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Accueil du site > Actualités > Economie > Le salaire du labeur

Le salaire du labeur

La sueur ne fait pas recette.

BTP :

Beaucoup de Travailleurs Pauvres

Comment peut-on accepter dans une société qui affiche des valeurs de civilisation et de progrès une disparité des salaires qui se fonde uniquement sur le niveau d'étude ? On devine bien que, pour la classe dominante qui profite presque exclusivement de l'ascenseur social et dont les enfants obtiennent massivement un accès aux grandes écoles, cette discrimination est une garantie de continuation de l'injustice de classe.

Je m'indigne à chaque fois que je passe devant un chantier et que je vois des hommes confrontés au bruit, à la poussière, aux intempéries et au danger et qui reçoivent pour le prix d'un travail d'une dureté incroyable un salaire de gagne misère, un Smic le plus souvent et qui selon madame Parisot et bien d'autres « philosophes » de son acabit est bien trop élevé.

Oui, ces hommes, sans lesquels rien ne se bâtirait, sont trop payés. C'est la seule chose qu'il faut retenir … Ils n'ont pas de diplôme, alors ce sera la misère pour le reste de leur vie. C'est si facile, c'est parfaitement abject. C'est fermer les yeux sur l'importance de leur action. Et quand des cravatés, portant fièrement le casque, passent leur rendre visite avec condescendance et mépris, c'est tout juste si ces distingués personnages jettent un œil sur la lie de notre société.

Simples ouvriers sans qualification, rien que cette appellation résonne du mépris de cet oxymore insupportable. Ils n'ont aucune certification reconnue alors on attribue une absence de qualification porteuse d'une ironie amère, d'un mépris absolu pour ce qu'ils font pourtant chaque jour. Honte à ceux qui usent encore de cette façon de dire l'absence de formation diplômante.

Mais qui sont ces gens qui forment les bataillons obscurs du sous-prolétariat de la misère salariale ? Ce sont les éclopés de la scolarité, l'échec scolaire de notre incapacité à prendre en compte la diversité et la massification de l'enseignement. Ce sont les éclopés du Monde, l'échec du partage des richesses à l'échelle de la planète. Exilés de l'intérieur ou de l'extérieur, ils passeront leur vie à ployer sous le joug d'un travail de forçat pour un salaire à ne pouvoir vivre dignement.

Voilà ce que nous acceptons sans honte ni mauvaise conscience. Voilà ce qui nous permet de profiter de toutes les infrastructures et bâtiments qui ont été construits par ces fourmis invisibles. Combien d'entre nous ont pris la peine de s'enquérir des conditions de vie et de travail de ces hommes qu'on couvre désormais de vêtements de travail de plus en plus ridicules ! Puisque nous ne voulons pas les voir lorsqu'ils travaillent pour notre confort, il faut les vêtir de tenues fluorescentes. Étonnant !

Au nom de quelle loi divine, au nom de quel principe légitime, est-il décrété que ceux qui travaillent à la sueur de leur front ne méritent que les miettes des richesses qu'ils produisent. Jamais je n'entends des voix s'élever pour dénoncer ce nouvel esclavage moderne. Regardez bien autour de vous, ces travaux pour un tramway, cette nouvelle autoroute, cet hôpital ultra-moderne qui sort de terre, ces bâtiments et constructions en tous genres … Sans eux, rien de ce qui fait encore notre confort collectif n'aurait vu le jour.

Ils sont si transparents que nous ne les regardons pas. Ce sont pourtant des hommes et parfois des femmes tout comme vous. Ils n'ont qu'une simple gamelle pour manger le midi dans la poussière et l'inconfort. Nous avons décidé de les effacer de nos consciences. Pourtant chacun doit savoir qu'ils sont les nouveaux damnés de la terre.

Rien ne justifie les écarts de salaire qui existent dans notre pays. Rien vraiment ne devrait permettre cet écart incroyable qui condamne certains à tirer le diable par la queue toute leur vie quand d'autres reçoivent des sommes colossales. Mais c'est surtout notre comportement vis à vis de ces travailleurs des durs labeurs qui devraient changer du tout au tout. S'il est des individus qui méritent notre estime, notre reconnaissance et notre admiration, c'est à eux que nous les devons et non à cette élite indécente qui tient les leviers du tous les pouvoirs

Chantièrement leur.


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44 réactions à cet article    


  • Gasty Gasty 15 septembre 2012 11:58

    Les diplômes seraient-ils des obtentions hiérarchisés de spoliation des citoyens de ce monde. Les castes sont bien présente dans notre société.

    Est-ce le revers de la culture et de l’instruction, l’incitation à l’instruction aboutirait-il inexorablement au mépris du travail d’autrui. Un chantier qui s’éleve à la sueur d’une truelle ne vaut-il pas davantage de reconnaissance que le formulaire d’un banquier.La pyramide qui s’élève vers le moins nombres offre le respect et le pouvoir sur le plus grand nombre.

    C’est ce qu’on apprend à l’école


    • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 12:23

      Gasty


      Je ne peux que souscrire à vos remarques.

      Nous déplorons mais nous ne pouvons que donner respect et considération à ces gens que la société condamne à la misère pour servir exclusivement les décideurs que ne mouillent jamais la chemise.

