Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Le véritable anticapitalisme, c’est le libéralisme

Le véritable anticapitalisme, c’est le libéralisme

Deux anticapitalistes : Olivier Besancenot et Charles Beigbeder.

Michel Rocard a raison d’insister sur le niveau abyssal d’ignorance qu’ont les Français en économie. Au prétexte qu’il s’agit d’une science "sociale", chacun se croit autorisé à donner son avis. Ce manque de culture économique se traduit par une confusion dans les termes employés. En particulier, il est d’usage dans notre pays d’assimiler libéralisme et capitalisme. Ainsi, la gauche de la gauche se réclame-t-elle tour à tour de l’antilibéralisme ou de l’anticapitalisme. Pourtant, ces deux termes sont en tous points opposés et le véritable débat économique contemporain doit précisément porter sur la confrontation de ces deux doctrines.

Le libéralisme est une doctrine politique dont la déclinaison économique se traduit par la mise en oeuvre de concurrence libre et non faussée sur l’ensemble des marchés. Cela se traduit par une atomicité des acteurs économiques, une parfaite transparence dans l’information, une homogénéité des produits, la libre entrée sur les marchés et la libre circulation des facteurs de production. Dans ce cadre, les économistes prédisent un profit nul pour les entreprises puisque les prix s’établissent aux coûts marginaux. Le raisonnement est très simple, dès lors qu’une entreprise ferait un profit, n’importe qui aurait intérêt à créer une entreprise avec des biens comparables pour prendre une partie de la marge.

Le capitalisme, c’est tout le contraire, on pourrait le définir comme le moyen de se départir des hypothèses de la concurrence parfaite. En effet, quel chef d’entreprise peut accepter pour seul horizon une absence de profit ? Tous les capitalistes cherchent ainsi à acquérir un pouvoir de marché, l’idéal étant le monopole, à protéger l’information dont ils disposent, à se différencier des concurrents et à bloquer la porte aux nouveaux entrants pour qu’ils ne viennent pas partager la marge avec les acteurs existants. L’opposition entre libéraux et capitalistes ne date pas d’hier, Adam Smith, déjà, fustigeait en son temps le mercantilisme qui restreignait la concurrence et, par conséquent, favorisait la position des gens en place.

Soyons réalistes, d’où vient aujourd’hui la plus grande menace pour un géant comme Microsoft : des mouvements antilibéraux qui se développent dans les démocraties occidentales ou de la Commission européenne que l’on qualifie à juste titre de libérale ? On voit d’ailleurs de nombreux grands groupes industriels chercher l’appui "patriotique" de la population pour s’opposer aux décisions de la commissaire à la Concurrence de l’Union, en brandissant par exemple l’importance des "champions nationaux". En réalité, ceux qui promeuvent le libéralisme dans le monde patronal sont davantage les responsables de PME qui subissent de plein fouet le pouvoir de marché de ces grands groupes qui leur bloquent l’entrée, c’est le cas en particulier de M. Beigbeder, patron de Poweo, qui cherche à pénétrer le marché de l’électricité.

La différence principale entre ces deux doctrines est que le libéralisme cherche un optimum social (surtout dans sa vision utilitariste), il cherche à maximiser le bien-être de la population tandis que le capitalisme ne cherche qu’à défendre des intérêts privés. Ainsi, il n’y a pas d’incompatibilité majeure entre le socialisme et le libéralisme puisque tous deux se placent du point de vue de la collectivité, les sociaux-libéraux ne sont donc pas forcément atteints de schizophrénie comme on l’entend parfois. Ce qui fait cependant diverger ces deux doctrines, c’est la répartition des richesses entre les individus et pas seulement leur production de manière globale. Le socialisme cherche à combler les inégalités sociales alors que le libéralisme ne dit rien sur ce thème. Le raisonnement est le suivant : si l’on veut partager le gâteau, il faut d’abord un gros gâteau et donc une maximisation globale. D’ailleurs, la plupart des grands économistes (surtout les Prix Nobel) ne sont-ils pas à la fois de gauche ET libéraux ? Le capitalisme ne s’intéresse pas, quant à lui, à ces aspects macroéconomiques et se concentre principalement sur une optimisation microéconomique.

Doit-on pour autant en conclure que le libéralisme représente le bien quand le capitalisme incarnerait le mal ? Les choses ne sont pas si simples en réalité, même quand on prétend se placer du point de vue de la collectivité. En effet, si on fait un peu d’histoire économique, on comprend que la révolution industrielle, qui a eu lieu au XIXe siècle en Europe occidentale, doit énormément à l’accumulation primitive de capital chez certains gros patrimoines. Sans cet effet de taille, il est probable que la dynamique ne se serait pas enclenchée, en tout cas pas si vite. Plusieurs économistes expliquent ainsi que si la Chine n’a pas décollé à cette période, c’est parce que l’Etat empêchait toute accumulation privée de richesses. Ainsi, il y a fort à parier que si une Commission européenne existait au XIXe siècle et pratiquait la même politique qu’aujourd’hui, l’Europe n’aurait pas connu le même essor. Sans remonter si loin dans le passé, on doit reconnaître que les rentes de certaines entreprises sont essentielles pour le développement de la recherche appliquée, elles servent à financer des projets risqués mais prometteurs. Vouloir limiter les profits des entreprises au profit de la collectivité peut donc constituer un frein au développement économique et au progrès technique.

