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Accueil du site > Actualités > Economie > Le sommet du G20 est il vraiment allé au fond des choses ?

Le sommet du G20 est il vraiment allé au fond des choses ?

Le sommet du G20 a-t-il réellement abordé les vrais problèmes qui se posent aujourd’hui, à savoir la mise en place des réglementations empêchant qu’à l’avenir la crise que nous connaissons aujourd’hui ne puisse plus se reproduire.

Le sommet du G20 a vu la l’Allemagne et la France se rassembler autour d’un ensemble de points clefs :
  • Lutte contre les paradis fiscaux
  • Encadrement des fonds spéculatifs
  • Nouvelles normes concernant la titrisation
  • Contrôle des agences de notation
  • Règles concernant la rémunération "Golden boys".
A l’arrivée, Nicolas Sarkozy estime d’ailleurs que concernant le projet de résolution, "Le compte n’y est pas".

Si l’on résume les origines de la crise actuelle, on aboutit à la chronologie suivante :
  1. Volonté politique aux Etats Unis de faciliter l’accès à la propriété
  2. Mise en place des prêts hypotécaires (Garantis par le bien immobilier, et à taux variables)
  3. Vif succès, de la formule amenant les banques a atteindre leurs limites en matière d’octroi de prêts (Normes sur les fonds propres des banques)
  4. Utilisation du mécanisme de titrisation (Cession de créances via l’émission de titre), afin de permettre un refinancement des banques pour qu’elles puissent continuer à attribuer des prêt hypothéquaires.
  5. Eparpillement des titres ainsi mis en circulation dans l’économie mondiale
  6. Entre 2004 et 2006, envol des taux directeurs de la FED, provoquant une augmentation des indices régissant les taux d’intérêts des prêts hypothécaires.
    (Remarque : Fin 2006, l’emprunteur Américain voit donc ses mensualités de remboursement augmenter grosso modo de 60 %, par rapport à leur montant de 2004)
  7. Multiplication des défaut de paiement, expulsions, arrivée sur le marché de l’immobilier Américain d’un grand nombre de biens à vendre, souvent aux enchères
  8. Crise immobilière : Les biens immobiliers perdent leur valeur, et ne trouvent plus d’acheteur, la garantie hypothéquaire constituée par le bien immobilier fond comme neige au soleil.
  9. Faillite des assureurs de crédit qui ne peuvent faire face à l’ampleur des défauts de paiement.
  10. Effondrement de la valeur des titres adossés aux subprimes : Crise financière internationnale.
  11. La transparence n’étant pas le fort des banques, personne ne sait vraiment jusqu’à quelle hauteur les banques sont exposées, la méfiance s’installe, certaines banques font faillite, les prêts interbancaires se raréfient : Crise des liquidités.

On observe des phénomènes inédits :

L’Islande dont l’économie est essentiellement financière est au bord de la faillite, les avoirs Islandais en Angleterre sont gelés, certains retraités sont ruinés car leurs fonds de pension on acquis trop de titres "Subprime". On apprend ensuite que la monnaie islandaise ayant été jugée trop faible, les prêts accordés aux islandais étaient indexés sur des devises étrangères (Euro, yen, etc.).

Si l’on regarde l’Europe, on constate également que certains pays risquent d’être touchés par le même type de mécanisme, suivant la nature des prêts accordés en dehors de la zone euro.

Et l’on n’a pas fini d’énumérer les composantes de ce gigantesque jeu de dominos, les innombrables chausses trappes générées par le crédit.

Deux problèmes majeurs sont à l’ordre du jour :

  • Résolution de la crise actuelle
  • Mise en place les mesures qui éviteront qu’elle ne se reproduise dans l’avenir

Le G20 était censé apporter des réponses à ces deux points cruciaux pour notre avenir.

La position Franco-Allemande semble y répondre en partie

Concernant la titrisation, il serait notamment intéressant que le bilan des banques garde une trace du volume financier représenté par les titrisations (Ce qui n’est pas le cas actuellement), et qu’elles conservent une partie des titres émis, afin d’être partie prenante dans le risque généré, évitant ainsi leur déresponsabilisation totale.