      • Robert GIL ROBERT GIL 15 septembre 2012 13:53

        pourquoi ils ne font pas un « vrai travail » comme disait notre ancien president, car lui cotoit tout les jours des personnes qui font un vrai travail, voici ce qu’est un vrai travail :

        http://2ccr.unblog.fr/2012/04/27/le-vrai-travail/


        • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 20:07

          Robert


          De grâce, ne parlons plus de ce triste personnage qui a brisé le lien social et a méprisé tous ceux qui ne gagnaient pas bien leur vie à la perdre.

          Pauvre Riche On

        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 septembre 2012 15:32

          Savoir travailler de ses mains est très gratifiant ,et ceux qui passent à coté de ça y perdent .
          Artisan ,je travaillais souvent pour des particuliers en rénovation et aménagement et j’ai eu la surprise plusieurs fois de clients ayants de très bonnes situations m’avouant qu’ils m’enviaient de mon activité toujours renouvelée ,créatrice .
          Un très haut fonctionnaire chez qui je travaillais avais meme posé congé pour rester sur le chantier et il me donnait un coup de main ,en posant mille questions sur les façons de faire .
          Il s’éclatait !


          • Constant danslayreur 15 septembre 2012 16:44

            Salut Aita
            A évoquer les « manuels » sympatoches et au cas où tu serais en contact avec lui, pas de nouvelles du Capitaine ?


          • Constant danslayreur 15 septembre 2012 16:46

            Oublie, il vient de poster quasi en même temps après m’avoir donné des frayeurs de boulanger à la noix smiley

            Pardon à l’auteur pour l’aparté


          • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 20:09

            Aita Pea Pea


            Vous avez raison d’être fier de ce merveilleux savoir-faire

            Mais vous savez tout aussi bien que moi que mis à part quelques artisans, les travailleur manuel sont sous-payés et c’est parfaitement injuste et totalement injustifiable.

            Merci 

          • spartacus spartacus 15 septembre 2012 16:08

            L’article sonne faux et correspond pas aux réalités des rémunérations réelles du secteur, mais inexacts..

            Seule une minorité est payée au SMIC, dans ce secteur. 
             
            La pénurie de candidats dans la bâtiment crée des tensions sur les rémunérations. 
            Les entreprises font tout pour retenir les candidats.
            Les salaires sont en adéquation avec les situations d’urgence qui imposent le respect des délais des chantiers.
            L’effet de pénurie impacte ce secteur et impose des salaires élevés dès la prise de poste. 
            Les « welcome bonus », sont courants.

            Néanmoins, c’est un secteur ou le travail est dur.

            • foufouille foufouille 15 septembre 2012 17:08

              « Seule une minorité est payée au SMIC, dans ce secteur. »
              toujours aussi drole
              l’importation de roumains a 400€, ca existes pas ...................


            • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 20:26

               spartacus


              Il ne peut en être autrement Certains ont la science infuse et d’autres sonnent faux.

              Pourtant les hommes que j’ai vu travailler étaient manifestement des larbins voués aux taches obscures et mal payées.

              Mais vous devez savoir mieux que moi et tout va bien. C’est d’ailleurs pour ça que les candidatures sont si nombreuses. Pardon de me tromper ainsi

            • Alex Alex 15 septembre 2012 16:48

              Pas d’accord avec l’auteur !

              Le boulot le plus dur est celui de haut-fonctionnaire.
              Encore pire : énarque...


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 20:27

                Alex


                Je vous donne raison

                cependant l’énarque n’a pas besoin d’être haut fonctionnaire pour se la couler douce à gros prix.

              • brindfolie 15 septembre 2012 17:00

                Je me souviens d’un client,Magistrat du parquet en Normandie,qui nous obligeait à gacher le mortier à la pelle plutôt qu’à la bêtonnière,car cette dernière était trop bruyante.Il n’a jamais voulu renégocier le devis,et dans le même temps nous exhortait à tenir nos délais.J’ai rencontré de vils personnages dans ma vie,mais celui-ci de par sa position sociale et ses exigences démeusurées m’a éclairé sur « l’intelligence » de nos élites.


                • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 20:29

                  brindfolie


                  Vous médisez

                  C’était un homme prudent qui ne voulait pas que sa robe vienne se prendre dans l’engrenage de la bétonnière quand il venait naturellement vous donner un coup de main.

                  Rétablissez la vérité ou Spartacus va se fâcher.

                • PapaDop PapaDop 16 septembre 2012 11:30

                  Bonjour a l’auteur et a tous ,

                  Je vous remercie C’est Nabum ,rare sont ceux qui comprennent ce que vous venez de dénoncer .Nous sommes tous bon a quelque chose et a l’heure actuelle dans cette société de « fils de » le dentiste dont son père est dentiste aussi n’a surement pas plus de mérite que l’ouvrier fils d’ouvrier .
                  Tout travail mérite salaire ,sans écart indécent dans la mesure ou nous ne sommes pas du tout égaux a l’accès aux écoles et aux métiers ...
                   
                  Allez je retourne élaguer cette foret pour quelle ne risque pas d’embraser vos jolies maisons smiley


                  • C'est Nabum C’est Nabum 16 septembre 2012 20:17

                    PapaDop


                    La préservation de l’espèce possédante, c’est ça qui est en jeu !