Plus fondamentalement, ce qui remet en cause la pensée économique libérale, c’est qu’elle ne parle pas de la réalité, mais d’un monde merveilleux où règne la concurrence pure et parfaite. Ainsi, le discours libéral est davantage normatif que prédictif, il vise à rapprocher la réalité de son modèle plutôt que de trouver un modèle qui reflète la réalité. De surcroît, le libéralisme économique devient critiquable quand ceux qui le défendent ne choisissent que certaines parties de cette doctrine : en clair, ils sont d’accord pour libéraliser le marché du travail pour gagner en compétitivité, mais beaucoup moins pour libéraliser les conditions de la concurrence qui pourrait leur faire perdre des parts de marché. Une telle approche, totalement opportuniste, n’est finalement pas si étrangère au capitalisme, qui fait feu de tout bois tant que ses intérêts ont quelque chose à y gagner.

Et si finalement le mot de la fin ne revenait pas à l’historien et homme politique français Jacques Bainville : "La supériorité des Occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c’est-à-dire à la longue accumulation de l’épargne. C’est l’absence de capitaux qui rend les peuples sujets." Cette phrase mérite en tout cas d’être méditée à une époque où la question de la détention des capitaux (notamment par les pays émergents) va se faire de plus en plus brûlante.


Moyenne des avis sur cet article :  4.06/5   (72 votes)




Réagissez à l'article

77 réactions à cet article    


  • Vive la République Vive la République 21 janvier 2008 12:59

    Retrouvez cet article ainsi que beaucoup d’autres traitant d’économie et de politique sur http://vivelarepublik.blogspot.com. Et que le débat s’engage !


    • Black Ader 21 janvier 2008 13:07

      Capitalisme ou libéralisme, c’est exactement la même chose et vous le savez trés bien. D’ailleur Besancon se dit maintemant anti capitaliste, le masque tombe !

       

      PS : merci de prende le modéle de Walras le Socialiste comme modéle du libéralisme !!!!!

      Les libéraux eux, n’ont jamais parlé de concurence pur et parfaite..

       

       

      "Le socialisme cherche à combler les inégalités sociales"

       

      Pour quoi faire ?

       

       

      "D’ailleurs, la plupart des grands économistes (surtout les Prix Nobel) ne sont-ils pas à la fois de gauche ET libéraux ?"

       

      Bein non, ca fait un sacré bout de temps que les prix nobel sont tous "de droite".


      • float float 22 janvier 2008 02:49

        Depuis quand existe-t-il un prix Nobel d’économie ?


      • tSbeNjY tSbeNjY 22 janvier 2008 10:23

        Depuis 1968. Wikipédia est ton ami.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel


      • ZEN ZEN 21 janvier 2008 13:16

        "Jacques Bainville : "La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c’est-à-dire à la longue accumulation de l’épargne. C’est l’absence de capitaux qui rend les peuples sujets." Cette phrase mérite en tous cas d’être"

        Un "historien" royaliste comme référence de conclusion...on peut trouver mieux


        • Vive la République Vive la République 21 janvier 2008 22:06

          Peut-on discuter des thèses des auteurs plutôt que de jeter l’anathème sur tel ou tel. La réflexion a tout à y gagner.


        • Frederic Stephan 21 janvier 2008 13:18

          La spéculation, sur les actions des sociétés, les cours des matières premières ou l’immobilier, est-elle un phénomène représentant le libéralisme ou le capitalisme ?


          • Vive la République Vive la République 21 janvier 2008 22:07

            La spéculation est clairement un phénomène capitaliste. Point d’optimum social là-dedans !


          • Le péripate Le péripate 21 janvier 2008 13:34

            Ce n’est pas faux de distinguer capitalisme et libéralisme. Mais si le libéralisme est bien une doctrine, ce n’est pas le cas du capitalisme, qui est qu’une exigence d’accumulation illimitée du capital par des moyens formellement pacifique. On ne définit donc pas le capitalisme en tant que tel, mais le capitaliste qui est n’importe qui possède un surplus et l’investit pour en tirer un profit qui viendra augmenter le surplus initial (Luc Bolstanski). C’est aussi le salariat (Marx et Weber), et c’est là qu’intervient le libéralisme, car le capitalisme a besoin d’un "esprit du capitalisme" (Luc Bolstanski) afin de motiver les salariés.

            Alors, oui, le libéralisme est une critique du capitalisme. Les libéraux états-uniens sont d’ailleurs classés à gauche.

            Secondairement, il est probablement faux de reprendre la thèse marxiste de l’accumulation primitive du capital. C’est Braudel (à vérifier) et K. Polyani qui ont montré qu’il n’y a pas eu d’accumulation primitive de capital lors de la Révolution industrielle anglaise ( La grande transformation).

            Il y a un autre point qui me pose problème, c’est l’asymétrie libéralisme/socialisme. En effet, je ne crois pas que l’on puisse les mettre sur le même plan. Le libéralisme est aussi une théorie du gouvernement (Michel Foulcauld), ce que n’est pas le socialisme qui n’a rien à dire là dessus.