Le contrôle des agences de notation est évidemment une bonne chose, certains titres catastrophiques ayant été trop longtemps bien notés par celles-ci

Mais on constate que le problème de fond n’est toujours pas abordé, même par les pays les plus audacieux.

Quelles seraient en effet les mesures à prendre pour que ce que l’on pourrait plus souvent appeler usure que crédit cesse d’être trop souvent calamiteux pour le consommateur et pour l’économie mondialisée.

Je vous les donne :

  • Interdiction ferme et définitive des prêts à taux variables, indexés, révisables, ...
  • Etablissement d’un seuil maximum d’endettement du consommateur
    (Fait en France, mais pas aux Etats Unis).

C’est tout.


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8 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 6 avril 2009 12:28

    La réponse est : NON


    • sisyphe sisyphe 6 avril 2009 12:35

      Ca, pour être allé au fond, il est allé au fond... 
      Il a raclé tout ce qu’il pouvait pour sauver à tout prix (et à quel prix ! ) son système pourri !

      Je dirais même qu’il est allé jusqu’au fondement... 
      Vous avez vos provisions d’anusol ? 


      • souklaye souklaye 6 avril 2009 15:02

         Je ne sais plus si ce sont les grandes manœuvres qui font les évènements majeurs ou l’inverse ?

         

        Le spectacle qui va être donné dans les jours à venir est à mi-chemin entre la frape préventive communautairement individuelle et la désertion responsable votée à l’unanimité des participants.

        Le paradoxe du consensus réside dans le fait d’offrir un visage universel à une infinité de particularismes territoriaux, tout en prêchant pour sa chapelle tout en stipulant que l’on connaît encore les rudiments de la guerre sainte.

        Quand les mêmes personnes multifonction prétendent et claironnent régler toutes les crises, on peut se dire qu’il n’y a pas un problème de maladie, mais de diagnostic.

         

        L’avenir de la guerre froide va s’appeler la paix palliative. La maladie humaine se condamne elle-même à la mise en bière depuis qu’elle a découvert que la boulimie était plus jouissive que l’obésité.`

        La suite ici :

        http://souklaye.wordpress.com/2009/04/01/bloc-note-le-bal-des-seconds-couteaux/


        L’opération de communication élaborée pour corroborer un diagnostic commun face à la crise et, plus encore, les effets d’annonce coincés entre le miracle de la guerre et le mensonges tacite précédés laborieusement par un appel d’offre à la bonne volonté des peuples et le cœur de chacun, me rappellent le processus de récolte de fond de ces soirées de lutte contre les maladies immunodéficientes.

        Mais ce que je trouve le plus malhonnête dans la contestation de ceux qui en ont les moyens, c’est peut-être leur perpétuel étonnement de cocu et leurs revendications de mijaurées qui réclament un orgasme à un eunuque.

        La suite :

        http://souklaye.wordpress.com/2009/03/28/best-of-anticipation-le-g20-du-chacun-pour-soi/ 



         


        • Serge Serge 6 avril 2009 16:12

          G20...La plus grande mystification de l’Histoire !
          Quelques individus ( "les décideurs", "les grands de ce monde" etc...vocabulair de pub et mystificateur ) ont décidé du sort des 6 milliards d’habitants de la planète...et ils appellent çà " la démocratie ???"
          Opération "com." pour sauver le système capitaliste.L’exemple le plus criant concerne la "pseudo-guerre" aux paradis fiscaux qui n’aura lieu qu’en paroles,promesses d’agir et autres déclarations à la matamore !
          Selon une enquête de la revue " Alternatives économiques" TOUS LES GROUPES DU CAC40 ( les copains de Sarko ! ) ont des filiales implantées dans ces paradis...soit 1 500 dans une trentaine de territoires !!!Londres,les Pays-Bas,le Luxembourg,l’Irlande,la Suisse,Singapour, et Hongkong "trusteraient" 90% de ces filiales !!!
          Des exemples très précis...BNP Paribas:189 filiales dans ces paradis,Crédit agicole:115,Société Générale:57,Renault:16,Peugeot:39,etc...etc...et toutes ces sociétés ont bénéficié de la manne publique sans contrepartie de l’Etat !!!
          Bercy lui même évalue entre 30 et 40 milliards d’euros les pertes pour le budget de l’Etat liées à la fraude fiscale via les paradis fiscaux !!!
          Question : quelles mesures concrètes ont été prises par Sarkozy pour mettre fin à ce scandale ?


          • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 6 avril 2009 21:24

            La proposition est le minimum minimorum qu’ils auraent pu établlir sans risquer quelque remise en cause que ce soit.
            Ils en sont bien en deçà.

            Du coup, la question subsidiaire est celle-là : se rendent-ils seulement compte de la gravité de la situtation ?

            Déconnectés du réel par une chaîne de serviteurs zélés, à l’abri de tout souci pour eux-mêmes et leurs familles, vivant dans un cocon depuis leur enfance, leur adolescence, ou le début de leur âge adultes (pour les plus éveillés), ils n’ont aucune conscience de ce qui les entoure, du quotidien, de ce que représente un prix, de ce qu’est accomplir un travail.

            Toujours en représentation, ce sont des êtres-théâtre, des non-personnes-images, des icones en sustentation. De jet en meeting, d’Hôtels en plateaux, ils sont partout entourés de sous-fifres qui accomplissent leur job.

            Ils ne pensent plus, ils n’agissent plus, ils se représentent.

            Alors, je crois que la crise leur est parfaitement étrangère. Et leurs conseillers, s’ils veulent subsister, doivent leur offrir un tableau du monde qui ne leur donnera aucun souci.

            Dans ces conditions, à quoi bon décider ? Il suffit de "faire cour", d’être la Cour.
            Le G-vain est une sorte d’hypermonarchie planétaire d’où le spectacle du monde doit être beau, lumineux, et parfait. Entre Gens d’une hauteur de vue infinie.
            Et là, toute décision prise, ne sauraît être que merveilleuse, même si elle n’est pas.


            • cubidrinker 6 avril 2009 23:34

               Merci pour cette synthèse précise, courte et exhaustive, ça sent l’ingénieur...

              On est loin de la foire fouille d’articles négatifs, pessimistes et surtout peu objectifs à l’image de celui qui est actuellement mis en avant par Agora vox.

              Pour aller plus loin dans notre réflexion, il faudrait etudier plus précisement les impacts de ces mesures et expliquer en quoi elles nous permettrons de ne pas continuer à donner aux gens de l’argent qu’ils n’ont pas ou du moins qu’ils ne peuvent garantir.

              A priori, je comprends que la mesure qui va le plus dans le sens du "plus jamais ça" est l’instauration de "Nouvelles normes concernant la titrisation". Pour reprendre les terme de Sarkozy, cette mersure devrait permettre aux banques de ne plus se défausser du risque et donc d’agir de façon plus responsable. 
              A cela je dis "OUI" pour ce qui concerne les crédit des particuliers et "NON" pour les crédit des entreprises. Car, hors période de crise, les entreprises remboursent ce qu’elles empruntent et c’est un mécanisme sain que de permettre aux entreprise un accès facile (et donc titrisé) au crédit. En effet l’entreprise elle, n’emprunte pas pour avoir une plus belle véranda que le voisin mais pour faire de la coissance et de l’emploi !

              A voir donc comment ce genre de mesure s’ariculera et si oui ou non on fera bien la différence entre une titrisation lié aux consommateurs et une titrisation lié à des investisseurs/entreprises...




