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Le temps acheté : comment l’Europe a sacrifié les peuples en se vendant au Marché

JPEG L’Europe est en crise au cas où cela vous aurait échappé. Nombre d’économistes s’essaient à analyser les causes de cette crise, souvent en sortant des tonnes de chiffres, comme notre chouchou médiatisé de la gauche, Thomas Piketty. Mais pour comprendre plus en profondeur les ressorts de cette crise, qui est plurielle, mieux vaut un sociologue averti comme par exemple Wolfgang Streeck, universitaire germanique dont le dernier livre, « Le temps acheté », vient de paraître le 9 octobre aux éditions Gallimard dans la prestigieuse collection NRF essais. Le temps acheté renvoie à la crise des Etats et des dettes, crise des déficits dont les causes ne sont pas fortuites, loin s’en faut, puisqu’elles ont comme ressort des décisions politiques. Qui impliquent les politiques fiscales et monétaires ainsi que des déterminants sociaux, avec la démocratie mise en question. En gros, le temps acheté décrit comment les Etats ont tenté de gagner du temps en utilisant le crédit pour compenser le différentiel entre les recettes fiscales et les dépenses nécessaires pour maintenir, au moins en Europe, les conditions pour un modèle social qui protège les plus démunis et compense les baisses de revenus consécutives à la globalisation et la dérégulation des marchés financiers accomplie dans les années 1990 puis accentuée les deux décennies suivantes.

L’intérêt du livre de Streeck est que le propos n’est pas noyé dans des chiffres ni des perspectives trop élargies. Il s’agit d’un récit de l’histoire du capitalisme récent, avec quatre à cinq décennies couvertes, de la fin des années 60 à la crise de 2008. Un récit en trois étapes décrites dans les trois longs chapitres que comprend le livre. Ces trois phases sont cernées et décrites autant d’un point de vue économique et financier que sous des angles plus sociologiques, mettant en exergue les décisions des dirigeants, les réactions des peuples et les conséquences sur l’économie réelle avec les entreprises et les travailleurs, sans oublier de décrire la structure des revenus et les inégalités sociales ainsi que la place de la démocratie. Les trois étapes sont désignées comme celles de l’Etat fiscal, de l’Etat débiteur puis de l’Etat de consolidation. Streeck ne fait pas dans le registre marxiste ni la pleurnicherie gauchisante qui désigne le capital comme l’axe du mal. Il analyse au contraire les décisions des Etats en matière de fiscalité et d’arbitrage entre les revenus du capital et ceux du travail, sans oublier la fiscalité et la dette, très importantes. Deux notions fonctionnent dans l’analyse sociologique de Streeck, celle de peuple national et celle de peuple de marché. Le peuple national se souci de bien communs et de dispositifs publics accessibles à chacun. Le peuple de marché ne regarde que son compte en banque et ses rentes. Evidemment, le peuple de marché sait aussi se positionner en peuple national, les deux n’étant pas incompatibles mais complémentaires.

(I) 1960- 1985. Cette courte histoire du capitalisme commence avec la fin des Trente glorieuses, la croissance, l’accès au confort matériel pour pratiquement toutes les classes sociales et Brian Jones de raconter le bonheur d’avoir une salle de bain. C’est l’époque où le capitalisme est fordien, avec les salaires des travailleurs en expansion, sous le contrôle d’Etats plus ou moins planificateurs, avec des recettes fiscales compensant les dépenses (comme y tenait ce bon vieux général de Gaulle). La « bonne fiscalité » permet une bonne redistribution. C’est l’époque de l’Etat fiscal sont l’effritement va s’étaler sur une décennie, depuis le premier choc pétrolier en 1974 jusqu’aux dispositions du néo-libéralisme mises en place par les gouvernements Reagan et Thatcher puis étendues aux pays de l’OCDE (sans oublier le second choc pétrolier en 1979). Pour ma part, je préfère parler de néo-capitalisme, bien que ni le libéralisme, ni le capitalisme ne soient appropriés pour désigner ce système. Autant alors parler comme le fait Streeck d’Etat débiteur, ce qui a pour conséquence de mettre l’Etat au centre du dispositif et comme principal acteur du devenir de la finance et de l’économie et du sort des peuples.