            Il est clair qu’il y a beaucoup à déblayer avant de pouvoir accéder à une réflexion sereine.


            • Vive la République Vive la République 21 janvier 2008 22:10

              Merci pour ce commentaire constructif. Il est toujours bon de citer les grands auteurs, c’est une preuve d’humilité. Sur le fond je pense que, dans son acceptation actuelle, le socialisme est également une théorie du gouvernement.

              Je persiste à croire que l’accumulation primitive du capital est pour quelque chose dans la révolution industrielle et je vous renvoie aux travaux de JY Grenier (historien économique) sur la comparaison Chine/Europe à cette époque.


            • pissefroid pissefroid 21 janvier 2008 13:43

              Le libéralisme décrit au paragraphe 2 me fait penser à l’anarchisme. En effet les deux systèmes peuvent fonctionner si tout le monde est pûr et gentil.


              • tvargentine.com lerma 21 janvier 2008 13:44

                Pourquoi mettez vous la photo du leader de la LCR ???????

                Il ne représente que 4% aux élections (et encore !)

                 


                • Martin Lucas Martin Lucas 21 janvier 2008 13:56

                  Et que représente Charles Beigbeder ?


                • Bidibule11 21 janvier 2008 18:23

                  Complètement à côté du sujet, LERMA... Commentaire sans aucun intérêt...


                • antireac 22 janvier 2008 06:54

                  Tout à fait d’accord lerma.


                • Mescalina Mescalina 22 janvier 2008 12:39

                  Mdr Lerma, tu es unique ! IoI


                • Mescalina Mescalina 22 janvier 2008 12:48

                  Très bon article synthétique et des commentaires intéressants et constructifs TRAITANT DU SUJET à 90%, c’est assez rare pour le souligner, merci !


                • Emmanuel 21 janvier 2008 13:55

                  Libéralisme et capitalisme sont effectivement les frères jumeaux d’un système basé sur la liberté d’entreprendre et la loi du plus fort.

                  Loin de s’affranchir de l’état ils savent l’INSTRUMENTALISER à leur profit pour manipuler la collectivité dans le sens de leurs intérêts. Cela passe par les subventions issues du chantage à la délocalisation, le lobbying (débauchage de députés à l’assemblée, des milliers de lobbyistes à Bruxelles), l’instrumentalisation de la recherche et de l’enseignement (voir la loi LRU), la transformation du citoyen en consommateur via la publicité et la désinformation d’une presse aux ordres (plus de la moitié de la presse au main des marchands d’armes), la mutualisation des risques (dépollution, catastophes industriels), la charge des pertes pour la collectivité (plans sociaux, épuratation des dettes), ....

                  Il n’y a qu’un seul domaine où l’état n’a pas son mot à dire c’est ce qui touche aux profits alors même que cette logique de maximisation du profit s’avère par incompatible avec toute morale humaine (sang contaminé, amiante, pillage des ressources des pays pauvres, ...) ou écologique (malgré la bonne blague du développement durable).

                  Il est édifiant qu’on sache par exemple dire (et encore...) qu’un jouet respecte des normes de sécurité mais qu’on ne sache pas dire qu’il s’agit d’une grosse merde qui pollue, est fabriqué dans des conditions indigne et en plus ne sert à rien à part à dresser les gamins à la société de consommation.

                  Libéralisme et capitalisme étant de fait incompatibles avec l’avenir sont condamnés à court terme. Les soubresauts de leur agonie seront terribles pour les individus.


                  • Icks PEY Icks PEY 21 janvier 2008 14:23

                    Féclicitations pour ce commentaire calme et pondéré !

                    Icks PEY


                  • Vive la République Vive la République 21 janvier 2008 22:14

                    Votre commentaire est excessif. Les choses sont beaucoup plus complexes. Un exemple : Sarkozy, apôtre du capitalisme, est également le promoteur de la suppression de la pub pour le service public, il ne cherche donc pas à transformer à tous prix les citoyens en consommateurs, ou alors il s’y prend très mal.

                    J’attends avec impatience les commentaires paranos du style "il a fait cela pour faire monter l’action TF1"...


                  • quen_tin 21 janvier 2008 22:48

                    Sarkozy défenseur du service public ??? Désolé de te contredire mais...

                    Sarkozy refuse d’augmenter la redevance. Or il est inconcevable de taxer les revenus des autres chaines à hauteur du manque à gagner.

                    Cqfd : il veut tuer le service public !

                    Avoue que le contraire aurait été franchement surprenant connaissant le personnage (diminution du nombre de fonctionnaire etc.).

                     


                  • Emile Red Emile Red 22 janvier 2008 10:03

                    Souviens toi du Vase de France, oupssss de Gaz de France...


                  • Emile Red Emile Red 22 janvier 2008 11:00

                    Il est bien étrange de voir lors de chaque article sur le libéralisme la négation de l’état.

                    Or aucune définition de l’état n’apparait dans ces mêmes articles, "combattons les fantomes" est la meilleure défense du libéralisme schizophréne, schizophrène parce qu’il refuse l’interventionisme mais nécessite une régulation qui ne peut être qu’étatique.

