisme économique et la coopération sociale.

                Par exemple le codevi est une piste en ce sens malheureusement embryonnaire. Il faudrait aussi cesser de casser les PME par des droits de succession insupportables et fidéliser les successeurs qui s’engagerait à pérenniser l’entreprise par des mesures fiscales d’effacement de ces droits sur 10 ans (projet allemand).

                De même le Micro-crédit et des banques semi-publiques ou investies de missions de service publique auprès des TPE et PME sont à promouvoir, mais ce n’est pas dominant dans la culture des grandes écoles et dans les enjeux de carrière qu’elles ouvrent...

                Sur la plan politique, au sens large de gestion des relations de pouvoir, briser cette culture des élites françaises issues par concours des grandes écoles qui leur donnent la certitude de la légitimité de leur pouvoir et promouvoir la promotion permanente sont des conditions nécessaires du dynamisme économique et d’une meilleure coopération sociale dans notre pays.


              • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2007 23:17

                C’est rigolo, il y a ça aujourd’hui dans « La tribune » :

                http://fr.biz.yahoo.com/02032007/155/les-ventes-de-detail-allemandes-decrochent-en-janvier.html

                Le recul des ventes hors automobiles s’inscrit à 5,1% par rapport au mois de décembre. Et il atteint même 9,7% avec le secteur automobile. L’effet de la hausse de trois points de la TVA en début d’année a joué à plein.

                L’effet de la hausse de la TVA aura été immédiat outre-Rhin : les ventes de détail (hors automobile) ont enregistré en janvier un recul nettement plus fort qu’attendu, chutant de 5,1% à prix constants par rapport à décembre, selon des données provisoires publiées ce vendredi par l’Office fédéral des statistiques (Destatis). Les économistes avaient certes prévenu que les consommateurs allemands allaient se montrer moins enclins aux dépenses en début d’année, après le relèvement de la TVA de 16 à 19%, mais la correction est douloureuse.

                Avec le secteur automobile, le recul des ventes atteint 9,7%, selon la Bundesbank. Cette baisse mensuelle est la plus importante depuis que la Buba a commencé au début 1991 à mesurer les ventes au détail dans l’Allemagne réunifiée.

                Sur un an, le recul est aussi plus fort que prévu : les ventes de détail ont baissé de 1,4% à prix constants (et de 4,8% avec l’automobile), là où les analystes tablaient sur un fléchissement de 0,6%. Sur cette période, les ventes de détail des produits alimentaires, des boissons et du tabac se sont inscrites en baisse de 2,6%, détaille l’Office, qui précise qu’elle a revu l’échantillon servant de base à ces données.

                Au contraire, les ventes de biens d’équipement, d’appareils électroménagers et dans le secteur du bricolage ont progressé de 3,3% à prix constants, mais uniquement grâce à des réductions accordées par les commerçants. Les ventes de produits cosmétiques, pharmaceutiques et de médicaments ont également augmenté, de 1,6%. Les grands magasins sont ceux qui ont le plus souffert, avec un repli de leurs ventes de 5,8% sur un an.

                Jeudi, la fédération des constructeurs automobiles a fait état d’un recul des immatriculations de voitures neuves de 15% en février, après une baisse de 10% en janvier.

                Ce mauvais résultat des ventes de détail va relancer les inquiétudes sur la croissance germanique. « La consommation devrait peser d’environ un demi-point sur la croissance du PIB allemand au premier trimestre 2007 », note Sylvain Broyer, chez Natixis.


                • Nono Ladette (---.---.28.230) 5 mars 2007 10:16

                  Cela constitue-t-il une surprise que les ventes de détail soient inférieures de 10% en janvier par rapport à décembre ? Aviez-vous noté que les ventes de décembre avaient été particulièrement fortes ?

                  Le mensuel l’Expansion note que contrairement aux prévisions, les prix de détail n’ont pas augmenté en Allemagne en janvier par rapport à décembre. C’est de bonne augure pour la consommation des prochains mois.


                • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2007 23:27

                  Dans cet article du 9/1/7 il y a deux mois :

                  http://agoravox.fr/article.php3?id_article=17472

                  j’avais attiré l’attention sur l’aplatissement de la courbe des taux européenne et US. A l’époque, la FED avait déclaré que pour une fois cela ne présageait pas de récession.

                  Il y a une semaine, Greenspan a mentionné le mot « récession » et, bien qu’il soit retraité, cela a eu de l’effet. On peut commencer à s’interroger sur la crédibilité de son successeur Mr Bernanke.

                  En une semaine, toutes les places mondiales ont perdu au moins 5%. Il y a trois bulles prêtes à crever : la Chine, l’immobilier, et les actions sur-leveragées.

                  Accrochez vos ceintures. Le PEM va changer (paysage économique mondial).


                  • (---.---.118.92) 12 mars 2007 23:20

                    Bonjour, Vous oubliez un point important selon moi. Pendant 50 ans l’Allemagne a tenu un Deutschmark fort et a refuser systématiquement de la diminuer ainsi tout le système est basé sur la quelité du produit, si un producteur allemand refusait de le faire il se faisait battre instantanément par la concurrence internationale.

                    En france, on a beaucoup joué sur les dévaluations , on s’est dit qu’au cas oû , cela pourrait se faire.

                    Aujourd’hui les deux pays sont dans la même zone monétaire celle d’un euro fort, et visiblement les Français , moins habitué ne tiennent pas le coup de la concurrence internationale sur les prix.

                    Bien à vous

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