              • deovox 7 avril 2009 03:44

                le G20 est allé dans le sens de "réparer" les dégats colatéraux infligés à la finance mondiale par l’éclatement d’un type spécifique de bulle. chacun sait que les bulles font partie du système et qu’elles sont récurrentes. si par enchantement ces mesures étaient d’une quelconque efficacité, elles ne concernent en définitive qu’un type spécifique de bulle. faisons confaiance à nos chers financiers pour en inventer d’autres, surtout que dorénavant ils savent qu’ils ne risquent plus rien quels que soient les cataclismes que leurs idées fumeuses provoqueront. Si a chaque fois qu’une bulle éclate il faut ruiner la planète, en plus du carnage que ladite bulle a elle-même engendré, pour repartir à zero, esperons que la frequence de formation et d’éclatement des bulles va arreter d’accèlèrer, à moins qu’il soit possible de ruiner une planète plusieurs fois. connaissant l’avidité des sphères financières, et le dédouanement de toute responsabilité qu’on est en train de leur offrir sous forme de milliers de milliards de dollars lachés sans contrepartie, un système si parfaitement lucratif (pour certains) n’a pas à trembler face à l’issue de ce g-vain. ce "sommet" est donc allé au fond des choses en terme d’irresponsabilité et de mépris, mais également au fond de la logique et de la fosse à purain capitalistiques.


                • sisyphe sisyphe 7 avril 2009 06:23

                  Pour tous ceux qui n’avaient pas encore bien compris, à qui, en apnée, il restait encore un peu d’air dans les poumons, en vue du fond du fond ; hop, un petit coup de gueuze :

                  L’OMC appelle l’UE à libéraliser davantage De la poursuite de l’ouverture des marchés européens agricoles et de services dépend la reprise économique de l’Union européenne, affirme une étude de l’Organisation mondiale du commerce.

                  La reprise économique de l’Union européenne, et dans une large mesure au niveau mondial, dépend de la poursuite de l’ouverture des marchés européens agricoles et de services, selon une étude de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) publiée lundi 6 avril.
                  Dans son rapport pour l’examen biennal, lundi et mercredi, des politiques et pratiques commerciales de l’Union européenne, le secrétariat de l’OMC engage les 27 pays de l’UE à intensifier la libéralisation aussi bien de leur marché intérieur que de leurs relations commerciales internationales.
                  "Pour consolider la reprise et assurer la durabilité de la croissance, il est impératif que les Communautés européennes continuent d’engager des réformes structurelles fondamentales", estime l’OMC.

                  Pour une meilleure répartition des ressources communautaires
                  "Ces réformes consistent dans une plus grande libéralisation des services tant à l’intérieur des Communautés européennes que vis-à-vis des pays tiers, une plus grande libéralisation de la politique agricole par la simplification de la structure tarifaire et la réduction des droits de douane élevés, et l’octroi d’incitations à la production et à l’exportation de produits agricoles", recommande l’OMC.
                  "Ces réformes contribueraient aussi à une meilleure répartition des ressources communautaires et feraient avancer le plein établissement du marché intérieur", ajoute l’agence onusienne.
                  La croissance des exportations européennes devrait ralentir de plus des deux-tiers en 2009 par rapport à 2007 et l’impact de la crise devrait être encore plus sévère pour les importations, selon les prévisions de la Commission européenne citées par l’OMC.

                  Les subventions dénoncées

                  Le rapport de l’agence onusienne, qui regroupe 153 Etats membres, relève par ailleurs la forte influence sur l’économie mondiale de l’UE en tant que premier exportateur mondial, deuxième importateur de marchandises, plus grand producteur de services et investisseur net dans le reste du monde.
                  Les Communautés européennes "devraient continuer à donner au commerce un rôle primordial pour diminuer la durée du ralentissement économique mondial actuel et relancer la croissance", préconise l’OMC.
                  Les services -qualifiés de "colonne vertébrale de l’économie européenne"- restent "la priorité en vue de la création d’un véritable marché intérieur d’ici la fin 2009", relève le rapport.
                  En dépit des réformes en cours des secteurs des télécommunications, des services financiers, de la poste et du transport, l’OMC regrette l’absence d’une approche globale pour beaucoup d’autres secteurs de services comme le tourisme, le BTP, les activités de consultants en ingénierie et les agences pour l’emploi.
                  Le rapport déplore également le haut degré de protection et de subventions, notamment à l’exportation, dont bénéficie le secteur agricole, qui a absorbé en 2006 environ 46% des dépenses de l’UE


                  On va bien finir par y arriver, bien au fond.... 

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