                    Le libéralisme est un fantasme idéologique qui n’a jamais eu de consistance par son inadéquation totale avec le sociétal, le circonstanciel, et le politique. L’universalisme idéologique ne peut être que politique et certainement pas économique, d’où la totale abstraction des théories libérales.

                    Le libéralisme n’est qu’une application économique dévoyée de l’anarchisme, équilibre politique en moins, et la déviance ultime du libéralisme est le capitalisme qui se libère des pseudos obligations éthiques du libéralisme sensé être régulé, on se demande par qui. ou quoi.

                    En résumé le libéralisme est un immense serpent affamé qui se mord la queue, le capitalisme est le même serpent qui se gave de la queue de ses confrères, l’ultra libéralisme est le serpent gavé qui a les yeux plus grand que le ventre. Mais d’état en tout ça que nenni, or nier la fonction de l’état quelle que soit sa forme c’est nier la nature grégaire de l’homme, et considérer les sociétés humaines incompatibles à projet commun.

                    Le libéralisme et ses corrélaires ne sont qu’une justification du retour primaire à la jungle animale où la force est reine.


                  • Gandalf Tzecoatl 21 janvier 2008 14:32

                    Vous avez une définition du libéralisme qui en est une, il y en a d’autres (je ne vois pas pourquoi le libéralisme garantit une "une atomicité des acteurs économiques, une parfaite transparence dans l’information, une homogénéité des produits" par exemple). 

                    Le réel opposé au libéralisme est l’étatisme, le capitalisme usant de l’un ou l’autre quand ça l’arrange (ex : requêtes libérales envers la législation salariale, contractualisation, et requête de régulation de la concurrence auprès des législateurs).

                    Malgré tout le respect que l’on peut accorder à Mr Besancenot, autant être anti-libéral en bloc était très clairement idiot (liberté d’expression, d’entreprendre, etc), autant être anti-capitaliste peut sonner s’il s’agit de s’attaquer aux privilèges accordés dans une économie de marché.

                     

                     

                     


                    • Vincent Verschoore VincentV 21 janvier 2008 15:50

                      Il me semble que l’opposé du libéralisme est plutôt le communisme, cad la mise en commun des moyens de production, et le fait que le "capital" appartient entièrement à l’Etat. Dans les faits, communisme et capitalisme sont assez proches : dictature (du capital ou de l’Etat), hiérarchisation, tendance vers les monopoles et maximisation des intérets d’une minorité détentrice ou "ayant la charge" du capital (les gros actionnaires, ou la nomenklatura).

                      Le libéralisme est opposé au capitalisme dans le sens ou il recherche plutôt l’éparpillement du capital dans une multitude de structures libres de leurs mouvements, contrairement au capitalisme qui tend à condenser le capital (l’argent va à l’argent). Mais il est encore bien plus opposé au communisme, ou la condensation capitalistique est totale et la liberté de mouvement nulle.

                      L’etatisme n’est pas un système économique en soit, c’est le fait que l’Etat intervient à tous les nvieaux, mais cela peut exister aussi bien dans un pays de type communiste (Chine....) ou capitaliste (France...). L’étatisme dans une forme "douce" me semble compatible voir nécessaire au libéralisme, car il permet de poser un cadre au sein duquel opèrent les lois du marché, il ne faut pas que ce soit le marché qui pose le cadre, car alors on se retrouve vite dans un système ou seule compte la loi du plus fort.


                    • Gandalf Tzecoatl 21 janvier 2008 18:30

                      @VincentV :

                      Le communisme est effectivement plus antonyme du libéralisme.

                      *"Le libéralisme est opposé au capitalisme dans le sens ou il recherche plutôt l’éparpillement du capital dans une multitude de structures libres de leurs mouvements, contrairement au capitalisme qui tend à condenser le capital (l’argent va à l’argent). Mais il est encore bien plus opposé au communisme, ou la condensation capitalistique est totale et la liberté de mouvement nulle."

                      On est persuadé, de par l’intervention de Bruxelles, qu’empêcher la constitution de monopoles est libéral.

                      Or, il existe des libéraux qui considèrent que cela est une forme d’interventionnisme. On doit être d’accord pour dire qu’il y a plusieurs définitions du libéralisme.

                      *"L’etatisme n’est pas un système économique en soit, c’est le fait que l’Etat intervient à tous les nvieaux, mais cela peut exister aussi bien dans un pays de type communiste (Chine....) ou capitaliste (France...). "

                      L’étatisme se démarque du libéralisme de par son interventionisme, antagonisme économique de celui-ci (une autre louchée de ismes ? )

                      *"L’étatisme dans une forme "douce" me semble compatible voir nécessaire au libéralisme, car il permet de poser un cadre au sein duquel opèrent les lois du marché, il ne faut pas que ce soit le marché qui pose le cadre, car alors on se retrouve vite dans un système ou seule compte la loi du plus fort. "

                      Effectivement, certains économistes se définissent comme libéral-étatistes. C’est un oxymore à première vue, mais c’est ainsi que fonctionne notre société, c’en est même la meilleure description. Nous constatons bien la coexistence de la loi (droit positif) et du contrat, pour illustrer.

