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Accueil du site > Actualités > Economie > Le véritable coût du climat social en France

Le véritable coût du climat social en France

L’indécision du gouvernement et l’obstination monolithique des syndicats compromettent-elles la capacité de la France à se relever ?

Depuis le début du mandat de François Hollande, on assiste ainsi à la montée d’une très forte opposition populaire face aux représentants élus du peuple. Un tel désaveu pousse évidemment aujourd’hui les institutions démocratiques dans leurs retranchements. Mais ce divorce entre les citoyens et leurs représentants a surtout un coût qui pénalise, en toute vraisemblance, les chances de reprises du pays.

Des représentants politiques acculés

Chaque année, l’association Entreprises & Personnel publie un baromètre de la conjoncture sociale. Celui de l’année 2013, révélé en octobre, prenait le titre de Résignation Rageuse. À en croire les conclusions de ce groupe d’observateur, la rancœur à l’égard du gouvernement se cristallise en France depuis le début du mandat de François Hollande. Alors que celui-ci avait commencé dans un contexte relativement « atone », Entreprises & Personnel observe que les Français ressentent désormais « un sentiment de résignation avec une colère nouvelle dans laquelle l’insatisfaction vis-à-vis du pouvoir se mélange avec un profond sentiment d’injustice devant la politique fiscale ».

Ce sentiment d’injustice se traduit par un très faible niveau de soutien aux actions du gouvernement. Début novembre 2013, 75 % des Français interrogés par BVA ont manifesté leur désapprobation de la politique économique soutenue par le gouvernement. « Un record absolu d’impopularité […] pire que du temps de Dominique de Villepin  », commente BFM, l’un des commanditaires du sondage. Appel du pied aux investisseurs suivis de durcissements des contraintes légales qui pèsent sur les petits entrepreneurs, hausse de la fiscalité accompagnée d’un maintien de subventions publiques, création de nouvelles taxes d’une part et hausse des dépenses publiques de l’autre : la valse des mesures économiques du gouvernement Ayrault créé de l’incertitude dans la vie économique française alors même que celle-ci se trouve déjà dans la tourmente depuis plusieurs années.

Cette absence de cap, la population la ressent de manière croissante. Mais c’est peut-être les résultats du baromètre de l’American Chamber of Commerce qui illustre le mieux l’impact que cela produit sur les acteurs économiques. « L’attractivité de la France a baissé significativement avec seulement 13 % des dirigeants [de filiales américaines en France] jugeant que la maison mère a une perception positive de la France ». Ce chiffre s’élevait à 56 % en 2011 d’après l’AmCham qui rapporte que cette baisse est « attribuée à un manque de lisibilité de l’agenda politique du gouvernement et à la complexité de la législation du travail et de l’environnement fiscal  ». Une impression que partagent indéniablement les milliers de Français qui s’expatrient en quête d’un avenir et dont le nombre ne cesse d’augmenter.

Des représentants syndicaux en porte-à-faux

Mais, le personnel politique n’a pas l’apanage des initiatives mal comprises par les parties prenantes économiques. Les syndicats aussi contribuent, contre toute attente, à la détérioration du climat social.

Dans l’usine Goodyear d’Amiens-Nord par exemple, le PDG de Titan, Maurice Taylor, se porte candidat à la reprise d’une usine de pneu vouée à fermer. « Je suis prêt à sauver 333 emplois sur les 1 137 que compte l’usine  » explique l’Américain dans un entretien avec Le Monde. La proposition ne satisfait pas la CGT, dont les cadres ne comprennent visiblement pas que l’usine n’est plus nécessaire au portefeuille d’actif de Goodyear, et se trouve en surcapacité par rapport au besoin du seul repreneur potentiel du site. Et le leader CGT de l’usine de déclarer à France Inter : « il est hors de question qu’on accepte que le gouvernement aide une espèce de débile mental à venir fermer une entreprise […] on apprend que son projet est de faire fermer l’usine par Goodyear et ensuite piocher 333 personnes sur les 1200. Il rêve le mec ! Je vous garantis que Taylor, il va l’avoir son usine. Mais en cendres  ».