                    Des métiers bien payés pour les enfants de la classe dominante, des sous-salaires pour les fils d’ouvriers. Terrible !

                  • easy easy 16 septembre 2012 12:20


                    J’ai fait partie des laboratores du bâtiment.

                    Ce que vous en dites est vrai, à de rares exceptions près telle la mienne où, parce que je faisais un boulot plus spécifique et que je m’organisais d’une façon particulière, je gagnais 3000 F net par jour.




                    Essayons d’expliquer ce phénomène du salaire au diplôme et plus exactement aux études

                    Avant les cités, les gens vivaient en tribus et troquaient, kolkhosaient. S’il y avait dans quelques cas une monnaie, telle les barres de sel, ça ne correspondait pas au temps passé pour réaliser la chose échangée. 


                    Peut-être à partir du phénomène des razzias devenues spécialités de certaines tribus, les ethnies passées sédentaires se sont retrouvées contraintes de s’unir de manière plus ou moins explicite pour y faire face et ça a fait surgir le concept impérialiste de nation et d’Etat.


                    Si ce n’étaient ces menaces de razzias, les villageois n’auraient jamais accepté d’être gouvernés par une Personne Ailleurs. Et une fois les Personnes Ailleurs constituées pour protéger, elles se sont mises à s’imposer, à taxer. On voit très bien ce jeu dans les rapports de force entre les Romains et les deux sortes de Goths. Un coup je te protège, un coup je te taxe.

                    Passer à la nationalisation est donc une contrainte humiliante pour les hommes qui sont fondamentalement claniques, villageois. 
                     
                    Une fois que les nations et Etats sont devenus la règle, les villageois se retrouvent certes libérés du souci des razzias grâce à la Police nationale mais on tendance à oublier cet avantage puisqu’il n’y a plus de razzias. 
                    On se retrouve à subir les taxes d’un Etat sans plus savoir pourquoi. On grogne mais c’est trop tard, il n’y a plus rien à faire.
                     


                    L’Etat, qui a tout de même le souci constant, en tous cas avant les traités d’union inter étatiques de pacification, de protéger ses frontières des razzias des autres Etats, reste martial. Il a la Police et l’armée. Cas des Spartiates qui asservissaient les Hilotes. Cas des Achéménides qui asservissaient des dizaines de peuplades.

                    Ceux qui dirigent cet Etat, vivent sur le dos des gens nationalisés. Ils ont intérêt à maintenir l’Etat, même si les traités inter atatiques de pacification les rendent moins utiles. Ces maharadjahs ne peuvent tenir le pouvoir seuls, il leur faut établir une pyramide de pouvoirs qui part du palais et qui s’étend jusque chez chaque concierge dans chaque village.

                    Soit on fait partie de cette pyramide (et ce qu’on y fait selon les directives est inattaquable en justice), soit on la subit.

                    A part quelques cas dynastiques du genre Saoud ou Bourbon, tout le monde peut faire partie de la Pyramide, ça appaise les tensions, ça fait égalitaire, démocratique, ça coupe l’herbe sous le pied des anarchistes.

                    Mais il n’est pas possible que 100% des individus soient au pouvoir sinon il n’y aura plus personne à exploiter.

                    Il faut donc créer un système de concours, certes ouvert à tous, toujours pour saper les protestations, mais sélectif. On va imposer l’Ecole en affirmant que c’est un énorme avantage que de savoir la différence entre introjection et incorporation, de savoir calculer Pi, de savoir contruire des fusées, et exactement comme dans les cas particuliers de communisme à la Mao, chacun se retrouve dans un jeu qu’il n’a pas choisi et où il lui apparaît qu’il faut pourtant réussir ou être éboueur.


                    Cette scolarisation permet à l’Etat de sélectionner les plus convaincus et performants de sa doctrine nationaliste (nationaliste non pas au sens actuel en « Notre pays est le meilleur » mais au sens originel déjà oublié de « La nation étatisée c’est mieux que des villages et ethnies incohérentes »)

                    Et comme on n’entre pas dans la pyramide du pouvoir pour rien, comme on y entre pour faire du gras sans se casser le cul et sur le dos des gens sans pouvoir, les pyramidalistes s’entendent très parfaitement et sans faille pour misérabiliser ceux qui, bien qu’ayant en principe participé au concours, se sont retrouvés largués car trop indépendants d’esprit.

                    La pyramide des endoctrinés (s’ils ne le sont pas de fond, ils le sont de forme et d’attitudes tout de même) qu’ils soient de l’Administration, de l’Armée, de la Police ou du privé, s’entend pour profiter des échoués en les encerclant, en les affamant. Les écoués et rétifs du genre Roms ne peuvent plus aller nulle part, tous les territoires sont sous contrôle étatique, ils ne peuvent que plier et suer pour constituer une part de taxes et une part congrue pour survivre. 

                     

                    La manière dont est foutue la TVA est révélatrice de cette doctrine étatique.
                    Alors qu’il serait logique d’un point de vue compassionnel, que la TVA soit de 1% sur tous les produits dont la gueusaille a besoin pour survivre et qu’elle soit de 80% sur tous les produits dont se gavent les saigneurs, elle est de 20% sur tous les produits.

