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Accueil du site > Actualités > Economie > Le « shadow banking » en Chine

Le « shadow banking » en Chine

Fin décembre 2012, ayant acheté un produit de placement par l’intermédiaire de la banque Huaxia se sont vus dans l’impossibilité de récupérer l’argent investi. Le responsable serait un employé d’une branche à Shanghai de cette banque qui aurait vendu illégalement ces produits. Cette affaire met en exergue un des problèmes auxquels doit faire face la finance chinoise : le développement du « shadow banking », ou finance de l’ombre.

Les raisons de ce développement

 Face à la flambée des prix de l’immobilier et au risque inflationniste, les autorités chinoises ont décidé de restreindre l’accès au crédit. Dans l’incapacité de trouver des sources de financements officielles, les petites entreprises se tournent donc vers cette « finance de l’ombre » (shadow banking). Les sommes en jeu sont colossales : selon la société de courtage Sanford & Berstein, le secteur représenterait 20 000 milliards de yuan (un peu plus de 2400 milliards d’euros), soit un tiers de tous les prêts bancaires. Il ne représentait en 2008 que 5% des prêts.

 La raison pour laquelle ce secteur croît aussi vite, est que tout le monde y trouve son compte. Les institutions de l’ombre prêtent de l’argent en espérant obtenir de meilleur taux. En effet, les taux réels sont la plupart du temps négatifs du fait de l’inflation. Les petites entreprises, écartées du système bancaire, peuvent trouver enfin une source de financement pour développer leurs activités.

Les différents acteurs de cette finance de l’ombre

 La forme de prêt la plus basique proposée aux entreprises en besoin de financement est le prêt illégal, à taux élevés. Mais réduire la finance de l’ombre à cet aspect ne ferait que masquer la réalité du secteur. La majorité des institutions opérantes est légale. Des entreprises d’Etat se lancent dans le financement de l’économie. En août 2011, l’entreprise de télécommunication China Mobile annonce qu’elle a établi une « branche » financière destinée à prêter de l’argent. Le groupe pétrolier PetroChina possède déjà une branche de gestion d’actifs ainsi qu’une banque commerciale.

 L’entité la plus importante dans le monde de la finance de l’ombre est le trust. Ce sont des entreprises qui prêtent l’argent des uns pour financer divers projets en garantissant aux investisseurs un certain retour sur investissement. En 2007, ce secteur ne contrôlait qu’environ 1000 milliards de yuan, soit 120 milliards d’euro. Quatre ans plus tard, la taille de ce secteur a pratiquement quintuplé, avec 4800 milliards de yuan. Selon la société d’audit KPMG, le secteur des trusts pourraient cette année, dépasser celui de l’assurance et devenir le deuxième prêteur, derrière les banques. Une industrie très concentrée – 20 trusts comptent pour 50% des actifs – couplée à un manque total de transparence des investissements font des trusts une bombe à retardement financière.

 Un des produits les plus prisés du secteur sont les produits de gestion de patrimoine, ou WMP (Wealth Management Product). Le système est simple. La banque va proposer ces produits aux clients désireux d’investir, en leur garantissant un rendement minimum. Ce produit financier est souvent composé de plusieurs actifs qui doivent permettre d’atteindre le rendement garanti. Lors d’une enquête réalisée par l’agence de presse Reuters, les journalistes ont découvert que l’actif sur lequel le produit « Eléphant Doré numéro 38 » se repose sur un projet immobilier à moitié vide, au bout d’une route boueuse en plein champ de riz dans une des provinces les plus pauvres de Chine. En continuant l’enquête sur une cinquantaine d’autres produits, l’agence de presse n’a pas réussi à trouver sur quoi sont adossés les WMP pour garantir des taux élevés aux investisseurs. Difficile de ne pas trouver des similitudes avec les subprimes américains, responsables de la crise financière de 2008 : même rendement élevé, même prise de risque et même opacité.

Une tentative timide de réforme

 Bien entendu, le gouvernement tente de réguler ce secteur opaque afin d’éviter toute catastrophe financière. Les réformes se font à petit pas, à l’image de la philosophie de Deng Xiaoping dans les années 80, qui était de « traverser la rivière en tâtonnant chaque pierre ». En mars dernier, la ville de Wenzhou, dans le sud-est de la Chine, a été choisie pour devenir une « zone financière spéciale ». Les prêteurs d’argents informels seront encouragés à s’enregistrer pour pouvoir continuer leurs activités. Une manière pour le gouvernement de garder un œil sur ce secteur peu contrôlé.

 D’autres mesures plus coercitives ont été mises en place. Fin décembre, la Banque Populaire de Chine, la banque centrale chinoise, a donné 30 jours aux banques pour donner des détails sur tous les produits de gestion de patrimoine qu’elles ont vendus. Le ministère des Finances a également interdit la levée de fonds à travers les trusts et autres WMP. Des réformes qui vont dans le bon sens, mais reste à voir si cela suffira à contrôler le secteur.


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2 réactions à cet article    


  • reprendrelamain reprendrelamain 28 janvier 2013 12:18

    « si cela suffira à contrôler le secteur »

     J’espère que non…et je souhaite surtout que tout va leur péter à la gueule !


    • jeanpierre350 jeanpierre350 28 janvier 2013 23:54

      A propos du petit cri de haine, t’as raison c’est en représailles à notre refus de consommer de l’opium qu’ils ont mis le feu au château de Versailles et c’est le PCC qui a inspiré les communards qui ont mis le feu à l’Hôtel de Ville.

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