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Le temps des propositions

Le verdict de l’élection présidentielle est enfin tombé. Pourrons nous désormais revenir au débat des idées au lieu de polémiques stériles , des combats de cour d’école, d’ insultes improductives que l’on lit même ici au fil des commentaires d’articles d’ Agoravox. Y’en a marre de ceux qui croient avoir inventé la poudre, de ces alchimistes de l’économie qui croient transformer le plomb en or. Les solutions sont difficiles à trouver , il faut y réfléchir ensemble, faire de la démocratie participative la pierre angulaire de notre vie en communauté, et surtout ne pas stigmatiser telle ou telle catégorie, les riches, les assistés, les chômeurs, les fonctionnaires, les banquiers, les étrangers, les technocrates européens

 

Il semble que le problème n°1 à résoudre soit de contenir la dette publique, voire de la résorber. Mais comment faire ? Dans le système actuel, nous sommes soumis aux marchés qui spéculent sans vergogne sur les taux avec pour seule motivation l’idée de se faire un maximum de cash , de mettre à genoux les peuples qui refusent de se soumettre. L’alternative serait de retourner au système d’avant 1973 dit « la planche à billets « qui permet aux états de se refinancer auprès de la banque centrale, en l’occurrence la BCE. La conséquence pourrait être une inflation plus élevée. Historiquement, l’inflation, tant qu’elle n’atteint pas des niveaux démesurés, nuit surtout aux détenteurs de capital et non aux travailleurs. Cette perspective n’inciterait t’elle pas les gouvernants à continuer à fonctionner avec des déficits ?, c’ est là son talon d’ Achille. Une solution moins radicale serait que l’état ne s’adresse plus au marché mais organise auprès des particuliers son financement. Contrairement aux anglo saxons, l’épargne privée en France est élevée. Une banque publique pourrait lever les emprunts d’état à un taux fixe, éviter que les banques privées se gavent pour un travail facile et trop bien rémunéré. Vu les taux de rémunération des assurances vie et autres actuellement, nos compatriotes ne devraient pas rechigner. Cela ne doit pas omettre l’idée que les déficits doivent être résorbés, mais simplement ôter l’épée de Damoclés de ces marchés inquisiteurs qui veulent mettre le nez dans nos finances . Quand on connait à l’avance combien d’intérêt on va payer, le budget est beaucoup plus facile à établir.

 

Et maintenant, comment relancer la machine, créer des emplois, voir de la richesse et surtout comment mieux la répartir. Pour améliorer le pouvoir d’achat, il faut soit augmenter les revenus, soit baisser les dépenses des ménages .

 Augmenter les salaires, le patronat vous dira que c’est suicidaire. Il disait cela aussi en 1968 avant que les accords de Grenelle ne rendre possible ce qui ne semblait pas possible. Disons qu’il n’y avait pas la mondialisation et que désormais il faille fouiner un peu plus du côté de la baisse du coût du travail. La TVA sociale pourrait être un pas vers la taxation de la consommation plutôt que du travail. Normalement , les prix à la consommation des biens produits en France ne devraient pas augmenter, il n’y aurait surenchérissement que sur les biens importés qui contribueraient ainsi à notre système de protection sociale. Idée à creuser par palier car les effets pervers doivent être analysés précisément.

Baisser les dépenses des ménages. Il y a là matière à réflexion, du grain à moudre. Le poste n°1 des dépenses est devenu le logement, surtout depuis les années 2000 où le prix des logements et subséquemment des loyers se sont envolés. Comment faire pour que les prix baissent ? Pendant des années , des dispositifs type loi scellier ont coûté un maximum à l’état et permis à des fortunés de construire à bon compte. Ces individus, dont la capacité d’emprunt est importante, ont, grâce aux avantages fiscaux et aux taux d’emprunt historiquement bas , fait payer les logements acquis, par les locataires. Que des individus gagnent beaucoup d’argent ne me semble pas immoral, mais il faut que ce soit la contrepartie d’un risque important ou d’un travail conséquent. On pourrait remplacer cette niche fiscale par un système de prêts bonifiés aux particuliers pour acquérir leur résidence principale, le taux de bonification serait adapté aux revenus. Il suffit de calculer la conséquence d’une baisse d’un, deux ou trois points sur un emprunt sur 20 ans pour se rendre compte que cette mesure permettrait à un nombre important d’acquéreurs potentiels de réaliser leurs projets. Je ne pense pas que cette mesure coûterait plus cher à la collectivité que celles instaurées dans le passé. Cela pourrait créer une relance de l’immobilier neuf et par conséquent abaisser les tensions sur les prix de l’ancien qui pourraient baisser, et dans la foulée, les loyers. La moyenne du loyer payé par les français est de plus de 600 euros, que ces prix baissent d’un tiers, cela ferait 200 euros de pouvoir d’achat en plus.