                      Pour porter un jugement comme vous le faites, je vous rejoins. Une société qui ne serait régi que par des contrats (libéralisme pur) arriverait à des excès (situation d’esclavage contractuel par exemple).

                      On constate par ailleurs une fois de plus l’échec de la philosophie libérale bancaire américaine, où des contrats de créances sont insuffisamment encadrés par la loi , générateur d’une récession mondiale à priori, c’est dire. La loi française nous met bien à l’abris de ce genre de contractualisation abusive.

                      Personne n’a encore écrit la sainte bible qui décrirait dans quel cadre et dans quel champ d’application le libéralisme ou l’étatisme serait le plus efficace, si tant est que l’on puisse fédérer sur la notion d’efficacité. Le pragmatisme (un dernier isme pour la route) a de beaux jours devant lui.

                       

                       


                    • Roland Verhille Roland Verhille 22 janvier 2008 11:14

                      Si, les auteurs de la célèbre déclaration de 1789 ont écrit le mode de coexistence entre le libéralisme et une organisation étatique. Mais depuis, Napoléon est passé, et il a d’innombrables héritiers. 


                    • Vincent Verschoore VincentV 22 janvier 2008 12:23

                      Merci pour vos commentaires.

                      "On est persuadé, de par l’intervention de Bruxelles, qu’empêcher la constitution de monopoles est libéral.

                      Or, il existe des libéraux qui considèrent que cela est une forme d’interventionnisme. On doit être d’accord pour dire qu’il y a plusieurs définitions du libéralisme."

                      En dehors de la gauche française, personne ne pense que l’UE développe une politque économique libérale. De fait, l’UE n’est pas libérale, elle est technocratique et s’attache à imposer un maximum de régles communes à tous ses membres, malheureusement parfois (souvent...) en dépit du bon sens, pour avoir un cadre commun au sein duquel chaque pays développe la politique qu’il veut - ou presque, car n’ayant plus le contrôle monétaire, ca limite fortement le degré de liberté... La chasse aux monopoles, qui est cohérente dans l’esprit de maintenir un cadre commun, est aussi l’équivalent de ce qu’étaient les Templiers du 11eme siècle : le bras armé d’une Eglise protégeant le pélerin sur la route de Jérusalem de l’époque, le bras armé d’une administration protégeant les consommateurs des excès monopolistiques d’aujourd’hui. C’est moins glamour, certes.


                    • Blackeagle 21 janvier 2008 14:42

                      la définition du capitalisme est bien plus simple que ce que vous en dites.

                      Le capitalisme c’est simplement une économie dans laquelle la propriété privée des entreprises existe.

                      En revanche votre définition du libéralisme est biaisée. L’essence du libéralisme economique n’est pas la concurrence "libre et non faussée". Celà c’ezst simplement l’hypothése qui justitfe le libéralisme économique. Le libéralisme économique c’est le désengagement de l’état du secteur économique. L’état doit cesser d’interférer avec le systéme économique que ce soit par ses action ou par la législation. Il en suit que selon les defendeur de cette doctrine, la concurence libre et non faussée (ou la loi economique principale de l’offre et de la demande ) établira d’elle même une situation optimale pour l’ensemble de la société. On pourrai qualifier cette doctrine de naturaliste puisqu’elle considére que l’homme ne doit pas imposer de régle par lui même mais se soumetre aux régles qui existent naturellement.

                      Celà est contraire au sens de l’histoire. SI l’homme occupe la place qu’il occupe, s’est bien parcequ’il cherche en permanence à s’extraire des loi naturelle pour les remplacer par des loi humaine qu’il définit lui même.

                      De plus l’application du libéralisme conduit forcement à l’établissement de "mafia" économique abusant de leurs pouvoir. En gros si l’état n’est plus là pour empecher que le plus fort ecrase le plus faible, les loi naturelles ne s’y opposeront pas non plus.


                      • Internaute Internaute 21 janvier 2008 15:05

                        Voilà plein de grosses théories qui méritent d’être affinées.

                        « Le libéralisme est une doctrine politique dont la déclinaison économique se traduit par la mise en oeuvre de concurrence libre et non-faussée sur l’ensemble des marchés. »
                        R>> Le terme « non-faussée » est en général oublié par les tenants du libéralisme. L’UE s’est faite un crédo de la phrase ci-dessus mais peut-on parler de concurrence non faussée lorsqu’on autorise une entreprise du tiers-monde qui emploie des quasi-esclaves à vendre sur les marchés européens sans entraves et sans taxes, en libre concurrence avec des entreprise européennes à qui par contre l’UE exige le paiement de charges sociales et d’impôts astronomiques ? L’application du libéralisme par l’UE est au contraire la mise en concurrence faussée.