(II) L’époque de l’Etat débiteur. La fin des années 1970 a vu se dessiner un changement de tendance. Avec la réforme « néo-libérale » qui repose sur trois piliers. Déréguler les marchés, réduire la fiscalité pour les plus aisés et réformer le marché du travail et la protection sociale. Streeck se plaît à citer Thomas Kochan, spécialiste des règles du travail aux Etats-Unis, dont l’avis est bien tranché : à partir de 1980 se produit une dislocation du contrat social américain. Les effets sont bien cernés. Les salaires n’ont pas suivi les gains de productivité. Autrement dit, le capitalisme fordien de l’après-guerre a été abandonné au profit d’un néocapitalisme. Bill Clinton s’est employé à mettre en place une étape supplémentaire dans la dérégulation des marchés financiers. Le capitalisme n’avait plus qu’à foncer dans les opérations les plus intempestives, avec des capitaux circulant librement.

Pour faire accepter cette nouvelle donne capitalisme par les citoyens, il existe deux méthodes, la dictature (Chili de Pinochet par exemple) ou la propagande libérale. C’est cette seconde voie qui a été choisie par les démocraties occidentales dont les spin doctors se sont employés à « rééduquer » le citoyen pour qu’il reconnaisse la légitimité du néolibéralisme. On connaît le résultat. Des résistances se sont mises en place avec les mouvements altermondialistes, les mouvances anarchistes prêtes à faire le coup de force dans les sommets de l’OCDE et puis globalement, une acceptation progressive des citoyens, surtout ceux dont les revenus sont corrects et/ou sécurisés. Et contrairement à ce qu’on pense en général, le néolibéralisme ne cherche pas à se débarrasser de l’Etat. Bien au contraire, il a besoin d’un Etat fort pour sécuriser les flux financiers, pacifier les travailleurs tout en participant à la casse du contrat social « fordien ».

Mais ne passons pas à côté du propos de Streeck sur l’époque de l’Etat débiteur et endetté. Contrairement à une idée reçue, l’augmentation des dépenses de l’Etat ne suit pas forcément les aspirations démocratiques citoyennes. Les revendications les plus fortes sont venues des grandes banques. Qui on l’a vu, ont été « sauvées » en 2008 en jouant sur la peur de l’effondrement du système. Mais de 1980 à 2010, on aura noté l’endettement croissant lié à une nécessité pour les Etats de compenser les déficits en revenus pour les travailleurs, avec le maintien de services sociaux, d’aides publiques, sans oublier l’endettement des ménages qui lui aussi, participe à cette course du temps acheté. Comme il n’y a pas assez de revenus, alors on prend un crédit, que l’on soit un Etat ou un travailleur américain compensant les revenus trop faibles par des subprimes, toxiques qui comptent pour une part dans la crise de 2008. D’après Streeck, si les Etats se sont endettés, ce n’est pas uniquement pour faire face à des dépenses. C’est aussi pour compenser un déficit en recettes fiscales. Les démocraties riches se sont endettées lorsque les recettes fiscales ont été en deçà des dépenses. Au final, le système récompense les individus les plus aisés qui, à travers les dettes nationales, trouvent un supplément de revenus en plaçant avec un bon rendement un capital qu’ils sont certains de retrouver. A noter que c’est pour cette raison que les bourses européennes sont en berne. Les fortunes préférant les obligations que les actions, ce qui obère évidemment les quelques chances de l’économie réelle.

(III) Troisième étape, celle de l’Etat de consolidation. Il est évident que la logique du temps acheté ne peut pas perdurer et que des réglementations sont indispensables pour contenir le cours irrésistible des déficits avec comme souci la sécurisation des dettes. Les Etats sont devenus à l’image de joueurs de casino ayant essuyé des pertes mais promettant au directeur de les rembourser moyennant d’autres jetons disponibles pour mener la partie. Le directeur du casino européen, c’est Mario Draghi qui en un clic libéra quelque 1000 milliards d’euros à un pour cent sur trois ans en contrepartie de la promesse des banques à se saisir des créances « douteuses » émises par les Etats européens, notamment ceux du sud, mais dans des proportions qu’elles décident. La logique de l’Etat de consolidation répond à un objectif, celui d’éviter de faire sauter les banques et de maintenir la motrice financière en l’alimentant, avec la BCE, tout en la freinant sur un autre volet, celui des dépenses publiques que les Etats s’engagent à contenir pour que le jeu financier se poursuive. La politique de consolidation, consolidée du reste depuis 2008, possède plusieurs traits essentiels.