                    Une TVA de 1 % sur les produits de base et de 80% sur les produits de luxe irait fondamentalement à l’encontre de la nationale éducation. N’iraient plus à l’école que ceux qui veulent s’instruire pour le seul plaisir de s’instruire, non pour entrer dans la pyramide. Les gens au pouvoir refusent donc toujours la TVA différenciée.


                    Arrive le cas des artistes.
                    Voilà des gens qui tout en ne construisant pas une pyramide de pouvoir dans leur entreprise, tout en bossant de manière très solitaire, représentent in fine les anarchistes intelligents de la stratégie de l’Etat.
                    Les princes ont besoin des orfèvres et artistes pour constituer l’aspect extraordinaire et impressionnant de leurs palais, ils ne rejettent pas les artistes, ils les achètent. Alors que les Pinault et Lagardère n’avaient aucun intérêt pour l’art quand ils étaient étudiants pauvres, ils deviennent soudain intéressés par l’art au fur et à mesure qu’ils deviennent milliardaires.

                    En achetant les néo anarchistes que sont les artistes contemporains, en achetant même les plus cénobites d’entre eux du genre Séraphine de Senlis, en formant un UNESCO qui protège les oeuvres anciennes, en récupérant dans la Pyramide tout ce qui a été produit de singulier, d’indépendant, le Pouvoir contrôle toutes les velléités de singularisation.


                    Il y a eu Voltaire qui avait posé qu’un pays bien organisé est celui où un petit nombre....Et il n’avait même pas eu à le démontrer puisque c’était déjà le cas et que tous les autres rhéteurs ne pouvaient qu’en être d’accord ;

                    Mais ensuite il y a eu des gens qui, tout en ayant l’air de brasser des idées nouvelles, n’ont fait que perpétuer ce principe nationaliste (toujours au sens où le village et l’ethnie sont abolis).

                    JP Sartre prétendait que si l’essence de l’arc précède son existence au sens où l’archer le conçoit avant de le réaliser, l’homme existe d’abord et son essence (sa fonction, son rôle) apparaît ensuite.

                    Or c’est faux.

                    Quand les parents conçoivent leur enfant, ils lui prévoient généralement une fonction, un rôle à jouer. Parfois ce n’est pas très clair dans leur tête. Parfois cette essence est privée « Il sera mon nounours ».
                    Mais dès la maternelle, les parents doivent se rendre à l’évidence que l’enfant aura une dévolution nationaliste et le poussent à concourir dans la nationale éducation. Puisque ce n’est pas l’enfant qui choisit son destin de nationaliste, ce n’est pas lui qui choisit son essence. L’Etat ne lui a certes pas assigné une place précise avant qu’il naisse, mais de manière statistique sa place ou tout le moins sa participation au jeu nationaliste est bel et bien prévue.
                    L’Etat ne permet aucune conception ou naissance qui échapperaît à son contrôle, à son imposition de participer au jeu nationaliste

                    Dans un village de Massaïs, l’existence précède l’essence de l’individu
                    Mais dans une nation étatisée (car une nation peut exister de manière naturelle , nation Sioux, nation Apache, sans Etat) c’est le contraire.

                    Et Sartre, tout en ayant l’air d’être un trubion, un fou du roi, un philosophe, un artiste, dit que l’ouvrage, le livre, si méchante et désespérée que soit l’humanité qu’il peint, doit avoir un air de générosité.
                    Alors qu’il se prétendait athée, il fait exactement la recommandation du clergé chrétien qui, in fine, encourageait les gueux à supporter leur sort d’exploités en leur montrant un théâtre de générosités.


                    La république n’est laïque qu’au sens où elle n’est pas théiste et au sens de l’ancienne définition de Dieu. Mais elle est le nouveau Dieu, elle est religieuse et impose sa religion qui est fondamentalement anti nature, anthropocentrique et matérialiste (quand elle tolère des religions théistes, c’est sous contrôle, sous censure).

                    Ce système ne peut plus être réformé. Il n’y a plus d’alternative. Toute révolution douce sera censurée et toute révolution violente constituera un autre nationalisme. Il n’y aura jamais plus de villagisme.
                    Les échoués de l’école (et les immigrés humiliés) doivent se contenter de leur mauvais sort ou tenter quelque indépendance en attendant de se retrouver en taule. 




                    Il y a le sexage.
                    C’est l’activité transactionnelle à deux individus qui peut délivrer des hormones de gratification compensant toutes les contraintes que la nationalisation impose. Or, comme dans les religions théistes, la religion nationaliste contrôle jusque dans les chambres et bordels. Elle contrôle jusque dans les questions de transmission de patrimoine conjugal. Même l’espace du sexe est censuré de mille manières. Et si un des partenaires d’une partie de sexage originale court dénoncer à la Police, légion d’honneur pour lui, zonzon pour l’autre.