                        « Adam Smith, déjà, fustigeait en son temps le mercantilisme qui restreignait la concurrence et, par conséquent, favorisait la position des gens en place. »
                        ALors là on est à des années lumières des réalités. Il ne faut pas opposer libéralisme et capitalisme mais uniquement s’attacher à trouver la meilleure solution pour le plus grand nombre à un instant donné, c’est à dire en 2008. Les recettes du 18° siècle n’ont aucun intérêt. Les socialistes appliquent le libéralisme en voulant mettre par-terre les professions protégées qui favorisent les gens en place. Ainsi, le cosmopolite mondialiste du PS Attali propose de casser la profession des taxistes, des notaires et des pharmaciens. Pour une fois qu’on a un secteur qui marchotte, il faudrait le mettre par terre au nom d’un dogme du 18° siècle. Que je saches, ces professions ne roulent pas sur l’or et vouloir les plonger dans la misère montre la nocivité des idées sous-jacentes. Il en est de-même des grands groupes. J’aimerais qu’on m’explique ce que le public gagnera au démantèlement de l’EDF ? Bien, sûr personne ne répondra car on sait trés bien que tous les exemple de démantèlement des groupes qui ont un marché protégé (mais contrôlé et j’insiste là-dessus) a été une catastrophe pour l’usager. Allons voir aux USA par exemple.


                        « La différence principale entre ces deux doctrines est que le libéralisme cherche un optimum social (surtout dans sa vision utilitariste), il cherche à maximiser le bien-être de la population tandis que le capitalisme ne cherche qu’à défendre des intérêts privés. »
                        R>> Ce n’est que de la propagande à deux balles. C’est le capitalisme de Ford, de Porsche et de Renault qui ont mis les ouvriers dans des autos. Le libéralisme est le meilleur allié du capitalisme financier, lequel effectivement n’apporte pas grand-chose à la société. Ne le confondons pas avec le capitalisme entreprenant, celui de tous ces fondateurs et héritiers qui ont su créer et maintenir des centres d’activité économique rentables, dont tout le monde a bénéficié.

                        L’UE est le marchepied de la mondialisation et ne nous apportera que la misère.


                        • Internaute Internaute 21 janvier 2008 15:07

                          Voilà plein de grosses théories qui méritent d’être affinées.**

                           **« Le libéralisme est une doctrine politique dont la déclinaison économique se traduit par la mise en oeuvre de concurrence libre et non-faussée sur l’ensemble des marchés. »
                          R>> Le terme « non-faussée » est en général oublié par les tenants du libéralisme. L’UE s’est faite un crédo de la phrase ci-dessus mais peut-on parler de concurrence non faussée lorsqu’on autorise une entreprise du tiers-monde qui emploie des quasi-esclaves à vendre sur les marchés européens sans entraves et sans taxes, en libre concurrence avec des entreprise européennes à qui par contre l’UE exige le paiement de charges sociales et d’impôts astronomiques ? L’application du libéralisme par l’UE est au contraire la mise en concurrence faussée.**

                           **« Adam Smith, déjà, fustigeait en son temps le mercantilisme qui restreignait la concurrence et, par conséquent, favorisait la position des gens en place. »
                          ALors là on est à des années lumières des réalités. Il ne faut pas opposer libéralisme et capitalisme mais uniquement s’attacher à trouver la meilleure solution pour le plus grand nombre à un instant donné, c’est à dire en 2008. Les recettes du 18° siècle n’ont aucun intérêt. Les socialistes appliquent le libéralisme en voulant mettre par-terre les professions protégées qui favorisent les gens en place. Ainsi, le cosmopolite mondialiste du PS Attali propose de casser la profession des taxistes, des notaires et des pharmaciens. Pour une fois qu’on a un secteur qui marchotte, il faudrait le mettre par terre au nom d’un dogme du 18° siècle. Que je saches, ces professions ne roulent pas sur l’or et vouloir les plonger dans la misère montre la nocivité des idées sous-jacentes. Il en est de-même des grands groupes. J’aimerais qu’on m’explique ce que le public gagnera au démantèlement de l’EDF ? Bien, sûr personne ne répondra car on sait trés bien que tous les exemple de démantèlement des groupes qui ont un marché protégé (mais contrôlé et j’insiste là-dessus) a été une catastrophe pour l’usager. Allons voir aux USA par exemple.**

                          **« La différence principale entre ces deux doctrines est que le libéralisme cherche un optimum social (surtout dans sa vision utilitariste), il cherche à maximiser le bien-être de la population tandis que le capitalisme ne cherche qu’à défendre des intérêts privés. »
                          R>> Ce n’est que de la propagande à deux balles. C’est le capitalisme de Ford, de Porsche et de Renault qui ont mis les ouvriers dans des autos. Le libéralisme est le meilleur allié du capitalisme financier, lequel effectivement n’apporte pas grand-chose à la société. Ne le confondons pas avec le capitalisme entreprenant, celui de tous ces fondateurs et héritiers qui ont su créer et maintenir des centres d’activité économique rentables, dont tout le monde a bénéficié.**

                          **L’UE est le marchepied de la mondialisation et ne nous apportera que la misère.


                        • c.d.g. 23 janvier 2008 13:38

                          c est sur que notaires et pharmaciens ne roulent pas sur l or.

                          Il ne peuvent pas rouler en Jaguar et doivent se contenter de mercedes !

                          La suppression de ces monopoles seraient une bonne chose mais ne se fera pas car ils votent UMP à 98% !

                          Pour le reste, les USA ont a une certaine epoque demantelé des monopoles (par ex la "standard oil" des "barons voleurs" (robber baron) cf http://en.wikipedia.org/wiki/Robber_baron_(industrialist) )

                          Donc le demantelement d un monopole (a l epoque des produits petroliers) n a pas ete une catastrope

                          Dans le cas d EDF, le probleme c est plus qu on veut tranformer un monopole public en un monopole privé. Autrement dit que les benefices du monopole aillent dans les caisses des amis du pouvoir.