Comme l’expose si bien Streeck, la politique de consolidation se donne des moyens financiers mais aussi politiques. Notamment la neutralisation des démocraties nationales par les institutions supranationales. Conseil de l’Europe, commission européenne mais aussi quelques intervenants lointains comme le FMI, l’OCDE et la longue série des structures prodiguant force conseils éclairés aux Etats quant à la nécessité des réformes. Cette neutralisation démocratique n’a rien de secret. Il n’a échappé à personne que pendant la crise de 2012, les chefs des gouvernements grec et italien, démocratiquement élus pour un mandat, ont été remplacés par deux gestionnaires technocrates. Pour compléter ce volet, Streeck dépeint également le ressort sociologique de l’Etat de consolidation. Les institutions transnationales veillent à soutenir au niveau local et de manière ciblée les classes moyennes « modernes » et les corps d’Etat attachés au mode de vie ouest-européen. Ce qui revient à penser que les Etats sont plus près des intérêts du peuple de marché que de ceux du peuple national. Les Etats soignent préférentiellement ceux dont la position est consolidée et qui ne demandent rien car ils obtiennent le nécessaire alors que la frange demandeuse et en difficulté, celle qui s’exprime dans la rue et les partis extrêmes, est condamnée à s’agiter et à se mettre en colère. On l’a vu notamment en Grèce avec le succès du parti d’extrême gauche mais aussi des néo-nazis. La France n’est pas épargnée. Grâce au livre de Streeck, on comprend mieux les raisons de la montée du FN. Les politiques transnationales se conjuguent à l’indifférence du « peuple de marché » indifférent à la pauvreté galopante mais n’hésitant pas à jouer le cheval blanc en fustigeant le FN tout en se délectant de reportages et nouvelles des JT, surtout celui de Canal ou de BFM.

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La conclusion de Streeck ne laisse guère place à l’optimisme. Car la croissance, dernier levier pour rebondir, non seulement n’est pas en vue mais si elle arrivait, encore faudrait-il qu’elle puisse être régulée par une politique de redistribution afin que tout le monde en bénéficie. Cette option n’est pas prévue car du point de vue structurel et idéologique, le supplément de croissance est destiné à aller préférentiellement dans la poche des plus favorisés. Il reste un autre outil mais délicat à manipuler, celui de l’inflation. Streeck a parfaitement vue que l’inflation post-2012 n’aura pas les mêmes ressorts que celles de 1970 et 80. Avant, les tensions salariales pesaient alors qu’actuellement, l’inflation est du ressort des banques centrales. Avec en ligne de mire le souci de préserver les créanciers. Mais une chose est certaine, si l’inflation se dessine, contrairement à l’ancienne donne, elle pénalisera les plus modestes car elle ne sera pas accompagnée par les augmentations de salaire.

Streeck laisse néanmoins entrevoir quelques pistes, comme celle de la dévaluation mais pour cela, il faudrait démanteler la zone euro ce qui n’est peut-être pas souhaitable car il ne faudrait pas affaiblir un système déjà critique. Cela dit, dévaluer consiste selon l’auteur à gagner du temps. Une autre piste est possible mais elle n’est pas évoquée dans ce livre. Je n’ai pas l’intention d’y revenir. L’autre problème sans doute entrevu mais pas entièrement analysé, c’est le ressort social et anthropologique. A noter dans la version française la réplique de Streeck à Habermas. Un eurocritique contre un euroconfiant. Faute de salut démocratique et politique, Streeck s’en remet à une désobéissance citoyenne capable de réveiller les pouvoirs, en misant surtout sur les pays du sud car il pense que son pays, l’Allemagne, est assez léthargique pour ces questions de développement économique. Et qu’après l’ère Delors, l’Europe a raté le coche en se construisant sans inclure les aspirations démocratiques. Ce point est bien explicité dans la conclusion. Le danger n’est pas tant dans la montée des nationalismes mais dans le libéralisme de marché hayékien. Le moment est venu où les chemins de la démocratie et du capitalisme doivent se séparer puisque ce marché lamine les processus démocratiques.