                    Le système pyramidal s’auto verrouille. Comme 100% des individus s’y sont fait, soit en le servant dans la pyramide, soit en trimant sur les chantiers et dans les égouts, tout le monde tient à valoriser son sort et refuse toute glorification de l’inverse, toute glorification des originalités. Chacun, prince, valet et gueux est si impliqué dans la nationalisme qu’il est conformiste et réactionnaire. Les gens braillent pour se donner l’impression de savoir se révolter mais tout ce qu’ils disent est infiniment plus conformiste qu’anarchiste et individualiste. Ce braillage vain rend l’étatisme encore plus imposant et incontournable


                    Dans Ça se discute, Jean Luc Delarue montrait que les gens ne parviennent pas à être standards, conformes, lisses, et ça a soulagé des millions de personnes de voir que leur problématique était vécue par d’autres.
                    Mais il a beau avoir réalisé ces monstrations en ayant une chemise blanche, amidonnée, repassée, un costume symétrique sombre et grave, des chaussures cirées, il y a des gens qui en ont tellement bavé de réduction d’eux-mêmes pour réussir à occuper une fonction -forcément policière- dans cette pyramide qu’ils tiennent à leur place, à l’ordre établi, et traînent cet animateur dans la boue dès qu’il faiblit d’audience.

                    Ce que montrait JL Delarue c’est qu’il est impossible d’être normal ou conventionnel ou parfait (lui compris) dans tous les espaces, des plus publics aux plus intimes et ce genre d’émission ne peut que rester marginal.

                    Tant que par son apparence conforme JLD pouvait tout de même donner à penser que les gens bizarres sont des échoués de la normalité, lui ne l’étant pas, tant qu’il donnait l’impression qu’il valorisait personnellement la normalité et n’exhibait les montres qu’avec pitié et compassion, avec générosité, ça allait encore. C’était limite tolérable mais tolérable. On était encore dans le zoo humain de 1880.

                    Mais quand il a été prouvé que lui, le normal, le pyramidaliste, qui démontrait tout l’intérêt d’être conforme par la réussite matérialiste qu’il affichait, était en réalité en grande souffrance, ça a eu un effet dévastateur et révélateur sur ceux qui s’accrochent coûte que coûte à leur position du bon côté du grillage.
                    Voir que Delarue, en dépit de ses apparences premières, se trouvait en réalité du côté sauvage de la cage, a choqué tous les visiteurs de zoo.

                    Quand le Juge est pris en flagrant délit d’anormalité, ça ébranle la pyramide. Ca l’ébranle mais tout est devenu si systémique que le système ne peut pas s’effondrer. Un mur de pierre ou de pouvoir peut s’écrouler, pas une pyramide de pierre ou de pouvoir.

                    C’est le genre Michel Drucker qui doit dominer.

                    La pyramide démagogique change carrément la nature humaine. Le test d’illusion d’optique de Muller-Lyer est valide pour les gens des cités et invalide chez les peuplades en village





                    Les propositions alternatives de type démocratie à élus tournants ou choisis au hasard ne changeront rien. On est trop habitué à n’aimer de l’homme que sa capacité à tout transformer, sa nature comprise, à n’aimer de l’arbre que le papier et le parquet, et d’accorder donc du mérite à ceux qui transforment le plus le monde vers un idéal humaniste (au sens hommiste où seul l’homme est important) 

                     


                    • jef88 jef88 16 septembre 2012 14:06

                      Peut-être à partir du phénomène des razzias devenues spécialités de certaines tribus, les ethnies passées sédentaires se sont retrouvées contraintes de s’unir de manière plus ou moins explicite pour y faire face et ça a fait surgir le concept impérialiste de nation et d’Etat

                      NON § les envahisseurs étaient aussi des colonisateurs.
                      il suffit de voir la toponymie avec des noms de lieux d’origine gallo-romaine avec des inclusions germaniques : celles des francs  !
                      que recherchaient ces braves gens ? des serfs ! pour constituer leur richesses ....
                      ce ne sont pas le sedentaires qui se sont réunis se sont les envahisseurs qui les ont dominés !!!!

                      petit exemple : avant Clovis pas de royaume véritable.
                      depuis Clovis les rois et toute la haute noblesse étaient francs


                    • easy easy 16 septembre 2012 14:52

                      «  »«  » ce ne sont pas le sedentaires qui se sont réunis se sont les envahisseurs qui les ont dominés !!!! «  »«  »

                      Il me semble qu’il y a eu des groupes pilleurs (on en trouve encore dans des tribus primitives qui restent) dont la stratégie consiste à piller puis à repartir histoire de n’avoir rien à gérer et laisser la victime se refaire pour lui refondre dessus dans un an. C’est une stratégie très économique qui laisse beaucoup de temps de loisir. La bande de pillards purs est très facile à constituer

                      Les Huns n’avaient pas du tout envie d’asservir. 

                      Les villageois, tout à leurs activités de production, ne se dotent ni d’armes ni de murailles, se font piller et parfois tuer s’ils lèvent des bâtons. Il leur vient très vite à l’idée de constituer une coopérative de défense et d’accepter alors l’existence d’une Personne Ailleurs pour les protéger moyennant une cotisation. Du coup, ils créent une bande encore plus puissante que les pillards originels et qui est supposé se contenter de la cotisation convenue.
                      Problème : la coopérative exige plus.

                      Exactement ce qui s’était passé entre les Romains et les deux groupes de Goths.


                      Il me semble que ce n’est qu’une fois ces Etatisations surgies à la demande des villages, qu’il est venu à l’idée des chefs protecteurs de s’imposer à d’autres villages, parfois bien plus lointains, qui ne demandaient rien afin d’augmenter leurs prélèvements.
                      Tout comme le font les protecteurs mafieux. Au départ ils protègent vraiment d’autres mafieux puis ils s’imposent.

                      Même les premiers Cow-boys, qui n’avaient pourtant aucune envie d’Etat, ont demandé de l’étatisation quand ils se sont vus subir des pillages soit d’indiens soit de Blancs. 

                      Dès le second vol en bande organisée qu’ils subissent, les pillés ont envie d’une Police, donc d’un Etat. 


                      C’est encore le cas de nos jours et même ici alors que l’Etat est déjà omniprésent. Dès qu’un de nous est victime de deux vols trop rapprochés, il hurle qu’il faut plus de Police donc plus d’Etat.


                    • PapaDop PapaDop 16 septembre 2012 14:53

                      Easy ,votre réaction aurait pu faire l’objet d’un article ,brillant .


                    • C'est Nabum C’est Nabum 16 septembre 2012 20:19

                       easy


                      Je suis admiratif par tant de connaissance et par la solidité d’un commentaire qui relève du billet plus que complet !

                      Grand merci

                    • jef88 jef88 16 septembre 2012 20:38

                      Je parlais d’une bricole ... la création du royaume de France !
                      ceux qui ont pris le pouvoir ne cherchaient pas à protéger le peuple, mais à l’exploiter  !!!!!!!!!!!!!!!!!!

                      mais certains ont la nostalgie de cette époque ......

                      le charabia sur drucker, delarue et les artistes est hors sujet ........


                    • jef88 jef88 16 septembre 2012 14:31

                      Je suis né en 1944 dans une vallée où dominait l’industrie textile.
                      — il y avait de grosses sociétés et un accord entre elles interdisait le passage d’une société à l’autre.
                      — les directeurs étaient tous fils de directeurs.
                      — les contremaîtres étaient tous fils de contremaîtres.
                      — les ouvriers étaient tous fils d’ouvriers.

                      À mon entrée en sixième contre-offre fait remarquer ainsi que quelques autres camarades que, fils d’ouvriers nous n’avions rien à faire la. Aux examens anonymes, (entrée en sixième, encore obligatoire, certificat d’études, des B. E. P. C) j’étais deuxième ou troisième du canton. En temps normal j’étais entre 15 et 20e sur 40.

                      Mais c’était les trente glorieuses.

                      Par mon travail j’ai réussi à progresser. En 1962 j’enfonçais des pointes, payés aux pièces
                      en 1969 j’ai étudié une nouvelle usine
                      en 1974 j’ai eu un poste direction
                      en 1990 j’ai appris, surprise, que je ne pouvais plus diriger une usine, je n’avais pas de diplômes.
                      Je suis devenu ingénieur conseil, et je me suis lancé dans la formation en IUT 
                      en 1995 j’ai été nommé maître de conférences associés.

                      Que s’est-il passé vers 1990 ?
                      Les diplômes, et surtout les diplômés ont repris le pouvoir. Ils sont toujours issus de « bonnes » familles. Bien sûr, il y a des exceptions il ne faut quand même pas donner trop de place à la critique.
                      C’est un retour vers la forme d’organisation féodale que j’avais vue dans le textile.
                      Mais :
                      depuis cette période notre industrie se casse la figure. On a institué des systèmes de procédure qui figent la productivité, interdisent de progrès (j’ai même vu des procédures qui ne correspondent pas au savoir-faire d’une époque mais un retour cinq ans en arrière). Le chef, le cadre, s’il y a une bonne idée doit parcourir un véritable chemin de croix pour la faire appliquer...
                      Par contre l’ingénieur, le directeur, peut donner des consignes abracadabrantes même s’il ne sait pas faire fonctionner la machine.

                      Alors si nous voulons réveiller l’emploi, si nous voulons retrouver une compétitivité internationale, donnant sa place à l’imagination. Pas seulement à l’imagination de la direction et les cadres, mais à l’imagination de tout le personnel  : il y a plus de choses dans 1000 têtes que dans une.


                      • C'est Nabum C’est Nabum 16 septembre 2012 20:22

                        Jeff88


                        Nous vivons dans la dictature du diplôme et paradoxalement de l’incompétence.

                        Il n’est pas question qu’un savoir, qu’une idée, qu’une remarque viennent de la base. Des salaires minable ne peuvent être autre chose que minable et des diplômés sont nécessairement des aigles !

                        C’est une catastrophe qui ruine notre pays.

                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 septembre 2012 15:39

                        Pour rester au creux de l’ article je dis comme Aïta Péa Péa , la réalisation de soi passe " aussi ’’ par le travail manuel .

                        Prendre un peu de farine d’ eau de sel et levure ou levain et sortir
                        jour après jour un bon et joli pain du four est un plaisir presque équivalent
                        à composer une jolie musique peindre un tableau sculpter de la pierre
                        ou dessiner les plans d’ un pont enjambant la création et le savoir-faire .

                        Comme beaucoup de personnes de mon âge j’ étais debout dans le 
                        à 2h du mat à 14 ans pétantes .

                        Pour rien au monde je changerais quoi que ce soit s’ il fallait refaire le chemin .

                        A la retraite maintenant , je me suis lancé dans la fabrication de nougat tendre
                        , après de nombreux essais il est comme je l’ aime .

                        Ca vaut n’ importe quel baratin marqué sur un diplôme .