                          Malheureusement, la contestation de la privatisation est surtout le fait du personnel qui sait qu il va y perdre des conditions de travail/remuneration particulierement avantageuse

                          Ce qui en soit n est pas un mal (au contraire) mais est un peu hypocrite. On se drape dans le drapeau de l interet national (cf l article pour le devoiement de celui ci) pour proteger son interet privé


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 janvier 2008 16:16

                          J’approuve tout à fait votre analyse. J’ajoute que si l’idéal libéral, malheureusement confondue (en France) avec la réalité mercantiliste spontanée du capitalisme, était une réalité, le taux de profit capitaliste tendrait vers zéro, sauf à très court terme (innovation et élévation différentielle de la productivité).

                          Or un taux de profit nul ,dans la durée, interdirait tout investissement productif à moyen et long terme en vue de dynamiser la concurrence ; c’est pourquoi l’idéal du libéralisme économique ne doit pas interdire la capitalisme , mais le réguler d’une manière tout à fait pragmatique. Cette tension libéralisme/capitalisme est indispensable pour garantir le développement, y compris durable.

                          C’est aux puissances publiques (régionales, nationales et de plus en plus internationales), de définir les règles du jeu dans l’usage de cette tension au profit de tous et à commencer par celui des consommateurs que nous sommes tous.

                          Mais par delà la nécessaire régulation de cette tension , c’est aussi aux puissances publiques de définir les règles d’usage, dans le cadre de marchés publics transparents, du capitalisme dans un sens favorable à l’intérêt public, qu’il ne faut pas confondre avec la somme des intérêts individuels Ex : Transport, énergie, écologie etc...

                          Les principaux adversaires de Smith étaient les protectionnistes ou mercantilistes de tous poils, c’est à dire toutes les puissances monopolistiques en puissance. cette confusion entre libéralisme et capitalisme est au centre de cette vision franco-française d’ un socialisme d’état à économie administrée centralement , totalement étrangère la pensée de Marx d’une part, et surtout porteuse de la fusion entre le pouvoir politique et le pouvoir économique sous une forme totalitaire.

                          Les origines de la pensée libérale



                           


                          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 janvier 2008 16:21

                             

                            Version corrigée et aérée, avec mes excuses

                             

                            J’approuve tout à fait votre analyse. J’ajoute que si l’idéal libéral, malheureusement confondu (en France) avec la réalité mercantiliste spontanée du capitalisme, était une réalité, le taux de profit capitaliste tendrait vers zéro, sauf à très court terme (innovation et élévation différentielle de la productivité).
                             

                            Or un taux de profit nul ,dans la durée, interdirait tout investissement productif à moyen et long terme en vue de dynamiser la concurrence ; c’est pourquoi l’idéal du libéralisme économique ne doit pas interdire la capitalisme , mais le réguler d’une manière tout à fait pragmatique. Cette tension libéralisme/capitalisme est indispensable pour garantir le développement, y compris durable.
                             

                            C’est aux puissances publiques (régionales, nationales et de plus en plus internationales), de définir les règles du jeu dans l’usage de cette tension au profit de tous et à commencer par celui des consommateurs que nous sommes tous.
                             

                            Mais, par delà la nécessaire régulation de cette tension , c’est aussi aux puissances publiques de définir les règles d’usage, dans le cadre de marchés publics transparents, du capitalisme dans un sens favorable à l’intérêt public, qu’il ne faut pas confondre avec la somme des intérêts individuels Ex : Transport, énergie, écologie etc...

                            Les principaux adversaires de Smith étaient les protectionnistes ou mercantilistes de tous poils, c’est à dire toutes les puissances monopolistiques en puissance. Cette confusion entre libéralisme et capitalisme est au centre de cette vision franco-française d’ un socialisme d’état à économie administrée centralement , totalement étrangère la pensée de Marx d’une part, et surtout porteuse de la fusion entre le pouvoir politique et le pouvoir économique sous une forme totalitaire.

                            Les origines de la pensée libérale



                             


                          • Dominique Larchey-Wendling 21 janvier 2008 16:50

                            @ L’auteur,

                            Pouvez-vous définir le néo-libéralisme s’il vous plait ? Car c’est la doctrine dominante de ces dernières décennies imposées par Milton Friedmann et Friedrich Hayek.

                             


                            • ronchonaire 21 janvier 2008 17:28

                              Quel dommage ! Votre article partait très bien : le titre et le premier paragraphe sont corrects. La suite est malheureusement un peu trop simplifiée pour être crédible.

                              Vous avez raison sur un point : le libéralisme et son concept phare de concurrence pure et parfaite (CPP) sont des abstractions normatives. Ils nous disent ce qu’il se passerait si l’ensemble des axiomes que vous citez étaient réunis simultanément, ce qui n’est jamais le cas en pratique. Le capitalisme est quant à lui un concept bien réel, fondé sur l’accumulation de capital.