Au final, ce livre est une réussite dans la mesure où après sa lecture, on se sent un peu plus éclairé et intelligent. Les thèses qui y sont discutées fonctionnent un peu comme la boîte à outils de Foucault. On comprend pourquoi le peuple national s’exprime avec la manif pour tous d’un côté et les mouvances gauchistes de l’autre. On sait aussi pourquoi la démocratie a été abandonnée par le peuple de marché qui s’intéresse à ses intérêts économiques. Comme le suggère Streeck, ces gens de marché ont été bien dressés. Ils ont une récompense, comme l’animal qui a réussi une figure de style. Alléluia !

Lien vers le livre

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/NRF-Essais/Du-temps-achete


Et puis aussi, pour ceux que la biologie intéresse, mon livre sur le vivant

http://www.amazon.fr/Le-Sacre-vivant-post-darwinien-%C3%A9volution/dp/235185182X


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21 réactions à cet article    


  • pierre258 pierre258 14 octobre 2014 08:51

    La désobéissance citoyenne n’a qu’un seul but : rétablir la démocratie. Or si l’on rétablit la démocratie dans au moins un grand pays d’Europe, ses citoyens se sentiront assez forts pour rejeter ce « système critique » et activer l’article 50 qui permet la sortie de l’Union Européenne. Nous avons besoin de désobéissance citoyenne pour communiquer, et d’un parti pour agir. https://www.upr.fr/lupr/article-50-du-traite-sur-l-union-europeenne


    • Daniel Roux Daniel Roux 14 octobre 2014 10:13

      L’auteur a manifestement choisit son camp : « la pleurnicherie gauchisante qui désigne le capital comme l’axe du mal. »

      Du coup, comme le livre porte sur l’incompatibilité entre la démocratie et le capitalisme, sa critique perd un peu de sa crédibilité.

      Vous pouvez faire l’économie du livre en lisant les articles d’un modeste rédacteur d’Agoravox en commençant par ceux-ci :

      http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/un-protectionnisme-europeen-assume-39817
      http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/des-paradis-aux-enfers-de-la-84586

      Les problèmes de la France et de l’UE, proviennent principalement du double discours des politiques, pantins manipulés en toute connaissance de cause par l’oligarchie financière.

      En France, ils portent un discours nationaliste sur la sauvegarde de notre modèle social original, au sens large. Il renvoie tout le mal à l’UE par ses directives pointilleuses absurdes, la BCE pro anglo-saxonne, les règles budgétaires contraignantes.

      A l’étranger et notamment pendant la détermination de la politique européenne, les mêmes soutiennent une politique libérale, promeuvent les délocalisations, multiplient les normes en faveur des multinationales et des banques.

      La triste réalité est qu’ils sont dans le camp de la mondialisation voulue par les US pour le seul profit des riches actionnaires des multinationales et donc, la paupérisation des citoyens, mais se cachent derrière l’UE pour ne pas en assumer la responsabilité. C’est cela la politique à leur yeux : mentir pour durer.


      • Piotrek Piotrek 14 octobre 2014 14:53

        Du coup, comme le livre porte sur l’incompatibilité entre la démocratie et le capitalisme, sa critique perd un peu de sa crédibilité.

        Faux

        On sait aussi pourquoi la démocratie a été abandonnée par le peuple de marché qui s’intéresse à ses intérêts économiques.

        Vous voyez ce livre parle de la duplicité de tous les citoyens pour obtenir les miettes du capitalisme, de l’infection de l’homo-economicus dans toutes les strates de la société, de la complicité du peuple de marché avec le peule national...

        Vous savez : La voiture, la fructification du livret A à 3% à la Grande Epoque, faire la queue dans les temples de la consommation, la carte de fidélité du Parc Asterix... On est tous des victimes et des complices de la société de consommation

        Donc oui, vu la situation catastrophique d’aujourd’hui face aux revendications du coeur de gauche sincère, on peut estimer qu’on a eu droit qu’à de la « pleurnicherie » et des mesurettes pour n’obtenir de misérables réajustements économistes. La gauche à échoué, le capitalisme a déjà tout investi depuis longtemps et Zemmour vient d’acoucher du néo-conservatisme français sous les acclamations de la populasse. Vous continuez comme avant en espérant obtenir les mêmes résultats ? N’est-ce pas le moment pour un soupçon d’auto-critique ?

        Je lis vos textes : Vous vous réfugiez dans d’anciennes croyances, vous ne vous remettez pas en question, vous abattez le premier qui ose la moindre contradiction de peur qu’il ne fasse s’écrouler tout ce que en quoi vous croyez, vous considérez de potentiels alliés en ennemis.

        Ne faites pas de la politique votre axe de pensée économique comme vous le faites. Osez l’analyse économique sans interférence idéologique, rien qu’en première lecture, je vous rassure : votre monde ne s’écroulera pas, bien au contraire vous en sortirez grandi.

        Dans le cas contraire, vous risquez de rester en joue pendant encore très très longtemps.


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 14 octobre 2014 19:28

        PIOTREK BIEN DIT ET BIEN ECRIT BRAVO  !!!!


      • Daniel Roux Daniel Roux 14 octobre 2014 20:04

        @ Piotrek

        Je suis ravi d’avoir au moins un lecteur.

        Si vous me permettez d’abuser de votre temps, pourriez-vous préciser à quelles « anciennes croyances » vous faites allusions ?


      • Piotrek Piotrek 14 octobre 2014 21:53

        Merci de votre attention Daniel,

        En tout premier lieu, je me considère comme un transfuge, j’ai essentiellement bossé toute ma vie pour des escrocs notoires, des oligarques généreux et des patrons de PME à cran. J’ai même crée ma boite à un moment. Mais j’ai toujours vécu chichement, jamais payé plus de 1700 euro brut.
        Je suis français, d’origine polonaise, ayant vécu dix ans en Grèce. Je me considère par nature européen. Mais attention : pas au sens de Maastricht. J’ai pu me faire une idée de l’histoire en gardant un esprit critique, en croisant des témoignages contradictoires.
        Politiquement, je m’intéresse à tout, j’ai beaucoup suivi toute la politique au Etats-Unis dans les années 2000. En Grèce j’ai pu découvrir l’Anarchisme...

        Aujourd’hui je suis en bas de la France d’en bas, mais ce n’est pas pour cette raison personnelle que je m’intéresse au communisme que j’ai pu croiser tout au long de ma vie, ça serait trop facile.
        Non je pense sincèrement que le communisme est la seule solution logique face à l’épuisement de ressources. Je ne suis parti que de ce simple constat, uniquement de ce postulat pour m’intéresser un peu plus au communisme.

        Maintenant je vais répondre à votre question : qu’est ce que pour moi que ces « anciennes croyances »

        Il s’agit du communisme dans l’optique bloc contre bloc.

        Des communisme qui se permet des libertés avec l’Histoire J’apprécie la dame qui a (très bien) écrit cet article, mieux : après des années de lutte et d’espoirs déçus, je la comprend. Néamoins savez vous combien de personnes vous perdez pour combattre votre cause à vos cotés ? Juste pour un ajustement de faits en apparence innocent, mais qui va réellement blesser tout le monde, y compris les adhérents à la cause qui vont se chamailler dans un débat qui ne sert au final... strictement à rien.

        Du communisme qui se permet de juger au premier coup d’oeil, sans réfléchir, par réflexe... Selon un système de valeur binaire. Moi-même étant un transfuge, j’ai été surpris par l’hostilité immédiate et impitoyable. Si je ne dénonçai pas directement et simplement, j’étais pas suspect, j’étais directement coupable. Combien de personnes se sont senties exclues dès qu’elles étaient prêtes à écouter, prêtes à parler à des communistes.

        Du communisme qui considère encore aujourd’hui les Etats-Unis comme un empire monobloc, par essence la personnification du Mal, et la Russie comme un esprit du passé, une incarnation du Bien. Pour moi, la condition économique des gens normaux aux Etats-Unis en fait l’un des meilleurs clients pour la cause communiste, sans rigoler, il suffit d’expliquer à une audience plus réceptive que jamais que le communisme n’est pas qu’une insulte. Il me semble plus difficile de faire de même pour la Russie. Vous n’avez pas à combattre des entités démesurés mais de simples mortels