« Après moi le déluge » est une philosophie syndicale qui pèse sur le moral de l’ensemble des salariés français, dans les plus grandes entreprises comme dans les plus locales. À Laval, Lydie Mouchoux est responsable d’une librairie affiliée à la chaine de magasins Chapitre qui prévoit actuellement de se séparer de l’ensemble de ses magasins. Lydie Mouchoux souhaite continuer d’exercer et travailler normalement pour trouver un repreneur dans des conditions sereines. Mais « La CGT a lancé un mot d’ordre pour un débrayage de tous les magasins Chapitre », rapporte Ouest-France Entreprise. La librairie Chapitre de Laval est donc une dissidente, une « jaune ». Lydie Mouchoux n’en démord pourtant pas : « Nous continuons à travailler, à être ouvert, à mener des plans d’action, à être approvisionné […] on ne sait pas de quoi demain sera fait, mais on va de l’avant » déclare la responsable. Chez Chapitre, comme dans d’autres chaînes culturelles en difficultés ou défuntes (cf Virgin), les syndicats en mal de cotisants profitent de la notoriété des enseignes pour jouer les jusqu’au-boutistes, aidés en cela par certains collaborateurs, désabusés jusqu’au désespoir par manque de reconnaissance de leur niveau d’études ou de culture, conséquence d’une conception du métier de libraire et de la relation client qui ressemble plus à de la vente de culture en gros.

La crise économique de 2008 a décuplé les attentes des populations à l’égard de leurs représentants. Par ailleurs, la situation des foyers et des entreprises a été fragilisée au cours des dernières années. Les acteurs économiques aspirent à bâtir une relation de confiance en résolvant avec leur représentant les problèmes qui les touchent au quotidien. Mais plus d’énergie semble aujourd’hui déployée par les élus politiques et syndicaux pour contredire plutôt qu’accéder à ces aspirations. On peut difficilement reprocher à ces élus de vouloir aller au bout de leurs idées : le programme politique se trouve au fondement de tout système électoral démocratique. Mais peut-être serait-il aujourd’hui temps de réaliser que le jusqu’au-boutisme contribue à faire de la France un repoussoir stérilisant pour toutes les forces vives qui animent la nation et la font progresser.


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9 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 12 décembre 2013 11:35

    Chaque année à cause des grèves, ce sont presque deux millions de journées de travail de perdues, ce qui coûte à la nation prés de 700 millions d’euros. Mais vous devez être au courant, nos médias le répètent assez souvent. Par contre ce que vous ne savez peut être pas, c’est que le stress au travail, dû aux nouvelles techniques managériales, c’est plus de trois millions et demi de journées perdues et l’addition frôle les 1,5 milliards ! Dans les deux cas, grève ou stress, le responsable est rarement le salarié.........

    voir : CHANTAGE A L’EMPLOI


    • Xavier L. 12 décembre 2013 12:32

      Je commencerai par signaler que votre commentaire est un copier-coller du site de la CGT de LIbourne. Bel effort et belle objectivité de votre part ! J’ajouterai que votre propos est hors sujet. Vous faites diversion sur un sujet qui n’a rien à voir. La question est simple : l’auteur de cet article a-t-il tort ou raison ? S’il a tort, sur la base de quelles informations estimez vous que le propos es erroné ? Ça c’est discuté. Mais de grâce, évitez nous les copier-coller de la propagande de la CGT.

      Pour le reste, puisque vous m’avez l’air un peu obtus et franchement partisan, arrêtez de faire des salariés des victimes dont les syndicats seraient les défenseurs. Les syndicats ne représentent plus guère qu’eux mêmes. Combien ? 8% des salariés au mieux ?
      Le pouvoir de nuisance d’une partie cette engeance ultra-conservatrice (« surtout ne changeons rien ») est sans commune mesure avec leur représentativité.
      Prenons l’exemple très actuel de la grève à la SNCF. Pourquoi y a t-il grève ? Parce que les syndicats ont peur d’une situation très hypothétique qui pourrait, sait-on jamais, rogner sur les avantages (très improprement appelés « acquis sociaux ») d’une caste privilégiée. Nous sommes dans la grève préventive voire préemptive, on croit rêver...


    • julius 1ER 13 décembre 2013 10:20

      Bravo Robert, c’est bien de remettre les choses en perspectives ! 