                        Le plaisir de faire n’ a pas de prix .


                        • easy easy 16 septembre 2012 16:26

                          «  »«  » Comme beaucoup de personnes de mon âge j’ étais debout dans le 
                          à 2h du mat à 14 ans pétantes «  »«  »

                          Moi aussi, « pétante »

                          Mais ayons bien conscience que nous avons participé à un des éléments de la religion d’Etat, la religion de l’heure.

                          Il y a toujours eu besoin, dès qu’on est en groupe de villageois, de coordonner les efforts. D’abord on détermine une date pour les semailles et ensuite on dit « Bon, on s’y met tous demain matin »
                          Même dans les tribus sans notion d’hier et de demain (ça existe !) on coordonne les efforts dans le temps.
                          M’enfin, dès qu’on a inventé l’horloge à la seconde près et qu’on les a placées sur les beffrois pour concurrencer les cloches des églises, dès qu’on en a placé aussi sur l’entrée des usines en symbole de l’afla à l’oméga, on est entré dans une religion de la ponctualité dont les conséquences sont délirantes.
                          On peut être insulté, traîné dans la boue parce qu’on a 2 minutes de retard.

                          La ponctualité devenue vertu névrotiquement recherchée peut par exemple conduire un pharmacien devant ouvrir sa boutique à 9 h pétante, d’en être si obsédé parce qu’il se voit en retard, qu’il en oublie sa fille dans la voiture. 
                          6000 morts sur les routes c’est peut-être 3000 qui la jouaient « pétante »

                          Mais surtout, cette religion fait perdre le sens de la patience, elle lui est contraire.

                          La patience c’est pêcher à la ligne avec un tit hameçon
                          L’impatience ça conduit à pêcher avec un énorme chalut.

                          C’est l’impatience, pas autre chose, qui crée le « Je veux tout tout de suite ou je casse tout »
                          Hitler était très, très impatient et nous sommes des milliards à hystériser à la moindre contrariété de timing.



                          La temporalité excessive conduit à « Il est en avance sur le temps, bravo » « Il est en retard,c’est un nul »
                          Elle conduit donc à dire des peuples qui ressemblent à ce que nous étions autrefois qu’ils sont en retard donc beurk


                          C’est ce qui fait aussi nos dépressions.
                          Etant donné qu’il nous faut toujours grimper dans la pyramide, au lieu de nous dire « Ban ça se fera quand ça se fera » nous sommes endoctrinés dès l’école à concevoir que si nous ne sommes pas parvenus à la 6 ème marche au 6ème âge, nous sommes cuits. Donc dépression.
                          Et ça conduit évidemment au jeunisme effréné puisque c’est mieux d’être virtuose du piano à 7 ans qu’à 70.

                          Vous voyez donc que vous avez été un curé du « pétante », mais que vous vous êtes retrouvé à souffrir du sentiment d’être toujours dépassé (encore que vous étiez dans une branche où ça ne se ressentait pas trop)

                          Un entrepreneur de télécom qui joue l’évêque du « pétante » s’enterre sans s’en rendre compte.


                          On ne peut pas être de l’impatience, de la vitesse, de la ponctualité et respecter les anciens.



                        • Adrien Adrien 16 septembre 2012 16:32

                          je vais être sérieux dix secondes......... 

                          pourquoi le plaisir du travail manuel doit-il se revendiquer CONTRE ? contre ceux qui ne « font » pas avec leur mains, contre ceux qui baratinent un diplôme de mathématiques, contre ceux qui se lèvent à 7 heures........ ? 

                          pourquoi cette aigreur en forme de revendication hargneuse plutôt qu’une déclaration hédoniste d’un plaisir à partager ? c’est louche..............

                          j’espère que tu les payais bien tes ouvriers sans diplôme, car je suis complètement d’accord avec l’auteur et son bel article : 

                          « Rien ne justifie les écarts de salaire qui existent dans notre pays. Rien vraiment ne devrait permettre cet écart incroyable qui condamne certains à tirer le diable par la queue toute leur vie quand d’autres reçoivent des sommes colossales. »

                          toujours d’accord ?............


                        • Aristoto Aristoto 16 septembre 2012 16:57

                          ha si seulement Hitler avais prit son temps !!!


                        • C'est Nabum C’est Nabum 16 septembre 2012 20:25

                          Rocla


                          Fils d’artisans mais incapbles d’utiliser correctement mes mains, je voue une admiration sans borne pour celui qui fait ce qui veux avec elles.

                          Je déplore le discours méprisant des élites vis à vis des travailleurs manuels. Merci pour votre témoignage.

                        • foufouille foufouille 16 septembre 2012 20:37

                          « Prendre un peu de farine d’ eau de sel et levure ou levain et sortir
                          jour après jour un bon et joli pain du four »

                          donc rocla refait du pain ?
                          plus de point chaud ?


                        • jef88 jef88 16 septembre 2012 20:40

                          adrien
                          bien d’accord


                        • rocla (haddock) rocla (haddock) 17 septembre 2012 11:03

                          @ Par c’ est Nabum ,

                          certains utilisent leurs mains d’ autres leur intelligence les suivants leur audace
                          ensuite ceux qui utilisent leur capacité à affronter la vie et les milliers d’ autres
                           façons de finalement faire une vie .