        J’ai surement d’autres arguments, qui ne me viennent pas à l’esprit à cet instant. Mais sachez que, de ma part, transfuge :
        - Vous n’avez pas idée de la sim-pli-ci-té du combat que vous menez, tous ceux contre qui vous vous battez n’ont pas le moindre talent, ce sont des opportunistes totalement prévisibles, il n’y a pas d’Empire tout puissant à affronter, juste des rigolos, que vous pouvez cerner et tabasser en riant
        - Vous n’avez pas idée du nombre, de la masse de transfuges, que vous pouvez toucher. Ils sont partout, en dehors et mieux : en dedans du système. Vous auriez dû offrir un havre de paix à Kerviel, il en existe tant d’autres, qui sentent au jour le jour que ce qu’ils accomplissent ne les accomplit pas. Vous auriez dû être Wikileaks.
        - Vous n’avez pas idée de la chance historique que le communisme a aujourd’hui. Vous êtes les seuls capables de transformer le grand malheur qui nous attend en grande célébration
        ...

        Vous qui devriez être les champions de la planification, vous n’avez pas de plan, pas de subtilité pour lutter contre le Système par le Système, non... au lieu de cela vous ne faites que taper du poing sur une table en formica, vous refusez le présent, idolâtrez le passé n’envisagez même pas le futur...

        J’espère que cela sera une critique destructive mais surtout constructive face à l’urgence, face à l’opportunité du présent.


      • Daniel Roux Daniel Roux 15 octobre 2014 10:20

        @ Piotrek

        Au moins vous avez vécu dans le monde réel. Vous n’êtes pas rester assis dans votre fauteuil à lire des livres et à regarder le feux dans la cheminée.

        Si je vous ai bien lu, les vieilles croyances que vous évoquiez sont : le Communisme.

        J’ai souvent évoqué cette « vieille croyance » à travers mes commentaires. Le Communisme est une idéologie et comme toutes les idéologies, elle n’est applicable que dans un monde parfait où ne vivraient que des êtres purs ce qui n’est pas le cas dans le monde réel que vous connaissez bien et ne le sera jamais.

        Je suis d’accord avec vous, les ennemis de l’humanité sont des hommes comme vous et moi. Hélas, ces hommes avides de pouvoirs autant que cupides, disposent des moyens d’imposer leurs décisions par la force brutale. Eux même sont mortels mais pas le système qu’ils représentent qui lui, se perpétue de génération en génération

        Aux US, par exemple, temple auto proclamé de la liberté et de la démocratie, en réalité un empire criminel, des hommes des agences gouvernementales telles que le FBI, ont empêché par l’assassinat, l’enfermement, la décrédibilisation médiatique, l’émergence de forces politiques susceptibles de s’opposer à l’oligarchie.

        Nous vivons en réalité dans un monde féodal avec ses suzerains, son aristocratie, ses serfs. Un monde très stable puisqu’il existe pratiquement depuis que les pillards du néolithique sont devenus des rois. Ce système ne sombrera qu’avec l’humanité qui comme n’importe quel parasite disparaîtra en tant que telle lorsqu’elle aura épuisé son milieu.

        Cordialement.


      • oncle archibald 14 octobre 2014 10:31

        Monsieur Dugué votre article donne envie de lire ce livre et je vais l’acheter à la première occasion en espérant que comme vous le dites en conclusion après sa lecture, je me sentirai un peu plus éclairé et intelligent, ce qui ne sera pas du luxe dans un temps ou tout est fait pour que nous soyons un peu plus aveuglés et peut être abrutis.


        • lsga lsga 14 octobre 2014 14:30

          Franchement, votre esprit profondément réactionnaire qui s’acoquine avec l’extrême droite la plus crasse est malade. 


          Il est typique pour les losers qui se sont fait dégager des universités de développer une sorte de haine de l’intello qui les poussent dans les bras de l’extrême droite. Voilà le chemin que vous avez suivi Bernard : un loser, aigri, amer, qui consacre son intelligence aux théories stupides et haineuses du courant réactionnaire. 

          Enfin, sinon, vous êtes au courant que dans les 10 ans qui viennent, il y aura des humanoïdes partout ? 
          Vous êtes bien sûr de ne pas vouloir être progressiste ? 

          • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 14 octobre 2014 19:58

            Je n’ai pas senti de haine dans cet article bien développé. En revanche je trouve qu’il y en a beaucoup dans les quelques lignes de votre commentaire, Isga.


          • lsga lsga 14 octobre 2014 20:00

            je n’ai pas lu l’article. 


          • soi même 14 octobre 2014 16:21

            D’ambler c’était une Europe OGN, la caricature de l’Europe des Romantiques Allemands des Révolutionnaire Français, qui portaient un message d’Espoir , donc en 45 au nom de la guerre froide on c’est empresser de nous la vendre !
             


            • Taverne Taverne 14 octobre 2014 16:30

              Les réformes se font contre la démocratie et elles font d’autant plus mal aux gens qu’elles interviennent tard. Or, c’est une constante dans notre pays de toujours repousser les réformes nécessaires et de passer le bébé aux successeurs. La conséquence est là : nous allons souffrir.

              Pire encore : comme les gouvernants n’ont pas du tout préparé ces réformes (imaginant naïvement n’avoir jamais à se trouver en position ingrate de les mettre en oeuvre), ils font n’importe quoi avec un amateurisme flagrant.

              Le dernier exemple en date : une réforme territoriale fondée sur la distinction fondamentale entre la ville et le rural. Sauf que oups, c’est bête ! ils ont oublié de définir au préalable des notions de ville et de rural. Mme Lebranchu, la grande spécialiste en charge du dossier, vient de confirmer dans une question orale qu’elle est incapable de se livrer à cet exercice.

              Pourtant la simple logique requiert que :

              1 - on définit le champ de la réforme et les notions qui vont servir de base à la politique menée
              2 - on expérimente, on évalue
              3 - on applique.


              • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 14 octobre 2014 19:26

                Mr taverne il y a longtemps que nous ne sommes plus en democratie depuis qu’ un parti genre

                 umps dirige le pays avec 10 % DES SUFFRAGES EXPRIMES....

                1 ON APPLIQUE

                2 ON SUIT L AVIS D" une minorité

                3 ON FERME SA GUEULE plutot que de s’INDIGNER OU SE REVOLTER ???K ?


                • Jean Keim Jean Keim 15 octobre 2014 06:58

                  Le problème vient de ceux qui le créent, c’est à dire nous, donc moi, tout le reste n’est que du baratin, la société est un organisme vivant et l’enfermer dans des concepts est un non sens, si nous étions les uns envers les autres coopératifs, partageurs et solidaires, la régulation se ferait tout naturellement dans un cadre souple et adaptable, nous n’en serions pas à rechercher pourquoi rien ne fonctionne, qui est le coupable et qu’elle nouvelle idéologie à la mode nous pourrions bien essayer. 


                  • Zip_N Zip_N 15 octobre 2014 12:15

                    Bernard : avec tout ce savoir si vous proposez pas un jour 1 ou 2 solutions (pour commencer) au bout de cette analyse, cela aura servi à rien ! vous pourrez recommencer ailleurs autre chose, carpe (diem) lol. Dans ce cas ça aura eu pour mérite de faire un bon coup de pub, avec cela on est pas loin d’un acheté=1 offert dédicacé.


                    • BA 15 octobre 2014 15:50

                      Quand on arrive à ce niveau de dette publique, on n’a plus que cinq solutions :

                      1- La guerre : par exemple, on attaque des pays qui ont du pétrole et du gaz naturel pour leur voler. Malheureusement, ces pays sont surarmés, et ils seraient capables de nous vaincre, ces cons.

                      2- L’inflation : malheureusement, les pays développés vieillissent. Les vieux sont de plus en plus nombreux, et donc les politiques suivies ont comme priorité la lutte contre l’inflation.

                      Quant aux pays émergents, chez eux-aussi, l’inflation baisse.

                      Chine : l’inflation ralentit à 1,6% en septembre.

                      L’inflation en Chine a de nouveau nettement ralenti en septembre, à 1,6% sur un an, à son plus bas niveau depuis près de cinq ans, selon des chiffres officiels publiés mercredi 15 octobre, de nature à renforcer les craintes de tensions déflationnistes.

                      http://www.romandie.com/news/Chine-linflation-ralentit-a-16-en-septembre/527339.rom

                      3- L’Etat vole l’argent des épargnants. Exemple : Chypre. Malheureusement, ça ne résout pas le problème. La dette publique de Chypre continue à exploser : elle atteint 112,2 % du PIB.