      J’aime beaucoup les gens qui dénoncent la faible représentativité des syndicats et le fait qu’ils soient ultra-minoritaires tout en dénonçant leur pouvoir de nuisance et leurs capacités de mobilisation, alors il faudrait mettre les choses au point une fois pour toutes. Soit les syndicats ne représentent rien et en ce cas, ou est le problème ??? soit ils représentent quelque chose et leur capacité de mobilisation dérange oui car cette capacité de mobilisation est sans commune mesure avec leurs effectifs réels !!!! en réalité c’est cette capacité de démultiplication qui dérange
      preuve que malgré tout les gens reconnaissent que les syndicats ont une place importante dans la société, quoiqu’on en dise.....

    • Kern Kern 12 décembre 2013 12:20

      Ne vous plaignez pas Ô Grand Maître du copier-collé

      Le jour de carence pour les fonctionnaires est supprimé

      Celui qui avait fait chuter le taux d’absentéisme chez l’électorat du Teinté

      http://www.acteurspublics.com/2013/09/27/le-jour-de-carence-sera-bien-supprime-et-coutera-157-millions-d-euros

      Electorat qui en subira les conséquences quand même : ses salaires vont être gelés en 2014 et plus si affinités

      Bien fait pour sa gueule

      http://compte-a-rebours-francois-hollande.fr/
      .


      • bourrico6 12 décembre 2013 15:41

        Je suis dans une boite privée, de moins de 30, et les jours de carences sont pris en charge.

        Bien tenté de faire passer pour un privilège de feignasse de fonctionnaire, ce qui n’en est pas un.

        Il y a plein de points pour attaquer la fonction publique, pas le peine de mentir et d’en inventer.


      • reveil 13 décembre 2013 00:24

        Les lobbystes, les corporatistes, les syndicats, la corruption et pour financer le tout, le terrorisme et l’instabilité fiscale sont en train d’achever l’économie de la France quasi totalement ruinée.


        • politzer politzer 13 décembre 2013 02:01

          bonjour

          Oui je comprends le patronat ! Ces ouvriers qui ne sont pas contents de leur sort devraient accepter de travailler plus ( notre productivité est déjà une des meilleures du monde) et plus vite pour continuer de gagner moins afin que le patronat les actionnaires et les banquiers s en mettent encore davantage dans les poches car tout le monde sait que les inégalités se creusent de plus en plus avec la crise.Le pouvoir d achat a baissé de 30% en 20 ans mais ce n est pas assez pour que le salaire de nos travailleur égale celui des Chinois ! Car c est l objectif du medef n en doutons pas ! réduire le niveau de vie des Français au niveau de celui des travailleurs des pays à bas coût où l esclavage salarié est des plus brutal . Mais sous l effet de la concurrence avec le travail des enfants , il faudra aller encore plus loin et réduire le salaire adulte au niveau de celui perçu par les gosses au turbin un peu partout dans le monde plus ou moins clandestinement , etc . C est la logique du système concurrentiel capitaliste . Les moins sagaces des lecteurs voient sous leurs yeux le système dérouler sa nocivité mortifère . Au lieu de nous apporter le progrès avec les avancées en matière d application des sciences à la technologie, de productivité croissante des travailleurs, de hauts rendements en agriculture, etc , ce système pourrissant entrave la marche en avant des forces productives , il saccage la nature et les individus esclaves modernes jetés par millions à la rue sous la menace des forces de répression du capital financier. Et ce larbin de la propagande ultra libérale voue aux gémonies les syndicats qui refusent de laisser sans défense la classe ouvrière et au delà la majorité de la France productive ! La lutte des classes exploitées et tondues par l impôt contre cette minorité destructrice !


          • Denzo75018 13 décembre 2013 08:02

            Pour Nos Gauches Socialistes et Extrêmes et nos Syndicats Rouges, la France n’est pas encore assez ruinée pour changer quoique ce soit !!!!


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 décembre 2013 09:26

              Pour compenser l’euro fort qui ne peut être dévalué, Goldman Sachs a une proposition :
              baisser les salaires de 30%, ce qui peut faire baisser les cotisations sociales, donc les retraites, et pourquoi pas, les indemnités de chômage...

              Goldman Sachs propose de baisser de 30% les salaires en France
              Je suppose que tout le monde est d’accord ?

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Auteur de l'article

Eric Fontaine


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