                          Cordialement à vous .


                        • Aristoto Aristoto 16 septembre 2012 16:28

                          Un travailleur de chantier, esclave de la société est plus criminel encore qu’un dealer ou un tueurs à gage ! C’est ces gens qu’on devrai enfermer, de se laisser piétiner la carcasse durant toute leur vie pour un salair de misère !

                          Ensuite faut pas s’étonner devant Parisot, Arnaud et Sarko !!! Il faut éliminer le mal à la racine !!!

                          Pas de petits esclave consentant ! Pas de gros barges esclavagiste !


                          • easy easy 16 septembre 2012 17:06

                            Effectivement, on peut considérer que les échoués de la pyramide qui acceptent de bosser pour des clopinettes sont responsables de la pyramide puisqu’ils l’engraissent.

                            Même en faisant abstraction des immigrés, même en ne considérant que les laboratores français, on peut dire qu’ils sont responsables puisqu’ils acceptent ce mauvais sort.

                            Mais ce n’est pas si simple.
                            D’abord, il y a une grande partie de la pyramide, celle du bas, qui, sans être laboratores, en bave tout de même. Les valets des princes ne sont certes pas des paysans, ils ont belle livrée mais ils en bavent aussi.
                            Les laboratores smicards voient donc des oratores à peine mieux payés qu’eux et souffrant presque autant qu’eux.


                            Ensuite, il y a les engagements privés. Qu’on soit prince, chambellan ou maçon, on a des parents auxquels on est attaché de mille manières. Pour eux on fait des sacrifices de soi.
                            Un laboratore va évidemment sacrifier beacoup de lui puisqu’il est pauvre mais il le fera tout de même par attachement.

                            Ensuite, il y a le provisoire « Je fais ça en attendant qu’un truc se débloque et ensuite, je ferai quelque chose de plus gratifiant » . Et il est un fait, il y en a des exemples donnés sur ce fil, qu’on peut démarrer coffreur et finir patron. François Pinault, zéro diplôme, lapin de menuiserie, a eu la chance de faire un mariage intéressant mais encore fort modeste, puis il est devenu milliardaire par intelligence pyramidaliste. Un autre aurait fait le même mariage lui offrant à diriger une petite scierie, il ne serait pas forcément devenu milliardaire. Bernard Tapie zéro diplôme, grandit à Blanc Mesnil 93.
                            Il est donc possible de faire partie des damnés pendant un moment puis de faire partie de l’élite.

                            Le fait est qu’il y en a parmi ces sueurs qui ne peuvent vraiment pas devenir des leaders. 
                            Ceux-là qui ne peuvent que finir leur vie à porter des sacs de ciment, s’ils sont dégagés de liens privés, ont alors comme seule solution, s’ils ne veulent pas servir d’esclaves, de se suicider. 

                            Allez-vous faire le tour des chantiers pour dire « Vous qui bossez pour rien et qui n’avez vraiment pas la capacité de monter la moindre affaire, suicidez-vous sinon vous faites le jeu des esclavagistes » ?

                            Allez-vous faire le tour des domus de Rome et des plantations de coton de Virginie pour dire aux esclaves, « Vous êtes les responsables de l’esclavagisme parce que vous refusez de vous suicider ! »


                            Avant de de suicider, ils pourraient tout de même se mettre en grève. Oui mais les mineurs Anglais comme ceux de l’Afrique du Sud ont très bien vu qu’ils se faisaient tirer dessus comme les lapins afin de servir d’exemple à ne pas suivre.


                          • Aristoto Aristoto 16 septembre 2012 17:34

                            Biensur plutôt la mort !

                            Et c’est bien le contraire c’est qu’on est plutôt sans aucune attache privé qu’on est libre de faire ce qu’on veut ( y compris de se suicider en effet !!! Mais jusque là la famille et les enfant n’ont pas empêcher les employé de France télé/Orange de se balancer par la fenêtre !!! ....Quoique encore peut être il y a une petite partie dans ce lot ) !!!

                            Tient tout ça me rappelle furieusement le film Fight Club !

                            En tout cas pour un cas personnelle ça ne m’intéresse aucunement la réussite de Pinot et Tapi que ce soit en tramant sur un chantier ou en grattant un billet de lotte !

                            http://www.youtube.com/watch?v=DtbwwQDXHg0

                            Non ! non ! non !
                            Il manque à cette pyramide une certaine teinte de rouge sang !

                            C’est très anti révolutionnaire comme discours ça !


                          • C'est Nabum C’est Nabum 16 septembre 2012 20:27

                            Aristoto


                            Ce discours est assez facile de notre place.

                            Il devient presque impossible de la leur. Obtenons une justice salariale et au lieu de croire en l’impossible

                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 septembre 2012 16:36

                            easy

                            pétante dans ma tête voulait dire 13 ans et 11 mois .

                            C ’ était juste le casting du calendrier qui m’ a fait naitre en aout alors que j’ ai commencé arpète en juillet .

                            Votre démonstration est bien sûr juste .

                            Sauf que si on ouvre le magasin à 6 heures il faut que le déroulement
                             du boulot s’ opère selon un critère horaire .

                            Le pharmacien qui oublie sa fille dans la voiture est un dérapage
                             du destin à la con .

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