                      4- La prière. On prie pour que Dieu vienne nous sauver. Malheureusement, il n’existe aucun dieu.

                      5- Le défaut de paiement. Malheureusement, le défaut de paiement ruine les prêteurs, le défaut de paiement ruine les épargnants, le défaut de paiement ruine les actionnaires.

                      Pronostic : on va avoir le 5.

                      Dans les années qui viennent, de nombreux Etats vont se déclarer en défaut de paiement.

                      Tant pis pour les prêteurs. Tant pis pour les épargnants. Tant pis pour les actionnaires.

                      https://www.youtube.com/watch?v=8LaRGDYM_-M


                      • Peretz1 Peretz1 16 octobre 2014 11:02

                        Une petite lueur d’espoir dans ce pessimisme ambiant compréhensible, c’est revenir au libéralisme « normal » du fordisme que je propose « ciblé » dans « Economie, comment renverser la table » c’est aussi chez Amazon (hélas). Il y a quelques suggestions que je pense inédites.


                        • Peretz1 Peretz1 16 octobre 2014 11:08

                          J’ajoute, comme le sait Bernard Dugué, qu’une démocratie citoyenne est indispensable pour pouvoir renverser la table. Aucun député, aucun ministre, aucun Président n’aura le courage de se faire Hara Kiri en proposant une Constitution citoyenne, au-dessus des partis. www.citoyenreferent.fr ou www.voiescitoyennes.fr. Commentaires bienvenus.


                          • JL JL 16 octobre 2014 11:48


                            A vous lire, il semble que ce livre soit un petit bijou d’analyse de ce qu’est l’UE derrière le storytelling politique ; une analyse en harmonie avec l’idée que je m’en fais.

                            Vous écrivez : ’’contrairement à ce qu’on pense en général, le néolibéralisme ne cherche pas à se débarrasser de l’État. Bien au contraire, il a besoin d’un État fort pour sécuriser les flux financiers, pacifier les travailleurs tout en participant à la casse du contrat social « fordien »’’.

                            En effet, l’État libéral c’est un syndic de copropriété qui fait croire aux locataires que ce sont eux qui choisissent les employés et les cadres

                            1 - les propriétaires c’est le peuple de marché
                            2 - les locataires c’est le peuple national, ce sont ceux qui paient des impôts et des taxes.


                            • elpepe elpepe 5 janvier 2015 02:29

                              de bonnes idées mais mon sentiment est que l’on ne peut se donner a la fois des objectifs politiques et économique sous peine d’une grande confusion et de n’atteindre aucun des deux.
                              L’objectif est-il de maintenir le niveau de vie de tous, rentier, pauvres, riches, fonctionnaire ou de construire notre indépendance a l’échelle d’une nation ou mieux de l’Europe.
                              L’indépendance a terme nous donnera les moyens de nous battre et peut-être de conserver notre niveau de vie global, mais surtout a travers ce combat de bâtir des solidarités. La liberté ou la mort, mais ne confondant pas les objectifs, avec les effets, l’objectif c’est notre liberté, et la il faudrait plusieurs tonnes de livres pour la définir.
                              Ma vision est que c’est 40 ans l’économie a pris le pas sur la politique, nos politiciens étant juste des vendeurs de soupe a défaut de vendeur d’armes...
                              Maintenant un Allemand a-t-il envie d’être solidaire avec un Grec, un Français, un Espagnol et Italien, je ne crois pas, alors il faut rétrograder et reconstruire les nations, la première chaine a briser étant celle de la finance, mais l’accouchement risque d’être douloureux, il va falloir rétro-pédaler 40 ans de lachetes et compromissions .....
                              In fine on a les non-politiques que l’on méritent,
                              Ca me rappelle un copain que ma boite a virer, j’ai interpeller mes autres collègues pour s’affirmer et dire a la direction que ça ne nous plaisait pas,
                              Car si a l’échelle de notre agence, on n’est pas capable de s’affirmer, comment un peuple pourrait de façon intelligible et non violente s’affirmer vis a vis d’un gouvernement ? et ben c’est mal barre, il faudra encore 200.000 d’évolution au moins ... bon courage ...

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