 

Une autre conséquence de ce dispositif serait que le capital que les fortunés n’auraient plus intérêt à consacrer à ce moyen rapide et sans risque de faire fructifier leur capital, ils pourraient le consacrer à investir dans la création d’entreprise. Pourquoi l’état ne pourrait il pas créer de vraies agences d’investissement qui permettraient de mettre en communication ceux qui ont l’argent avec ceux qui ont des idées ? Pourquoi ne pas imaginer non plus un même système de prêts bonifiés pour aider des jeunes entrepreneurs à monter leur business, avec un comité de pilotage qui les suivraient suffisamment longtemps pour pérenniser leur activité.

 

Je ne suis pas un économiste, et je ne prétends pas avoir développé tout au long de cet article la stricte vérité ou la panacée. Je reste néanmoins persuadé que c’est en réfléchissant ensemble et de façon non dogmatique qu’on trouvera des solutions pour mieux vivre ensemble. Sarkozy n’avait pour lui que le dynamisme, et des solutions simplistes en réponse à des problèmes difficiles et récurrents. Testons de nouveaux modes de pensée, le communisme est mort depuis longtemps , le capitalisme est lui aussi en phase terminale. Tout reste à inventer.


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2 réactions à cet article    


  • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 18 mai 2012 10:35

    Et maintenant, comment relancer la machine, créer des emplois, voir de la richesse et surtout comment mieux la répartir. Pour améliorer le pouvoir d’achat, il faut soit augmenter les revenus, soit baisser les dépenses des ménages .


    Pour commencer, il faut abandonner l’idée que l’économie est une machine administrée, et qu’il suffirait d’appuyer sur un bouton - le bon - pour la relancer.

    L’économie c’est la somme des échanges entre des milliards d’individus. Pour la France, de dizaines de millions d’individus.

    Ce sont donc à ces derniers de savoir ce qu’il y a à faire... encore faudrait-il qu’ils y réfléchissent au lieu de rester prostrés dans des incantions au pouvoir politique menteur, qui n’a d’autre but que d’asservir les hommes.

    Que la politicaille s’occupe des missions régaliennes et nous foute la paix.

    Sarkozy n’est pas allé assez loin, et c’est sûr qu’avec le pouvoir actuel, encroûté dans les doctrines marxiste et progressiste, cela ne risque pas de s’arranger.

    • Homme de Boutx Homme de Boutx 18 mai 2012 22:03

      Il suffit de prendre l’argent où il est ou plutôt il était ! vous souvenez vous des taux d’imposition des années 2000 : une tranche à 54 % sans abattement de 20% au delà de 120 000 € , et grâce à sarkozy, c’est limité à 40 % : une réduction de plus de 30 %.
      Ou simplement appliquer réellement les tranches actuelles de 30 et 41 % sur 10 % de la population, c’est récupérer 50 à 80 milliards au moins en supprimant les niches.
      La TVA sociale, c’est comme la TVA, une barrière douanière sélective : à l’exportation, les produits sont vendus moins cher qu’en France et ceux importés plus cher en France et c’est bon pour l’activité en France et pas en chine.
       De plus, si vous gagnez 1000 € vous ne pourrez jamais dépenser plus de 10 € pour 1% de TVA (un système de TVA sociale pourrait fonctionner en compensant 1% de 1 TVA par une prime sociale de 2% sur les 2000 premiers euros de revenu.
       

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