                              En revanche, il est faux d’affirmer que le libéralisme cherche un optimum social, par opposition au capitalisme qui ne cherche qu’à maximiser des profits. Le libéralisme suppose lui aussi que chaque individu cherche à maximiser son propre bien-être (utilité pour les consommateurs, profit pour les producteurs), sauf que dans ce monde "parfait", ces maximisations individuelles amènent "naturellement" à l’optimum social. Ce n’est pas tout à fait la même chose que ce que vous avez écrit. Le fait que le capitalisme ne conduise pas à cet optimum social est tout simplement dû au fait, encore une fois, que les axiomes de la théorie de la CPP ne sont pas vérifiés en pratique.

                              Enumérons ces axiomes pour bien cerner leurs limites dans "la vraie vie" :

                              1. transparence de l’information sur les marchés : chaque agent (producteur et consommateur) est censé tout connaître. En pratique, les "assymétries d’informations" sont nombreuses : le fait que le prix soit la plupart du temps déterminé de manière unilatérale par le producteur, et non pas par confrontation de l’offre et de la demande comme dans la théorie, en est une belle.
                              2. liberté de mouvement des facteurs de production ; rappelons que dans la théorie économique, la main d’oeuvre est considérée comme un facteur de production. Cet axiome suppose donc la parfaite mobilité (c-a-d sans coût) des travailleurs, à la fois dans l’espace et d’un secteur à l’autre. Comme ce n’est pas le cas en pratique, une firme peut très bien "accumuler de la main d’oeuvre", ce qui explique la tendance des industries à rester près des villes.
                              3. libre entrée sur le marché (et libre sortie) : là encore, cela suppose que n’importe qui puisse créer sa firme du jour au lendemain, sans coût financier et sans contrainte administrative. Nul besoin de préciser que ce n’est pas le cas en pratique.
                              4. homogénéité des produits : selon la définition du terme "produit", on peut envisager que cet axiome puisse être parfois vérifié en pratique. Rappelons toutefois que, d’après la théorie, l’homogénéité des produits implique par exemple que deux 1/2 baguettes vendues séparément ne sont pas équivalentes à une baguette entière.
                              5. atomicité des agents : ce dernier axiome est en fait le résultat des précédents ; comme ceux-ci ne sont pas vérifiés en pratique (en particulier les axiomes 2 et 3), ce dernier ne peut pas l’être non plus. 

                              On voit bien, à partir de ces axiomes et de leur confrontation à la réalité, comment le capitalisme émerge : il résulte simplement de la mise en oeuvre de concepts "parfaits" dans un monde qui ne l’est pas.

                              D’ailleurs, la théorie économique a quand même beaucoup évolué depuis Adam Smith, en particulier en ce qui concerne les "imperfections de marché" et la réponse à leur apporter. C’est là qu’intervient l’Etat, en corrigeant ces imperfections par une réglementation adéquate (en théorie). L’introduction du concept d’externalité a aussi modifié profondément la conception de l’optimum social, par exemple en économie de l’environnement (la pollution étant un très bon exemple d’externalité négative et d’imperfection de marché).

                              Enfin, il existe certains marchés pour lesquels la CPP n’est pas la situation optimale. Ces marchés se caractérisent par des coûts d’entrée extrêmement élevés et des rendements d’échelle croissants (plus la firme produit, plus le coût unitaire de production baisse). En théorie économique, cela s’appelle des monopoles naturels ; en pratique, cela s’appelle des industries de réseau (énergie, télécoms, transports aérien et ferroviaire). Je ne sais pas si, comme vous le suggérez, Charles Beigbeder est anti-capitaliste (même si j’en doute fortement), mais ce qui est certain c’est qu’il ne contribue pas à atteindre l’optimum social sur le marché de l’énergie, cet optimum ne pouvant être atteint que par un monopole (public de surcroît).

                              En conclusion, la clarification que vous tentez d’opérer entre ces deux termes est la bienvenue car trop de monde utilise ces termes sans trop savoir ce qu’ils recouvrent. Surtout, trop de monde les considère comme des synonymes, ce qui n’est pas le cas. Autant je conçoit que l’on puisse être anti-capitaliste, autant se déclarer "anti-libéral" me semble être totalement absurde (et vide de sens). Mais la contradiction n’est pas aussi simple et évidente que vous le suggérez.


                              • La Taverne des Poètes 21 janvier 2008 18:00

                                Merci pour cet article. J’avais défendu cette thèse mais avec moins de succès dans mon article "Vive le libéralisme ?" ici : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25883

                                 


                                • moebius 21 janvier 2008 18:15

                                  On revient toujours au meme débat a savoir un débat pour ou contre l’intervention ou au mieux si cette intervention est assumé, un débat concernant la dose d’intervention de l’état ou du politique dans l’économique mais ne convient ’il pas de dépasser ce débat et de s’interroger plutot sur la pertinence de ces interventions. Une question qui mériterait une réponse serait par exemple ; pourquoi l’intervention de l’administration américaine sur la crise actuelle des crédits a risque n’a apparemment eu aucun effet ?

                                   


                                  • moebius 21 janvier 2008 18:22

                                     Avec des amis économistes nous faisons tourner des tables et Adam Smith ou karl Marx ne répondent pas à ces questions 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès