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Accueil du site > Actualités > Economie > Le RSA : un vrai produit libéral !

Le RSA : un vrai produit libéral !

Il était impératif de moderniser le système social et les aides aux chômeurs. Le RMI ne constituait pas une solution à long terme pour permettre aux chômeurs de retrouver du travail. De même, le problème des travailleurs pauvres gangrenait notre société depuis trop longtemps. Le Revenu de solidarité active à destination des 3 millions de Français qui sont sans revenu et ceux qui travaillent sans pouvoir subvenir à leurs besoins pourrait contribuer à augmenter le niveau de vie de certains d’entre nous.

Le projet du RSA se fonde avant tout sur une valorisation « du travail et non de l’assistanat » comme aime le répéter Nicolas Sarkozy. Le RSA devrait donc constituer le complément pour tous ceux qui ont trouvé un travail et permettre ainsi de leur offrir la possibilité de vivre dignement (à tous ceux qui se sont réinsérés dans la vie professionnelle.)

Malheureusement, ce Revenu de solidarité active, aussi attrayant soit-il, comporte bien des données qui pourraient faire frémir les plus miséreux d’entre nous. En effet, Denis Clerc, ancien membre de la commission présidée par Martin Hirsch affirme que même si la pauvreté diminuera avec le RSA, le travail à temps partiel va exploser. Le chômeur ne pourra plus refuser plus de deux offres d’emplois pour conserver le bénéfice du RSA ce qui le contraindra à cumuler le travail à temps partiel sur le modèle américain. De même, cette aide de l’Etat permettra aux employeurs de profiter du fait que les allocataires du RSA reçoivent un complément des pouvoirs publics pour maintenir des emplois à temps partiel et surtout peu rémunérés. L’employeur se voit ainsi offert le droit de profiter d’une main-d’œuvre qu’il pourra utiliser comme bon lui semblera, d’autant plus que la législation en place le lui permettra.

Nicolas Sarkozy se félicite d’avoir auprès de lui Martin Hirsch, un homme qui a succédé à l’abbé Pierre à la direction d’Emmaüs, et loue son « courage » pour avoir rejoint désormais les rangs de l’UMP dans le combat mené contre l’exclusion. Mais le président de la République qui prétend faire du social est avant tout l’auteur du bouclier fiscal, plan qui a participé à vider soigneusement les caisses de l’Etat en privant les services publics de 7,7 milliards de revenus.

Dès lors, l’annonce d’un projet de soutien aux plus démunis passe mal auprès de tous qui ont vu leurs difficultés financières s’accroître depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. L’annonce par Christine Lagarde que seules les classes moyennes participeraient au financement du RSA à hauteur d’1,1 % taxé sur leurs dividendes d’actions, les revenus d’obligations et les loyers (les propriétaires répercuteront la taxe sur le montant des loyers), les plus-values des valeurs immobilières, leurs assurances-vie et le PEA (Plan d’épargne en action) est venue poser une nouvelle fois la question de la valeur sociale de ce projet et de la politique de Sarkozy.

Partant du principe que les classes moyennes fondent les bases de l’équilibre économique du pays, Nicolas Sarkozy entend s’appuyer sur elles et taxer le capital « dans un effort de solidarité nationale » comme il le prétend. Mais, en guise de capital, ce sont avant tout les petits épargnants qui vont être touchés tandis que la spéculation financière ne sera pas visée ni même les gros salaires qui constituent le véritable capital.

En tout cas Martin Hirsch ne trouve rien à dire sur cet état de fait et semble se satisfaire qu’il n’y ait aucune cotisation sociale sur les stock-options (ce qui pourrait rapporter au minimum 3 à 4 milliards d’euros), rien à dire sur les entreprises cotées au Cac40 dont les bénéfices ne cessent de flamber sans que le pays ne voit la couleur d’un euro.

Avec le RSA, Nicolas Sarkozy affirme mener une politique sociale, alors qu’il enracine définitivement l’économie ultra-libérale où le chômeur devient un être corvéable qui court les petits boulots pour pouvoir conserver ses aides que les classes moyennes lui auront fournies.

Laurent Monserrat


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5 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 10 septembre 2008 11:34

    Il n’est en effet pas admissible que les très riches soient dispensés de l’effort de solidarité nationale. Alors que les autres apportent leur part :


    - Les pauvres : par le gel de la prime pour l’emploi, cumul RSA salaire plafonné à 62 % (alors que 65 % étaient prévus), évolution du RMI inférieur à celui de l’inflation, acceptation d’emplois précaires ou partiels, devoir d’accepter le 3ème emploi proposé sous peine de radiation...


    - Les classes moyennes : par la taxe sur les revenus fonciers et le capital.

    Le paquet fiscal ne constitue pas une excuse valable car il ne concerne que les impôts directs. Une forme de contribution indirecte des très riches pourrait être envisagée. Les gens comprendraient mal qu’il n’en soit pas ainsi et le feraient savoir au moment de passer aux urnes.


    • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 17:30

      @ La Taverne
      Je pense que depuis quelques jours vous faites une confusion.

      Corrigez-moi si je me trompe, mais d’après ma compréhension du bouclier fiscal les riches ne seront absolument pas exonérés de la contribution pour le RSA.
      D’après mes recherches de ce matin (voir bouclier fiscal sur Wikipedia) les revenus de placements des valeurs mobilières ne sont pas intégrés dans le calcul des revenus du fameux bouclier fiscal (sauf si le seuil de cession de 25000 € n’est pas dépassé, régime général)

      D’après ce que je comprends tous les revenus d’opération mobilières qui dépassent ce seuil de cession (peanuts pour les plus riches) se verront taxés de 1,1% supplémentaire, bouclier fiscal ou pas.
      J’ai fait un long post d’explication sur un autre article que je peux vous recopier ici, si celà vous intéresse.


    • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 17:58

      @ l’auteur
       
      Vous dites :
      Mais le président de la République qui prétend faire du social est avant tout l’auteur du bouclier fiscal, plan qui a participé à vider soigneusement les caisses de l’Etat en privant les services publics de 7,7 milliards de revenus.

      Source Wikipedia :
      Ses défenseurs y voient essentiellement une lutte contre l’exil fiscal (dont l’ampleur fait elle-même débat). Jacques Marseille compare ainsi le coût de la mesure, 263 millions €, au montant des capitaux qui se sont délocalisés depuis 1997 pour fuir l’ISF, évalués selon lui entre 24 et 32 milliards €

      Encore une fois je crois que vous confondez un peu tout.


    • Laurent Monserrat 10 septembre 2008 18:59

      Bonjour et merci pour votre commentaire,

      Malheureusement le bouclier fiscal n’a pas empêché l’exil des capitaux ni même de nos chers compatriotes, puisque la Suisse a donné des chiffres en hausse concernant les placement financiers et les demandes de nationalité en provenance de la France.

      A noter aussi que la commission européenne s’est étonnée que le paquet fiscal puisse ainsi être mis en place étant donné que les caisses de l’Etat français étaient déjà au plus mal.

      Si vous avez un moment, n’hésitez pas à lire les ouvrages de l’économiste américain Galbraith qui explique parfaitement ce processus de mise en banqueroute de l’Etat et les raisons pour lesquelles certains hommes politiques le font.

      Bien à vous,

      Laurent


    • critical35 10 septembre 2008 19:22

      Tout le monde ou plutôt n’importe qui peut écrire sur Wikipédia par conséquent il faut se méfier de cette source...

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